14 mars 2007
Sur le regain de l´identité française ambitionnée par Sarkozy
Est-ce, dans la crise culturelle actuelle une façon comme une autre de se réaffirmer face à la remise en cause de la mondialisation, ou est-ce un nouvel éblouissement d´un nationalisme borné et étroit ?
Sarkozy se mordrait-il sa propre queue ou avait-il enfin découvert les préceptes de la vraie liberté ?
Commentaire sur l´article d´Afrikara du 13.03.2007 : Le Sarkozy champêtre et son ministère de l’Identité nationale ! Un air de déjà entendu …
Ah, Pierre Prêche, heureusement que tu es là ; que ta plume dévoile toujours le retrait indécent de l´illuminé ! Certes, chacun d´un Sarkozy peut vouloir défendre les chères valeurs de sa patrie ; mais on se demande depuis quand la France le sait-elle ? Elle qui écuma par monts et par vaux sur notre belle terre ! Depuis quand la France, et même monsieur Sarkozy savent-ils qu´un peuple a une identité légitime propre ? Faut-il rappeler ce que la France a commis durant toute la jouissance de son « identité » aux autres peuples ? En quelques mots : la France a fait l´esclavage des africains pendant 400 ans aux côtés de ses congénères occidentaux, et comme eux, elle a employé la religion chrétienne dont elle se vante d´être la fille aînée de l´église pour asservir et aliéner les autres peuples du monde. Elle massacra et participa aux massacre des indiens d´Amérique et du pacifique, vendit illégalement la Louisiane aux américains, pilla et s´appropria de terres, de biens, de droits qui ne lui appartenaient pas. Et depuis 46 ans, cette France entretenait en Afrique le plus immonde et monstrueux des système d´exploitation et de mystification de l´économie, des finances, de la liberté et de l´indépendance des africains…Tudieu, ce que ça peut être bien vicieux et pervers, la conscience et l´identité historique de la « Grande Nation » francaise ! Identité, ah, oui ; cette diablesse d´identité…si on avait seulement eu la grandeur morale et éthique de la reconnaître aux autres ! Aujourd´hui Sarkozy en baverait-il comme un chien de garde enragé ?
Notez, toute cette histoire ne me déplait pas, bien au contraire ; c´est peut-être l´occasion de rappeler à monsieur Sarkozy tous les méfaits que la fière identité française a fait subir aux autres, et particulièrement aux africains pour avoir aujourd´hui à chanter fièrement de son identité. Car ne l´oublions pas, l´identité d´une Nation ne se fait pas par décret, ni ne commence avec l´arrivée d´un Sarkozy au pouvoir, mais bien longtemps avant, et continuera après. Elle est l´ensemble de valeurs mais aussi de méfaits qui ont tissé la voile sociohistorique de son existence et de son caractère dominant et profond. Et certes, soyons francs, il a de bons côtés, et même une belle poésie existentielle dans l´histoire de France ; et cependant…il y a aussi des taches, des crimes si poignant et si hideux qu´on se demande encore s´ils étaient français ! Et trop souvent on a pu observer qu´aveuglés par leur fameuse identité, les français confondaient par trop souvent les frontières de l´hexagone avec celles des africains. Et sans le moindre gène, et plutôt arrogant que réellement humains, leurs intérêts bassement hégémoniques, ainsi que leurs rapace cupidité de Grande Nation usèrent et abusèrent de la politique, et même de leur prétendue amitié pour imposer à des peuples et des cultures souveraines clairement étrangers à son identité des dictats économiques et culturels défiant tout respect quelconque de l´existence et de l´avenir de ces faibles et naïves nations.
Et si aujourd´hui, tout en se prétendant de la liberté et de la démocratie, la France de Sarkozy estimait qu´il était temps de renouer avec son identité historique profonde, libre à elle. Nous lui reconnaissons ce droit universel légitime. Mais alors nous lui demanderons de ne pas méconnaître ce qu´elle a fait endurer aux autres. Et notamment leur priver, de siècles durant, de tous les moindres droits humains tout en s´en réclamant soi-même ! Serait-ce déjà le chacun chez soi ? D´accord ! Mais dans ce cas, l´identité française devrait quitter l´Afrique au plus vite, car elle nuit immensément à l´éclosion des identités de pays africains qui n´avaient que trop souffert de subir et porter le poids de l´identité française ! Et je pense bien que notre ami Sarkozy ait raison de taper du pied ou de se mordre la queue pour retrouver et soigner l´identité par trop volage de son pays ; une identité décidément pénétrante et envahissante en Afrique. C´est peut-être l´occasion de dire définitivement : « Mes amis, mes grands amis africain et de par le monde ; il est temps que chacun cultive et protège sa propre identité ». Et venant de monsieur Sarkozy cette phrase nous ferait énormément plaisir. Parce qu´alors nous saurions qu´il a compris qu´on ne peut tromper tout le monde indéfiniment, et que la liberté, comme l´identité de toute culture qui s´en réclame et s´en nourrit, ne peut pas être, violentée, prise en otage et détenue par des étrangers, pendant que ses propres enfants mourraient de faim, d´interdit de réalisation originelle.
Oui, à tout prendre, je crois que l´initiative de Sarkozy ne me déplait pas. Mais lors, pas un seul soldat en Afrique, hein ; pas de dictateurs corrompus et aliénés entretenus par la France et leurs pairs occidentaux. Et pas de mainmise sur les monnaies corrompant et dévoyant l´économie et les finances africaines. Fini les matières premières au prix du pain, le chocolat et l´uranium africain pour chauffer et illuminer le français béat. Pas d´armes et de marchés commerciaux africains truqués et envahis par les surproductions et les exportations françaises. Vive la grande et pleine identité ! Ah, ce Sarkozy conséquent et clair ; celui-là me plairait bien. Pourvu qu´il puisse supporter les douleurs et les privations de sa propre « identité ». Qu´est-ce que les européens vont se taper sur les cuisses de rire ! Apparemment il y a un grand chambardement identitaire en France. C´est cela quand on veut manger à tous les râteliers. Question d´identité ? Mais alors, vite l´identité pour tous ; et vive la liberté !
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu