24 octobre 2007
Facteur temps
Sommes-nous du passé, du présent ou de l´avenir ?
La liberté sous les rouages des temps
« La liberté a un prix qui témoigne autant du respect que nous avons de nous-mêmes que de celui que nous reconnaissons aux autres et à l´existence elle-même. » MK
La jeunesse, le contemporain de la vie moderne de nos jours ont beau prétendre et se réclamer légitimement de la modernité ; cependant que l´électricité, la médecine, l´auto, le téléphone . le portable.que lnitvie moderne de nos jours aportable, l´avion, le frigo…le MP3, l´ordinateur ; toutes ces inventions qui agréent notre vie quotidienne sont cependant issues du passé proche ou lointain. Et nous-mêmes en tant qu´être humain, nous sommes, comme Darwin l´a prouvé, le résultat d´une longue et passionnante évolution biologique. Alors, sommes-nous du passé, du présent, ou sommes-nous sans racines et sans mémoire, comme la jeunesse et le consommateur d´aujourd´hui avaient tendance, dans leur indifférence, à l´affirmer ?
Nous sommes tous du passé, du présent et de l´avenir ; tout le monde l´a compris. Les valeurs sociales, intellectuelles ou même affectives dont le tourment de la vie nous afflige se fondent sur notre passé pour s´assurer le présent et concevoir et bâtir l´avenir. Et ce dernier pose ou répond autant aux questionnements du passé tout en le niant et en l´améliorant afin qu´il rende justice aux nécessités d´un réalisme sensible, palpable, satisfaisant. Et devant les changements que nous apportent la connaissance, le foisonnement accéléré des rapports humains et l´adéquation des complexes structures de notre contexte humain de réalisation, la grande qualité de l´existence humaine est devenue la capacité à comprendre, démêler et mettre dans un équilibre positif les paramètres de moyens et de possibilités permettant notre meilleure réalisation sensible.
Albert Einstein est peut-être l´exemple type de savant ayant eu à se débattre avec les forces têtues et malheureuses du passé. Avec sa brillante Théorie de la Relativité, non seulement il avait renversé toutes les fausses allégations de ses collègues antérieurs, mais aussi ouvert la physique, les mathématiques, l´astronomie…la philosophie de la connaissance à de vraies grandeurs objectives. La génération actuelle sait-elle qu´elle doit à ce chercheur la bombe atomique, le portable, le GPS…et bien d´autres applications encore ?
Admettons-le : aujourd´hui il ne s´agit pas seulement d´aimer le progrès ou d´y croire ; mais bien de savoir réaliser une liberté humaine qui, tout en s´appuyant sur les erreurs, les abus et la critique du passé, se voue à la construction d´un équilibre bienséant répondant à l´éclosion, au meilleur assouvissement des plus belles valeurs culturelles humaines. Les valeurs négatives pour la liberté et la réalisation humaine, pourtant, et cela malgré le bon sens, l´éducation, ou n´importe quel sain idéal humain, se perpétuaient. Leur fréquence et leur primitivité avaient beau avoir perdu le scandaleux visage qu´ils abordèrent lors de l´esclavage et de la colonisation, mais selon toute vraisemblance beaucoup de peuples et de cultures n´arrivaient à s´émanciper de leur passé. Et il ne s´agit pas seulement des victimes dont les conséquences sociohistoriques séculaires avaient perturbé la valeur et le sens de la confiante et saine liberté ; il s´agissait aussi de méthodes, d´habitudes, d´intentions criminelles employées depuis des siècles pour accumuler, produire, bâtir le fondement de quelque sociétés.
Ces séquelles, d´une part ou de l´autre, dans leurs répétitions ou leurs traumatismes sociaux hérités ou répétés, étaient devenus l´un des dangers les plus significatifs qui menaçaient notre avenir. Aujourd´hui encore des enfants disparaissaient journellement sans laisser de traces ; quant à la criminalité des grandes villes industrielles, elle renie toutes les prétentions de sécurité, d´éducation ou d´instruction et d´information sociale que ces sociétés prétendaient mettre à la disposition de leurs habitants. S´agissait-il, dans le vertige du progrès, de mieux se réaliser ; ou l´inculte, l´alcoolique et le criminel se perpétuaient, comme de la mauvaise herbe ? A quoi servait-il, ce progrès, s´il ne rendait pas son consommateur plus humain, ou moins primitif ou brutal ?
Comment nous protéger efficacement de ceux qui, tout en vivant avec nous dans les temps modernes, se cachaient derrières les tentures et les nombreux moyens financiers ou militaires que nous offre le progrès pour n´entretenir ou ne défendre que des sentiments, des vues, des intentions emmurées ?
Croire qu´avec les moyens de communication que la culture humaine nous offre actuellement nous devons assister passivement à l´appauvrissement criant et cruelle de l´Afrique, à des abus tels que ceux du terrorisme islamique fondamentaliste, à la saignante tragédie de Darfour au Soudan, à l´illégale guerre américaine d´Irak…, c´est nous rabaisser à faire défaut à l´esprit critique supérieur des temps. Car ces manquements détruisent résolument les valeurs fondamentales de notre haute humanité en créant des précédents qu´hélas les simples d´esprit n´aimaient que trop joyeusement à répéter.
N´en déplaise à ceux qui se cachent derrière quid la religion, quid leurs douteux complexes de supériorité ou quid leurs bas instincts raciaux ou hégémoniques ; le progrès est une responsabilité, pas un moyen d´abus. Et comme Galilée, Patrice Lumumba, Simon Kimbangu, Mahatma Gandhi…nous avons tous le devoir de lever la voix. La liberté (primitive) est par trop comprise comme le droit qu´ont certains à imposer leurs conditions et leurs méfaits aux autres. Ou même à vivre à leurs dépends. Cependant que la vraie liberté, elle, est à la fois un partage équilibré qu´un respect indissoluble des droits de réalisation des autres ; elle appartient d´un même élan autant à tout être humain qu´à la société et au monde. Faire sa liberté au détriment des autres, de l´équilibre écologique du monde ou de sa paix, ce n´est faire preuve ni de responsabilité, de civilisation, de grandeur éthique humaine.
Nous devons donc avoir le courage de nous libérer de nos fantômes du passé, de nos faiblesses, de nos manques, de nos erreurs ; sans cela nous resterions partagés entre les forces négatives du passé et notre foi en un monde meilleur. Nous ne pouvons pas nous séparer, hélas, de notre passé ou de notre imperfection ou subjectivité humaine ; s´en séparer équivaudrait à nous priver d´âme, de mémoire, des racines de notre conscience. Mais nous avons la chance, en investissant l´avenir et ses questionnements, de mettre le bien, la justice, le droit à la liberté: toutes ces valeurs qui témoignent de nos hautes origines humaines, au cœur actif de nos préoccupations. Et cela, c´est une preuve tangible d´excellence.
Savons-nous nous donner le temps et les moyens de réaliser une liberté saine, sincère et ouverte à tous ? Tous ceux qui s´attendent à la facilité doivent se détromper ; ce ne sera pas facile, d´autant qu´ elle devient de jour en jour complexe et fragile, pendant que le nombre de ceux qui la comprennent le plus franchement diminue. Et si nous ne pouvons nous séparer ni de notre passé, ni du progrès ; ce que nous pouvons faire, c´est de veiller à ce que ni l´amour de l´un ou de l´autre ne nous prive d´avenir. Parce que dans le sévère jugement que les générations futures feront de cet avenir (qui sera alors leur passé) ; toute la fierté, toutes les plus belles valeurs humaines et sociales y prouveraient notre talent à pardonner, à réparer, à innover afin de célébrer l´amour de l´existence comme une chance exceptionnelle de jouissance et de créativité. Et à ce titre, elle doit rester ouverte, généreuse, fructueuse pour tout un chacun. Dans l´intérêt de tous.
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu.
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