12 avril 2007
Le bradage de la forêt équatoriale congolaise
Un scandale écologique, une escroquerie économique sans précédent des temps modernes. (Congo Tribune 12/04/2007)
Au vil prix du pain noir
Le quotidien britannique The Guardian de ce mercredi 11/04/07 dénonce le scandale de la vente d'une étendue de la forêt équatoriale congolaise aussi grande que le Royaume-Uni pour quelques machettes, 20 sacs de sucre et 200 sacs de sel distribués aux chefs coutumiers.
Vingt compagnies américaines et européennes ont depuis 2002 signé environ 150 contrats leur octroyant la propriété de la forêt vierge pour l'exploitation du bois pour une durée de 25 ans. Les modiques dépenses effectuées pour obtenir ces concessions représente à peine dix mille livres sterling, soit un peu moins de vingt mille dollars américains. Toutes ces firmes sont représentées par la Congolese Timber Industries Fédération dont la secrétaire générale se trouve être la belge Françoise van de Ven. Chose triste et grave, le rapport écrit à ce sujet critique la Banque mondiale qui encourage l'exploitation des essences forestières du Congo alors qu'elle est consciente de la nature corrompue de ces contrats. Le rapport craint que les conséquences sur l'environnement de cette exploitation barbare ne puisse affecter l'équilibre écologique mondiale.
Nous vous prions de trouver ci-dessous l'intégralité de l'article en anglais:
Selling off the rainforest - a modern-day scandal
Forum Réalisance
11 avril 2007
L´Afrique retrouvera-t-elle un jour son compas perdu ?
Entre le mythe illuminé, le faux réalisme de la chosification et les incessants soubresauts d´efforts rationnels et créatifs pour retrouver sa ligne existentielle optimale ; ce qu´on voit en Afrique actuellement donne-t-il l´espoir d´un meilleur lendemain ?
Retrouver son compas et son sens réalisant de l´histoire
Avant propos
Amis de Réalisance, salut à vous tous qui nous lisez. Nous sommes de retour après un bref éloignement qui a réuni nos plus fidèles collaborateurs autour d´un colloque de réflexion. Entre temps beaucoup de nos lecteurs nous ont écrit ; nous en profitons, dans la mesure du possible à répondre à leurs nombreuses questions. Mais avant, une petite remarque en ce qui nous concerne : lorsque nous nous sommes décidés à entretenir cette page pour mettre à jour la problématique de l´existentialisme de l´homme noir, nous savions que notre discours ne serait pas seulement couvert de miel, comme certains complexés ou incorrigibles veulent bien l´avoir. Ou même que nous jouerions aux images ou à la distribution d´informations ; comme beaucoup de collègues le font. Non, nous savions que la vérité, et surtout la réflexion sur l´existentialité de l´homme noir étaient le plus importantes. Et comme tout le monde le sait, la vérité est le plus souvent une pilule bien coriace à digérer. Que certains ne nous suivent pas, c´est dans la nature des choses ; que d´autres n´aient pas le courage de soutenir un dialogue précieusement dialectique s´ils n en ont pas les moyens logiques ou même l´aisance, cela nous importe bien peu. L´important, voyez-vous, c´est toujours ce qu´on a compris et comment on utilise ces nouvelles idées pour mieux se situer par rapport aux faits, aux idées, et même à ses propres ambitions ou attentes. Ceux qui veulent ou se destinent à changer les choses dans n´importe quel domaine de notre vie, généralement ils ne cachent ni leurs intentions, ni les efforts pour parvenir à exprimer les vérités ou les innovations dont ils sont porteurs. Les autres, ceux qui font semblant ou qui n´ont rien compris…Dans n´importe quel société du monde, ils ne sont jamais les plus importants, car l´histoire appartient à ceux qui créent, conçoivent, vont de l´avant et tous ceux qui sont ambitieux autant pour eux-mêmes que pour ceux qui sont autour d´eux. Nous nous adressons à tous, même si nous savons bien que notre discours révolté et profond n´est réellement compris que par très peu de personnes. C´est peut-être la raison pour laquelle nous nous permettons d´aller au fond des choses, même si elles sont douloureuses. Aucun bel enfant de ce monde n´est venu au monde sans que sa mère ne le porta longtemps en elle, et non sans douleurs et tracas…A moins, bien sûr qu´on ne soit même pas capable d´enfanter une pensée logique, un acte louable pour sa société, pour la race humaine. Mais là…il n´y a plus rien à faire !
Quand sortirons-nous du faux, de la fiction, de l´irréalisme ?
Beaucoup de nos lecteurs nous ont reproché d´avoir mis Robert Mugabe à l´index parce que sa méthode de gestion du pouvoir, loin de rendre hommage à sa volonté de liberté, ne conduisait, grâce à son manque de talent, qu´à une catastrophe pour son peuple. Et je vous avoue personnellement que je me demande si cet homme a encore de l´estime pour l´avenir de son peuple, si 5 millions des siens sont exilés en Afrique du Sud, si le chômage et l´analphabétisme gangrène ce pays actuellement. Donner à cet autocrate qui gouverne après tout depuis 1980, et c´est dire depuis 27 ans son pays l´absolution parce que cela fait beau ou bien, ou que cela doit le réconforter à tenir bon dans son opposition à l´occident…si ce n´est pas infantile et irresponsable ! Où sont les résultats positifs, que diable ? Les africains seraient-ils à ce point aveugles ou bornés pour acclamer et soutenir ceux qui, par leurs erreurs et leurs illuminations les appauvrissent de décennies en décennies tout en racontant des histoires à dormir debout ? Ceux qui se sont abaissés à l´acclamer, ce Mugabe, pensaient-ils aux femmes et aux enfants, à tous ceux que cet autocrate défaillant emmurait à la misère, à l´ignorance et à la pauvreté ? Je dois vous avouer que je ne comprends pas ce jugement suicidaire ! Voyez-vous, mes amis, si seulement ce beau monsieur avait créé le plein emploi chez lui, rapatrié ses exilés, mis ses hauts fourneaux à plein temps pour produire ses pressants moyens de réalisation…ce serait la preuve qu´il sait de quoi il s´agit et pourquoi il se bat. Notamment pour les siens. Mais que voyons-nous ? Le chômage et le marasme économique complet. Comment diable va-t-il en sortir ; comment va-t-il créer les moyens permettant à son peuple de se réaliser librement ? Attendre, et attendre encore, jusqu´à quand ? Après tout, il avait 27 ans pour exhiber ses résultats ! Rien. Alors, il ne faut pas rêver ; c´est un incapable. Et il serait temps objectivement qu´on le lui dise. Ce n´est pas sérieux de soutenir un tel dinosaure.
Et il ne faut vraiment pas croire que ce jugement est entaché de gratuité, ou même de parti pris occidental, loin de là ; il est tout simplement logique et objectif. L´Afrique vit une époque autant cruelle que difficile pour son avenir ; une époque où de faux symboles, des symboles truqués et chosifiant trompent leur monde parce qu´ils sont convoyés par la chosification occidentale qui elle brille et flatte par ses apparences suffisantes. Ceci fait croire à bien d´africains qu´ils leur suffit seulement de
s´inféoder, de s´aliéner pour se guérir de leurs tourments réalisationnels. Or, se réaliser, ce n´est ni s´inféoder, ni se chosifier ! Il suffit d´analyser les efforts de l´Inde ou celles de la Chine pour mieux se rendre compte du flagrant délaissement, du manque d´efficience notoire du pouvoir africain. Et même si de par les échanges internationaux, nous sommes tous partie prenante de la culture humaine ; notre réalisation, la production de moyens défendant nos valeurs, nos aspirations, nos attentes relèvent de notre devoir, pas de celle des autres. Celui qui croit acheter la réalisation sensible en prêt-à-porter ou à consommer se rendra un jour compte que non seulement il assassine ou étouffe sa propre créativité, mais qu´il n´est rien d´autre qu´un animal se nourrissant du sens créatif et des aspirations des autres. Et dans ce cas, c´est entretenir sa propre prison ouverte que de prétendre ou défendre sa propre liberté.
Je sais, ma logique est souvent incomprise ; et cependant, on doit bien se demander : pourquoi consommer le désir et la créativité des autres en négligeant ou méprisant la sienne ? D´autre part, pourquoi diable certaines cultures tiennent-elle par tous les moyens : quid avec la francafrique, quid avec de faux prétextes d´aide, de coopération, d´assistance à nous faire avaler leurs excédents, leur sens de l´histoire, oui ; à nous imposer leur hégémonie, que diable ? Et même si ces gens parlaient ou avaient des mots tels que liberté ou démocratie plein la bouche ; de quelle liberté et de quelle démocratie s´agissait-il donc, si celles-ci n´avaient de but et de résultat que notre appauvrissement ou notre empêchement à l´accumulation débouchant sur la liberté et la réalisation par soi-même ? L´argent dépensé une fois ne revient plus ; ni par les armes, ni par les bibelots, le prêt à consommer, les chères limousines qui se pavanent en Afrique en y créant des dommages financiers et civiles incroyables (voir les armes, les petites révoltes militaires africaines, les famines etc). Et enfermés dans ce cercle vicieux, les élites africaines ne semblaient pas avoir trouvé la porte de sortie permettant de briser cette honteuse infamie. Et de cabale en cabale, on essayait alors de paraître, d´élever de hauts immeubles sans au préalable avoir construit les canalisations propices. Ou alors on construisait des routes sans produire des voitures qui devaient les emprunter…en fait, on étalait une infrastructure de déviationnisme logique qui ne profitait qu´aux constructeurs automobiles étrangers. Ou alors, on assistait à l´explosion de villes sans ébouage, sans canalisation appropriées…cependant que les écoles étaient délaissées, la santé publique inexistante, ces messieurs Sassou Nguesso, Bongo, Kabila, Campaore, Mugabe et tant d´autres buvaient champagne cristal et philosophaient sur le développement. Celui qui croit alors que ces gens savent ce que c´est est bien naïf. Ou foncièrement aveugle ou idiot. Tous les soi-disant intellectuels qui s´associaient ou se complaisaient dans cette cruelle et honteuse mystification devaient bien se demander ce que valaient leurs diplômes et à quoi ils servaient !
La démocratie occidentale pour déjouer et aliéner les africains !
Que ce soit les étudiants africains en occident ou les gouvernants africains, tous se laissent leurrer par la fameuse démocratie occidentale. Parce que, pour s´en vanter ou s´en réclamer, il faut avoir les moyens de l´imposer et de la défendre, cette démocratie. Et on en oublie presque l´important : que ce qui fait la démocratie occidentale ou la cautionne, c´est cette machinerie d´industrialisation qui leur permettent de produire des moyens, des instruments et des produits satisfaisant aux besoins de leurs populations. On peut alors, avec ses excédents en armes ou en biens étouffer ou conjurer contre les autres…tout en parlant de démocratie ou de liberté. Mais en réalité cette démocratie ou cette liberté étaient plutôt la sienne propre que celle des autres. Au demeurant, et même si Jacques Chirac disait : « L´Afrique n´est pas encore mûre pour la démocratie », jadis, a-t-on oublié sur quels pieds, sur quels passés hauts en guerres, en exterminations, en sanglantes colonisations, en viols et crimes en tous genres et par toute l´histoire humaine ces démocraties reposaient ? Sans industrialisation, et c´est dire un système rationnel et ambitieux de production permettant l´épanouissement et l´enrichissement de la créativité individuelle et sociale ; que valent donc les mots démocratie et liberté ? A mon sens rien du tout. Aller donc en Afrique financer des ONG des droits des hommes et des libertés alors qu´il s´agit plutôt d´investir dans l´industrialisation, dans la production africaine, c´est mettre la charrue devant les bœufs et créer des prétentions qui, quoi que valables et respectables, n´en oublient pas moins le principal qui est de créer et de produire les moyens réels de démocratie et de liberté. C´est donc enfumer les gens et les dévoyer en leur faisant croire que s´ils crient cent fois au droit et à la liberté bien fort, celle-ci leur tombera du ciel. En vérité, comme des toupies aveugles et désorientées, ces faux prêcheurs de démocraties passaient devant leur vrai combat fondamental : celui de l´instruction et de la formation professionnelle, celui de la lutte contre les envahissements des excédents étrangers qui ruinaient l´agriculture et l´industrie alimentaire africaine, ou alors ces prix internationaux de dumping qui ruinaient les cultivateurs africains du coton, du riz, du maïs, du sucre…ces intellectuels dévoyés se mettaient à lutter contre les moulins de Don Guichote. Des moulins à vents vides, plus ridicules qu´efficaces.
Avec les intellectuels de la diaspora ou en cours de formation en occident, c´était souvent la même chose, hélas. Non seulement leur structuralisme intellectuel était trop entaché par l´influence rationnelle et logique occidentale ; mais autant le symbolisme qui leur avait été inculqué, que la finalité de leurs instructions ; tout n´aboutissait qu´à la prédominance du maître occidental qui les a formé. Rares étaient les esprits réellement critiques qui sortaient de ce moule prisonnier à réfléchir et à penser comme le maître l´avais prescrit. Or, on le voit par exemple pour la technologie automobile que le moteur à combustible fossile est dépassé et en passe de détruire autant notre atmosphère que toutes les réserves de pétrole du monde. Par ailleurs, et particulièrement pour l´Afrique, l´énergie solaire est capitale…et saine ! En d´autres termes, et sans aller dans les détails, les sources d´énergie, comme l´approche ou la finalité technologique, celles-ci ne peuvent pas être les mêmes partout comme le fait croire la conception occidentale dominante ; mais qu´il y a bien lieu de chercher et de trouver de nouvelles formes efficaces, si nous tenons à sauver notre atmosphère et notre climat copieusement détruits par le productivisme occidental. Les occidentaux, comme toujours, prenaient la fuite en avant : on entendait parler de surpeuplement du continent africain qu´ils avaient dépeuplé 400 ans durant avec l´esclavage ; on se demandait bien ce que les enfants et le continents des autres intéressait à ce point l´occident ! Ou alors, en hâtive conférence à Potsdam, l´Allemagne essayait de partager la responsabilité avec ceux qui montaient rageusement au firmament industriel : la Chine et l´Inde. Et implicitement faire pression sur les africains pour les dissuader de se développer ? Mais l´industrie automobile allemande, ou pire, l´industrie automobile américaine ; quand se décideraient-ils donc à produire des véhicules moins polluants ? Faut pas toujours rejeter les erreurs sur les autres, surtout si on a soi-même, des siècles durant, été l´instigateurs de maux dont on déplorait aujourd´hui de l´insalubrité. Et cependant, ne l´oublions pas, que ce soit l´Afrique ou l´Asie ou l´Inde, tous ont un droit légitime à l´industrialisation. Au nom de la liberté et de la réalisation sensible et sociohistorique.
Pour les étudiants africains autant en occident qu´en Afrique même, il y donc lieu de critiquer et d´ouvrir l´esprit à une connaissance réellement libre de créativité autant que de principe ; parce que celle-ci ouvrirait à de nouvelles, d´originelles idées permettant de produire avec beaucoup moins de barbarisme écologique que nous l´a suggéré l´occident jusqu´à ce jour. Ceux qui ne savent pas se libérer de l´aliénation occidentale, autant dire qu´ils sont perdus à tous les points de vue. Parce que se faire ridiculiser à lire des livres et des techniques dépassés, c´est se priver d´ouverture d´esprit. A moins, bien entendu qu´on ne soit rien d´autres que d´aveugles chiens de Pavlov ! Les plus malheureux étaient ces passionnés et victimes des sensations et des révélations du journalisme et de l´académisme d´institutionnalisme occidental déjouant : les criminels, après coup et reconversion publique, publiaient des ouvrages qu´on s´arrachaient pour apprendre la vérité ou comment et avec quelles techniques on affamait, on vilipendait et on pillait le tiers monde. Le plus curieux, est que malgré ces publications, ni les criminels ne jetaient l´éponge, ni les étudiants plus tard ne se refusaient à participer à leur tour à de tels escroqueries et crimes envers les leurs. On retrouvait les uns dans les administrations et les ministères occidentaux à servir fiévreusement la francafrique, tandis que les africains, eux, aidaient à piller et à mystifier les leurs aux côtés de dictateurs et d´autocrates aussi bornés qu´incapables. A quoi donc sert la connaissance de la vérité ? A remédier aux erreurs ou à les perpétuer ?
Pour finir, je m´adresse à une femme, à une vraie combattante – du moins je la considère comme telle – qui, à mon avis, confond l´économisme de l´existentialité avec un quelconque conflit racial. Certes, l´occident a plus de 500 ans exercé un racisme sur l´Afrique qui n´a pas de précédent dans l´histoire. Mais celui qui croit que les maux et les crimes qui ont été perpétrés sur la race noire lui étaient exclusifs se trompe : toute l´histoire européenne est pavée de massacres en tout genres, d´esclavages et d´injustices les plus barbares. C´est pourquoi je suis persuadé que ce racisme n´était qu´un prétexte pour voler, piller, avilir, chosifier les faibles africains à l´existentialisme occidental étroit. Et aujourd´hui, si ceux-ci croyaient que s´ils sont industrialisés, ils n´auraient plus besoin de personne ; ils se rendent compte hélas que leurs usines, elles, et leurs niveaux de vies nécessitaient continuellement des acheteurs, et de matières premières détenues par des étrangers dont l´Afrique notamment. Sinon, ils ne sauraient ni soutenir ni défendre leur fameuse liberté ou leur démocratie. Et c´est ainsi que nous subissons, que tout l´occident nous impose la francafrique. Il faut donc à mon avis lutter et changer les choses là où elles blessent, et ne pas se laisser abuser par la peinture ou le masque du criminel, car ce sont ses intentions et ses méthodes sournoises qui comptent et le qualifient. D´autre part, les dictateurs africains logés et soutenus par la francafrique portent tout autant leur responsabilité dans cette ignoble et inhumaine entreprise. Ravaler les choses au racisme, c´est être bien simpliste. Et c´est ce que justement les criminels veulent : que l´intellectuel africain se perdent dans le subsidiaire au lieu de s´atteler au principal qui est économique, social, culturel, sociohistorique.
En Afrique, nous nous trouvons devant un monstre historique et logique de la plus infamante primitivité. Et pour vaincre ce malus aux cent visages qui nous aliène et nous avilit, il nous faut produire, transformer, émanciper, procréer au plus ambitieux – autant sur notre espace intérieur que sur notre espace extérieur – notre imaginaire le plus incisif et le plus opiniâtre à sortir de nos malheurs. Personne ne fera cette importante métamorphose à notre place. Personne ne cultivera cet esprit qui en nous et selon nous-même nous reproduira autant notre âme qu´elle satisferait à nos attentes, à nos tourments existentiels les plus banals. Personne, si ce n´est nous-mêmes ; du moins ceux de nos enfants et des nôtres qui auront assez d´amour et de passion pour ce continent que pour lui offrir sa liberté et la fin de ses maux. Ce n´est ni une question de religion, ni de couleur de peau, ni même de langue ou de dialecte ; car l´amour dont il est question est, de par sa beauté et sa grandeur, au dessus de tout cela.
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
04 avril 2007
Du terrorisme, de ses formes visibles et invisibles
En réponse à l´article d´Afrikara du 03.04.07 : Si le terrorisme n’existait pas l’Occident hésiterait-il à l’inventer ?
Derrière l´heureux prétexte de lutte contre le terrorisme
Ne soyons pas bornés, le danger terrorisme ; si le terrorisme est compris comme un bris de dialogue, ou une exclusion infamante contraignant un quelconque mouvement social à ne faire valoir ses droits objectivement lésés autrement que par la violence, ce danger existe. Et l´exemple actuel du terrorisme islamique le prouve grandement. Et quoiqu´à mon avis ce terrorisme islamique, pour peu révolté ou même acculé par la rapacité et la domination occidentale n´ouvrant que sur un centralisme aveuglé par ses intérêts subjectifs étroits ; à part un coranisme plutôt borné et sans réelle qualité d´émancipation intérieures, ces islamistes ne nous apportent rien de nouveau. Se réclamer de Mohammed ou simplement du Coran pour prétendre à résoudre les problèmes complexes de notre monde actuel, et au demeurant tuer, assassiner des innocents pour prétendre pacifier le monde et le rendre heureux…permettez mon humour, mais cela relève plus de la pire des vulgarités criminelles que du talent culturel civilisé.
Ce qui aggrave le jugement que n´importe quel être humain cultivé et nanti de bon sens porte à l´égard du fondamentalisme islamique terroriste, c´est que – et on l´oublie que par trop souvent – que le christianisme, à son époque, a employé le même catéchisme criminel et borné pour s´emparer du monde, massacrer les indiens d´Amérique, faire l´esclavage des africains, entreprendre des colonisations volontairement destructives des cultures et de sociétés qui en furent les victimes. Ce prétexte religieux tuant et massacrant à loisir en foulant à ses pieds les préceptes de sa propre religion, il n´est pas nouveau. Et pour vrai dire, il relève aujourd´hui plus de la primitivité culturelle, que du modernisme contemporain affirmé de la culture humaine. On s´étonne donc que quelques arabes ou islamistes veuillent faire gober au monde d´un art de vivre, de comprendre et d´entreprendre l´existence dépassé parce que vil, autoritaire, violent, et dont la seule vertu serait qu´il n´apportait aucune réponse réelle et éprouvée aux problèmes grandissants et complexes de coexistence humaine face à notre irréfutable et légitime droit à la réalisation sensible. Quid de l´industrialisation excédentaire et d´usage d´étouffement, d´étranglement économique ? Quid de l´écologie barbare mettant en danger l´équilibre et la régénération naturelle de notre atmosphère aujourd´hui mise journellement à mal ? Quid de l´escroquerie faite par les pays industrialisés envers les autres pays par la consommation abusive de matières premières précieuses et irremplaçables ? Quid de la pauvreté et de l´ignorance dans le monde sous développé ? Quid au droit légitime à la liberté et aux respects des droits de la femme ? Quid de la violence et du violentement contre instrument de droit ou d´exercice de pouvoir ? Si pour répondre à toutes ces questions et bien d´autres encore, la réponse était : priez à l´Islam et lisez le Coran…hem ; et ceux qui avaient depuis des siècles cru et pratiqué cette religion, tous ces pays tels que l´Afghanistan, le Maroc, la Libye…était-ce tous des paradis terrestres, des lieux de hautes créativités et de prospérités industrielles ? Non, n´est-ce pas ! Mais alors, pourquoi ce tamtam inculte et gratuit ? A moins que ce ne soit tout simplement…la brute exacerbée et primitive qui se cachait volontairement derrière le faux prétexte du fondamentalisme religieux pour masquer ses incapacités, ses insuffisances. Quand on n´était pas capable de comprendre ou de produire la perfection, pourquoi diable devenait-on aussi facilement instructeur du parfait ? Un petit peu de modestie, d´humilité n´a jamais tué quelqu´un ; bien au contraire, il affranchit et émancipe…de l´étroitesse, de la violence, de la banale médiocrité.
Le jugement précédent ne lave en aucun cas l´occident l´intention, et surtout les Etats-Unis, de profiter du 9/11 pour resserrer sa mainmise politique et militaire sur le monde. L´occasion venait à point, au moment où, après 600 ans de domination mondiale riches en cruautés et en actes primitifs en tous genres, la Chine et l´Inde montaient au firmament de leur industrialisation et risquaient même, à eux deux, de décentraliser définitivement la polarité occidentale sur le monde en leur faveur. Par ailleurs, avec l´accroissement des moyens de communication et d´information, le tiers monde – et particulièrement l´Afrique – prenait connaissance de toutes les fourberies qui lui avaient été faites sous des dénominations scandaleuses diverses de coopération, d´aide, d´assistance. Et ne sachant plus répondre aux appels d´intégration réelle, d´investissement de libération plutôt que de soumission à un ordre mondial inféodé à la race Blanche et à son rapace productivisme, l´occident en passe de perdre son niveau de vie et ses privilèges commerciaux, économiques, financiers s´est bien engagé à défendre – non pas la démocratie ou la liberté comme on le prétend si souvent abusivement – mais bien ses intérêts étroits et conservateurs de son hégémonie actuelle. Et pour ce faire, et devant l´incroyable Bollwerk qui le menaçait, au lieu de faire preuve de qualités et de bonne foi (autant envers la Démocratie qu´envers la Liberté), l´occident acculé au pied du mur a craqué et se retrouve à employer des méthodes et des logiques qui, derrière de faux prétextes et de fausses allégations (tel celui de l´invasion irakienne, par exemple) n´avaient plus qu un but : défendre sa domination à tout prix.
Et pour répondre à la question principale de cet article : si le terrorisme actuel n´existait pas, l´occident hésiterait-il à le créer ? Je dirai sans hésiter, pas un seul instant, et pour cause : l´esclavage, la colonisation, le massacre des indiens d´Amérique, les guerres du Vietnam…etc ; tous ces actes historiques passés étaient cependant tous des actes de terrorisme conséquents et affirmés. Celui qui croit le contraire est bien naïf. Ou foncièrement amoral. Et pour moi, le terrorisme étatique, religieux, économique, monétaire, financier ou même culturel auxquels nous assistons de nos jours, qu´ils soient pratiqué par des cols blancs, des gouvernements ou des mullah illuminés, tient du même mal et doit donc être décliné et combattu avec la même énergie, la même détermination. Ce n´est pas parce que les uns sont invisibles, que les autres se cachent sous de fallacieuses mises en scènes ou des mensonges de corruption, que pour cela ils sont plus honorables que ces terroristes barbares qui posaient des bombes et tuaient des innocents. Les femmes et les enfants qu´on assassinait à distance en Afrique, dont on privait d´avenir, desquels on corrompait les élites et pillait leur sous sol tout en leur léguant une écologie pourrie, la misère et la pauvreté comme seule récompense et exutoire existentiels ; ces victimes étaient bien visibles et accusatrices, ô combien !
Qu´on ne s´y trompe pas, toutes ces déviations culturelles issues du terrorisme au sens large injuriaient et foulaient à leurs pieds l´un des principes le plus précieux de la civilisation humaine qui est celui du respect de l´intégrité et de la vie des autres. Toutes ces bassesses sont méprisables et criminelles et doivent être bannies le plus rapidement de nos cultures, parce qu´elles usent de moyens primitifs et barbares qui risquent de mettre à mal nos libertés et notre légitime droit à la démocratie. Car, ne soyons pas aveugles : même si cette dernière incite à la tolérance et au respect de la liberté d´expression et de réalisation pour tous ; nous sommes tous d´accord comme elle que cet enjeu ne peut pas se faire avec le crime, la mauvaise foi, le mépris et l´immoralité. La justice est donc une part incessible de notre coexistence humaine ; et il serait grand temps que bien de gens le comprennent, si cela ne leur a pas encore sauté aux yeux.
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
03 avril 2007
Bousculade au grand conseil de la francafrique
Douteuse alliance, douteux intérêts
Chers amis,
Pour ceux qui avaient encore des doutes, je vous prie de regarder ces quelques images de la Françafrique en marche. La droite française se prosterne aux pieds de Omar Bongo : on se demande bien pourquoi ???????? Les aspirants à la présidence française et aux rênes de la honteuse francafrique seraient-ils en quête d´un nouveau plan de conspiration ?
http://www.dailymotion.com/video/x1im7c_sarkozy-et-bongo
http://www.dailymotion.com/video/x1ku0r_bayrou-et-la-francafrique
Les Africains ne doivent rien attendre des promesses des hommes politiques français : aujourd'hui mieux qu'hier ils ne devront compter que sur les véritables forces nationalistes et progressistes africaines.
Patrick Éric Mampouya
Forum Réalisance
On se pressait, chez Bongo. Pourquoi ?
02 avril 2007
L´Afrique face à son combat technologique
Commentaire sur Afrikara de l´article du 02.04.07 : Cheick Modibo Diarra, Président de Microsoft Afrique «Je suis un soldat du développement de l’Afrique »
Inutile de réinventer la roue !
Excellente interview. On ne peut que féliciter cet esprit malien objectif et profond parce qu´au-delà de ses déductions, arrive réellement à saisir contexte africain et ses problématiques. Et hélas, ils sont, malgré tout, bien épuisants. Ce que j´ai aimé dans cette interview de Modibo Diarra, c´est qu´il attire l´attention sur le fait que les africains doivent gagner leurs vies, et que cela est tout à fait normal. J´irai plus loin : c´est la clé même de l´avenir économique ; car ce qui freine le développement des sociétés africaines et leurs économies, c´est le faible pouvoir d´achat. Cela restreint le bon fonctionnement des affaires, et c´est dire que cela empêche de fructuer les investissements.
Et c´est en réalité là que commence le problème car l´élite actuelle n´arrive pas à accumuler pour investir dans les infrastructures génératrice à leur tour de possibilités et de moyens économiques. Et pour ne prendre que le domaine électronique ; celui-ci ne peut être employé ou utilisé efficacement sans électricité et sans un coûteux réseau conducteur. En Afrique, à force d´importer, de ne pas s´atteler au principal, à force de vouloir construire des routes avant de construire la voiture ; on détruit ses maigres moyens sur le macadam périssable tandis que le principal, lui, c´est la voiture ou le camion. Par ailleurs, le chemin de fer : le plus grand facteur de développement économique est cruellement négligé !
Une logique à la renverse, à notre avis, parce qu´elle engloutit définitivement des moyens qui ne reviennent pas. Et avec l´automobile ou le camion importé, c´est la même chose : le capital servant á l´achat de ces moyens de transport quitte le pays pour l´étranger et ne revient pas enrichir ni le bien être, ni l´emploi, ni les investissements africains. Il faut donc recourir à un fonctionnement économique d´auto financement résolu. Or – et c´est l´autre côté de la médaille – les occidentaux détenteurs actuels de technologies de production veillent jalousement à ne pas investir ou l´exporter en Afrique (notons que ce n´est pas le cas en Chine, par exemple, ou en Europe de l´est), à moins, comme en Afrique du Sud, qu´ils aient les rênes du pouvoir économique. Pour la plupart des occidentaux, l´Afrique est un marché de consommateurs, pas un centre de production. On peut leur en vouloir ou pas, toujours est-il que chaque pays, chaque nation se doit de développer sa propre technologie de développement. Et c´est dire aussi des voies et moyens d´y parvenir.
Personne ne peut dire qu´il n´y a pas de cerveaux en Afrique, ce serait faux et gratuit. Ce qui retarde le développement africain et le rend ardu, c´est cet effet de défensive, d´attentisme ou de suivisme plutôt consommateur que créateur face à un monde rapidement changeant et diablement antagoniste. Convaincre les populations de la meilleure direction à suivre ? Mais la population a toujours suivi ; ceux qui n´ont pas de vision, ceux qui se vendaient aux intérêts occidentaux, c´étaient hélas leurs élites en mal d´imagination et d´ambition. Et soyons francs, si les écoles techniques étaient délaissées, l´instruction bâclée sur un bas niveau ; comment diable croyait-on créer des spécialistes de haut niveau conceptuel et créatif ? On avait plutôt l´impression qu´il y avait deux mondes dans les sociétés africaines : la traditionnelle attardée et plutôt reniée, et la moderne plutôt citadine et fausse, parce qu´elle vivait sur l´imitation et l´aliénation à l´importation au lieu d´être créative et intégrative des deux visages de sa propre identité. Et même si la traditionnelle était prête et décidée à œuvrer au progrès parce qu´elle a déjà compris que celui-ci mettrait plus de moyens à sa disposition ; si les investissements à la production, les écoles, les emplois : si l´économie pataugeait sur place, ruinait ses substances dans des immédiatetés aliénantes, à qui donc revenait la faute ? Il ne faut pas toujours voir le mal à l´étranger…eux, ils n´ont ni été élu par les africains, ni ne possédaient avec eux des liens patriotiques.
Il faut changer, il faut encourager la renaissance de l´Afrique, entendait-on partout. Cependant que la plupart de ceux qui s´égosillaient ainsi n´étaient ni capables de reconnaître les erreurs et les errements du passé, ni de se motiver sincèrement et valablement aux nécessités d´un avenir positif. Et on n´était pas surpris que derrière ces illuminés, ne se cachaient qu´une nouvelle vague de parasites aux visions toutes aussi courtes et aliénées qu´on se demandait s´ils n´étaient pas simplement des tonneaux vides qui ne reproduisaient, dans leur désarroi, que la chosification et l´exploitation occidentale comme modèle existentiel. Et pourtant, que ce soit la technologie des sources d´énergie ou celle des structures de gestion et de finalité des moyens sociaux, tout était en train de changer à une vitesse incroyable. Autant que tout semblait curieusement s´accrocher à des spécificités régionales, à chaque caractère dominant de milieu existentiel.
Beaucoup parlent d´investissements, mais s´ils ne viennent pas du peuple, de son travail, de sa créativité, de son épanouissement imaginaire et matériel; d´où viendraient-ils donc, du ciel ? Comment voulait-on avoir accès, se créer la liberté ou la réaliser tout court, si on n´était as prêt á commettre les efforts logiques et structurels pour réaliser ce but ? Biens de questions. Car, ne nous faisons aucune illusion : il faut en Afrique des pouvoirs tels que ceux-ci, pendant qu´ils investissent dans les leurs intensivement, ils les protègent jalousement contre les rapaces et les crocodiles étrangers.
Et il faut le dire clairement que des valeurs comme la monnaie doivent être contrôlées par le peuple souverainement représenté plutôt que par l´étranger. Sans cela, la monnaie et son milieu d´exercice : l´économie et le marché commercial national étaient sournoisement vidées de leurs vitales substances. Qui croit donc que pendant que l´étranger consommerait à gorge déployée nos matières premières, et nous polluerait l´air et la santé de nos enfants avec une écologie indigeste et criminelle, que nous serions-nous obligé de ruiner notre avenir imaginaire et créatif, en agonisant à l´aide internationale et à la pire des pauvretés ; qu´alors nous faisions ou célébrions notre liberté ?
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
01 avril 2007
Afrique, homme noir ; où en sommes-nous ?
Faut-il continuer à battre les sentiers du manque et de la pauvreté comme c´est le cas présentement, ou faut-il se décider à changer les choses au mieux pour un meilleur avenir ? Et dans ce cas, ne faut-il pas un nouvel esprit, un autre engagement de motivation existentielle qui réponde plus étroitement à nos intérêts, à nos aspirations, à notre irrécusable et légitime vœu de liberté et de réalisation ?
Le courage d´aimer, de chérir, de défendre sa propre réalisation
« Mais là, précisément, dans l'avidité même de ses sensations, se trouve le cachet frappant de son infériorité. » Joseph Arthur, comte de Gobineau. Extrait de « Essai sur l’inégalité des races humaines » Éditions Pierre Belfond, 1967
Au fait, lorsqu´on parle de réalisation, il y a très peu de gens qui comprennent ce que cela signifie. Pas parce que le mot leur semble étranger ou incompréhensible ; mais parce que dès leur naissance – et c´est pareil dans presque toutes les cultures humaines, rarement on insiste sur cet aspect précis de l´existence – tous les êtres humains sont submergés par le poids que la famille et la société exercent sur eux. Et pour survivre, et grandir et mûrir leurs capacités et leurs sensibilités, les enfants prennent ou s´accrochent aux fondements, aux prémices qui semblent leur garantir leur survie première.
Et après ? Eh oui, après cela dépendra autant de l´intelligence et de la sensibilité à se défaire de ces liens ou à les employer au mieux pour épanouir leur sensibilité, qu´à la société qui, dans ses legs structurels, matériels et imaginaires, se doit de fêter la réalisation de ses membres. Il existe donc, dans tout être humain bien né d´un combat d´adéquation sociale, de contradiction, que de transcendance sensible. Et pour ne pas verser dans la gratuite allégation de quelques hypothèses absolutiste, disons-le ouvertement qu´il n´y a pas de société parfaite, autant qu´il n´y a pas de perfection humaine individuelle. La société comme l´être humain, de par leur réflexibilité et leur projection, sont tenus d´interférer l´une sur l´autre pour leur propre bien. Et lorsque la société est malade ou souffre d´insuffisances ou de manquements, c´est qu´en réalité, ce sont ses membres – et donc les individualités – qu´il faut soigner. Et vice versa. Après tout, la société, logiquement, n´est que le miroir de ceux qui l´ont structurée pour y vivre, en jouir et s´y épanouir.
On comprend alors autant l´hérésie de la colonisation, que celle qui a tendance aujourd´hui à aliéner les économies et les finances africaines à la domination et au contrôle extérieur. Par ailleurs, croire qu´on peut se développer, déjouer la carence et la pauvreté en négligeant la production de la connaissance, de la créativité, des moyens individuels et collectifs de réalisation imaginaires ou réels dans sa propre société ; c´est de la pure aberration qui ne conduit qu´aux résultats négatifs que nous ne connaissons que trop bien en Afrique. Et à la question : pourquoi l´Afrique tarde-t-elle à saisir l´évidence, à se sortir de ce cercle vicieux ? Je dirai que le poids qui est exercé sur cette race par l´occident est nocif et corrompant, autant par ailleurs que le retard scientifique et rationnel dont ce continent souffre depuis longtemps et que, malheureusement, des élites incapables ou sans talent de réalisme objectif n´arrivent à combler.
Courir après le lièvre se cachant sous les multiples buissons que nous imposent la vie moderne actuelle, ainsi par ailleurs que la voracité ou la rapacité du monde qui nous entoure, plutôt que de faire l´élevage de moyens nourriciers propres de réalisation ; c´est risquer de perdre l´haleine et rentrer bredouille sans le repas promis du soir. Passe encore sur l´interdépendance partagée et équilibrée en valeur absolue et relative ; mais la dépendance tout court qui se caractérise par les importations aliénantes et intempestives dévorant les réserves monétaires et l´accumulation nationale sont néfastes. Autant que les envahissements de surproduction destructrices et étouffantes des structures agronomiques ou industrielles comme c´est le cas du mais et du riz américain, du sucre et du lait européen dans des pays tels la Jamaïque, Haïti, le Ghana, ou le Burkina Faso du coton, déjouent tous les efforts de développements de ces pays et sursoient leur liberté et leur indépendance.
On peut dire ce qu´on veut, chanter de l´internationalité ou de l´aide internationale comme on veut ; tant que ceux-ci, volontairement ou indirectement ont le résultat d´étouffer l´Afrique, ou de l´asservir ; tous ceux qui tolèrent ou cautionnent ces bassesses n´ont qu´un but : nuire à l´Afrique et à son développement. Et il serait grand temps que les élites de ce continent le comprennent plutôt que de jouer les sourds muets pendant que leurs sociétés, leurs états étaient sournoisement menés à la perdition. Pire : leurs intellectuels et leurs techniciens ne trouvaient ni emploi, ni moyens de contexte pour œuvrer à changer les choses pour un meilleur avenir ; et la culture de ces états se mourrait, exsangue et privé de sa légitime projection sociale.
Et ce n´est pas en immigrant à l´étranger, ou même en criant fort de son africanité sur Internet qu´on peut changer les choses, mais bien en veillant à ce que la politique qui est pratiquée en Afrique se tourne vers ses devoirs et s´attelle à défendre les intérêts et l´avenir des leurs, que de vivre à cheval entre l´illusion, la fiction, ou la grossière affabulation que l´occident développerait l´Afrique. Quand ? Quand les matières premières seront épuisées, peut-être ; ne se fait-on pas de soucis de savoir comment et à quel prix on achètera ou on produira demain le progrès ? Si aujourd´hui certains pays ne savaient pas se « payer » les infrastructures sociales ou industrielles comme on achète le pain ; qu´est-ce qui fait diable croire qu´ils y parviendront aisément demain ? Ne voit-on, ne comprend-t-on pas que les prix seront inaccessibles demain ? Il faut être bien borné pour croire ou affirmer le contraire.
Personne ne peut prétendre réaliser un autre en le confinant, en l´obligeant à importer, à vivre des produits des autres ; et c´est dire, à se renier soi-même, sa société et sa culture comme lieu légitime, à la fois structurel, réel et imaginaire de projection existentielle. Et même si l´échange et l´interaction culturelle nous sont tous, en tant qu´être humain solidaire et vivant dans le même monde, profitables ; cette émancipation ne peut pas nous aveugler au point de nous imposer notre suicide existentiel ou, pour tous ceux qui croient qu´ils sont tenus d´étouffer ou de soumettre les autres à leur étroite liberté. Y prétendre ou même s´y adonner, témoigne de la bassesse existentielle la plus bornée. Car l´être humain, quel qu´il soit, et d´où qu´il soit, est un précieux maillon de culture et de sensibilité dont la réalisation et la jouissance sensible de sa finalité réelle est légitime et irrécusable.
Et toute grandeur humaine, toute évocation ou identification à une quelconque civilisation, à l´éthique ou à la morale humaine, ne se justifient que dans le contenu de valeurs respectant autant notre propre réalisation, que celle des autres. Avec le soin que nul n´entrave ou n´abuse des droits légitimes et de la liberté des autres.
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu