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Forum Réalisance

Cet espace va à la recherche de l´existentialisme de l´homme noir pour lui permettre de mieux se déterminer face à l´histoire et face à la réalisation de sa liberté.

26 juin 2007

Les africains étaient-ils capables de changer leur destin eux-mêmes ?

En réponse à mon ami Letroll

Choses simples, choses vraies et logiques.

Ami Letroll, lorsqu´on ment et on pervertit la logique politique depuis si longtemps comme l´a fait l´empire occidental envers l´Afrique ; on a bien difficile, comme on le voit aujourd´hui, à changer de systématique existentielle. On joue plutôt à la cosmétique, au révisionnisme vide et sournois parce que sous des prétentions d´humanisme, de civilisation, d´aide ou de progrès ; on ne fait avaler à ses victimes d´hier que des illusions sous lesquelles les mêmes intérêts, la même logique impérative de domination et de vulgaire exploitation s´exerçaient et se perpétuaient sans vergogne. Et autant dire, que rien ne changeait, au fait, car tout était trompeuses apparences et douloureuses affabulations. N´es-tu pas surpris qu´après 46 ans d´aide et de soutien économique occidentale, l´Afrique noire ne fait aucun pas réel vers son indépendance économique et financière ? Si tu vas derrière l´aide, derrière la corruption des élites en Afrique, derrières les putschs et les amitiés politiques (douteuses et ambiguës) afro occidentales, tu en seras, comme tout homme de bonne foi, à la fois scandalisé que choqué ! Car, selon une logique bien orchestrée derrières les intérêts de grosses multinationales d´armes, de matières premières, de sociétés commerciales et financières soutenues et encouragées par les politiciens de leurs états respectifs, ces gens pillaient et escroquaient l´Afrique avec une nonchalance et un mépris des plus bienveillant à l´endroit de l´avenir du développement de cette partie de la terre. A croire que le même mépris bas, dégoûtant et primitif qui avait couvert toute l´époque de l´esclavage et celle de la colonisation, malgré l´évolution des mœurs culturels, éthiques et moraux de la civilisation contemporaine humaine, CES CRIMES ET CONTRADITIONS DÉSHUMANISANTES ET PAUPÉRISANTES PERSISTAIENT, COMME UN CODEX APPLIQUÉ HISTORIQUEMENT À LA RACE NOIRE PAR LA RACE BLANCHE ! Et quoi, quand l´occident accepterait-elle que les africains subsaharien avaient eux aussi droit à la liberté, à entretenir leur culture et leur réalisation si on faisait tout pour les appauvrir et torpiller leurs droits et leurs efforts ?

Avant de répondre à ta question qui est absolument pertinente, je me permets, pour illustrer ce que j´ai dit, de mettre en lueur cette flagrante contradiction parmi tant d´autres : si l´Afrique devait engloutir les produits de la surproduction occidentale envahissante et rapace ; n´est-il pas logique africains développent et épanouissent LEURS POUVOIRS D´ACHATS ? Mais alors pourquoi veillait-on sournoisement à ce que ce continent reste pauvre ? Pourquoi n´y investissait-on pas comme en Chine, en Europe de l´Est, au Vietnam…etc ? Pourquoi assassinait-on ses élites éclairées et populaires pour les substituer par des fantoches aliénés et voués au pillage des leurs et à la domination économique, financière occidentales ? Apparemment, et selon toute vraisemblance, le monde occidental croit encore se trouver en Afrique noire dans son poulailler, pas devant des êtres de chair et de sang ayant des droits humains légitimes, des cultures, des femmes et des enfants à aimer et chérir, parce ce que ce sont leurs enjeux et projections existentielles. Aujourd´hui encore, à Paris, à Washington, à Berlin ou à Londres on pense encore que lorsqu´un nègre se regardait dans son miroir existentiel, il ne devait pas retrouver son visage, mais celui des occidentaux ! Incroyable, n´est-ce pas cette conception bornée et primitive de la liberté et de la réalisation humaine !

Maintenant comme tu le dis si bien, qu´est-ce qui empêche les africains à changer les choses, à choisir des élites qui leur soient fidèles et s´attèlent à la réalisation du bien être et l´éclosion culturelle de leurs rêves sur ce continent trompé et avili depuis des siècles ? Oui, pourquoi aux deux Congo de Sassou Nguesso à Brazzaville, Kabila à Kinshasa, au Burkina Faso (Blaise Campaore), et même au Nigeria du brutal et douteux Umaru Yar'Adua, au Soudan, au Gabon, en Angola …etc, chaque fois qu´il y avait vote, ce sont des potentats pro occidentaux ou s´exerçant comme tels qui étaient élus ? Ces élections, que ce soit dernièrement au Congo Kinshasa qu´au Nigeria, n´ont rien de démocratique et objectifs comme on les pratique dans l´occident métropolitain. Ce ne sont pas seulement les africains qui ont hérité de la tricherie et de la sournoiserie de leurs anciens maîtres coloniaux, mais les maîtres eux-mêmes qui, pour protéger la pérennité de leurs poules aux œufs d´or, y mettaient plus que la simple sympathie très « démocratique ».

En vérité, ces faux dictateurs et usurpateurs politiques s´étaient mués en une caste bien organisée et défendue du privilège se servir l´occident au pouvoir par procuration en Afrique. Il s´agissait aussi de sommes folles qui venaient, en métropole, enrichir un cercle bien averti d´occidentaux, tandis que les banques occidentales accueillaient et protégeaient d´énormes fortunes africaines illégalement acquises, et qui, en place de servir leur milieu naturel, allait se mettre au service des marchés financiers occidentaux ployant sur leurs richesses !

Nous sommes cependant arrivés au point où rien ne va plus : car comme en occident industriel surproduisant du 19ième siècle, il faut non seulement donner un salaire équitable aux potentiels acheteurs afin que l´économie marche ; il faut aussi gagner leur confiance en leur offrant une assurance sociale, des perspectives améliorant leur niveau de vie. Pour l´Afrique, cela se traduisait à produire ( et diversifier la production) et à élever le niveau des revenus et des infrastructures sociales. Or, tous ces potentats pro occidentaux ont été tolérés ou protégés par l´occident parce qu´ils ruinaient leurs peuples et les abrutissaient en détournant leurs matières premières et leurs accumulations. Comment changer de politique aujourd´hui ? L´occident qui a compris que le courant économique, sa crédibilité politique et culturelle et l´avenir proche de sa survie économique internationale, á la longue, ne résidaient plus comme par le passé dans la barbare et la primitive exploitation de jadis envers tout un continent, mais bien dans le développement soutenu des africains, noirs ou pas ; cet occident veut bien changer les choses, mais elle se trouve devant ses propres créatures (les siennes et ceux des africains aliénés) du mal devenus puissants et peu faciles à déloger ! Le uns s´accrochaient à la gourmandise du passé, les autres ne savaient plus ce que c´est que l´intérêt social supérieur. 

D´un autre côté, ce système de rapacité et d´exploitation occidental orchestré et couvert de miel envers l´Afrique noire n´a pas produit de vrais intellectuels indépendants et intègres ou d´intelligences comprenant exactement ce qui se passe pour être capable de saisir les opportunités, les exigences du changement et les gérer adéquatement et efficacement dans un intérêt positif pour tous. Après tout, les vrais intellectuels n´avaient-ils pas été joyeusement assassinés par l´occident ? Soit pour survivre et garder le respect d´eux-mêmes, les vrais intellectuels s´étaient exilés, soit, et ce devant l´écrasement séculaire qu´entretient l´empire occidental et ses contradiction avilissantes, ils avaient cessé de croire ou de lutter…ou ils étaient devenus des parvenus plus opportunistes qu´idéalistes. Et ces derniers étaient des plus dangereux, parce que par secret mépris de leur propre traîtrise, ils traquaient et éliminaient tous ceux qui protestaient ou contestaient cette hargneuse logique destructive et pour le moins suicidaire des légitimes intérêts socioculturels africains. Ces sbires de l´hégémonie occidentale primitive se faisaient remercier par de discrets paiements invisibles en occident, par des voyages, par des voitures, des postes inutiles, improductifs et cependant royalement rémunérés…etc. Ils mettaient donc un empressement enjoué dans la protection du marasme en Afrique…

Changer, oui, sûrement ; mais sans changer de logique (interne et externe) et résoudre les contradictions infamantes qui entravent le développement et l´organisation de la production en Afrique, c´est faire du faux et tourner en rond. Or, l´heure n´est plus ni à l´inefficacité, ni à la dépense gratuite et inconsciente des moyens urgents des pauvres africains. Et l´une des contradictions les plus évidentes est : sans produire, sans s´organiser à éclore rationnellement et efficacement les capacités individuelles et sociales des cultures africaines, à les défendre et les orienter vers des buts réflectifs ; croire que seuls l´aide et la générosité occidentale viendra développer l´Afrique…c´est la plus cruelle et plus infantile illusion qui soit. Parce qu´on ne peut mieux se suicider historiquement. Une culture est faite de la créativité, de la rationalité, des cris, des espoirs, des ambitions et des attentes de ses propres enfants ; croire qu´on peut l´acheter ou la recevoir en cadeaux ou en opportunités, c´est mourir culturellement de la mort la plus atroce. Et celui qui cautionne ou avalise de telles inepties est des plus animal. Or, nous sommes des êtres humains, n´est-ce pas ; il faut bien qu´on le comprenne. Le développement de l´Afrique, la fin de ses marasmes et de ses manquements ne sont pas seulement importants pour l´Afrique noire et ses habitants, mais aussi pour l´avenir commercial et industriel de l´occident. En ce qui me concerne, ami Letroll, si certains se prélassent ou se complaisent dans les images cruelles et inhumaines de la misère et du désarroi des femmes et des enfants africains, moi, j´en ai toujours souffert. Et je suis d´avis comme toi que dans notre monde d´aujourd´hui, une telle perdition n´est souhaitable pour personne ; même pas à mon pire ennemi. Voilà, j´espère avoir répondu à ta ou tes questions. Hélas, j´ai peur d´avoir été, comme dans mes habitudes, un peu long. Mais je suis certain que tu me le pardonneras. Question d´amour. Et peut-être simplement d´une humanité dont je me reconnais dans sa pensée et ses valeurs hautes, les plus respectives de tout un chacun. Très sincèrement, 

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com

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21 juin 2007

Ces contradictions primitives et destructrices !

Utilisées depuis des siècles ou des décennies, ces valeurs devenues désuètes se perpétuaient inlassablement à travers le temps, la pensée et les agissements humains. S´en débarrasser aujourd´hui devient un véritable tour de force...

Et pourtant, nous devons nous en débarrasser pour grandir !

« La liberté sans amour de soi, sans culture propre, sans le sel émancipant de la sueur du travail bien fait et sans le sourire d´une tendre et douce femme qui vous aime, n´est qu´un méchant et honteux piège à rats. » MK

Avant propos.

Joubert disait que « l´existence précède l´essence », et ce n´est vrai qu´en partie, parce que la mémoire de la conscience sociale autant que la morale de l´éthique et de la convivialité humaine, en appelait à abandonner les faux préceptes et les complexes du passé. Au nom de quoi ? Au nom de la liberté et de l´humanisme qu´au fil des temps nous avons acquis grâce à une meilleure ouverture d´esprit dû autant à la connaissance qu´à la justice et au droit qui grandissait ou mûrissait en nous. Culture, civilisation, peut-on appeler ce phénomène sociohistorique. Cependant que, de la nuit des temps reculée, par un curieux biais conservateur ; ce qu´on appelle traditionalisme ou respect des traditions, poussait les gens, les sociétés à s´accrocher à des valeurs dépassées. Et cela était d´autant vrai que ces valeurs aujourd´hui désuètes ou contredites par l´évolution de la pensée et des mœurs sociaux avaient prodigué à leurs maîtres, et cela une longue époque durant, quelques résultats appréciés ou utiles. Ces refuges ou repères de valeurs sociales on en se débarrassait bien difficilement, beaucoup trop lentement parce qu´instinctivement on avait pris l´habitude de s´y abandonner. Changer, ce n´est pas seulement renier une norme de valeurs ; c´est aussi accepter de s´en donner une autre qui convenait mieux ou satisfaisait mieux à l´exercice et à la jouissance de nos libertés, de notre existence. Tout semble facile, quand on le décrit ainsi. Et pourtant, la réalité est tout autre : malgré science, culture, éducation et même évolution de la pensée et de l´organisation des sociétés, ce changement ne se fait ni unanimement, ni simultanément. Ni dans les individus, ni dans les sociétés, encore moins dans le tissu des rapports sociaux qui eux conservent longtemps les réflexes appris ou pratiqués antérieurement.

De l´acte primitif instinctif à l´acte civilisé, conscient et raisonné.

Nous venons, en tant que race humaine, tous de loin : de ces temps rauques et brutaux qui, plus avoisinant de l´animalité que de notre statut social et individuel moderne d´aujourd´hui. Et notre évolution sociale, culturelle, individuelle n´est pas à sa fin, espérons-le, parce que les disparités et les différences qu´on peut observer dans diverses sociétés, et même dans de nombreux comportement individuels (et de rapports sociaux) sont encore à déplorer. Et si ce n´était tout, de nouveaux acteurs institutionnels sociaux, internationaux ou géopolitiques convoyaient des intérêts et des valeurs tendant à conserver et à perdurer les acquis de leurs abus passés…et à en perpétrer d´autres ne tenant compte ni des droits des autres, ni de leurs liberté, encore moins d´une pensée éthique d´équité.

L´esclavage, le colonialisme barbare, ainsi que les inquisitions criminelles ou les guerres rapaces et abusives nous ont donné, dans le passé, bien d´exemples illustrant ces attitudes primitives que nous combattons répugnons aujourd´hui. Et cependant, soyons francs, les choses ne sont pas vues de la même manière sur toute la terre : l´invasion de l´Irak par les américains, par exemple en est la preuve. Et ce n´est pas du tout un peuple analphabète ou retardé, loin de là. Dans le monde islamique conservateur ou fondamentaliste comme en Afghanistan, par exemple, la place ou la valeur d´une femme était encore des plus liée à celle que la religion et l´homme lui accordait, et c´est souvent dire celle d´un vil objet qu´on pouvait brûler ou tuer à loisir. Les chiffres de femmes brûlées ou assassinées par leurs époux dans ce pays le montre. Mais n´avons-nous pas oublié qu´en Chine d´hier et en Inde on tuait les filles dès leur naissance parce qu´elles n´étaient pas productives ? Par ailleurs, on craignait toujours le coût de la dot qu´on devait se défaire lors de son mariage.

En Afrique gangrenée par l´ignorance, l´analphabétisme, les traditions désuètes et le retard industriel, ne voyait-on pas des mères conduire leurs filles à l´excision ? Cette tradition criminelle islamique introduite en Afrique noire, pour peu qu´elle servit les hommes à asservir les femmes, n´a pas moins survécu les temps et le jugement social que parce que les mères jouèrent le jeu de ne pas la combattre. Par respect des traditions ! Aujourd´hui que beaucoup de femmes rejettent cette ignoble mutilation, cette tradition criminelle et injuste disparaissait à grands pas. Il est vrai que l´occident, l´ONU et les gouvernements africains concernés y étaient pour beaucoup.

Les racines de la volonté de changement

On le voit : souvent les traditions désuètes ou rétrogrades sont plus tenaces que le bon sens ou la raison. La violence ou le violentement, comme principes ou moyens sociaux d´exercice existentiel qui gèrent l´individu et sa société (l´un n´étant, la plupart des cas que le miroir de l´autre) ne peuvent être rompus que par l´accession à une pensée supérieure imposant le droit, la liberté et la justice comme fondement de l´existence autant individuelle que collective. En fait, tout peut changer au mieux au moment où on reconnaît que : tout en se baignant dans le bassin social inévitablement ambiant, on a le droit d´en sortir pour être au sec. Croire qu´on est sec tout en restant dans l´eau, est de la pure illusion. Il faut commettre les efforts éthiques, moraux, intellectuels permettant le changement des choses. Ce n´est ni en criant « au voleur ! » ou en faisant du voyeurisme de la pauvreté ou de la prostitution, du sensationnalisme ou de la comptabilité ouverte des iniquités qu´on change les choses, bien au contraire ; on doit avoir le courage non seulement de dénoncer les maux et les injustices, mais aussi de les combattre. Et là commence le grand problème du caractère humain : se battre et risquer de s´opposer à la famille, à la société, à des acteurs sociaux plus puissants ou influents n´est pas donné à tout le monde. Pire : puisqu´il ne s´agit pas seulement de se révolter ouvertement mais de défendre dialectiquement et valablement ses droits lésés, il faut aussi être capable, au besoin, d´en supporter les conséquences…

Tout le monde n´est pas né martyr comme Patrice Lumumba, Simon Kimbangu, Ruben Um Niobé, Steve Bantou Biko, Malcolm X ou Martin Luther King. Or, la liberté est un fait, une vocation active ; il faut la produire et la défendre. Elle ne tombe pas du ciel. Beaucoup l´oublient par trop souvent, ou attendent sournoisement que des martyrs volontaires viennent les libérer en mourant pour des gens qui, à bien y regarder, n´étaient rien d´autre que de vils peureux !

Voilà en fait pourquoi les peureux, les corrompus aux morales basses et douteuses, les incapables et les illuminés partageaient toujours le lit de l´injustice et celui des abus sociaux qu´ils présentaient tous comme étant le sens normal des choses. Et tous les faibles, les malades, les enfants et les femmes ; tous étaient enfermés dans un piège plein de puces et d´exactions. Pour avoir recommandé aux croyants l´excision des filles, Mohammed, en prophète incontesté de l´Islam se garda bien de prêter ses propres filles à cet ignoble et criminelle pratique ! Buvez l´eau, moi je prends le vin, pourrait-on dire dans cette situation. Et de par le monde, cet exemple était suivi à la lettre : ceux qui le pouvaient de par leur richesse, leurs privilèges sociaux ou le pouvoir qu´ils exerçaient dans la vie civile, se gardaient énergiquement de subir la loi commune infamante. Et tant que personne ne levait la main ou s´opposait à cet état des choses, rien ne changeai car il y avait toujours des privilégiés et des gens faussement satisfaits.

Ceci me conduit à mon thème favori : le face à face occident - Afrique. Et celui-ci est tout aussi emprunt de cette phénoménologie de l´exploitation et du violentement qui détruisaient et étouffaient l´Afrique noire accablée tandis que l´occident n´arrivait pas ou ne voulait pas lâcher ses victimes séculaires. D´un côté comme de l´autre il y avait traîtrise et bonne foi, cependant que la logique implacable de l´impérialisme hégémonique occidental, lui, ne voulait lâcher la main. Pire : cet occident mettait tout en œuvre pour déjouer et retarder toutes les entreprises et les intentions motivées menant à la liberté et à l´indépendance réelle de ce continent. Et pour tromper l´esprit des temps contemporains et le droit que les africains avaient à jouir et entretenir leur réalisation qui était, somme toute le support évident de leur liberté ; que ce soit par la francafrique, par l´aide truquée et plutôt malfaisante qu´utile, par la corruption des élites africaines, par l´imposition, à l´aide de la Banque Mondiale et du FMI à obliger les pauvres à ouvrir leurs barrières douanières afin d´y voir déverser à des prix de dumping les excédents hautement subventionnés des pays industrialisés…qui abattaient l´agriculture africaine à la massue !

Afrique, Afrique…terre de nos ancêtres.

Des femmes et des enfants mouraient de faim et d´apathie, des sociétés entières étaient privées de moyens et de pouvoirs de s´épanouir par un pillage éhonté et scandaleux de leurs richesses et de leurs accumulations que leurs élites politiques, mises en demeure d´accepter cet état des choses au risque d´être ou renversé ou privé d´aide au développement, consentaient malgré eux, et peut-être en désespoir de cause, à laisser faire. Il suffisait en effet de rappeler le sort de Patrice Lumumba assassiné 6 mois après avoir été élu librement par son peuple, celui Simon Kimbangu emprisonné pendant 30 ans illégalement…et de bien d´autres victimes de la liberté africaine pour que les plus téméraires des africains redeviennent conciliant et affables. Le temps apporterait-il à ce cruel et inhumain antagonisme occident – Afrique des fruits réparateurs ? Comment ; à qui donc pouvons-nous nous fier ? Pour récolter, il faut bien avoir semé auparavant ! Et si l´occident se gardait jalousement d´autoriser les africains à exporter sur leurs territoires…comment diable s´épanouirait ce continent ; comment diable arriverait-il à accumuler si ses maigres accumulations prenaient régulièrement le chemin des banques occidentales ?

On peut dire ce qu´on veut, mais le mal est immense et grandement malséant. On le voit, par exemple, à la différence entre le prix du prix du café moulu et celui du café brut en provenance d´Afrique, car le café « travaillé » est frappé de taxes douanières répressives afin de pénaliser l´exportation du travail africain ! Un découragement clair et volontaire. Faut-il croire vraiment qu´un jour ceux qui se paraient des diamants, de l´or appartenant aux nôtres, à nos femmes et nos enfants ; ceux qui consommaient avec une vitesse rapace et irresponsable nos matières premières tout en ne nous offrant, depuis des siècles, à nous et aux nôtres que le bas de leur pavé,… que ces gens deviendraient un dimanche sages et respectueux de nos libertés et de notre avenir ? Quand, quelqu´un le sait-il ? En ce qui me concerne, et chaque fois que je vois les enfants mourir en Afrique, je n´y crois pas un seul instant. Et tous ces soi disant intellectuels africains en exil qui, par leur silence ou leur indifférence, s´associaient à cet immense et cruelle injustice, je leur dit : comment arriverez-vous un jour à vous faire aimer des vôtres, à vous faire respecter si vous les abandonnez, si vous les laissiez mourir et souffrir sans mot ? Ou être noir et africain voulait dire qu´on se désolidarisait des siens aussitôt qu´on était à l´étranger ? Certes, on voit même des blancs qui se battent pour les africains mieux que africains eux-mêmes, mais ces larmes…cette faim morbide et sourde…ces rêves douloureux parce qu´irréalisables…si vous ne savez pas voir ce qui se passe dans les yeux des vôtres…croyez-vous que vous sachiez ce que c´est que l´amour ? Ce sont les nôtres…notre sang et nos larmes qu´ils versent esseulés et désespérés tous les jours. Ah, frère… !

Musengeshi Katata

Muntu wa bantu, Bantu wa Muntu

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19 juin 2007

La France a rejeté à l´unanimité un absolutisme sarkozien

Sarkozisme, oui ; mais contrôlé par un jeu de rouages démocratiques. Tel a été le résultat définitif du 2ième tour des législatives françaises de 2007 qui n´ont pas confirmé l´absolutisme du 1ier tour. Résultats définitifs sur http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_votre_service/resultats-elections/LG2007/FE.html 

Une confortable majorité, mais, Dieu merci, loin du dangereux 2/3 absolutiste.

« La confiance, c´est bien, mais le contrôle, c´est mieux » Lénine.

On jubile, dans le camp de l´UMP, de la majorité présidentielle. Il y a de quoi : les élections ont été largement gagnée…si ce n´est ce petit vœu inavoué des sarkozistes de gouverner avec une majorité absolutiste permettant d´imposer à la société française le visage de leur choix. Ouf, pourrait-on dire, pour la démocratie française : l´irréparable a été évité ! Parce qu´avec une majorité des 2/3, les partis du gouvernement auraient eu la partie belle : ils auraient pu faire avaliser des lois changeant complètement les structures politiques françaises sans que personne ne puisse s´y opposer.

La démocratie française, une démocratie vigilante ou tout cela n´a été qu´un simple coup de hasard électoral ? Qui le sait, toutefois, la débâcle des socialistes tant souhaitée par la droite n´a pas eu lieu, bien au contraire ; les socialistes ont gagne du terrain avec 14 mandats. Les élections, qu´on le veuille ou non, sont toujours des actes de choix conscients…ce qui rend intéressant, en tout cas, les débats prochains de l´assemblée nationale…face aux intentions d´un sarkozisme qui, au départ, et surtout loors du débat télévisé face à une Ségolène Royale plus franche et objective, se cachait de son urgent réformisme (Tout en souhaitant, naturellement qu´une majorité des 2/3 leur donnerait pleins pouvoirs). Mais comme on voit, les français ne sont pas seulement conscients que les choses doivent changer, mais ils sont aussi conscient qu´elles ne doivent pas radicalement changer ; car on risquerait de se retrouver dans une république sarkozienne françaises, au lieu d´en découdre avec un courant sarkozien.

A tout point de vue, ce sont les français qui ont gagné, dans cette élection, parce qu´ils garderont, à travers une opposition forte, un contrôle nécessaire de la politique du pouvoir. Cela est appréciable surtout parce que Sarkozy a promis une large réforme d´imposition. Or, s´il faut alléger les impôts des entrepreneurs (afin qu´ils engagent, si ce n´est pas une utopie en société de saturation ; car, en définitive, comme en Allemagne, par exemple, ces nouveaux cadeaux ne pourraient servir qu´à une plus profonde mécanisation de la production (Et donc plus de chômeurs), tandis que les entrepreneurs emploieraient cette nouvelle manne pour ouvrir à l´étranger de nouveaux sites de production plus profitables en pays de moindre coûts de production. Et pendant que les produits de ces nouveaux investissements en Chine, au Vietnam, en Inde, en Europe de l´Est viendraient renvoyer au chômage les employés et ouvriers en France en réduisant leur marge de vente (et donc de profit), les patrons, eux, faussement innocents s´enrichiraient outre mer en suicidant ceux qui leur avaient permis d´engranger le capital initial ! Le capital, lui, pouvait se prostituer et s´exercer contre nature, mais l´ouvrier, lui, était tenu par des lois et des devoirs d´appartenance inconditionnelle à servir son patron. Ce dilemme, ou cette escroquerie doit un jour prendre fin, car personne ne se suicide volontairement. Il faut bien qu´on se le dise, plutôt que de croire que les gens étaient idiots.

Ségolène Royal a perdu, et à ce qu´il semble, elle a perdu aussi son conjoint Lalonde. Lost in action, pourrait-on dire ; mais cette femme est assez forte et intelligente pour prendre les choses telles qu´elles sont. Après tout, le flatteur résultat des législatives donne à cette grande dame de la politique française des raisons de croire que la reprise du pouvoir par les socialistes n´est pas une utopie ; il faut seulement y travailler. Et cela veut dire, qu´on le veuille ou non, que les socialistes doivent cesser de rêver ou de proposer à leurs électeurs des pralines dont ils ne savaient pas par qui, comment et dans quel contexte social ils seraient produits. Cela a toujours été le défaut socialiste : une distribution de prix et de cadeaux sociaux qui, au lieu d´encenser et de soutenir la créativité individuelle et collective, se donnait plutôt des prétentions réparatrices ou faussement dogmatistes d´une justice sociale qui n´était que momentanée, à court terme. Or autant l´économie que le contexte socioculturel mondial qui nous entourent tous a changé : les économies extraverties abusent de leurs excédents tout en empêchant les économie sous développées à s´épanouir. Changer les choses, c´est aussi changer de philosophie existentielle, sociale. Vouloir faire du cosmétisme idéologique en appliquant aux sociétés des solutions sans lendemain, c´est perdre lentement mais sûrement sa crédibilité politique. Mais diable, si nous sommes tous capitalistes, pourquoi les uns devaient subir le capitalisme pendant que les autres s en délectaient ? Cette question n´est-elle pas assez exhaustive ?

Sarkozy arrivera-t-il à changer réellement la France, comme il en a l´intention ? Moderniser, rationaliser et diversifier…ce que cela veut dire. Ou, à court d´imagination, il ferait comme les allemands (pour ne pas changer) qui eux ont appliqué les solutions néolibérales américaines dans l´industrie et sur le marché de l´emploi…avec plus d´enthousiasme que de résultats. Et depuis, on « travaillait » fiévreusement les statistiques. Encore heureux que la hausse de la taxe sur la valeur ajoutée de 3 points en janvier 2007 (de 16 à 19%) renflouent généreusement les recettes de l´Etat ! eh, oui ; à la fin, on pourrait dire que la meilleure définition de la démocratie signifiait : c´est quand le peuple paie toutes les factures rubis sur ongle. Surtout ceux que des politiciens incapables, corrompus ou trompeurs ont occasionnés en dette publique, en dépenses irréfléchies, en pensions faramineuses.

Qui sait si Sarkozy, et ceux qui l´entourent seront à la hauteur de leur tâche qui est, disons-le bien, bien lourde. En tout cas, à mon grand soupir de soulagement, Alain Juppé et ses jupettes ne seront pas de la partie, Dieu merci. Même à Bordeaux on n´est ni aveugle, ni idiot. Et ainsi, Sarkozy peut corriger sa première erreur : celle de remettre en fonction publique, lui qui parlait de sa conscience de la perte de valeurs que subissait la France (le monde entier, avouons-le), un escroc de notoriété publique. Curieux début, hein…Encore heureux que les bordelais, eux n´ont pas la mémoire courte. Et personne n´a été aveugle sur les escroqueries d´un Chirac qui, avant de quitter le pouvoir, s´empressa de nommer un procureur général de ses amis…pour ne pas avoir à comparaître ou être entendu ou cité dans de dangereux procès futurs. La politique française, décidément…elle avait son sel. Quand on avait une telle conscience comme celle de Jacques Chirac, et qu´on avait le toupet de dire aux africains : « Les africains ne sont pas encore mûrs pour la démocratie » tout en leur infligeant une francafrique des plus scandaleuses…Eh bien, il y a vraiment de quoi dire : cette fausseté !

Musengeshi Katata

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munkodinkonko@aol.com

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14 juin 2007

Ne pas prendre des vessies pour des lanternes !

Sur l´article d´Afrikara : Racisme autorisé ? «Dans ma circonscription il n’y a que des Noirs et des Arabes. L’idée de coucher avec eux me répugne», Sylvie Noachovitch, UMP.

Surtout ne pas s´échauffer pour des vétilles

Commentaire.

Je suis surpris que les africains donnent une telle résonance aux élucubrations d´une pauvre femme vraisemblablement frigide et souffrant d´un lourd complexe d´insatisfaction sexuelle. En juriste, cette femme doit savoir que ses avis personnels n´intéressent qu´elle-même. 33 % de français sont racistes, ne le savons-nous pas ?

Par ailleurs, la France est le pays le plus métissé de l´Europe ; n´est-ce pas la preuve que cette femme divaguait ? Les africains ne devraient pas se laisser instrumenter par de tels propos car ils viennent de gens que nous connaissons bien : les petits enfants d´esclavagistes et de criminels humains invétérés qui ont parsemé l´histoire de France de larmes et de saignées abondantes de millions d´africains, des indiens du pacifique, d´Amérique et du Canada, et même de 75.000 juifs francais qu´ils livrèrent sciemment aux fours crématoires allemands sous le gouvernement de Pétain. Ces gens, ils sont si vils et bas qu´ils entretenaient – et ce depuis 46 ans une francafrique honteuse et inhumaine envers l´Afrique. Maintenant qu´une d´elle vienne en prendre plein la bouche et exprimer son dégoût envers des relations sexuelles avec des noirs ou des arabes…cela ne m´étonne pas, autant que cela me laisse bien froids. La pauvre ; ne pense-t-elle à longueur de journée qu´à coucher avec des noirs ? Elle est bien malade, pour s´étaler ainsi…n´avons-nous pas entendu hier un congénère à cette pauvre qui attribuait à la bite des noirs tous les pêchers de la terre ? Et les africains s´échauffaient encore devant de telles débilités ? Cela me surprend vraiment ; de la part de ce genre d´individu, n´en avons-nous pas assez vécu ? Merci pour l´info, Pierre Prêche, mais nous avons vraiment plus urgent que d´entendre les élucubrations d´une vierge folle qui boit du café africain, mange du chocolat et consomme l´électricité produite avec l´uranium du Soudan…cette grande gueule gratuite, mes enfants ; c´est encore plus bête que la simple divagation de demeurée !

Musengeshi Katata.

Muntu wa bantu, Bantu wa Bantu.

www.realisance.afrikblog.com

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Sur le dernier livre d´Amélie Koh Bela

Mon combat contre la prostitution : un livre poignant, aux enquêtes et témoignages d´une incroyable crudité.

La pauvreté et ses visages les plus vils

En guise de lettre ouverte.

Très chère madame Amélie Koh Bela,

J´ai lu votre second ouvrage avec un intérêt particulier. Je vous avoue que ce que j´y ai découvert m´a profondément choqué ; aucun être humain ne peut rester impassible devant les témoignages de vos interviews et les résultats des témoignages qui abondent vos livres. Ceci me donne l´occasion de vous remercier pour votre travail qui est d´une qualité toute professionnelle.

La prostitution des africains en occident, comme vous l´avez remarqué, chère madame, est un phénomène qui a pris des proportions ahurissantes autant que cruelles, surtout pour les femmes avilies et les enfants cruellement abusés. Ce n´est cependant que le résultat de l´écroulement de la société indigène traditionnelle en Afrique face à la faiblesse et au manque d´intégration de la société officielle sous développée. Cette dernière, par son chancellement et sa précarité à concilier la société traditionnelle déchue à celle du progrès, manque cruellement à ses devoirs cependant qu´elle s´adjugeait pratiquement tous les moyens économiques et financiers d´entreprise, d´organisation et d´épanouissement social.

Frapper monnaie, dire le droit et l´imposer, donner à chacun sa chance et veiller au respect de l´ordre public dans lequel l´idéal social et culturel doit réaliser tout le monde au possible ; tout cela souffre en Afrique noire d´un inefficience choquante. Et les choses, pour peu qu´elles soient entreprises, vont en s´améliorant trop lentement. De l´autre côté du pont social, cependant, se trouvaient des millions de gens que l´instruction, le travail, l´intégration à l´idéal social nouveau – et ceci de par la pauvreté et le manque d´investissement dans l´avenir par les pouvoirs concernés – ne touchaient pas. Ces pauvres végétaient donc et s´abaissaient à des moyens de revenu du plus bas des instinct. Que peuvent-ils bien faire dans leur désarroi ?

Si au moins l´agriculture se développait comme dans tout état moderne, ils pourraient y trouver emploi. Et l´industrie commence toujours par la transformation de produits agricoles. Mais voilà : les excédents occidentaux de produits alimentaires lourdement subventionnés déversés sur les marchés africains à des prix de dumping (sucre, maïs, poulets congelés, riz, poissons surgelés, lait…etc) étouffaient les agriculteurs africains et les contraignaient à la pauvreté ! Quant à l´accumulation sociale ayant pour but de garantir les investissements sociaux de demain…ils étaient hélas dilapidés par une caste politique se réalisant dans l´importation de produits… étrangers !

Changer cet état des choses pour le moins criminel, c´est le rôle du pouvoir et de ses représentants africains élus. C´est pourquoi, au-delà de votre ouvrage, nous adressons un appel réitéré aux gouvernements africains concernés car ce sont eux qui sont légalement responsables de ces malheurs économiques dont l´incidence, comme vous le savez, est largement social.

Dans mon article http://realisance.afrikblog.com/archives/2006/02/09/1349014.html qui parlait de votre premier ouvrage, j´étais d´avis, comme aujourd´hui, qu´il n´est pas possible d´entretenir des valeurs morales ou éthiques en Afrique sans transformer le marasme africain actuel en un meilleur avenir de travail, d´espoir, et de réalisation individuelle. Cela touche autant l´enfant, la femme, que l´homme africain. Et je suis persuadé que vous comprendrez mon point de vue : connaître le problème dans toutes ses crudités et ses horreurs n´est que le premier pas pour se dire qu´il est temps de changer les choses.

Avec tous mes remerciements pour vos efforts et votre engagement, recevez, chère madame Amélie Koh Bela, mes meilleures salutations.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com

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13 juin 2007

Heiligendamm : le festival des faux compromis plus aveuglants qu´équitables ?

Protégé par une clôture de 12 km, un déploiement de police sans pareil, et dans un luxe cossu et rassurant, le dernier G8 tenu en Allemagne du 06 – 08 Juin 2007 a-t-il fait honneur à ses propres prétentions face aux africains ?

Un théâtre de faux ou une digue insurmontable ?

Remerciements sincères et attentionnés à tous ceux qui, venant de l´Inde, de la Chine, de l´Europe, de l´Afrique, ont tenu à protester à Heiligendamm (la digue sacrée) contre la paupérisation scandaleuse qu´entretient l´occident envers l´Afrique. L´Afrique ne l´oubliera pas. Au fait, bien compris, la liberté et le droit à la libre existence nous concerne et nous loge tous à la même enseigne respectueuse et solidaire des uns et des autres. Nous devons seulement accepter de rester humain.  Musengeshi Katata. 

A ce rendez-vous, tous vinrent : ceux qui se donnaient la prétention de gérer le monde, ceux qui contestaient cette légitimation et attiraient l´attention sur les déséquilibres économiques et écologiques dont les politiques des 7 pays occidentaux les plus riches occasionnaient. Et les autres : ceux qui rapportaient sans comprendre de quoi il s´agissait, ou des derniers, ceux qui avaient pour fonction de défendre ces trois jours du Condor qui coûtèrent, entre autre, la petite pécule de 100 millions €.

L´Allemagne qui recevait, attentionnée, y mit du sien : il ne manqua ni les barbelés, ni une clôture de 12 km séparant les manifestants des gouvernants, ni la violence policière qui fit plus de 1000 blessés dont 400 policiers, ni les appels, les concerts publics, les émissions télévisées et les interviews tentant bien que mal à débattre autant qu´à éclairer le contenu de cet évènement. Et ici j´avoue que j´ai été agréablement surpris par les interviews de Bob Geldof, de Jean Ziegler, de l´Attac, de Greenpeace, de Mohammed Yunus, de l´ancien ministre autrichien des finances : Karl-Heinz Grasser, ainsi que du vice président allemand du Club de Rome. Et je me suis posé la question : si tous connaissaient en détail le problème de la paupérisation de l´Afrique et de ses multiples facettes ; pourquoi diable les choses ne changeaient-elles pas ? Là était la question. Parce que pendant qu´on faisait des concerts, qu´on s´évertuait dans des discussions contradictoires à prouver combien on connaissait les problèmes ; en Afrique par contre, un temps précieux passait, les maux si savamment connus et décriés…étaient cependant, selon une curieuse logique prédatrice, entretenus !

Certains s´évertuaient, dans leur infantilisme pathétique à croire qu´il suffisait de faire une aide massive à l´Afrique. Mais qu´en est-il de lever les barrières douanières occidentales qui empêchaient les africains de vendre leurs produits en occident, et donc d´accumuler pour leur propre développement. Oui, qu´en est-il des excédents subventionnés étouffant et criminels vendus sur les marchés africains par dictat occidental instauré avec la complicité de la Banque Mondiale et du FMI ? Comment diable l´Afrique deviendrait-elle attractive pour les investissements étrangers si elle ne savait pas vendre à l´étranger ? Ceux qui ne pensaient qu´à donner des prêts ou des emprunts aux africains, sans ouvrir leurs marchés aux produits africains, ne cautionnaient, comme le dira Mohammed Yunus, que la corruption des élites. Il s´agissait plus de dévoyer, que d´aider réellement.

Et même si on aidait les universités, ou quelques secteur que ce soit de l´économie, à la fin, ce secteur se trouverait confronté avec les manquements et les insuffisances des autres secteurs qui lui feraient perdre son avancée. L´universitaire qui a terminé doit tout de même être embauché afin de mettre en pratique ce qu´il a appris ! Et si l´embauche alors défaut…n´est-ce pas avoir investi sur le sable infructueux ?

Et d´exemple en exemple, ceux qui ont compris l´économie ont compris que tant que les africains n´auront pas résolu leur problème imminent de manque de structure sociale ; tant qu´il se contenteront à rapiécer ou à boucher des trous de leurs architecture sociale brouillonne, ils vont patauger. A peine auraient-ils fait des progrès dans un secteur donné que de l´autre côté du tissu social un gouffre s´ouvrirait. Et ce n´était pas seulement pas les africains qui mettaient à mal leur propre architecture sociale, les occidentaux s´y exerçaient avec un zèle rapace et sournois. Il faudrait donc que des pouvoirs légitimés et fidèles aux intérêts africains, des pouvoirs capables d´exclure les effets négatifs du monothéisme occidental dominant, autant qu´ils devraient gagner la confiance de l´africain afin de l´orienter vers ses propres intérêts. Et ce n´est ni avec les actuels faux potentats mis au pouvoir au Congo (Kinshasa et Brazzaville), au Nigeria, au Mali, au Soudan, au Burkina Faso…par les intérêts néocolonialistes occidentaux, que la corruption serait combattue et un nouvel idéal saint et conséquent de l´ordre social s´établirait.

Car l´Afrique ne doit pas seulement pas répondre à un défi ouvert mental, intellectuel, technique et conceptuel, il doit aussi savoir en assumer la responsabilité et protéger son avenir et ses intérêts efficacement autant dans l´immédiat que dans les valeurs futures. Il est indécent que la Banque Mondiale ou le FMI aillent en Afrique pousser à fermer les écoles et les universités quant ceux-ci représentent, pour toute nation moderne, 80% de l´avenir !

Quiconque connaît l´Afrique sait que ce continent a un potentiel énorme, quasi incroyable. Mais à force de le négliger, d´attendre que les autres viennent y mettre la main, les africains se préjudicient eux-mêmes. Car l´étranger, lui, ne vient que pour imposer ses vues et ses intérêts. Il faudrait que ce dangereux complexe de passivité cesse. L´Afrique ne peut pas être vue uniquement du point de vue des matières premières, de l´or, des diamants, du cuivre…etc ; c est aussi un merveilleux continent qui abrite le lieu de vie d´hommes, de femmes, d´enfants d´une profonde joie de vivre et besoins à réaliser. L´escroquerie à la monnaie, l´empêchement à l´exportation de la plus value du travail, ainsi que la corruption de leurs institutions politiques qui leur sont imposées par l´occident en ce moment est du plus grand scandale qui soit.

Et ce n´est pas seulement au nom d´une vraie liberté, d´une vraie démocratie économique, culturelle, financière que ce honteux systématisme occidental prédateur envers l´Afrique doit prendre fin, mais au nom tout simplement du respect de la valeur humaine. Vouloir transformer l´Africain en éternel mendiant, l´empêcher de s´épanouir culturellement en l´assujettissant et lui déversant une monnaie de singe en place de lui reconnaître ses droits et ses libertés ; c´est de la pire des injures culturelles qu´on puisse faire à une race. 

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu.

munkodinkonko@aol.com   

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10 juin 2007

Un manant belge décharge sa bile sur les congolais

Injures, critiques et mépris ; pour arriver à quel but ? Que cache donc ce tapageur et non moins dédaigneux de l´intérêt pour le Congo Kinshasa et ses habitants ?

L´art bien belge de noyer son chien

« …Ce pelés, ce galeux d´où venait tout leur mal » La Fontaine : Les animaux malades de la peste.

Avant propos.

Lorsque j´ai reçu le texte en courrier, je n´en croyais pas mes yeux. Et au premier abord, il m´a autant révolté que révulsé ; je l´ai donc mis de côté en me disant : c´est le propre des temps actuels : n´importe quel manant belge peut mettre sa cravate du dimanche et venir en place publique injurier les congolais que les belges ont toujours considéré comme leur propriété, sinon leurs subalternes corvéable au possible. En quatre-vingt ans de colonisation, rien n´avait été épargné aux congolais par Léopold II : esclavage, pillage éhonté, « caoutchouc rouge », massacres en tous genres…Que pouvait-on donc attendre d´un belge concoctant visiblement les mêmes bassesses de caractère ?

Mais, après plusieurs heures de cogitation, je me suis dit qu´il ne sert à rien de laisser un tel vagabondage verbal sans réponse, parce qu´il risquait de prendre pied. Après tout, ce jugement, tout méprisant ou insultant qu´il soit, a été fait avec un but précis. Peut-être en y répondant on remettrait certaines choses à leur place. Voici le texte intégral que l´ai reçu. Appréciez. Mon commentaire suit, cela va de soit.

" Les Congolais ? "

Ce sont tous des fainéants, des incapables, des égoïstes, des vantards et des éternels mendiants. En Belgique et ailleurs en Europe Occidentale, ils sont toujours les premiers et les plus nombreux à s'inscrire aux services d'aide sociale ou au chômage. Certains y sont inscrits depuis leur arrivée: 5, 10 ou 15 ans.

Le régime politique a changé au Congo, mais ils sont encore là comme "réfugiés...politiques". Pendant que les autres travaillent, les congolais à l'étranger font des discours, ils chantent, ils dansent, ils boivent, ils se livrent à la débauche et enfantent partout des bâtards, ...Ils prient mais ne comprennent pas le sens profond des Ecritures. Ils se plaignent de l'exploitation étrangère mais ils sont les plus corrompus d'Afrique. Ce sont eux-mêmes qui encouragent l'exploitation abusive de leur pays. Qui est à blâmer: l'exploitant étranger cherchant le profit ou le corrompu congolais ? Rien ne marche au Congo. Rien de nouveau n'a été créé ou transformé là-bas depuis 1960.

Tout ce qui fonctionne encore au Congo, c'est ce que les belges y avaient construit. Aujourd'hui, il n'y a plus de routes décentes, plus de ravitaillement régulier en eau potable et en électricité (même dans la capitale Kinshasa), le niveau des écoles et universités est parmi les plus bas en Afrique, les hôpitaux sont presque des cimetières, les villes sont sales, les avions sont vétustes et dangereux, les aéroports ne sont pas entretenus, les salaires et les pensions ne sont pas payés, les budgets des ministères et les fonds de l'aide étrangère sont systématiquement détournés, les lois sont bafouées par les autorités elles-mêmes, la criminalité augmente avec l'impunité; la misère est visible partout...Le pays n'est pas gouverné. C'est catastrophique !

L'indépendance en 1960 était une mauvaise opération pour les congolais. Ils n'étaient pas préparés pour cela. La nouvelle colonisation, si elle a lieu, devra encore durer 100 ans ou plus car tout est à re-faire. Il faudra commencer par changer les mentalités. Le système actuel fait que les dirigeants congolais sont tous comme des débiles mentaux car ils ne peuvent pas réfléchir par eux-mêmes et, pour tout, ils ne comptent que sur la charité internationale, y compris pour vivre et développer leur pays. Raison pour laquelle ils sont prêts à se faire diriger par des étrangers (belges, américains, grecs ou autres). Ils doivent être dirigés par des étrangers car ils sont en effet incapables de se prendre en charge. La colonisation les avait infantilisé à l'extrême. Ils sont restés à ce stade de sous-développement psychologique avec les conséquences économiques, politiques et sociales que vous connaissez. L'ONU et l'Union Européenne doivent rester au Congo pour encore 20 au 30 ans pour bien faire les choses.

Pour être né au Congo et y avoir vécu pendant plus de deux décennies, je crois avoir le droit de dire tout haut ce que je pense sur ce pays et ses habitants. Mes parents y ont passé toute leur vie adulte. Ils ont contribué au progrès qu'a connu le Congo-Zaire durant la belle époque. C'est aussi mon pays et ça fait mal de le voir se désintégrer ainsi. "

A.V.B.

Commentaire réalisance

Commençons par le début, cela simplifie toujours les choses. Apparemment monsieur voudrait que les exilés congolais rentrent chez eux. Or il oublie que c´est la Belgique notamment qui était avant, après, et même aujourd´hui de la débauche politique, économique et sociale que connaît le Congo Kinshasa actuellement. Qui avait fait assassiner Patrice Lumumba et fomenté la sécession katangaise pour diviser et enterrer l´indépendance du Congo ? N´est-ce pas la Belgique conjointement avec les autres nations occidentales françaises, américaines, allemandes, italiennes…etc !

Le régime politique aurait changé au Congo ? Vous ne voulez pas parler du fantoche rwandais que Louis Michel a fait illégitimement élire à la tête d´institutions congolaises ? Ce faux Kabila est l´erreur la plus monstrueuse que les politiciens belges se soient permis au Congo. Mais cela fait partie d´une stratégie occidentale bien menée en Afrique et qui consiste à paver ce continent d´hommes de main afin que ces pays ne soient rien d´autres que des consommateurs dociles de l´industrie surproduisante occidentale. Vive la francafrique ! Et après cela, vous vous étonnez que rien ne marche ? Mais cher ami, il n´y a que le blanc qui gagne en Afrique ! Si les africains ne savent ni gagner leur vie, ni emprunter aux banques parce que celles-ci sont occidentales…pourquoi se donneraient-ils tant d´efforts ? La misère leur est, qu´ils se démerdent ou pas, assurée !

Ce pays n´est pas gouverné ? Oh, là là ; cher monsieur ; je croyais que le régime politique avait changé ! Faut savoir ce que vous dites, parce que vous accusez le régime actuel (et son parrain Louis Michel) d´honteux et scandaleux manquements ! Voyez-vous, là nous sommes tous d´accord : il ne suffit pas, pour gouverner ce pays, d´être issu des maquis tanzaniens, d´avoir été marchand d´œuf dur ou de lécher le c…du sénat belge pour avoir le talent de se prétendre à même de conduire au mieux les affaires d´un peuple ! Et voyez-vous, votre objectivité à ce propos me plait beaucoup ; faites-en part à Louis Michel en lui disant : « Ce petit fantôme docile à la Belgique et de ce fait traître aux congolais qu´il a installé au Congo était le pire des incapable qu´on aie jamais servi à un peuple. Même si on le méprise de la pire des façons. Ces congolais, contrairement à ce que vous insinuez, et même contrairement à la basse considération que leur témoigne Louis Michel et ses amis, ont très bien compris ce qui se passe : cette mystification du pouvoir africain était la crainte de perdre les sources de matières premières. Et de jour en jour, cette psychose occidentale devient de plus en plus délirante, depuis que la Chine faisait ses entrées remarquées sur les marchés commerciaux mondiaux. L´inde aussi arrivait à grand pas…cela va être bien dur pour les surproducteurs occidentaux. Et cela, surtout si, en 46 ans ils se évertués à assassiner leurs futurs clients africains en le contraignant à la misère et à la pauvreté ! Et maintenant, ce gras coup de gueule que vous faites n´impressionne personne, car nous savons très bien de quoi il s´agit : vous voulez, comme jadis pendant la colonisation, lier l´Afrique à votre sort, la transformer en continent esclave travaillant aveuglement pour vous ! Que disait votre roi bâtisseur Léopold II à l´endroit de ses propres sujets : « petits pays, petit esprit ! » ; et permettez-moi de vous dire qu´il avait raison, car il ne vous vient pas à l´idée que les africains ont eux aussi droit à un avenir libre et indépendant. Qu´ils ont des femmes et des enfants, et que ceux-ci ont droit à une réalisation qui ne soit pas dictée ou mise à mal comme c´est le cas en ce moment par l´occident pour assurer des débouchés assurés à son industrie en mal de clients. (Sinon comment s´explique le chômage et l´endettement public actuel des pays industrialisés ? La Belgique accuse actuellement 109 % d´endettement public !

Maintenant si vous parlez de fainéantise, vous êtes encore plus idiot que je ne le pensait parce qu´aucun belge, et vous en premier, n´accepterait de travailler pour rien. Il vous suffirait pourtant de vous renseigner, avant de dire des sottises, pour apprendre que pendant que les pays occidentaux déversaient en Afrique leurs excédents subventionnés à des prix de dumping sur les marchés africains, ils fermaient hermétiquement leurs frontières en imposant aux produits africains des taxes douanières rendant leurs produits invendables en occident.

Je vous avoue que c´est long (et vu votre étroit esprit) de vous expliquer ce que beaucoup d´africains ont déjà compris : vous êtes, vous et les vôtres, acculés. Et malheureusement, vous n´êtes ni capables, ni prêts à générer des solutions efficaces de réel partenariat avec l´Afrique. Vous êtes si exagérément gourmands, rapaces, et votre mépris (ou votre complexe, c´est selon) pour la race noire vous aveugle à ce point qu´il ne vous est plus possible de jugement objectif. Vous et vous encore, puis plus rien ; les noirs, ces pauvres, doivent rester vos subalternes à n´importe quel prix. N´avez-vous jamais entendu parler de s´occuper de ses propres affaires ? Pénible et douteuse éducation que vous avez reçu, mon ami. Faudra s´en guérir au plus vite. Ou sinon on n´est plus un être humain ; on est tout simplement un animal primitif et prédateur.

Je reconnais cependant que vos observations quant à la misère et à la pauvreté qui sévit en Afrique actuellement sont exactes. Et à mon sens cela va encore empirer, tant que les africains ne se seront pas débarrassés de leur naïveté, et surtout de l´emprise occidentale. Et ceci n´est possible qu´en instaurant des valeurs, des idéaux et des buts directement liés aux intérêts de la réalisation des africains eux-mêmes. C´est possible. Mais ce n´est ni en couchant, ni en rampant dans l´imitation servile et la docilité qu´on y arrive ! Bien au contraire. Et permettez-moi de vous dire : ce n´est pas en occupant l´Afrique, en corrompant ses élites, en la pillant et en la méprisant que vous vous ferez sur ce continent des amis éternels. La prochaine décolonisation arrivera plus vite que vous ne le pensiez, et vous serez de nouveau chassés, renvoyés chez vous. Il faut cependant un petit peu d´intelligence pour comprendre que le long terme est toujours plus riche et rassurant que le court terme. Je croyait que l´histoire de ces 600 années de massacres et d´exactions occidentales sur le monde avait rendu ces gens plus réservés…à ce qui semble, ce n´est pas le cas. En tout cas, pour un citoyen d´un pays qui a couvert de sang et d´horreur ce continent ; vous semblez en prendre gratuitement plein la bouche ! Décidément…Le Congo, votre pays ; ne croyez-vous pas que vous exagérez ou divaguez à grand jour ?

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com

      

Posté par Musengeshi Kat à 23:26 - critique et objectivité - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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