En réponse à l´article : Adam Bah Konaré dénonce les "propos révisionnistes" de Sarkozy

Depuis quand se nourrit-on de fierté, de mémoire historique ?

« Quand dans une automobile le moteur est en panne, changer de chauffeur ne résout aucun problème »  Bernardin Mungul Diaka (Ex ambassadeur pl. du Congo auprès du royaume de Belgique) 

Les africains, à mon avis, confondent encore critique objective et fierté gratuite que ni l´état économique actuel de ce continent, ni son organisation et l´intégrité de ses élites ne défendent valablement. Nous avons tous critiqué le messianisme illuminé et plutôt méprisant que respectueux de Massa Sarkozy aux africains. Et ce n´est pas du pur hasard : quand on a fait subir à ce continence l´esclavage, la colonisation et la francafrique telle que la France entre autre l´a fait depuis 600 ans à aujourd´hui ; la moindre des choses, si on a assez de bon sens, c´est de se retenir de faire des leçons de morale à ses propres victimes ! Et pourtant, pour changer les choses et aller de l´avant, critiquer l´Afrique comme l´a fait Sarkozy est nécessaire. Après tout, revenant de sa tournée en Afrique, Georges Bush déclara sur CNN en 2004 : « L´Afrique est gouvernée par des incapables !» Et aucun des chefs d´Etats qui l´avaient si pompeusement reçu ne s´était cru obligé de protester…curieux. Peut-être parce qu´on craignait la fin de juteux bakchich ou d´aides douteuses que le gouvernement américain distribuait généreusement aux africains ?

Vouloir défendre la mémoire historique de l´Afrique en négligeant le droit au bien être et au progrès de ses enfants…n´est-ce pas un peu…populiste et plutôt fourbe que responsable ? Je le pense bien, car à mon avis, ce que voulait dire Sarkozy n´est rien d´autre que : « Nous avons pris vos enfants en esclavage, nous les pillons, les corrompons et les prostituons chaque jour ; n´est-il pas temps de réagir, de mieux vous défendre, de changer les choses ? » Et à mon sens, vu sous ce point de vue, il avait complètement raison. Et je suis surpris que madame Konaré, en historienne et élite politique de son pays n´aie pas relevé la subtilité sarkozienne. La mémoire d´un continent, d´un peuple, d´une nation ne se mange ou ne se boit ; on ne peu ni se déplacer avec elle, la monnayer ou payer les études de ses enfants ! Ne confondons pas la fausse étiquette de « mémoire » qu´aborde aujourd´hui une élite africaine incapable de remplir valablement ses devoirs économiques, sociaux, culturels envers ses propres enfants, d´un jugement contemporain de l´Afrique qui n´échappe à personne, même pas à Sarkozy.

On peut rapprocher à Sarkozy qu´il ne soit pas capable, comme tous les occidentaux, à accéder à une grandeur culturelle qui accepta le respect de la liberté, de la culture, de la réalisation des autres autrement qu´en les obligeant à s´aliéner, à renier leurs langues, cultures, devoirs de production. Mais de n icaine ous dnutiles o indconsideur meus faire oublier la rs.dlà à croire qu´il suffit de créer des comités pour la défense de la fierté africaine pour que le marasme économique, la corruption et la pauvreté en Afrique disparaisse…faut pas rêver ! Celui qui s´abaisse à entretenir ce petit jeu factoriel de subtilisation est bien bas ; il ne mérite ni notre respect, ni notre admiration.

Nous sommes tous contraints, dans le monde d´aujourd´hui, à des forces internationales lesquels influent et conditionnent nos facteurs de développement, notre avenir ; qui nous oblige à nous organiser, nous préparer à défendre notre liberté en faisant valoir droits légitimes de réalisation face au monde et dans le monde dans lequel nous faisons partie. L´Afrique a un retard qu´il s´agit de ne pas négliger, bien au contraire. Et plutôt que de se nourrir de fierté à longueur de siècles pendant que ses femmes et ses enfants meurent de faim et d´apathie, avoir le courage de changer les choses au mieux. Se cacher derrière de faux prétextes de fierté ou d´une quelconque mémoire historique…c´est cuver un complexe avec un autre complexe. Oh, oui ; au demeurant, quand on voyait le taux de chômage et celui de l´analphabétisme en Afrique, la misère et la pauvreté qui règne sur ce continent, son retard technologique et productif…on peut bien se demander : de quelle fierté ou mémoire historique s´agit-il donc ? Oui, quand les élites africaines roulaient en voitures étrangères (françaises entre autre), dont les filles se prostituaient douloureusement dans tout l´occident…quand les intellectuels et les techniciens africains, à défaut de trouver emploi à domicile, devaient s´expatrier et se vendre au prix du pain…dites donc, de quelle fierté, quelle sorte de mémoire défend-t-on donc ?

J´ai bien peur que madame Adam Bah Konaré ne soit en train de confondre bien de choses. Et je persiste, Sarkozy a bien raison de critiquer les élites africaines pour la douloureuse stagnation qu´ils faisaient subir à ce continent depuis des siècles. Et cela même si en bon immigré gréco hongrois en France, il en oublie de faire mea culpa intellectuelle pour tout ce que son pays avait fait l´histoire durant (et continuait sciemment à faire subir) aux africains. Mais cela ne doit ni nous aveugler, ni nous faire oublier la réalité africaine qui saigne ouvertement devant nos yeux. Et ce n´est ni lorsque les matières premières auront changé de main, que l´atmosphère et l´air de nos femmes et de nos enfants sera complètement pollué que les élites africaines sortiraient de leur médiocrité et feraient enfin merveille sans avoir ni progressé, ni protégé et encensé la capitalisation positive de leurs sociétés…sans avoir résolu les contradictions qui empêchent aujourd´hui l´Afrique afin d´offrir un avenir sains et louable à ses enfants. Fierté ? Mémoire ? Dieu du ciel, faut d´abord manger, s´instruire, entretenir et nourrir ses rêves…les défendre envers ceux qui les considéraient comme inutiles ou indésirables. Autrement qu´avec des discours vides et plutôt prétentieux que réellement honnêtes. Décidément, il est grand temps de changer les choses, en Afrique. L´esprit du pouvoir aussi.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

Forum Réalisance