En réponse à l´article : http://www.afrik.com/article12457.html, et aux avances actuelles de l´Union Africaine envers sa diaspora dispersée de par le monde.

Conférence, conférence…de bonne foi ?

Ne soyons pas d´emblée ni pessimistes, ni obscurantistes…ou même traître à notre propre cause. L´Afrique, ce sont les larmes amers et douloureuses de nos yeux, ceux de nos cœurs…et en ce moment, au 21ième siècle, au moment où tous les peuples accourent à leur réalisation, un tableau inconsolable et désolant. Et pourtant, rien ne nous est plus cher que bout de terre incroyablement vivant qu´est le continent de Shaka, de Kimpa Mvita, de Simon Kimbangu, de Thomas Sankara, Modibo Keita, Ahmed Sékou Touré, Kwame Nkrumah, Gamal Abdel Nasser, Patrice Lumumba, Ruben Um Niobé, Bantou Biko, …et tant d´autres encore. Rien n´a pu vaincre l´amour que nous portons à son histoire…et surtout à la fin de ses déboires. Partout le Net, tous les africains de bonne foi et de bonne raison se sont depuis longtemps mis à la recherche de solutions et de moyens permettant de déjouer nos faiblesses actuelles. Et mine de rien, les choses avancent, et le premier signe est celui que font les tenants actuels du pouvoir en Afrique pour se rapprocher de sa diaspora, et selon toute évidence, l´atteler activement au progrès et à l´avenir du continent mère.

Et cependant, et cependant…notre amour n´est ni aveugle, ni bêtement désespéré au point que nous nous laisserions instrumenter vilement ou employer à des buts qui serviraient plutôt les apparatchiks des pouvoirs, des élites incapables actuellement souffrant largement d´échecs cuisants. Et au-delà du désir quasi douloureux qui nous ronge de nous rendre sans délai utile et responsable de l´avenir des nôtres, nous devons cependant nous demander : où va donc le train ? Avons-nous les moyens de changer les choses, de mettre enfin de l´ordre autant dans l´âme ensanglantée des nôtres, de revivifier l´imaginaire blessé et tournant à la dérision de nos peuples attelés depuis des siècles à des buts étrangers ? Parce que, cessons de jouer les arrivistes ; nous ne sommes plus des bêtes moutons qu´on emmène bravement à l´échafaud pendant que l´occident continuerait à pervertir nos paramètres de développement tout en consommant sous nos yeux éblouis toutes les matières premières de la terre…en nous laissant une écologie cochonne et meurtrières pour l´avenir de nos femmes et de nos enfants ? Ou alors s´agissait-il, pendant que nous nous époumonerons à changer les choses tout en vivant de bas salaires et de restrictions, qu´une caste corrompue, abâtardie et aliénée aux intérêts étrangers se remplirait les poches au détriment de notre cause ?

Oui, je pense bien que ces questions doivent être posées et élucidées avant que « le rassemblement » ou l´Union de la diaspora africaine ne soit chantée sur tous les toits…plus pour satisfaire à un occident embarrassé par une intelligentsia africaine qui en savait trop, et dévoilait et accusait aux côtés des humanistes occidentaux réputés les maux qui trahissaient ouvertement la cruelle débauche et le mensonge que ces preux civilisateurs et amoureux de l´Afrique lui faisaient sournoisement souffrir. Et ne nous trompons pas : que ces élites africaines actuelles au pouvoir se rallient à cet occident canaille et fourbe quitte à recevoir une aide viciée et dévoyante n´est pas un signe de respect de l´avenir des siens. Pas du tout. Pire : ces incapables et illuminés ne prennent pas la peine de faire leur devoir à domicile d´instruire, des créer ou mettre en place les structures et les conditions permettant aux enfants, à la société mieux organisée d´accomplir ses devoirs envers sa réalisation dans un monde où l´industrialisation, la mise en valeur des connaissances et des capacités sont des conditions sine qua non de survie ! Les africains, et ils le savent plus que tout autre race sur cette terre, savent que leurs existences et leurs développement ne sont pas seulement dépendant d´eux-mêmes, mais aussi des autres : ceux qui aimaient à se parer de leurs diamants, à prendre leurs enfants en esclavage…ceux qui fermaient leurs frontières aux produits africains pendant qu´ils déversaient sur ce continent leurs excédents étouffants. Sans changer ces malus, à quoi mènerait un tamtam de rassemblement quelconque ? Ne jouait-on plutôt à l´escroquerie, encore une fois ? Y participer sans exiger que ces iniquités soient épurées et énergiquement combattues, ne serait-ce pas participer au meurtre et à la mystification des nôtres et de leur légitime idéal de liberté et de réalisation ? Je le pense bien.

Et comme un lecteur le faisait sur grioo.com, ne pas débattre des dictatures, de la fin de ces illuminés armés qui recevaient de l´occident un soutien avec lequel ils tuaient et massacraient en Afrique à leur guise ; est-ce bien là l´atmosphère idéale pour aller de l´avant, pour changer les choses ? Le contexte socioculturel est tout aussi important que le contenu de l´idéal espéré ; tout aussi important que les moyens et la volonté qu´on met à réaliser sa liberté. Croire que cette liberté se fera en côtoyant joyeusement la corruption, l´analphabétisme ou la soumission à un quelconque utilitarisme étranger…c´est être ou borné, ou aveugle.

Tout en ce moment porte à croire que les salauds, les criminels et les corrompus soient ouvertement ceux que les intérêts équivoques étrangers soutiennent et assistent en Afrique. Pourquoi ? Mais parce que ceux-ci permettent aux multinationales et aux gouvernements étrangers d´arriver rapidement à leurs fins sans avoir à subir le contrôle ou les exigences d´une meilleure organisation sociale. Mais ce n´est pas parce que votre voisin vole que vous êtes vous aussi un voleur ! A moins que…vous ne soyez pris à l´accompagner dans ses campagnes.

N´est-il pas étonnant que l´instruction si chère en Europe pour son avenir et son niveau de vie soit en Afrique délaissée avec la bénédiction de la Banque Mondiale et du FMI ? Et diable, chanter qu´on espérait le retour des techniciens de la diaspora ; mais était-on capable de les payer ? Parce que eux, ils ne se contentent ni de mensonges, ni d´illumination. Et leurs familles ont un droit légitime à ne pas souffrir du manque et de la pauvreté. Qu´on ne s´y trompe pas, l´occident, contrairement à ce qu´on croit, ne leur a pas déroulé un tapis rouge de facilités. Ils ont dû eux aussi se battre, supporter le racisme ou la discrimination, souffrir de tous les maux de l´éloignement et de l´exil.

Personnellement j´ai été satisfait de savoir que Claudette Tshomba a été ébrouée à Paris et en Suisse, parce que j´estime que tous ces nouveaux ministres de la diaspora tout en soutenant des pouvoirs traîtres et corrompus se croient en droit de jeter la fumée aux yeux de la diaspora. Et on le comprend bien quand on sait que ces derniers sont devenus, outre leur instruction et leur niveau de jugement, une force financière non négligeable. Mais de là à croire qu´ils étaient tous aveugles et idiots…certains, peut-être ; et là encore je me méfierai de leur haut niveau d´information qui les a rendu méfiant et circonspect. Et, comme à moi-même, je leur donne bien raison : l´amour, le vrai amour n´est ni aveugle, ni irresponsable. Et Dieu sait que nous aimons passionnément ces terres ensoleillées qui nous offrirent notre âme et notre tempérament africain. Mais ce n´est pas une raison pour s´associer à des bandits ou des voyous de grand chemin. Question d´idéal existentiel, ou de caractère, tout simplement. Et je ne dirai pas que ces tentatives de contrôle ou d´alignement des africains en occident soit une preuve flagrante que le pouvoir en Afrique s´était rendu compte de ses déboires et de ses incapacités. Je dirai plutôt que la diaspora, comme nous l´avons toujours prédit, devient de jour en jour importante pour l´Afrique. Et son pouvoir, autant économique, critique que technique devient incontournable. Et c´est bien ainsi. Pour le bien d´un meilleur idéal humain et plus loyal que celui du passé. 

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

Forum Réalisance