Ce pasteur audacieux de la politique française en Afrique, était-il fiable ? Ou comme tous ses prédécesseurs, il ne s´agissait que d´enfumer son monde ?

A beau mentir qui vient de loin ?

A n´en pas finir : Sarkozy par-ci, Sarkozy par-là ; à croire que Sarkozy voudrait, pour polir son assurance, s´instaurer en Louis XIV de l´Afrique. Tout le monde sait, cependant – et cela en pensant particulièrement au mémorable passé entre la France et Haïti, - qu´on fait beaucoup de vent autour de la république irréprochable. Quant à la France, on y crie plus fort qu´on est capable de tenir ses promesses. Il est plus facile d´aller clamer aux Amériques du New Deal qu´on veut généreusement offrir aux africains, que, par exemple d´ouvrir le marché français aux produits africains. Bien au contraire, les français vendaient leurs tomates délaissées au Sénégal, tandis que les hollandais, eux, noyaient le Ghana avec leurs oignons. Beaucoup de vent, donc pour rien. Tous ceux parmi les africains qui s´hasarderaient à croire au père Noël risqueraient, comme par le passé, à se retrouver les fers aux poignets et appauvris on ne peut plus désespéré.

Tout africain de bon sens devrait aujourd´hui se demander : si Sarkozy était de bonne foi, lui et sa république irréprochable ; pourquoi ne levait-il pas, lui et ses pairs, le siège de la francafrique ? Alors, quoi ; ne pas être capable de reconnaître la liberté et la souveraineté économique et financière aux africains, mais leur abreuver gratuitement de conseils et de prédictions pastorales aussi vides que gratuites ? Parce que, dire aux africains : «…C´est à vous de comprendre que nous avons un avenir commun… » C´est verser l´huile sur le feu, autant qu´avec un sarcasme blessant, malsain et frondeur, faire fi de l´histoire et de la réalité des méfaits francafricain d´aujourd´hui. Un avenir commun ? Mais Dieu du ciel, depuis quand la France le savait-elle ? Depuis l´esclavage, peut-être ou…depuis les massacres en Algérie luttant pour son indépendance et sa liberté ?

Oui, on se demandait bien ce que cette insinuation voulait dire ? L´africain tarderait-il à comprendre que depuis des siècles la France pillait, violentait, empêchait biens de pays de ce continent à exercer librement leurs souverainetés politiques, économiques, financières ? Ou encore faudrait-il comprendre ce « conseil » comme un ordre à abdiquer, à se soumettre enfin aux bons vouloirs politiques de la grande France ? L´esclavagiste d´hier, le colonialiste invétéré ou le marchand de faux catéchisme abrutissant revenait-il à la charge pour exiger de ses victimes qu´elles veuillent bien accepter leurs plaies et leurs cicatrices parce que la France ne savait pas leur reconnaître la liberté qu´elle clamait depuis 1789 prétentieusement sous tous les toits du monde ?

Oui, on était suffoqué par un tel courage ! Et, dites donc, qui devait comprendre quoi ? N´était-il pas à la France de comprendre enfin que la liberté était un bien légitime et que les africains n´étaient, en aucun cas, prêts à mettre à disposition ? Un peuple qui, tout en proclamant les droits de l´homme en 1789 vendit des esclaves noirs, s´empara et s´appropria de terres et de peuples libres…fit colonisation, soutint l´Apartheid et assassinat les élites africaines à la pelle ; ce peuple pouvait-il aujourd´hui aller demander à ses victimes séculaires de comprendre ? Comprendre quoi, que diable ? Désolé, j´ai bien peur qu´il n´y aie un bien lourd malentendu !

Ou faudrait-il « comprendre » cette phrase comme une mise en garde, comme un avertissement annonçant la punition par la république irréprochable, de toute velléité africaine prétendant à une toute autre liberté que celle délibérée par la France et par ses intérêts ? De quelle liberté s´agit-il, donc ; celle qui commence par 450 ans d´esclavage et de crimes divers et gratuits, pour se terminer par une francafrique étouffante ? C´est à peine si on ne devait pas citer un ancien premier ministre polonais qui disait récemment, à l´endroit des allemands et de leur influence imposante dans l´Union Européenne : « Les bourreaux d´hier nous imposent aujourd´hui leur sens dévoué de la liberté ». La France de Vichy, rappelons-le, avait remis à l´Allemagne Nazie 75.000 juifs français qui furent exterminés dans les camps de concentrations allemands. Le premier ministre Jaroslaw Kaczynski, lui, ne l´avait pas oublié. Il alla jusqu´à exiger de compter les morts polonais de la deuxième guerre mondiale pour ne pas tomber sous les lois de vote majoritaire des pays à grande population dans l´U.E. (Mais tout le monde sait qu´il ne fit cette remarque que pour taquiner les allemands et les français. Ces derniers, à Munich en 1938, signèrent conjointement le traité qui livra la Pologne définitivement aux mains des nazis !). La France qui croyait alors échapper à l´occupation allemande fut bien surprise d´être, elle aussi, une des victimes. Eh, oui…

Les africains n´ont pas été sans remarquer, le 14 juillet 2007, qu´ils ne furent pas invités à défiler aux côtés des français pour fêter ce jour mémorable. Mais tous les autres européens, et même les allemands qui durant la deuxième guerre mondiale mirent fin à la souveraineté et à la liberté française. Et pourtant, ce fut en Afrique, en Tunisie que De Gaule organisa et entrepris la reconquête de la liberté de son pays.

Combien de tirailleurs africains avaient donné leurs vies pour l´indépendance et la liberté de la France ? Si les français avaient si vite oublié Thiaroye, par exemple, nous nous ne l´avons pas. Mais tout cela ne donnait-il pas le sentiment, s´il ne le confirmait pas, que les africains, on en abusait, on les employait, on les trompait, on les menait aux chaînes…mais personne ne voulait les avoir à sa table autrement que comme domestique en livrée servant pieusement le maître ?

Personnellement je doute que Sarkozy soit capable de faire n´importe quoi pour l´Afrique ; c´est aux africains eux-mêmes de faire leur avenir et de repousser les grossières et plutôt injustes avances de tous ceux qui prétendent leur offrir la liberté toute faite. Car, si cela était vrai ; pourquoi ces occidentaux avaient-ils attendu si longtemps pour reconnaître aux africains leurs droits humains ? J´avoue qu´après l´esclavage, la colonisation, l´Apartheid, le racisme métropolitain quotidien…après l´instauration de criminelle la francafrique pour piller et avilir son nègre ; j´ai difficile à croire qu´un africain de bon sens pourrait se fier à quelque gouvernement occidental que ce soit. Mais, sait-on jamais ; dans chaque famille il y a des idiots et des simples d´esprit.

Rappelons-le toutefois afin que personne ne l´oublie : ce n´est pas l´Afrique qui a besoin de la France, mais bien la France qui a besoin de l´Afrique pour maintenir et abonder son niveau de vie. Tout tourne autour de cela. Et celui qui sait entrevoir la vérité aura vite reconnu qu´il ne s´agissait, comme toutes les autres fois, que de beaux discours vides, sans lendemain. Parce que ce n´est pas la France qui construira les écoles en Afrique, des hôpitaux…, qui produira les moyens et les biens servant à la réalisation d´une véritable liberté de quelque africain que ce soit. Eux ils ont la fâcheuse habitude d´obliger les africains à parler le français, à consommer les produits made in France pour que les industriels français s´enrichissent pendant que les sociétés africaines perdaient par hémorragie financières leurs accumulations.

Devant ce tableau répété, dont les mensonges et les faussetés revenaient sans cesse faire emplette en Afrique, il faut tout de même poser la question aux africains : si les occidentaux de décennies en décennies revenaient en Afrique tromper leur monde ; quand les africains se rendraient-ils compte qu´avec ces vagues du bâton et de la carotte, ces occidentaux gagnaient du temps tout en acculant l´Afrique dans une impasse de réalisation qui menait droit au gouffre du manque et à la désolation, qu´elle ne résolvait quelque problème africain que ce soit ? N´était-il pas temps de dire : « Assez, ça suffit ; à ce petit jeu cochon nous en avons marre d´être la dinde choisie du Mardi Gras ! » Ou mieux, n´était-il pas temps de prouver qu´on avait compris et qu´on était capable de prendre ses responsabilités ? De prouver que toute liberté ne se fait que par ceux qui la réclame, l´aime et s´en nourrissent ?

Combien de vies et de destins perdus sous la misère et la pauvreté ; combien de larmes doivent encore couler en Afrique pour que les africains comprennent qu´il est grand temps de changer les choses ; qu´il est temps de ne plus se laisser traîner par le bout du nez ? Cette liberté pour laquelle toute notre histoire durant nous avons pavé ses chemins épineux et tortueux de tourtes nos larmes, de notre dernière goutte de sang ; était-il possible que nous ne sachions qu´en pleurer, en souffrir ? Ou notre amour de la liberté exigeait-il que nous l´offrions à nos enfants…qu´un jour très proche nous ayons la fierté d´aimer la caresse du souffle chaud et tendre qu´il prodigue aux nôtres sous son toit apaisé ?

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

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