L´opinion britannique au plus bas de cette guerre sans vertu a poussé le premier britannique à se retirer d´un engagement militaire qui risque de s´éterniser ou de tourner au vinaigre.

La fin de la honteuse guerre serait-elle proche ?

« ...Qu´aux dires de chacun étaient des petits saints » Jean de la Fontaine, les animaux malades de la peste.

Ce mercredi 21 février 2007, le premier ministre britannique, Tony Blair, a annoncé devant le parlement de la couronne du retrait progressif des soldats britanniques en opération en Irak. Ce retrait se ferait jusqu´à la fin de l´été de l´ordre de 1500 soldats, réduisant les effectifs anglais dans ce pays de 7100 à 5500. D´autres retraits allaient suivre prochainement. Le début d´une retraite sans honneur et sans gloire ?

Cette nouvelle, qui suivait le vote américain au Sénat s´opposant à l´intention du président Bush d´augmenter ses effectifs en Irak, pour peu inattendu qu´elle soit, n´est cependant que logique et circonstancielle du changement de courant politique aux Etats-Unis. Et même si Bush a déclaré qu´il avait été au préalable informé et que ce retrait était une preuve de progrès ; plus personne ne s´y trompait. Le président américain était embarrassé par l´opposition démocrate désormais majoritaire au parlement et au Sénat. Sa logique militaire jusqu´auboutiste n´aveuglait plus personne. Et l´ami aveugle Tony Blair, lui aussi faisait ses valises et quittait le bord. Discrètement, mais non moins sûrement la guerre d´Irak tournait au vinaigre autant dans l´opinion américaine populaire, que dans le monde. Trop d´abus, trop de mensonges, trop d´illégalités au Droit International, trop de morts inutiles et faussement prétextés ont pavé toute la campagne irakienne. Avec la conquête des démocrates de la majorité dans les deux chambres de contrôle et de conseil du pouvoir américain, le vent avait tourné.

Ce que personnellement je reproche aux américains, ainsi par ailleurs qu´à tous ceux qui se laissèrent aveuglement entraîner dans cette fausse et honteuse violation des droits irakiens et du respect de la paix internationale, c´est le manque indécent de jugement et d´appréciation face à une vendetta de la pure délinquance militaire la plus volontaire. Et Tony Blair est un de ceux-là. A la perspective qu´au 21ième siècle de tels abus de la part  de nations se réclamant de la liberté et de la démocratie étaient possibles, cela coupe le souffle à tous les hommes de bonne foi dotés de jugement et de bon sens. Parce que cela ouvrait un dangereux précédent au monde, d´une part, et de l´autre, ce mépris évident de l´ONU et du Droit des Gens semblait suggérer le retour à l´âge de la pierre taillée, sinon à des méthodes musclées permettant aux nations mieux armées de transformer le monde en leur poulailler. Cela menait tout droit au banditisme, à la flibuste et à la piraterie étatique autorisée parce que le délinquant et ses amis étaient puissants. La mort du droit, en somme. Décidément pas une bonne augure. Et les faux cris de démocratie et de liberté jetés aux visages des anxieux n´aggravaient que d´autant mieux le jugement qui incombait aux délinquants.

Près de 3000 américains ont laissé leurs vies dans cette mascarade, 44.000 ont été blessés parfois durement. Chez les anglais, 162 tués et 2000 blessés. Et ce n´était pas tout, parce qu´il fallait aussi compter les victimes irakiennes qui elles s´élevaient à près d´un demi million. Et chaque jour voyait s´y ajouter bien d´autres. Qui paiera donc, à qui pourra-t-on impliquer la responsabilité de tous ces morts et ces blessés gratuits, et pour le moins injustes ? Voilà la grande question qui plane dans l´air. Et si l´Etat Irakien venait à se disloquer ou à ne pas retrouver sa paix rapidement, qui en paiera les pots cassés ? Tuer gratuitement au nom d´une quelconque guerre d´intérêt ?

Curieusement, ce n´est ni le bon sens, ni l´amour du droit et de la liberté qui lentement met fin à cette guerre, mais l´opinion publique américaine mise en éveil par la victoire électorale des démocrates ! Dangereux. Cela prouvait d´une part que les pouvoirs exécutifs américain, ainsi que celui de tous les états qui les avaient secondé avaient tous manqué de jugement, de mesure et de maturité politique. Ou alors ont-ils été aveuglés et conditionnés par les américains et leurs amis anglais. Les peuples allèrent jadis aux barricades, des manifestants descendirent dans les rues ; rein n´y fit. Et aujourd´hui ? Ces sans pouvoir de la rue auraient-ils gagné ? Le bon sens, le respect du droit, de la paix et de la liberté des autres, n´étaient-ils évidents que chez ceux qui ne décidaient pas ? Les gouvernements, eux, se turent ou collaborèrent, ouvertement ou à catimini. Mais lorsque les délits américains aux droits civils des citoyens illégalement enlevés, torturés et privés de liberté devinrent insoutenables, le parlement européen leva la voix et condamna ces méthodes dignes du Far West. N´était-ce pas un peu tard ? Peut-être vaudrait-il mieux élever la voix et s´opposer à ces bris de droit et de liberté AVANT ou PENDANT qu´ils ont lieu ; parce que sinon, on joue au faux vertueux de l´après coup : celui du peureux ou du complice par défaut qui voulait, après avoir fermé les yeux sur le crime, se redorer le blason par des déclarations et des aveux tardifs de bonne foi.

Toute cette symptomatique du suivisme à l´appel ou aux accommodements aveugles à la violation, à la mise à mal d´une ou de plusieurs valeurs collectives précieuses n´a été facilité que parce que l´Amérique était le pays le plus riche et le mieux armé de nos temps. Avec notre polarisation à l´idolâtrie du riche et du parvenu grand roturier, certains en arrivent à croire, comme dans le passé, que le droit leur appartenait et qu´ils avaient droit de vie et de mort sur le monde entier. La loi du plus fort, comme expression primairienne de l´absence d´identité et de sain jugement face au droit, au sens humain de justice et d´équité, à la civilisation ? Ou s´agissait-il, dans cette criminelle parodie irakienne meurtrière, en une meute d´Etats qui crurent rétablir le viol, le vol et l´assassinat des autres comme principe existentiel d´excellence ? Ou fallait-il, par une sournoiserie criminelle de la pire intention, de bombarder et déstabiliser l´Irak en retardant son développement ; ce qui donnerait aux occidentaux, et cela pendant longtemps encore, la mainmise sur le pétrole irakien ? Le complexe de l´ombre impressionnante de la Chine ? Je vous avoue que jusqu´aujourd´hui, je ne comprends pas cette incroyable agression.

Que pensait donc l´ancien secrétaire d´Etat Colin Powell qui avait menti jusqu´à la semelle pour donner une fausse légitimation à cette guerre irakienne ? Au plus tard le jour où il est devenu public que le gouvernement américain avait financé par un célèbre bureau de public relation, et par la CIA d´une campagne instauratrice de la crédibilité de la guerre irakienne au gouvernement et dans la population, tout ce que Colin Powell avait dit ou prétendu n´était rien d´autre que mensonge et manipulation. Et cependant, comme un phonographe dérangé, il continua à mentir. Mentir pour le pouvoir blanc, mentir envers et contre toute morale…Chez lui, ce n´était ni nouveau, ni difficile : ce fut un certain capitaine Colin Powell qui, avec une embuscade insinuée, déclancha la guerre du Vietnam. Rien ne se perd, rien ne se crée, disait Lavoisier ; qui a bu boira ?

C´est pourquoi, aujourd´hui encore plus qu´hier, nous devons, comme le disait Wendel Philips : « Eternal vigilance is the price of liberty », veiller sur nos valeurs et nos droits encore plus jalousement. Ne pas croire aveuglement n´importe quoi, n´importe qui, et se méfier de solutions toutes faites qui, en définitive, nous excluaient ou nous volaient notre réalisation. Et si nous tenons vraiment à la paix, à la civilisation et à nos droits comme le veut toute volonté pacifique et cultivée ; nous devons les défendre et les faire valoir devant n´importe qui. Qu´il soit David ou Goliath. Sans cela nous nous détruirons nous-mêmes, et ce faisant l´avenir et la fierté de nos enfants par la même occasion. Vivrons-nous alors dans un monde civilisé ? J´en doute.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

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