30 octobre 2007
Watson, un prix Nobel raciste ?
Aussitôt élevé sur le piédestal de la recherche scientifique, le chercheur dévoilerait-il son triste visage raciste ?
En commentaire à l´article d´Afrikara : La croyance dans l’infériorité des Africains a un Nobel : Dr Watson, généticien américain
Ces murs irréfléchis et sales qui nous séparent
A mon frère D. Mwamba
Avant propos
Je n´aime pas vraiment cette attitude qui consiste ; pendant que des femmes et des enfants, oui, des sociétés et des peuples entiers désespéraient en Afrique où la pauvreté et la misère était durement à l´ordre indésirable du jour ; que pendant ce temps, au lieu de me débattre avec la recherche de solutions apaisantes, je sois tenu de répondre à quelques élucubrations d´intellectuels incarnés qui se croyaient, depuis que le système occidental les en avait investi, de se mêler de ce qu´ils ne comprenaient pas. Ou réduisaient à une, malgré leurs hauts titres scientifiques, à une criante banalité raciale. J´ai bien l´impression de perdre mon temps, en ces fâcheux moments, parce que ceux qui s´exercent ainsi ne sont rien d´autres que ceux dont la cupidité, les criminelles entreprises historiques hier et aujourd´hui ont conduit et continuent à nuire à ceux auxquels ils renient sournoisement l´intelligence.
Les chiens aboient, la caravane passe.
On a toujours reproché (à tord ou à raison) aux noirs qu´ils dansent au lieu de travailler ou qu´il saisissent toujours le subsidiaire au lieu de s´atteler au principal d´organiser et de défendre leurs intérêts sociohistoriques valablement.
Et c´est depuis quelques temps que je choisis mes interventions sur le net, parce qu´après tout, j´avais l´impression que ceux qui aimaient à provoquer ces réactions ne cherchaient ou ne poursuivaient ni le changement, ni un but supérieur ou louable ; mais bien, dans un large désordre, leurs propres buts. Plutôt économiques et usuels qu´intéressés et conscient que dans le retard africain actuel était nuisible et préjudiciable au monde entier.
Et c´est sous cette perspective, à mon avis, qu´il faut comprendre les allégations plutôt osées et malheureuses d´un frais Prix Nobel de Biologie nommé Watson. J´avoue que je n´ai pas compris ce qui a poussé ce haut technicien de la recherche biologique à parler de l´Afrique. Y aurait-il des parents, ou ces écarts ne seraient que d´un ordre purement scientifique ? On a plutôt l´impression que l´anglo-saxon faux et sournois profitaient du nouveau piédestal que la culture occidentale lui avait reconnu pour s´atteler à ses préoccupations favorites : l´art de dénigrer ou de donner de fausses leçons aux autres cultures pour se guérir d´un complexe résistant, et pour le moins douteux et indigeste. Après tout, qui donc que lui, un biologiste de renommée, doit savoir à juste titre de par l´ADN que nous sommes tous différents les uns des autres ? De là à être devenu une sommité dans le tri ou la sélection de ceux qui sont intelligents ou pas…il faut avoir un culot qui injurie le scientifique qu´il est.
Et malgré tout, sur un certain point de vue, je donne raison à monsieur Watson si on part du principe que le premier devoir de l´intelligence est de développer et de défendre son milieu naturel social. Rappelons-nous, en 2004, revenant d´une tournée africaine, le président Georges Bush déclarait à juste titre sur CNN : « L´Afrique est gouvernée par des incapables ! ». Ce texan a été sidéré autant par la stagnation que par la misère et la désolation qui régnait en Afrique. Et avouons-le, à juste titre, car un peuple conscient et respectueux de ses intérêts se choisit des représentants capables de gérer au mieux sa destinée. Est-ce le cas en Afrique ? Où sont donc les résultats ?
Ce qu´a dit le biologiste Watson n´est rien d´autre que cela. Car, ne nous y trompons pas ; un peuple conscient, soucieux et responsable de sa destinée se choisit des représentants dignes de défendre et de promouvoir ses intérêts au mieux. Et à ce propos les africains et tous ceux qui se sentaient morveux devraient cesser de jouer aux fausses pudeurs ou se révolter devant une évidence qui, eu regard aux manquements et aux malfaçons des élites actuels du pouvoir africain, n´était qu´objectif et justifié. Les marasmes actuels de l´Afrique ne témoignent présentement ni d´une bonne gouvernance, ni d´une capacité affirmée à aboutir à quelques bonnes fins. Et pour ne citer que cet exemple abondamment étalé dans les télévisions occidentales : celui d´un ministre des transports et communications nigérienne demandant aux allemands de bien venir aider son pays à devenir maître de l´explosion urbaine de Lagos : une ville qui, dans vingt ans, allait compter 17 millions d´habitants ! Exemple exhaustif : on voulait aller au progrès sans se donner la peine de le concevoir, d´en prévenir des conséquences et des obligations. Et au lieu d´engager et de motiver ses propres enfants pour lesquels, somme toute, on faisait cet avenir, on faisait appel aux occidentaux. N´est-ce pas là un criant aveu d´impuissance ? Pas étonnant que le complexe d´infériorité s´encroûte chez les africains. Et que chez les occidentaux des gens comme Mailloux ou Watson en prennent plein la bouche.
Il y a bien une différence entre la conscience collective ou individuelle sociale occidentale (ou même chinoise) et celle des africains. Tandis que les premiers veillaient par tous les moyens et les possibilités à ce que leurs intelligences profitent et engrangent leurs sociétés, les africains, eux, découvraient l´individualisme élagué de toute responsabilité sociale. Ou alors, ils croyaient, comme le voulait la culture occidentale de monsieur Watson, que la seule façon d´être reconnu, était de devenir un occidental au masque noir. Ceci ne nous rappelait-il pas un Léopold Senghor (Dont la littérature Africaine a hérité de la phrase merveilleuse : « Qui logera nos rêves aux paupières des étoiles ?) qui prétendait que la race noire était dominée par sensibilité, tandis que la race blanche l´était par sa raison. En remerciement à cette iniquité, la France lui offrit une copieuse pension à la fin de ses vieux jours et lui donna l´honneur d´être enterré au Panthéon. Avons-nous tous les ambitions d´un Senghor ? Non, n´est-ce pas ! Et cependant, combien de sites du Net, aujourd´hui encore, vantaient Senghor sans faire état de cette tache grotesque sur sa mémoire ?
Oui, nous sommes différents ; et bien différents les uns des autres. Et à mon avis, il faut comprendre les allégations de Mr. Watson comme des cris d´égarement désespérés qu´il fallait comprendre comme ceci : que ces africains se laissent enfin domestiquer et renoncent à leur liberté pour se mettre aveuglément au service de notre culture occidentale actuellement mise à mal par ses propres contradictions ! Et la liberté dans tout cela, Mr. Watson ? Fallait-il que tous nous exterminions les indiens d´Amérique quitte à leur offrir aujourd´hui un musée et un pont suspendu dans le vide sur le Grand Canyon ? Fallait-il que nous fassions tous des esclaves africains pendant 4 longs et interminables siècles, que nous ayons pratiqué à loisir l´Apartheid, l´Holocauste pour accumuler et nous développer…pour mériter l´admiration ou le respect de la culture occidentale ?
Une culture qui, pour avoir pillé et violenté à longueur de siècle le monde entier, se retrouvait aujourd´hui surproductrice et dépendante de ses clients étrangers ! Et si ces étrangers qu´on injuriait et qu´on molestait à loisir n´existaient pas, que diable, que ferait-on ? Parler de liberté et de démocratie, et cependant bombarder et envahir des peuples chez eux pour les obliger à consommer étranger, à renoncer à leurs cultures…tout en leur polluant l´atmosphère et en leur consommant toutes les matières sous le nez…si cela s´appelle liberté et démocratie ; eh, bien !
Non, je ne me fait pas de souci, et ce n´est pas un quelconque prix Nobel vomissant son racisme ou se penchant sur un terrain où son ignorance était complète qui me fera sortir de mon bon sens. Car, contrairement à lui, je sais que nous sommes autant différents que nos cultures le sont. Et cependant, je tiens, comme tout africain, à la mienne ; même si cela dérange tous ceux qui croient que tout noir est venu sur terre pour leur servir de cobaye, d´esclave, de consommateur sans âme et sans culture… ou être leur objet favori de chosification. Question de culture et de civilisation. Ce qui n´empêche que nous n´avons que trop bien compris ce qui se passe : la race blanche est bien embêtée de découvrir que pendant ces 600 dernières années, ce qu´elle a tenu ou vendu aux autres n´avait rien à voir ni avec la liberté, ni avec une culture digne et respectueuse des droits des autres. Cela fait mal, nous le savons ; mais à chacun ses vices et ses illusions. Cela n´a rien á voir avec l´ADN ou quelque supériorité raciale bornée et gratuite. Et à propos, pourquoi ne resteraient-ils pas chez eux ; oui, pourquoi voulaient-ils vendre au monde entier leurs produits ? Pas capable de se suffire à soi-même ? Tiens, drôle de supériorité ! Serions-nous par hasard dépendants les uns des autres ? Nous y voilà…alors, pourquoi ces mots gras et pauvrement prétentieux ?
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
Forum Réalisance
24 octobre 2007
Facteur temps
Sommes-nous du passé, du présent ou de l´avenir ?
La liberté sous les rouages des temps
« La liberté a un prix qui témoigne autant du respect que nous avons de nous-mêmes que de celui que nous reconnaissons aux autres et à l´existence elle-même. » MK
La jeunesse, le contemporain de la vie moderne de nos jours ont beau prétendre et se réclamer légitimement de la modernité ; cependant que l´électricité, la médecine, l´auto, le téléphone . le portable.que lnitvie moderne de nos jours aportable, l´avion, le frigo…le MP3, l´ordinateur ; toutes ces inventions qui agréent notre vie quotidienne sont cependant issues du passé proche ou lointain. Et nous-mêmes en tant qu´être humain, nous sommes, comme Darwin l´a prouvé, le résultat d´une longue et passionnante évolution biologique. Alors, sommes-nous du passé, du présent, ou sommes-nous sans racines et sans mémoire, comme la jeunesse et le consommateur d´aujourd´hui avaient tendance, dans leur indifférence, à l´affirmer ?
Nous sommes tous du passé, du présent et de l´avenir ; tout le monde l´a compris. Les valeurs sociales, intellectuelles ou même affectives dont le tourment de la vie nous afflige se fondent sur notre passé pour s´assurer le présent et concevoir et bâtir l´avenir. Et ce dernier pose ou répond autant aux questionnements du passé tout en le niant et en l´améliorant afin qu´il rende justice aux nécessités d´un réalisme sensible, palpable, satisfaisant. Et devant les changements que nous apportent la connaissance, le foisonnement accéléré des rapports humains et l´adéquation des complexes structures de notre contexte humain de réalisation, la grande qualité de l´existence humaine est devenue la capacité à comprendre, démêler et mettre dans un équilibre positif les paramètres de moyens et de possibilités permettant notre meilleure réalisation sensible.
Albert Einstein est peut-être l´exemple type de savant ayant eu à se débattre avec les forces têtues et malheureuses du passé. Avec sa brillante Théorie de la Relativité, non seulement il avait renversé toutes les fausses allégations de ses collègues antérieurs, mais aussi ouvert la physique, les mathématiques, l´astronomie…la philosophie de la connaissance à de vraies grandeurs objectives. La génération actuelle sait-elle qu´elle doit à ce chercheur la bombe atomique, le portable, le GPS…et bien d´autres applications encore ?
Admettons-le : aujourd´hui il ne s´agit pas seulement d´aimer le progrès ou d´y croire ; mais bien de savoir réaliser une liberté humaine qui, tout en s´appuyant sur les erreurs, les abus et la critique du passé, se voue à la construction d´un équilibre bienséant répondant à l´éclosion, au meilleur assouvissement des plus belles valeurs culturelles humaines. Les valeurs négatives pour la liberté et la réalisation humaine, pourtant, et cela malgré le bon sens, l´éducation, ou n´importe quel sain idéal humain, se perpétuaient. Leur fréquence et leur primitivité avaient beau avoir perdu le scandaleux visage qu´ils abordèrent lors de l´esclavage et de la colonisation, mais selon toute vraisemblance beaucoup de peuples et de cultures n´arrivaient à s´émanciper de leur passé. Et il ne s´agit pas seulement des victimes dont les conséquences sociohistoriques séculaires avaient perturbé la valeur et le sens de la confiante et saine liberté ; il s´agissait aussi de méthodes, d´habitudes, d´intentions criminelles employées depuis des siècles pour accumuler, produire, bâtir le fondement de quelque sociétés.
Ces séquelles, d´une part ou de l´autre, dans leurs répétitions ou leurs traumatismes sociaux hérités ou répétés, étaient devenus l´un des dangers les plus significatifs qui menaçaient notre avenir. Aujourd´hui encore des enfants disparaissaient journellement sans laisser de traces ; quant à la criminalité des grandes villes industrielles, elle renie toutes les prétentions de sécurité, d´éducation ou d´instruction et d´information sociale que ces sociétés prétendaient mettre à la disposition de leurs habitants. S´agissait-il, dans le vertige du progrès, de mieux se réaliser ; ou l´inculte, l´alcoolique et le criminel se perpétuaient, comme de la mauvaise herbe ? A quoi servait-il, ce progrès, s´il ne rendait pas son consommateur plus humain, ou moins primitif ou brutal ?
Comment nous protéger efficacement de ceux qui, tout en vivant avec nous dans les temps modernes, se cachaient derrières les tentures et les nombreux moyens financiers ou militaires que nous offre le progrès pour n´entretenir ou ne défendre que des sentiments, des vues, des intentions emmurées ?
Croire qu´avec les moyens de communication que la culture humaine nous offre actuellement nous devons assister passivement à l´appauvrissement criant et cruelle de l´Afrique, à des abus tels que ceux du terrorisme islamique fondamentaliste, à la saignante tragédie de Darfour au Soudan, à l´illégale guerre américaine d´Irak…, c´est nous rabaisser à faire défaut à l´esprit critique supérieur des temps. Car ces manquements détruisent résolument les valeurs fondamentales de notre haute humanité en créant des précédents qu´hélas les simples d´esprit n´aimaient que trop joyeusement à répéter.
N´en déplaise à ceux qui se cachent derrière quid la religion, quid leurs douteux complexes de supériorité ou quid leurs bas instincts raciaux ou hégémoniques ; le progrès est une responsabilité, pas un moyen d´abus. Et comme Galilée, Patrice Lumumba, Simon Kimbangu, Mahatma Gandhi…nous avons tous le devoir de lever la voix. La liberté (primitive) est par trop comprise comme le droit qu´ont certains à imposer leurs conditions et leurs méfaits aux autres. Ou même à vivre à leurs dépends. Cependant que la vraie liberté, elle, est à la fois un partage équilibré qu´un respect indissoluble des droits de réalisation des autres ; elle appartient d´un même élan autant à tout être humain qu´à la société et au monde. Faire sa liberté au détriment des autres, de l´équilibre écologique du monde ou de sa paix, ce n´est faire preuve ni de responsabilité, de civilisation, de grandeur éthique humaine.
Nous devons donc avoir le courage de nous libérer de nos fantômes du passé, de nos faiblesses, de nos manques, de nos erreurs ; sans cela nous resterions partagés entre les forces négatives du passé et notre foi en un monde meilleur. Nous ne pouvons pas nous séparer, hélas, de notre passé ou de notre imperfection ou subjectivité humaine ; s´en séparer équivaudrait à nous priver d´âme, de mémoire, des racines de notre conscience. Mais nous avons la chance, en investissant l´avenir et ses questionnements, de mettre le bien, la justice, le droit à la liberté: toutes ces valeurs qui témoignent de nos hautes origines humaines, au cœur actif de nos préoccupations. Et cela, c´est une preuve tangible d´excellence.
Savons-nous nous donner le temps et les moyens de réaliser une liberté saine, sincère et ouverte à tous ? Tous ceux qui s´attendent à la facilité doivent se détromper ; ce ne sera pas facile, d´autant qu´ elle devient de jour en jour complexe et fragile, pendant que le nombre de ceux qui la comprennent le plus franchement diminue. Et si nous ne pouvons nous séparer ni de notre passé, ni du progrès ; ce que nous pouvons faire, c´est de veiller à ce que ni l´amour de l´un ou de l´autre ne nous prive d´avenir. Parce que dans le sévère jugement que les générations futures feront de cet avenir (qui sera alors leur passé) ; toute la fierté, toutes les plus belles valeurs humaines et sociales y prouveraient notre talent à pardonner, à réparer, à innover afin de célébrer l´amour de l´existence comme une chance exceptionnelle de jouissance et de créativité. Et à ce titre, elle doit rester ouverte, généreuse, fructueuse pour tout un chacun. Dans l´intérêt de tous.
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu.
Forum Réalisance
15 octobre 2007
Le face à face séculaire de l´ambition démocratique
La démocratie de la pauvreté et du manque face à celle de l´opulence et de l´oppression.
Ces inévitables et combien douloureuses vérités
Parfois on se demande ce que pensent tous ceux qui protestaient face à nos revendications, à cette déchirante démarche que nous nous étions imposée pour éclairer nos propres horizons depuis des siècles embrouillés. N´avons-nous pas le droit légitime de nous interroger sur notre propre avenir ? N´en déplaise à ceux qui se sentent morveux, à ceux que cela agace, dérange ; le devoir supérieur de critique et de motivation existentielle nous oblige y bien.
Faut-il vraiment croire que des gens de bonne foi, et cela devant le désolant tableau qu´offrait l´Afrique actuellement, qu´ils exigeraient des africains qu´ils se taisent et se laissent entraîner, comme par le passé quid par l´ignorance, l´illumination dans un gouffre social et culturel qui ne cessait de grandir ?
Ceux qui exigeaient des africains qu´ils n´accèdent pas à l´aspiration supérieure de la liberté et du droit légitime à la réalisation sensible ; à quel genre d´êtres humains avons-nous affaire ? A des civilisés, des humanistes ou des démocrates comme ils aimaient abusivement à le crier sous tous les toits tout en continuant à appauvrir, piller et volontairement consigner nos femmes et nos enfants au désespoir existentiel le plus vil ? Ou s´agissait-il tout simplement d´exercer un vieux réflexe primitif de la race humaine qui voulait que celui qui ne savait pas se défendre lui et ses biens, que celui-là devait se laisser détrousser, se plier aux abus et au sort chosifié que lui réservaient ceux qui dominaient ou étaient à même d´imposer leurs dictats existentiels ?
Pour les africains, répondre à ces questions, c´est mieux comprendre pourquoi l´Afrique doit cesser de se faire des illusions ou s´enfermer dans une passivité qui ne protégeaient ni sa culture, ni la réalisation sensible de ses enfants, encore moins leur avenir. Pourquoi ? Mais parce que nous sommes tous, habitant de la terre, soumis à un existentialisme solidaire et interactif. En effet, de par notre environnement, l´air que nous respirons, les matières premières, la cupidité primitive commerciale des uns et le défaut dominateur des autres ; tout cela est un carrousel avec lequel notre sens supérieur d´être humain doit apprendre à trouver les moyens et les idées avec lesquelles une meilleure cohabitation humaine est réalisable. Car l´air que polluaient les uns en s´adonnant à leurs excès favoris, ou les excédents d´armes et de produits de consommation avec lesquels aujourd´hui la misère et la pauvreté étaient institutionnellement produites et subventionnées; ces valeurs réelles et monétaires, quoique positives en elles-mêmes, abusivement et sournoisement employées, tous avaient en Afrique, hélas, le regrettable résultat de consigner, de léser et de détruire des droits humains légitimes et fondamentaux.
Produire, organiser, promouvoir et au besoin défendre énergiquement nos sociétés en repoussant les ingérences et les envahissements autant matériels, institutionnels que monétaires qui empêchaient ou minaient notre développement à la stagnations étaient la seule réponse mécanique valable pour sortir du sous développement. Cela est disons-le bien, facile à dire qu´à faire ; j´en conviens, mais pour quiconque a réellement compris le vice de la situation africaine actuelle, cela saute aux yeux. Car sans produire de soi-même les moyens et les instruments de réalisation, aucun peuple, aucune culture ne s´en est sorti. Et ce problème de la technologie de la production est assez ardu, parce que contrairement à ce que la culture occidentale nous a habitué, la production n´est ni libertin, ni un instrument d´abus ; elle est liée autant à l´environnement, à notre quête continue de satisfactions et de projections réelles, qu´à la rareté des matières premières et au respect de facteurs humains et sociaux. Voilà pourquoi nous critiquons véhémentement la consommation occidentale abusive des matières premières, surtout si, avec l´emploi soutenu de machines, le chômage et le profit aveugle et libertin avaient envahi la société postindustrielle. Est-ce là le sort ou l´exemple qui nous guète toutes les sociétés humaines ? Avons-nous le droit, oui, le devoir de prétendre à d´autres alternatives plus sociales, ou pas ? A la longue, à quoi rimait donc l´enjeu social supérieur de toute société ambitieuse et respectueuse de ses membres et de son avenir ?
Le profit, toujours plus grand, toujours plus privilégié, toujours plus irresponsable ; mais ce profit, quelle était donc sa finalité, somme toute ? Sinon être, grandir et rester au service de ses maîtres humains ? Existait-il dans le désert du Sahara quelques millionnaires tombés du ciel ; et si c´était le cas, combien de temps tiendraient-ils sans ceux qui les enrichissaient ? Les matières premières, elles, ne poussent pas sur des arbres fleuris chaque année. Elles ne sont pas éternelles. Et à la vitesse où l´occident, les chinois et bien d´autres indiens les engloutissaient, celles-ci risquaient de disparaître ou de n´être accessibles qu´aux riches ou à des prix exorbitants. Ainsi donc et si ces minéraux et fluides naturels appartenaient moralement à tous, il n´y a aucune raison qu´elles servent aux uns et pas aux autres. Ou que certains les utilisent pour bombarder, massacrer les faibles ou s´ériger en toute puissance de la domination.
Angéla Merkel, la chancelière allemande, en voyage en Afrique en Namibie a reconnu que l´extraction (et la consommation, bien sûr) des matières premières devait être liée au développement social. Et selon elle, les pays africains se devaient de l´imposer à leurs clients engloutissant. Après Sarkozy, encore une leçon de savoir faire de stratégique politique aux africains surpris à se vendre à bas prix ?
Cette remarque était une reconnaissance de nos revendications. Mais elle était aussi une accusation ouverte envers les élites africaines qui dépensaient les richesses de leurs peuples sans leur offrir les compensations sociales, promotionnelles et matérielles auxquelles ces peuples avaient légitimement droit. Bien au contraire, de Obasanjo à Dos Santos en passant par Mobutu, Kabila et autres...tous ces chefs d´Etats enflaient leurs comptes en banque étrangers en se faisant virer des tantièmes de provision sur la vente des matières premières de leurs pays, sur l´octroi de licences de déboisements sauvages, de pêches industrielles intensives ou d´achats de biens d´approvisionnement. Où étaient donc restés la production, les ponts et chaussées, l´instruction, la promotion et la mise en valeurs de la créativité des leurs ? De deux chose l´une : ou ils sont incapables, ou ils ne savent rien de l´exercice du pouvoir pour lequel ils ont été élus. Fallait-il que nous nous taisions, que nous supportions tous ces méfaits parce que...nous sommes des africains ?
Faut-il vraiment croire que pour tout africain tout lui tomberait du ciel, qu´il était pied et poings liés au bon vouloir étranger occidental ou chinois ? N´avons-nous pas devant nos yeux avec l´industrialisation précipitée de la Chine, que celle-ci, pressée par le vieillissement prochain de sa population, ne faisait cas ni de l´écologie, ni des moyens de promouvoir de meilleures sources d´énergie ? N´est-il pas visible que cette grande nation chinoise envahissait le monde de ses produits, comme l´avaient fait auparavant les occidentaux ? Fallait-il croire qu´il faut d´abord envahir les autres et les contraindre quitte à leur apporter, un jour peut-être, une quelconque idée, un quelconque réveil de respect culturel ou humanitaire ? Si tous nous devions passer par là, pourquoi diable cela doit-il être différent avec les africains ?
Et, question de mémoire et de conscience historique, si nous nous retournions dans notre histoire ; qu´avons-nous appris de toutes nos expériences séculaires ? Que les intérêts occidentaux ou ceux des envahisseurs arabes islamisants étaient les nôtres, peut-être ? Ou que ce qui se produisait ou se défendait en occident était notre culture et notre avenir ? Non, n´est-ce pas ! Là était le complexe intellectuel que nous déplorons, parce qu´il suppose et prétend que la culture occidentale nous ferait notre avenir, et qu´il ne suffisait que de croire à sa religion, à ses valeurs et à les consommer et les pratiquer pour que notre avenir soit garanti et nous-mêmes aux portes du paradis. Ce méprisant conditionnement mental que les occidentaux avaient largement prodigué en Afrique et en Amérique latine était aussi bas que vil. Mais aujourd´hui, ne fallait-il pas changer de mentalité, ou s´accrochait-on désespérément à la soutane du curé tout en reniant, en repoussant un christianisme intéressé rendant crétin, bêtement soumis et plutôt improductif que créatif et libre ?
Tous les africains qui sous estimaient ou cautionnaient ces états de choses, ceux qui les acceptaient par ignorance ou tout simplement par aliénation ; se rendaient-ils compte de l´offense, du grave manquement qu´ils affligeaient à leurs propres existences, libertés et droits humains ? Oui, les vérités font beaucoup de bruit, et peut-être font-il couler autant de larmes et de tourments ; il faut cependant, au nom de la liberté et de la fierté humaine, avoir le courage de les accepter. Sinon on ne fait que tourner en rond ou se mordre la queue tout en prétendant chercher ou aimer sa vérité.
L´Afrique subit actuellement une sélection naturelle des plus infâme, parce que l´occident, et avant eux les arabes, lui dicte et lui impose des conditions existentielles qui n´étaient ni les siennes, ni dans les intérêts protégés de son accumulation et de son avenir. Et au lieu de préserver le meilleur d´elle-même, de procréer ses propres instruments de réalisation et de défense de l´avenir, elle les mettait à disposition. Et ce faisant en danger de dépérissement. Ceux alors qu´on entendaient chez les africains parler suavement de modération, ou même chez les occidentaux de coopération, de démocratie ou de liberté tout en entretenant ces nuisances actives et volontaires étaient à mon avis de grands filous. Ou des primitifs de grands chemins. Existait-il de démocratie de la faim et de la misère, ou de démocratie de la domination et de l´oppression qui se complaisait et se nourrissait de l´appauvrissement, de la soumission de la première ? C´est à peine si on n´entend pas Michel Debré prétendre : « Il faut des esclaves aux hommes libres ! » Car il est clair que derrière de fausses tentures de modernisme, de culture, de civilisation ; trop souvent le primitif et le prédateur animal fêtaient leur large médiocrité. Sommes-nous tous à ce point aveugles que nous les accompagnions joyeusement ou aveuglement dans leur débauche ouverte ?
Etre un être humain, se reconnaître de l´élégance et de la supériorité de la race humaine ; c´est bien autre chose que de se comporter comme le primate le plus bas ou croire que ses devoirs envers soi-même étaient au dessus de ceux des autres. On le voit : contre ce genre d´excès, il faut bien apprendre à se défendre de cultures et de politiques qui, tout en étouffant et en employant les autres à leurs dépends, leur prédisaient cependant sans le moindre gêne : je te fais le progrès, la démocratie ou la liberté. Incroyable ! Chacun, chaque culture est une part de démocratie et de liberté qu´elle doit apprendre à épanouir, à maîtriser, à accomplir. Celui qui prétend faire la liberté ou accomplir la démocratie ou le progrès pour les autres tout en les pillant et en les violentant ; tout en les envoyant en esclavage, au chômage ou à la pauvreté est une bien piètre quantité humaine. Parce qu´en fin de compte, ce qu´il condamne ou méprise, c´est son propre visage délirant que ne lui reflète l´autre. Après tout, lui aussi il a un visage, un souffle, une vie, des désirs, des droits…une culture !
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
Forum Réalisance
07 octobre 2007
Sur ces Tupolev désuets et meurtriers
Ou les victimes africaines des cessations de paiement et des économies en banqueroute incapables d´entretenir décemment leurs flottes aériennes.
Les faux débats sur les responsables de ces meurtriers accidents
Dans tout le Net on n´entend que la discussion sur ceux qu´on doit rendre responsables du crash de Kinshasa qui en est déjà à sa deuxième péripétie. Les journaux kinois, eux, se débattaient dans une retenue inexplicable. Et pourtant, les victimes étaient bien là. Au fait, qui en porte réellement la responsabilité ? A mon avis tout le monde, et principalement ceux qui, dans leur gestion malheureuse, dévoraient ou dilapidaient les accumulations nécessaires à l´entretien et le renouvellement des flottes aériennes africaines. L´union Européenne avait déjà mis à l´index bien de sociétés aériennes africaines. Et malgré tout, ces Tupolev construit dans les années ´70 sont encore en service dans les lignes africaines intérieures. Alors, pourquoi s´étonne-t-on que de tels accidents meurtriers surviennent ? N´est-ce pas inconscient et dangereux de délivrer des licences de vol à des appareils désuets ? Je le pense bien.
Tout cela est symptomatique des marasmes économiques actuels dont souffrent les africains. Au lieu de s´acheter des avions qui engouffraient irrésistiblement leurs réserves monétaires au point qu´on ne savait plus tard ni les entretenir, ni les renouveler ; il faudrait plutôt penser à les construire. Ou les monter sur place, ce qui ferait épargner une partie considérable de leurs coûts. L´investissement lourd, on ne peut que le dépenser une seule fois ; et cela est d´autant vrai quand ces paiements ont traversé les frontières nationales, car elles ne recréent ni synergie économique et structurelle sur le marché national, ni industries de pièces de rechange. Comment diable expliquer aux africains l´économie ; ne voient-ils pas que ces importations sans lendemain sont porteurs de pauvreté et de ruine chronique ?
Alors chercher les responsables au gouvernement ou même chez le président congolais, c´est jouer furieusement à la chasse aux sorcières. Le premier responsable de ces méfaits est le peuple lui-même, parce qu´il se laisse détrousser sans vergogne par les étrangers. Le second est la classe politique qui laisse faire ces choses tout en gagnant en commission, comme on le sait, sur ces ventes d´avions vétustes et mal entretenus par défaut d´entretien régulier. Qu´on cesse donc, comme des enfants faussement surpris, à rejeter la responsabilité aux autres pour se laisser passer comme des vertueux. Celui qui s´adonne à ce jeu mesquin n´a soit rien compris, ou il veut tout simplement tromper les naïfs et les innocents touchés par ces malheureux crashs. On aurait pu les éviter, c´est certain. Mais où est l´argent pour se payer de nouveaux avions si les caisses de l´Etat sont vides et béantes ? Et si les techniciens et les ingénieurs chargés de surveiller le bon état de ces avions n´étaient ni entendu, ni bien payés ? A grands pas, on les retrouvait à l´étranger…
On attribue actuellement à Kabila le propos selon lequel le Congo voudrait se nantir de bombe atomique…Personnellement je n´y crois pas beaucoup, parce qu´un président qui n´est pas arrivé ni à vaincre l´électrification de son pays, ni la pauvreté, ni l´amélioration des conditions scolaires et universitaires dans son pays…croire qu´il rêve de domestiquer l´atome, c´est de la pure illumination. Si ces bruits sont vrais, cela ne confirme que d´autant mieux son incapacité et son manque de réalisme et de logique politique. Oui, je ne crois pas que l´atome doit avoir priorité avant une alimentation suffisante et adéquate. Il ne faut pas mettre la charrue devant les bœufs. Ce genre de déclarations, outre qu´elles sont passibles d´éveiller –à raison – la méfiance de nos pays africains voisins, elles risquent aussi de fâcher les partenaires occidentaux. Ce risque d´isolement et de méfiance était-il nécessaire ? A mon avis non, absolument pas.
Je considère comme un droit légitime à tout peuple à dominer l´atome pour ses avantages civils et énergétiques pour l´avenir. Et je persiste. Mais quand on n´a même pas pris la peine de maîtriser l´énergie solaire qui se trouvait devant notre nez, allez s´hasarder dans la bombe atomique quand on n´a ni l´aviation, ni les lanceurs nécessaires à porter ces dangereux engins de mort chez l´ennemi, tout cela est de la pure illumination grossièrement gratuite. Et à propos, quel est l´ennemi pour lequel on se fourbit de cet armement dangereux ? A-t-on aussi pensé ou résolu le problème de stockage de déchets radioactifs ? Ne pas être capable de doter ses villes de canalisations dignes de ce nom, ou même de centre d´ébouage et de recyclage de déchets domestiques…et être cependant capable de se doter d´une bombe atomique ? Hem,…permettez mon sarcasme : tout cela ressemble à un canular de fou furieux et dangereux. Et si nous gardions les pieds sur terre ? En commencer d´abord par monter ou construire des avions afin que les nôtres se déplacent en sécurité ?
Décidément, à croire que le pouvoir en Afrique est paranoïaque et irréaliste. Enfin, ne croyons pas toujours ce que déverse le radio trottoir. Le bon sens africain existe bien.
Musengeshi Katata
Moto na Bahto, Bahto na Moto
Forum Réalisance
L´Allemagne promet une aide de 3 milliards € à l´Afrique !
La ruée vers la générosité allemande ? Hourrah, pourrait-on dire, vive la St Nicolas ; l´Allemagne aurait-elle plus de cœur pour l´Afrique que la France, par exemple ; ou assistons-nous à une guerre de chiffres ayant pour but de souligner le retour allemand en Afrique ? La politique paternaliste de la France en Afrique serait-elle dépassée ?
L´Afrique : un gouffre sans fin parce qu´irresponsable et inconscient ?
Angela Merkel, la chancelière allemande, lors de son actuel voyage en Afrique, a promis à l´Union africaine en Ethiopie, que son pays était disposé d´aider l´Afrique dans un ordre de 3 milliards. Quoiqu´on ne sache comment cette aide sera répartie, ainsi que les conditions sous jacentes à son obtention, en Afrique cette déclaration a soulevé une véritable ruée d´intérêts parmi les gouvernements et organisations non gouvernementales du continent. On se demande cependant dans les milieux avertis si cette déclaration numérique ne serait-elle rien d´autre que l´ouverture de la campagne néocolonialiste envers l´Afrique. Avec un coup bas à Sarkozy qui s´était contenté, comme par le passé, à aller jouer le missionnaire et le professeur des sciences du développement ou de la bonne gestion de ses adeptes de la francafrique ?
Cet argent ou plutôt cette promesse d´aide soulève, néanmoins, bien plus de questions que de soulagement. Pourquoi ? Mais parce que comme le disait l´historien Bwemba Bong, et avant lui Tibor Mende (De l´aide à la recolonisation) ou même Thomas Sankara et Patrice Lumumba, toute aide à l´Afrique est la bien venue, mais ce genre d´aide conditionnée et obligeante est tout de même vicieuse, si pas dangereuse à la liberté et au libre développement du continent africain. Parce que les pays donateurs exigent toujours qu´on achète chez eux, et sont à même d´obliger les preneurs à acheter ceci, se parer de cela, agir dans ce sens et non dans celui-là…bref, véritable diplomatie et conditionnement économique et politique du portefeuille. Et ceci, sans ouvrir réellement leurs marchés aux produits africains, ce qui limite les investissements en Afrique !
Mais les incapables avaient-ils le choix ? Quand on trépigne et on se roule depuis des décennies dans la boue, et qu´on vit de l´aumône occidentale pour financer ses petites aises, ses pompeux voyages, et engorger ses comptes financiers à l´étranger au détriment de son peuple ; cet argent n´est-il pas le bienvenu ? Certainement. Mais hélas, cette aide employée de la sorte, comme nous en avons si souvent fait l´expérience, ne mènerait nulle part. Il n´y a d´aide véritable que celle qui t´aide à concevoir et produire toi-même tes propres moyens d´existence en donnant du travail à tes techniciens, tes chercheurs et en répondant aux besoins et aux ambitions des tiens. Dans quelques années nous reviendrons à cette place et nous parlerons encore de la misère et de la stagnation en Afrique. Ceci dit, tout cela n´est que le scénario que nous vivons depuis 47 longues années postcoloniales ! Incroyable. A se demander : à quand la liberté et la fin de la pauvreté ? A quand la prise de conscience et le sérieux politique en Afrique ?
Quand les pays africains ont assez accumulé pour entamer les premiers pas de leurs développements, tout l´occident accoure et comme une armée de sangsues, avec lice et malice, ils s´emparent de toutes les réserves monétaires qui se transforment rapidement en bibelots, en routes pour les limousines étrangères, en usines clé sur porte qui rouilleraient bien vite sans pièces de rechange…Déjà vu et revu. A s´en mordre les doigts. Et pourtant, on est toujours surpris de voir à quel point l´illusionnisme a grande conjoncture sous les tropiques, et subjugue tapageusement le bon sens, la science et la raison. Peut-être n´a-t-on pas appris à rêver, à concevoir ou à s´aimer soi-même en se donnant cette part de confiance qui ose et respecte la liberté au dessus de tout ?
Ces trois milliards aussi conditionnée que soit cette aide, elle ne sera efficace que si la malversation financière, la corruption, l´illumination débile et incapable d´une élite bornée, en manque d´imagination et d´ambition pour leurs peuples ; que tout ce marasme cessera et que cette aide sera enfin employée à inventer et créer les moyens utiles de foisonnement. Sinon, rien ne changera. L´occident qui n´avait hier fait aucun cas du développement de l´Afrique donne tous les avant signes de changer lentement de logique. Dans son intérêt, bien sûr. Si hier il ne s´agissait que de ramener les moyens de paiement en occident avec un corollaire désintéressé d´appauvrissement et de mystification pour l´Afrique ; sa surproduction, sa saturation commerciale actuelle ainsi par ailleurs que la concurrence de la Chine et de l´Inde sur les marchés des produits finis, tout cela pousse l´occident soudainement à se guérir d´une cupidité malsaine et plutôt inhumaine que respectueuse de la démocratie et de la liberté envers l´afrique noire.
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Ce pas, ce changement est plus dur et plus ardu qu´on ne le pense parce que tout son système monétaire, économique, financier et même la logique politique existentielle est fondé sur l´exploitation des faibles. Et particulièrement des africains. Depuis des siècles. La question : cette culture occidentale saura-t-elle enfin se départir de son complexe prédateur de supériorité est bien d´actualité, ou s´agissait-il de tromper et d´user des apparences pour mieux piller, encore une fois ? Qui sait. C´est pour cela qu´il ne faut pas se croire au paradis avec l´aide; elle doit plutôt servir à autre choses qu´à reproduire la misère et la pauvreté de demain.
Et si cette aide n´avait pour but que de créer artificiellement de nouveaux acheteurs pour l´industrie allemande en mal de clients, ce ne serait qu´une courte étape vers une nouvel appauvrissement des africains dans un tout proche avenir. Et ce faisant, ni le développement de l´Afrique n´aura lieu, ni la fin des invendus des pays industriels surproducteurs. Mais qui sait, peut-être ne s´agissait-il pas d´aider…mais tout simplement de gagner du temps…en exportant ce qui ne trouvait plus preneur…pour éviter le collapse dangereux du chômage à domicile en faisant d´une pierre deux coups en se frayant financièrement l´accès aux matières premières indispensables à leurs industries. Mais tout le monde a compris, l´impasse est un cul de jatte; parce que les produits ainsi réalisés doivent être vendus.
Mais alors il revenait aux africains de le comprendre et d´employer cette aide dans un sens qui servirait à tous : au développement africain autant qu´au foisonnement des échanges économiques et commerciaux prochains avec les donateurs. Tout est-il dit ? Non, bien sûr. Cette armée africaine d´élites corrompues et dévoyées de leurs devoirs, saura-t-elle revenir à meilleurs sentiments ? Il doit bien y avoir en Afrique des gens de meilleures vertus que ces aliénés et dictateurs de la francafrique ! Car ne nous égarons pas, trois milliards, ce n´est qu´une goutte d´eau dans la mer des besoins de financement et d´investissement en Afrique. Mais les négliger comme par le passé ou les brader dans des projets plus tapageurs qu´efficaces et rentables à l´avenir et au développement des nôtres ; ce serait manquer de sérieux à tous les points de vue. Et nous suicider sans retour. Faut-il vraiment croire que l´Afrique n´a pas marre de la misère et de la stagnation ? Je le pense bien...alors ?
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
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