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Forum Réalisance

Cet espace va à la recherche de l´existentialisme de l´homme noir pour lui permettre de mieux se déterminer face à l´histoire et face à la réalisation de sa liberté.

02 mars 2007

L´occident de la crise : des signes inquiétants

Malgré une reprise économique plus ou moins stabilisatrice des économies occidentales, les licenciements et les restructurations font rage.

La crise économique et ses effets autant contradictoires que défiants

On a beau dire ou rappeler le premier principe du capitalisme, notamment que le but d´une société industrielle ou commerciale est de faire du profit, lorsqu´on licencie ses employés parce qu´on n´arrive plus à satisfaire au devoir du profit, personne ne peut alors vous accorder le doigté dans les affaires.

Pour Daimler Chrysler, les choses ne purent plus être cachées. Et le 14 février 2007, Daimler prit l´offensive et déclara son intention de se séparer de son associé ou acquisition américaine Chrysler. La fin d´un flop qui coûtait chaque année 1 milliard $ de perte. Par ailleurs, cette décision suivait une sévère rationalisation qui allait coûter le travail à 11.000 américains et 2000 canadiens. Un choc aux Etats-Unis où les commentaires autant que les quolibets ne se laissèrent pas attendre. Daimler avait investi 40 milliards $ aux Etats-Unis pour en arriver à quoi, à ce fiasco ? Plus personne aux Etats-Unis ne voulait racheter Chrysler, ni GM…ni même les français de Renauld. Trop pourri, se moquaient les spécialistes de la bourse et les connaisseurs du marché automobile. Il est vrai que lorsqu´on a été racheté par le plus grand constructeur automobile du monde, par la perle allemande de la technologie automobile, et qu´on n´arrivait pas à briller ou à faire merveille…on était décidément sans espoir. En Allemagne ce fut des grincements discrets sur le choix d´achat du géant Mercedes. Mouillé on ne peut plus. Comme quoi ce n´est ni l´argent, ni la technologie qui fait le profit, mais bien le marché des acheteurs !

Moi ce qui m´a frappé, c´est que le jour de la déclaration de la fin de ces noces malheureuses, la bourse accusa une hausse des valeurs Daimler de 4,2%, tandis que les valeurs Chrysler accusaient 2,6% de hausse ! Et au delà de la logique des actionnaires qui saluaient l´assainissement et le sain jugement économique prometteur de meilleur rendement ; cette logique, cependant, contredisait aux intérêts sociaux ! Voilà donc une société qui envoyait 13.000 familles au chômage et au pain sec, et sa valeur montait en bourse ! Ce que je veux dire par-là est que la bourse est devenue, depuis quelques 10 ans, un thermomètre inversé de l´emploi en occident. Et on y perdait des sommes folles en quelques heures, en quelques jours, sans se rendre compte que ces valeurs avaient été durement gagnées par des ouvriers qu´on renvoyait sans le moindre humour au chômage. La crise économique et ses avatars rationnels et sans autre issue face à la mondialisation et à la concurrence internationale ? Et on se rend compte qu´après avoir usé des ouvriers pour monter et assurer une affaire, on se débarrassait rapidement d´eux comme comptait bientôt le faire Télécom –Allemagne avec 32.000 de ses employés jusqu´en 2009.

Ce mal de la rationalisation qui licenciait à loisir touchait tous : Airbus avec ses 10.000 prévus (3700 en Allemagne, 4300 en France, 1600 en Grande Bretagne, 400 en Espagne) dont Louis Gallois prévenait que ce n´était que le minimum. Et c´est vrai qu´après avoir mis au froid le projet de la version Jumbo transporteur de l´A380, UPS a résilié son précontrat d´achat de 10 appareils. Les choses, pour Airbus industries, ne tournaient pas au rose, pas du tout. Surtout si Airbus annonçait la vente de trois usines de production à des privés ; il s´agissait, en Allemagne de Varel et Nordenham, et en France de Saint Nazaire. On cherchait  déjà des acheteurs intéressés. Cela voulait aussi dire, pour ceux qui allaient prochainement y trouver emploi, des salaires beaucoup plus modestes, on le sait.

A force de réduire le salaire de ses propres ouvriers et employés, de les licencier pour les remplacer par des machines ; n´affaiblissait-on pas, à la longue, sa propre économie ? Par ailleurs, et on le voit avec ces engagés á 1€ l´heure en Allemagne, par exemple, ne préjudiciait-on pas la pension future de ces citoyens ? Sans oublier qu´ils vivaient à peine au niveau de l´aide sociale. S´occupait-on plus du profit que de l´importance de celui-ci comme levier d´entretien et de développement social ? Ces sociétés européennes de production qui allaient s´installer à l´Est de l´Europe pour jouir de meilleurs coûts personnels de production et revendre à bien meilleur marge de profit chez eux, sur le territoire européen et dans le monde, n´oubliaient-elles pas que celui qui n´a pas d´emploi, ou dont le revenu est trop faible, ou en recul perdait par là même son pouvoir d´achat ? Au début, tout semble bien marcher ; mais à la longue, la situation risquait d´être étouffante, et plutôt déprimante. Or, la concurrence mondiale n´était qu´à ses débuts ! Ni la Chine, ni l´Inde, le Brésil ou la Russie n´avaient atteint leurs vitesses individuelles de croisière industrielle…

Et il ne faut pas oublier : les coûts d´entretien du niveau de vie (notamment énergétiques, des matières premières, des biens et services en pays hautement industrialisés et conséquemment imposés)  croissaient inexorablement en occident. Comment résoudre ce dilemme face aux bas salaires et aux licenciements pour déménagement de lieu de production ?

Le mardi 27 février 2007, et sur les rumeurs selon lesquelles le gouvernement chinois voulait établir un impôt sur les revenus du capital venant de la bourse d´HongKong, la bourse de New York perdait en quelques heures la modique somme de 600 milliards $ à la baisse sur ses valeurs cotées. Cela rappelait à s´y méprendre un certain mardi en 1929. Et à ce petit jeu on détruisait gratuitement des valeurs chèrement gagnées appartenant aussi à des ouvriers qui seraient demain licenciés pour faire remonter les cours à la bourse. Pour peu utile et rationnel face au profit qu´était l´organisation monétariste actuelle, elle s´adonnait à la spéculation un peu trop gaiement. Cela risquait un jour de taper dans l´œil.

Et pour finir, la nouvelle du gouverneur américain de sa banque fédérale selon laquelle l´inflation pourrait, vers la fin 2007, s´installer aux Etats-Unis, n´était pas pour tranquilliser le monde financier. L´Amérique s´écroulerait-elle par elle-même de l´intérieur, ou cessait-elle, lentement à donner au monde un pilier économique sécurisant. Et après ? Allons-nous connaître une jungle encore plus rapace, encore plus sournoise que la précédente ne l´a été ? Ou la Chine, tout en montant à l´assaut de l´hégémonie mondiale, et représentant le plus grand marché et lieu de développement actuellement, s´était-elle fait une idée de ce que pourrait être l´organisation mondiale financière et économique de demain ? Espérons-le, qui sait ?

Et cependant, face au désastre écologique auquel nous assistons aujourd´hui, et qui risque, si tous les grands pollueurs, à savoir Les Etats-Unis, la Chine (Avec 200 milliards $ de dégâts écologique par an, soit 10 % de son PIB), la Russie et l´Inde reviennent rapidement à meilleur raison, notre atmosphère va se gâter sensiblement. Et cela va provoquer des inondations dangereuses, une avancée précipitée des déserts, des cyclones et des ouragans destructifs. L´indifférence actuelle du problème vaut-il la peine de se soumettre à de telles iniquités ? Ou c´était comme toujours : chacun pour soi, et ceux qui tuent les innocents continuent de plus belle ? Le dernier rapport de l´ONU était alarmant : selon lui, la terre n´avait plus que 13 ans pour essayer une érosion écologique dangereuse. Avons-nous conscience que nous mettons en danger notre propre avenir, la santé de nos enfants et ceux des générations futures ?

L´Afrique, malheureusement, est, encore une fois, la victime la plus exposée par cette prochaine dégradation écologique pour plusieurs raisons : parce qu´elle n´est pas industrialisée et donc ni à mesure de se protéger, ni celui de parer aux nombreuses maladies et accidents écologiques qui vont survenir. Et je me demande si en quémandant toujours l´aide aux pays riches et c´est dire ceux qui étaient largement responsables des maux écologiques encourus, si cela n´incitait pas ces pays à persister dans l´hérésie. Car, d´où viendraient donc les moyens financiers qu´on offrirait au tiers-monde africain ? De la production, bien sûr. De celle-là même qui détruisait la nature !

Et pour tous ceux qui aimaient à imiter, à répéter les mêmes erreurs que les occidentaux individualistes et surproducteurs, il était temps, en Afrique, en Asie et même en occident, de se laisser inspirer, dans la conception technologique et énergétique de nouvelles idées et systèmes de conception énergétique revenant sur le sain emploi d´énergies naturelles non polluantes. Notre avenir immédiat est à ce prix d´effort collectif. Et tous ceux qui croient encore qu´ils ne sont pas concernés se trompent, car ni l´air, ni l´atmosphère qui nous entoure n´est immobile et contrôlable. Nous sommes donc solidaires les uns des autres, que nous le voulions ou pas. Changer, faire preuve de plus de conscience, c´est prouver au fait que nous avons non seulement une grande opinion de nous-mêmes, de la vie en tant que telle, mais aussi des autres : des femmes, enfants avec lesquels nous partageons le monde qui est un don exceptionnellement précieux et beau. Savoir l´aimer et le déguster en bonne santé est, si on peut y contribuer, une preuve de grandeur.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com

                         

Posté par Musengeshi Kat à 23:19 - critique et objectivité - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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