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Forum Réalisance

Cet espace va à la recherche de l´existentialisme de l´homme noir pour lui permettre de mieux se déterminer face à l´histoire et face à la réalisation de sa liberté.

01 novembre 2007

Sur les actuels interdits de consommation en culture occidentale

Hystéries d´interdits paternalistes déplacées et plutôt gratuites en période de crise de valeurs ou nécessités fondées et utiles ?

Se mordait-on la queue en se souciant de la santé des gens ?

« Les fantômes de l´excès et de l´abus qu´on déterra insolemment hier sont parfois difficiles à vaincre les lendemains de fraîche sagesse »

Oui, on se demande bien ce que les nouveaux interdits culturels de fumer (du moins en lieu public, en état de grossesse ou en présence de malades et d´enfant) ont de fondements sociaux défendable face à la liberté quand on pense que l´industrie de la cigarette emploie un nombre considérable d´employés et fait des chiffres d´affaires considérables qui charrient, selon les cas, plus de 60% de leurs gains dans les casses des finances publiques et d´œuvres caritatives. Ce qui veut en réalité dire que celui qui avait profité des ventes de tabac et accessoires était…l´Etat ! Pour donner un exemple de grandeur, lorsque le paquet de cigarette coûtait 5 €, son prix de revient n´était que de tout au plus 1, 20 €. Le reste était taxes et redevances payées à l´Etat. L´Etat européen et même américain se mordrait-il sa propre queue en mettant à l´indexe ses meilleurs revenus et source généreuse d´imposition ?

C´est hélas vrai depuis que les maladies des poumons et le cancer occasionnés par ces dégustations culturelles ont pris des proportions lourdes pour les finances des sécurités sociales condamnées à soigner leurs maladies. Dans l´Union Européenne, par exemple, la facture annuelle s´élève à 200 milliards €. Et fumer est la cause de mortalité de 25% de la population entre 20 et 35 ans. Dans les pays industrialisés, et par an le nombre de victimes du tabac s´élève à 1 million de personnes ; quant aux pays sous développés, celui-ci s´élève à 650.000. On comprend ainsi plus facilement que les coûts et les effets négatifs dépassant largement le goût du libéralisme culturel, tout l´occident mette tout en œuvre pour combattre un fléau qui devient nocif pour la démographie autant que les économies nationales.
Pire encore sont les chiffres de l´alcoolisme. En Angleterre on estime à près de 70% les jeunes souffrant d´alcoolisme entre 16 et 25 ans ! En Allemagne, les dégâts dans la jeunesse sont considérables et occasionnent par an des frais de l´ordre de 90 milliards €. On comprend alors le but plutôt sain de ces campagnes. Ce qui surprend, c´est cette contradiction qui mettait autant l´Etat que l´emploi et la consommation devant un quid pro quo drôlement accusatif et pour le moins difficilement soluble. En effet, la fin des excès du tabac et de l´alcool vont non seulement diminuer les revenus des Etats ; elles vont aussi créer une large tranchée de nouveaux chômeurs. Et cela touche aussi la puissante branche publicitaire de ces produits.

Le plus curieux dans cette affaire, c´est que ces deux produits ont été, à côté du sucre qui enrageait les sociétés industrielle avec la diabète et l´obésité, la source autant de l´esclavage que celle d´une exploitation sauvage en Afrique, aux Antilles, à Cuba, dans toute l´Amérique latine. Aujourd´hui on se rend compte que ces libertés culturelles prisées comme éléments de bien-être individuel et social étaient diablement nocives et lourdes de coûts de santé. Mais comme tous les abus hérités du passé, s´en débarrasser aujourd´hui est devenu autant difficile que coûteux parce qu´ils se sont profondément ancrés dans les mœurs et les habitudes intentionnelles ou instinctives des populations. Boire ou fumer, cela fait bien, cultivé ; cela rassure ou guérit de quelques défauts ou insuffisances d´aise, prétend-t-on. Et cependant abusées, ces habitudes tuent par des maladies autant horribles que viles. Mais comment se débarrasser de maux, d´excès qu´on a si longtemps encouragé et pratiqué comme des symboles de culture et de goût ? Cela va prendre du temps, c´est certain. Et au demeurant, les Etats et les individus devraient aussi se libérer de cette fâcheuse (et bien sûr malsaine) habitude de croire que tout ce qui enrichit ou pousse à la consommation est sain, pourvu que le profit y fête son abondance. Les coûts sociaux de santé et les conséquences tenaces sur les économies nationales poussent cette fois-ci à mettre un frein à ces excès ; mais peut-être devrait-on, pour que ces campagnes soient autant plausibles qu´efficaces, d´encourager et de soutenir une philosophie de la consommation qui ne pousse pas les gens aux excès parce que cela rapporte à l´Etat ou aux multinationales enragées de faire profit et expansion à n´importe quel prix. Est-ce possible ? Quand on sait que les profits des multinationales sont fiévreusement encouragés et défendus par les Etats qui en attendent les revenus d´imposition. Ne se retrouvait-on pas là de nouveau dans un cul de jatte de bonnes intentions qu´on clamait bien haut plutôt qu´on y croyait sincèrement ? Les vices du passé, en tout cas, semblent rattraper leurs victimes du monde d´aujourd´hui et les mettre à mal.

Mieux vaut prévenir que guérir disait le vieil adage ; la liberté des esclaves d´hier qu´on renia et qu´on jeta aux oubliettes est tout aussi valable aujourd´hui que la santé de ceux qui abusent du sucre, de l´alcool, du tabac, de la drogue que jadis tout l´occident et parmi eux la petite Belgique alla vendre en Chine comme un médicament occidental. Incroyable ! Pour guérir quelle maladie ? Aujourd´hui, lorsqu´on entendait ce même occident lutter contre la drogue et ses effets néfastes, on se demande s´il se rappelle d´avoir lui-même réveillé et entretenu les maux dont il s´empressait aujourd´hui à proclamer les interdits. Se rappelle-t-on des traînées de cocaïne découvertes dans les toilettes de l´honorable Parlement Européen il y a quelques temps ? En Allemagne, ce fut aussi le cas. Eh oui, ce ne sont pas seulement les petites gens qui doivent respecter la loi ou protéger leur santé ; les élus et les représentants de l´Etat et de ses institutions doivent eux aussi faire preuve que la morale, l´éthique sociale est valable pour tous. Mais s´ils s´arrangent pour être au dessus de la loi et des interdits dont ils ont l´habitude de couvrir leurs subalternes…rien ne changera de sitôt. Surtout si ces fameux vices sont devenus, entre temps et à force de consommation prisée, générateurs de considérables profits. Ce qui est le malheur des uns semble être la fortune des autres : notamment des fabricants de médicaments, de psychologues, de marchands d´armes, de fausses politiques sociales créant plus de bidonvilles, de chômage et de psychoses sociales, de prostitution. Les interdits ne venaient-ils pas à point en permettant de tromper la réalité à défaut de savoir changer les choses ?

Mais n´est-ce pas là le véritable vice de notre civilisation contemporaine de prétendre vaincre le vice ou le mal dans les sociétés humaines tout en entretenant sournoisement celles-ci d´une façon ou d´une autre ? Certes, certes ; errare humanum est. Et nul être ou institution humaine n´est infaillible ; mais il est d´autant aussi vrai qu´en torturant, en privant de liberté et de droits à qui que ce soit on soit à même d´aboutir au bien ou à la justice. Il n´y a que le bien pour procréer le bien ; la justice pour engendrer justice, l´équilibre sain et raisonné du bon sens pour lutter contre les bas instincts et les abus trépidants qui louvoient dans toute société humaine. Mais peut-être tout ce soudain amour pour la santé de leurs citoyens était motivé par natalité décroissante en occident, ainsi que l´augmentation remarquable des cas d´allergies. Qui sait ? Peut-être devrait-on se demander si l´industrialisation exagérée avec ses gratuites synthétisations, sa pollution et ses stress n´en étaient pas réellement la source.

Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

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Posté par Musengeshi Kat à 12:13 - Echange d´opinion - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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