30 mars 2007
La vérité est vitale, incessible à l´avenir et à la liberté de l´Afrique
Car c´est aussi faire un énorme devoir objectif sur soi-même, envers la réalité actuelle et ses influences (nocives ou restrictives) sur notre avenir. Ce courage qui permet de se motiver plus sincèrement vers ses propres ambitions, sa propre réalisation sociohistorique, est-il africain et ressenti par tous comme un vœu inextinguible ?
CHERCHONS LES CAUSES PROFONDES DE NOS MALHEURS !
l'Histoire est faite des causes et des conséquences des événements. Il est impossible de comprendre et d'évaluer comme il se doit un fait historique si l'on ne remonte pas aux CAUSES profondes qui le sous-tendent.
Les CONGOLAIS de la RDC se lamentent depuis bientôt 50 ans sur le mauvais sort qui s'acharne sur eux : échec navrant de la première tentative démocratique avec l'assassinat de plusieurs patriotes visionnaires et rassembleurs comme LUMUMBA, émergence, avec l'appui inconditionnel des européens et des américains, de l'une des dictatures les plus sanguinaires du continent africain de l'ère post-coloniale, accession au pouvoir, après la chute de l'homme de Gbadolite, d'un conglomérat de bandits, d'amateurs et de voyous manquant totalement de vision et incapables de tirer les conséquences de l'avènement d'un monde unipolaire, dominé (pour un laps de temps) par le dollar et la "marchandisation" des êtres humains, parachutage au sommet de l'Etat congolais d'un énergumène RWANDAIS nommé Hyppolite KANAMBE !
Lorsqu'on interroge les Congolais sur les CAUSES profondes de la situation socio-économique et politique incertaine et dangereuse dans laquelle la RDC s'enfonce jour après jour, ils vous répondront sans hésiter : "C'est à cause de Mobutu, des Kabila (le vrai Kabila et le faux-Kabila), des ugandais, des Angolais et des Tutsis du Rwanda et du Burundi !"
Les plus perspicaces remontent jusqu'aux tireurs de ficelles, tapis dans l'ombre : Belges, Français, Anglais, Américains et autres Portugais qui ont dressé des Africains sans âme et sans éthique contre le Congo afin d'accéder plus facilement aux ressources naturelles dont regorge le bassin du Congo.
D'autres encore désigneront les Services de Renseignements américains et européens qui, pour CASSER le dynamisme bien connu du peuple Congolais, inondent la RDC de Groupes de Prières, de Bibles chrétiennes, de faux-Pasteurs, de faux-Bishops et d'évangélistes-commerçants dont la mission est de détourner la population de la REFLEXION CRITIQUE et profonde sur le rôle de l'Occident dans les malheurs successifs qui frappent le Congo-Kinshasa et l'Afrique depuis l'aube des premières indépendances.
Mais très peu, en vérité, osent remonter jusqu'aux CAUSES véritables et profondes des malheurs qui frappent de plein fouet, non seulement les Congolais de la RDC, mais TOUS les Africains et TOUS les NOIRS d'Afrique et de la Diaspora.
Certains "chercheurs" occidentaux, dirigeants politiques ou cléricaux, ou citoyens anonymes, connaissent certaines de ces CAUSES. Ils se taisent, parce qu'il n'ont AUCUN intérêt à réveiller le Géant qui DORT...
Certains Africains connaissent quelques-unes des RAISONS qui expliquent l'instabilité chronique de l'Afrique Noire et surtout de la RDC. Mais ils ne s'expriment qu'à mots couverts, par crainte des représailles de l'Occident et de leurs alliés, qui ne souhaitent à aucun prix que l'on réveille le Géant qui dort !
Ce Géant qui dort c'est l'Afrique Noire et la clé qui ouvrira la porte de la Renaissance Africaine est précisément au CONGO-Kinshasa.
Cela Kwame N'Krumah le savait. Lumumba avait eu accès à cette terrible information. Frantz Fanon aussi le savait, lui qui écrira, dans un moment d'illumination spirituelle ces mots fameux : "L'Afrique a la forme d'un revolver dont la gâchette se trouve au CONGO" !
Nasser le savait. Le Pandit Jawaharlal Nehru le savait. Le Pape Jean XXIII aussi le savait et l'a même écrit dans les "Prophéties" qui portent son nom (Angelo Roncalli) lorsqu'il fut nonce apostolique à Istanbul (Turquie). Lire "Les Prophéties du Pape Jean XXIII" (Editions du Rocher, 1978) Attention : Ce livre est devenu INTROUVABLE !...
Le Pape Paul VI et surtout le Pape Jean-Paul II ont montré par certains de leurs actes, et notamment par leurs voyages dans certains haut lieux mystiques africains que le jour ou l'Afrique Noire aura voix au chapitre, c'est du CONGO-RDC et de deux autres pays d'Afrique Noire que montera le souffle purificateur qui déferlera sur le monde.
La tragédie de l'Afrique Noire et surtout des Congolais de la RDC s'appelle L'IGNORANCE.
Les Congolais en effet me font toujours penser à quelqu'un assis sur un sac rempli d'aliments précieux et de bonne nourriture et qui mendie pour survivre ! Quelle ironie ! Quelle tragédie !
Certains Occidentaux SAVENT QUI tu es et quelle est TA puissance, mais toi-même tu t'ignores et tu t'enfonces jour après jour dans la pourriture et la dégénérescence spirituelle et physique dont les Groupes de prières chrétiens sont un des principaux artisans !
La tragédie, cher(ére) Congolais(e) réside aussi dans le fait que tu AIMES et RECHERCHES ce qui te conduit à la diversion, à la dispersion de tes énergies et de tes forces, à l'amnésie, et à la perte définitive de ton identité profonde !
Alors, que faire pour que cet état des choses change? Que faire pour que le malheur ne s'abatte plus sur nous ? Que faire pour que nous, Africains Noirs et Congolais de RDC, accordions à la véritable Indépendance politique, économique et spirituelle et cessions d'être les JOUETS des Américains, des Belges, des Portugais, des Anglais, des Hollandais et des Juifs d'Israël ?
IL FAUT SE REVEILLER. IL FAUT REFUSER D'ETRE A LA REMORQUE DE CEUX QUI SONT EN REALITE NOS ELEVES. IL FAUT PAR-DESSUS TOUT CHERCHER LA VRAIE CONNAISSANCE AFRICAINE QUI OUVRE LES YEUX. ELLE EXISTE, IL FAUT CHERCHER LA BONNE CLE ET FRAPPER A LA BONNE PORTE.
DES SAGES EXISTENT DANS LES PAYS D'AFRIQUE, QUI ONT DES CHOSES A NOUS DIRE SUR LES CAUSES VERITABLES DES MALHEURS QUI NOUS FRAPPENT ET SUR LA MANIERE D'Y METTRE UN TERME DEFINITIF. CHERCHEZ-LES et ALLEZ A LEUR RENCONTRE !
T. Karun-A-Mbong
RenaissanceAfricaiNetwork
Forum Réalisance
29 mars 2007
L´Afrique entre la fiction, le faux et le mal d´être
Les africains ont-ils déjà compris que pour sauvegarder leurs cultures, les épanouir et les défendre contre la prédatation de l´hégémonisme occidental, ils devaient mettre leurs facteurs existentiels à l´abri de la rapacité et des abus du Pouvoir Blanc ?
Accepter la liberté, c´est accepter aussi sa logique
Mais pour y arriver, il faut non seulement se débarrasser de sa propre cécité, de ses propres complexes, et adopter une logique qui, quoique rationnelle et objective, ne se fonde pas moins d´abord sur le développement et la réalisation de moyens matériels, imaginaires oeuvrant irrécusablement au bien être et à la réalisation des nôtres. L´occident ne fait que cela depuis 600 ans. Non seulement elle ne fait pas cas des autres cultures ni de leurs droits existentiels, mais elle les emploie et les attelle avec son hégémonique système économique et financier à la servir.
Nous avons si souvent attiré l´attention sur l´aliénation religieuse, sur ce Dieu chrétien qu´on voulait faire avaler à toute l´Afrique pour mieux l´aliéner mentalement. Et curieusement, tout en prétendant vouloir la liberté, ou y aspirer, on était surpris de voir que les africains étalaient et portaient encore leurs noms chrétiens, q u´ils affluaient encore dans les églises (alors que les blancs, dans tout l´occident la désertaient). Et ceux qui criaient à gorge déployée de la cherté ou de l´amour recherché de leurs racines africaines n´en portaient pas moins leurs noms chrétiens comme de viles boites de conserves ! Les racines ? Ne commençaient-ils pas par le nom ou la dénomination émanant de ses origines ; celle qui émanait de ses ancêtres et qu´on avait reçu en concordance avec sa culture, ses racines ?
Ce refus embusqué, cette fausseté à sortir de la Matrix logique et cosmogonique du maître pour permettre à l´esprit de se réconcilier avec sa liberté, du moins d´avec la logique qui y ouvrirait, n´est-ce pas la pire des aliénation ? S´accrocher aux soutanes du curé catholique, en restant, sous le centralisme et l´hégémonisme monothéique chrétien reniant autant la liberté spirituelle que culturelle originelle de l´homme noir ; peut-on vraiment croire que celui qui s´y abaissait aimaient ou savaient ce que c´est que la liberté ? Ou ne s´agissait-il que de faire semblant, de jouer au faux et au faussaire pour cacher quoi, au fait ? Son déracinement, son aliénation désespérée et incapable ? Mais pourquoi ne pas dire tout court : je suis un fantôme culturel, aidez moi ou faites de moi ce que vous voulez ; je suis à votre entière disposition ? Les choses ne s´amélioreraient pas, mais elles seraient, comme pendant l´esclavage ou la colonisation, plus faciles à supporter, autant pour l´assimilation, l´intégration au monde occidental, qu´à surseoir ses propres attentes et aspirations qui devraient attendre le bon vouloir du maître, et de la place que celui-ci réservait à l´assouvissement de ses subalternes. Mais attention, avec ce choix on reniait autant sa liberté que sa réalisation socioculturelle originelle ; parce qu´il n´y a pas une culture qui en réalise une autre, ou même un Etat, une société qui se réalise en privant ses semblables ou ses membres de la liberté et de la réalisation sensible qui sont les vœux sacrés de leur fondement !
L´un des exemple frappant par lequel on peut voir l´hérésie, l´abominable gratuité de l´aliénation est entre autre la monnaie : car tant que celle-ci, dans ses valeurs et ses principes, est dictée ou dominée par l´étranger ; son fondement réel qui est de représenter et de projeter les valeurs réelles de sa société, est truqué. Ce qui, au lieu d´épanouir et de promouvoir ses souverains maîtres, elle devient un instrument de normalisation contrôlé et régi de l´extérieur par l´étranger ; en ce conformant à des besoins, des principes qui n´avaient rien à voir avec leurs maîtres légitimes réels. La belle escroquerie faite à l´Afrique noire par les fameuses garanties de stabilité occidentales vide journellement sa monnaie en l´appauvrissant et en l´aliénant à un sens de l´histoire, des buts et des priorités financières et prévisionnelles qui n´étaient pas les siennes propres déjouaient non seulement sa liberté et son indépendance, mais elle enchaînait ce continent à une sournoise perdition identitaire et réalisationnelle.
Pourquoi un enfant noir, pour se nourrir, s´instruire, réaliser ses rêves, ses ambitions, devaient-ils diable être dépendant de l´aide occidentale, du bon vouloir de ceux qui ne l´avaient pas mis au monde ; de ceux qui ne l´aimait pas, qui ne connaissaient ni ses secrets désirs, ni ne partageaient avec lui de la même sensibilité culturelle ? Celui qui laissait les choses en arriver là, celui qui prétendait ou établissait que tel était le sens de l´histoire ; n´était-il pas le plus grand des menteurs et malfaiteur culturel ? Je le pense bien, parce qu´en vérité, lorsqu´on y regardait bien, on se rendait compte que tous ceux qui entretenaient et propageaient ce mensonge n´acceptaient en aucun cas que l´avenir de leurs propres enfants soient dépendant d´autres pays, d´autres cultures ! Il allaient jusqu´à bombarder, à massacrer gratuitement ceux qui détenaient un élément ou un facteur quelconque leur faisant défaut, à faire subir des sévices en tous genres allant jusqu´à l´embargo ou l´isolement le plus cruel lorsqu´ils avaient l´impression que l´intérêt immédiats de leurs privilèges étaient mis en cause. Mais alors, pourquoi l´enfant noir devait-il accepter cette avilissante dépendance ? Oui, pourquoi ; n´était-ce pas illogique et criminel autant de le contraindre que d´accepter ce dictat meurtrier, et pour le moins immoral ? Mais bien sûr !
En relisant attentivement le dernier discours de Chirac lors de la conférence franco africaine à Monte Carlo, j´ai été surpris de l´entendre dire qu´il allait y mettre du sien pour que le transfert de technologie vers l´Afrique aie enfin lieu, car c´était la seule façon de développer ou d´aider ce continent à se développer. J´ai été dans les journaux africains, sur le Net ; personne n´a relevé le scandaleux mensonge de cette allégation plutôt gratuite. Parce que ce que monsieur Chirac semble oublier ou ignorer dans son intention de tromper son monde ou faire plus de vent que d´efficacité, c´est que la technologie, elle est constituée par des brevets détenus par des sociétés de droit privé ; ces brevets ne sont pas la propriété de monsieur Chirac. Il ne peut donc ni en disposer, ni décider de leur utilité. Ce sont leurs propriétaires légaux qui en décideront d´après leurs intérêts propres, pas ceux de monsieur Chirac. Encore une fois ici, le grand Chirac voulait mener son homme en bateau en lui faisant croire qu´il était tout puissant et maîtres des brevets de technologie ou du pouvoir de les employer à loisir. Une bien belle fausseté. Mais tout cela ne traduisait que l´embarras qu´i ressentait pour avoir cédé la technologie aéronautique d´Air Bus en Chine en vendant les 150 appareils A350 à ce pays.
Les intellectuels africains ont depuis longtemps remarqué que pour entrer sur le marché chinois, tout l´occident, comme des chiennes en chaleur, était prêt à tout ; et même à y investir tout en sachant que le retour du courrier créerait chômage et invendus en occident ! Alors, on trompait l´Afrique avec des mensonges qui ne tenaient même pas à l´école maternelle ! Peut-être voulait-il seulement impressionner Angela Merkel ou Louis Michel accourus qui, comme des vautours, voulaient s´abattre enfin sur l´Afrique et s´enrichir scandaleusement à la francafrique d´un Chirac sortant. Que n´avait-il eu 12 ans durant le temps pour transférer « sa technologie » en Afrique ; sans pouvoir officiels, il en serait capable ? Voulait-on prendre les africains pour des toupilles ? On sait ce que ce pays s´est empressé d´exporter sur ce continent de De Gaule à Chirac en passant par Mitterrand : 46 ans d´une francafrique des plus honteuse et avilissante pour une nation qui se réclamait des droits des hommes, et arborait : liberté, égalité, fraternité !
Un politicologue allemand a lâché cette phrase dernièrement sur un ton déconcerté : « On ne sait plus comment on doit aider l´Afrique à retrouver son équilibre sociohistorique ; chaque fois que nous y organisons des élections, les africains ne votent pas leur meilleur candidat, mais celui qui leur apporte le plus d´injustice et de pauvreté. Que faire ? » Voilà le résultat du faussement de valeurs et de l´aliénation que l´occident, depuis des siècles, entretient en Afrique. Ce qui est vrai y est devenu faux et ce qui est foncièrement faux y est devenue la vérité toute faite. Des dictateurs sanguinaires, et rapaces y étaient réélus et fêtés comme des sauveurs…jusqu´à ce qu´on se rende compte de leur notoire incapacité à gérer, épanouir et développer leur société. On voulait alors s´en débarrasser, mais c´était plus vite dit que fait ; car ceux-ci, en adhérant à la francafrique, s´étaient faits de puissants protecteurs occidentaux. Mais lorsque l´inverse avait lieu, qu´un leader intelligent et averti arrivait au pouvoir, soit les occidentaux le faisaient rapidement assassiner, soit on lui coupait l´herbe sous les pieds en finançant, comme au Zimbabwe, d´une opposition vendue aux intérêts occidentaux. Ou alors c´était la mort à l´échafaud public international d´un embargo, de mesures économiques et financières sournoises qui effondraient tous les efforts du peuple et le condamnait, comme en Jamaïque, au Ghana, à Haïti, aux deux Congo, à vivre de consommer les excédents européens, plutôt que de produire lui-même. Et tout le monde sait que l´argent exporté à l´étranger ne servait ni à créer l´emploi, ni financer des projets nationaux, mais revenait bien sous l´aspect de bricoles, d´armes, de corruption d´élites et de fonctionnaires. Un cercle des plus vicieux.
A la fin, je pense bien que les africains doivent cesser de jouer au clown sur la corde raide, car même si l´artiste a l´habitude de travailler sans filet, la corde peut casser un jour. Et ce sera la fin de l´artiste, et de son talent, si peu qu´il en a. Il est grand temps de cesser de se faire d´illusion en croyant qu´avec des demis vérités mi-mensonges mi- contradiction on arriverait cahin-caha à de bons résultats. J´en doute sincèrement. Et je dirai plus : il est grand temps que l´occident se rende compte que la liberté et le développement de l´Afrique lui seront profitables à beaucoup de points de vues, autant qu´aux africains eux-mêmes. Croire que tous nous devions prier le même Dieu, parler la même langue, être dominés par un centralisme économique et financier hégémonique et partial ; c´est la pire des foutaises qui n’ait jamais été entretenue sur terre. Il est grand temps d´accepter une philosophie de la liberté qui est une somme de toutes les libertés respectant un haut idéal humain et celles des autres, et qui, même sur un commun dénominateur humain, ne prive quiconque des moyens et des instruments légitimes pour défendre et épanouir une saine, loyale et sincère liberté originelle.
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
27 mars 2007
Lettre ouverte à Sassou Nguesso
A Denis Sassou Nguesso, Président de la République du Congo
Monsieur le Président,
Au bord des larmes et du désespoir, je vous envoie cette lettre comme une bouteille à la mer en espérant qu’elle vous parviendra.
Voilà trente longues années que vous dirigez le Congo et de l’avis de tous les experts, le Congo est dans une impasse. Vos équipes ne savent plus quoi faire et vous même n’avez plus d’idées pour gérer le Congo, votre seule ambition étant de vous cramponner au pouvoir coûte que coûte, fût ce au prix d’une énième guerre.
Le peuple congolais vous pourtant donné tout et même au delà des espérances de vos parents. Et cependant, vous ne pouvez pas ou vous ne voulez pas entendre ses cris de douleur. Et dans son désarroi, ce peuple se demande comment un père de famille, et de surcroît un de ses fils n´arrive pas à saisir l´évidence, à reconnaître son incapacité.
Je vous avoue que moi-même, je n’arrive pas à comprendre votre fonctionnement et je ne pense pas être le seul. Je n’arrive en effet pas à croire que vous soyez un être maléfique qui prend du plaisir en regardant les siens souffrir et désespérer alors qu´il s´est donné pour devoir de veiller à leur bien être. Qu’est ce qui se passe donc dans votre tête ? Pouvez-vous nous le dire ? Comment faites vous pour dormir tous les soirs et vous raser tranquillement le matin avec toute cette misère que vous avez semé autour de vous que vous ne pouvez pas ne pas voir.
Toutes ces personnes qui ont été assassinées afin que vous conserviez le pouvoir ; tous ceux à qui vous privez aujourd´hui dans votre illumination du simple nécessaire, leurs larmes et leurs peines ne suffisent-ils donc pas à vous convaincre de votre notoire incapacité ?
Vous croyez vraiment aux discours de tous ces courtisans qui vous disent tous les matins que vous soyez un homme exceptionnel ? Vous n’êtes, hélas, pas un Dieu sinon vous sauriez voir et entendre ce que tout le monde voit et entend. Vous auriez tendu la main aux plus démunis, aux malades, aux femmes et aux enfants ; et vous auriez veillé sur les vôtres comme la prunelle de vos yeux. Vous n´avez même pas été capable d´aimer et de respecter l´avenir de votre propre peuple, celui au nom duquel vous exercez le pouvoir !
Vous avez acquis tellement de biens, vous êtes devenu tellement riche, vous avez amassé tellement d’argent que votre vie entière ne suffira pas à tout dépenser.
Vous payez des taxes, des impôts en Europe et tous les coins du monde pour des biens dont vous ne profitez même pas, pourtant malgré toute cette fortune la maladie est là pour vous rappelez que vous êtes un homme comme les autres. Malgré cela vous préférez la fuite en avant.
Nous savons tous comment vous êtes parvenus au pouvoir mais enfin tout de même, comment pouvez vous préférer enrichir les européens et laisser vos compatriotes vivre comme des animaux ? N’avez vous jamais entendu parler de Nelson Mandela, de Martin Luther King et de tous ces héros noirs qui ont essayer de donner une dignité aux fonctions que vous exercez.
Pensez-vous vraiment au fond de vous que les blancs qui vous entourent vous aiment et vous respectent ? Et les vôtres, ceux qui vous ont élevé á la tête de leur Etat ; ceux-là méritent l´enfer ? Demandez donc à vos amis français s´ils vous mettraient à la tête de leur Etat, vous saurez alors qui sont les vôtres !
J’arrive à me demander quelques fois quelles sont vos lectures (s’il vous arrive de lire dès fois). Les flatteurs et écornifleurs, ceux qui vous avaient fait prince de nos douleurs et de nos maux commencent un à un à tirer leurs révérences, à confesser leurs errements, à parler pour soulager leurs âmes et se mettre en conformité avec leurs Dieux. Mais vous, quand aurez compris ?
En tout cas je n ‘arrive pas à croire que vous soyez aussi vaniteux pour imaginer une seule minute que vous seriez plus fort et plus intelligent que tous les autres ??
Monsieur le Président, il temps pour vous de passer la main; c’est la loi de la nature. Ce n’est pas un déshonneur de vous rendre compte que vous ne pouvez plus rien apporter au Congo et au peuple Congolais ; vous avez déjà empêché deux générations entières de Congolais à travailler pour leur pays. Si vous tirer votre révérence maintenant vous pourriez éviter des drames inutiles à notre peuple.
Je pense que vous aussi (comme vos maîtres français) vous aimez sincèrement votre pays et que vous ne serez heureux nulle part au monde qu’au Congo. Et cependant que le Congo se meurt par votre incompétence !
Le seul problème qu’il y a au Congo c’est vous monsieur le Président.
Il est absurde de penser que les Congolais se vengeront sur vous, ou sur votre clan : C’est faux. Les Congolais de l’extérieur n’aspirent qu’à une seule chose : allez finir leurs vies chez eux au Congo. Les Congolais de l’intérieur n’aspirent qu’à une seule chose : retrouver l´amour et la dignité de travailler et d´œuvrer au bonheur des leurs au Congo, leur beau pays.
Ce pays est le votre et le notre aussi, vous n’avez pas le droit de déposséder tous vos compatriotes de leur patrie alors que dans tous les pays du monde le nationalisme est devenu la seule idéologie à la mode.
Vous ne voulez tout de même pas que votre corps soit inhumé un jour au Maroc ou ailleurs qu’au Congo ?? Vous ne souhaitez sans doute pas qu’on vienne cracher sur votre tombe à Oyo. Je ne veux pas croire que c’est cela votre souhait. A cause de vous les Congolais n’ont plus de patrie ; était ce votre but ? Je ne le crois pas.
Mourir dans la peau d’un Président, est ce cela votre ambition ? Je n’ose pas le croire non plus parce que c’est trop minable comme ambition.
S’il vous plait monsieur le Président passez la main et laissez le Congo aux nouvelles générations qui eux ont des ambitions nobles pour ce pays. C’est maintenant que vous devriez être élégant, c’est maintenant que vous devriez être un grand monsieur comme De Gaulle et vous retirer des affaires ; croyez-moi vous n’êtes pas indispensable au peuple Congolais.
Si vous voulez que les générations futurs du Congo ne vous diabolisent pas comme Hitler c’est maintenant qu’il faut prendre la bonne décision. Ce peuple vous en sera très reconnaissant, car il est au bord du désastre. Il n´en peut plus. Trop, monsieur le président, trop de misère nous a coûté votre présence à la tête de notre bel Etat. Aujourd´hui ce qu´il en reste n´est autre que pauvreté et incroyable misère. Partez ! Ayez pitié de nous.
Patrick Eric Mampouya
Forum Réalisance
26 mars 2007
En RDC : l´élimination politique de Bemba ?
Le pouvoir actuel en exercice essaierait-il de cacher ses déboires et ses difficultés à se mettre au travail en faisant la chasse aux sorcières par l´élimination des opposants ou adversaires politiques avertis ?
Le vrai visage du faux
Tout ce qui se passe actuellement au Congo de la RDC, pour peu choquant et surprenant que ce soit, ne nous étonne pas. Tout ce qui va suivre, ce qui se passera désormais au Congo-Kinshasa est le salaire autant de la fausseté que celui de l´incompétence la plus banale en politique. Et on peut déjà se demander : à quoi a servi les élections si le pouvoir qui en est sorti se comporte déjà en dictat de violences et d´éliminations politiques ? Quand diable s´attaquera-t-il à la tâche impérieuse de relève et de promotion économique ?
Si c´est tout ce qu´elle a à son agenda, ce pouvoir est de la plus belle mystification que Louis Michel soit arrivé à instaurer au centre de l´Afrique. Et n´ayant de légitimation réelle que ses promesses et ses affinités à la Belgique et à l´Union Européenne et leurs étroits intérêts, il lui manque non seulement d´assurance, mais aussi de plan réel de redressement d´un pays dévoré depuis 10 ans par des guerres civiles qui ont commis près de 4 millions de victimes. Au demeurant, si les élections avaient été légitimement gagnées, pourquoi le gouvernement qui en est issu ne se met-il pas au travail et prouve qu´il est réellement le vœu légitime du peuple ? Oui, pourquoi se met-il d´abord à éliminer, à intimider, à créer des troubles et des conflits meurtriers pour institutionnaliser sa légitimation ? Tout cela ne prouve-t-il pas que ce pouvoir est bancal, sinon sans le moindre intention d´efficience ? S´agissait-il de massacrer et de martyriser à nouveau, ou s´agissait-il de prouver qu´on était capable d´organiser et de générer au mieux la prospérité du pays ?
D´abord Tshisekedi puis Bemba, à quoi donc menait ce jeu, sinon à faire taire le rôle de contrôle de l´opposition dans la société ? Mais, s´en étonne-t-on d´un président aux origines douteuses, ayant été élevé dans le maquis de Tanzanie, où les notions de Patrie, de politique ou d´économie étaient des plus buissonneuses ? Moi tout cela ne m´a pas surpris, et je prédis à ce pays un marasme continu tant que ses élites croiraient tous ce qu´on veut leur faire avaler. Les élections organisées et chapeautées par Louis Michel n´avaient qu´un but : mettre le Congo sous la poigne de la Belgique et de l´Union Européenne avec une fausseté d´intention sans pareille, parce qu´elle était à la fois sournoise et abrutissante. Un vrai festival du faux pour cacher l´angoisse que provoquait la menace concurrentielle que la montée industrielle chinoise et indienne leur insufflait. Et dans toute l´Afrique noire des matières premières, c´était le branle bas des dictateurs secourus et des élections orientées pour garder le pouvoir et la mainmise sur les richesses de ces pays.
Et le Congo est un pays stratégique riche en matières premières. Mais ce qu´on oublie souvent, c´est qu´il a aussi un peuple qui en avait assez de vivre depuis 600 ans sous la coupe inhumaine occidentale. Et même si on faussait ses élections, qu´on corrompait son pouvoir et ses élites ; on ne reculait que malheureusement des échéances de libération irréversibles. L´histoire même de ce peuple est instructive et particulière car son meilleur leader, Patrice Lumumba disait bien : « Entre la liberté et l´esclavage, il n´y a pas de compromis ». Et croire que le congolais ne savait ni réfléchir, ni raisonner…c´est se réveiller un jour avec une révolte qui coûterait bien plus que si on avait pris la peine de ne pas prendre tous les africains pour des idiots. Ils ont déjà compris que l´entrée de la Chine sur la scène stratégique mondiale était une chance de remettre bien de choses en question. Notamment en se donnant un nouveau partenaire de développement. Et c´est justement cela qui dérangeait l´occident et le poussait, tout en arguant liberté et démocratie à domicile, de garder cependant la corde au cou des africains. Mais les africains dont les femmes et les enfants mourraient de faim, devraient-ils les abandonner à eux-mêmes, ne pas faire cas de leurs cris perçants ?
Pour l´occident, la francafrique instaurée en 1960 pour déjouer les africains, et dont la fonction avait été de vider l´indépendance et les velléités de liberté et de souveraineté de ceux-ci prenait lentement des fissures ; et il était trop tard pour jouer le bon samaritain, car les chinois arrivaient en force cependant que les coûts de la vie en occident, le prix des matières premières, le chômage y augmentaient. Investir en Afrique ? Cela gèlerait des capitaux qui avaient meilleur rendement en Asie. Alors ? Il ne restait plus que le mensonge et le compte goutte plus dévoyant qu´effectif. En vérité, c´est déjà longtemps que tout le monde sait que l´Afrique est condamnée et livrée à elle-même. Pillée, et vilipendée à loisir selon les intérêts immédiats centralisés autour d´une définition complice de la liberté laquelle n´était valable que pour les occidentaux dominants. Et aujourd´hui, sans changer la logique et les privilèges institutionnalisés de cette systématique, à quels résultats tendaient-on donc, sinon à la honteuse et immorale mystification qui appauvrissait les africains et contraignait leurs techniciens et leurs universitaires á quitter leurs pays faute d´emploi ?
L´exemple d´un Robert Mugabe saisi de ses avoirs financiers et laissé pour compte se débattre avec un embargo qui mettait l´économie de son pays sur genoux était significative du mépris et de la dureté avec laquelle l´occident défendait ses intérêts. Et c´était bien dommage que ce leader zimbabwéen et son entourage immédiat n´aient pas compris qu´avec les principes et les préceptes classiques dominés par le maître, ils ne s´en sortiraient pas. Et qu´il fallait faire un effort imaginaire et créatif exceptionnel pour s´en sortir. L´exemple de Cuba n´avait-il pas fait école ?
La liberté, il ne faut pas seulement la vouloir, la réclamer ; il faut aussi doter son combat de l´imaginaire et de la créativité la plus avertie. L´aimer, certes, passionnément ; mais aussi nourrir son brûlant appel de résultats concrets et d´une assiduité sans fin. Sinon, eh bien sinon on retombait dans l´échec et le désarroi du manque. Et quel que soit alors notre désir de liberté, notre foi et notre attachement à sa fierté, elle s´étiole bien vite et se mue en passivité ou même en mépris évident de celui qui n´a su ni être à la hauteur des charmes supérieurs de ses exigences.
La bataille de souveraineté et de liberté en Afrique a pris, et ce depuis le début de ce siècle, un tournant fatidique. Les congolais, comme bien d´autres confrères africains sauront-ils valablement y gagner leur pain ? Cette question est poignante, parce qu´elle met en exergue le combat légitime d´un continent qui a subi depuis des siècles une soumission et un traitement des plus douloureux pour son identité autant que pour son avenir. Et malgré cela, ces enfants courageux ne cessent de monter au front. L´ennemi, cependant, n´est pas toujours externe ; il est aussi interne. Et pour vaincre, pour sortir du tunnel assombri de la pauvreté et de la misère, il faudrait se battre à tous les fronts ; s´émanciper de ses propres erreurs et insuffisances, et se mettre à la hauteur imaginaire et créative de ses adversaires le plus rapidement que possible.
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
25 mars 2007
La violence dans le mariage : une juge allemande s´égare
Une demanderesse allemande d´origine marocaine a été déboutée de sa demande en divorce pour violences maritales.
La charia, le coran feraient-ils la justice en Allemagne ?
Plutôt scandaleuse que piquante, cette affaire. Une allemande d´origine marocaine mère de deux enfants battue par son époux allemand, lui aussi d´origine marocaine, n´eut d´autre issue que de demander le divorce en octobre 2006 ; une juge de famille cependant le lui refusa en se fondant…sur le coran ! La juge de famille prétendit que d´après le § 1565 du code civil allemand (BGB), l´exercice de la punition corporelle envers la femme comme le coran le reconnaît ne présente pas une violence insupportable.
La plaignante, qui a reçu la signification de cette décision en janvier, est naturellement, avec son avocate Becker-Rojczyk, allé en appel. Dans la notification du jugement, la juge avait pris référence sur une sourate du coran selon laquelle l´époux serait blessé dans son honneur si sa femme ne se soumettait.
La juriste Becker-Rojczyk a, comme on s´y attendait fait relever la juge de cette affaire, autant qu´elle est allé devant l´opinion public pour sanctionner le mépris évident non seulement le la souveraineté du droit allemand sur son propre territoire, mais aussi des droits légitimes de sa cliente qu´elle estimait grossièrement lésé.
Ce jugement que le justice va casser a soulevé, autant dans les milieux politiques que dans la population allemande un large murmure scandalisé, et plusieurs questions ont jailli de partout : depuis quand la charia ou le coran avaient-ils relevé e droit allemand sur son propre territoire ? Depuis quand un homme avait le droit de frapper sa femme parce qu´il est musulman ? Depuis quand une juge allemande est-elle autorisée à user ou interpréter du coran dans ses décisions ?
Et on fut agréablement surpris que même le conseil central des musulmans en Allemagne rejeta catégoriquement les raisons et le jugement prononcé qui était, selon. Toute évidence, contre l´interprétation actuelle du droit marital en pays musulman.
Cette réaction unanime de la société allemande plutôt scandalisée et choquée, a provoqué des excuses de l´association des juges. Et pour ma part, en prouvant que même les juges sont faillibles (on pourrait même dire qu´il s´agit de débilité juridique, car une femme juge occidentale qui prend un tel jugement à l´égard d´une autre femme en détresse… !), mais que le droit et la vigilance publique a énergiquement réaffirmé sa souveraineté et son exclusive compétence territoriale.
Au-delà de cet aspect des choses, nous saluons la solidarité musulmane officielle en Allemagne. Cela pourrait lever l´équivoque du pouvoir du coran en occident et aider à un éloignement (ou interprétation, c´est comme on veut) restrictive ou fanatique du coran comme instrument de droit. Cette histoire permettra-t-elle de renforcer dans les pays islamiques de la valeur réelle d´un droit laïcisé, objectivé du joug par trop archaïque du coran ? Nous l´espérons vivement. Car on doit bien se mettre à l´esprit, et surtout envers les femmes du monde entier, que notre monde et notre jugement ne saura jamais être assez vigilant et juste pour réparer les dommages leur causé depuis des siècles.
Au moment où l´Europe fêtait en grande pompe les 50 ans de la signature du traité de Rome, par lequel l´Europe sortit de l´antagonisme militaire qui depuis des siècles sévissait sur son territoire et avait abouti, en deux guerres mondiales, à un massacre sans précédent de sa population ; au moment donc où on fêtait la période de paix la plus longue de l´histoire européenne, le refus de justice de cette juge allemande tomba comme un cheveu dans la soupe. Mais, Dieu merci ; la réaction qui émana de partout à la fois fut prompte et sans le moindre doute. Et à la lueur de cet éclat malheureux, il y a lieu de demander aux hommes et femmes progressistes du monde entier d ne pas fermer les yeux sur toute forme d´injustice quelle qu´elle soit. De participer à la construction et à la gestation de meilleures société de justice et de droit. Ceci est tout autant valable pour l´Afrique des excisions criminelles des femmes, de l´Inde des assassinats et meurtres de filles ou de femmes mal venues, de la Chine…etc. Et le fait que ce soit une juge allemande qui aie commise cette bourde autant grossière qu´injustifiée, ne prouve qu´une chose : même l´Europe n´est pas parfaite ; elle aussi a bien de vices et d´injustices à se reprocher autant dans son histoire que dans son historicité contemporaine. Fêter ces 50 ans d´aujourd´hui avec joie et componction ne doit pas faire oublier que l´effort de justice et d´équité sociale continue. Envers les femmes, les enfants, les étrangers, les malades…oui, aussi envers l´Afrique, par exemple, qui souffre énormément de l´hégémonisme occidental rapace et étouffant depuis des siècles.
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
22 mars 2007
La France et ses grands escrocs en cols blancs
La justice française n´est pas aveugle, Dieu merci ; et elle a le bras long. Patience, même ceux qui ont joué au bakchich chez Airbus dans la vente des avions auront leur facture ; même si Jacques Chirac personnellement s´en mêle. La justice est égale pour tous, dit-on. En tout cas, chez Total, la guillotine est avancée. 
Le patron du groupe pétrolier français Total, Christophe de Margerie, était en garde à vue mercredi à Paris sur commission rogatoire du juge Philippe Courroye dans une affaire de corruption concernant un marché gazier en Iran.
L'information de la convocation de M. de Margerie a été révélée mercredi matin par le quotidien régional l'Est Républicain.
Selon des sources proches du dossier qui ont confirmé mercredi à l'AFP la convocation de M. de Margerie et son placement en garde à vue, les policiers financiers doivent interroger le haut-dirigeant sur le contrat signé en 1997 par Total avec la société pétrolière nationale iranienne NIOC pour l'exploitation d'un champ gazier appelé South Pars.
Deux autres responsables de Total, premier groupe français en terme de chiffre d'affaires et de capitalisation boursière, devaient également être entendus par les enquêteurs mercredi: le directeur financier Robert Castaigne et le patron de la filière gaz Philippe Boisseau.
Cette enquête avait été ouverte en décembre et avait été confiée aux juges Courroye et Xavière Simeoni. Dans cette affaire, des fonds, dont la trace a été retrouvée en Suisse, auraient été versés de façon illicite par des dirigeants du pétrolier français à des décideurs iraniens, entre 1996 et 2003, en vue de s'assurer l'obtention du marché gazier iranien.
Près de 100 millions de francs suisses (60 millions d'euros) auraient transité sur deux comptes, selon la même source. Une partie de ces fonds, 9,5 millions d'euros, a été bloquée par les autorités helvétiques. M. de Margerie était directeur Moyen-Orient à l'époque des faits.
Parallèlement, une information judiciaire a été ouverte début février pour "blanchiment" à la suite d'une enquête préliminaire ouverte le 8 janvier sur des soupçons de "corruption d'agents publics étrangers" dans l'exploitation et la commercialisation du pétrole au Cameroun.
Les investigations avaient été lancées, dans cette affaire pouvant viser potentiellement Total, à la suite d'une dénonciation en novembre 2006 de Tracfin, la cellule antiblanchiment du ministère de l'Economie et des Finances.
Les enquêteurs n'interrogeront pas M. de Margerie sur ce sujet, selon une source proche du dossier. A ce jour, ils disposent uniquement de soupçons sur des mouvements de fonds suspects sur le compte d'un fonctionnaire camerounais en France.
M. de Margerie et plusieurs autres dirigeants ou anciens dirigeants du groupe sont déjà mis en examen pour "complicité d'abus de biens sociaux et complicité de corruption d'agents publics étrangers" dans l'affaire "pétrole contre nourriture" également instruite par M. Courroye.
Des flux financiers issus du groupe pétrolier auraient été destinés à favoriser l'obtention de pétrole en Irak. Dans ce dossier, le magistrat a découvert en 2005 que des Français étaient susceptibles d'avoir touché des commissions dans le cadre de violations de l'embargo onusien sur le pétrole imposé à l'Irak entre 1996 et 2003.
Le groupe Total a confirmé mercredi la convocation de M. de Margerie et de ses deux autres cadres, affirmant notamment que le groupe est "confiant dans le fait que la justice établira l'absence d'infraction".
Le juge Courroye, pour sa part, a été nommé cette semaine procureur de Nanterre, mais peut continuer d'instruire tant que son installation solennelle n'a pas eu lieu devant la juridiction des Hauts-de-Seine.
Patrick Eric Mampouya
Forum Réalisance
21 mars 2007
Sur la répression de la liberté d´expression en Afrique
Des cris de détresse qui ne cessent de nous hanter les oreilles. Quand ce scandale prendra-t-il fin ? Quand l´Afrique arrivera-t-elle à réaliser que ses ambitions de liberté, ses vœux de développement ne pouvaient cohabiter avec un tel mépris de la liberté d´expression ?
Défaut de liberté ou liberté du faux ?
Au nom, entre autre de ces arrêtés et disparus d´Asmara : Fessehaye Yohannes, dit "Joshua", Dawit Habtemichael, professeur de physique à l'université d'Asmara et rédacteur en chef adjoint de Meqaleh, Mattewos Habteab, fondateur et rédacteur en chef de Meqaleh, Seyoum Tsehaye, ancien directeur de la télévision nationale, ancien professeur de français devenu photographe indépendant, Emanuel Asrat, ancien combattant de la guerre d'indépendance, diplômé en agronomie, rédacteur en chef de Zemen ; Temesghen Gebreyesus, journaliste sportif et membre du conseil d'administration de Keste Debena, Daniel Musie…
« Afrique, Afrique ; Erythrée, Erythrée…ce sont tes enfants qu´on assassine et qu´on bâillonne ; et pire : ce qui, sous les cris esseulés de leurs tortures, et leur sang chaud et rouge qu´on ravit à la Patrie, c´est le ciel de ton âme sincère et fière qu´on avilit. » Musengeshi Katata
Assassinat d´opposants, musellement, disparition, intimidation et meurtre de journalistes critiques, tortures et arrestations illégales ; du nord au sud de l´Afrique, tout y était sur un continent qui avait pourtant besoin de toutes ses forces critiques et objectives actives pour parvenir à mettre en valeur ses meilleurs moyens de développement dans un monde dans lequel les intérêts se défendaient ou s´imposaient, de jour en jour, avec des moyens soutenus, autant douteux que sournois. C´est à se demander : diable, à quels idéaux sociaux ces sociétés de musellement et d´exaction des idées controverses tendaient-elles avec ce mépris évident de la contradiction ou de la critique ? Qui donc prétend connaître la vérité toute puissante, être infaillible, dont les solutions et les décisions représentaient la toute puissance du sacré ?
Et pour qu´on ne se perde, nous ne parlons pas de délits au droit civil commun auquel autant les opposants que les journalistes sont obligés en tant que citoyens. Nous parlons plutôt de ce vice pernicieux du pouvoir qui consiste à faire taire des vérités, des critiques désagréables. Ce qui nous convie à réfléchir sur la problématique de la valeur indéniable de l´objectivité dans toute société humaine, autant que celui de la justice, de l´équité, du respect de l´intégrité physique et morale de ses membres. Car on se demande bien : si le pouvoir public d´une société saborde ses propres valeurs, maltraite ses propres citoyens ; sur quelles valeurs se fonde donc son idéal ?
Vu d´un angle ou d´un autre, les victimes, curieusement, sont autant molestées qu´assassinées par de curieuses intrigues et constellations du pouvoir africain dans lesquelles, ne le cachons pas, l´occident des intérêts géopolitiques, militaires, économiques et commerciaux ; tout en criant faussement au haro à domicile, n´en était pas moins complice activement ou passivement. Car en d´autres occasion, cet occident – et c´était chaque fois que ses intérêts économiques et commerciaux directs étaient menacés, savait intervenir avec force et fracas ! Comment, est-ce possible alors qu´il laissa faire comme à Darfour, par exemple ou se contenta de timides invocations aux droits humains ? Mais bien sûr, que cela était courant : on couvrait le gouvernement en exercice (si on ne l´avait pas « aidé » à prendre le pouvoir) car c´est avec lui qu´on allait faire les contrats d´exploitation, qu´on allait ravitailler en armes et en produits luxueux de consommation, si on ne lui enjoignait pas à baisser ses barrières douanières pour laisser envahir son pays par des excédents meurtrier pour l´économie nationale et particulièrement pour les paysans dont les produits, sous des prix concurrentiels de dumping, devenaient invendables. Et un non moins important aspect de cette alliance (Elites africaine dévergondées – occident productiviste et néocolonialiste) était la protection et la sécurisation bancaire des avoirs des élites africaines en occident. Il s´ensuivait une dépendance réciproque qui sécurisait la complicité autant qu´elle obligeait à consolider et soigner ces relations contre nature. Et pendant ce temps, le capital et la plus value sociale africaine, au lieu d´œuvrer à financer l´avenir de ses enfants et de leurs ambitions, s´amassait généreusement dans les banques suisses, françaises, américaines, allemandes, anglaises…qui s´étonnait alors que la famine et la pauvreté sévissent en Afrique ; ou que ce capital honteusement soustrait à sa nature et à sa fonction socioculturelle initiale, ne revienne sous forme de vile corruption, d´armes mortelles entremettre les excédés, les impatients, les révoltés, tous trompés et pris au piège du désespoir ?
Ceux donc qui criaient en occident aux opposants et aux journalistes arrêtés ou assassinés ignoraient parfois, dans leur naïveté politique (est-ce vraiment possible de nos jours ?) que leur propre gouvernement ou leurs industriels y avaient sournoisement conspiré. On jouait donc à Paris, à Bruxelles, à Londres ou à Washington les faux indignés tout en sachant que la plupart du temps, ces ignominies avaient été autorisées ou conseillées par ceux qui faisaient en occident des déclarations trompeuses sur la démocratie et le droit à la liberté d´expression. L´exemple de Mugabe et de son opposition en était la preuve. Tout le monde sait que n´eut été la pression de certains gouvernements africains dont l´Afrique du Sud, ce dernier aurait connu un embargo encore plus contraignant. Et il est déjà bien pénible. On se rappellera, à propos d´embargo, que Cuba en est, depuis 47 ans, frappé pour avoir osé vouloir installer, aux proximités des frontières américaines, des fusées soviétiques. Mais aujourd´hui, l´Amérique ne prétendait-elle pas installer en Pologne, et c´est dire aux portes de la Russie, un système de 10 missiles de défense ? Et la Russie n´en était pas du tout émerveillée. On ne la comprend que trop bien.
Qui a oublié que Patrice Lumumba avait été assassiné sur une large conjuration américaine, belge, françaises, onusienne à l´époque ? Qui a oublié que la France avait demandé à Houphouët Boigny d´organiser avec Blaise Campaoré l´assassinant de Thomas Sankara ? Tous les occidentaux n´avaient-ils pas soutenus les gouvernements et le régime de l´Apartheid jusqu´au moment où cela ne fut plus possible ? Si la liberté d´expression avait tant de valeur en occident, aux Etats-Unis, pourquoi diable ces pays entretenaient-ils des dictateurs ou les toléraient en Afrique et de par le monde ? Les marchés commerciaux, les zones d´influences étaient-elles plus importantes que la liberté d´expression ou la démocratie ? Apparemment c´était le cas. Et cela veut tout aussi bien dire qu´il existe, vu sur l´angle de l´intérêt de tout un chacun des pays qui peuplent la terre, de différentes définitions de la liberté ou la démocratie.
Cette conclusion est autant effrayante qu´élucidant sur la fausseté ou le malaise qui prévaut dans notre monde soit disant civilisé d´aujourd´hui. Et pour lever les équivoques ou nous rapprocher à des valeurs communes, nous devons accepter des principes communs, sinon, tous ceux qui ont les moyens de le faire, imposent leurs propres dictats. Mais n´est-ce pas ce que nous vivons actuellement avec l´invasion américaine en Irak, les intrigues au Congo d´un Louis Michel ou celles de la France avec sa francafrique ? Et ce qui est mesquin et repoussant était que ces pays prennent tous des masques de bonne foi, se parent tous de mots tels démocratie ou liberté pour commettre leurs méfaits.
L´histoire de la Suède et du journaliste érythréen arrêté Dawit Isaac présente un aspect intéressant des choses. Le prix de la Presse et le prix de la Liberté d'expression lui a été décerné le 2 mars 2007 par le Club de la presse suédoise et fut remis à sa famille le 14 mars, au 2000e jour de son incarcération. Le co-fondateur du journal Setit avait été arrêté le 23 septembre 2001. Selon les informations de Reporters sans frontières, il est toujours en vie et est détenu à Asmara. Ce prix suédois est un noble et valeureux acte de reconnaissance et de solidarité avec le dur combat africain de la liberté d´expression en milieu curieusement antagoniste et réfractaire à une ouverte et franche information du peuple. On se demande bien pourquoi, trop d´indésirables révélations pour le pouvoir ; avait-on oublié les promesses pendant la guerre d´indépendance ? En Erythrée, et contre toute allégations du pouvoir politique présent, il semblait bien qu´on éliminait froidement tous ceux qui avaient luttés pour l´indépendance de ce pays. S´agissait-il de vouloir, en fin de course, faire taire ceux qui réclamaient la réalisation des idéaux et des promesses pour lesquels cette indépendance avait été entreprise, combattue et gagnée ?
Et malgré ce geste culturel et politique universel suédois que nous saluons tous bien bas, la Suède restait cependant un curieux pays ; outre qu´il participait solidairement aux embargos douteux de l´Union Européenne envers les régimes politiques africains désireux de sortir du piège de la domination économique et financière dans lequel l´occident les acculait ; ses troupes armées, sous les couleurs de l´ONU, fermèrent les yeux à Srebrenica en juillet 1995 pendant que 8000 musulmans placés sous leur protection étaient massacrés ! Oui, tout cela est bien curieux. Cela faisait aussi penser aux 800.000 massacrés du Rwanda…et à tous les pays occidentaux, et même africains ainsi que l´ONU qui y assistèrent sans broncher. Quitte plus tard à ériger de preux tribunaux, et à jouer les juges et chercheurs de vérité. Un monde bien contradictoire, dans lequel nous vivons. Trouverons-nous un jour la force éthique et morale qui organiseraient, contribueraient à ouvrir notre monde vers des sentiers solidaires et sincères nous permettant de vaincre ou de conjurer la fausseté, la sournoiserie, la bassesse criminelle dans les rapports internationaux ?
Les africains, dans la jungle empressée actuelle d´intérêts existentiels imposants et mieux armés, se trouvaient tous à découvert car ils ne savaient, dans leur faiblesse, ni défendre valablement leurs intérêts et leurs priorités, ni imposer le respect de valeurs contractuelles ou culturelles que bien de pays occidentaux vidaient sciemment de leurs contenus aussitôt que leurs intérêts étroits les exigeaient. Et dans cette constellation équivoque et plutôt malsaine entre d´un côté des intérêts réprimés, impatients et assourdis, et de l´autre des intérêts résolus et gourmands, la liberté d´expression qui est une importante fonction sociale, si pas la plus importante pour toute la race humaine était soumise à un sort ingrat. Et Dieu sait combien ces pays avaient besoin des discursives qualités critiques de cette valeur pour s´épanouir le plus largement et le plus rapidement que possible !
On étouffait donc, à coup sûr, et non moins vulgairement une source précieuse de la culture et de la pensée sociale critique. Mais, soyons francs, et même si on ne molestait pas ou on n´assassinait pas le journaliste en occident ; n´avait-on pas assisté au même phénomène de faussement de la vérité aux Etats-Unis dans toute la presse américaine lors de l´invasion de l´Irak ? Le livre de Franz Fanon : « Les damnés de la terre » ne fut-il pas saisi chez Maspero sous presse pour faire taire un Psychiatre et philosophe africain critique ? Quelles furent donc, pendant des années, oui, des décennies de colonialisme, les consciences de journalistes français, belges, hollandais, portugais, espagnols, anglais sur les meurtres pratiqués ouvertement en Algérie, en Inde, en Afrique du Sud, au Congo, au Kenya, à Madagascar ? Pendant longtemps bien de journalistes véreux cachèrent la vérité en considérant ces crimes comme des privilèges coloniaux de bon usage du pouvoir et de la force. Il fallut bien du courage et de la ténacité à certains pour publier la vérité.
Ceci pour conclure que, face à la fausseté et à la sournoiserie autant des petits dictateurs africains sanguinaires ou sans talent politique que celle de la meute internationale commerciale qui prévaut actuellement, les journalistes africains sont hélas bien esseulés et pris entre deux feux. Car même si on fait du bruit en occident, c´est souvent avec la complicité ou la cécité occidentale qu´on les malmenait ou qu´on les assassinait. Et c´est dire que dans ces cas par trop fréquents d´une Afrique bouillonnante, autant révoltée par ses faiblesses et ses manquements qu´à la recherche d´une orientation fiable mettant à l´abri ses valeurs et son avenir ; les critiques politiques et sociaux sont craints, surtout si les acteurs au pouvoir croulent sous le poids affligeant d´échecs et de visibles déboires économiques et financiers sanctionnant leur incapacité à sortir leurs pays de la misère et de la pauvreté. Voir chaque jour la situation se dégrader, les femmes et les enfants mourir de faim gratuite, du manque criant et d´apathie, cela fait bien mal et révolte énormément. Seuls des gens sans cœurs et sans idéaux ou fierté humaine peuvent rester insensibles et distancés devant de tels images journalières, devant les cris et les souffrances des leurs. Et plus d´un de ces intellectuels se demandaient : quel est diable le premier devoir de l´Etat ; à quel idéal social participons-nous donc, si nos efforts n´aboutissaient qu´à des résultats négatifs, qu´à ce tableau misérable et affligeant du manque et de la précarité ?
Et malgré tout, nous en appelons cependant à tous ces penseurs et critiques, à leur cœur et à leur doigté pour ne pas abandonner les leurs et une profession d´une valeur incessible à la société, parce qu´elle permet à leurs lecteurs et auditeurs d´ouvrir les yeux, d´affûter le jugement et le contrôle là où ses meilleurs enfants estiment qu´il en va de leur avenir et de leurs valeurs les plus chères. La liberté, pour peu banale et logique qu´elle soit (parce que pour mieux la comprendre ou adhérer à son principe fondamental, il faut irrémédiablement la reconnaître à tout autre que soi-même ; sinon, on n´a pas passé le cap primitif et gratuitement prédateur de la pierre taillée), est cependant le défi et la grandeur morale et éthique la plus haute et la plus profonde de l´existence humaine. Certains y ont facilement accès parce qu´ils ont compris que ni leurs idées ou intentions, ni leurs désirs ou ambitions n´étaient les seules valables ou dominantes au monde ; d´autres s´y refusent en s´embusquant derrière leurs complexes et leurs petitesses d´esprit. La culture et la civilisation humaine, cependant, est un continu débat permettant aux fourvoyés et aux demeurés d´accéder à la lumière d´une commune humanité de fière, solidaire et respectable jouissance de la pleine et légitime liberté.
Au risque de me répéter, je dois cependant dire que sans le développement économique, l´épanouissement de valeurs sociales de respect des lois et de la valeur humaine, ces exactions auront toujours lieu, malheureusement. Il faut donc aider les forces progressives des sociétés africaines à vaincre le plus vite que possible leurs faiblesses pour changer les choses le plus rapidement au mieux. Car ce qui flatte l´honneur et la fierté d´une société, ce n´es pas seulement sa richesse, son armée ou ses prisons et ses juges, mais aussi la liberté et la plénitude avec lesquelles ses citoyens exercent et assument leur existence. Pour le plus grand bien de tous, car il en va de soi qu´un monde de sociétés et d´individualités accomplies et cultivées, est un bien meilleur monde que celui de frustrés, d´illuminés, de fanatiques criminels et intolérants. Et si vous me demandez mon avis, mon choix est naturellement clair : celui de la liberté, même si celle-ci fait souvent bien mal et exige de nous que nous fassions l´effort de lutter et de nous émanciper de nous-mêmes, et de tous ce qui pourrait entraver sa pleine, saine et généreuse réalisation.
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
19 mars 2007
RDC : une autre conception de la vie ?
En réponse à JP Bouanga
Cher Katata,
C'est un plaisir renouvelé de te lire.
J'ai apprécié ton "punch" littéraire. Néanmoins, est-il possible de
reconsidérer la vie en RDC sous un autre angle, encore inconnu, sortant des
sentiers battus ?
Déroutante comme question, n'est-ce pas ? Est-ce possible, de revoir le
monde autrement, de manière inattendue ? (D'avoir une autre vision de la
vie).
À bientôt
JP BOUANGA
Réponse Musengeshi
« Bidi tenta kuetu, anu ne keba peba »
Cher JP Bouanga,
Ta question m´a plue et quoique je n´arrive pas tellement à percer sa portée, je l´interprète comme étant le légitime voeu à un courant de vie normal, ayant des consonances, une finalité culturelle propre. Et je réponds: oui, c´est possible...mais il y a un mais. En effet, si l´occident continue à boire ou à dévorer nos matières premières à la vitesse actuelle, à la fin nous n´en aurons plus.
D´autre part, le centralisme industriel occidental actuellement organisé et défendu nous prive de moyens financiers, économiques de développement en nous envahissant avec des excédents et des surproductions que nous sommes tenus de consommer. Or, avec ce dictat industriel, c´est notre créativité qui s´étiole et se qui se meurt ! Pire, nous ne développons pas les moyens et les techniques conséquentes à notre réalisation et à notre avenir, plus nous nous exposons à la chosification et à l´aliénation. Nous serions donc, comme depuis 600 ans, vilement attelés au bon vouloir du développement et des intérêts occidentaux. Et tout le monde sait que ceux-ci n´ont été, ni pendant l´esclavage qui a duré 400 ans, ni à la colonisation qui a pris 100 ans, et même aujourd´hui de par la francafrique, absolument pas dans nos intérêts.
Répondre à ta question revient en fait à se demander: Pour notre liberté existentielle, notre réalisation et l´avenir des nôtres, devons-nous lutter et nous affirmer à les défendre, ou les choses iront cahin-caha normalement. Oui, nous nous devons de trouver une voie propre qui renoue étroitement avec nos valeurs socioculturelles autant qu´avec les impératifs de notre avenir particulier. Entendu que ce concept doit privilégier l´épanouissement, la réalisation et la défense des rêves, des attentes, de la créativité de notre propre culture, d´abord.
Il suffit de connaître l´histoire de l´Afrique et celle de la domination arabe ou occidentale pour dire que celui qui s´attend à la bonne foi de ces gens se trompe bien; Il risque de se retrouver enchaîné et privé de liberté. Autant dire que si nous voulons la paix, la sérénité, la liberté, nous devons les défendre et armer nos cultures de moyens de défense et d´épanouissement conséquents et résolus. Car dans ce monde où même l´écologie est détruite par la surproduction et les abus de uns, si nous ne voulons pas toujours être les victimes dont les enfants sont empoisonnés, privés de travail, de liberté et même de considération humaine, nous devons nous battre et repousser ce sort ingrat qui nous guette depuis bien trop longtemps. Et ne pas nous laisser abuser par des discours, de faux slogans, des abus ou de sournoises intrigues qui n´entérinent qu´au mieux les intérêts des étrangers et la prédominance d´un système centraliste et hégémonique hostile depuis des siècles à notre liberté.
La liberté, très cher JP Bouanga, nous nous devons d´en payer le fier prix propre qui éclot et affirme la célébration existentielle de nos cultures et de nos valeurs ; autant que nous devons nous protéger de tentatives ou d´entreprises nuisant aux intérêts de nos femmes et de nos enfants. Pour se faire, il suffirait seulement d´aller au plus profond et plus sincère de nos cœurs ; et sans s´attarder longtemps sur nos larmes ou sur nos défauts ou nos manquements, nous demander en toute franchise : dans la situation actuelle, quelle est la meilleure expression, la meilleure motivation socioculturelle qui saurait réaliser, honorer notre plus bel hymne à l´espoir et à la réalisation sensible ? Très fraternellement,
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu