09 février 2007
Conférence Franco-africaine du 11 au 16 février 2007
La France et le continent africain sont-ils prêts à un véritable partenariat culturel respectueux et sincère ?
Un lieu de franchise, de mystification sournoise, ou de véritable partenariat ?
Commentaire du 09 Février 2007 21H12 sur Afrikara sur l´article : http://www.afrikara.com/index.php?page=contenu&art=1610&msg=1
Cette rencontre me laisse, comme toutes les autres précédentes, un désagréable goût amer sur la langue. Et même si je me dis qu´il ne faut pas s´enliser dans le pessimisme, j´ai bien peur qu´encore une fois ce ne sera qu´une grosse bouffe d´illusion sournoises...en attendant Godot ou que l´Afrique ne mette définitivement elle-même fin à cette vilaine mascarade qui ne dure que depuis trop longtemps. Parce que je me demande si la France pourrait, dans une décision solitaire de l´Union Européenne, abattre ses barrières douanières pour que les produits africains soient vendus en France, et donc sur le marché de l´Union, comme elle a l´habitude d´aller en Afrique déverser ses tomates au Sénégal par exemple à des prix de dumping ? Cessera-t-elle de supporter ses criminels dictateurs de la francafrique pour y investir dans les peuples ? Ces ventes d´armes qui avaient fait le malheur du Soudan, du Tchad, de la Côte d´ivoire, et de bien d´autres pays, va-t-on enfin les interdire ou les contrôler sévèrement ? Et à propos, se dire ami et protecteur de l´Afrique pendant qu´en métropole les africains étaient discriminés au logement, à l´emploi, et injuriés publiquement quitte à s´excuser, bien sûr, après coup...ne voyait-on pas que toutes ces contradictions accusaient une pénible et honteuse mystification ? Après tout, ce que fait la France en Afrique, se permettrait-elle la même chose en Allemagne, par exemple, ou en Hollande ? Ou ne s´agissait-il, comme toujours, que d´une réunion dans le genre : dîner d´appel à tous les subalternes africains opprimant leurs peuples, et que tous les menteurs s´empressent, s´ils vous plait d´être au rendez-vous ! Je ne saurai pas dire, je suis sceptique. En tout cas, croire qu´avec quelques discours ou déclarations désuètes sans consistance ni les moyens financiers autonomes de leurs politiques, tout irait comme sur les roulettes...faut pas rêver. Les peuples africains pillés et avilis par la francafrique avait fini par connaître leur ennemi en comptant les fausses promesses dont on les avait toujours si généreusement abreuvé, et ces blessures béantes de la misère et de la pauvreté qui les saignaient de partout, des décennies durant, pendant que faussement la France parlait de démocratie, de liberté. Et pendant que son premier ministre De Villepin allait chanter les vertus de la "valeur" sous les tropiques ! A ce jeu-là l´Afrique ne voulait plus jouer, par ce qu´il ne menait qu´à sa perdition. Il est grand temps que la France politique le comprenne, et cesse de leur vendre des vessies pour des lanternes. Ce serait une bonne façon de respecter les africains, et partant, de se respecter soi-même.
Musengeshi Katata.
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu.
Sur le mot nègre et ses consonances
Commentaire sur Grioo sur l´article : La vive soumission « blanc » dans le collimateur nègre guettoïste continue! http://www.grioo.com/blogs/malon/index.php/2007/02/09/1722
Le respect, la liberté et la considération au prix de la simple réclamation ?
Je crois qu´on doit cesser de jouer aux définitions et aux soit disant injures ou humiliation du mot nègre qui n´existe pas; à moins, bien entendu qu´on ne lui donne les consonances et le mépris des blancs ou occidentaux. Et c´est dire du péjoratif injurieux. Nègre ne veut dire autre chose que noir! Faut pas avoir fait du latin pour le savoir. Que l´U.E nous méprise nous et notre culture; cela n´est pas nouveau, et dure depuis 600 ans. Le pire cependant, c´est lorsque nous nous méprisons nous-même comme on le voit avec l´élite corrompue de la francafrique. Et c´est dire aussi, pour les illusionnistes et les faux africains sans logique qui aiment les produits culturels occidentaux, et prétendent demander aux européens de respecter leur culture! Or, la culture, c´est plus qu´une langue, une couleur de peau, un lieu de naissance. C´est un produit matériel, intellectuel palpable et bien réel dont la logique et l´utilité sert à se réaliser (de Res=chose). Les occidentaux, pour couper court, ne nous respecterons que si nous créons nos propres instruments de réalisation et que nous les repoussions lorsque, comme par le passé, ils nous imposaient leurs basses et incultes vicissitudes par l´esclavage, la colonisation, et aujourd´hui la francafrique. Le respect, on le sait; il ne se donne pas, il se mérite. Et surtout par rapport à soi-même et à ses valeurs culturelles. C´est à l´homme noir donc de relever le défi, plutôt que de venir en Occident réclamer une humanité pour un logement ou un respect pour du travail que cette culture n´accorde qu´à ceux qui se défendent et sont à mesure d´être indépendants et menaçants au besoin lorsque leurs droits sont lésés. Parce que sinon ils ont l´impression de se trouver devant des bêtes ou des êtres humains de basse valeur. L´histoire le confirme amplement, même la guerre actuelle d´Irak. Y a-t-il un africain qui croit encore que la liberté, la réalisation sensible, on les obtenait à vil prix ; qu´il suffisait seulement de prendre son avion et de venir les réclamer á Paris, à New York, à Bruxelles, à Amsterdam ? Autre chose et c´est à propos de la psychopathologie de « l´oncle Tom » ; croit-on que c´est en jouant le beau nègre d´intérieur opposé á celui des champs comme le fait Serges Bilé en accréditant une version esclavagiste cabalistique et aliénée qu´on va mieux mériter son propre respect ? J´en doute, tout au plus aura-t-on gagné celui du maître ; parce que son propre respect passe par une profonde réalisation culturelle, pas comme le fait Bilé par une attitude visant à renier toute objectivité quitte à être publié et être reçu à la table trompeuse du maître. Noir il est et il restera. Peut-être le comprendra-t-il un jour…ou jamais. Une race nouvelle, ces nouveaux français noirs singeant et imitant leur maître à souhait. Si c´est ça l´intelligence de l´intégration…eh bien ! Raphaël Confiant semble avoir eu bien raison de tancer cet africain déguisé. Décidément, on aura tout vu en France. On se croirait de nouveau à la foire aux esclaves: les dents étincelants, prêt à se vendre comme tout Bounty sans fierté...de soi-même. Respect, hein; mon Dieu, si ce n´est pas se rouler dans la boue!
Musengeshi Katata.
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu.
Une lettre africaine sans ambage
L´Afrique est consciente de ses douleurs, elle cherche les meilleures voies pour s´en sortir.
De chaudes larmes sans consolation ?
"Bidi tenta kuetu, anu ne keba peba" Proverbe Luba
A Kalambayi.
Cher ami, j´ai bien reçu votre lettre. Ma fille, particulièrement, en a été fort touchée. Et je vous avoue que moi-même, au-delà de l´émotion que ces aveux et ces descriptions réalistes d´hôpitaux, des écoles, des conséquences du chômage…tout cela m´a fort impressionné. Pour la première fois avais-je devant mes yeux la preuve que les africains n´étaient pas, comme on le dit souvent, ni aveugles, ni apathiques face à la déplorable situation qui les menace chaque jour. Cette constatation m´a réellement fait plaisir parce qu´elle prouvait que les africains au delà du marasme qui entrave ce continent, du dur combat journalier contre la misère ou la pauvreté, quelques esprits éveillés n´avaient cependant pas perdu leur sens réaliste et leur jugement.
Je passe sur les compliments que vous m´avez faites que je considère comme superflues, tant est que je suis africain et que le sort de ce continent m´a toujours passionné (quand on est né au soleil, on en oublie rarement sa splendeur). Et je considère qu´il est de mon devoir de dire certaines choses sans atermoiement, parce que je m´y suis attelé d´une part, et de l´autre parce que malgré tout, j´ai toujours l´impression – et tu l´as reconnu toi-même - que beaucoup trop d´africains souffraient d´un éloignement de la vérité, d´un réalisme sincère et objectif qui permettrait à tous de saisir le principal et d´y oeuvrer efficacement. Cela nous aurait, ou pourrait nous offrir une base plus solide pour défendre les intérêts de nos cultures, car ce sont elles qui sont en danger et souffrent douloureusement du manque, de la légèreté, de l´aliénation aux fausses illusions internes ou étrangères.
Oui, j´ai été surpris de m´entendre dire que les africains savaient bien que leurs élites actuelles les dévoyaient par faute de respecter et de vouloir réaliser les leurs. La promiscuité contraignante de la culture occidentale envahissante y est pour beaucoup, et cependant, on doit se demander si les africains eux-mêmes ne s´accrochaient pas à l´eau pour se sauver de la noyade ! Il faudrait tout de même se débarrasser de ses fausses illusions selon lesquelles la culture occidentale nous réaliserait, il ne suffisait que de la servir ! Partout en occident les africains avaient fait l´expérience réelle de ce mensonge dans le logement, le travail, le mépris de l´exclusion et du racisme occidental. N´était-il pas temps de changer ? Allions-nous continuer à nous laisser prendre en esclavage, coloniser, dépouiller par la francafrique, et en fin de compte condamnés à se prostituer ou à immigrer en Europe ? Qu est-ce qui fait, diable que l´africain soit toujours à la traîne, qu´il soit toujours méprisé et voué à toutes les vicissitudes ? Combien de temps encore cette logique de la destruction et du mépris allait-elle encore continuer ? Nous avons déjà 6 siècles de joug occidental derrière nous…et avant cela, près de 10 de joug islamique. Cela ne suffit-il pas ?
Cette histoire m´a incité à me pencher profondément sur les facteurs et raison de conformation de la vérité sociale, historique et des conséquences qui en découlent. Les résultats ne sont pas flatteurs, mais on y apprend au moins ce qu´il faut à tout prix changer pour retrouver le principal de notre historicité en l´armant de conditions fondamentales pouvant défendre au mieux notre avenir, notre réalisation.
Nous ne pouvons pas attendre que l´occident change ; elle ne le fera pas. Par ailleurs, les chinois et les indiens aussi se mettent de la partie…Nous devons nous faire à l´idée que ce monde, nous le partageons avec d´autres cultures avancées, rapaces, impérialistes, racistes ou religieux totalitaires. C´est à nous de nous défendre efficacement et de repousser les destructions faites à nos valeurs et à notre avenir. Pas les autres !
A mon avis, sans entamer rapidement les efforts qui conduisent rapidement à l´industrialisation, les problèmes de l´Afrique vont devenir trigonométriques et insolubles. Ce qui veut dire un effort radical d´instruction et d´élimination de l´ignorance et de l´analphabétisme. Le tout accompagné d´une sévère objectivisation et technisation des sociétés et des formations. Et bien sûr l´abattement de la francafrique afin de rendre le marché et les monnaies africaines à leurs légitimes devoirs naturels. Tout cela, je le sais, est vite dit ; et cependant, il n´y a pas d´autres alternatives. Si on veut changer les choses au mieux.
Mais la plus grande question restera : ceux qui doivent concevoir et organiser ce changement, sont-ils à leurs postes ? La conscience baladeuse n´a jamais conduit à des résultats concrets, tout le monde le sait. Et plus : ont-ils la grandeur et l´endurance qu´exige leurs devoirs ? C´est la question qu´on se pose en Afrique en ce moment, que toutes les générations assoiffées de réalisation se posent. Pour ma part, je suis sceptique ; je te l´avoue franchement. Ou alors il faut changer de rythme de développement, aller plus vite. Et surtout, faire un énorme effort créatif et imaginaire. L´Afrique en est-elle capable ? Je le pense bien, sinon on ne verrait pas ses meilleurs techniciens et ses porteurs de connaissance briller à l´étranger pendant que chez eux la famine et la misère abattaient les leurs !
Pour finir, cher ami, je peux vous avouer que je ne suis ni amateur de miracle, ni de rêveries creuses. Et pour ce qui est de la diaspora dont je fais partie, je dois t´avouer une chose : nous avons certes un sens aigu de la liberté, et peut-être plus ambitieux que ceux qui sont restés au pays, notamment parce que nous avons quitté la mère Patrie, et que nous voyons les choses avec plus de distance, mais aussi plus d´émotion et d´amour du milieu que nous avons perdu. Et dont le cœur chaud bat chaque jour dans nos poitrines. Mais cela ne veut pas dire que nous nous sommes égarés. Bien au contraire, plus que jamais nous avons appris que notre âme était resté en Afrique, auprès des nôtres. Notre sens de la liberté peut sembler passionné, exigeant ; comment pourrait-il en être autrement après toute la solitude de l´éloignement, les efforts d´intégration en pays étranger et les mépris que nous avons du souffrir ?
Je reste donc réaliste, mais pas pessimiste ; et cependant, qu´on ne se fasse aucune illusion : nous sommes, comme tous les africains d´ici et d´ailleurs, profondément épris de la même liberté, du même amour pour ce bout de continent qui est le nôtre. Et non, nous ne vous avons ni abandonné, ni offert gratuitement à une triste veillée funèbre. Avec ma profonde fraternité,
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, bantu wa Muntu