27 novembre 2007
L´ignominieuse bombe écologique qui nous menace tous
Sous les glaciers aujourd´hui fondant de l´Alaska, des déchets fécaux de dinosaures datant de 10.000 ans menacent dans un avenir très proche de produire, en venant à jour, 80 milliards de tonnes de CO² et de gaz méthane.
La facture cruelle de l´inconscience humaine
En comparaison, toute la terre ne pollue l´atmosphère chaque année qu´à raison de 2 milliards de tonnes. La différence entre le danger qui nous menace, et qui est de 40 fois ceui qui résulte de notre propre pollution annuelle mondiale est dangereuse, si pas catastrophique.
Depuis que les glaciers se sont mis à fondre sous le réchauffement atmosphérique dû à la pollution et que les scientifiques avertis ont élevé la voix pour attirer l´attention sur cette bombe qui menace toute vie humaine sur terre et notre équilibre écologique actuel, l´ONU, les gouvernements européens, tous le monde est sur le qui vive. Même l´Amérique qui jouait au « cela ne nous concerne pas, notre industrie d´abord » commence lentement à changer d´attitude, grâce notamment aux efforts de l´ancien vice président américain Al Gore. Ce dernier, et vu l´importance et l´acuité de la situation actuelle, été honoré pour ses efforts par le prix Nobel de la paix.
Que peut-on faire aujourd´hui pour changer les choses ? Apparemment rien, sauf retarder cette bombe en diminuant notre pollution actuelle, afin que les glaciers ne fondent pas aussi rapidement. L´Amérique, la Chine, l´Inde, l´Europe, ainsi que tous les autres pays polluant du tiers monde sont-ils à même de se discipliner autour d´une politique écologique commune ? On en doute, d´autant que même l´élevage industriel intensif est touché (à 10%), aux côtés de l´industrie (20%), de l´automobile et de l´aéronautique (30%), de l´industrie de la création d´énergie surtout à partir du charbon (30%). Tous ces chiffres ne sont, naturellement, que des grandeurs approximatives d´estimation. Mais elles sont plus exactes que fantaisistes. La Chine, l´Inde, le Brésil, tous les pays du tiers monde vont-ils, par amour de l écologie, se retenir de développer leurs industries, leurs élevage, leurs productions ? Impensable. Serions-nous alors condamnés sans retour; ou y aurait-il une conception écologique de la production qui permette d´éviter le pire ?
Ce ne sont pas les conférences aussi sérieuses soient-elles qui peuvent changer les choses, c´est plutôt des actes concrets touchant tous les domaines les plus polluants de la production humaine. Et disons-le franchement, si les pays du tiers monde, ceux que cette détérioration frappera plus violemment n´ont pas les moyens de changer quoi que ce soit à la situation, les pays riches par contre lésinent sur des dépenses énormes que contraindrait l´emploi et l´instauration de méthodes et de moyens existentiels de consommation réduisant la pollution. Autant dire qu´on va, comme toujours beaucoup conférer, mais les solutions seront individuelles ou régionales. Celui qui s´y refusera ou s´en gardera comme le faisaient les américains et les chinois, par exemple, n´aura que sa bonne conscience pour juge et tribunal.
Encore une fois, dans cette tragédie qui nous menace tous, l´Afrique tire la carte perdante : selon les avis d´experts, la désertification va s´accentuer ainsi que la sécheresse ; ce qui causera une perte de 80 % des revenus agricoles ! On est d´autant effrayé devant ces chiffres qu´on sait que l´Afrique, et cela dû à son retard économique et industriel, n´a ni les moyens financiers, ni les moyens technologiques pratiques de se mettre à l´abri.
On a beau dire ou prétendre ce qu´on veut, à la fin, l´Afrique semble toujours la victime des circonstances. Et la question logique qui brûle les lèvres est : quand les élites africaines se décideront-elles enfin à faire leurs devoirs de produire des solutions permettant à ce continent de sortir de sa situation de victime séculaire ? Au lieu de copier et de jouer au suiviste, on aurait dû depuis longtemps axer sur l´énergie solaire, développer l´accumulation communautaire permettant aux infrastructures modernes de prendre pied dans les sociétés…On a beau crier, on a beau exiger…rien n´y fait. On se croirait dans une méchante impasse de l´aveugle sourd qui passait à côté de la réalité, et ainsi de solutions pratiques de grande efficience sociale pour l´avenir de ce continent. Que faire que diable ; comment faire comprendre à ces gens que sans changer rapidement, qu´ils conduisaient l´Afrique ouvertement, et pour le moins courageusement…à la catastrophe ?
Certes, on pourrait aujourd´hui se complaire à accuser les pays polluants ; mais cela ne changerait en rien le danger qui nous menace tous, parce qu´il est vraisemblablement trop tard pour des procès d´intentions. Ceux qui survivront, ce seront ceux qui auront les moyens de se protéger des inondations, des sécheresses, du manque d´eau. Et il serait grand temps que les africains cessent de courir de conférence en conférence comme des nomades sans patrie…et sans réalisme. Aucune culture ne s´est faite ou ne s´est affirmée dans l´histoire en faisant du porte à porte ou en vivant de mendicité. Il faut avoir le courage et la volonté de mettre sur pied les structures et les fondements adéquats permettant aux siens de s´épanouir. Plutôt que d´exercer le pouvoir sans en connaître ni les exigences socioculturelles, ni les contenus de légitimations temporelles.
A la fin, l´Afrique donne toujours l´impression (fausse, naturellement) qu´elle ne veut pas payer, comme les occidentaux le laissèrent faire par l´esclavage et la colonisation, du lourd prix social réel de la liberté. En tout cas, on se donnait beaucoup de temps pour s´y décider. Or, l´esclavage est abolie et le monde a bien changé, les sciences économiques aussi ! Celui qui ne produit pas ses propres moyens de réalisation ; celui qui ne protège pas son accumulation et l´organisation civile de ses sociétés, celui-là est de nos jours la proie faible et facile des vautours de l´exploitation qui, eux, envahissent le monde entier avec leurs exportations. Et ce sont les riches qui dictent les conditions et moyens d´acquisition des capitaux. Etant au four et au moulin, ils peuvent bien habilement étouffer leurs victimes. Sans le vouloir, naturellement. Ou avec les meilleures intentions du monde...
La liberté, cependant, est aussi un choix solennel incessible : celui notamment de l´épanouir et d´en jouir d´une part, et de l´autre, celui de la défendre énergiquement contre vents et marées. Et si à cheval entre l´un et l´autre de ses rives on n´arrive qu´à des résultats de seconde main qui ne mènent nulle part ; il faut hélas croire qu´on n´a rien compris du tout. Et plutôt que de s´accrocher au pouvoir comme à une bouée de survie, il faut laisser la place à ceux qui ont plus de talent à organiser et défendre les leurs. En Afrique, hélas, on est surpris par la naïveté et l´incapacité notoire de ses élus. C´est souvent à se demander : qui donc nous a élu un tel illuminé ? Peut-être devrions-nous revoir nos choix politiques, sinon…Et il grand temps que l´Afrique se nantisse d´une élite qui réponde autant à ses attentes qu´aux exigences immenses et assidues d´un avenir réconcilié avec un monde en permanente ébullition.
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
Forum Réalisance
Commentaires
L´Afrique est actuellement exposée à tous les dangers ingrats
On peut prendre les choses comme on veut, on peut se cacher ou tromper son monde ou soi-même comme on veut pour se mettre on ne sait à l´abri désintéressé du sans souci…la réalité, elle, ne change pas. Et elle crie que le retard de développement en Afrique devient de jour en jour un handicap douloureux et insupportable. Et le malheur veut que la plupart de ceux (les intellectuels) que notre sociographie retardataire a produit ne sont pas capables de voir plus loin que leur nez. Il leur est ardu de sortir leur imaginaire enclavé pour projeter l´avenir de leurs peuples vers des projections résolvant efficacement les contradictions et les erreurs qui avaient jusqu´ici empêché ce continent d´aller de l´avant. On vit donc au jour le jour, on copie ou on se contente, à défaut de prévoir et de prévenir pour mieux soigner les maux qui entravent le développement de ce continent, d´imiter ou de faire comme. Les problèmes éducatifs, ceux de la santé, de l´alimentation, de la production, de la formation professionnelle et de ses références et conditions…tous ces problèmes sont bâclés ou abandonnés à des normes plus formalistes que réellement axées sur une organisation pensée, contrôlée et orientée vers sa meilleure finalité.
Mais tout cela on le sait, et je ne le répète ici que pour rappeler à tous ceux qui nous lisent qu´ils ne doivent pas oublier de quoi il s´agit exactement.
Bien sûr tout le monde n´est point penseur ou passionné exercé de la politique ou de la géopolitique de réalisation, et pourtant, tout le monde souffre de tous ces manquements qui nous empêchent tous d´exercer ou de jouir d´une vie plus apte à protéger et à épanouir nos sociétés et nos cultures. Nous devons donc, si nous aspirons à changer les choses, à sortir de notre fausse matrice irrationnelle et traditionaliste du passé, et même de garder des distances face à la prison ouverte du maître occidental ou étranger pour mettre au point, ajuster et initialiser des engagements sociaux qui répondent exactement à nos ambitions et à nos attentes. Parce que c´est en elles que notre sensibilité et nos désirs se réalisent réellement.
Ceci dit cette histoire écologique est bien pénible. Encore une fois, l´Afrique est confrontée avec un danger en plus et son retard de développement ne l´aide en rien á pallier à des fins incroyablement douloureuses. Les africains minimisent ce danger, comme bien d´autres d´ailleurs, peut-être parce que c´est le seul moyen de ne pas sombrer dans un pessimisme qui ne durait que depuis trop longtemps. Le changement, cependant, ne se fera pas tout seul ! Et même ceux qui croyaient qu´il fallait se mettre à l´abri en occident ou du moins dans un pays capable de leur offrir de meilleures conditions de vie, de meilleurs options de réalisation, tous ont tort parce que ce n´est ni le désintérêt ni la fuite qui changera les choses. Mais bien des hommes et des femmes décidés et conscients de leurs devoirs et des exigences contemporaines de l´existence idéale des leurs.
A la fin, Katata, et à force de crier ou de remâcher les mêmes racines du mal, je suis persuadé que seul l´amour que nous portons aux nôtres et à notre avenir déterminera l´intelligence et la conviction avec lesquelles nous voudrons changer les choses. Et si ce n´est pas encore le cas aujourd´hui, c´est tout simplement que les vrais cœurs n´y sont pas encore attelés. Désolé, mais c´est la seule conclusion qu´on peut tirer. Cela fait penser à Patrice Lumumba, à Ruben Um Niobé, à Amilcar Cabral, à Kwame Nkrumah Osangiefo, Simon Kimbangu...et tant d´autres encore. Quelle époque, quels leaders ! Si l´Afrique ne s´est pas encore guérie de leurs assassinats par les occidentaux, il est grand temps qu´elle le fasse. Sinon, eh bien, nous irons de catastrophe en catastrophe en nous abreuvant, comme aujourd´hui de faux prétextes ou de faux talents qui ne nous enterraient que bien plus sûrement dans un gouffre amer de médiocrité. Et à force de s´y complaire, ou de croire que le changement se fera un jour par bâton magique ou par prières délabrées, nous nous obstruons nous-même la voie qui conduit à un meilleur avenir. Sommes-nous à ce point aveugle ou bornés ? Shaka Bantou, j´ai dit !
Les choses doivent aller plus vite.
Les choses vont de l´avant, mais bien trop lentement pour résorber la différence réelle qui sévit entre le manque dont nous souffrons, et les conditions que nous impose le monde extérieur. Cependant que nous devons aussi résoudre nos contradictions intérieures ! Plus le temps passe sans voir les structures et les moyens de l´amélioration évoluer, plus les africains deviennent nerveux et révoltés. Ce qui explique les actuelles guerres idiotes qui se pratiquent sur le continent. Celui qui profite de ces sanguinaires et basses occupations n´est rien d´autre que le marchand d´armes étranger, pas le progrès ou l´amélioration du niveau de vie…décidément, la bêtise et l´ignorance sont bien dangereuses. Et un jour on les entendra crier : « aidez-nous, nous manquons de ceci ou de cela » ? Faut s´organiser et produire au lieu de se couper les têtes. Car, que fait la MONUC au Congo sinon prostituer les congolaises ?
Oui, je sais que nous critiquons ouvertement le pouvoir actuel africain comme tel ; mais il suffit, pour tous ceux qui nous le reprochent, d´analyser la situation politique, économique et sociale de l´Afrique pour arriver aux mêmes conclusions que nous. Bien entendu si on est objectif et ambitieux pour ce continent. Combien de fois n´ai-je pas crié en Afrique pour m´entendre dire : « Ici nous sommes en Afrique, pas en Europe ! ». Mais j´avoue que tous ceux qui me répondaient ainsi voulaient en réalité cacher leurs insuffisances et leurs faiblesses derrières de faux paravents de relativité. La preuve : on les voyait quelques minutes plus tard vouloir monter en bus, se déplacer en automobile…vouloir voyager vers l´étranger.
Personne, et moi encore moins n´a l´intention de comparer l´Afrique à l´Europe. Bien sûr que ce sont deux mondes, deux continents totalement différents l´un de l´autre culturellement. Et pourtant, ne confondons pas technologie avec culture et usages culturels ou sociaux. Les uns s´acquièrent avec la connaissance et la science et sont universels, les autres sont des coutumes, des pratiques culturelles dépendantes d´un milieu culturel à un autre. Trop d´africains confondent les uns avec les autres, et trop souvent, autant pour s´excuser de s´attacher à leur ignorance malheureuse que pour fermer les yeux devant leur irréalisme dérangeant.
Changer ? Mais changer, cela ne veut-il pas dire quitter sa cécité et son expectative ? Il n´y a hélas que ceux qui savent ou qui comprennent la complexité et l´urgence du changement pour l´initier. Et si ce n´est pas l´élite africaine avertie et consciente de ses responsabilités, qui serait-ce donc ; l´étranger, le bon Dieu ou le père Noël ? La science et la technologie ne tombent pas du ciel ; il faut se donner la peine de se les approprier et de les asseoir dans la société. Et pour l´Afrique, le plus rapidement serait le mieux. Sinon, eh bien sinon…on continuera à souffrir et à tourner en rond. Les solutions logiques et pratiques existent ; encore faut-il les accepter et les pratiquer. Le temps joue toujours contre celui qui néglige de tenir compte des exigences historiques découlant de notre convivialité universelle contemporaine.
Ce manque de mise à jour africain révolte, parce que ce sont des générations et des générations d´enfants innocents qui en souffriront injustement. Car ils seront confinés à la misère et au manque, et ne sauront pas s´en sortir. Musengeshi Katata. Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu. FR
Votre article est très judicieux et empreint de sagesse mais tous vos souhaits ne pourront se réaliser tant que "l'Elite" dont vous parlez ne pensera pas à autre chose qu'à se remplir les poches ! En effet, soit elle (constituée d'individus ayant pu faire des études dans des universités occidentales) revient au pays en essayant d'avoir un emploi politique intéressant parce que rentable financièrement soit elle reste dans le pays occidental où elle a fait ses études, pour s'y installer car un médecin, un dentiste, un chercheur, un avocat... gagne mieux sa vie en Occident. Donc, c'est encore l'Occident qui profite de sa force vive. Comment faire pour persuader cette élite de rentrer au pays ?
A Acha
Cher ami Acha, vous avez très bien vu de quoi il s´agit, cependant qu´à mon avis, il n y a d´autres moyens de convaincre les africains de renter chez eux qu´en leur donnant des salaires leur permettant de vivre décemment en rendant service à leurs pays. Parce que croire que ces hauts techniciens se contenteraient, par simple amour de la patrie de miettes pendant que l´apparatchik au pouvoir se remplirait les poches et prostituerait les efforts et l´avenir du pays, c´est de la pure illusion. L´esclavage, même par amour, est dépassé. Croyez-vous vraiment que votre femme accepterait d´aller vivre étroitement en Afrique ou dans la misère et le manque pendant que les autres eux ne se priveraient de rien ? Autant vous qu´elle, vous vous poseriez la question : « pourquoi diable ai-je fait des efforts, pourquoi me suis-je privé de tout pour étudier si c´est pour revivre la misère et la pauvreté ? Et croyez-moi, pendant que vous serez en train de vous serrer la ceinture et de vivre l´enfer du manque, vous verrez des gens qui ont moins étudié que vous qui rouleraient en Mercedes flambant neuve ! Je doute fort que votre femme ou vos enfants se prêtent longtemps à cette escroquerie.
Vous comprendrez pourquoi je tiens à démasquer cette fausse élite du pouvoir qui, en lieu et place de faire ses devoirs et de remplir ses obligations, elle se remplit les poches tout en ne pondant que des œufs de pigeon ! Mais vous m´avez compris, n´est-ce pas ! Soyons clair et précis : le pouvoir africain actuel est médiocre et incapable. Et je ne parle pas seulement de l´enrichissement illégal ou sans cause, parce que s´enrichir légalement en produisant ou en vendant ses services est légitime à tout être humain. Mais ceux qui s´enrichissent en prostituant les devoirs qu´ils ont reçu de leurs électeurs ou de leurs peuples, ou ceux qui veillent à ce qu´on pille les leurs et les appauvrissent de décennie en décennie scandaleusement ; ceux-là sont la pire des vermines africaines. Et croyez-moi, ils ne s´allient à l´occident que parce que celui-ci, dans son pillage des accumulations africaines, leur garanti les armes et les moyens financiers par lesquels leurs pouvoirs se maintient en Afrique.
Sans briser ce cercle vicieux, on se fait beaucoup d´illusions. Il est de notre devoir, et du devoir de tout africain aimant son continent ou son pays, à dénoncer ces voyous du pouvoir et leurs honteuses et criminelles malfaçons. A la fin, c´est le peuple africain lui-même qui décidera : continuer à souffrir ou changer les choses !
Quant à croire que les techniciens africains actuellement à l´étranger soient indispensables à l´Afrique…j´en doute, mon ami ; la plupart on fait leurs études dans des systèmes qui seront, au plus tard dans cinq ans, dépassés ou spécifiques aux pays du nord. Et il faut autre chose pour être réellement innovateur ! Non, ami Acha, ce dont l´Afrique a grand besoin, c´est de stratèges économiques et industriels ainsi que de géopoliticiens de premier rang. Et en occident il n´y a aucune université qui forme de tels génies parce qu´on n´en a pas besoin. Ce sera donc des gens qui se sont formés eux-mêmes. A part leur intelligence et leur grande capacité à juger des problèmes complexes, on les reconnaîtra par un amour quasi indestructible pour leur continent et les leurs. Et j´ose dire qu´ils ne viendront que de l´Afrique elle-même. Du fond profond et brûlant de son cœur. Si la diaspora veut y jouer un rôle, libre à elle, mais pour des qualités exigées par un changement au mieux en Afrique, elle en est largement privée. Par ailleurs, la diaspora est trop brouillonne, opportuniste, aliénée ou dépendante de la culture occidentale. Rappelons-nous : tous ceux qui font partie du pouvoir actuel en Afrique ont plus ou moins étudié en occident ! C´est pourtant la plus grande association d´incapables qui soit sur terre ! Je ne me fais aucune illusion, mon ami ; je crois bien que je sais de quoi il s´agit. Amitié, et merci pour le commentaire, il était à point. Musengeshi Katata. Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
Une diaspora ambiguë, sans caractère, ou désabusée ?
Oui, parlons-en de la diaspora africaine ; mais d´abord, les dirigeants africains se donnent beaucoup de mal à contrôler la diaspora africaine en occident, au fait, pourquoi ? A mon avis pour deux raisons : la raison financière des transferts que cette diaspora fait à leurs familles, et celle de museler la critique de cette diaspora qui est mieux informée sur les abus et les déboires des gouvernements africains. De la première raison, ces incapables sont bien heureux que les transferts particuliers faits aux familles viennent adoucir les effets négatifs honteux de la mal gestion et de la corruption occasionnées par des gouvernances illuminées, cabalistiques, foncièrement corrompues. Quant à la deuxième raison, il suffit de vivre en occident pour en apprendre bien de choses sur les élections truquées, les aides vicieuses, et le détail des coupables alliances que la France, la Grande Bretagne, ou les Etats-Unis ont mis au point pour, avec la bienveillance des gouvernements locaux, de piller le sol et le sous-sol africain. Les tantièmes sont généreusement versés aux judas africains qui vendent alors ces escroqueries comme des projets élogieux de coopération. Un des exemples les plus criants est la vente secrète par le Sénégal de droits de pêche dans ses eaux à la CEE ! Les navires de pêcherie industrielle espagnols chargés d´exploiter ce ruineux et scandaleux contrat vident littéralement le littoral Sénégalais de tout son poisson, mettant ainsi en danger un élément important, si pas décisif de l´alimentation sénégalaise. Et pendant que le prix du poisson augmentait au Sénégal parce que le poisson se faisait rare, la France déversait sur les marchés sénégalais ses tomates quatre fois subventionnées et invendables en Europe à des prix au Sénégal défiant toute concurrence ! Qui nous dira que le gouvernement sénégalais est étranger à tout cela ? Ce genre d´information est accessible en occident, pas en Afrique ; ce qui rend les africains et les intellectuels locaux souvent hors du réalisme, parce que beaucoup de vérités dont ils ressentent les méfaits leur échappent.
Mais, revenons à notre Diaspora. Elle n´aura pas facile à affirmer sa crédibilité éthique, morale, intellectuelle, aussitôt rentrée en Afrique. Parce qu´on pourrait lui demander ce qu´elle a fait, ou ce qu´elle faisait pendant que ses frères et sœurs étaient ouvertement pillés, affamés, privés d´avenir ? A-t-elle véhémentement protesté ou s´est-elle tue pour mériter l´amitié ou l´admiration de ceux qui leur offrait l´hospitalité ? Beaucoup, on le sait, vont, devant ces questions, rester sans réponse et la tête basse. Comment alors peut-on leur faire confiance ? Autre chose : qui dit qu´ils ont cultivé, entretenu un imaginaire, une créativité adéquate à résoudre au mieux les problèmes de ceux qu´ils ont abandonné aux vautours internationaux et á leurs sbires locaux ? Pour prouver et pratiquer l´amour des siens africains, il faut plus que crier oisivement au voleur ou au criminel ou s´enfermer dans quelques chambres obscures de chat sur Internet en ruminant son racisme ou sa révolte ! Parce que malgré ces cris, et ces fausses larmes d´opprimés, le mal, lui, faisait son chemin avec un déterminisme autant sournois que criminel. Alors, toujours convaincu que ceux qui ont assisté les voleurs et les brigands dans leurs méfaits, que ces caméléons deviendraient un jour l´espoir de l´Afrique ? Le fait que pratiquement tous les hauts fonctionnaires du pouvoir actuel en Afrique ont fait leurs études en occident ne prouve-t-il pas qu´ils n´étaient pas capable de concevoir la liberté africaine autrement qu´en reproduisant l´aliénation et les complexes qui leur avaient été inculqués ?
Je prie tous ceux que la liberté africaine tient à cœur de ne pas sous estimer la complexité ou même les difficultés que le questionnement de notre avenir, de notre développement suscite. Parce que sinon, ils n´en saisiront pas les véritables paramètres ouvrant sur des solutions réelles et durables. La bourgeoisie occidentale est parvenue à mettre sur pied contre les africains et leurs élites d´un système qui les conduit toujours, lorsqu´ils croient être du bon côté de leurs intérêts, dans les bras ouverts de leurs geôliers et bourreaux. Et quelques soient les efforts et la bonne foi des élites africaines averties, tout ce qu´elles entreprennent tourne à l´échec. Elles paraissent donc, aux yeux de tout observateur objectif, comme incapables de remplir son rôle. Mais tout cela vient du fait que ces élites ne veulent pas se défaire de logiques aliénées, de leurs complexes face aux occidentaux, ou encore qu´ils ont difficiles à se priver du luxe ou des objets de statut social produits en occident. Et on se demande encore : si ils les aimaient tant, ces chères carrosses et ces bibelots ; pourquoi ne pas former les leurs à les reproduire ? Toute la vérité est là : les occidentaux veulent faire profit, pas investir en Afrique. Et ainsi, tant que ces élites déjouées n´auront pas compris que la liberté dont on leur a confié la surveillance et l´entretien ; que cette liberté ne serait vraie, positive et profitable pour tout africain que lorsqu´il en produira lui-même les instruments et les produits de réalisation !
Toute autre conclusion est d´une naïveté et d´un infantilisme dangereux pour tout africain quel qu´il soit.
Cela fait des siècles que nous tournons en rond, que nous nous laissons abuser et enchaîner par les plus bas des mécréants ; je crois qu´il est grand temps d´ouvrir les yeux et de prendre son cœur entre ses mains pour changer les choses. Pour l´amour indéfinissable et grand que nous ressentons envers nous-mêmes et envers les nôtres. J´ai dit et je vous remercie. Shaka Bantou !
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