Sur le refus Taubira d´être porte-parole de Ségolène Royal

Porte-parole de quelle politique ?

Commentaire sur Afrikara.

Ne soyons pas aveugles, Christiane Taubira a refusé d´être le perroquet de Ségolène Royal, mais elle participera tout de même activement à la campagne socialiste. Et si vous voulez mon avis, elle est montée d´un nouveau cran dans mon estime. Sa décision montre qu´elle a bien, comme ZB l´a analysé, compris ce qui se passe autour d´elle. Cette femme n´est pas seulement belle, elle est aussi intelligente ; qu´on n´en doute pas. Et sans être amers ou individualiste, je prétends que ce n´est pas le refus d´investiture de la candidature de Taubira qui l´a froissée, mais le contexte. Tout cela semble méconnaître ses mérites, ses qualités…et laisse un lourd relent de sentiment selon lequel une noire ne peut que représenter efficacement les français sous une tutelle blanche. Et ici ce n´est ni du racisme de ma part, ni un quelconque séparatisme ; mais bien une réalité qui s´accorde avec l´analyse de ZB. Car ce qu´on semble craindre en France, c´est exactement l´étincelle qui organiserait un parti politique entièrement noir. Ce risque est d´autant renforcé qu´au parlement européen l´extrême droite a atteint, avec l´entrée de la Bulgarie et de la Roumanie dans l´Union, la grandeur d´une fraction (20 membres). Et c´est dire qu´elle va faire partie de l´institution administrative officielle du parlement. Elle pourra prendre plus activement part aux décisions et aux dispositions de l´organisation des débats parlementaires. Les démocrates européens classiques ou conservateurs sont naturellement choqués, parce que ce qu´ils cachaient depuis longtemps est venu à jour, et exige une cohabitation qui risque, si la tendance raciste et discriminatoire en Europe s´accentue, de prendre des tournures douloureuses.

Et dans ce contexte, si les noirs arrivaient eux aussi à s´organiser, ce qui leur revient de droit face à cette légitimation droitiste, au lieu de se battre contre un front en entretenant son faux paternalisme envers les noirs, ils seront obligés de se battre à deux fronts. Avec le danger que la confrontation en sandwich ne révèle bien de désagréables vérités sur la francafrique, par exemple, ou les sournoises stratégies avec lesquelles ce parlement s´est jusqu´à ce jour imposé en Afrique. Et c´est bien dommage pour les noirs qu´ils ne comprennent pas ce qui se passe au niveau politique européen, quoique je concède à Christiane Taubira de l´avoir parfaitement compris. Et c´est peut-être la raison de sa distance, afin de garder sa chère et haute dignité. Car, ne soyons pas aveugle, il semble bien que l´antagonisme classique politique droite - gauche, comme aux Etats-Unis, entre démocrate et républicain, semble s´effacer devant…les noirs ! Ceux-ci sont alors trompés, menés en bateau, trompés et ridiculisés dans leurs attentes. L´union blanche et alors plus unie que jamais. S´en étonne-t-on ? Pas du tout, quand on voit que la race noire (et ceci est flagrant) souffre encore d´un tel complexe d´infériorité, d´un tel manque de confiance en soi, qu´elle a difficile à s´organiser dans quelque homogénéité que ce soit pour mieux défendre ses intérêts légitimes. Cette dissension ou tendance réfractaire à la politique d´ensemble a rendu les noirs vulnérables et instrumentalisables à souhait. C´est pourquoi notamment, en Afrique ou dans les organisations internationales, ils ont toujours perdu. C´est en réalité ce qu´il faut changer, chez l´africain et l´afrodescendant : cet individualisme délirant et privé de tous les avantages communautaires de la force, de la puissance et de la responsabilité efficace et diversifiée du nombre. Parce qu´à force de se laisser moutonner par la race blanche ou arabe des siècles durant, on en perd le sens profond et objectif de l´organisation et la promotion de ses propres revendications existentielles, sociales. On ne voit les choses que sous le prisme déformé du dominé, celui du maître ou celui rétracté d´un combat défensif sans fin ; or, ces temps-là sont révolus. Mais comment sortir des puissants et insidieux méandres psychologiques de la chosification pour avoir accès à soi-même et à la liberté qui nous étreint et nous dévore chaque jour ? Là est bien la question.

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Les blancs, eux savent ou croient depuis des siècles qu´ils sont capables, créatifs et imposants ; leur domination financière, technique, militaire actuelle le prouve. Mais les noirs, de quelles réussites durables peuvent-ils, en tant que communauté, se réclamer aujourd´hui ? Des pyramides et des pharaons ? Dépassé, tout cela, toutes ces connaissances ont été soit perdues, soit elles n´ont pas résisté à l´érosion et les invasion étrangères qu´elles ont subies. Aujourd´hui ces pyramides ne servent qu´à attirer les touristes, à une vulgaire fin mercantile, somme toute. L´Egypte et le Soudan actuels sont-ils à la tête de la technologie et de la technicité mondiale ? Pas du tout ! Les arabes font beaucoup de bruit, mais à part leur Coran, c´est plus de vent que de résultats réels. Et il est bien sournois, à mon sens, de vendre aux gens une religion en place de moyens techniques, pratiques et usuels pour résoudre les problèmes accrus de l´existence. Ceux qui s´y laissent abuser sont infantiles et idiots. L´avenir des êtres humains, de leurs libertés et de leur réalisation sensible dépend de leur créativité et de l´intelligence avec laquelle ils résolvent et appréhendent leurs difficultés, pas à quel Dieu ils vénèrent ou à quelle religion ou église ils prient.

C´est pour tout cela qu´il ne faut pas se faire d´illusion, et aller plus profondément dans les choses et notre conscience afin de motiver et consolider nos propres intérêts, savoir où nous en sommes et quels sont nos devoirs envers nous-même, et quels sont nos ennemis ; que d´être, comme une commune prostituée ou un vulgaire instrument sans droit, aveuglément attelé au profit, employé à tous les loisirs politiques. Et dans ce sens, j´ai compris et admire la démarche de Christiane Taubira qui veut dire : ensemble, oui, mais mon discours est solennel parce qu´il revêt les attentes et les combat de mes convictions et celui des miens. Et ceci constitue ma personnalité politique intègre et inébranlable.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

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