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Forum Réalisance

Cet espace va à la recherche de l´existentialisme de l´homme noir pour lui permettre de mieux se déterminer face à l´histoire et face à la réalisation de sa liberté.

06 mars 2007

Obama, un perdant condamné ou un gagnant d´idéal ?

Les dernières révélations sur la tenue par ses parents maternels de 4 esclaves noirs assombrissent sa campagne électorale.

Des révélations qui disqualifient ?

Ce que l´article d´Afrikara ne dit pas, c´est que monsieur Obama a été rattrapé par le passé esclavagiste de…la famille de sa mère ! En effet des généalogistes intéressés ont mis à jour que la famille de la mère d´Obama avait entretenu 4 esclaves. Et voilà que le discours vertueux de monsieur le sénateur Obama s´écroule. Et même si certaines mauvaises langues jettent la pierre à la concurrence, et c´est dire à Hillary, cette vérité, à mon avis, doit permettre à Obama de pouvoir intelligemment crever le pus de la longue blessure sociale américaine. S´il le veut et en est capable.

Il ne s´agit moins de dire, comme le plus bête des prétextes : « Ce n´est pas moi, ce furent mes parents ; moi je suis meilleur, je suis tombé du ciel et je peux faire mieux ! » comme beaucoup de bornés le font actuellement. De ceux qui, incapable de proposer aux leurs une société nouvelle fondée sur des valeurs plus honorables et plus vertueuses, se cachaient mal derrière des mensonges que le plus petit enfant arrivait à contredire. Parce que tout le monde sait que nous sommes tous un produit à la fois du passé, de nos capacités actuelles, de nos projections dans l´avenir. Il s´agit moins de renier les unes pour s´attribuer celles qu´on ne connaît pas encore, que de prouver qu´on est capable, tout en étant partie prenante de l´histoire américaine passée, d´ouvrir cette société à un avenir qui guérit ses blessures sociales passées, panse ses contradictions et remet au cœur de l´ambition de l´âme américaine la foi en une éthique et une morale qui rend hommage à ses véritables attentes de justice et d´équité. Mais Obama le peut-il ? Cela est une autre histoire.

Que ce soit les immigré ou les afrodescendant, ce qu´on leur reproche le plus souvent – du moins ce que le leur reproche, c´est de manquer de courage d exiger un changement immédiat et sans détour. La plupart se cache derrière le faux civilisé, le faux modéré, le faux intégré…etc. Ou alors, c´est l´irréductible combattant qui, à force de brasser l´amertume et l´injustice dont la réalité journalière nous abreuve depuis des siècles de ses crudités, ils restent prisonniers du passé et n´arrivent pas à proposer un véritable changement qui prouve qu´ils sont bien meilleurs que leurs prédateurs et bourreaux impénitents.

Or, cette occasion est aujourd´hui offerte à Obama, s´il sait la saisir ; mais en a-t-il conscience ? A-t-il cette grandeur d´âme et d´intelligence pour dire à l´Amérique ses mille et une vérités ; notamment que de l´injustice sociale institutionnalisée ou le mépris racial n´enfantent que le vice pourrissant de l´injustice, du racisme et des inégalités insolubles ? Est-il capable de dire à l´Amérique que bombarder et massacrer illégalement des peuples tels que ceux du Vietnam ou ceux d´Irak tout en prétendant défendre la liberté et la démocratie…que ce genre de délinquance criminelle internationale nuisait autant à la fierté qu´à la fiabilité des profonds idéaux du grand cœur américain ? That´s question.

Aller aux élections, n´importe quel manant aujourd´hui pouvait le faire, pourvu qu´il fut riche ou qu´il ait des amis riches et gourmands qui investissent en lui pour mieux s´enrichir plus effrontément. Or, beaucoup de ces arrivistes ignorent ou sous estiment la valeur réelle de l´idéal pur et cher de la Nation. Car celui-ci n´est ni monnayable, ni échangeable comme un vulgaire tapis. Et que pour mériter son amour, son admiration et son fier honneur des générations durant, il fallait avoir le courage et la grandeur morale et éthique de proposer à son peuple, à tous les siens un idéal élevé et exigeant afin que chacun y exerce sa bonté et sa générosité autant par la part qu´il offre à la société que par celle qu´il réclame. Il n´y a que les grands hommes politiques faits d´un bois exceptionnel et fort de caractère qui savent le faire. Et ceux-ci sont, hélas rares. L´Amérique, cependant, est un pays qui, que ce soit par le passé, et bien plus encore aujourd´hui où sa future hégémonie lui sera bientôt disputée par la Chine, a toujours fait honneur à ses meilleurs enfants, ceux qui lui rendirent par leur vision la terre promise et libre de leur rêves. Obama est-il de ceux-là ?

Son adversité avec Hillary Clinton va le montrer. Parce que cette dernière, venant de l´establishment blanc majoritaire aux Etats-Unis, pourra toujours prétendre au changement. Mais on sait que depuis la fin de l´esclavage, ce même discours a été tenu autant par les démocrates que par les républicains. Et comme par hasard, que ce soit les uns ou les autres au pouvoir, les perdants étaient toujours les mêmes : les noirs ! Et on pouvait chaque fois, à chaque élection se demander : de quel changement s´agit-il cette fois-ci, si la victime était toujours la même ? Ou devrait-on se demander : dans quelles poches, dans quels quartiers vont les billions cette fois-ci, parce que la victime, elle est bien connue !

Non, je ne pense pas que les nouvelles révélations sur la famille maternelle d´Obama lui soient préjudiciables ; bien au contraire, celles-ci lui offrent un chance inouie de sortir l´Amérique de son marasme moral actuel. Car, ne l´oublions pas : n´importe quel américain blanc est descendant de massacreurs d´indiens et d´esclavagiste de noirs. Et croire alors que l´un d´eux serait plus vertueux qu´un Obama est de la pure mystification. A moins que tout cela ne soit qu´une basse affaire raciale qui ravalerait ce pays somme toute à un dénominateur historique bien connu par le passé.

Oui, je crois bien qu´Obama, si hier je lui donnais qu´une chance d´outsider, aujourd´hui, il peut arriver à gagner bien de points dans la course à la Maison Blanche. Mais cela n´a rien à voir ni avec ses origines, ni sa couleur de peau. Mais bien à la grandeur et à la générosité de son cœur américain et humain tout court. A son sens profond de la liberté et de la démocratie…à la grandeur de l´amour qui le pousse à vouloir gouverner les siens…et peut-être rendre à ce grand peuple ce que beaucoup de ses propres enfants n´avaient pu lui offrir : un sens et un exercice de l´histoire qui incite la fierté et honneur de par tous les horizons du monde. Et ce malgré le passé quel qu´il fut.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com

Posté par Musengeshi Kat à 23:00 - Révélations - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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