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Forum Réalisance

Cet espace va à la recherche de l´existentialisme de l´homme noir pour lui permettre de mieux se déterminer face à l´histoire et face à la réalisation de sa liberté.

29 septembre 2007

Sur ce point de vue, Sarkozy n´a absolument pas tort !

En réponse à l´article : Adam Bah Konaré dénonce les "propos révisionnistes" de Sarkozy

Depuis quand se nourrit-on de fierté, de mémoire historique ?

« Quand dans une automobile le moteur est en panne, changer de chauffeur ne résout aucun problème »  Bernardin Mungul Diaka (Ex ambassadeur pl. du Congo auprès du royaume de Belgique) 

Les africains, à mon avis, confondent encore critique objective et fierté gratuite que ni l´état économique actuel de ce continent, ni son organisation et l´intégrité de ses élites ne défendent valablement. Nous avons tous critiqué le messianisme illuminé et plutôt méprisant que respectueux de Massa Sarkozy aux africains. Et ce n´est pas du pur hasard : quand on a fait subir à ce continence l´esclavage, la colonisation et la francafrique telle que la France entre autre l´a fait depuis 600 ans à aujourd´hui ; la moindre des choses, si on a assez de bon sens, c´est de se retenir de faire des leçons de morale à ses propres victimes ! Et pourtant, pour changer les choses et aller de l´avant, critiquer l´Afrique comme l´a fait Sarkozy est nécessaire. Après tout, revenant de sa tournée en Afrique, Georges Bush déclara sur CNN en 2004 : « L´Afrique est gouvernée par des incapables !» Et aucun des chefs d´Etats qui l´avaient si pompeusement reçu ne s´était cru obligé de protester…curieux. Peut-être parce qu´on craignait la fin de juteux bakchich ou d´aides douteuses que le gouvernement américain distribuait généreusement aux africains ?

Vouloir défendre la mémoire historique de l´Afrique en négligeant le droit au bien être et au progrès de ses enfants…n´est-ce pas un peu…populiste et plutôt fourbe que responsable ? Je le pense bien, car à mon avis, ce que voulait dire Sarkozy n´est rien d´autre que : « Nous avons pris vos enfants en esclavage, nous les pillons, les corrompons et les prostituons chaque jour ; n´est-il pas temps de réagir, de mieux vous défendre, de changer les choses ? » Et à mon sens, vu sous ce point de vue, il avait complètement raison. Et je suis surpris que madame Konaré, en historienne et élite politique de son pays n´aie pas relevé la subtilité sarkozienne. La mémoire d´un continent, d´un peuple, d´une nation ne se mange ou ne se boit ; on ne peu ni se déplacer avec elle, la monnayer ou payer les études de ses enfants ! Ne confondons pas la fausse étiquette de « mémoire » qu´aborde aujourd´hui une élite africaine incapable de remplir valablement ses devoirs économiques, sociaux, culturels envers ses propres enfants, d´un jugement contemporain de l´Afrique qui n´échappe à personne, même pas à Sarkozy.

On peut rapprocher à Sarkozy qu´il ne soit pas capable, comme tous les occidentaux, à accéder à une grandeur culturelle qui accepta le respect de la liberté, de la culture, de la réalisation des autres autrement qu´en les obligeant à s´aliéner, à renier leurs langues, cultures, devoirs de production. Mais de n icaine ous dnutiles o indconsideur meus faire oublier la rs.dlà à croire qu´il suffit de créer des comités pour la défense de la fierté africaine pour que le marasme économique, la corruption et la pauvreté en Afrique disparaisse…faut pas rêver ! Celui qui s´abaisse à entretenir ce petit jeu factoriel de subtilisation est bien bas ; il ne mérite ni notre respect, ni notre admiration.

Nous sommes tous contraints, dans le monde d´aujourd´hui, à des forces internationales lesquels influent et conditionnent nos facteurs de développement, notre avenir ; qui nous oblige à nous organiser, nous préparer à défendre notre liberté en faisant valoir droits légitimes de réalisation face au monde et dans le monde dans lequel nous faisons partie. L´Afrique a un retard qu´il s´agit de ne pas négliger, bien au contraire. Et plutôt que de se nourrir de fierté à longueur de siècles pendant que ses femmes et ses enfants meurent de faim et d´apathie, avoir le courage de changer les choses au mieux. Se cacher derrière de faux prétextes de fierté ou d´une quelconque mémoire historique…c´est cuver un complexe avec un autre complexe. Oh, oui ; au demeurant, quand on voyait le taux de chômage et celui de l´analphabétisme en Afrique, la misère et la pauvreté qui règne sur ce continent, son retard technologique et productif…on peut bien se demander : de quelle fierté ou mémoire historique s´agit-il donc ? Oui, quand les élites africaines roulaient en voitures étrangères (françaises entre autre), dont les filles se prostituaient douloureusement dans tout l´occident…quand les intellectuels et les techniciens africains, à défaut de trouver emploi à domicile, devaient s´expatrier et se vendre au prix du pain…dites donc, de quelle fierté, quelle sorte de mémoire défend-t-on donc ?

J´ai bien peur que madame Adam Bah Konaré ne soit en train de confondre bien de choses. Et je persiste, Sarkozy a bien raison de critiquer les élites africaines pour la douloureuse stagnation qu´ils faisaient subir à ce continent depuis des siècles. Et cela même si en bon immigré gréco hongrois en France, il en oublie de faire mea culpa intellectuelle pour tout ce que son pays avait fait l´histoire durant (et continuait sciemment à faire subir) aux africains. Mais cela ne doit ni nous aveugler, ni nous faire oublier la réalité africaine qui saigne ouvertement devant nos yeux. Et ce n´est ni lorsque les matières premières auront changé de main, que l´atmosphère et l´air de nos femmes et de nos enfants sera complètement pollué que les élites africaines sortiraient de leur médiocrité et feraient enfin merveille sans avoir ni progressé, ni protégé et encensé la capitalisation positive de leurs sociétés…sans avoir résolu les contradictions qui empêchent aujourd´hui l´Afrique afin d´offrir un avenir sains et louable à ses enfants. Fierté ? Mémoire ? Dieu du ciel, faut d´abord manger, s´instruire, entretenir et nourrir ses rêves…les défendre envers ceux qui les considéraient comme inutiles ou indésirables. Autrement qu´avec des discours vides et plutôt prétentieux que réellement honnêtes. Décidément, il est grand temps de changer les choses, en Afrique. L´esprit du pouvoir aussi.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

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27 septembre 2007

Odile Tobner sur l´Eurafrique de Sarkozy

Ou l´art de fabriquer son nègre, de le conditionner…de le transformer en exemplaire docile et admiratif de l´occident et de ses intérêts et frivolités. Mais dites donc, est-ce bien cela la liberté ?

Sur la Conquête africaine des droits et de la dignité humaine

Dès que l’Afrique s’invente un destin, comme elle le fit magnifiquement avec Thomas Sankara, on lui fait comprendre que ce n’est pas de ce destin-là qu’il s’agit. C’est ainsi que Sankara périt assassiné le 15 octobre 1987, pour avoir eu foi dans "l’aventure humaine et l’idée de progrès".

Le paysan africain qui, dans un grand élan vers l’avenir, piqué au vif par les propos de Sarkozy, voudrait se débarrasser de ce qui l’opprime et lui interdit toute initiative, se trouverait immanquablement devant des balles françaises. Il le sait, cela lui est arrivé déjà bien des fois. odile_Tobner

Tout au long du mois d’août on a vu tomber l’avalanche des protestations suscitées par le discours de Nicolas Sarkozy le 26 juillet à Dakar. En Afrique et en France une légitime indignation a souligné tout ce qu’il y avait d’odieux dans les jugements portés avec présomption sur les Africains.

L’affirmation agressive du refus de la repentance, la réaffirmation, au Gabon, de l’absence de responsabilité de la colonisation, l’impasse faite sur le néocolonialisme étaient également choquantes. Nicolas Sarkozy veut construire l’Eurafrique. On le comprend. Mais a-t-il demandé leur avis aux Africains interdits de séjour en France ?

L’Afrique ne demande pas de repentance, elle ne l’a jamais demandé. Cessons de fantasmer là-dessus. L’Afrique attend de la France de simples décisions de bon sens et la reconnaissance de la réalité d’hier et d’aujourd’hui. Pour un champion du réalisme en politique c’était un discours parfaitement inutile et absurde, destiné seulement à masquer le cynisme et le mépris qui animent une politique sans envergure.

Au lieu d’étaler son inculture, Nicolas Sarkozy aurait mieux fait de parler des événements politiques qui se déroulaient en Afrique en juillet. Pas la moindre attention de sa part tout comme la presse française qui ne leur a consacré une seule ligne, sans même parler d’une analyse politique pourtant nécessaire. Au Congo Brazzaville et au Cameroun se sont déroulées des élections plus truquées que jamais. Elles ont reconduit au pouvoir des clans discrédités, manifestement honnis par des populations croupissant dans la misère. Au Togo et au Tchad on s’efforce d’éviter à tout prix qu’advienne un processus électoral un tant soit peu honnête. Personne n’a songé à mettre ces faits sous les feux de l’actualité. Tout cela était tellement banal, normal en Afrique, la routine. Ce n’est même pas la peine d’en parler.

Pourtant ceux qui dissertent à perte de vue de politique africaine devraient s’abîmer en considérations pertinentes sur ces pratiques de fraude, leurs causes, leurs modalités, leurs moyens. Pourquoi une telle indifférence devant un phénomène capital ? On bute immanquablement sur un passe-partout : c’est en Afrique, c’est comme ça. C’est-à-dire un refus d’analyse objective. Ce n’est pas au paysan africain à qui "il ne vient jamais à l’idée de sortir de la répétition", c’est aux chers Présidents. C’était cela qu’il fallait dire. Qu’est-ce qui "recommence toujours", sinon les élections truquées reconduisant au pouvoir pendant des décennies les Compaoré, Biya, Bongo ? Là on n’était plus dans le mythe mais dans une lourde réalité, sur laquelle on aimerait bien entendre un point de vue autorisé.

Les Africains savent parfaitement qu’ils doivent livrer la longue et dure bataille pour leurs droits civiques, et que Nicolas Sarkozy ne les y aidera certainement pas. Cela ferait vraiment trop de changements aventureux pour la France, qui aime la répétition tranquille des bonnes affaires.

© Survie : Odile Tobner

Article proposé par Patrick Eric Mampouya

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26 septembre 2007

Sur le récent décès du philosophe André Gorz le 24.09. 2007

En guise d´hommage humble et hautement respectueux à un intellectuel exceptionnel.

Au-delà de l´intelligence et de l´esprit : la passion irrésistible de l´amour

« [...] Tu viens juste d'avoir quatre-vingt-deux ans. Tu es toujours belle, gracieuse et désirable. Cela fait cinquante-huit ans que nous vivons ensemble et je t'aime plus que jamais. Récemment je suis retombé amoureux de toi une nouvelle fois et je porte de nouveau en moi un vide débordant que ne comble que ton corps serré contre le mien. [...] Nous aimerions chacun ne pas survivre à la mort de l’autre » André Gorz (à sa femme Dorine) 

Le monde intellectuel entier regrettera cet esprit incroyablement doué de raison analytique et créative à la recherche de solutions aux déboires ou désastres conséquents au capitalisme industriel hégémonique. Il fut le seul à entrevoir que pour changer les choses, pour combattre efficacement les perversions et les méfaits post industriels du néocapitalisme, seul le retour à la revalorisation fondamentale du capital humain était à même de rendre justice à une haute éthique existentielle.

Il ne s´est pas cru capable de survivre à sa femme Dorine. Et nous le comprenons bien, car, que vaut donc la vie sans amour ? Devant la beauté et la chaleur protectrice de la plus belle des vocations humaines, même l´esprit le plus averti se plie. Amour, amour…heureux ceux qui ont eu la gloire de boire à sa merveilleuse fontaine. Nous nous inclinons donc, à notre grand regret. Ses écrits et ses analyses nous resteront précieuses pour nous rappeler que l´éthique profonde de la raison, de l´existence consciente ; c´est de chercher cet équilibre irrésistible entre l´idéal de réalisation humaine parfaite et les turpitudes trop souvent grotesques et aliénantes de l´artisanat réel. Question de méthode ou question de niveau de morale et d´éthique existentielle ? Lui ne saura plus répondre à la question ; il a choisi d´aimer sans retour. Nous l´envions et l´admirons d´autant plus. Hélas, pour nous la recherche ou le combat continue.

Avec notre profond respect. Et merci infiniment pour son attachement à la cause de la condition humaine.

Nos lecteurs trouveront sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Gorz plus d´information sur la vie, les écrits et les œuvres de ce grand esprit de la philosophie écologique.

Musengeshi Katata

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Posté par Musengeshi Kat à 21:20 - Acteurs et donnés du combat africain - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Appel à la mobilisation et à lutte pour un meilleur avenir au Congo

Les congolais appellent à la lutte contre la pauvreté, la corruption, le pillage et le bradage de leur pays. Un exemple à suivre largement !

Congomami, beta Tangua ; nous n´en pouvons plus !

« Comment pouvons-nous faire comprendre au monde, aux traîtres et aux incapables africains que nous en avons marre de mendier, marre de voir nos femmes et nos enfants être condamnés à la vache enragée, à la rance et inhumaine pauvreté ? Oui, comment si nous ne levons pas la voix et ne protestons pas véhémentement contre les maux et les conditions qui nous oppriment ? »

Africains, sortez de votre attentisme ou de votre passivité ; personne ne nous offrira sur un plat doré la liberté ou l´ambitieux avenir que nous souhaitons à nos enfants. Nous devons nous-mêmes y mettre la main et avoir le courage et la fierté de nous organiser et de nous battre pour les nôtres. Après tout, il s´agit de notre liberté et de celle de nos femmes et de nos enfants.

Vous n’êtes pas tous sans savoir que le 15 octobre 1997 le général Denis Sassou Nguesso s'autoproclamait président de la République du Congo Brazzaville après un coup d'état sanglant déguisé en guerre civile.

Pour commémorer cette sinistre date, nous invitons toutes les personnes, associations, partis politiques, organisations et autres…qui veulent travailler à la préparation de la manifestation solidaire du samedi 13 octobre 2007 à nous contacter.

Une réunion de préparation de cette manifestation sera convoquée une semaine avant cette date pour permettre la mise en commun des initiatives

Notre pays, le Congo, traverse une des périodes les plus sombres de son histoire ; aujourd’hui plus que jamais notre pays a besoin de tous ses enfants.

La communauté internationale, les forces vives progressistes au Congo, la totalité de la diaspora Congolaise parsemée dans les quatre coins du monde s'accordent pour reconnaître la responsabilité de la dictature du général Denis Sassou Nguesso dans cette débâcle sans précédent.

Seules les résistances  actives des populations, de la société citoyenne, des forces politiques démocratiques de l'intérieur et de l’extérieur du territoire Congolais, par une pression continue et motivée, pourront mettre fin à la catastrophe de mauvaise gérance et d´avilissement humain qui nous menace, nous et les nôtres depuis trop longtemps.

L'histoire de notre pays nous prouve à suffisance que lorsque ces organisations étaient unies, contre les dictatures les plus sanguinaires, des victoires étaient possibles.

N´oubliez pas, Chers amis et compatriotes, que la diversité des organisations n'est pas un handicap en soi ; elle peut être une force dès lors qu’elle est mise au service d’une plate forme d’actions revendicatrices aboutissant au sain et équitable changement espéré.

Nous mettons une plate forme d’action permettant de mutualiser le travail de chacun d’entre nous, individuellement, avec son organisation, son association ou son parti politique.

Nous nous tenons à votre disposition pour vous donner toutes les informations utiles.

patrickeric@aol.com, mafimba.guy@neuf.fr, martial.bouloud@9online.fr, bentoung@orange.fr , efl_loubs@yahoo.fr 

P.R.D.C. (Plateforme pour la Restauration de la Démocratie au Congo Brazzaville)

Pour le changement et le départ de Sassou Nguesso !
Pour un Etat de Droit, d´espoir et de liberté au Congo !

Patrick Eric Mampouya

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21 septembre 2007

Sur le pouvoir réel de la diaspora

En réponse à l´article : http://www.afrik.com/article12457.html, et aux avances actuelles de l´Union Africaine envers sa diaspora dispersée de par le monde.

Conférence, conférence…de bonne foi ?

Ne soyons pas d´emblée ni pessimistes, ni obscurantistes…ou même traître à notre propre cause. L´Afrique, ce sont les larmes amers et douloureuses de nos yeux, ceux de nos cœurs…et en ce moment, au 21ième siècle, au moment où tous les peuples accourent à leur réalisation, un tableau inconsolable et désolant. Et pourtant, rien ne nous est plus cher que bout de terre incroyablement vivant qu´est le continent de Shaka, de Kimpa Mvita, de Simon Kimbangu, de Thomas Sankara, Modibo Keita, Ahmed Sékou Touré, Kwame Nkrumah, Gamal Abdel Nasser, Patrice Lumumba, Ruben Um Niobé, Bantou Biko, …et tant d´autres encore. Rien n´a pu vaincre l´amour que nous portons à son histoire…et surtout à la fin de ses déboires. Partout le Net, tous les africains de bonne foi et de bonne raison se sont depuis longtemps mis à la recherche de solutions et de moyens permettant de déjouer nos faiblesses actuelles. Et mine de rien, les choses avancent, et le premier signe est celui que font les tenants actuels du pouvoir en Afrique pour se rapprocher de sa diaspora, et selon toute évidence, l´atteler activement au progrès et à l´avenir du continent mère.

Et cependant, et cependant…notre amour n´est ni aveugle, ni bêtement désespéré au point que nous nous laisserions instrumenter vilement ou employer à des buts qui serviraient plutôt les apparatchiks des pouvoirs, des élites incapables actuellement souffrant largement d´échecs cuisants. Et au-delà du désir quasi douloureux qui nous ronge de nous rendre sans délai utile et responsable de l´avenir des nôtres, nous devons cependant nous demander : où va donc le train ? Avons-nous les moyens de changer les choses, de mettre enfin de l´ordre autant dans l´âme ensanglantée des nôtres, de revivifier l´imaginaire blessé et tournant à la dérision de nos peuples attelés depuis des siècles à des buts étrangers ? Parce que, cessons de jouer les arrivistes ; nous ne sommes plus des bêtes moutons qu´on emmène bravement à l´échafaud pendant que l´occident continuerait à pervertir nos paramètres de développement tout en consommant sous nos yeux éblouis toutes les matières premières de la terre…en nous laissant une écologie cochonne et meurtrières pour l´avenir de nos femmes et de nos enfants ? Ou alors s´agissait-il, pendant que nous nous époumonerons à changer les choses tout en vivant de bas salaires et de restrictions, qu´une caste corrompue, abâtardie et aliénée aux intérêts étrangers se remplirait les poches au détriment de notre cause ?

Oui, je pense bien que ces questions doivent être posées et élucidées avant que « le rassemblement » ou l´Union de la diaspora africaine ne soit chantée sur tous les toits…plus pour satisfaire à un occident embarrassé par une intelligentsia africaine qui en savait trop, et dévoilait et accusait aux côtés des humanistes occidentaux réputés les maux qui trahissaient ouvertement la cruelle débauche et le mensonge que ces preux civilisateurs et amoureux de l´Afrique lui faisaient sournoisement souffrir. Et ne nous trompons pas : que ces élites africaines actuelles au pouvoir se rallient à cet occident canaille et fourbe quitte à recevoir une aide viciée et dévoyante n´est pas un signe de respect de l´avenir des siens. Pas du tout. Pire : ces incapables et illuminés ne prennent pas la peine de faire leur devoir à domicile d´instruire, des créer ou mettre en place les structures et les conditions permettant aux enfants, à la société mieux organisée d´accomplir ses devoirs envers sa réalisation dans un monde où l´industrialisation, la mise en valeur des connaissances et des capacités sont des conditions sine qua non de survie ! Les africains, et ils le savent plus que tout autre race sur cette terre, savent que leurs existences et leurs développement ne sont pas seulement dépendant d´eux-mêmes, mais aussi des autres : ceux qui aimaient à se parer de leurs diamants, à prendre leurs enfants en esclavage…ceux qui fermaient leurs frontières aux produits africains pendant qu´ils déversaient sur ce continent leurs excédents étouffants. Sans changer ces malus, à quoi mènerait un tamtam de rassemblement quelconque ? Ne jouait-on plutôt à l´escroquerie, encore une fois ? Y participer sans exiger que ces iniquités soient épurées et énergiquement combattues, ne serait-ce pas participer au meurtre et à la mystification des nôtres et de leur légitime idéal de liberté et de réalisation ? Je le pense bien.

Et comme un lecteur le faisait sur grioo.com, ne pas débattre des dictatures, de la fin de ces illuminés armés qui recevaient de l´occident un soutien avec lequel ils tuaient et massacraient en Afrique à leur guise ; est-ce bien là l´atmosphère idéale pour aller de l´avant, pour changer les choses ? Le contexte socioculturel est tout aussi important que le contenu de l´idéal espéré ; tout aussi important que les moyens et la volonté qu´on met à réaliser sa liberté. Croire que cette liberté se fera en côtoyant joyeusement la corruption, l´analphabétisme ou la soumission à un quelconque utilitarisme étranger…c´est être ou borné, ou aveugle.

Tout en ce moment porte à croire que les salauds, les criminels et les corrompus soient ouvertement ceux que les intérêts équivoques étrangers soutiennent et assistent en Afrique. Pourquoi ? Mais parce que ceux-ci permettent aux multinationales et aux gouvernements étrangers d´arriver rapidement à leurs fins sans avoir à subir le contrôle ou les exigences d´une meilleure organisation sociale. Mais ce n´est pas parce que votre voisin vole que vous êtes vous aussi un voleur ! A moins que…vous ne soyez pris à l´accompagner dans ses campagnes.

N´est-il pas étonnant que l´instruction si chère en Europe pour son avenir et son niveau de vie soit en Afrique délaissée avec la bénédiction de la Banque Mondiale et du FMI ? Et diable, chanter qu´on espérait le retour des techniciens de la diaspora ; mais était-on capable de les payer ? Parce que eux, ils ne se contentent ni de mensonges, ni d´illumination. Et leurs familles ont un droit légitime à ne pas souffrir du manque et de la pauvreté. Qu´on ne s´y trompe pas, l´occident, contrairement à ce qu´on croit, ne leur a pas déroulé un tapis rouge de facilités. Ils ont dû eux aussi se battre, supporter le racisme ou la discrimination, souffrir de tous les maux de l´éloignement et de l´exil.

Personnellement j´ai été satisfait de savoir que Claudette Tshomba a été ébrouée à Paris et en Suisse, parce que j´estime que tous ces nouveaux ministres de la diaspora tout en soutenant des pouvoirs traîtres et corrompus se croient en droit de jeter la fumée aux yeux de la diaspora. Et on le comprend bien quand on sait que ces derniers sont devenus, outre leur instruction et leur niveau de jugement, une force financière non négligeable. Mais de là à croire qu´ils étaient tous aveugles et idiots…certains, peut-être ; et là encore je me méfierai de leur haut niveau d´information qui les a rendu méfiant et circonspect. Et, comme à moi-même, je leur donne bien raison : l´amour, le vrai amour n´est ni aveugle, ni irresponsable. Et Dieu sait que nous aimons passionnément ces terres ensoleillées qui nous offrirent notre âme et notre tempérament africain. Mais ce n´est pas une raison pour s´associer à des bandits ou des voyous de grand chemin. Question d´idéal existentiel, ou de caractère, tout simplement. Et je ne dirai pas que ces tentatives de contrôle ou d´alignement des africains en occident soit une preuve flagrante que le pouvoir en Afrique s´était rendu compte de ses déboires et de ses incapacités. Je dirai plutôt que la diaspora, comme nous l´avons toujours prédit, devient de jour en jour importante pour l´Afrique. Et son pouvoir, autant économique, critique que technique devient incontournable. Et c´est bien ainsi. Pour le bien d´un meilleur idéal humain et plus loyal que celui du passé. 

Musengeshi Katata

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11 septembre 2007

Sur ces multinationales qui pillaient et assassinent nos femmes et nos enfants

Autour du livre allemand angoissant et combien révélateur des crimes et intrigues cruelles des multinationales : « Das neue Schwarzbuch Markenfirmen » de Klaus Werner et Hans Weiss. ISBN 3-216-30715-8. Edition 2005, Deuticke, Vienne.

Ou quand la vérité crie, déprime, accuse

Défendre la liberté ne signifie pas seulement qu´on doit se contenter de se lamenter ou encore se noyer dans l´impuissance ou la faiblesse dans lesquelles les injustices et l´inhumanité des vautours nous oppriment et nous repoussent ; il faut aussi avoir le courage, comme envers une chancre menaçant notre vie, de l´arracher sans hésitation de notre corps social et existentiel. Savoir ne suffit plus, il faut vouloir guérir ; et c´est dire entretenir et soutenir énergiquement une éthique sociale, un esprit de sens des affaires et des relations internationales qui respecte ou du moins se réfère à un codex ne méprisant pas le droit et les intérêts légitimes des autres. Et comme le disait le philosophe Antoine Nguidjol : « …prouver que nous ne sommes pas des animaux »

Quand on a lu ce livre au détail impressionnant et patient ; c´est à peine si tout être doué de saine raison et de bon sens ne sent monter en lui une immense révolte, tandis qu´un mépris douloureux, quasi déchirant ne s´adresse autant à l´égard de ceux qui commettaient ces crimes, que ceux qui fermaient les yeux pendant que ces criminels en cols blancs ravageaient le tiers monde. L´accusation de refus d´aide à personne en danger immédiat ne s´adressait pas seulement aux multinationales eux-mêmes ou à leurs managers sans scrupule, mais aussi à ceux qui, du Nigeria au Brésil se laissaient corrompre ou abuser pour que ces marchands de la mort et de la désolation accomplissent, en toute impunité leurs œuvres déshumanisantes et profondément injustes pour l´avenir des sociétés et des peuples concernés.

Qui ne dit mot, consent. Et l´idiot qui se laisse abuser ou corrompre sans appréhender ou saisir le danger grandissant de ses manquements est la pure des crapule, et cela pas seulement envers son propre avenir, mais aussi envers celui des autres. L´analphabétisme, l´infantilisme politique jouent un rôle prépondérant dans ces iniquités, mais pire encore est l´acharnement de l´illuminé et celui du  parvenu incapable et roturier à l´exercice du devoir du pouvoir. Parce qu´il suffirait à un procureur général de se procurer dans toute librairie européenne ces ouvrages critiques et dénonciateurs écrits par d´excellents journalistes pour rendre justice aux siens et au sens moral et éthique éminent de toute société humaine respectable. Aux accusés de prouver qu´ils étaient inculpés à tord. Ou alors ils ne leur resteraient qu´à écoper d´amendes et de réparations lourdes et exemplaires. Car si nous nous assimilons tous à combattre le terrorisme, celui qu´on exerce sur nos femmes et nos enfants ne doit pas souffrir de négligence. Et c´en est un de taille.

Les africains savaient-ils que 50% des médicaments vendus en Afrique étaient des faux inefficaces, par exemple ? Et que la Chine y était largement mêlée par des plagiats discrètement autorisés par le gouvernement chinois ? Tout cela était inquiétant.

Il est assez douloureux, pour les intellectuels avertis d´apprendre que la vérité de tous les maux dont souffre l´Afrique noire était plus accessible en occident ; fallait-ils qu´ils se cachent ou se taisent pendant qu´on assassinait les leurs, qu´on les pillait vilement en entravant dangereusement leurs accumulations et leurs avenirs ? Etre noir, africain, à quoi cela revenait-il ? A la traîtrise sociohistorique permanente ou à la désertion socioculturelle ? Certes, personne ne reproche aux immigrés de s´expatrier afin de s´exercer, de parfaire leurs connaissances ou d´améliorer le niveau de leurs vies menacées en Afrique par des conditions infamantes ; mais pour changer les choses, ne fallait-il pas exercer la lutte contre ces graves méfaits ? Je le pense bien. Sinon…les choses ne changeraient pas, et ceux qui hier assassinaient Patrice Lumumba, Ruben Um Niobé, Amilcar Cabral…persistaient tout en nous gavant de faux discours sur la liberté tout en méprisant le droit que nous avons à entretenir et jouir de la nôtre. Et cela, c´est pour le moins criminel et …cochon.

Je rends donc hommage à ces journalistes occidentaux qui, infatigablement, dévoilent et dénoncent les pratiques inhumaines et primitives que leurs propres multinationales entretiennent tout en affirmant : nous défendons votre liberté et votre bien-être. Et quant aux africains qui croient encore que la liberté leur serait offerte pendant qu´ils se tairaient ou participeraient à l´appauvrissement et à l´assassinat des leurs, permettez que je n´aie pour eux qu´un dégoût révulsé et haineux. Car si nous aspirons à la liberté, nous devons aussi avoir le courage et la fierté de la défendre dans toute sa profondeur. Il s´agit, après tout, de notre existence, de notre réalisation sensible : de ce droit humain irrécusable et légitime à tout être humain. Et de cela, personne ne peut prétendre le contraire.

Musengeshi Katata

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Posté par Musengeshi Kat à 22:48 - Le tissu économique de l´avenir - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 septembre 2007

Le moule étrangement consignant de la naturalisation des africains en France.

Français, certes ; mais pas sans perdre son identité historique. Les français, lorsqu´ils se naturalisaient américains ou canadiens, allemands ; étaient-ils eux aussi soumis au masque rejetant leurs origines ? Non, n´est-ce pas…mais alors !

Le nom propre et la désignation métaphorique : 

La France de Nagy de Bogsa Sarkozy 

La coutume, en France, consistant à proposer aux candidats à la naturalisation de franciser leur nom d’origine et de s’adjoindre un prénom chrétien  obéit à une logique particulière. Les noms francisés et les prénoms chrétiens ne sont rien d'autre que la métaphore par laquelle l’inconnu est désigné, « consigné », assigné presque à résidence dans sa tête ; voire condamné à exhiber son brevet de « francité » à toute occasion comme le fait l'actuel Président français depuis son discours d'investiture. 

La francisation du nom propre en France est une tradition forte à laquelle notre ancien ministre de l’intérieur a souscrit en faisant supprimer la particule « païenne » de son nom d’origine : « De Bogsa ».

Il n’est que l’exemple emblématique de ces immigrés encouragés à supprimer ou à modifier leurs noms d’origine pour montrer patte blanche et jouir  des bienfaits supposés de la filiation métaphorique[1][1].

Changement de nom et droitisation du discours

La « droitisation » du discours de monsieur Sarkozy ne relève pas d'un simple hasard. Il est évident que pour gagner une élection présidentielle en France, il n’est pas besoin s’attirer les faveurs de l’extrême droite. Du reste, le président Chirac y a bien réussi par deux fois.

Pour être honnête cependant, nous dirions que, d’un certain point de vue, les deux élections présidentielles de Jacques Chirac ne se sont jamais présentées dans le même contexte psychologique que la dernière ; personne ne mettant en doute la « francité » de ce dernier, même secrètement.

Dans le cas de l’ancien ministre de l’intérieur, le doute a plané dans la tête de quelques personnes qui se demandaient s’il était vraiment français.

Il y a eu chez Sarkozy deux façons d’échapper au dilemme : récuser sa filiation, réhabiliter le passé colonial de la France ; et combattre plus férocement l’immigration que ne l’avaient fait jusqu’ici les anciens ministres français de l’intérieur.

Plus français que français donc. Le peuple de France pouvait dormir tranquille ; sans risque de se réveiller au milieu de la nuit pour constater que les clés du royaume avaient été confiées à un immigré.

***

Un nom propre, ce n’est pas rien dans un pays comme la France. En effet, le nom francisé permet de passer inaperçu, de ne pas « externaliser » sa présence, d’éviter le soupçon et l’ « interpellation ».

Ce faisant, les individus sont assignés à résidence dans leurs têtes ; ils sont privés d’horizon ; ils ne voient plus large. Ils n’ont plus droit qu’à la perception chrétienne de leur nom devenu simple étiquette ; comme la marque d’un produit de consommation courante.

Par opposition, le nom propre primitif, issu généralement d’une cérémonie d’initiation, reste un véritable trésor. Seul l’initiateur et l’initié le connaissent. Pour l’usage du public, l’initié portera un pseudonyme qui servira à le distinguer des autres ; il s’agit en réalité d’un subterfuge qui protège la relation nécessaire entre l’être intime et le nom propre. Car dans un contexte où le nom est la révélation de l’essence individuelle, livrer le nom revient à livrer l’âme désormais sans défense à la manipulation hostile de l’ennemi. Le nom étant la clé qui ouvre l'accès à l’âme, c’est-à-dire à soi-même.

            Comme l’a si bien remarqué le professeur Gusdorf : “Se situer dans le monde (...), c’est être en paix avec le réseau des mots qui mettent chaque chose à sa place dans l’environnement. Notre espace vital (...) est un territoire pacifié où chaque nom est solution d’un problème.” (G. Gusdorf, La parole, 12è éd., PUF, Paris, 1992, p.41)

La finalité politique de la désignation métaphorique : délinquants, racaille, jeunes, immigrés, polygames, islamistes, sauvageons... 

La désignation métaphorique dans le discours politique scelle le destin de l’inconnu ; c’est une désignation « programmatique ».

Psychologiques (jeunes), sexuelles (polygames), idéologiques (islamistes), criminologiques (délinquants), hygiéniste (racaille), pédagogique (sauvageons) ou autres, les métaphores contiennent en soi une finalité. Leur point commun est d’appartenir à « l’universel punissable ».

S’il est jeune, l’individu devra être éduqué de la manière qu’il faut ; s’il est islamiste, il devra se convertir à la religion « du pays » ; s’il est délinquant, il sera mis en prison ; s’il est polygame, il devra adopter la monogamie.

            L’usage des métaphores ne relève donc pas d’un simple procédé rhétorique,  une façon comme une autre de parler ; car les métaphores induisent une “mission”, des actes, et les justifient par avance, rendant leurs énonciateurs irresponsables, agents malgré eux d’une mission nécessaire à accomplir.

Le peuple adore les métaphores 

Qu’on ne s’y trompe pas, le peuple comprend fort bien les métaphores. Il les comprend au sens où il faut les comprendre, c’est-à-dire essentiellement au sens politique, comme un appel à adhérer aux décisions politiques contenues dans l’énonciation métaphorique. Les hommes politiques le savent aussi, raison pour laquelle ils en font si souvent usage.

La métaphore est un concentré de petite politique dans lequel le mot et l’action se conjuguent... facilement.

Antoine Nguidjol

Paris 

Forum Réalisance Sélection


[1][1] Dans cette affaire, les antillais ont au moins l’excuse de n’avoir pas choisi leurs noms propres, même s’ils le portent parfois fièrement pour se démarquer de leurs cousins d’Afrique. Mais cela même est révélateur de ce qui se cache derrière le nom propre.

Posté par Musengeshi Kat à 20:03 - Révélations - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 septembre 2007

Sarkozy : de faux cris de partenariat ?

Quand les avocats gouvernent : en réponse à la vision politique de Nicolas Sarkozy sur l'Afrique noire.

A beau mentir qui vient de loin…

« Un prédateur qui affiche une peau conciliante de mouton ne doit pas oublier que ceux qui le rencontrent sont surpris par les dents étrangement aiguisées et rapaces de ses grincements…et son appétit plutôt vorace et cannibale des intérêts des autres. Chacun peut prétendre ou aller prêcher n´importe quoi en Afrique ; mais à bien y regarder, on se rend compte que le mal et les abus du passé ont bien marqué son homme. Changer ? Mais alors ne faudrait-il pas commencer par rendre justice aux siens, à sa propre banlieue à domicile…? Au lieu de se pencher à la fenêtre plus pour cacher son incapacité à accéder à une vraie et objective conception de la liberté ; une qui ne cache ni fourberie, ni abus de pouvoir, ni fallacieuse hégémonie sur un continent qu´on a toujours considéré à tort et injustement comme étant le poulailler de sa cour vassale. » Musengeshi Katata      

L’irruption des avocats en politique n’est jamais fortuite. Car, lorsque dans une société  les coteries, les « réseaux » et les clans deviennent la "donne" politique la plus ordinaire, où l’ « efficacité » et la longévité politiques sont la norme, où le droit s’écrase devant le pouvoir de l’argent, où vertu et politique sont antinomiques... il ne faut guère s’étonner que la politique elle-même se transforme en une vaste entreprise d’intérêts.
Max Weber comparait fort à propos les états-majors politiques à des sortes de conseils d’administration.

Or, justement, dans cette situation, le métier d’avocat devient florissant car seul il a vocation à défendre les intérêts des états-majors.
Sur ce terrain dangereux où croque- en- jambes, tacles et placages sont les règles du jeu, les avocats sont les seules personnes techniquement outillées pour transformer le cas échéant la « mauvaise cause » d’un client en « bonne cause », et la « bonne cause » d’un adversaire en une « mauvaise cause » comme on a pu s’en rendre compte avec la célébration officielle du mariage entre l'argent et la politique après l'élection présidentielle française. Les Africains dûment informés ne seront pas dupes de la réception offerte par Bolloré au nouveau président français et du "contre-feu" du discours de Dakar.

L'ancien ministre de l’intérieur est décidément un adepte du manichéisme tout droit sorti de la pratique judiciaire ; il en est l’héritier, forcément. C’est la marque de sa profession.  Mais une telle marque est politiquement désastreuse ; car un avocat ne peut vivre sans élaborer de typologie : le bon et le méchant, le client et l’adversaire, l’ami et l’ennemi, qui sont à son avis les métaphores vivantes d’êtres figés dans des postures irréconciliables.

Le pire, lorsqu’on est avocat, c’est de croire que les métaphores ne sont pas que des mots ; que les « bons » existent comme tels, et que les « mauvais » sont forcément mauvais : ce sont les « échoués » du système scolaire, les « bons à rien », les chômeurs et les resquilleurs du système économique ; bref tous ceux qui empêchent la société française de dormir sagement sur ses deux oreilles. Les africains en font partie, sans doute (à lire en filigrane dans le programme sarkozyen).

Que dire du langage de la technique de la plaidoirie sinon qu’il est lui aussi politiquement désastreux - avec une prédilection pour les formules hyperboliques, le grossissement,  les arguments en dessous de la ceinture, l’appel permanent à l’émotion, le procès d’intention, la logomachie, l’agitation théâtrale... parce que les gestes parlent forcément quand les mots viennent à manquer.

Enfin, les avocats ont ceci de particulier qu’ils sont de piètres lecteurs qui privilégient la forme du texte sur le fond, les éléments sur l’ensemble, la procédure sur la vérité totale.
Cela même ne prédispose pas à une vision politique, à une vision large, à un regard qui embrasse l’horizon, qui peut voir au-delà de l’être lui-même.


Sarkozy veut se donner des airs de créateur d'utopie. Mais il brasse simplement du vent. Laissons donc la politique aux poètes, aux écrivains, aux philosophes, aux  créateurs de civilisation qui s’adressent à l’âme des peuples ; qui conduisent les hommes au dépassement de soi, au voyage au-delà d’eux-mêmes, à la production de l’humanité grâce à laquelle les hommes prouvent qu’ils sont autres chose que des animaux.

Antoine Nguidjol
Paris

Forum Réalisance Sélection 

Posté par Musengeshi Kat à 21:01 - critique et objectivité - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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