Les informations commencent à filtrer après la manifestation anti française de mardi 15 janvier dernier.

Les vertus d´une vraie justice sonneraient-elles le glas de la discorde dans la complicité francafricaine ?

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Tout serait parti du recrutement par des proches du pouvoir, moyennant 2 000 à 10 000 FCFA (3 à 15 euros ou 3,8 à 19 dollars environ) de plus d'une centaine de jeunes à Talangaï (6ème arrondissement de Brazzaville), au nord de Brazzaville. Cette population, composée en majorité de désoeuvrés, rejointe par d'autres jeunes embarqués au rond-point de Poto-Poto, dans le 3ème arrondissement, a été transportée par minis bus avant d’être larguée en plein centre-ville.

En effet selon des témoins, les manifestants auraient été « accompagnés », « encadrés » par des hommes en uniforme militaire jusqu'à environ 1 km de l'ambassade France, exécutant en cela une partition écrite d’avance. On aurait donc organisé ce qui n’existe guère au Congo : les manifestations. Pour flatter le sentiment anti-français, toujours latent, croit-on, au sein de la population. Plusieurs journalistes en auraient été informés à l'avance. Les jeunes, se réclamant de l' " Association des amis de Talangaï " ont indiqué qu'ils avaient alerté les autorités administratives et policières, notamment le directeur général de la police…

Rappelons que ces derniers, qui disaient protester contre l’arrêt de la Cour de Cassation française relançant en France la procédure judiciaire du crime du Beach de Brazzaville, ont brûlé le drapeau tricolore. Sur les banderoles qu’ils portaient on pouvait lire entre autres inscriptions :

- « 47 ans d'ingérence multiforme, ça suffit ! »

- « Nous, Congolais, défendons notre indépendance et notre souveraineté »

- « Prenons garde au retour du néo-colonialisme »

Sur le mur de l'ambassade ils avaient écrit : La France, libérez le Congo ! La caméra de surveillance à l'entrée de l'ambassade a été cassée et quelques blessés légers parmi les manifestants sont à déplorer, un jeune au moins ayant été arrêté par les gendarmes.

A l'ambassade de France le personnel ne se doutait de rien. Alerté par le brouhaha, il crut d'abord qu'il s'agissait d'un exercice militaire de l'armée congolaise. C'est un coup de fil de la chancellerie vers une autorité haut placée du régime qui précipita l'intervention de la police.

A Brazzaville chacun sait que tout ce beau monde était manipulé. Un appui logistique aura été, comme on l’a vu, fourni; et on a imprimé des banderoles pour l'occasion. La rumeur rapporte également que les jeunes des quartiers sud auraient été sollicités pour prêter main forte aux groupes venus de Poto Poto et de Talangaï. A ceux-là on aurait expliqué que la manifestation était liée à la difficulté d'obtenir des visas pour se rendre en France....

Quoi qu'il en soit le nom cité dans la capitale comme étant le coordinateur de cette manifestation est celui du « ministre des Démentis ». Survivre à un éventuel remaniement ministériel serait la raison de son zèle, teinté d’intégrisme opportuniste. Mais à l'ambassade de France à Brazzaville, et donc au Quai d'Orsay, nul n'est dupe : c'est vers Mpila, qui a récemment promis " une riposte ", que tous les regards se tournent. Voudrait-on déjà enterrer là-bas le camarade Chirac, celui-là même qui n'avait ménagé aucun effort pour ramener " l'homme des masses " au pouvoir, au motif qu'on ne croirait plus à une ultime candidature à la prochaine élection présidentielle ? se demande-t-on. Même dans ce cas il n' y avait pas de quoi bafouer le drapeau français suite à une décision judiciaire, fait-on observer. L'amitié françafricaine n'autoriserait pas qu'au Congo on joue aux " jeunes patriotes ", qu'on prenne quelques libertés avec le grand parrain, même si l'on veut préparer l'avenir, ajoute-t-on.

Vous avez dit " jeunes patriotes " ? A cet égard, on peut constater que les nombreux voyages du président de l'Union africaine en Côte d'Ivoire auront au moins servi à quelque chose. Qui avait parlé du principe de " l'autorité de la chose jugée " à propos de l'affaire des " disparus du Beach " ? On le voit, ceux qui avaient brandi cet argument n'y croient guère eux-mêmes. Ils préfèrent recourir à la violence, aux menaces et au chantage. Résultat des courses : un scénario mal monté, des " méthodes de voyou " élaborées par un apprenti sorcier, un " honorable correspondant " et qui ont laissé de ce côté-ci de la Seine un goût amer...

Patrick Eric Mampouya

Forum Réalisance