Sur l´article d´Afrikara présentant le livre : Une Nouvelle région du monde d´Edouard Glissant. Esthétique I, Paris, Gallimard, coll. Blanche, 2006 ISBN 2-07-078249-2. Extraits à lire sur : http://www.afrikara.com/index.php?page=contenu&art=1564&msg=1

Idéalisme béat, plutôt relationnel que réalisant ?

(16 Janvier 2007 20H05)

Je vais lire cet ouvrage qui semble bien intéressant; cependant que les extraits choisis qui sont offerts ici ne donnent lieu qu´à une approche tronquée de la pensée de l´auteur. Car je me demande bien ce qu´il y a de poétique dans l´esclavage ou dans l´exploitation criminelle de la francafrique. Relation ? Ce relationnisme implique-t-il les abus destructifs des identités des autres ou le déni de réalisation sensible ? La conscience est plutôt liée à la réalisation du matérialisme existentiel qu´à défendre, percevoir ou reconnaître la différence ! Sans aspiration à la beauté de l´avènement identitaire sensible comme lieu du moi et de la tolérance de la différence de tout être humain (tant que celle-ci est positive, utile et pas néfaste), toute réalisation individuelle est mise à mal. La mémoire qui fait partie de notre moi subjectif influe sur notre rationalité et la conditionne autant qu´elle en forme et déforme les principes; ainsi, accepter la différence ne désoblige aucun être humain ni à un humanisme réel, ni à poursuivre ses devoirs envers son propre avènement sensible. Quant au nationalisme (créole ou autre), il faut l´accepter et le respecter, parce qu´il est la mamelle première de l´historicité sensible et rationnelle. Etre français sans avoir appris qui on est, et par surcroît privilégier les intérêts culturels, économiques, politiques de la métropolité; c´est se dépouiller soi-même de sa propre identité. Mais n´est-ce pas cela que l´esclavagiste et colonialiste voulaient faire des noirs: une chosification sans âme et sans historicité qui se complairait alors dans une fuite effrénée dans l´irréalisme et l´incongruité ? Il faudrait cependant demander aux français (mais aussi aux autres peuples et religions totalitaires ou impérialistes) qui s´adonnent, qui s´adonnèrent à ne pas établir une relation d´harmonie et d´équilibre de la tolérance et du respect de la diversité, s´ils ne sont pas prêts à réparer leurs maux qui se perpétuent, et donc détruisent tout espoir d´idéal. Car ils continuent, envers et contre tout, à persister dans leurs médiocrités, leurs abus, leurs rapacités. Alors, quoi; philosopher sur le bon sens, la différence et la tolérance pendant qu´on nous volait notre mémoire, notre âme, notre réalisation sensible, ou du moins les moyens d´y parvenir et celles de nous y épanouir ? Telle est la question du 21ième siècle, pas notre talent à comprendre le mal, la douleur ou l´injustice qu´on nous afflige injustement au nom d´un rapport de relation, d´une idéologie dominante ou exclusive qui, depuis des siècles, ne respecte qu´elle même et ses étroits intérêts. Alors, que sommes-nous; le vide ou le produit sans valeur de ce monde ? C´est à nous de nous révolter et d´imposer la réalisation de nos rêves, de nos attentes; car nous aussi nous sommes des êtres humains. N´en déplaise à nos détracteurs et prédateurs de toujours. Et s´ils ne veulent pas l´accepter, eh bien il ne nous restera qu´à nous battre jusqu´au dernier, parce que nos femmes et nos enfants en ont marre de cette philosophie de l´exclusion, de la pauvreté, de l´escroquerie raciale ou francafricaine. 

Musengeshi Katata.

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu.

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