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Forum Réalisance

Cet espace va à la recherche de l´existentialisme de l´homme noir pour lui permettre de mieux se déterminer face à l´histoire et face à la réalisation de sa liberté.

04 février 2007

Une conférence écologique de sourd et de muets à Paris ?

Beaucoup de bonnes intentions, mais à y regarder de près ; et si les grands pollueurs se refusent à changer de comportement, ne jouait-on pas un faux jeu impuissant ?

L´écologie cochonne face à l´impuissance de la bonne foi

La conférence "Citoyens de la Terre" qui se tint à Paris les 2 et 3 février 2007 eut pour ambition de créer une mobilisation internationale autour de trois objectifs :
- faire prendre conscience de l’urgence de la situation en dressant un constat commun des menaces qui pèsent sur l’environnement et mettent en danger les grands équilibres écologiques de notre planète.
- déterminer les actions prioritaires pour lutter contre ces menaces afin de répondre aux enjeux écologiques mondiaux de notre temps et des générations à venir.
- agir, au niveau international, pour créer une Organisation des Nations unies pour l’environnement (ONUE) en vue de renforcer la gouvernance mondiale environnementale.

Et malgré ces saines intentions, les plus grands malfaiteurs écologiques, à savoir par ordre décroissant les Etats-Unis, la Chine, l´Inde, la Russie se refusaient toujours à s´associer au reste du monde pour lutter contre une menace écologique que le dernier rapport de l´ONU ne nous mettait que plus en garde. En effet, selon ce rapport, le réchauffement de température de notre atmosphère serait de 6 degré vers la fin de ce siècle ! Par ailleurs les glaciers disparaîtraient, augmentant ainsi le niveau des océans et des mers. Le reste, on se l´imagine : les turbulences des catastrophes de sècheresses, d´inondations et des intempéries vont s´accroître et prendre des proportions alarmantes.

Ce rassemblement de bonnes intentions, pourquoi nous laissait-il, malgré tout un goût amer dans l´âme ? Parce que nous nous demandons bien si ce rendez-vous de bonnes intentions ne voulait pas, comme toujours, institutionnaliser de bonnes intentions qui n´aboutiraient à rien parce que ceux qui commettaient le plus grand dégât à la nature et á tous les autres habitants de la terre, les principaux concernés y faisaient fi. Car, ne nous faisons aucune illusion ; ces intentions concourraient avec la puissante industrie du productivisme. Tous les autres acteurs pouvaient faire de leur mieux, améliorer et convenir au respect de certaines normes restreignant les expulsions d´oxyde de carbone dans l´atmosphère ; si les autres – et c´étaient les plus polluant – continuaient à les empoisonner, tout ce conventionnisme n´était rien d´autre qu´un gros mensonge. Qui donc accepte de se laisser assassiner à loisir pendant que lui il jouerait au saint et vertueux ? Ou y avait-il ceux qui avaient plus conscience que l´atmosphère appartenait et engageait tous, et ceux qui estimaient qu´il était de leur droit d´empoisonner les autres ? Là est le problème.

On entend dire en occident – de ce même occident industrialisé qui, par ses cheminées d´usines, était responsable de bien de méfaits à l´écologie mondiale appartenant à tous, que les africains tardaient à s´engager dans une problématique qui touchait tout le monde. Et si cela est vrai, ce n´est que parce que les africains n´ont, jusqu´à maintenant, rien à se reprocher car ce ne sont pas eux qui empoisonne le monde chaque jour et mettent en danger la santé et la vie des générations futures. Ce sont plutôt ceux qui, face à leur propre impuissance envers la machinerie de production de leurs industries, se cherchaient de faux boucs émissaires pour réveiller un activisme vide et sans issue ! Si les partenaires occidentaux des Etats-Unis ne parviennent pas à faire entendre raison à ce pays, comment l´Afrique ou le reste du monde le ferait-il ? Cela était tout aussi vrai pour la Chine, l´Inde, la Russie. Ce qui choquait dans cette fausse accusation, c´est plutôt l´intention sournoise de suggérer à l´Afrique qu´elle devait se désister de sa légitime industrialisation…quitte à laisser empoisonner chaque jour ses enfants innocents et mourant de faim par des occidentaux bien nourris, surproducteurs et criminels écologiques !

Au-delà de cette conférence qui ne portait que trop bien les caractéristiques dichotomiques de notre état conflictuel mondial actuel : on créait des institutions mondiales de bonnes intentions, mais demain – et on l´a vu dans le cas bien précis de l´ONU – ce sont les pays industrialisés les plus riches qui veilleraient à ce que cet instrument ne soit rien d´autre qu´un théâtre de sourds et de muets. En fait inefficace contre les riches, mais plein de conseils, de contraintes et d´obligations pour les pauvres. Le beau mensonge. Mais rappelons-nous que la France qui en prenait souvent plein la bouche avait oublié de réparer et d´indemniser ses dégâts atomiques dans les essais de Mururoa. Lorsque lors de son premier essai atomique, le 1er juin 1966, le vent tourna et dirigea le nuage atomique sur les malheureux habitants de cette ville dont la plupart n´étaient ni prévenus, ni mis à l´abri, le désastre prit son train. De 1966 à 1996, la France, et contre toute protestation internationales, procéda à 41 explosions dans l´atmosphère, et 147 explosions atomiques souterraines. Les conséquences, on pouvait les voir : le taux de cancer dans cette région est 5 fois plus élevé que partout ailleurs dans le monde. Et la France se refuse toujours à réparer…Question de bonne mémoire ou question de bonne foi ? De là à chanter les Samaritains Paris…il fallait en avoir le culot, vraiment. Ou tout cette histoire de conscience écologique n´était rien d´autre qu´une grosse bouffe de courageuses tromperies ?

Ce scénario qui revenait indéfiniment comme une vieille chanson sauvage et qui, à la longue devenait autant ridicule que grotesque ; n´ennuyait-il pas ceux qui ne cessaient de le ruminer et le projeter aux autres ? En tout cas, moi, je commence à en avoir plein le citron ; parce que j´ai l´impression que ce sont toujours ceux qui faussent, détruisent, avilissent qui viennent un jour se chercher des lauriers d´initiateurs à la vertu. Ce fut le cas à l´esclavage, à la colonisation, à la francafrique…et aujourd´hui à l´écologie mondiale. Faut-il vraiment avoir pillé, pêché, martyrisé pour aller se prétendre de…la bonne foi ? Dans ces conditions l´Afrique devrait se dépêcher de s´industrialiser, de participer joyeusement à la destruction écologique, parce qu´alors elle pourra, elle aussi, entrer au cercle de ceux qui ont droit à proposer ou à se réclamer de la vertu, du bon sens international, de la liberté et de la démocratie, quoi !

Cette dernière tirade pour dire aux africains qu´ils ne devaient pas se laisser beurrer comme par le passé. Il s´agit, dans cette histoire d´écologie mondiale, de notre profond sens esthétique existentiel, de la forme et de la qualité de la liberté dont nous voulons jouir, et de celle que nous voulons léguer à nos enfants. Mais qu´il soit aussi clair qu´il est hors de question que les criminels notoires soient autorisés à perpétrer leurs crimes de par le monde, pendant que les innocents seraient condamnés à des contraintes et des obligations qui les empêchaient de s´épanouir librement. La liberté, et surtout sa facette écologique, est l´affaire de tous ; et il serait bon que tous s´y obligent. En tout cas, en aucun cas ces bonnes intentions ne devaient ni enfreindre à notre liberté, ni nous empêcher de nous industrialiser légitimement pour répondre aux attentes de nos peuples et de nos nations.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com

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Congo Brazza : l´opposition s´organise

Mais elle se trouve devant un mur sourd de malveillance, de corruption et d´un manque flagrant et injurieux d´ambition sociale louable pour le Congo. Que faire dans ce cas ?

Ne pas désespérer, se battre malgré tout pour un haut idéal

Cyriaque Mongo Dzon, Sécrétaire Général du CRNON à l´ Assemblée générale Brazzaville le 3 février.

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Au compliment : « Vous êtes la véritable signification de la résistance dont a parlé notre président, le Général Emmanuel Ngouelondélé. Celui-ci répondit : « La résistance, c'est aussi ne pas céder aux malveillances, aux mensonges, aux rumeurs. La machine du silence et du laisser-faire veut broyer tout le monde. Cette machine est forte, elle a des journalistes, des journaux, des télévisions, des radios, des courtisans, acquit à sa cause. Elle a les moyens d'acheter les défenseurs. Les critiques faites par le Général Emmanuel Ngouelondélé pour revendiquer le sursaut national profite au peuple, mais les critiques portées contre sa personne profitent à qui ? Le critiquer n'est pas un enjeu pour le Congo, cela ne résout en rien les problèmes du pays. Faire plus que ce qu'il a fait et dire encore plus haut ce qu'il n'a pas dit. Voilà ce qui est porteur. Tous ceux qui l’attaquent ont un point commun : ils ont des intérêts et des privilèges à défendre. »

Ils ont des biens meubles et immeubles, des voitures et possibilités de voyages, des contrats et des marchés, des commissions, des frais généraux, qu'ils n'auraient plus si l'on rétablit l'ordre dans ce pays. Le Général a parlé ; il a tout dit. Que faire maintenant ? Nous devons voir comment nous organiser davantage. Comment nous rassembler autour de l'homme du conclave de Versailles ? NgolloQuand on lance un appel, c'est pour avoir une réponse. Le Général attend nos réponses, chacun où qu'il se trouve doit pouvoir répondre à cet élan de toute son énergie créatrice et de tous ses moyens, avec abnégation et plein de dynamisme. Nous verrons comment aborder l'année 2007. Nous organiserons des forums participatifs sur l’ensemble du pays qui nous permettront d'évaluer en quoi nos votes de 2002 ont été utiles ? Et pour changer, pourquoi devons-nous repartir voter ?

Voilà des préalables qui ne doivent pas passer inaperçus. Le grand malheur politique de notre pays est de ne plus savoir faire la différence entre les souhaits et la réalité, de louer et de célébrer n'importe quelle réalisation même quand elle ne représente qu'une goutte d'eau dans la mer.

Nous n'avons plus de référentiels du travail bien fait, nous acclamons n'importe quoi. Nous avons perdu le sens de la mesure. On prend trop de temps, pour un rien, pour une petite tâche, un petit dossier; pire, on tergiverse même pour des questions de vie ou de mort.

Nous ne savons plus compter de l'argent car il ne se gagne plus comptablement. Nous ne savons plus mesurer l'impact d'un retard dans un projet, un chantier, les conséquences de l'indécision, de l'impunité et surtout des mauvaises décisions prises ici et là. Avec une telle inversion de valeurs, faut-il programmer des tâches nouvelles ou remettre d'abord de l'ordre ?

L'homme du Conclave de Versailles, en optant prioritairement pour la remise d'ordre, veut ouvrir le champ de la proposition et de l'application des idées à tous les fils et filles de ce pays, de tous les départements et de tous les bords politiques. il veut remettre la parole au peuple pour que les bilans ne soient plus seulement l'affaire de l'État, mais aussi celle des usagers des services publics afin que nous apprenions à nous resacraliser.

J'ai honte de mes aînés soi-disant intellectuels, dont les privilèges politiques ou dérivant de la politique ont fait perdre le sens de la mesure. Même si notre démocratie est anti-sondage. Nous ne pouvons pas nous permettre de nous comporter comme si nous étions tous devenus des semi lettrés au point de ne plus savoir compter :

Compter le nombre de chômeurs qui ont pu avoir de l'emploi et ceux qui sont restés chômeurs depuis dix ans, et décider en conséquence.

Compter le nombre de malades morts et le nombre de malades guéris dans chaque formation sanitaire en un temps bien déterminé et améliorer les conditions.

Compter le nombre de personnes qui se plaignent de la Société nationale d'Électricité, de la Société Nationale de Distribution d' Eau et réagir enfin pour l'intérêt supérieur du consommateur congolais.

Compter le nombre d'usagers humiliés par la qualité de l'ensemble de nos services publics, et porter des améliorations. Compter le nombre d'élèves et d'étudiants, échouées ou admis pour ensuite grossir, tous, les rangs des laissez pour comptes.

electeursVoilà un ensemble de problèmes qui jamais ne font des enjeux électoraux. La préférence est clairement à des élections formalités. Ne faisons pas de l'électoralisme avec des votes au fond inutiles. « De toutes les façons, selon notre Constitution, même si l'opposition gagnait les élections législatives, elle ne formera jamais de Gouvernement et ne pourra jamais démettre le Gouvernement mis en place en dépit de sa majorité ». A l'issue des échéances électorales futures, nous aurons pratiquement les mêmes ministres qui disent que tout se passe bien. Ce qui veut dire que les choses resteront telles quelles. Les députés parleront cinq ans de plus sans obligation pour le gouvernement de réagir.

Ces forums participatifs permettront aux congolais de discuter à bâton rompu de leurs destinées et de dire au Président du CRNON,  ce qui reste à faire ensemble pour sauver notre démocratie qui s'avère incompatible, dans sa forme actuelle, avec le développement humain. Une démocratie qui, des dernières élections à ce jour, se solde par zéro débats télévisés franchement contradictoires, zéro dialogue de l'ensemble de la classe politique. Est-ce la forme de démocratie qui convient au peuple congolais qui fût un temps le plus politisé d'Afrique ?

Voilà tracé les contours de notre assemblée générale dont l'efficacité des résultats se mesurera par la suite que chacun de nous réservera aux dispositions que nous prendrons tous ici.

Patrick Eric Mampouya

Forum Réalisance

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Un sommet africain curieusement vide et expectatif.

De conférence en conférence sans exposer clairement ses revendications ?

Beaucoup de tamtam pour… ne pas dire la vérité ?

« Qui ne dit mot, consent » Proverbe français 

Commentaire sur l´article d´Afrikara : 7ème Forum Social Mondial : Luttes africaines, luttes globales du 30/01/2007. http://www.afrikara.com/index.php?page=contenu&art=1596&PHPSESSID=26ca82366fa1cb4cce66db38e5e3eea9

Pas de fermes et précises revendications prouvant le réalisme et la conscience avertie des initiateurs ; pourquoi cette cécité et cette muette, pendant que l´Afrique était agonisante, pillée et privée de substances créatives et financières ? J´avoue que j´ai été sidéré ; je m´attendais à des plaidoyers enflammés mais claires et précis de diagnostique sur la nature et les contradictions qui piégeaient et contaminaient les développements des forces créatives de progrès dans les sociétés africaines. Mais rien de tout cela ne vint. A sa place, on assista à un déploiement las, ennuyeux, irréaliste et plutôt borné qu´éclairé sur l´estimation ou les revendications des africains. Comment est-ce possible ? Fallait-il croire que seule la revendication de l´abolition des dettes extérieures africaines feraient, à elles seules, des miracles en Afrique ? Au fait, qui profiterait de cela ; n´est-ce pas les gouvernements fantoches qui se mettraient de nouveau à commander en occident ? Ne fallait-il pas parler ou plutôt exiger des investissements nationaux dans l´éducation, la formation professionnelle, les infrastructures génératives d´emploi, de bien être et d´avenir ? Ne fallait-il pas enfin exiger des occidentaux qu´ils cessent de jouer ce faux jeu qui consiste à fermer leurs propres frontières cependant qu´ils envahissaient l´Afrique de leurs excédents agro industriels par lesquels l´agriculture et la jeune industrie africaine étouffée ?

On le voit, sans s´en prendre à la francafrique, à la queue du diable, toutes ces conférenceries étaient plus vides et ridicules que respectifs et fructueux. Et à force de jouer ce petit jeu de rapporteur muet et inconséquent, on se demandait bien ce que voulaient les participants à cette conférence ? Être logé et nourri à satiété pendant ces quelques jours, ou s´agissait-il de prendre quelques jours de vacances en causant sans but avec des amis désoeuvrés ? Cette attitude ne mettait-elle pas en doute l´intelligence et le réalisme des participants ? A moins que…bien entendu les participants n´étaient rien d´autre que des fonctionnaires délégués de l´élite francafricaine ; et les organisateurs occidentaux, rien d´autre que des versions camouflées d´associations occultes qui espéraient, en entremetteur entre les peuples africains et le monde financier et gouvernemental occidental, se voir pouvoir de capitaux et de pouvoirs qu´ils pourraient alors employer à s´enrichir encore plus en Afrique, notamment en s´alliant à l´élite abâtardie de la francafrique ?

Je vous avoue que ma perplexité est grande, et je demande donc à ces organisateurs de m´inviter lors de leur prochaine réunion en Allemagne, si je ne m´abuse. Ils vont assister à une démonstration de ce que peut-être le tonnerre dialectique africain. Oui, cela me ferait vraiment plaisir. Et que personne ne quitte la salle, parce que cela va drôlement péter ! Parce que venir à la revendication sans la formuler, se contenter de vides et lasses déclarations qui n´ouvraient ni sur des perspectives, ni sur de claires lignes d´obligations et d´engagement…mon Dieu, cet infantilisme, quand aurons-nous compris que c´est l´avenir et de la vie de nos femmes et de nos enfants dont il s´agit ? Quand aurons-nous enfin compris que plus nous ne nous défendions et ne nous organisions pas, et plus ceux qui nous assassinaient se donnaient un sournois plaisir à nous détruire ? Qui ne dit mot consent, comme le dit le proverbe. Voilà pourquoi la ligne du front devrait être bien distinctes et sans la moindre ambiguïté. Ou la pauvreté et la misère avait déjà fait fondre l´entendement, en Afrique ?

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com

Posté par Musengeshi Kat à 14:32 - critique et objectivité - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Airbus. Entre français et allemands, le torchon brûle

Des rumeurs de licenciements massifs de 8000 emplois (sur les 23.000 usuels) chez Airbus Allemagne ont soulevé une marche de protestation de 24.000 manifestants et des refus politiques révulsés.

Qui doit payer le prix de la mauvaise gestion chez Airbus Industries ?

Si Michael Glos, le ministre de l´économie allemande fait part de son indignation et de son intention de s´opposer énergiquement à ces plans de licenciements touchant les centres de production et de montage allemands, ce ne sont plus des rumeurs, sans cela ce ministre informé se serait réservé. De même que le ministre président du Niedersachsen, Wulf qui, lui, proposait un renflouement de la capitalisation d´Airbus pour parer à ses misères financières actuelles causées notamment par le A380 et le A350. Michael Glos (CSU), menaçant, dira à ce propos au journal Bild am Sontag : „Nous insistons sur le fait que l´Allemagne, comme haut lieu de technologie pour Airbus, particulièrement dans la construction de la coque, doit le rester. Si ce n´est pas le cas, l´Allemagne devra revoir ses commandes militaires envers la maison-mère EADS ». Et il ajoutera : « Nous ne nous laisseront en aucun cas imposer l´actuel démontage d´emplois et de haute technologie en Allemagne ».

Après les 4000 licenciements de VW en Belgique (Bruxelles-Forest), bientôt les 8000 d´Airbus sur un effectif de 23.000 ou 33%, lesquels, comme on le sait, allaient entraîner la disparition de 8000 autres chez les sous-traitants, la guerre des restructurations et des rationalisations prenait, en Europe, des allures bien déprimantes pour l´emploi. Et les relations politiques entre la France et l´Allemagne, pour harmonieuse qu´elles soient au concert européen, risquaient de devenir aigres sur le terrain associatif journalier. Et déjà on accusait (à tort ou à raison) le chef d´EADS, Louis Gallois de profiter de cette rationalisation pour établir définitivement la haute main de la France sur ce consortium commun. Cette accusation, pour plausible qu´elle soit, n´avait qu´un défaut : on n´avait pas informé les allemands sur les licenciements qui auraient lieu en France dans le cadre de ce même assainissement financier.

Dans l´un ou l´autre des cas, ces licenciements vont, en mettant des gens dans la rue, créer un profond sentiment de ressentiment entre les deux pays, car chacun croira, ou voudra bien croire, pour apaiser ses propres douleurs, que c´est l´autre qui en profite. Et les rapports sociaux entre ses deux pays ne s´en trouveraient que plus soupçonneuses dans les prochaines entreprises communes. Et pourtant, les responsables de ce débâcle sont à trouver ailleurs, notamment dans les étages du management qui n´ont pas estimé les coûts de production à leurs justes proportions dans le processus de création du A380, et même ceux du A350. Autant que l´incidence de la détérioration du dollar et parallèlement celle de la hausse du €uro. Par ailleurs, le prix des carburants ayant, entre temps augmenté, un réajustement était inévitable. Mais comment l´expliquer à ceux qui allaient en masse demain perdre leurs emplois ? Pas facile, surtout si les managers ont justement pour fonction de prévoir et de pallier à ce genre d´imprévus. Après tout ils sont grassement rémunérés pour le faire.

Dans les prochaines années, hélas, les coûts courants de fonctionnement, ceux de l´énergie vont augmenter dramatiquement ; ce qui coûtera l´emploi à bien de gens, parce que pour rester concurrentiels, les sociétés de production se verront obligé à la rigueur de mixer leurs lieux de production afin de profiter des bas prix des centres montants aux coûts bas. Sinon ils risquaient de se retrouver piégés à domicile avec des produits, comme le A380, qui ne seraient soutenables qu´à des coûts de production déficitaires. Et cela n´était pas dans l´intérêt des employés non plus, personne ne profite de la faillite, sauf la concurrence. Ainsi se présentait le cercle vicieux des actuels licenciements. Il ne reste plus qu´à boire l´amère pilule en espérant qu´on ne s´est pas trompé de médecine, et que la guérison s´en suivra rapidement. Sinon, eh bien sinon, il ne restera que la crève comme un chien battu au bord de la route. Car les autres, à savoir la Chine principalement, et l´Inde, eux aussi seraient bientôt de la partie, ce qui ne rétrécit que d´autant les gains et les marchés commerciaux. Mais aussi ceux de l´emploi, il en va de soi. Le prix de la liberté ou celui du manque de réalisme ?

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com

Posté par Musengeshi Kat à 13:07 - Impact de l´actualité - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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