27 novembre 2007
L´ignominieuse bombe écologique qui nous menace tous
Sous les glaciers aujourd´hui fondant de l´Alaska, des déchets fécaux de dinosaures datant de 10.000 ans menacent dans un avenir très proche de produire, en venant à jour, 80 milliards de tonnes de CO² et de gaz méthane.
La facture cruelle de l´inconscience humaine
En comparaison, toute la terre ne pollue l´atmosphère chaque année qu´à raison de 2 milliards de tonnes. La différence entre le danger qui nous menace, et qui est de 40 fois ceui qui résulte de notre propre pollution annuelle mondiale est dangereuse, si pas catastrophique.
Depuis que les glaciers se sont mis à fondre sous le réchauffement atmosphérique dû à la pollution et que les scientifiques avertis ont élevé la voix pour attirer l´attention sur cette bombe qui menace toute vie humaine sur terre et notre équilibre écologique actuel, l´ONU, les gouvernements européens, tous le monde est sur le qui vive. Même l´Amérique qui jouait au « cela ne nous concerne pas, notre industrie d´abord » commence lentement à changer d´attitude, grâce notamment aux efforts de l´ancien vice président américain Al Gore. Ce dernier, et vu l´importance et l´acuité de la situation actuelle, été honoré pour ses efforts par le prix Nobel de la paix.
Que peut-on faire aujourd´hui pour changer les choses ? Apparemment rien, sauf retarder cette bombe en diminuant notre pollution actuelle, afin que les glaciers ne fondent pas aussi rapidement. L´Amérique, la Chine, l´Inde, l´Europe, ainsi que tous les autres pays polluant du tiers monde sont-ils à même de se discipliner autour d´une politique écologique commune ? On en doute, d´autant que même l´élevage industriel intensif est touché (à 10%), aux côtés de l´industrie (20%), de l´automobile et de l´aéronautique (30%), de l´industrie de la création d´énergie surtout à partir du charbon (30%). Tous ces chiffres ne sont, naturellement, que des grandeurs approximatives d´estimation. Mais elles sont plus exactes que fantaisistes. La Chine, l´Inde, le Brésil, tous les pays du tiers monde vont-ils, par amour de l écologie, se retenir de développer leurs industries, leurs élevage, leurs productions ? Impensable. Serions-nous alors condamnés sans retour; ou y aurait-il une conception écologique de la production qui permette d´éviter le pire ?
Ce ne sont pas les conférences aussi sérieuses soient-elles qui peuvent changer les choses, c´est plutôt des actes concrets touchant tous les domaines les plus polluants de la production humaine. Et disons-le franchement, si les pays du tiers monde, ceux que cette détérioration frappera plus violemment n´ont pas les moyens de changer quoi que ce soit à la situation, les pays riches par contre lésinent sur des dépenses énormes que contraindrait l´emploi et l´instauration de méthodes et de moyens existentiels de consommation réduisant la pollution. Autant dire qu´on va, comme toujours beaucoup conférer, mais les solutions seront individuelles ou régionales. Celui qui s´y refusera ou s´en gardera comme le faisaient les américains et les chinois, par exemple, n´aura que sa bonne conscience pour juge et tribunal.
Encore une fois, dans cette tragédie qui nous menace tous, l´Afrique tire la carte perdante : selon les avis d´experts, la désertification va s´accentuer ainsi que la sécheresse ; ce qui causera une perte de 80 % des revenus agricoles ! On est d´autant effrayé devant ces chiffres qu´on sait que l´Afrique, et cela dû à son retard économique et industriel, n´a ni les moyens financiers, ni les moyens technologiques pratiques de se mettre à l´abri.
On a beau dire ou prétendre ce qu´on veut, à la fin, l´Afrique semble toujours la victime des circonstances. Et la question logique qui brûle les lèvres est : quand les élites africaines se décideront-elles enfin à faire leurs devoirs de produire des solutions permettant à ce continent de sortir de sa situation de victime séculaire ? Au lieu de copier et de jouer au suiviste, on aurait dû depuis longtemps axer sur l´énergie solaire, développer l´accumulation communautaire permettant aux infrastructures modernes de prendre pied dans les sociétés…On a beau crier, on a beau exiger…rien n´y fait. On se croirait dans une méchante impasse de l´aveugle sourd qui passait à côté de la réalité, et ainsi de solutions pratiques de grande efficience sociale pour l´avenir de ce continent. Que faire que diable ; comment faire comprendre à ces gens que sans changer rapidement, qu´ils conduisaient l´Afrique ouvertement, et pour le moins courageusement…à la catastrophe ?
Certes, on pourrait aujourd´hui se complaire à accuser les pays polluants ; mais cela ne changerait en rien le danger qui nous menace tous, parce qu´il est vraisemblablement trop tard pour des procès d´intentions. Ceux qui survivront, ce seront ceux qui auront les moyens de se protéger des inondations, des sécheresses, du manque d´eau. Et il serait grand temps que les africains cessent de courir de conférence en conférence comme des nomades sans patrie…et sans réalisme. Aucune culture ne s´est faite ou ne s´est affirmée dans l´histoire en faisant du porte à porte ou en vivant de mendicité. Il faut avoir le courage et la volonté de mettre sur pied les structures et les fondements adéquats permettant aux siens de s´épanouir. Plutôt que d´exercer le pouvoir sans en connaître ni les exigences socioculturelles, ni les contenus de légitimations temporelles.
A la fin, l´Afrique donne toujours l´impression (fausse, naturellement) qu´elle ne veut pas payer, comme les occidentaux le laissèrent faire par l´esclavage et la colonisation, du lourd prix social réel de la liberté. En tout cas, on se donnait beaucoup de temps pour s´y décider. Or, l´esclavage est abolie et le monde a bien changé, les sciences économiques aussi ! Celui qui ne produit pas ses propres moyens de réalisation ; celui qui ne protège pas son accumulation et l´organisation civile de ses sociétés, celui-là est de nos jours la proie faible et facile des vautours de l´exploitation qui, eux, envahissent le monde entier avec leurs exportations. Et ce sont les riches qui dictent les conditions et moyens d´acquisition des capitaux. Etant au four et au moulin, ils peuvent bien habilement étouffer leurs victimes. Sans le vouloir, naturellement. Ou avec les meilleures intentions du monde...
La liberté, cependant, est aussi un choix solennel incessible : celui notamment de l´épanouir et d´en jouir d´une part, et de l´autre, celui de la défendre énergiquement contre vents et marées. Et si à cheval entre l´un et l´autre de ses rives on n´arrive qu´à des résultats de seconde main qui ne mènent nulle part ; il faut hélas croire qu´on n´a rien compris du tout. Et plutôt que de s´accrocher au pouvoir comme à une bouée de survie, il faut laisser la place à ceux qui ont plus de talent à organiser et défendre les leurs. En Afrique, hélas, on est surpris par la naïveté et l´incapacité notoire de ses élus. C´est souvent à se demander : qui donc nous a élu un tel illuminé ? Peut-être devrions-nous revoir nos choix politiques, sinon…Et il grand temps que l´Afrique se nantisse d´une élite qui réponde autant à ses attentes qu´aux exigences immenses et assidues d´un avenir réconcilié avec un monde en permanente ébullition.
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
Forum Réalisance