23 février 2007
Sur ces douteuses « amitiés étroites » de la francafrique
Ne tournons pas toujours autour du pot ; les dictateurs et les fossoyeurs francafricains des intérêts légitimes des peuples africains ne sont ni nos héros, ni des exemples vertueux de responsabilité politique et d´amour des leurs.
Appelons chat un chat, et chassons les cancrelats de nos demeures
« A force de tourner en rond comme de vielles toupilles, nous perdrons le sens des réalités et celui de nos exigences. Or le chemin qui se trouve devant nous est long et tortueux, et il exige de nous une séparation claire et précise entre la graine et l´ivraie. Autant qu´un effort et un courage indéfectible à changer les choses » Musengeshi Katata
Commentaire sur Afrikara du 23 Février 2007 19H01 sur l´article : http://www.afrikara.com/index.php?page=contenu&art=1632
Si nous tournons toujours autour du pot, nous risquons d´égarer ceux qui ont difficile à s´orienter et saisir la portée exacte de la problématique africaine, de ses exigences et de ses priorités imminentes. Sarkozy ne doit pas sentir l´odeur du pétrole africain, il doit apprendre à respecter la liberté africaine et le droit légitime à tout africain d´avoir accès à un avenir libre, indépendant, et réalisé. Ne perdons pas le temps à rappeler ces monarques criminels africains qui n´avaient conduit ce continent qu´à la débauche la plus irresponsable. Incitons plutôt les générations montantes à mieux se préparer à une tâche monumentale de changement, parce que lorsqu´on regarde l´Afrique avec des yeux ambitieux et réalistes, c´est à peine si on ne peut pas s´empêcher de pleurer, tant le retard scientifique, économique, créatif est énorme par rapport aux autres continents avec lesquels nous concourrons à la réalisation d´un espace existentiel rendant justice à tous. Et n´en déplaise aux aveugles et aux étroits d´esprit irréalistes et attardés, sans développer nos moyens et nos facteurs sociohistoriques de réalisation, nous resterons toujours les victimes faciles de tous ceux qui ne voient ou n´appréhendent la liberté que sous leurs définitions très particulières et exclusives. Cessons donc de revenir aux mêmes thèmes dépassés, quand nous savons très bien que l´avenir est construite avec un bois plus exigeant, moins vide et prétentieux comme ces Bongo, Sassou, Campaoré, et tant d´autres qui n´ont eu ni le courage de briller par leurs réussites, ni celui de se battre afin de protéger leurs peuples de la misère et de la pauvreté qui les frappent actuellement. Ce sont à tous les points de vue des incapables que la France utilisait pour mieux déjouer les élites et la conscience politique du continent, piller et engranger à loisir au détriment des africains et de leur avenir. Belle amitié de criminels, dirai-je. Serions-nous par hasard, pendant que ces aliénés de la francafrique et leurs amis conspirateurs sablaient champagne à nos frais, pendant qu´ils s´enrichissaient à nos dépends sans nous rendre les services et les devoirs pour lesquels ils étaient élus ; occupé à perdre notre temps précieux à les admirer ou à pavoiser sur leurs amitiés particulières ? Eh, bien…Oublions-nous que nos sœurs faisaient, au désespoir le plus aride, le trottoir en occident pour survivre ? Oublions-nous que chaque jour qui passe nos femmes et nos beaux enfants mourraient de faim, manquaient d´eau propre ? Oublions-nous…
Musengeshi Katata.
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu.
Le retour du néocolonialisme belge au RDCongo
Commentaire sur l´article d Afrikara du 19/02/2007 : Prêts odieux de la Banque mondiale à la métropole coloniale belge pour coloniser le Congo, par Éric Toussaint. A lire sur : http://www.afrikara.com/index.php?page=contenu&art=1624&PHPSESSID=af6050228ebf7d4e448b98d8b0d30116
Le retour des salauds de la soumission
« Il est toujours plus facile de prétendre apprendre aux autres à se libérer d´eux-mêmes, pour devenir libre et indépendant, que de reconnaître qu´on n´est soi-même incapable de vraie liberté. Et qu´en vérité, ce qu´on nomme gratuitement , et cependant non moins fallacieusement liberté n´est rien d´autre que la plus vile intention de soumission» Musengeshi Katata
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Je me disais bien lorsque je lus l´allocution faite par Kanambé alias Kabila devant le sénat belge en le 10 février 2003 qu´il y avait dans cet éloge brûlant de Léopold II quelque chose d´à la fois illogique, insultant, prémédité. Le même acte d´allégeance et de soumission a été fait devant le français ; ce qui a entraîné quelques jours plus tard la loi sur les effets positifs de la colonisation ! Et si à l´époque, pressentant le danger, je dénonçais déjà le preux retour du néocolonialisme en Afrique, je fus troublé que nul n´y attacha beaucoup d´importance. Eh oui, l´Afrique et ses intellectuels aveuglés…Et même lorsque je fis la remarque sur l´invitation à Bruxelles de l´ange de la mort de la liberté économique dans le monde : Paul Wolfowitz – à moins, bien sûr, d´accepter celle soumise et bienveillante aux privilèges et aux intérêts occidentaux – car ceux-ci, devant l´impressionnante montée industrielle chinoise, voyaient déjà arriver la fin de leur confortable domination. Il fallait donc parer au plus pressé et couper la Chine d´une mainmise imposante sur les matières premières, afin de se réserver quelques atouts de bonne valeur dans un enjeu industriel et commercial qui prendrait, dès que La Chine aurait atteint sa vitesse de croisière industrielle, une importance capitale pour les recettes et l´avenir de biens de pays industriels surproduisant, car leur marché commercial habituel se rétrécirait douloureusement.
Au-delà de ce qui se passe actuellement et qui aura une incidence des plus influente sur l´avenir du tiers monde non développé, et particulièrement de l´Afrique, je dois m´avouer à la fois surpris et profondément peiné intellectuellement sur le débâcle stratégique de l´élite africaine. Elle se débat, elle fait du bruit, mais en réalité, elle cafouille, tout simplement. Et comme il y a 600 ans, elle est de nouveau surprise sans le moindre concept de défense contre le sort qu´allait lui réserver les « autres ».
Elle risquait non seulement de perdre définitivement son propre enjeu culturel, économique et social de développement, mais d´être, entre la perfide guerre économique qui allait faire campagne entre l´occident et les nouveaux arrivants au firmament de l´industrialisation (Chine, Inde, Brésil, Russie), écrasée dans la tourmente. Car les enjeux des deux parties étaient de taille. Les uns voulaient conserver leurs privilèges exorbitants et quasi aveugles ; tandis que les autres n´avaient pas le choix que de marcher de l´avant et repousser pouce par pouce l´impérialisme occidental en le contraignant à composer, sinon à concourir ouvertement.
Cette guerre, si je peux l´appeler ainsi parce que c´en est une des plus violente que l´histoire économique et politique du monde aie connue, sera violente et pavée de toutes les cochonneries du capitalisme. Et c´est dire que les faibles, ceux qui n´ont ni la capacité de saisir ce qui leur arrive à eux et à leur société, ceux-là auront encore plus difficile qu´hier à émerger, à survivre. Et c´est justement parce que l´issue est connue d´avance, que la Chine l´emportera à coup sûr, que la guerre sera infernale. Pour prouver ou essayer d´établir que le contraire était possible. Et le capitalisme occidental était puissant, organisé, conscient plus que tout autre alliance économique mondiale de ses avantages et de ses intérêts. Ce géant se battra jusqu´à ce qu´il se rende compte qu´il n´y a plus aucune chance de victoire, et qu´il vaudrait mieux composer pour ne pas perdre inutilement ses précieuses réserves substantielles.
Si certains africains croyaient actuellement qu´il suffisait de choisir un camp, ils se trompaient bien. Il s´agissait plutôt, à mon avis, de rester le plus loin du combat que possible. Tout en mettant avec un engagement exceptionnel ses facteurs défectueux ou attardés à jour. Car l´après guerre, et même durant toutes ces batailles des normes, des institutions, des finances et centres économiques, ceux qui auront gardé la lucidité des exigences des temps, ceux qui sauront appréhender et répondre aux conditions multidimensionnelle de l´avenir ; ceux-là prendront plus facilement le train que ceux qui s´enfermeraient à leur étroitesse d´esprit et de capacité. Le monde sera plus ouvert que jamais, mais il sera aussi incroyablement ardu, cher et lointain.
Un théologue africain : Nsapo Kalamba m´a fait parvenir l´avis d´une tenue de conférence appelée « Journée d´étude d´Omnes Gentes - 16 déc. 2006 ». Les lecteurs intéressés trouveront plus ample information sur http://realisance.afrikblog.com/archives/2006/08/28/2550933.html , en commentaire.
Cette initiative qui est patronnée par Fondé en 2003, Omnes Gentes est une association de partenariat entre les Facultés de théologie de la Katholieke Universiteit Leuven et de l´Université catholique de Louvain, le Centre Lumen Vitae de Bruxelles et Missio Belgique. Son but consiste en ceci :
1) promouvoir la proposition de la foi et la réflexion critique à son propos dans un monde globalisé ;
2) accomplir une telle tâche particulièrement dans le domaine des expressions de la foi et du dialogue avec d´autres convictions et croyances, de la contextualisation et de l´échange solidaire entre les Eglises soeurs d´Afrique, d´Asie, d´Amérique, d´Europe et d´Océanie.
Le moins que je puisse dire en lisant ce compte rendu, c´est : catholique, réunissez-vous, il faut sauver le capital occidental ! On le voit, l´église catholique est bien le bras droit du capitalisme occidental ; sentant le danger prochain de désuétude, elle va en campagne pour sauver les meubles menacés du maître. Comment disait encore Léopold II aux missionnaires en partance pour le Congo-Belge ? « Apprenez-leur à croire, pas à réfléchir ! ».
Celui qui suivrait cette royale injonction, ou s´accrocherait aux soutanes du Curé au lieu de motiver utilement et de défendre sa liberté avec des instruments respectant sa culture, ses ambitions, son avenir ; celui-là a déjà perdu, et ne serait rien d´autre que l´ombre sans âme d´un être humain. Ce qui qualifie et honore la valeur humaine, c´est justement ce désir intarissable et inconsolable à la liberté et à la réalisation sensible. Pas la soumission ou le déni de soi-même.
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu