En réponse au commentaire de Serge Nicolas Nzi sur l´article d´Afrikara : Une partie de la gauche antilibérale s’attaque à la Françafrique pour la présidentielle 2007 du 02/02/2007

Pour une franche et honnête prière d´amour…

Oui, Serge ; nous devons retrouver le courage d´aimer. Aimer non seulement cette vie qui nous offre la chance d´une aventure sensible d´une beauté et d´une richesse culturelle absolument phénoménale : le courage de s´aimer soi-même, certes, mais aussi d´aimer et d´apprécier à son juste titre la part positive que la nature, l´univers, les autres représentent pour nous. Aimer la liberté, le respect des autres, les choses vraies qui nous permettent d´élargir nos horizons et de les élever à une jouissance et une réalisation sensible toujours plus grande, toujours plus belle.

Et tu seras surpris, très cher Serge, que cela n´est pas aussi facile qu´on le croit de cultiver et d´entretenir ce courage. Car, sortir de sa médiocrité, de ses fausses prétentions, de ses gratuites erreurs, de ses complexes, et même de sa petitesse ou de ses nuisibles tentations ; c´est toute la turpitude de tous les êtres bien nés et avides de grandeur sensible. Et cependant, pour bien d´autres, c´est un bien lourd sentier parce qu´ils se laissent guider par l´instinct, la facilité ou l´immédiateté sans lendemain. Et malgré tout, nous devons en appeler à ceux qui dans leurs clartés, leur intelligence et leur doigté à saisir le bien, à le pratiquer et à l´offrir aux autres parce que plus que jamais nous avons besoin d´eux. Sauront-ils nous aimer au point de nous prêter leur aide ? Espérons-le, parce que dans notre monde de jour en jour complexe et ouvert, les défauts, les erreurs et les vices ou fausses traditions ont plus facile à s´exercer, parce qu´ils ne nécessitent ni effort, ni force de caractère.

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Et c´est là notre drame actuel : au lieu de recréer le bien et la vertu, c´est étrangement la facilité et son lot aveugle de bas instincts qui abondent. Et pourtant, depuis des siècles nous savons que du mal, des inégalités, du mépris ou de la méchanceté ne naissent ni merveille, ni perfection, encore moins paix ou justice. Or nous sommes une sorte de perfection de la nature, et ce faisant, seule la tendance, la quête à celle-ci nous libère de nos erreurs et de notre fragilité. Aussi, c´est sans la moindre fausse humilité que nous devons nous réjouir d´avoir le courage…d´aimer ; de faire appel à ce sentiment exceptionnellement tendre et fort. Parce que dans sa flamme naît cette victoire qui rend la beauté, la justice, la liberté possibles et accessibles au rêve et au cœur de tout un chacun.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

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