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Forum Réalisance

Cet espace va à la recherche de l´existentialisme de l´homme noir pour lui permettre de mieux se déterminer face à l´histoire et face à la réalisation de sa liberté.

28 février 2007

Oui, parlons-en de la culture de notre Afrique !

Est-elle à vendre, à entreprendre ou à épanouir ?

En réponse  et commentaire à l´article d´Africultures : Osons le débat !
par Ayoko Mensah, publié le 20/02/2007. http://www.africultures.com/index.asp?menu=revue_affiche_article&no=5791 

Ou comment rendre justice à l´âme créative profonde de l´Afrique ?

« N´en déplaise à ceux qui trépignent, ceux qui cafouillent et ceux qui, dans leur inculte ignorance, ne savent pas ce que c´est que la culture. Elle est, elle reste l´âme profonde de toute existence communautaire : son noyau le plus représentatif de l´enjeu et du tourment existentiel de ses maîtres. Et l´âme noire, l´âme africaine est incessible et invendable ; celui qui croit le contraire est un criminel culturel sans âme et sans identité sociohistorique, et c´est dire : un fantôme plus animal qu´humain. »  Musengeshi Katata

Oui, osons le débat, mais au risque de se dévoyer, ou, comme c´est souvent le cas de nos jours, d´échapper à débattre effectivement du marasme culturel africain actuel, il faut, à mon avis, savoir d´abord, et principalement ce dont il s´agit effectivement. En ce moment il y a une déplorable tendance activiste à vouloir débattre de la culture africaine dans tous les milieux occidentaux, et particulièrement en France. Mais que cache donc cette discussion et à quels buts s´élève-t-elle aussi bruyamment ? Est-ce une façon comme une autre de cacher le mal colonialiste qui a été fait à ce continent et qui mit à mal l´éclosion et la prospérité de son épanouissement ? Car, disons-le clairement et sans ambages : parler de liberté et de démocratie et exercer cependant une pression d´assujettissement aussi primitive à une culture comme l´ont fait tour à tour les hordes islamiques et celles des occidentaux envers le continent africain, c´est d´une malhonnêteté de la plus basse sournoiserie.

Ou s´agissait-il, au moment où la Chine, lentement mais sûrement, par son gigantesque industrialisation qui, sans le moindre doute renverserait, à son apogée, l´hégémonisme occidental (Dont la domination sur le monde a tout de même duré 600 ans), une discussion dont les consonances secrètes déploraient que la culture africaine, aujourd´hui démunie de véritables moyens de défense (économiques, financiers, militaires), ne soit le maillon faible de la défense périphérique de l´occident ? Et donc risquait, par sa tombée aux mains des envahisseurs (matières premières, marchés futurs, et alliances géopolitiques associées), de mettre fin au règne occidental, ou de précipiter sa déchéance prochaine ?

Ce n´est pas du pur hasard, en effet, que Georges Bush décidait dernièrement de doter 53 pays africains d´un commando militaire américain unifié. Curieux revirement ; tout d´un coup l´Afrique était dans toutes les bouches. Après l´avoir vilipendée, pillée, violée à qui mieux mieux sans le moindre remord, à Bruxelles, au siège de l´Union Européenne (rassemblant notamment tous les anciens pays esclavagistes et colonialistes de la terre), on entendait des cris tels : « Africa is back, Africa is back ! », ou comme on veut : maintenant, l´Afrique ! Mais messieurs, à moins d´ignorer l´histoire, l´Afrique a toujours été là et bien présente, la preuve : vous y fîtes pendant 400 ans l´esclavages scandaleux, 100 ans de colonisation destructives et malveillantes, et 46 ans de francafrique de la plus ignoble chosification.

Non, je ne pense pas que l´occident va changer son système existentiel prédateur des autres cultures, et particulièrement de la race noire ; il s´agissait plutôt d´un revirement circonstanciel lié aux matières premières que nous détenons, et à la pression Chinoise qui, si elle s´alliait aux africains, précipiterait la fin de l´hégémonie occidentale sur le monde. Le grand De Gaule disait : « Vous avez cherché le débat, j´étais prêt à me débattre ; maintenant que vous préférez la déroute, je vous la laisse. » La culture a, cependant, pour toute société humaine,  une valeur incomparable et propre à toute communauté. Car elle est le tissu sensible de nos expériences, d´habitudes sociales, d´expressions et de dons individuels au groupe humain auquel elle appartient. Croire qu´on peut la transposer, le vendre ou l´aliéner, c´est de la pire des absurdités.   

Et si les occidentaux mettaient, pour la circonstance, et bien dans leur tradition de protéger aveuglement leurs intérêts sans trop prendre en compte les droits des autres, un manteau de peau de mouton tardif, et à mon sens bien trompeur envers les africains ; que faisaient donc ces derniers ? Croyaient-ils encore qu´on leur ferait leur propre culture ou qu´on l´entretiendrait, pendant qu´eux se reposeraient ou s´alièneraient à la culture occidentale ? Avaient-ils compris ce qui se passait, ou naïfs comme hier ils se laissaient entraîner dans des débats sans pain et sans contenu ? Car, même si nous oubliions le passé un court instant et nous concentrions sur le présent et l´avenir ; si l´occident, et bien sûr la France, éprouvaient autant d´amour pour l´Afrique et sa culture ; pourquoi n´y investissaient-ils pas autant, par exemple qu´en Chine ou en Europe de l´Est ? Ou estimait-on que l´Afrique n´était qu´un énorme réservoir de main d´œuvre et de matières qui ne nécessitait que des investissements d´exploitation, pas des investissements d´épanouissement de ses cultures et sociétés ?

Alors, quoi ; prétendre aimer, venir en aide, et cependant continuer sournoisement à piller et à priver de substances économiques et financières ceux avec lesquels on prétendait avoir des relations amicales ? Oui, continuer à étouffer ce continent en y déversant ses surplus et ses excédents industriels lesquels détruisaient son agriculture et ses jeunes industries ? Prétendre aider et cependant, avec des prix de dumping sur le coton, le sucre, le riz américain, appauvrir ses paysans et partant son économie ?

Avec cet important à propos, on voit enfin où je veux en venir : au contenu réel de la culture, et de son acceptation extérieure. Et tous ceux qui s´abaissent à chanter du mot culture, de parler de la culture africaine en tout cas, sans tenir compte que celui qui est le maître de cette culture doit boire, manger, travailler et s´épanouir librement dans son milieu naturel, ceux-là ne parlent pas de culture ; ils font semblant tout simplement, s´ils ne tiennent en compte que ce qu ils considèrent comme leur droit légitime est aussi une légitimité naturelle africaine !

Et qu´à ce titre, le fait de mettre volontairement à mal ce continent, ou même de ne pas exercer les prérogatives de défense et de promotion - Je fais allusion ici aux élites corrompues, aliénées et incapables de la francafrique – c´est en fait méconnaître ou mépriser ouvertement ce continent et sa culture. Et ce ne sont ni les conférences, ni les discussions de spécialistes hauts titrés qui changeront les choses. Car ce qui manque à l´Afrique, ce qu´on lui a, jusqu´aujourd´hui refusé, c´est le développement économique. Car il n´y a que ce foisonnement de moyens et d´instruments à la fois imaginaires, matériels, créatif pour éclore et promouvoir à l´épanouissement réel de sa culture.

Maintenant, ceux qui croient qu´on vend, ou qu´on peut vendre une culture ou qu´on l´impose, se trompent beaucoup, et témoignent plutôt de leur étroitesse d´esprit. Tout ce qu´on peut vendre, exporter ou échanger, ce n´est que l´EXPRESSION créative d´une culture ; son âme reste la propriété du peuple ou du milieu dans lequel l´œuvre a été créée. Le malus des exportations envahissantes des biens et des idées actuelles, du prêt-à-porter, du prêt à penser, du prêt à être ; c´est que, tout en vendant un produit d´utilité ayant une certaine expression culturelle quelconque - lequel répond lui-même à des besoins biens définis - de donner l´impression de faire culture. Or, ce qu´on marchande là n´est rien d´autre que l´utilité de la chose de culture sans plus ; pas la culture elle-même. Par ailleurs, ces exportations, outre qu´elles appauvrissent mentalement et culturellement en endiguant la créativité de l´étranger qui les consomme, elles exportent l´inflation étrangère et ruine les finances des pays pratiquant. Pratiquée à l´aveuglette, ces exportations mettent à mal des économies entières et leur développement futur.

Ni la liberté, ni la réalisation, ces deux joyaux éclatants de la culture ne se donnent, ni ne se prêtent ; elles se conçoivent et se réalisent. De par leur projection réelle étroite avec la sensibilité, les attentes, le sens éthique et moral de leurs maîtres, elles restent l´habit célébrant le sens solennel de ceux qui lui ont donné jour et dont elles représentent à la fois le patrimoine identitaire incessible que la fervente prière existentielle. Quand le maître balbutie ou trépigne dans ses moyens ou ses instruments de réalisation, la culture en pâtit, ainsi que le développement de la société. L´imaginaire créatif de changement et de progrès ne peut œuvrer efficacement à ses ambitions, remplir loyalement son rôle que si l´esprit ne l´enferme pas à la négation ou au complexe d´incapacité ou de nullité. Lentement les africains doivent arriver à comprendre que notre crise actuelle est une crise plutôt psychologique qu´intellectuelle.    

Ceci dit, et en conclusion, les africains doivent cesser de tourner autour du pot ou se laisser abuser (encore une fois) dans des discussions qui n´avaient aucun sens, sinon de dérouter ceux qui les écoutaient ou permettre aux occidentaux de cacher leurs mauvaise foi dans des palabres trompeuses et sans substance. Ce qui manque à l´Afrique actuellement, c´est son industrialisation et la reconquête de son indépendance économique et financière afin de défendre et d´épanouir valablement sa ou ses cultures. Et les élites africaines devraient rapidement s´y mettre, au lieu de discourir ou de se prêter à l´aliénation ou au pillage des leurs. Et bien sûr se réfugier traîtreusement sous l´enseigne de la consommation et de l´usage servile des objets culturels importés.

Faire croire aux africains qu´ils n´ont pas d´imaginaire est de la fausseté la plus honteuse. Certes, l´imaginaire créatif est fonction de la diversité, de l´abondance, de la mise en valeur de la productivité culturelle d´un peuple ; et celui-ci est justement lié aux moyens de réalisation imaginaires ou réels qu´il dispose ou se donne. Et de là on peut dire que les africains manquant de moyens économiques et financiers pour mettre sur pied de meilleurs structures sociales leur permettant d´user et de foisonner au mieux de leur potentiel imaginaire, se condamnent à un imaginaire étriqué, si pas inefficace à leur réelle et pleine éclosion. Et beaucoup d´illuminés, au lieu de résoudre le problème par la racine – et c´est dire justement de créer et mettre au service des leurs de ces moyens, structures et facteurs d´éclosion - se ruent, en reniant leurs devoirs, à l´aliénation de solutions d´importation toutes faites. Illumination, aliénation, ou tout simplement méconnaissance dangereuse du problème ?

Or la véritable solution à ce problème culturel et existentiel profond, est la création d´écoles primaires et secondaires de qualité, d´universités, d´écoles techniques, professionnelles de haut niveau. Et cela, bien sûr autour d´un idéal social ambitieux, critique, ouvert au changement et à la recherche de solutions durables et appropriées à encenser l´avenir. Sans cela, enfermés à l´ignorance, à l´analphabétisme et au joug insolent des traditions désuètes et rétrogrades, des générations entières s´abattraient contre une impasse raide et désespérée qui, pour ne pas leur offrir une vision et une pratique élaborées de leurs possibilités et de leurs attentes, les enfermeraient irréversiblement à la morosité sensible et créative. Cela touchait non seulement à leurs expressions sensibles intérieures, mais aussi à la valeur et au contenu de leur liberté face à l´adversité extérieure. La réalisation, dès lors, ne se fait que sur un tissu étroit, sans ouverture d´esprit et c´est dire sans un large horizon enrichi. Un cercle vicieux, en somme.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

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27 février 2007

Sur l´avenir des relations franco-africaine

Commentaire sur l´article d´Afrikara : Le pacte présidentiel de Ségolène Royal méprise t-il la question noire ? Du 26/02/2007

Faut pas se leurrer avec de fausses attentes.

(27 Février 2007 12H53)

Croire que Ségolène Royal doit faire un nouveau projet pour l´Afrique ou se prononcer sur la question africaine, c´est croire que les africains sont encore colonisés ou que la France, comme abusivement par le passé, a le droit de déterminer l´avenir de l´Afrique. Il est grand temps que les africains cessent de se départir de leurs devoirs envers eux-mêmes. Il n´y a qu´eux pour faire leur propre histoire, déterminer leur propre avenir. Tout ce que peut faire Ségolène Royal, ainsi par ailleurs que son concurrent politique Sarkozy, c´est s´exprimer sur les moyens et les intentions de retour à de meilleures intentions, à la reconnaissance d´un meilleur partenariat avec l´Afrique. Le peuvent-ils ? Cela dépend aussi de la force silencieuse mais dominante en France : les intérêts industriels et géopolitiques. Et c´est bien là que se trouve le nœud du problème. Et à mon avis, entre le phallocentrisme décidé d´un Sarkozy et les ambitions de conciliation d´une Ségolène Royal devant la crise économique des pays montants à l´industrialisation (Chine, Inde, Brésil et Russie), d´une part, et de l´autre le vœu africain à se débarrasser définitivement de la francafrique, ce sera un combat d´adéquation, parce que l´Afrique y a un mot imposant à dire. D´autant qu´il s´agit de son futur développement !

Et la question principale est : l´Afrique peut-elle commettre et soutenir par elle-même l´effort qu´attend d´elle sa propre réalisation ? Parce que accuser et rejeter la francafrique, tout cela est beau, mais ensuite ? Quelles sont les reformes, l´organisation structurelle et politique que l´Afrique imbue de justice et de liberté se propose de se doter pour sortir de son marasme ? Parce que ces élites corrompues et abâtardies qui règnent aujourd´hui en Afrique, ce ne sont pas celles-là qui vont faire des miracles ! Mais si l´Afrique n´a aucune réponse à ses propres maux, aucune solution de changement ouvrant sur une nouvelle politique franco-africaine, sur un nouveau deal, tout pourrira comme par le passé.

La France peut vouloir changer, mais si les africains s´accrochent à la soutane du Curé, il ne lui restera qu´à tromper les apparences en protégeant ses prétendus intérêts en Afrique, comme jadis en 1960. Et à peu de choses près, c´est la même attitude dans les Doms toms.

Voulons-nous un franc et équitable partenariat ou pas ? Telle est la véritable question qu´il faut nous poser. Vraisemblablement, oui ! Mais dans ce cas, il faut négocier ou pourparler à droit et exigences égales avec une France qui, selon toute vraisemblance, aurait aussi à perdre dans la détérioration des économies et des finances africaines. L´un se retire, l´autre avance en commettant les efforts nécessaires à la recouverte de sa liberté, de ses devoirs et de ses droits. Et tous veillent à ce que les rapports futurs restent équidistants et rapportent à tous en respectant les droits et la souveraineté d´un chacun. Autrement, c´est cochon et cochon et demi. Et il ne restera un jour que la violence pour changer les choses. La révolution française, c´est aussi connu des africains.

Musengeshi Katata.

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com

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26 février 2007

L´Afrique et le levier existentiel de sa réalisation

Quel poids de mesure et d´effort faut-il donc pour sortir ce continent de sa tristesse ?

Le long bras de l´effort

«Il s´agit aujourd´hui moins de croire, de choisir ou d´attendre qu´on nous fasse le progrès, qu´on nous offre une culture ou un avenir quelconque, que de participer, de défendre et d´épanouir une existence qui, dans ses particularités, ses ambitions et ses aveux, nous réalise pleinement, légitiment. Car la liberté, comme la démocratie, si on s´en réclame et y aspire, et si ce ne sont pas des illusions vides et trompeuses, sont valables pour tous. »  Musengeshi katata 

En réponse à Lokolé.

Tout semble s´ensabler à une impasse frustrante qui transforme les efforts ailleurs fructueux et prometteurs en des gouttes d´eau dans une mer en furie et aux vagues déchaînées ravalant bien de bonnes intentions à une nullité toute désarmante. A croire que les Dieux de la négation avaient levé leurs mains destructrices sur l´Afrique. Sortir de ce piège n´était plus un hommage au respect de la liberté ; cela devenait un étrange rituel inconsolable qui, comme une veillée enragée, cherchait les moyens, les meilleurs instruments pour déplacer les gris nuages qui assombrissaient son avenir.

Le retard, la naïveté, la faiblesse, l´ignorance ou même l´illumination de l´aveuglement activiste…tout cela ne pourrait être vaincu libérer le ciel africain en l´ouvrant à un avenir moins douloureux, plus prometteur, que si ses enfants cessaient de se faire des illusions ou de se cacher derrière des paravents surfaits qui n´aggravaient que le mal, parce qu´ils projetaient des ombres mensongères autant sur la réalité que sur l´effort auquel ce continent devait se soumettre pour retrouver le sain chemin qui mène à l´abri des rêves et des attentes brûlantes de ses enfants excédés par la misère et la pauvreté.

Beaucoup d´africains, dans leur désarroi autant que dans leur ignorance s´imaginent encore à tort qu´il est possible de retourner au passé pour échapper à un monde hostile dans lequel ils avaient difficile à s´imposer, à réaliser leurs rêves. Et comme des enfants qui ne trouveraient pas satisfaction en quittant le sein protecteur et nourricier de la mère, ils réclameraient de redevenir fœtus, de reprendre le nombril intérieur protégé et bienveillant qui lui avait offert tranquillité et assurance. Hélas, c´était bien tard. Aussitôt nés dans notre monde d´effort, de contradictions et d´antagonismes, ils n´avaient plus le choix : ils devaient grandir, s´émanciper de leur mère, se libérer de la dépendance ombilicale pour mûrir et s´ouvrir à leur propre réalisation. Qui dit que la nature ne nous offre pas en miniature biologique ce à quoi la phénoménologie de notre vie nous destine ?     

C´est pourquoi, ceux qui affirment ou défendent l´opinion selon laquelle il suffirait de retourner en arrière, de faire appel aux pharaons et aux pyramides, ou aux royaumes africains passés et à leurs structures ou leurs sens défaits et plutôt archaïques que visionnaires modernes du sens de l´histoire ; ceux-là ont bien tort. Car ils ne tiennent pas compte que, dans notre monde d´adversité et de concurrence, où les matières premières ainsi que la qualité de l´air, de la nature et de la créativité se disputaient et se convoitaient âprement dans une course à la fois destructive que défiante ; se retirer sur soi-même ou se refuser volontairement à affronter, à assumer le défi du progrès scientifique, de l´électronique, de la communication, des avantages de la mécanisation et de l´organisation rationnelle de la société civile, c´est, hélas, se condamner à mourir à petit feu dans un manque douloureux et une impuissance solitaire, pendant qu´on était soumis à toutes les vicissitudes des intentions et des désirs rapaces des autres.

Il n´y a, à mon avis, qu´un moyen de se défendre : relever le défi à tous les plans en activant tous les facteurs, en mettant toutes les possibilités rationnelles, matérielles, imaginaires africaines au service d´une motivation supérieure et décidée. C´est certes un long chemin ardu et soutenu que d´actualiser ses facteurs de production, mais si la conscience et le réalisme sincère et ponctuel s´y attellent en agissant en profondeur et au sources, le capital humain peut devenir rapidement performant et efficace.

Ce qui fait la morosité actuelle de l´Afrique et ses déboires momentanés tient du fait qu´un groupuscule de gens du pouvoir vide et déjoué ou de la production infantile n´ont pas une vision adéquate ni de leurs devoirs, ni du contenu réel de leurs obligations sociohistoriques. A quoi cela est-il dû ? A bien de facteurs : à l´archaïsme scientifique, rationnelle de la connaissance en Afrique traditionnelle encore arrimée à la stagnation, à la colonisation qui, pour aliéner et soumettre pour mieux asservir, ne forma pas des penseurs, mais bien de subalternes. Autrement dit – et effectivement – il ne s´agissait ni de partenariat, ni de respect culturel mutuel, mais bien d´assujettissement paternaliste dans le meilleur des cas. Cela ne conduisit, aujourd´hui, qu´au malaise intellectuel à être qu´on découvre partout, autant chez les afrodescendants libérés de l´esclavage ou immigrés, que chez les africains continentaux eux-mêmes.

Le prisme de la liberté, au lieu de réaliser et projeter chacun dans sa propre sensibilité, la participation de ses efforts à la réalisation de ses désirs, de ses besoins, se retrouve aliéné à la logique utilitariste et dominante du maître métropolitain et centralisé. Ce n´est pas seulement la culture qui était surfaite et dévoyée chez le dominé, c´était aussi le sens et la portée de son imaginaire et de sa créativité qui étouffaient sous le dictat sociohistorique du maître. Et celui-ci n´intègre ou ne reconnaît que ceux qui engrangent son intérêt et ses privilèges hégémoniques ! Or, son centralisme hégémonique est non seulement nocif à la liberté des autres, de ses victimes exclues ou exploitées, et cela depuis des siècles ; mais cette réalisation unilatérale d´intérêt et de culture préjudicie à toute éclosion d´une réelle démocratie politique et culturelle entre dominant et dominés. Et donc n´ouvre pas sur la liberté réelle.

Aujourd´hui, sous les cris et les protestations de la périphérie, de l´Afrique toute entière, l´occident prend lentement conscience que la liberté, cette fleur vivante de toute culture et de toute existence humaine n´est ni un dictat politique, économique de dominant à dominé, ni l´imposition d´une culture prédominante à sens unique. C´est un lieu pluraliste de cultures, de sensibilités, et de réalisations fondés sur le respect de la liberté de tous et de tout un chacun. Mais comment revenir aujourd´hui en arrière, si les institutions, les privilèges et les normes établies depuis 600 ans n´avaient pour but que de faire des offrandes à un seul Dieu ? Là se trouvaient le dilemme. Celui d´une religion qui, à force de ne reconnaître qu´elle-même par principe, avait, malgré ses trompeuses affirmations, oublié qu´elle se devait de respecter aussi les autres cultures et leurs existences.

La Chine, l´Inde, La Russie, le Brésil nous apporteront-ils cette dose de changement optique qui ouvre sur une meilleure démocratisation du monde en faisant valoir leurs droits légitimes à l´industrialisation ? Je le pense bien. Et malgré la sourde lutte de prédominance qui s´ouvre entre les nouveaux arrivants et l´occident, il n´y a pas lieu, en Afrique, de se laisser aller en choisissant l´un ou l´autre camp. Car si ces nouveaux arrivants nous offrent la chance d´émanciper la « démocratie occidentale », ils ne sont arrivés à ce résultat qu´en commettant des efforts individuels ardus et soutenus. C´est donc que c´est le seul chemin qui ouvre sur la liberté car chacun doit apporter, au moulin de la fête culturelle mondiale, lui-même le tourment de sa propre prière. Car lui-même en connaît le prix culturel sacré, le secret profond de son originelle beauté.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

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25 février 2007

En Afrique de la débâcle, les dinosaures reviendraient-ils ?

Pillée, violentée, appauvrie abusivement et finalement enclavée à la misère et au désarroi économique ; l´Afrique ferait-elle l´erreur de confier son avenir à des dinosaures rescapés de la vielle garde déchue et sans éclat ?

Le retour des mammouths sans vision d´avenir, sans concept et sans idées nouvelles ?

«Quand le moteur d´une automobile est en panne, remplacer le chauffeur ne résout pas le problème ! »  Bernardin Mungul Diaka

Avant propos

A la base de cet article, j´ai reçu hier 12 mails de mes lecteurs qui avaient décrié la publication de l´interview avec Samuel Badibanga. Il ressort de toutes ces protestations que mes lecteurs s´étonnaient que j´accorde encore l´honneur à de tels incapables, à ces dinosaures de l´échec. Après tout, ils avaient tous participé et accompagné la débâcle actuelle en l´imposant à l´Afrique comme l´ABC ouvrant sur sa réalisation et son avenir ! Reviendraient-ils aujourd´hui pour se moquer de leurs victimes ou pour les enterrer décemment eux qui n´avaient pas veillé à ce qu´ils vivent et s´épanouissent pleinement ?

Je vous avoue que j´ai été profondément touché par ces remarques. Et même si j´ai répondu que cet article avait été choisi pour permettre le commentaire que je lui réservais ; j´ai, comme mes lecteurs le voulaient, fais disparaître cet article. Mais le commentaire, lui, je vous le livre malgré tout, parce qu´il reste actuel et élucidant.

En haut âge de 65 ans, Samuel Badibanga vient nous enjoindre à nous rassembler. A prime abord, personne d´entre nous ne trouve l´idée nouvelle ou fausse. L´union fait toujours la force, dit-on ; et la cohésion est toujours mieux que la dissension. Mais se rassembler derrière qui, et surtout derrière quelles idées ou quel idéal nouveau ?

Il semble en ce moment une habitude fort prisée par les anciens politiciens déchus ou en retraite de sortir de leurs agréables vacances agrées de pensions qu´ils avaient abusivement soustrait au peuple sans lui donner ce qu´il attendait d´eux, de revenir sur la scène politique pour remettre le coup. Et on se demandait : tiens, ont-ils enfin découvert la vérité, ou seraient-ils à court de moyens financiers ? Qu´est-ce qui les poussaient donc à revenir à la charge, eux qui, s´étaient laissé tourner en bourrique, corrompre et déjouer par le Pouvoir Blanc ? La farouche détermination de réussir ? Ne s´y prenaient-il pas un peu tard ?

En Congo Kinshasa, c´était la même chose : Antoine Gizenga, à 82 ans, est mis à la tête du gouvernement ! On dit souvent que c´est dans les vielles casseroles qu´on fait les meilleurs repas, et cependant, on oublie que pour faire un repas, il faut tout de même des ingrédients ! Soutenu à plus de 57% de son budget par l´Union Européenne, cet état était plus maraude et bancal que fructueux en ce moment pour ses enfants. Par contre, pour les occidentaux qui épuisaient à satiété ses matières premières, pour un petit nombre d´illuminés de la politique profitant de cette alliance contre nature, les choses allaient pour le mieux. Mais le peuple, lui, celui duquel on se réclamait du matin au soir pour mieux le piller, pour le tromper et pour s´enrichir à ses dépends sans lui rendre justice, devait-il continuer à se taire et entériner, sans le moindre objection le retour de ces dinosaures du passé ? Et pendant que, vraisemblablement ces vieux dinosaures dépassés s´étriquaient dans des solutions dénuées de l´exigeant réalisme du monde actuel, des milliers de jeunes diplômés dépérissaient au chômage. Et cela ne semblait inquiéter ni Sassou Nguesso, ni Bongo, ni Campaoré, et tant d´autres incrustés au pouvoir. C´est à se demander: quelle notion d´économie, de gestion de l´intérêt et de l´avenir des leurs ?

Mais, diable, la question est légitime : si hier ils n´étaient pas capables de résister à la tentation, de réussir, de respecter et promouvoir les intérêts du peuple dont ils représentaient le pouvoir ; qu´est-ce qui nous assure qu´ils le sauraient aujourd´hui ?

Mais oui, aujourd´hui où les choses sont devenues plus complexes ; où les lois des sciences économiques classiques sont déjouées ou relevées par la politique, par le systématisme des intérêts géopolitiques ? Au moment où l´imaginaire est soumis à ses épreuves les plus exigeantes, et où il faut plus user d´artifices et d´astuces pour arriver à bonne fin ; que peuvent donc ces mammouths grisonnants et pesant d´esprit ? L´Afrique ne se livrerait-elle pas à un retour aux pierres taillées sur un continent qui boitait à l´arrière du progrès, de la recherche, de la science, de l´instruction, de la production, de la santé… ?

Et à mon avis, tout cet envahissement grisonnant et plutôt étouffant de la scène politique africaine n´est rien d´autre que le signe d´un désarroi sans pareil. Qu´Antoine Gizenga soit un ancien Lumumbiste, et vraisemblablement à la hauteur de sa tâche, cette tendance dinosaurienne est déplorable, parce que sans apporter des idées nouvelles, et vraisemblablement en manquant de réalisme créatif à même d´opposer au marasme actuel africain des solutions fructueuses, modernes et durables, elle lui convie à un statut quo chancelant et sans fraîcheur. Or ce qui caractérisait l´Afrique en ce moment, c´est l´incroyable jeunesse de sa population ! En fait, on passe devant ceux qui doivent exercer au mieux la promotion et la défense de leur avenir pour confier cette tâche au conservatisme croulant qui n´avait rien à faire valoir, ni la constance, ni la réussite; encore moins l´endurance et le sens exigeant du modernisme. N´est-ce pas un peu trop fort ?

Sans une profonde et nouvelle orientation de la capacité des africains à résoudre leurs problèmes en débouchant sur leur indépendance et leur réalisation, tout ce camouflage préhistorique ne mène qu´à la catastrophe. Et il serait grand temps que les africains se destinent à l´emploi résolu de l´imaginaire, plutôt que de rester enfermé à une logique enclavée qui ne reproduit, malgré sa réelle volonté de libération, que la vulgaire chosification du maître. Et cet effort commence par la redéfinition de concepts, d´instruments rationnels, idéels et réels conséquents, dans leurs contenus et leur portée, à la réalisation des rêves, des désirs, de l´avenir des africains d´abord avant d´avoir tout autre but. Vouloir gouverner pour l´honneur et le prestige du pouvoir, presque tout le monde sait le faire, et surtout les idiots et les simples d´esprit. Mais aller au pouvoir pour asseoir et réaliser un idéal élevé, il n´y a que les esprits éclairés et supérieurs qui le peuvent. Parce qu´au préalable, il faut non seulement savoir ce qu´on veut, ce qu´on doit faire, mais aussi avoir les moyens intellectuels et moraux d´y parvenir. En plus, il faut avoir un sens peu commun de la réalité, une vision ambitieuse de l´avenir, et un doigté infatigable de ce qui est possible, de ce qui est faisable, de ce qu´on peut exiger et de ce qu´on attend de l´avenir. Et sans définir et étayer sévèrement le contenu et les valeurs de sa liberté, c´est comme si on allait à la chasse sans fusil.

Je remercie mes lecteurs sincèrement, et particulièrement ceux qui m´ont écrit pour relever ce point de vue qui n´est pas sans intérêt. Et j´espère qu´ils continuerons à me lire, et bien entendu aussi à m´écrire. Avec toute ma profonde considération,

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com 

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23 février 2007

Sur ces douteuses « amitiés étroites » de la francafrique

Ne tournons pas toujours autour du pot ; les dictateurs et les fossoyeurs francafricains des intérêts légitimes des peuples africains ne sont ni nos héros, ni des exemples vertueux de responsabilité politique et d´amour des leurs.

Appelons chat un chat, et chassons les cancrelats de nos demeures

« A force de tourner en rond comme de vielles toupilles, nous perdrons le sens des réalités et celui de nos exigences. Or le chemin qui se trouve devant nous est long et tortueux, et il exige de nous une séparation claire et précise entre la graine et l´ivraie. Autant qu´un effort et un courage indéfectible à changer les choses » Musengeshi Katata

 

Commentaire sur Afrikara du 23 Février 2007 19H01 sur l´article : http://www.afrikara.com/index.php?page=contenu&art=1632

Si nous tournons toujours autour du pot, nous risquons d´égarer ceux qui ont difficile à s´orienter et saisir la portée exacte de la problématique africaine, de ses exigences et de ses priorités imminentes. Sarkozy ne doit pas sentir l´odeur du pétrole africain, il doit apprendre à respecter la liberté africaine et le droit légitime à tout africain d´avoir accès à un avenir libre, indépendant, et réalisé. Ne perdons pas le temps à rappeler ces monarques criminels africains qui n´avaient conduit ce continent qu´à la débauche la plus irresponsable. Incitons plutôt les générations montantes à mieux se préparer à une tâche monumentale de changement, parce que lorsqu´on regarde l´Afrique avec des yeux ambitieux et réalistes, c´est à peine si on ne peut pas s´empêcher de pleurer, tant le retard scientifique, économique, créatif est énorme par rapport aux autres continents avec lesquels nous concourrons à la réalisation d´un espace existentiel rendant justice à tous. Et n´en déplaise aux aveugles et aux étroits d´esprit irréalistes et attardés, sans développer nos moyens et nos facteurs sociohistoriques de réalisation, nous resterons toujours les victimes faciles de tous ceux qui ne voient ou n´appréhendent la liberté que sous leurs définitions très particulières et exclusives. Cessons donc de revenir aux mêmes thèmes dépassés, quand nous savons très bien que l´avenir est construite avec un bois plus exigeant, moins vide et prétentieux comme ces Bongo, Sassou, Campaoré, et tant d´autres qui n´ont eu ni le courage de briller par leurs réussites, ni celui de se battre afin de protéger leurs peuples de la misère et de la pauvreté qui les frappent actuellement. Ce sont à tous les points de vue des incapables que la France utilisait pour mieux déjouer les élites et la conscience politique du continent, piller et engranger à loisir au détriment des africains et de leur avenir. Belle amitié de criminels, dirai-je. Serions-nous par hasard, pendant que ces aliénés de la francafrique et leurs amis conspirateurs sablaient champagne à nos frais, pendant qu´ils s´enrichissaient à nos dépends sans nous rendre les services et les devoirs pour lesquels ils étaient élus ; occupé à perdre notre temps précieux à les admirer ou à pavoiser sur leurs amitiés particulières ? Eh, bien…Oublions-nous que nos sœurs faisaient, au désespoir le plus aride, le trottoir en occident pour survivre ? Oublions-nous que chaque jour qui passe nos femmes et nos beaux enfants mourraient de faim, manquaient d´eau propre ? Oublions-nous…

Musengeshi Katata.

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu.

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Le retour du néocolonialisme belge au RDCongo

Commentaire sur l´article d Afrikara du 19/02/2007 : Prêts odieux de la Banque mondiale à la métropole coloniale belge pour coloniser le Congo, par Éric Toussaint. A lire sur : http://www.afrikara.com/index.php?page=contenu&art=1624&PHPSESSID=af6050228ebf7d4e448b98d8b0d30116

Le retour des salauds de la soumission

« Il est toujours plus facile de prétendre apprendre aux autres à se libérer d´eux-mêmes, pour devenir libre et indépendant, que de reconnaître qu´on n´est soi-même incapable de vraie liberté. Et qu´en vérité, ce qu´on nomme gratuitement , et cependant non moins fallacieusement liberté n´est rien d´autre que la plus vile intention de soumission»  Musengeshi Katata

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Je me disais bien lorsque je lus l´allocution faite par Kanambé alias Kabila devant le sénat belge en le 10 février 2003 qu´il y avait dans cet éloge brûlant de Léopold II quelque chose d´à la fois illogique, insultant, prémédité. Le même acte d´allégeance et de soumission a été fait devant le français ; ce qui a entraîné quelques jours plus tard la loi sur les effets positifs de la colonisation ! Et si à l´époque, pressentant le danger, je dénonçais déjà le preux retour du néocolonialisme en Afrique, je fus troublé que nul n´y attacha beaucoup d´importance. Eh oui, l´Afrique et ses intellectuels aveuglés…Et même lorsque je fis la remarque sur l´invitation à Bruxelles de l´ange de la mort de la liberté économique dans le monde : Paul Wolfowitz – à moins, bien sûr, d´accepter celle soumise et bienveillante aux privilèges et aux intérêts occidentaux – car ceux-ci, devant l´impressionnante montée industrielle chinoise, voyaient déjà arriver la fin de leur confortable domination. Il fallait donc parer au plus pressé et couper la Chine d´une mainmise imposante sur les matières premières, afin de se réserver quelques atouts de bonne valeur dans un enjeu industriel et commercial qui prendrait, dès que La Chine aurait atteint sa vitesse de croisière industrielle, une importance capitale pour les recettes et l´avenir de biens de pays industriels surproduisant, car leur marché commercial habituel se rétrécirait douloureusement.

Au-delà de ce qui se passe actuellement et qui aura une incidence des plus influente sur l´avenir du tiers monde non développé, et particulièrement de l´Afrique, je dois m´avouer à la fois surpris et profondément peiné intellectuellement sur le débâcle stratégique de l´élite africaine. Elle se débat, elle fait du bruit, mais en réalité, elle cafouille, tout simplement. Et comme il y a 600 ans, elle est de nouveau surprise sans le moindre concept de défense contre le sort qu´allait lui réserver les « autres ».

Elle risquait non seulement de perdre définitivement son propre enjeu culturel, économique et social de développement, mais d´être, entre la perfide guerre économique qui allait faire campagne entre l´occident et les nouveaux arrivants au firmament de l´industrialisation (Chine, Inde, Brésil, Russie), écrasée dans la tourmente. Car les enjeux des deux parties étaient de taille. Les uns voulaient conserver leurs privilèges exorbitants et quasi aveugles ; tandis que les autres n´avaient pas le choix que de marcher de l´avant et repousser pouce par pouce l´impérialisme occidental en le contraignant à composer, sinon à concourir ouvertement.

Cette guerre, si je peux l´appeler ainsi parce que c´en est une des plus violente que l´histoire économique et politique du monde aie connue, sera violente et pavée de toutes les cochonneries du capitalisme. Et c´est dire que les faibles, ceux qui n´ont ni la capacité de saisir ce qui leur arrive à eux et à leur société, ceux-là auront encore plus difficile qu´hier à émerger, à survivre. Et c´est justement parce que l´issue est connue d´avance, que la Chine l´emportera à coup sûr, que la guerre sera infernale. Pour prouver ou essayer d´établir que le contraire était possible. Et le capitalisme occidental était puissant, organisé, conscient plus que tout autre alliance économique mondiale de ses avantages et de ses intérêts. Ce géant se battra jusqu´à ce qu´il se rende compte qu´il n´y a plus aucune chance de victoire, et qu´il vaudrait mieux composer pour ne pas perdre inutilement ses précieuses réserves substantielles.

Si certains africains croyaient actuellement qu´il suffisait de choisir un camp, ils se trompaient bien. Il s´agissait plutôt, à mon avis, de rester le plus loin du combat que possible. Tout en mettant avec un engagement exceptionnel ses facteurs défectueux ou attardés à jour. Car l´après guerre, et même durant toutes ces batailles des normes, des institutions, des finances et centres économiques, ceux qui auront gardé la lucidité des exigences des temps, ceux qui sauront appréhender et répondre aux conditions multidimensionnelle de l´avenir ; ceux-là prendront plus facilement le train que ceux qui s´enfermeraient à leur étroitesse d´esprit et de capacité. Le monde sera plus ouvert que jamais, mais il sera aussi incroyablement ardu, cher et lointain.

Un théologue africain : Nsapo Kalamba m´a fait parvenir l´avis d´une tenue de conférence appelée « Journée d´étude d´Omnes Gentes - 16 déc. 2006 ». Les lecteurs intéressés trouveront plus ample information sur http://realisance.afrikblog.com/archives/2006/08/28/2550933.html , en commentaire.

Cette initiative qui est patronnée par Fondé en 2003, Omnes Gentes est une association de partenariat entre les Facultés de théologie de la Katholieke Universiteit Leuven et de l´Université catholique de Louvain, le Centre Lumen Vitae de Bruxelles et Missio Belgique. Son but consiste en ceci :

1) promouvoir la proposition de la foi et la réflexion critique à son propos dans un monde globalisé ;

2) accomplir une telle tâche particulièrement dans le domaine des expressions de la foi et du dialogue avec d´autres convictions et croyances, de la contextualisation et de l´échange solidaire entre les Eglises soeurs d´Afrique, d´Asie, d´Amérique, d´Europe et d´Océanie.

Le moins que je puisse dire en lisant ce compte rendu, c´est : catholique, réunissez-vous, il faut sauver le capital occidental ! On le voit, l´église catholique est bien le bras droit du capitalisme occidental ; sentant le danger prochain de désuétude, elle va en campagne pour sauver les meubles menacés du maître. Comment disait encore Léopold II aux missionnaires en partance pour le Congo-Belge ? « Apprenez-leur à croire, pas à réfléchir ! ».

Celui qui suivrait cette royale injonction, ou s´accrocherait aux soutanes du Curé au lieu de motiver utilement et de défendre sa liberté avec des instruments respectant sa culture, ses ambitions, son avenir ; celui-là a déjà perdu, et ne serait rien d´autre que l´ombre sans âme d´un être humain. Ce qui qualifie et honore la valeur humaine, c´est justement ce désir intarissable et inconsolable à la liberté et à la réalisation sensible. Pas la soumission ou le déni de soi-même.

Musengeshi Katata

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22 février 2007

L´Egypte de Mubarak prise en flagrant délit de torture

Ni la grandeur et la célébrité des pyramides, ni la culture élevée des pharaons ; même pas la religion islamique n´ont pu empêcher un comportement inhumain et honteux pour les nombreuses victimes journalières de la police mubarakienne.

L´habit ne fait pas toujours le moine !

« Quand un esclave recouvre la liberté, il  veut s´asseoir sur les deux bosses du chameau »  proverbe égyptien

Vidéo et images sur : http://misrdigital.blogspirit.com/ une_femme_tortur_e

Tout le monde le pressentait, lorsque l´Egypte a été citée sous la liste des pays rendant à la CIA de grands services d´interrogatoires de prétendus terroristes de Bush, que la torture était à l´ordre du jour. Mais de là à ce qu´elle devienne le bon pain quotidien du peuple égyptien lui-même…Incroyable. Et les images que vous trouverez sur ce site vous dégoûteront de ce pays dont l´histoire africaine disait qu´il était un don du Nil. Et du coup, tous les noirs africains qui prétendaient qu´il suffisaient de se ressasser des gloires pharaoniques passée pour devenir de grands génies de culture et de civilisation s´en trouvent démentis. L´habit ne fait, hélas pas toujours le moine ; il faut en plus avoir lu son bréviaire, et savoir la prière qui fait revivre la foi.

Depuis que Mubarak avait accédé au pouvoir, et cela en 1981, ce pays, au détriment d´un développement réel et diversifié, s´est, aux côtés des américains, cherché les moyens d´entretenir une grandeur qui se résumait en l´entretien et la restauration des pyramides qui rapportaient plus de 2 milliards $ par an d´entrées touristiques, l´entretien d´une armée clé sur porte, plus pompeuse qu´efficace, et l´édification de grands immeubles publics pour confirmer, du moins visuellement, la fermeté et les ambitions du pouvoir égyptien. Tout cela était bien joli, si dans l´arrière pays le riz, l´huile d´arachide américaine et ses aides financières ne corrompaient pas l´arrière pays, au point que le paysannat, étouffé par les aimables denrées alimentaires d´aide américaine, savait à peine se suffire à elle-même. Et comme celle logique perverse de dépendance le contraint, l´Egypte importait toujours plus de 25% de ses produits alimentaires et accusait chaque année une balance de paiement déficitaire  (importations : 14,8 milliards $ contre 8,2 milliards d´exportations). Par ailleurs, le chômage avoisinait 15%. En 2002, l´Egypte avait un PIB de 89, 854 milliards $ sur une population de 66.372 millions d´habitants et un revenu par tête de 1470$. Certains diront : c´est plus que bien de nombreux pays africains noirs ne peuvent prouver. Certes, mais alors, pourquoi ces tortures ? Pourquoi ce mépris évident de sa propre population ?

Il n´y qu´une réponse à cette question : la corruption du pouvoir. Mubarak veut à tout prix soit devenir un pharaon, soit une pyramide vivante ; en tout cas, il ne veut ni céder sa place avec des élections honnêtes, ni tolérer une quelconque opposition qui s´opposerait à son pouvoir. Autant dire : on a beau hériter de pyramides, d´une histoire ancienne valeureuse et pleine d´enseignement humain, ce n´est pas pour cela qu´on devient soi-même un sage. Ou un pharaon. En ce moment, et au vu des images qui sont présentés sur Internet, ce pays a perdu bien d´estime internationale. Mais le propre de dictateurs, n´est-ce pas de s´en foutre de ce que pensent les autres, pourvu qu´ils dégustent le pouvoir ? Curieux, n´est-ce pas, cette tendance américaine à soutenir et financer des régimes dictatoriaux. Quand l´Amérique se rendra-t-elle compte que du mal, de la fausseté ou de la traîtrise, ne naît ni idéal valeureux, ni vertu ? Etait-ce, comme toujours : « c´est un salaud, mais c´est notre salaud » ? Et le peuple dans tout cela ? Démocratie aux amitiés particulières étrangères très dictatoriales ? Pauvre égyptiens, si près du ciel, et cependant au bord d´un abyme sombre et méprisant d´exercice politique. La maladie furieuse de presque toute l´Afrique. Le manque étendu de réalisme et de sobriété politique. En tout cas, ce qu´on sait aujourd´hui, c´est que le pays des pharaons est gouverné par un nain des droits humains.   

Musengeshi Katata

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A lire aussi :

- Une vidéo pirate relance le débat de la torture en Egypte : http://www.liberation.fr/actualite/monde/228243.FR.php

- Le Maroc et l’Égypte se disputent le marché de la torture. http://www.algerie-dz.com/article4044.html

- Torture in Egypt ! http://sabbah.biz/mt/archives/2006/12/01/torture-in-egypt/

- Torture : des policiers piégés par Internet en Égypte http://www.lefigaro.fr/international/20070113.FIG000000819_torture_des_policiers_pieges_par_internet_en_egypte.html

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21 février 2007

Tony Blair a annoncé son retrait progressif d´Irak

L´opinion britannique au plus bas de cette guerre sans vertu a poussé le premier britannique à se retirer d´un engagement militaire qui risque de s´éterniser ou de tourner au vinaigre.

La fin de la honteuse guerre serait-elle proche ?

« ...Qu´aux dires de chacun étaient des petits saints » Jean de la Fontaine, les animaux malades de la peste.

Ce mercredi 21 février 2007, le premier ministre britannique, Tony Blair, a annoncé devant le parlement de la couronne du retrait progressif des soldats britanniques en opération en Irak. Ce retrait se ferait jusqu´à la fin de l´été de l´ordre de 1500 soldats, réduisant les effectifs anglais dans ce pays de 7100 à 5500. D´autres retraits allaient suivre prochainement. Le début d´une retraite sans honneur et sans gloire ?

Cette nouvelle, qui suivait le vote américain au Sénat s´opposant à l´intention du président Bush d´augmenter ses effectifs en Irak, pour peu inattendu qu´elle soit, n´est cependant que logique et circonstancielle du changement de courant politique aux Etats-Unis. Et même si Bush a déclaré qu´il avait été au préalable informé et que ce retrait était une preuve de progrès ; plus personne ne s´y trompait. Le président américain était embarrassé par l´opposition démocrate désormais majoritaire au parlement et au Sénat. Sa logique militaire jusqu´auboutiste n´aveuglait plus personne. Et l´ami aveugle Tony Blair, lui aussi faisait ses valises et quittait le bord. Discrètement, mais non moins sûrement la guerre d´Irak tournait au vinaigre autant dans l´opinion américaine populaire, que dans le monde. Trop d´abus, trop de mensonges, trop d´illégalités au Droit International, trop de morts inutiles et faussement prétextés ont pavé toute la campagne irakienne. Avec la conquête des démocrates de la majorité dans les deux chambres de contrôle et de conseil du pouvoir américain, le vent avait tourné.

Ce que personnellement je reproche aux américains, ainsi par ailleurs qu´à tous ceux qui se laissèrent aveuglement entraîner dans cette fausse et honteuse violation des droits irakiens et du respect de la paix internationale, c´est le manque indécent de jugement et d´appréciation face à une vendetta de la pure délinquance militaire la plus volontaire. Et Tony Blair est un de ceux-là. A la perspective qu´au 21ième siècle de tels abus de la part  de nations se réclamant de la liberté et de la démocratie étaient possibles, cela coupe le souffle à tous les hommes de bonne foi dotés de jugement et de bon sens. Parce que cela ouvrait un dangereux précédent au monde, d´une part, et de l´autre, ce mépris évident de l´ONU et du Droit des Gens semblait suggérer le retour à l´âge de la pierre taillée, sinon à des méthodes musclées permettant aux nations mieux armées de transformer le monde en leur poulailler. Cela menait tout droit au banditisme, à la flibuste et à la piraterie étatique autorisée parce que le délinquant et ses amis étaient puissants. La mort du droit, en somme. Décidément pas une bonne augure. Et les faux cris de démocratie et de liberté jetés aux visages des anxieux n´aggravaient que d´autant mieux le jugement qui incombait aux délinquants.

Près de 3000 américains ont laissé leurs vies dans cette mascarade, 44.000 ont été blessés parfois durement. Chez les anglais, 162 tués et 2000 blessés. Et ce n´était pas tout, parce qu´il fallait aussi compter les victimes irakiennes qui elles s´élevaient à près d´un demi million. Et chaque jour voyait s´y ajouter bien d´autres. Qui paiera donc, à qui pourra-t-on impliquer la responsabilité de tous ces morts et ces blessés gratuits, et pour le moins injustes ? Voilà la grande question qui plane dans l´air. Et si l´Etat Irakien venait à se disloquer ou à ne pas retrouver sa paix rapidement, qui en paiera les pots cassés ? Tuer gratuitement au nom d´une quelconque guerre d´intérêt ?

Curieusement, ce n´est ni le bon sens, ni l´amour du droit et de la liberté qui lentement met fin à cette guerre, mais l´opinion publique américaine mise en éveil par la victoire électorale des démocrates ! Dangereux. Cela prouvait d´une part que les pouvoirs exécutifs américain, ainsi que celui de tous les états qui les avaient secondé avaient tous manqué de jugement, de mesure et de maturité politique. Ou alors ont-ils été aveuglés et conditionnés par les américains et leurs amis anglais. Les peuples allèrent jadis aux barricades, des manifestants descendirent dans les rues ; rein n´y fit. Et aujourd´hui ? Ces sans pouvoir de la rue auraient-ils gagné ? Le bon sens, le respect du droit, de la paix et de la liberté des autres, n´étaient-ils évidents que chez ceux qui ne décidaient pas ? Les gouvernements, eux, se turent ou collaborèrent, ouvertement ou à catimini. Mais lorsque les délits américains aux droits civils des citoyens illégalement enlevés, torturés et privés de liberté devinrent insoutenables, le parlement européen leva la voix et condamna ces méthodes dignes du Far West. N´était-ce pas un peu tard ? Peut-être vaudrait-il mieux élever la voix et s´opposer à ces bris de droit et de liberté AVANT ou PENDANT qu´ils ont lieu ; parce que sinon, on joue au faux vertueux de l´après coup : celui du peureux ou du complice par défaut qui voulait, après avoir fermé les yeux sur le crime, se redorer le blason par des déclarations et des aveux tardifs de bonne foi.

Toute cette symptomatique du suivisme à l´appel ou aux accommodements aveugles à la violation, à la mise à mal d´une ou de plusieurs valeurs collectives précieuses n´a été facilité que parce que l´Amérique était le pays le plus riche et le mieux armé de nos temps. Avec notre polarisation à l´idolâtrie du riche et du parvenu grand roturier, certains en arrivent à croire, comme dans le passé, que le droit leur appartenait et qu´ils avaient droit de vie et de mort sur le monde entier. La loi du plus fort, comme expression primairienne de l´absence d´identité et de sain jugement face au droit, au sens humain de justice et d´équité, à la civilisation ? Ou s´agissait-il, dans cette criminelle parodie irakienne meurtrière, en une meute d´Etats qui crurent rétablir le viol, le vol et l´assassinat des autres comme principe existentiel d´excellence ? Ou fallait-il, par une sournoiserie criminelle de la pire intention, de bombarder et déstabiliser l´Irak en retardant son développement ; ce qui donnerait aux occidentaux, et cela pendant longtemps encore, la mainmise sur le pétrole irakien ? Le complexe de l´ombre impressionnante de la Chine ? Je vous avoue que jusqu´aujourd´hui, je ne comprends pas cette incroyable agression.

Que pensait donc l´ancien secrétaire d´Etat Colin Powell qui avait menti jusqu´à la semelle pour donner une fausse légitimation à cette guerre irakienne ? Au plus tard le jour où il est devenu public que le gouvernement américain avait financé par un célèbre bureau de public relation, et par la CIA d´une campagne instauratrice de la crédibilité de la guerre irakienne au gouvernement et dans la population, tout ce que Colin Powell avait dit ou prétendu n´était rien d´autre que mensonge et manipulation. Et cependant, comme un phonographe dérangé, il continua à mentir. Mentir pour le pouvoir blanc, mentir envers et contre toute morale…Chez lui, ce n´était ni nouveau, ni difficile : ce fut un certain capitaine Colin Powell qui, avec une embuscade insinuée, déclancha la guerre du Vietnam. Rien ne se perd, rien ne se crée, disait Lavoisier ; qui a bu boira ?

C´est pourquoi, aujourd´hui encore plus qu´hier, nous devons, comme le disait Wendel Philips : « Eternal vigilance is the price of liberty », veiller sur nos valeurs et nos droits encore plus jalousement. Ne pas croire aveuglement n´importe quoi, n´importe qui, et se méfier de solutions toutes faites qui, en définitive, nous excluaient ou nous volaient notre réalisation. Et si nous tenons vraiment à la paix, à la civilisation et à nos droits comme le veut toute volonté pacifique et cultivée ; nous devons les défendre et les faire valoir devant n´importe qui. Qu´il soit David ou Goliath. Sans cela nous nous détruirons nous-mêmes, et ce faisant l´avenir et la fierté de nos enfants par la même occasion. Vivrons-nous alors dans un monde civilisé ? J´en doute.

Musengeshi Katata

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Mise au point du Forum Réalisance

Désolé, nous ne sommes pas une caisse à résonance

Informer, d´accord ; mais aussi critiquer, proposer et réfléchir

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"Trop de liberté nuit à la liberté" Nicolas Sarkozy, ministre de l´intérieur de France

Cher et honoré lecteur, vous l´avez certainement remarqué : nous ne sommes pas ce qu´on appelle un journal d´information. Ce n´est pas notre but. Notre but est de traiter de l´existentialisme de l´homme noir, de l´Afrique et bien sûr des rapports et faits ayant influencé ou l´influencent toujours l´avenir et le développement de ce continent. Et c´est dire aussi de sa phénoménologie de la liberté. Cela nous emmène naturellement à saisir les informations actuelles qui ont une incidence directe sur la gestation et l´évolution de la liberté pour donner à nos lecteurs l´occasion de saisir dans la momentanéité de l´actualité le rapport qui existe avec des idées, des intentions, avec une certaine critique précise des voies et faits envers la liberté elle-même, mais aussi avec nos droits en tant qu´être humain. Pourquoi la liberté, se dira-t-on ; mais parce qu´étant le lieu de définition et de réalisation de notre réalisation sensible dans l´espace et dans le temps, la compréhension et l´analyse du structuralisme politique qui nous entoure, des possibilités et des moyens qu´il convoie permet de mieux comprendre et d´apprécier de la valeur des intentions extériorisées, et plus important : de leur contenu réel caché. Croire que la liberté est une définition individuelle, idéale, étatique ou raciale est de la pure aberration. La liberté de l´être humain d´aujourd´hui est devenue, de par l´écologie, les rapprochements de communication, celui des idées, des créativités, l´interdépendance des cultures humaines et de ses influences techniques, économiques, politiques, une mondialisation quasi inévitable pour l´être humain moderne. Celui qui ne l´a pas encore compris ne sait, à notre avis, plus ce qui lui arrive, autant qu´il ne définit ou n´appréhende la liberté que partiellement. Nous sommes donc ce qu´on appelle une page Internet engagée, plutôt d´opinion que de rapports de faits. Et pour situer certains lecteurs, nous avouons que nous ne sommes pas des rapporteurs aux yeux fermés ou aux sociologues de l´après coup ; bien au contraire, nous défendons sous Réalisance un idéal de liberté qui se reconnaît de la liberté de tous et celle d´un chacun. Un enjeu ambitieux, mais à notre avis le seul moyen de comprendre et de saisir réellement la vraie dimension de la liberté humaine. Nous sommes persuadé que les maux actuels de l´Afrique viennent surtout du fait qu´elle tarde à définir sa propre conception de liberté et à l´imposer autant dans ses sociétés qu´envers les autres. 

Musengeshi Katata

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20 février 2007

Sur le contenu, la valeur et la portée de nos larmes

Qui donc se retiendrait de verser des larmes sur le passé, sur le chancelant présent, et sur les manques actuels flagrants de l´Afrique ?

Au-delà des larmes, une volonté de changement ?

Commentaire sur Afrikara sur l´article : http://www.afrikara.com/index.php?page=contenu&art=1622&msg=1 

Celui qui ne verserait ni larmes ni sanglots au regard de toutes les erreurs, de toutes les humiliations ; toutes les vicissitudes auxquelles l´Afrique s´est exposée depuis des siècles et particulièrement depuis la vide indépendance de 1960, celui-là a un cœur de bois. Ou il ne connaît ni l´histoire, ni la portée réelle des maux, des intrigues et de la rapace cupidité qui se sont abattus sur l´Afrique. Et ici, permettez-moi de relever un malentendu : il ne s´agit pas seulement de condamner les « autres », qu´ils soient islamiques ou occidentaux ; encore moins de se baigner de compassion dans des fausses larmes qui ne cacheraient que l´incapable ou l´inconscient qui s´abritait sournoisement derrière l´indifférence, la traîtrise ou l´abandon des siens. Mais bien, devant le désastre nocif avec lequel se débat l´Afrique, d´être tout simplement humain sans pour autant réfuter que nous aussi nous portions, avec nos traditions désuètes, notre grigrisme abruti et passif, une part intérieure influente de nos maux. Pleurer, en somme, c´est aussi une façon toute naturelle de se révolter devant une situation dont la prégnance touche à nos racines sentimentales les plus vives, là où l´âme avoisine sa plus belle ambition : celle de la jouissance et de l´absolu existentiel. Celui qui prend ce moment de désarroi pour une faiblesse n´a, à mon avis, ou rien compris, ou cessé d´être africain…d´être un être humain tout court.

Au fait, ceux qui ont pleuré et continuent à le faire, qui versent des larmes de sang pendant que ce spectacle déshumanisant continue, et ce, malgré toutes les meilleures intentions du monde, malgré tant et tant de bonnes volontés détournées ou dévoyées, à exercer sur l´Afrique ses méfaits néfastes et destructeurs ; ceux-là versent des larmes inutiles. Car nous savons bien que pleurer, ce n´est pas changer les choses. Il faut bien plus que cela. Il faut la volonté et le ferme désir de se garder, dans un très proche avenir, de telles douleurs. Autant ceux qui s´écrient : « Ne pleurez pas ! », que ceux qui, dans leurs bassesses désemparées, trahissent les leurs ou se vendent à l´ennemi de la francafrique, ne veulent changer les choses. Car la situation que traverse l´Afrique noire en général est d´une précarité dangereuse, d´une acuité sans pareille. Tant ses substances culturelles, économiques, politiques et sociales sont mises profondément à mal, l´empêchant ainsi d´entreprendre et d´entretenir ses devoirs envers elles-mêmes.

Ce qui blesse et fait souffrir, ce n´est pas tellement la méchanceté des autres que celle de ceux qui, dans leur illumination ou leur petitesse d´esprit, s´abaissent à croire que cela ira bien un jour, qu´il suffit seulement d´y croire, en attendant Godot ou le père Noël. Ou encore ayant découvert leur « individualité », ils cultivent le chacun pour soi pendant que leurs mains incultes et baladeuses se servaient de la part et de l´avenir des autres pour ne réaliser que leurs petits horizons bornés. Et cependant ce temps, dans l´arrière pays africains désolé et privé de substance et d´aide légitime, le progrès faisait complètement défaut, que les écoles fermaient ou n´existaient pas ; pendant que les universités et les écoles professionnelles manquaient de professeurs et de matériels didactiques, que les diplômés africains écoeurés au chômage quittaient le pays pour l´étranger. On entendait ces gouvernements parler de patience, d´appel à l´aide occidentale, ou de relance économique ! Cependant qu´eux se remplissaient, sous les rires d´occidentaux corrompant, leurs comptes á l´étranger sans vergogne au détriment de leurs nations. Ne pas pleurer de rage en sachant cela, c´est ne pas voir ni l´injuste pauvreté que des innocents devaient subir, ni savoir que les illettrés et les analphabètes que ce désastre inconscient procréait seraient demains criminels et sans autre avenir que celui de hanter et violenter la société pour survivre. Le cercle vicieux de la misère, de la pauvreté et du sous-développement était entretenu avec un cynisme des plus effrayant. Car si on n´investissait ni dans l´emploi ni dans la connaissance pour enrichir et procréer la créativité ; de quoi diable vivraient ces pays demain, dans dix ans, à l´avenir ?

Jacques Chirac découvre-t-il trop tard son amour pour l´Afrique ; Ségolène Royal ferait-elle de fausses promesses, Sarkozy serait-il injuste envers les noirs en France ? Toutes ces intentions, ces allégations ou discours de circonstances, n´en avons-nous pas encore dévoilé de leur versatilité ? Que Bilé, Boli et leurs pairs se vendent ou se prêtent à cette machination que nous ne connaissons que trop bien, cela ne nous écarte pas de nos devoirs envers les nôtres. De quoi nous étonnons-nous faussement ? Ne voyons-nous pas nos sœurs faire le trottoir dans toute l´Europe ? Ou n´assistions-nous pas aux gabegies et aux escroqueries criminelles de nos propres élites dévergondées ? Que devenait donc notre sens de liberté, surtout si nous savons que la liberté ne se donne pas, qu´elle se conçoit et se réalise avec des efforts ardus et conséquents. Attendre donc que Paris, Washington ou Berlin vienne la faire pour nous ou nous l´offrir sur un plateau d´argent ; c´est à la fois être dangereusement naïf, inconscient, incapable…et dangereux.

Beaucoup crient : unissons-nous, mais lorsqu´on qu´on leur demande de s´engager, de s´organiser afin de réaliser une union d´intérêt et de conscience, ils prennent le large : trop sérieux, tout cela. Danser, paraître et suivre ; c´est bien plus facile que de s´adonner à l´effort de conception et de réalisation de ses propres rêves, de ses propres ambitions. La liberté à bas prix : celle qui se consomme, qu´on choisit dans le tas, celle qui ne vient ni de notre sueur, ni de notre cœur. D´autres s´évertuent, pour crever leur ennui ou briller dans l´activisme béat à chanter à longueur de journée de la conscience. Ô conscience, si seulement tu avais des yeux ! Or une conscience qui ne connaît ni ses ennemis réels, ni le front de son engagement, et encore moins le contenu et la portée de ses actes ; n´est-ce pas une conscience vide, plus tapageuse qu´effective ?

Nous nous trouvons devant le monstre problématique le plus dévorant de l´histoire humaine, et sans employer tous les moyens intellectuels et rationnels pour le vaincre ou l´acculer à accepter notre liberté et notre réalisation ; c´est à peine si on ne peut pas dire qu´on veut traverser l´atlantique en pirogue ! Non, il ne s´agit ni de pleurer, ni même de faire des accusations à ceux qui, dans leur délinquance, nous en font voire des vertes et des pas mûres. Gratuitement. En parlant faussement d´amour envers nous, ou en s´octroyant des meilleures intentions à notre endroit. N´avons-nous pas encore compris que la liberté des autres restait celle des autres tant qu´elle que reconnaissait pas la légitimité de la nôtre ?

Non, il ne s´agit pas seulement de pleurer ; il s´agit plutôt de nous débarrasser de cet infantilisme rationnel qui nous a toujours empêché de voir la réalité telle qu´elle est. Ce qui a embué notre imaginaire et l´a déformé. Parce qu´à mon avis, nous ne manquons ni des moyens intellectuels, ni de clarté politique pour faire valoir nos intérêt et les défendre. Mais si nous nous refusons, par obscurantisme ou par illumination à ne pas garder les pieds sur terre et mettre résolument un pas après l´autre en direction de nos ambitions ; comment diable y parviendrons-nous, en pleurant, peut-être ? C´est pourquoi je conseille à tous ceux qui aiment l´Afrique en pleurant ou pas, de conforter d´abord leur sens et leur contenu de liberté et de réalisation. Peut-être sauront-ils s´ils sont africains ou pas ; parce que la peau, la langue ou les larmes ne suffisent plus. Etre africain signifie prendre ce combat à bras le corps, se battre avec tout son âme et avec ses meilleures forces mentales, intellectuelles, physiques au service de son idéal de liberté afin qu´en récompense, d´ avoir le droit de mériter une liberté de la plus pure et de la plus sévère beauté : celle d´un africain libre, indépendant et souverain.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com 

Posté par Musengeshi Kat à 19:56 - Echange d´opinion - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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