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Forum Réalisance

Cet espace va à la recherche de l´existentialisme de l´homme noir pour lui permettre de mieux se déterminer face à l´histoire et face à la réalisation de sa liberté.

08 mars 2007

En guise de critique ouverte aux abus de la phallocratie

Ce 8 mars est décrété « Journée de la femme », certes ; et l´ONU lance un appel mondial à l´arrêt de violences contre la femme…mais derrière ces violences, cette discrimination, n´y a-t-il pas de vielles habitudes, des défauts de considération, une conception primitive de la liberté féminine dont il faut à tout prix guérir les hommes, les sociétés humaines, et surtout le pouvoir phallocratique individuel ou collectif ?

De faux cris qui ne touchaient pas au principal ?

Curieux, tout ce tralala d´afflux de bonnes intentions envers la femme qui émanent aujourd´hui de partout dans le monde ; et pour peu qu´ils soient honnêtes et résolus, ils me font penser à mon grand maître spirituel et philosophique : Simon Kimbangu. A un tout autre propos, notamment celui du réalisme du pouvoir face à son accouplement fructueux avec la féminité, et sur le questionnement impérieux de la procréation d´une symbiose partagée qui menait à l´harmonie et à la réalisation réelle des deux partenaires naturels et symbolisés de l´existence humaine, il disait à mon père : « Même la plus belle des femmes n´a que deux jambes, deux seins, deux yeux, deux oreilles, un cœur…une vie ! »

Mon père duquel je tiens ces précieuses bribes de conversation ne prit pas la peine de m´expliquer plus. Comme à son habitude, il me laissa librement apprécier du sens de cette phrase. Mais à son sourire dissipé et au soudain l´éclat d´intérêt que suscita cette évocation, je pressentis la profonde admiration qu´il avait eu pour cet homme, ainsi qu´un regret indissoluble. Pour ma part, j´ai pris des années à tourner autour de cette phrase ; et permettez-moi de vous dire qu´en fin de compte, mon admiration pour ce prophète ne s´en est trouvée que renforcée. Pris dans un contexte ouvert, cette phrase semblait anodine ; mais dans le brillant esprit de ce penseur et prophète de la liberté de l´homme noire, cette pensée prenait un contenu, une portée phénoménale.

Simon Kimbangu, on le sait, adorait sa femme Mwilu Nzitani avec laquelle il eut trois enfants. Celle-ci lui rendit son amour avec un dévouement et une admiration passionnée : non seulement elle éleva ses enfants dans les valeurs de l´homme qu´elle avait aimé, mais elle entreprit l´organisation et la propagation de la religion, des idées que prêchait son mari emprisonné en 1921 en prison à vie par l´administration coloniale belge. Et depuis, cette religion a franchi des frontières de plus en plus lointaines autant en Afrique, en Europe qu´aux Etats-Unis. Imprégnant de plus en plus d´adeptes de toutes nationalités d´une pensée et un culte révolutionnaire autant dans sa spiritualité, que dans sa philosophie existentielle.

Et ce qui semblait difficile à comprendre, inaccessible ou réprimé, devint, pour des générations d´africains éparpillés de par le monde, un inégalable patrimoine leur permettant non seulement de se battre, de lutter contre la chosification occidentale et le déni de liberté que cette culture hégémonique réservait volontairement à l´Afrique, mais – et c´est le plus précieux de cette religion discrète et incroyablement rationnelle – de retrouver un legs culturel d´une valeur exceptionnelle. Surtout pour un continent que les hordes islamiques et occidentales barbares avaient tour à tour, et ceci depuis le 7-8ième siècle jusqu´au 19ième siècle, mis à mal avec l´esclavage, la colonisation, la francafrique. Et cela durait encore aujourd´hui.

Pourquoi ce rappel, et que diable voulait donc dire le grand Simon Kimbangu ? Ce que Simon Kimbangu voulait dire, si je me permets de l´expliquer, et du moins ce que j´ai compris, c´est qu´il ne faut pas demander aux autres, et particulièrement au symbolisme social de la féminité, l´impossible, quand on n´est pas capable ou prêt à lui rendre la pareille. Et c´est dire ici accepter l´équilibre de l´harmonie : celui qui mettait la femme et l´homme, la phallocratie et la féminité aux même poids et mesures de considération et d´influence sociale. Cette pensée n´est-elle pas, aujourd´hui encore, révolutionnaire quand on sait que malgré leurs hauts cris de civilisation et de culture, les occidentaux accusaient encore, que ce soit en France, en Allemagne, aux Etats-Unis, en Italie, en Grande Bretagne, une insidieuse et volontaire discrimination de la femme ?

Certes, les choses évoluaient, dirait-on. On était tout de même loin des talibans ou de la religion musulmane en général. Tout à fait d´accord, et ce faisant, en suivant le fil de l´histoire des pays occidentaux qui aimaient tant à aller imposer aux autres leurs us et usages, on était bien surpris par la primitivité sous jacente qui imprégnait encore les inégalités des salaires, des représentations en hauts étages directoriaux, aux qualifications, aux présomptions sociales préconçues d´efficience décisives. La Suède ou la Finlande, devait-on dire, ce n´est ni la France, l´Allemagne ou l´Italie. Et ici l´Allemagne faisait mauvaise figure, même si elle avait une chancelière allemande ! Comme quoi il ne faut pas se fier aux apparences.

Mais alors, que diable, qu´avaient-ils, ces occidentaux à aller de par le monde imposer leur sens de l´histoire, s´ils n´étaient pas capables de l´offrir franchement à leurs propres femmes ? Nous y voilà. Crier à tous les toits éparpillés de la liberté et de la démocratie, et cependant, sournoisement, entretenir des inégalités sexuelles, raciales criantes ? Tout cela ne dénotait-il pas, même si on faisait rapidement des lois antiracisme en Europe, ou des déclarations tonitruantes sur les journées des femmes, que malgré tout, les choses devaient aller selon les intérêts et les privilèges de la phallocratie embusquée rageusement autant dans les institutions, les mœurs, la préséance sociale que la philosophie sociale occidentale en elle-même ? Comment disait encore le catholicisme dont tout l´occident se réclamait : qu´Eve avait été faite avec la côte d´Adam… ! Croyait-on encore à cet éhonté mensonge ? Comment diable sortir de la préhistoire culturelle si on employait des instruments faussés pour bâtir le futur et la liberté ?

A mon avis, la violence contre la femme ne cessera réellement que si l´éducation et la culture journalière des sociétés humaines quelles qu´elles soient, cessaient de convoyer des messages dépassés ou primitifs. Crier comme de faux muezzins au minaret de la gratuite bonne foi publique tout en entretenant des symboles, des us et usages, un phallocentrisme discriminant ou avalisant le mépris des femmes, c´est mystifier sournoisement son monde.  Et c´était bien l´avis de Simon Kimbangu. Car pour lui, ce qui se jouait entre ces deux partenaires, c´était bien plus précieux que le simple rituel existentiel de préséance ou de privilège d´autorité. C´était e droit qu´a chaque être humain à se réaliser librement et pleinement. Et cette loi existentielle était incessible et irrécusable pour n´importe qui. Celui qui ne savait, dès le départ, et dans l´unité naturelle la plus originelle de la société humaine – la famille – ou le rapport homme - femme symbolisé en société par la phallocratie et le féminisme, être capable de grandeur, d´harmonie et de respect de l´identité et de la réalisation de l´autre, celui-là n´avait compris ni ce qu´était la liberté, ni le premier principe de la démocratie.

Bien sûr, des gens me diront : Simon Kimbangu a vécu dans une société matriarcale ; il en a sûrement été imprégné. Tout à fait d´accord, mais cela, à mon avis, ne détériore ni son jugement, ni l´exigence d´harmonie, d´indépendance et de liberté sur le fondement duquel sa religion et ses prophéties se basent. Il ne renie ni la phallocratie, ni le féminisme ; bien au contraire, il les convie à la recherche d´un équilibre symbiotique d´harmonie de tolérance pluridimensionnelle. Tout en insistant sur le fait que l´un et l´autre ont un droit insoluble à une réalisation individuelle. La société, dès lors, n´est que l´organisation du foisonnement paisible et fructueux de la pluralité de moments, d´attentes, de vœux et de réalisations sensibles. Et dans ce sens, elle doit être autant accessible que perméable à tous et à un chacun. Pour permettre à tous d´assumer en toute légitimité les droits et les devoirs découlant de la jouissance et du tourment existentiels.

A la fin, pour revenir à la violence sociale ou individuelle en tant que telle, je me permets de dire ou de constater que notre culture humaine actuelle, tout en nous lotissant de biens de moyens matériels de réalisation, n´insiste pas assez sur les valeurs parallèles que nous exigent un tel niveau avancé de consommation technologique, militaire, intellectuel. Et bien de ceux qui se croient civilisés parce qu´ils roulent en voiture, volent en avion, gouvernent ou commandent des armées sont restés bien primitifs dans leur conception de la liberté humaine, de la convivialité, des rapports humains individuels ou collectifs. Il vaudrait peut-être mieux que nous accordions des attentions particulières aux contenus de valeurs de nos enfants, de nos amis, de tout ceux avec lesquels nous sommes tenus de partager la vie, la société, le monde. Car ce n´est qu´ainsi que nous pouvons faire changer les choses au mieux, et dans l´intérêt de tous. Et cela ne veut, en réalité, que dire une chose : prendre conscience que les autres ont tout autant les mêmes droits que nous. Être de la culture, mériter la vraie civilisation humaine, si on veut. Et parler de violence envers les femmes, c´est en fait dénoncer la médiocrité ou la bassesse des hommes. Mais, soyons francs; quel est donc l´homme qui n´a pas été enfanté par une femme ?

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com

Posté par Musengeshi Kat à 21:20 - critique et objectivité - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Regrets et regards sur notre héritage africain

Commentaire sur Afrikara sur l´article :  06 Mars 1957 le Ghana devenait indédendant : Qu’avons nous fait de ce qu’ils ont fait de nos Indépendances ? du 06/03/2007

Ces Indépendances vides, viciées…naïves et trompeuses

Bien parlé, Zé.

Car le chemin est bien long que celui qui nous attend. Chaque fois que certains parmi nous ont choisi de prendre des raccourcis, de tromper les apparences ou de se préserver de l´effort conceptuel ou de celui épanouissant de la réalisation réelle et pleinement assumée et consciente, ils se sont enfoncés et nous avec dans la dépendance et le douloureux vide de l´illusion. Il est grand temps que nous cessions de croire à la facilité et au père Noël ; à tous ces concepts et situations bancales qui, ne réalisant ni nous-mêmes, ni notre avenir sensible et sociohistorique, ne nous entraînaient que d´autant malheureusement dans le gouffre amer de notre négation.

Et on peut dire ce qu´on veut, voir les choses avec emphase ou avec désintéressement ; entre le choix aliéné et dépendant auquel nous condamne la chosification occidentale envahissante, et notre devoir existentiel légitime de nous réaliser par nous-mêmes, pour nous-mêmes…en projetant et accomplissant ces rêves, ces désirs, ces vœux pieux et brûlants qui sourdent impatients aux lèvres asséchées de nos âmes…J´ai bien peur que nous n´ayons plus ni le choix de suivre, ni même celui de refuser de nous battre, si nous nous aimons nous-mêmes. Et surtout si nous voulons guérir cette inconsolable tourment qui en nous et dans les nôtres bouillonne en exprimant des cris catégoriques et impérieux.

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Oui, le chemin est long et douloureux ; mais c´est le nôtre ! Combien d´illusions bienfaisantes, trompeuses et faciles qui ne se sont pas révélées plus tard n´être que cruels mirages, n´avons-nous pas laissés derrière nous ! Et maintenant, et aujourd´hui cependant, les choses semblent encore plus complexes, plus difficiles qu´elles ne nous apparaissaient hier. Il faut croire que nous avons mûri. Ou alors, nous avons perdu nos naïves illusions. Et c´est bien ainsi, parce qu´en nous la soif et la faim d´être devient insupportable. Il est donc temps de nourrir nos âmes damnées d´une prière propre et souveraine qui rassasie et apaise nos angoisses, nos craintes, nos espérances. Car ce n´est qu´ainsi que nous découvrirons et satisferons aux hautes cimes de nos attentes. La vie, autrement dit, n´est rien d´autre que cela : savoir satisfaire, sur les longs sentiers concourants de la réalisation, à ce cri qui éclot la plus belle et la plus précieuse fleur de notre existence. Ou alors, à quoi donc servirait-elle, que diable ? La liberté, cependant, est à ce prix !

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com 

Posté par Musengeshi Kat à 01:19 - Echange d´opinion - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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