07 octobre 2007
Sur ces Tupolev désuets et meurtriers
Ou les victimes africaines des cessations de paiement et des économies en banqueroute incapables d´entretenir décemment leurs flottes aériennes.
Les faux débats sur les responsables de ces meurtriers accidents
Dans tout le Net on n´entend que la discussion sur ceux qu´on doit rendre responsables du crash de Kinshasa qui en est déjà à sa deuxième péripétie. Les journaux kinois, eux, se débattaient dans une retenue inexplicable. Et pourtant, les victimes étaient bien là. Au fait, qui en porte réellement la responsabilité ? A mon avis tout le monde, et principalement ceux qui, dans leur gestion malheureuse, dévoraient ou dilapidaient les accumulations nécessaires à l´entretien et le renouvellement des flottes aériennes africaines. L´union Européenne avait déjà mis à l´index bien de sociétés aériennes africaines. Et malgré tout, ces Tupolev construit dans les années ´70 sont encore en service dans les lignes africaines intérieures. Alors, pourquoi s´étonne-t-on que de tels accidents meurtriers surviennent ? N´est-ce pas inconscient et dangereux de délivrer des licences de vol à des appareils désuets ? Je le pense bien.
Tout cela est symptomatique des marasmes économiques actuels dont souffrent les africains. Au lieu de s´acheter des avions qui engouffraient irrésistiblement leurs réserves monétaires au point qu´on ne savait plus tard ni les entretenir, ni les renouveler ; il faudrait plutôt penser à les construire. Ou les monter sur place, ce qui ferait épargner une partie considérable de leurs coûts. L´investissement lourd, on ne peut que le dépenser une seule fois ; et cela est d´autant vrai quand ces paiements ont traversé les frontières nationales, car elles ne recréent ni synergie économique et structurelle sur le marché national, ni industries de pièces de rechange. Comment diable expliquer aux africains l´économie ; ne voient-ils pas que ces importations sans lendemain sont porteurs de pauvreté et de ruine chronique ?
Alors chercher les responsables au gouvernement ou même chez le président congolais, c´est jouer furieusement à la chasse aux sorcières. Le premier responsable de ces méfaits est le peuple lui-même, parce qu´il se laisse détrousser sans vergogne par les étrangers. Le second est la classe politique qui laisse faire ces choses tout en gagnant en commission, comme on le sait, sur ces ventes d´avions vétustes et mal entretenus par défaut d´entretien régulier. Qu´on cesse donc, comme des enfants faussement surpris, à rejeter la responsabilité aux autres pour se laisser passer comme des vertueux. Celui qui s´adonne à ce jeu mesquin n´a soit rien compris, ou il veut tout simplement tromper les naïfs et les innocents touchés par ces malheureux crashs. On aurait pu les éviter, c´est certain. Mais où est l´argent pour se payer de nouveaux avions si les caisses de l´Etat sont vides et béantes ? Et si les techniciens et les ingénieurs chargés de surveiller le bon état de ces avions n´étaient ni entendu, ni bien payés ? A grands pas, on les retrouvait à l´étranger…
On attribue actuellement à Kabila le propos selon lequel le Congo voudrait se nantir de bombe atomique…Personnellement je n´y crois pas beaucoup, parce qu´un président qui n´est pas arrivé ni à vaincre l´électrification de son pays, ni la pauvreté, ni l´amélioration des conditions scolaires et universitaires dans son pays…croire qu´il rêve de domestiquer l´atome, c´est de la pure illumination. Si ces bruits sont vrais, cela ne confirme que d´autant mieux son incapacité et son manque de réalisme et de logique politique. Oui, je ne crois pas que l´atome doit avoir priorité avant une alimentation suffisante et adéquate. Il ne faut pas mettre la charrue devant les bœufs. Ce genre de déclarations, outre qu´elles sont passibles d´éveiller –à raison – la méfiance de nos pays africains voisins, elles risquent aussi de fâcher les partenaires occidentaux. Ce risque d´isolement et de méfiance était-il nécessaire ? A mon avis non, absolument pas.
Je considère comme un droit légitime à tout peuple à dominer l´atome pour ses avantages civils et énergétiques pour l´avenir. Et je persiste. Mais quand on n´a même pas pris la peine de maîtriser l´énergie solaire qui se trouvait devant notre nez, allez s´hasarder dans la bombe atomique quand on n´a ni l´aviation, ni les lanceurs nécessaires à porter ces dangereux engins de mort chez l´ennemi, tout cela est de la pure illumination grossièrement gratuite. Et à propos, quel est l´ennemi pour lequel on se fourbit de cet armement dangereux ? A-t-on aussi pensé ou résolu le problème de stockage de déchets radioactifs ? Ne pas être capable de doter ses villes de canalisations dignes de ce nom, ou même de centre d´ébouage et de recyclage de déchets domestiques…et être cependant capable de se doter d´une bombe atomique ? Hem,…permettez mon sarcasme : tout cela ressemble à un canular de fou furieux et dangereux. Et si nous gardions les pieds sur terre ? En commencer d´abord par monter ou construire des avions afin que les nôtres se déplacent en sécurité ?
Décidément, à croire que le pouvoir en Afrique est paranoïaque et irréaliste. Enfin, ne croyons pas toujours ce que déverse le radio trottoir. Le bon sens africain existe bien.
Musengeshi Katata
Moto na Bahto, Bahto na Moto
Forum Réalisance
L´Allemagne promet une aide de 3 milliards € à l´Afrique !
La ruée vers la générosité allemande ? Hourrah, pourrait-on dire, vive la St Nicolas ; l´Allemagne aurait-elle plus de cœur pour l´Afrique que la France, par exemple ; ou assistons-nous à une guerre de chiffres ayant pour but de souligner le retour allemand en Afrique ? La politique paternaliste de la France en Afrique serait-elle dépassée ?
L´Afrique : un gouffre sans fin parce qu´irresponsable et inconscient ?
Angela Merkel, la chancelière allemande, lors de son actuel voyage en Afrique, a promis à l´Union africaine en Ethiopie, que son pays était disposé d´aider l´Afrique dans un ordre de 3 milliards. Quoiqu´on ne sache comment cette aide sera répartie, ainsi que les conditions sous jacentes à son obtention, en Afrique cette déclaration a soulevé une véritable ruée d´intérêts parmi les gouvernements et organisations non gouvernementales du continent. On se demande cependant dans les milieux avertis si cette déclaration numérique ne serait-elle rien d´autre que l´ouverture de la campagne néocolonialiste envers l´Afrique. Avec un coup bas à Sarkozy qui s´était contenté, comme par le passé, à aller jouer le missionnaire et le professeur des sciences du développement ou de la bonne gestion de ses adeptes de la francafrique ?
Cet argent ou plutôt cette promesse d´aide soulève, néanmoins, bien plus de questions que de soulagement. Pourquoi ? Mais parce que comme le disait l´historien Bwemba Bong, et avant lui Tibor Mende (De l´aide à la recolonisation) ou même Thomas Sankara et Patrice Lumumba, toute aide à l´Afrique est la bien venue, mais ce genre d´aide conditionnée et obligeante est tout de même vicieuse, si pas dangereuse à la liberté et au libre développement du continent africain. Parce que les pays donateurs exigent toujours qu´on achète chez eux, et sont à même d´obliger les preneurs à acheter ceci, se parer de cela, agir dans ce sens et non dans celui-là…bref, véritable diplomatie et conditionnement économique et politique du portefeuille. Et ceci, sans ouvrir réellement leurs marchés aux produits africains, ce qui limite les investissements en Afrique !
Mais les incapables avaient-ils le choix ? Quand on trépigne et on se roule depuis des décennies dans la boue, et qu´on vit de l´aumône occidentale pour financer ses petites aises, ses pompeux voyages, et engorger ses comptes financiers à l´étranger au détriment de son peuple ; cet argent n´est-il pas le bienvenu ? Certainement. Mais hélas, cette aide employée de la sorte, comme nous en avons si souvent fait l´expérience, ne mènerait nulle part. Il n´y a d´aide véritable que celle qui t´aide à concevoir et produire toi-même tes propres moyens d´existence en donnant du travail à tes techniciens, tes chercheurs et en répondant aux besoins et aux ambitions des tiens. Dans quelques années nous reviendrons à cette place et nous parlerons encore de la misère et de la stagnation en Afrique. Ceci dit, tout cela n´est que le scénario que nous vivons depuis 47 longues années postcoloniales ! Incroyable. A se demander : à quand la liberté et la fin de la pauvreté ? A quand la prise de conscience et le sérieux politique en Afrique ?
Quand les pays africains ont assez accumulé pour entamer les premiers pas de leurs développements, tout l´occident accoure et comme une armée de sangsues, avec lice et malice, ils s´emparent de toutes les réserves monétaires qui se transforment rapidement en bibelots, en routes pour les limousines étrangères, en usines clé sur porte qui rouilleraient bien vite sans pièces de rechange…Déjà vu et revu. A s´en mordre les doigts. Et pourtant, on est toujours surpris de voir à quel point l´illusionnisme a grande conjoncture sous les tropiques, et subjugue tapageusement le bon sens, la science et la raison. Peut-être n´a-t-on pas appris à rêver, à concevoir ou à s´aimer soi-même en se donnant cette part de confiance qui ose et respecte la liberté au dessus de tout ?
Ces trois milliards aussi conditionnée que soit cette aide, elle ne sera efficace que si la malversation financière, la corruption, l´illumination débile et incapable d´une élite bornée, en manque d´imagination et d´ambition pour leurs peuples ; que tout ce marasme cessera et que cette aide sera enfin employée à inventer et créer les moyens utiles de foisonnement. Sinon, rien ne changera. L´occident qui n´avait hier fait aucun cas du développement de l´Afrique donne tous les avant signes de changer lentement de logique. Dans son intérêt, bien sûr. Si hier il ne s´agissait que de ramener les moyens de paiement en occident avec un corollaire désintéressé d´appauvrissement et de mystification pour l´Afrique ; sa surproduction, sa saturation commerciale actuelle ainsi par ailleurs que la concurrence de la Chine et de l´Inde sur les marchés des produits finis, tout cela pousse l´occident soudainement à se guérir d´une cupidité malsaine et plutôt inhumaine que respectueuse de la démocratie et de la liberté envers l´afrique noire.
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Ce pas, ce changement est plus dur et plus ardu qu´on ne le pense parce que tout son système monétaire, économique, financier et même la logique politique existentielle est fondé sur l´exploitation des faibles. Et particulièrement des africains. Depuis des siècles. La question : cette culture occidentale saura-t-elle enfin se départir de son complexe prédateur de supériorité est bien d´actualité, ou s´agissait-il de tromper et d´user des apparences pour mieux piller, encore une fois ? Qui sait. C´est pour cela qu´il ne faut pas se croire au paradis avec l´aide; elle doit plutôt servir à autre choses qu´à reproduire la misère et la pauvreté de demain.
Et si cette aide n´avait pour but que de créer artificiellement de nouveaux acheteurs pour l´industrie allemande en mal de clients, ce ne serait qu´une courte étape vers une nouvel appauvrissement des africains dans un tout proche avenir. Et ce faisant, ni le développement de l´Afrique n´aura lieu, ni la fin des invendus des pays industriels surproducteurs. Mais qui sait, peut-être ne s´agissait-il pas d´aider…mais tout simplement de gagner du temps…en exportant ce qui ne trouvait plus preneur…pour éviter le collapse dangereux du chômage à domicile en faisant d´une pierre deux coups en se frayant financièrement l´accès aux matières premières indispensables à leurs industries. Mais tout le monde a compris, l´impasse est un cul de jatte; parce que les produits ainsi réalisés doivent être vendus.
Mais alors il revenait aux africains de le comprendre et d´employer cette aide dans un sens qui servirait à tous : au développement africain autant qu´au foisonnement des échanges économiques et commerciaux prochains avec les donateurs. Tout est-il dit ? Non, bien sûr. Cette armée africaine d´élites corrompues et dévoyées de leurs devoirs, saura-t-elle revenir à meilleurs sentiments ? Il doit bien y avoir en Afrique des gens de meilleures vertus que ces aliénés et dictateurs de la francafrique ! Car ne nous égarons pas, trois milliards, ce n´est qu´une goutte d´eau dans la mer des besoins de financement et d´investissement en Afrique. Mais les négliger comme par le passé ou les brader dans des projets plus tapageurs qu´efficaces et rentables à l´avenir et au développement des nôtres ; ce serait manquer de sérieux à tous les points de vue. Et nous suicider sans retour. Faut-il vraiment croire que l´Afrique n´a pas marre de la misère et de la stagnation ? Je le pense bien...alors ?
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
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