Sarkozisme, oui ; mais contrôlé par un jeu de rouages démocratiques. Tel a été le résultat définitif du 2ième tour des législatives françaises de 2007 qui n´ont pas confirmé l´absolutisme du 1ier tour. Résultats définitifs sur http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_votre_service/resultats-elections/LG2007/FE.html 

Une confortable majorité, mais, Dieu merci, loin du dangereux 2/3 absolutiste.

« La confiance, c´est bien, mais le contrôle, c´est mieux » Lénine.

On jubile, dans le camp de l´UMP, de la majorité présidentielle. Il y a de quoi : les élections ont été largement gagnée…si ce n´est ce petit vœu inavoué des sarkozistes de gouverner avec une majorité absolutiste permettant d´imposer à la société française le visage de leur choix. Ouf, pourrait-on dire, pour la démocratie française : l´irréparable a été évité ! Parce qu´avec une majorité des 2/3, les partis du gouvernement auraient eu la partie belle : ils auraient pu faire avaliser des lois changeant complètement les structures politiques françaises sans que personne ne puisse s´y opposer.

La démocratie française, une démocratie vigilante ou tout cela n´a été qu´un simple coup de hasard électoral ? Qui le sait, toutefois, la débâcle des socialistes tant souhaitée par la droite n´a pas eu lieu, bien au contraire ; les socialistes ont gagne du terrain avec 14 mandats. Les élections, qu´on le veuille ou non, sont toujours des actes de choix conscients…ce qui rend intéressant, en tout cas, les débats prochains de l´assemblée nationale…face aux intentions d´un sarkozisme qui, au départ, et surtout loors du débat télévisé face à une Ségolène Royale plus franche et objective, se cachait de son urgent réformisme (Tout en souhaitant, naturellement qu´une majorité des 2/3 leur donnerait pleins pouvoirs). Mais comme on voit, les français ne sont pas seulement conscients que les choses doivent changer, mais ils sont aussi conscient qu´elles ne doivent pas radicalement changer ; car on risquerait de se retrouver dans une république sarkozienne françaises, au lieu d´en découdre avec un courant sarkozien.

A tout point de vue, ce sont les français qui ont gagné, dans cette élection, parce qu´ils garderont, à travers une opposition forte, un contrôle nécessaire de la politique du pouvoir. Cela est appréciable surtout parce que Sarkozy a promis une large réforme d´imposition. Or, s´il faut alléger les impôts des entrepreneurs (afin qu´ils engagent, si ce n´est pas une utopie en société de saturation ; car, en définitive, comme en Allemagne, par exemple, ces nouveaux cadeaux ne pourraient servir qu´à une plus profonde mécanisation de la production (Et donc plus de chômeurs), tandis que les entrepreneurs emploieraient cette nouvelle manne pour ouvrir à l´étranger de nouveaux sites de production plus profitables en pays de moindre coûts de production. Et pendant que les produits de ces nouveaux investissements en Chine, au Vietnam, en Inde, en Europe de l´Est viendraient renvoyer au chômage les employés et ouvriers en France en réduisant leur marge de vente (et donc de profit), les patrons, eux, faussement innocents s´enrichiraient outre mer en suicidant ceux qui leur avaient permis d´engranger le capital initial ! Le capital, lui, pouvait se prostituer et s´exercer contre nature, mais l´ouvrier, lui, était tenu par des lois et des devoirs d´appartenance inconditionnelle à servir son patron. Ce dilemme, ou cette escroquerie doit un jour prendre fin, car personne ne se suicide volontairement. Il faut bien qu´on se le dise, plutôt que de croire que les gens étaient idiots.

Ségolène Royal a perdu, et à ce qu´il semble, elle a perdu aussi son conjoint Lalonde. Lost in action, pourrait-on dire ; mais cette femme est assez forte et intelligente pour prendre les choses telles qu´elles sont. Après tout, le flatteur résultat des législatives donne à cette grande dame de la politique française des raisons de croire que la reprise du pouvoir par les socialistes n´est pas une utopie ; il faut seulement y travailler. Et cela veut dire, qu´on le veuille ou non, que les socialistes doivent cesser de rêver ou de proposer à leurs électeurs des pralines dont ils ne savaient pas par qui, comment et dans quel contexte social ils seraient produits. Cela a toujours été le défaut socialiste : une distribution de prix et de cadeaux sociaux qui, au lieu d´encenser et de soutenir la créativité individuelle et collective, se donnait plutôt des prétentions réparatrices ou faussement dogmatistes d´une justice sociale qui n´était que momentanée, à court terme. Or autant l´économie que le contexte socioculturel mondial qui nous entourent tous a changé : les économies extraverties abusent de leurs excédents tout en empêchant les économie sous développées à s´épanouir. Changer les choses, c´est aussi changer de philosophie existentielle, sociale. Vouloir faire du cosmétisme idéologique en appliquant aux sociétés des solutions sans lendemain, c´est perdre lentement mais sûrement sa crédibilité politique. Mais diable, si nous sommes tous capitalistes, pourquoi les uns devaient subir le capitalisme pendant que les autres s en délectaient ? Cette question n´est-elle pas assez exhaustive ?

Sarkozy arrivera-t-il à changer réellement la France, comme il en a l´intention ? Moderniser, rationaliser et diversifier…ce que cela veut dire. Ou, à court d´imagination, il ferait comme les allemands (pour ne pas changer) qui eux ont appliqué les solutions néolibérales américaines dans l´industrie et sur le marché de l´emploi…avec plus d´enthousiasme que de résultats. Et depuis, on « travaillait » fiévreusement les statistiques. Encore heureux que la hausse de la taxe sur la valeur ajoutée de 3 points en janvier 2007 (de 16 à 19%) renflouent généreusement les recettes de l´Etat ! eh, oui ; à la fin, on pourrait dire que la meilleure définition de la démocratie signifiait : c´est quand le peuple paie toutes les factures rubis sur ongle. Surtout ceux que des politiciens incapables, corrompus ou trompeurs ont occasionnés en dette publique, en dépenses irréfléchies, en pensions faramineuses.

Qui sait si Sarkozy, et ceux qui l´entourent seront à la hauteur de leur tâche qui est, disons-le bien, bien lourde. En tout cas, à mon grand soupir de soulagement, Alain Juppé et ses jupettes ne seront pas de la partie, Dieu merci. Même à Bordeaux on n´est ni aveugle, ni idiot. Et ainsi, Sarkozy peut corriger sa première erreur : celle de remettre en fonction publique, lui qui parlait de sa conscience de la perte de valeurs que subissait la France (le monde entier, avouons-le), un escroc de notoriété publique. Curieux début, hein…Encore heureux que les bordelais, eux n´ont pas la mémoire courte. Et personne n´a été aveugle sur les escroqueries d´un Chirac qui, avant de quitter le pouvoir, s´empressa de nommer un procureur général de ses amis…pour ne pas avoir à comparaître ou être entendu ou cité dans de dangereux procès futurs. La politique française, décidément…elle avait son sel. Quand on avait une telle conscience comme celle de Jacques Chirac, et qu´on avait le toupet de dire aux africains : « Les africains ne sont pas encore mûrs pour la démocratie » tout en leur infligeant une francafrique des plus scandaleuses…Eh bien, il y a vraiment de quoi dire : cette fausseté !

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

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