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Forum Réalisance

Cet espace va à la recherche de l´existentialisme de l´homme noir pour lui permettre de mieux se déterminer face à l´histoire et face à la réalisation de sa liberté.

30 novembre 2007

L´excès de mécanisation fera sombrer l´occident

Jusqu´à quand l´industrialisation, sa mécanisation et ses facilités sont-ils capables de promouvoir et défendre efficacement les valeurs humaines ?

Quand la machine tue lentement et sans remord

Trop de machine nuit à la liberté…

Tout excès nuit et nuit absolument. Et ceci n´est pas seulement une sagesse naturelle, c´est aussi un constat logique d´équilibre. Ce qui au départ était une réussite – et c´est vrai que c´en est une que l´industrialisation – semble prendre aujourd´hui pour l´occident, et même prochainement pour la Chine ou tout autre candidat au développement, tous les aspects d´un calvaire. Surtout si cette industrialisation est exercée avec un jusqu´auboutisme rejetant le bon sens et la recherche des équilibres sociaux économiques et culturels.

Au lieu d´être l´instrument de son maître et de la société, la machine devient sa négation et un lieu de confrontation continu où, sous prétexte d´encenser le progrès, la facilité et l´efficience, l´abus de mécanisation et d´automatisme – puisqu´il s´agit d´un abus – tue l´emploi et détruit des valeurs sociales incessibles au bien être évident d´une société industrialisée. Les fruits acquis par les applications enrichissantes de la connaissance et des sciences ne servent plus à toute la population, mais seulement à ceux que le profit direct intéresse. Et ceci est d´autant vrai pour les économies dites extraverties, celles qui par leurs surproductions intentionnelles envahissent le monde de leurs produits afin de rapporter de juteux gains à domicile, ce qui cache le mal latent qui couve dans leurs sociétés, par exemple le chômage, la criminalité, l´isolement ou la solitude dans les villes.

Une des conséquences de cette distorsion est, naturellement une négligence flagrante de la jeunesse. On n´en a plus besoin, après tout, la machine est là pour produire. Et elle remplit son rôle bien plus efficacement que l´être humain. Et tant que l´étranger achètera et que le profit abondera, qu´intéresse donc l´entrepreneur l´avenir du travail de l´être humain, le sort de la jeunesse, sinon que comme consommateur local permettant de remplir ses devoirs aux services et aux devoirs immédiats de l´économie nationale. Mais l´être humain n´était plus le centre d´intérêt de la politique économique, il en est devenu l´instrument toléré dont on ne se dispense qu´à loisir. Seul compte le profit.

N´est-ce pas une curieuse ironie ? Celui qui créa la machine pour produire mieux et vite, pour se faciliter la tâche, celui-là était pris à son propre piège ; il était devenu inutile, si sa propre création ne le torturait pas en lui arrachant le revenu et plus important : le sens et le pouvoir de maîtrise sur la réalisation existentielle. La machine, on le sait pourtant, ne fait pas d´enfants ; elle ne pleure ni ne souffre, elle n´écrit ni poèmes, ni chansons d´amour qui entretiennent la culture et lui donnent son caractère passionnel sensible et élégant. Ce qui meurt silencieusement autant dans le sous développement, dans la crise économique et bien plus encore en économie de mécanisation excessive, est bien plus précieux qu´on ne l´imagine. Du moins, si on part du principe que c´est la sensibilité et l´enrichissement sensible de l´être humain qui justifie et foisonne le véritable patrimoine d´une société.

Tout est dans la société abusée une course au gain, au profit, à l´achat, au m´as-tu vu pour cacher une douloureuse vérité : on courrait essoufflé à une illusion dont on ne jouissait du sentiment réalisant que par procuration de…la machine ! Et peut-être devrions-nous tous profondément réfléchir sur cette fameuse industrialisation à laquelle nous aspirons tous légitiment. Afin qu´elle ne tourne pas au vinaigre et ne vienne pas nous détruire plutôt qu´être à notre service et à celle de nos enfants.

Pour la France et pour les pays occidentaux en général qui emploient leur industrialisation non seulement comme un moyen de réalisation respectant les droits et les libertés des autres, mais aussi comme arme et un instrument d´imposition de leurs intérêts hégémoniques ; cette course éperdue aura des conséquences destructrices des valeurs humaines de leurs sociétés respectives. Et le temps que cela durera, ils pourront entretenir leurs illusions de puissance ou d´absolutisme sur le monde. Mais l´arrivée de la Chine et de l´Inde aux portes de leur industrialisation prouve que ces pays hégémoniques doivent changer de politique, ou le monde les y contraindra.

Il était temps, en effet de cesser d´enfumer son monde en prétendant être juge absolu et partie sur le monde tout en y exerçant, depuis bientôt 600 ans, une hégémonie abusive et triviale, laquelle prétendit, tout en commettant tous les méfaits possibles et imaginables, qu´elle agissait au nom d´un christianisme représentant la seule religion de Dieu. C´est aujourd´hui à se demander : si Dieu était blanc et chrétien, pour avoir toléré que ses représentants tuent, violent, prennent des peuples entiers en esclavage, dévalisent le monde entier…quel genre de Dieu était-ce donc ?

Ou celui-ci n´avait-il été avancé que comme prétexte pour avaliser ou justifier tous les abus que les occidentaux avaient vomi sur le monde depuis 600 ans ?

Au delà de son sous développement actuel et de son fervent besoin d´industrialisation, l´Afrique a une chance inouïe : celle de penser et d´organiser son industrialisation tout en évitant les erreurs et les excès que nous connaissons. Cela embrasse autant l´emploi d´une énergie appropriée et moins polluante (solaire), que la combinaison équilibrée entre la mécanisation et l´emploi humain. Il serait en effet déplorable de s´industrialiser à la casse écologique comme le fait la Chine actuellement, même si celle-ci est pressée par sa prochaine démographie grisonnante (2050). Ceux qu´on privait d´air pur, ceux dont on détruisait la santé seront ceux qui vont occasionner, dans l´avenir, des frais de santé considérables.

Encore une fois, et même si nous faisons un appel fervent aux africains afin de s´orienter énergiquement vers le développement, ils ne doivent pas se dessaisir de cette chance inouïe qui est celle de celui qui a pu voir et s´instruire des effets négatifs survenus dans les autres sociétés et constellations économiques. Rien ne vaut la richesse de l´exemple. Encore plus si nous en avons cruellement souffert comme c´est notre cas. Imiter et refaire les mêmes excès ou les mêmes abus, reviendrait à renier nos propres larmes et ceux de nos enfants. Beaucoup de chercheurs africains consciencieux l´ont compris, Dieu merci. Et je m´en réjouis particulièrement pour ce continent auquel, que ce soit les chrétiens ou les islamistes, et cela durant d´interminables siècles, ne lui avaient réservé que larmes et traînées de sang. Sur son sol ou ailleurs où ses enfants furent injustement déportés.

Musengeshi Katata

Mujntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

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Posté par Musengeshi Kat à 20:55 - critique et objectivité - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 novembre 2007

La France et sa jeunesse révoltée

Derrières ces banlieues mises à feu régulièrement à chaque escarmouche avec les agents de l´ordre ; qu´y a-t-il réellement ?

France de jeunesse trompée ou France de jeunesse abusive ?

Au moindre incident, la jeunesse des banlieues va aux barricades et fait la casse. On se demande bien ce que cache ces violences. Absence de dialogue entre la société française et sa jeunesse défavorisée et vainement chercheuse d´emploi ? Bris d´identification dont cette jeunesse inassouvie rejette la frustration sur les agents de l´ordre parce qu´ils représentent une autorité manquant à ses devoirs d´intégration et de réconciliation sociale et économique ? Au fait, depuis quand la violence est-elle devenue un moyen de revendication sociale ?

Bien de questions dont les réponses sont tout aussi insatisfaisantes que la situation elle-même par laquelle ces brasiers de violences et de destructions ont lieu. A la fin, et même si les uns ont tord et les autres ne font rien pour changer les choses, la France et sa jeunesse se trouvent dans une impasse dangereuse. Et la déclaration de Sarkozy par laquelle la justice allait poursuivre les fauteurs de troubles et leur infliger toutes les rigueurs de la loi ne change rien au profond fossé que la crise économique et son désolant sous emploi de la jeunesse avaient pavé la France. L´irritation est grande dans une jeunesse qui ne savait plus quelle langue employer pour faire valoir ses droits. Et toute occasion, même accidentelle est bonne pour se défouler devant un pied au mur que la société entretenait depuis longtemps sans se donner la peine d´y trouver consolable remède.

Ce n´est pas seulement en France que la crise économique a laissé ses traces douloureuses ; en Allemagne, le pays le plus industrialisé et le plus riche d´Europe, 2 millions 500 milles enfants vivaient au seuil minimum. Et aujourd´hui 29 Novembre 2007, le président Horst Köhler a ouvertement accusé les managers et hauts administrateurs de sociétés à s´allouer des tantièmes et des honoraires qui ruinaient les salaires et les revenus de leurs employés. Et il avait pleinement raison - et pour ne prendre que cette référence évoquant notamment la Deutche Bank, Siemens, VW ou même la Deutsche Bundesbahn - car si en 1990 les paiements dus aux hauts managers valaient 33 fois celui de la moyenne de leurs bas employés, aujourd´hui, ce multiplicateur était de 240 à 300 ! Qui donc s´étonne alors que seuls les grèves et les confrontations publiques soient les seuls moyens pour les salariés mal payés à faire valoir leurs droits ? Rappelons que les prix de la vie, ceux de l´énergie et des services en Europe s´étaient accrus, depuis 1990, de 35% !

La France, contrairement à l´Allemagne, n´est pas aussi menacée par sa démographie ; et pourtant, tous ces deux pays semblent ne pas rendre justice à leur jeunesse respective. La situation de la France était encore plus étirée (Avec 30% de chômeurs dans sa jeunesse, la plus forte statistique de tout l´Union Européenne) parce que celle-ci avait une jeunesse abondante et active, tandis que l´Allemagne, elle, voyait déjà sa jeunesse fondre à vue d´œil vers un grisonnement menaçant de sa société.

On a beau dire que le système économique occidental doit être réformé (Ce à quoi s´est attelé Sarkozy notamment), toute réforme qui ne brise pas les vieux principes embusqués, on le voit en Allemagne, ne reproduit que les principes ou l´enjeu décrié des forces traditionnelles en présence. En clair : les riches s´enrichissent effrontément, tandis que les pauvres sont soit tenus à la laisse, ou trompeusement conseillés à la modération. Or, les prix des biens sociaux, eux, grimpaient inexorablement. Et le lourd endettement public de l´Etat que connaissent tous les pays européens et même les Etats-Unis, entrave, par ses intérêts négatifs, la marge de réparation des déséquilibres sociaux de ces Etats. Alors, la fuite en avant ; attendre et faire patienter les plaignants sur l´espoir prochain d´une reprise de la croissance résolvant tous les problèmes ? Attendre, attendre ; et si cette croissance ne venait pas ? Après tout, c´est depuis bientôt 30 ans qu´on faisait des promesses à la jeunesse des banlieues françaises sans les tenir. Et personne n´osera dire que tous les gouvernements qui se sont succédés en France depuis 1980 étaient tous aveugles ou incapables ?

Sarkozy a rapporté de Chine un contrat de vente de 150 avions airbus rapportant à la France 20 milliards € dans les prochaines dix années. Et comparé au PIB de la France qui avoisinait 1600 milliards, cela n´était qu´une goutte d´eau dans la mer. Il fallait plus pour changer les choses. Bien plus. Et peut-être pas seulement attendre que les autres, l´étranger achète nos produits, mais répartir les moyens de paiement à domicile de sorte que la différence entre les riches et les petites gens ne soit pas aussi immense. Que les petites gens puissent vivre et élever leurs enfants décemment en supportant aussi aisément que possible les coûts de l´inflation et celui de la hausse des prix.

Qu´on voie le problème d´une ou de l´autre manière, la France pêche lourdement envers elle même en privant sa jeunesse d´emploi et de formation adéquate. Encore une fois : c´est pourtant cette jeunesse qui sera priée de payer la pension des vieux par ses allocations, son engagement, et bien sûr honorer les intérêts négatifs de la dette publique française qui s´élève aujourd´hui à environ 1200 milliards € !

Le moins qu´on puisse dire, c´est que la république irréprochable de Sarkozy a du pain sur la planche. Parler en effet de vouloir protéger l´avenir tout en brimant sa propre jeunesse, c´est jeter la poudre aux yeux des gens. Parce qu´on exclut ou on handicape ceux-là même qui représentaient l´avenir. Mais rendre justice aux uns et aux autres est bien ardu, si on a les mains liées par les forces économiques mises en jeu dans l´enjeu démocratique. Peut-être faudrait-il changer de système, ou du moins l´améliorer ou le conformer aux nouvelles exigences de l´avenir ?

Parce qu´en fait la concurrence internationale ne va plus décroître ; elle va plutôt s´envenimer avec l´arrivée des pays tels que la Chines, l´Inde, le Brésil…et bien d´autres encore au firmament de l´industrialisation. Cela va être donc corsé de croire qu´on vendra plus, qu´on vendra toujours. Ou que les autres n´étaient que les clients attentionnés des industries occidentales. Loin de là. Par ailleurs, les prix des matières premières augmentent de jour en jour, ainsi que ceux de l´énergie. Et si hier encore on croyait faire le progrès avec le moins d´énergie possible, aujourd´hui on doit déchanter et trouver de nouvelles sources d´énergie. Les prix quant à eux, qu´ils soient de l´énergie ou ceux des biens vitaux, vont augmentant d´année en allée.

Il serait peut-être grand temps, à mon avis, que la France abandonne sa politique francafricaine de domination et d´exploitation unilatérale envers l´Afrique noire. Au lieu d´appauvrir celle-ci comme la France l´a toujours sournoisement entretenu sans le reconnaître publiquement, une nouvelle politique de réel partenariat pourrait représenter pour tout l´occident, et pour la France particulièrement, d´un intérêt grandissant pour l´avenir. Le seul problème est que l´occident doit quitter sa politique d´escroquerie et d´isolement des africains et investir chez eux ; cette culture occidentale doit mêmement accepter que ces africains vendent leurs produits agricoles et industriels en occident. Et c´est en fait là que se trouve le drame, parce qu´enfermée comme la France dans sa logique dominatrice, l´occident avait du mal à changer le fusil d´épaule. Sauf quand il est trop tard, comme on le voit dans l´histoire de la banlieue française.

Alors ? Eh bien, alors que chacun souffre de ses propres maux. En silence et sans rechigner. L´avenir ? Il appartiendra à ceux qui se lèvent tôt et ménagent leurs montures sur le longue traversée du voyage qui s´ouvre à l´horizon. Quant à la jeunesse de quelque état que ce soit, il ne faut ni la mépriser ni la négliger, sinon on risque un jour d´être maltraité ou éconduit d´égards par…son propre avenir ! Cette vérité est d´autant plus valable pour le pouvoir africain, cela va de soi.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

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27 novembre 2007

L´ignominieuse bombe écologique qui nous menace tous

Sous les glaciers aujourd´hui fondant de l´Alaska, des déchets fécaux de dinosaures datant de 10.000 ans menacent dans un avenir très proche de produire, en venant à jour, 80 milliards de tonnes de CO² et de gaz méthane.

La facture cruelle de l´inconscience humaine

En comparaison, toute la terre ne pollue l´atmosphère chaque année qu´à raison de 2 milliards de tonnes. La différence entre le danger qui nous menace, et qui est de 40 fois ceui qui résulte de notre propre pollution annuelle mondiale est dangereuse, si pas catastrophique.

Depuis que les glaciers se sont mis à fondre sous le réchauffement atmosphérique dû à la pollution et que les scientifiques avertis ont élevé la voix pour attirer l´attention sur cette bombe qui menace toute vie humaine sur terre et notre équilibre écologique actuel, l´ONU, les gouvernements européens, tous le monde est sur le qui vive. Même l´Amérique qui jouait au « cela ne nous concerne pas, notre industrie d´abord » commence lentement à changer d´attitude, grâce notamment aux efforts de l´ancien vice président américain Al Gore. Ce dernier, et vu l´importance et l´acuité de la situation actuelle, été honoré pour ses efforts par le prix Nobel de la paix.

Que peut-on faire aujourd´hui pour changer les choses ? Apparemment rien, sauf retarder cette bombe en diminuant notre pollution actuelle, afin que les glaciers ne fondent pas aussi rapidement. L´Amérique, la Chine, l´Inde, l´Europe, ainsi que tous les autres pays polluant du tiers monde sont-ils à même de se discipliner autour d´une politique écologique commune ? On en doute, d´autant que même l´élevage industriel intensif est touché  (à 10%), aux côtés de l´industrie (20%), de l´automobile et de l´aéronautique (30%), de l´industrie de la création d´énergie surtout à partir du charbon (30%). Tous ces chiffres ne sont, naturellement, que des grandeurs approximatives d´estimation. Mais elles sont plus exactes que fantaisistes. La Chine, l´Inde, le Brésil, tous les pays du tiers monde vont-ils, par amour de l écologie, se retenir de développer leurs industries, leurs élevage, leurs productions ? Impensable. Serions-nous alors condamnés sans retour; ou y aurait-il une conception écologique de la production qui permette d´éviter le pire ?

Ce ne sont pas les conférences aussi sérieuses soient-elles qui peuvent changer les choses, c´est plutôt des actes concrets touchant tous les domaines les plus polluants de la production humaine. Et disons-le franchement, si les pays du tiers monde, ceux que cette détérioration frappera plus violemment n´ont pas les moyens de changer quoi que ce soit à la situation, les pays riches par contre lésinent sur des dépenses énormes que contraindrait l´emploi et l´instauration de méthodes et de moyens existentiels de consommation réduisant la pollution. Autant dire qu´on va, comme toujours beaucoup conférer, mais les solutions seront individuelles ou régionales. Celui qui s´y refusera ou s´en gardera comme le faisaient les américains et les chinois, par exemple, n´aura que sa bonne conscience pour juge et tribunal.

Encore une fois, dans cette tragédie qui nous menace tous, l´Afrique tire la carte perdante : selon les avis d´experts, la désertification va s´accentuer ainsi que la sécheresse ; ce qui causera une perte de 80 % des revenus agricoles ! On est d´autant effrayé devant ces chiffres qu´on sait que l´Afrique, et cela dû à son retard économique et industriel, n´a ni les moyens financiers, ni les moyens technologiques pratiques de se mettre à l´abri.

On a beau dire ou prétendre ce qu´on veut, à la fin, l´Afrique semble toujours la victime des circonstances. Et la question logique qui brûle les lèvres est : quand les élites africaines se décideront-elles enfin à faire leurs devoirs de produire des solutions permettant à ce continent de sortir de sa situation de victime séculaire ? Au lieu de copier et de jouer au suiviste, on aurait dû depuis longtemps axer sur l´énergie solaire, développer l´accumulation communautaire permettant aux infrastructures modernes de prendre pied dans les sociétés…On a beau crier, on a beau exiger…rien n´y fait. On se croirait dans une méchante impasse de l´aveugle  sourd qui passait à côté de la réalité, et ainsi de solutions pratiques de grande efficience sociale pour l´avenir de ce continent. Que faire que diable ; comment faire comprendre à ces gens que sans changer rapidement, qu´ils conduisaient l´Afrique ouvertement, et pour le moins courageusement…à la catastrophe ?

Certes, on pourrait aujourd´hui se complaire à accuser les pays polluants ; mais cela ne changerait en rien le danger qui nous menace tous, parce qu´il est vraisemblablement trop tard pour des procès d´intentions. Ceux qui survivront, ce seront ceux qui auront les moyens de se protéger des inondations, des sécheresses, du manque d´eau. Et il serait grand temps que les africains cessent de courir de conférence en conférence comme des nomades sans patrie…et sans réalisme. Aucune culture ne s´est faite ou ne s´est affirmée dans l´histoire en faisant du porte à porte ou en vivant de mendicité. Il faut avoir le courage et la volonté de mettre sur pied les structures et les fondements adéquats permettant aux siens de s´épanouir. Plutôt que d´exercer le pouvoir sans en connaître ni les exigences socioculturelles, ni les contenus de légitimations temporelles.

A la fin, l´Afrique donne toujours l´impression (fausse, naturellement) qu´elle ne veut pas payer, comme les occidentaux le laissèrent faire par l´esclavage et la colonisation, du lourd prix social réel de la liberté. En tout cas, on se donnait beaucoup de temps pour s´y décider. Or, l´esclavage est abolie et le monde a bien changé, les sciences économiques aussi ! Celui qui ne produit pas ses propres moyens de réalisation ; celui qui ne protège pas son accumulation et l´organisation civile de ses sociétés, celui-là est de nos jours la proie faible et facile des vautours de l´exploitation qui, eux, envahissent le monde entier avec leurs exportations. Et ce sont les riches qui dictent les conditions et moyens d´acquisition des capitaux. Etant au four et au moulin, ils peuvent bien habilement étouffer leurs victimes. Sans le vouloir, naturellement. Ou avec les meilleures intentions du monde...

La liberté, cependant, est aussi un choix solennel incessible : celui notamment de l´épanouir et d´en jouir d´une part, et de l´autre, celui de la défendre énergiquement contre vents et marées. Et si à cheval entre l´un et l´autre de ses rives on n´arrive qu´à des résultats de seconde main qui ne mènent nulle part ; il faut hélas croire qu´on n´a rien compris du tout. Et plutôt que de s´accrocher au pouvoir comme à une bouée de survie, il faut laisser la place à ceux qui ont plus de talent à organiser et défendre les leurs. En Afrique, hélas, on est surpris par la naïveté et l´incapacité notoire de ses élus. C´est souvent à se demander : qui donc nous a élu un tel illuminé ? Peut-être devrions-nous revoir nos choix politiques, sinon…Et il grand temps que l´Afrique se nantisse d´une élite qui réponde autant à ses attentes qu´aux exigences immenses et assidues d´un avenir réconcilié avec un monde en permanente ébullition. 

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

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22 novembre 2007

Une nouvelle peau pour le journal Jeune Afrique ?

Communiqué de presse : Une nouvelle formule pour Jeune Afrique 

Paris, le 21 novembre 2007. 

L’hebdomadaire Jeune Afrique arrive dans les kiosques, lundi 26 novembre 2007, avec une nouvelle maquette.

Nouveau logo, plus grande place accordée à la photo, multiplication des niveaux de lecture : les changements ont pour ambition première de moderniser l’identité visuelle du titre.

«L’enjeu est bien entendu le développement de nos ventes à travers la conquête et la fidélisation d’un lectorat qui rajeunit et qui est de plus en plus intéressé par les enjeux politiques, économiques et sociaux du continent. Mais ces lecteurs sont demandeurs, sur la forme, du dynamisme et de la multiplicité de sujets auxquels les a habitué Internet » explique  Amir Ben Yahmed, vice-président du groupe Jeune Afrique.

Remanié sur la forme, le nouveau Jeune Afrique inaugure aussi des changements de fond. L’hebdomadaire souhaite ainsi accorder une place plus importante à l’information économique à travers un cahier dédié plus étoffé, de même qu’il développera une plus grande interactivité avec son lectorat grâce à un traitement plus approfondi des grands débats qui agitent le continent.

«Au moment où l’Afrique redevient incontournable sur la scène internationale, Jeune Afrique entend ainsi réaffirmer son statut de conscience du continent africain en prenant fortement position sur les grandes questions qui pèsent sur son développement. Nous continuerons à mettre en place de nouveaux éléments de cette nouvelle formule tout au long de l’année 2008 » ajoute François Soudan, directeur de la rédaction.

L’année 2008 sera également l’occasion de renforcer la position du Groupe sur Internet avec une nouvelle version de son site web.  Autre objectif, augmenter sa présence en Afrique anglophone à travers de nouveaux investissements sur The Africa Report, sa publication en langue anglaise lancée en 2006 et déjà consacrée à deux reprises en Grande-Bretagne (2006 & 2007) comme « meilleur business magazine régional ».

Le Groupe Jeune Afrique fêtera son 50ème anniversaire, en octobre 2010.

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A propos de Jeune Afrique 

Jeune Afrique est l’hebdomadaire de référence du continent. Distribué dans plus de 80 pays et lu chaque semaine par plus de 400 000 personnes, le magazine propose une couverture objective de l’actualité africaine et internationale ainsi que des pistes de réflexion originales sur les enjeux politiques et économiques du continent. Jeune Afrique est édité par CIDCOM Le Groupe Jeune Afrique. Premier groupe de presse spécialisé sur le continent africain, il réalise un chiffre d’affaire de 25 millions d’euros, avec 130 collaborateurs répartis dans 15 pays. 

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Cordialement,

Patrick Ifonge

Jeune Afrique Marketing et communication

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Patrick Ifonge | Responsable Marketing & Communication

Groupe Jeune Afrique | Presse. Internet. Edition. Multimédia. Conseil

57, bis rue d'Auteuil | Paris 75016 | France

Tél: +33140301904 | Port: +33662406780 | Fax: +33145200967

Web: http://www.jeuneafrique.com | Email: p.ifonge@jeuneafrique.com

Commentaire Réalisance

Cher Patrick, je me réjouis profondément que Jeune Afrique ait enfin fait le pas de se donner une nouvelle présentation axée sur une plus large saisie du contexte socioéconomique et culturel africain. L´Afrique a toujours été incontournable ; l´esclavage et la colonisation le prouvent bien. Et si aujourd´hui les incurables d´hier revenaient habillé d´une peau de mouton, c´est parce qu´ils se sont rendus compte que leurs destins futurs se décidaient en Afrique !

Quelle ne fut pas l´époque glorieuse où Jeune Afrique critiquait Mobutu, par exemple. Ce qui fit malheureusement fait saisir le numéro impliqué. Mais qu´importe, tout jeune intellectuel africain que j´étais à l´époque, j´ai aimé et approuvé le parti objectif pris par de journal pour informer ses lecteurs du monde entier sur des faits et des actes qui avaient une signification profonde sur le marasme dont souffrait le continent africain. La vérité, on le sait, n´est pas bonne à dire ; pire, elle apporte plus d´ennuis qu´elle ne nourrit son homme. Cependant que cette vérité est incessible à la construction d´une réalité sociale objective. Et l´Afrique en a un besoin énorme car tout a été mis en place pour la dérouter, pour l´empêcher à entretenir une personnalité sociohistorique de libre et indépendante volonté. Les raisons, on les connaît.

Mais que ce soit dans l´information, les science, la technique et l´éducation ; nous devons tous nous poser la question : si tous nous ne faisons que mentir, tromper, maquiller la vérité par opportunité ou faiblesse de caractère, à quelle objectivité, à quelle forme de liberté aspirons-nous ? A une histoire, un comportement sociohistorique qui mentait toujours, qui se défilait devant ses responsabilités quitte à en investir l´occident et ses intérêts ?

J´espère vivement que la nouvelle Formule de Jeune Afrique saura rendre largement justice à ses lecteurs sur ce point, car, ne l´oublions pas : nous sommes tout autant du passé que du présent et de l´avenir. Si hier encore nous nous refusions par pudeur à épuiser et étaler à nos enfants l´histoire de l´esclavage et de ses crimes scandaleux, ou celle non moins pavée de sang et d´injustices de la colonisation ; ces deux époques font cependant parties de notre subconscient sociohistorique indéniable. Et il est à mon avis grand temps que nous apprenions à nous défaire de complexes que nous nous sommes nous-mêmes alourdis parce que nous craignions de réveiller en nous d´autres complexes malheureux. Personne ne peut échapper á son histoire, quelle qu´elle soit. Pour l´occident et les autres cultures, il en est ainsi ; pourquoi en serait-il autrement pour l´Afrique noire ?

Si nous voulons faire l´histoire en respectant les attentes et les droits légitimes des nôtres, et si par surcroît cette histoire doit nous rendre le visage de ce que nous attendons d´elle, par opposition à ce que les autres attendent de nous, nous ne pourront échapper à l´objectivité, à l´autocritique objective et sincère quelque douloureuse qu´elle soit pour nous ou pour les autres. En fait, nous devons avoir le courage de dire ce que nous voulons et comment nous comptons y parvenir ; cela permet toujours de discuter et de trouver le meilleur chemin d´accomplissement.

J´espère très sincèrement, cher Patrick, que Jeune Afrique saura être à la hauteur de nos attentes et des défis que l´avenir nous réserve. Et en te souhaitant à toi et à tes confrères bonne main, je te prie de croire à tous mes encouragements.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

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20 novembre 2007

Trop de Sarkozy ne serait-il pas nuisible à l´Afrique ?

Ce pasteur audacieux de la politique française en Afrique, était-il fiable ? Ou comme tous ses prédécesseurs, il ne s´agissait que d´enfumer son monde ?

A beau mentir qui vient de loin ?

A n´en pas finir : Sarkozy par-ci, Sarkozy par-là ; à croire que Sarkozy voudrait, pour polir son assurance, s´instaurer en Louis XIV de l´Afrique. Tout le monde sait, cependant – et cela en pensant particulièrement au mémorable passé entre la France et Haïti, - qu´on fait beaucoup de vent autour de la république irréprochable. Quant à la France, on y crie plus fort qu´on est capable de tenir ses promesses. Il est plus facile d´aller clamer aux Amériques du New Deal qu´on veut généreusement offrir aux africains, que, par exemple d´ouvrir le marché français aux produits africains. Bien au contraire, les français vendaient leurs tomates délaissées au Sénégal, tandis que les hollandais, eux, noyaient le Ghana avec leurs oignons. Beaucoup de vent, donc pour rien. Tous ceux parmi les africains qui s´hasarderaient à croire au père Noël risqueraient, comme par le passé, à se retrouver les fers aux poignets et appauvris on ne peut plus désespéré.

Tout africain de bon sens devrait aujourd´hui se demander : si Sarkozy était de bonne foi, lui et sa république irréprochable ; pourquoi ne levait-il pas, lui et ses pairs, le siège de la francafrique ? Alors, quoi ; ne pas être capable de reconnaître la liberté et la souveraineté économique et financière aux africains, mais leur abreuver gratuitement de conseils et de prédictions pastorales aussi vides que gratuites ? Parce que, dire aux africains : «…C´est à vous de comprendre que nous avons un avenir commun… » C´est verser l´huile sur le feu, autant qu´avec un sarcasme blessant, malsain et frondeur, faire fi de l´histoire et de la réalité des méfaits francafricain d´aujourd´hui. Un avenir commun ? Mais Dieu du ciel, depuis quand la France le savait-elle ? Depuis l´esclavage, peut-être ou…depuis les massacres en Algérie luttant pour son indépendance et sa liberté ?

Oui, on se demandait bien ce que cette insinuation voulait dire ? L´africain tarderait-il à comprendre que depuis des siècles la France pillait, violentait, empêchait biens de pays de ce continent à exercer librement leurs souverainetés politiques, économiques, financières ? Ou encore faudrait-il comprendre ce « conseil » comme un ordre à abdiquer, à se soumettre enfin aux bons vouloirs politiques de la grande France ? L´esclavagiste d´hier, le colonialiste invétéré ou le marchand de faux catéchisme abrutissant revenait-il à la charge pour exiger de ses victimes qu´elles veuillent bien accepter leurs plaies et leurs cicatrices parce que la France ne savait pas leur reconnaître la liberté qu´elle clamait depuis 1789 prétentieusement sous tous les toits du monde ?

Oui, on était suffoqué par un tel courage ! Et, dites donc, qui devait comprendre quoi ? N´était-il pas à la France de comprendre enfin que la liberté était un bien légitime et que les africains n´étaient, en aucun cas, prêts à mettre à disposition ? Un peuple qui, tout en proclamant les droits de l´homme en 1789 vendit des esclaves noirs, s´empara et s´appropria de terres et de peuples libres…fit colonisation, soutint l´Apartheid et assassinat les élites africaines à la pelle ; ce peuple pouvait-il aujourd´hui aller demander à ses victimes séculaires de comprendre ? Comprendre quoi, que diable ? Désolé, j´ai bien peur qu´il n´y aie un bien lourd malentendu !

Ou faudrait-il « comprendre » cette phrase comme une mise en garde, comme un avertissement annonçant la punition par la république irréprochable, de toute velléité africaine prétendant à une toute autre liberté que celle délibérée par la France et par ses intérêts ? De quelle liberté s´agit-il, donc ; celle qui commence par 450 ans d´esclavage et de crimes divers et gratuits, pour se terminer par une francafrique étouffante ? C´est à peine si on ne devait pas citer un ancien premier ministre polonais qui disait récemment, à l´endroit des allemands et de leur influence imposante dans l´Union Européenne : « Les bourreaux d´hier nous imposent aujourd´hui leur sens dévoué de la liberté ». La France de Vichy, rappelons-le, avait remis à l´Allemagne Nazie 75.000 juifs français qui furent exterminés dans les camps de concentrations allemands. Le premier ministre Jaroslaw Kaczynski, lui, ne l´avait pas oublié. Il alla jusqu´à exiger de compter les morts polonais de la deuxième guerre mondiale pour ne pas tomber sous les lois de vote majoritaire des pays à grande population dans l´U.E. (Mais tout le monde sait qu´il ne fit cette remarque que pour taquiner les allemands et les français. Ces derniers, à Munich en 1938, signèrent conjointement le traité qui livra la Pologne définitivement aux mains des nazis !). La France qui croyait alors échapper à l´occupation allemande fut bien surprise d´être, elle aussi, une des victimes. Eh, oui…

Les africains n´ont pas été sans remarquer, le 14 juillet 2007, qu´ils ne furent pas invités à défiler aux côtés des français pour fêter ce jour mémorable. Mais tous les autres européens, et même les allemands qui durant la deuxième guerre mondiale mirent fin à la souveraineté et à la liberté française. Et pourtant, ce fut en Afrique, en Tunisie que De Gaule organisa et entrepris la reconquête de la liberté de son pays.

Combien de tirailleurs africains avaient donné leurs vies pour l´indépendance et la liberté de la France ? Si les français avaient si vite oublié Thiaroye, par exemple, nous nous ne l´avons pas. Mais tout cela ne donnait-il pas le sentiment, s´il ne le confirmait pas, que les africains, on en abusait, on les employait, on les trompait, on les menait aux chaînes…mais personne ne voulait les avoir à sa table autrement que comme domestique en livrée servant pieusement le maître ?

Personnellement je doute que Sarkozy soit capable de faire n´importe quoi pour l´Afrique ; c´est aux africains eux-mêmes de faire leur avenir et de repousser les grossières et plutôt injustes avances de tous ceux qui prétendent leur offrir la liberté toute faite. Car, si cela était vrai ; pourquoi ces occidentaux avaient-ils attendu si longtemps pour reconnaître aux africains leurs droits humains ? J´avoue qu´après l´esclavage, la colonisation, l´Apartheid, le racisme métropolitain quotidien…après l´instauration de criminelle la francafrique pour piller et avilir son nègre ; j´ai difficile à croire qu´un africain de bon sens pourrait se fier à quelque gouvernement occidental que ce soit. Mais, sait-on jamais ; dans chaque famille il y a des idiots et des simples d´esprit.

Rappelons-le toutefois afin que personne ne l´oublie : ce n´est pas l´Afrique qui a besoin de la France, mais bien la France qui a besoin de l´Afrique pour maintenir et abonder son niveau de vie. Tout tourne autour de cela. Et celui qui sait entrevoir la vérité aura vite reconnu qu´il ne s´agissait, comme toutes les autres fois, que de beaux discours vides, sans lendemain. Parce que ce n´est pas la France qui construira les écoles en Afrique, des hôpitaux…, qui produira les moyens et les biens servant à la réalisation d´une véritable liberté de quelque africain que ce soit. Eux ils ont la fâcheuse habitude d´obliger les africains à parler le français, à consommer les produits made in France pour que les industriels français s´enrichissent pendant que les sociétés africaines perdaient par hémorragie financières leurs accumulations.

Devant ce tableau répété, dont les mensonges et les faussetés revenaient sans cesse faire emplette en Afrique, il faut tout de même poser la question aux africains : si les occidentaux de décennies en décennies revenaient en Afrique tromper leur monde ; quand les africains se rendraient-ils compte qu´avec ces vagues du bâton et de la carotte, ces occidentaux gagnaient du temps tout en acculant l´Afrique dans une impasse de réalisation qui menait droit au gouffre du manque et à la désolation, qu´elle ne résolvait quelque problème africain que ce soit ? N´était-il pas temps de dire : « Assez, ça suffit ; à ce petit jeu cochon nous en avons marre d´être la dinde choisie du Mardi Gras ! » Ou mieux, n´était-il pas temps de prouver qu´on avait compris et qu´on était capable de prendre ses responsabilités ? De prouver que toute liberté ne se fait que par ceux qui la réclame, l´aime et s´en nourrissent ?

Combien de vies et de destins perdus sous la misère et la pauvreté ; combien de larmes doivent encore couler en Afrique pour que les africains comprennent qu´il est grand temps de changer les choses ; qu´il est temps de ne plus se laisser traîner par le bout du nez ? Cette liberté pour laquelle toute notre histoire durant nous avons pavé ses chemins épineux et tortueux de tourtes nos larmes, de notre dernière goutte de sang ; était-il possible que nous ne sachions qu´en pleurer, en souffrir ? Ou notre amour de la liberté exigeait-il que nous l´offrions à nos enfants…qu´un jour très proche nous ayons la fierté d´aimer la caresse du souffle chaud et tendre qu´il prodigue aux nôtres sous son toit apaisé ?

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

Forum Réalisance 

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18 novembre 2007

Le lourd poids dialectique qui pèse sur l´Afrique

Le monde africain comprend-t-il qu´autant ses attentes que celles des "autres" pèsent sur lui; saura-t-il être à la hauteur ou croulera-t-il sous une charge écrasante de responsabilités ?

Le monde attend-t-il de l´Afrique qu´elle se taise, qu´elle se laisse faire aux conditions (aussi opportunistes, abusives ou criminelles qu´elles soient) qu´il a pris l´habitude de lui dicter ? Ou l´existence culturelle légitime des cultures et nations africaines ne requéraient-elles légitimement de ce continent que ses élites organisent, modernisent, défendent ses droits ponctuellement et sans tergiverser afin, dans le concert des nations et des peuples du monde, de rendre justice aux attentes et aux ambitions de ses enfants ? Ou ce monde attend-t-il des africains qu´ils se surpassent, malgré tout ?

CE LOURD POIDS D´ATTENTE QUI PÈSE SUR CELUI QUI FERME LA MARCHE

Ne nous trompons pas, l´Afrique ferme la marche de l´histoire contemporaine même si elle en avait été le berceau originel. Beaucoup verront dans cette affirmation un jugement qui pourrait être positif ou négatif selon les cas ; dès lors que ce n´est qu´un point de vue objectif qui n´est ni un jugement, ni une condamnation de notre part. C´est une réalité. Ce constat, pour nous, n´a qu´un but : celui de mettre en évidence les devoirs et le poids historique d´obligations qui pèse sur ce continent. Pourquoi, à quel but ? Mais tout simplement celui de cerner - et cela par rapport à un équilibre d´échange et de réalisation universelle - la pesante démarche qui incombe aux africains qui sont soumis et non moins étirés (qu´ils le veuillent ou non) entre leurs intérêts grandissants et ceux des étrangers gourmands et intempestifs.

Je sais, lorsqu´on parle des rapports entre l´Afrique et le monde, ou même de l´Afrique face à elle-même; on est curieusement confronté (ou affronté) d´une part par ceux qui refusent à l´Afrique une quelconque personnalité sociohistorique (sinon, d´où vint l´esclavage, la colonisation et la francafrique ?), ainsi que ceux des africains qui, affichant leur incapacité intellectuelle se refusaient, par aliénation aveugle et bornée, à se départir du bas rôle subalterne que l´occident leur avait inculqué. Cependant que l´Afrique a tout de même le devoir (surtout envers elle-même) de se réaliser ; car ceux de l´esclavage, de la colonisation de jadis, ceux de la francafrique actuelle ne lui imposaient que par trop des conditions par lesquelles les africains resteraient le trépied qui leur permettaient de perpétuer leur domination sur les africains tout en s´enrichissant royalement à leurs dépends.

Ces conditions de fausses "bonnes intentions", comme on le sait, ne répondent en rien ou pas du tout aux attentes légitimes des africains. Alors, faut-il continuer à tromper son monde, à rester sage et muet pendant que les femmes, les enfants africains, ainsi que leurs cultures et sociétés n´y trouvaient leur compte qu´en immigrant ou en se soumettant aux normes et aux conditions occidentales hégémoniques, intéressées…et dangereusement appauvrissantes ?

Nous sommes la première race de l´histoire humaine qui discute ouvertement et largement de son existentialité menacée ; pourquoi en est-il ainsi ? Serions-nous au bord du désespoir ; n´aurions-nous pas les moyens de pouvoir nous permettant d´imposer dans nos propres sociétés la conscience organisée et active de notre devenir ? Après tout, la colonisation est virtuellement terminée, et ceux qui gouvernaient ou dirigeaient en Afrique aujourd´hui étaient...des africains ! Ne faudrait-il pas se demander si ces nouveaux gouvernants de l´Afrique appréhendaient justement le contenu et la portée réelle de leurs devoirs ?

Beaucoup de questions, certes, mais la vérité est que le poids psychologique autant politique qu´économique et culturel exercé sur les africains par les forces extérieures est énorme et croît d´année en année depuis que la concurrence sur les marchés de biens industriels devient âpre. Par ailleurs, le retard industriel qui est le nôtre actuellement et qui renferme aussi un retard sociologique de la connaissance, un manque d´application technique du savoir…tout cela nuit à l´énergie et les moyens de défense avec lesquels non seulement nous pourrions nous développer, mais aussi nous défendre efficacement ou adroitement face à ce que j´appelle les « effets néfastes » intérieurs et extérieurs.

La loi du plus fort, ou si on veut les préceptes des premiers arrivés posent toujours pour tous ceux qui viennent après une sorte de référence, de règles, de découvertes et d´usages que les derniers doivent prendre en considération. Et la citation d´Auguste Comte : « L'humanité se compose de plus de morts que de vivants. » le confirme bien car le premier arrivé veille, comme tout être de bon sens, à défendre ses avantages et ses intérêts. Tout cela ne ferait de mal à personne, si trop souvent ces intérêts ne s´avéraient pas nier les droits légitimes et la libre existence des autres. A partir de ce moment là, ces abus doivent être rejetés et combattus. C´est dans la nature éthique et morale de la culture humaine universelle qui exige que ce qui cause préjudice aux autres ou ne tient pas compte de leurs droits fondamentaux est du non droit, et à ce titre, humainement illicite. 

Mais comme tout le monde le sait, être en droit ne veut pas dire recevoir ou asseoir son droit. Le propre des intérêts économiques, financiers actuels « des effets négatifs » de notre monde, c´est de s´habiller en peau de mouton prétextant l´aide, la coopération ou le but humanitaire pour exercer des ministères intentionnels primitifs ou bas (l´exemple récent des 103 enfants du Tchad est hautement exhaustif).

D´autre part, ce qui souvent apparaît comme l´innocent commerce peut, en réalité et dans un exercice intentionné, piller des peuples entiers en leur volant leurs épargnes et leurs accumulations. Certes on ne peut pas empêcher le commerce inoffensif et partagé ; mais lorsque les marchés sont ouverts à coups de canons, de transferts d´influences, de corruptions pour ruiner les obligés; le commerce cesse d´être un sain instrument d´émancipation et de promotion au rapprochement universel. Il devient une arme d´abus et d´oppression.

C´est pourquoi ne pas produire soi-même, livrer ses matières premières sans équivalent existentiel social de valeur constant et irréfutable dans le temps, ou encore se laisser dévorer les accumulations sociales, ce qui retardait ou ajournait définitivement le financement du développement économique et social  local ; se prêter à ce sordide jeu aux allures quelques anodines qu´elles soient, c´est bien se suicider à petit feu en vouant ses peuples et ses sociétés à la pauvreté et à la misère imméritées.

L´ignorance tue et tue cruellementignorance tue et tue cruellement. es qu irrnt universel.e ique de la connaissance, un manque d. Et dans une société, ce n´est pas seulement le niveau intellectuel ou créatif individuel qui compte, mais bien le niveau intellectuel et créatif social : celui qui censure le degré de bien-être et d´exercice social d´une nation. En Afrique, et c´est un manquement qu´il y a lieu de réparer énergiquement, l´ignorance et l´analphabétisme l´emporte sur 60 à 70 % de la population ! Les traditions désuètes ou fausses avaient encore longue main sur les individus, ce qui enclavait grandement leur accès à la rationalité,  au respect et l´usage de la connaissance auxquels ces sociétés ne se sentaient, dans leur aveuglement, ni obligés, ni étroitement liés.

Mais curieusement, ces analphabètes communs voulaient profiter des nombreuses facilités qu´offre le progrès : voler en avion, rouler en voiture, voir la télévision ! Il est vrai que la colonisation, dans ses intentions occultes de domination, leur avait largement dépossédé du devoir d´être sujet actif responsable et créatif de l´histoire. Sorti du sommeil colonial, et par réflexe de fierté plutôt que par prise réelle de conscience, ces sociétés jouaient à l´imitation grotesque et au suivisme pour ressembler à leurs maîtres ; ce qui, dans l´urbanisme, la santé, l´instruction, la production, la formation professionnelle, se soldaient par des résultats surfaits, bancals, tronqués, toujours à la traîne et pas capables de satisfaire aux normes internationales contemporaines usuelles.

Le complexe d´infériorité ou d´incapacité s´installait, que dis-je, s´encroûtait, plutôt que d´être résolu. Sans s´approprier, s´investir des profonds devoirs que requiert sa propre projection existentielle, on a mal à en jouir des droits et des bienfaits. L´importation pour tromper les apparences ? Elle n´emmène que la ruine et la pauvreté, rien d´autre. Pour briser ce cercle vicieux, il n´y a hélas qu´une voie : celle qui restaure l´individu et la société de leurs rôles conjoints respectifs de maître et propriétaire attentionnés de leur propre finalité.

Si l´Afrique ne peut pas changer le monde, elle doit cependant veiller à ce que ce monde ne la confine volontairement dans une étroite peau de chagrin. Il en va non seulement de sa culture, de la réalisation sensible de ses enfants, mais aussi de son avenir. Car la pression étrangère faite sur elle devient, avec tout nouvel arrivant au piédestal de l´industrialisation, bien pesante. Et ces nations consomment les matières premières à gorges déployées et insatiables, autant qu´ils polluent l´air et l´atmosphère, envahissent le monde de leurs bibelots et produits finis. Tout cela en veillant jalousement que les africains ne vendent leur travail sur leurs marchés. Cela restreint ou détériore les conditions de réalisation des faibles et des pauvres. Aucun pays du monde ne peut survivre en vendant des arachides, le coton ou des choux cultivés à la main ! Celui qui le croit est un fou dangereux pour son propre avenir.

Conclusion : il est grand temps que les africains cessent de se faire des illusions, de tourner en rond, de lancer des appels ou des cris qui, sans changement profond de motivation et de perception face à leur propre engagement sociohistorique et culturel, ne sont rien d´autres que de faux prétextes à tolérer le marasme actuel. Tout prend son temps, pour parvenir à de sérieux résultats ; mais ne pas partir à temps ou négliger le principal, c´est se voler soi-même la réussite. Etre le dernier n´est un défaut que si on ne sait pas profiter et utiliser l´expérience de ceux qui nous ont précédé. Et sans se jeter à la fenêtre, la culture africaine est riche en enseignements et expériences ; les rationaliser et les mettre au service de ses propres enfants, cela ne peut que leur renchérir le courage et la volonté d´aller, non sans élégance et doigté (il faut l´espérer), à la réalisation de leurs propres rêves.

Aucune race humaine n´a pleuré autant que nous l´histoire durant ; aucune race n´a été à ce point déportée, méprisée, maltraitée, vilipendée, foncièrement préjudiciée tour à tour par les arabes musulmans autant que par les chrétiens occidentaux. Le noir, dans le monde entier, est encore aujourd´hui synonyme du mal, du diable, du deuil, de l´inconnu inculte sombre et menaçant. Nous sommes pourtant nés au continent du soleil éternel et notre âme est pure et belle comme toute âme humaine. Notons cependant que ni Dieu, ni quiconque n´est venu à notre secours pendant que les forces du mal s´abattaient sur nous d´interminables siècles durant. Faudrait-il que nous écumions, comme ces islamistes fondamentalistes illuminés, le monde entier d´un terrorisme gratuit et sanglant pour faire comprendre à nos fossoyeurs que nous aussi nous avons droit à la liberté et à la réalisation sociale, économique, culturelle ?

Oui Il est temps, à mon avis, de dire au monde, à tous ceux qui nous ont toujours considérés comme leurs paillassons favori, leurs vivants objets favoris de chosification, que nous ne sommes plus prêts à l´accepter. Mais cela veut aussi dire que nous nous engagions à produire les conditions et les moyens nous permettant autant de nous réaliser à notre guise qu´à défendre l´existence et l´avenir des nôtres. Le sommes-nous réellement ou cherchons-nous encore des prétextes pour ne pas entreprendre cette tâche ? Après tout, il en va de notre liberté ; et surtout du respect et de la fierté que nous avons de nous-mêmes !

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

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12 novembre 2007

Le chansonnier français et le racisme

L´exemple de la chanson « Lily » de Pierre Perret

OU DE CEUX QUI VENAIENT TOUS DE LEUR PLEIN GRÉ VIDER LES POUBELLES À PARIS.

Lily

On la trouvait plutôt jolie, Lily
Elle arrivait des Somalies Lily
Dans un bateau plein d'émigrés
Qui venaient tous de leur plein gré
Vider les poubelles à Paris
Elle croyait qu'on était égaux Lily
Au pays de Voltaire et d'Hugo Lily
Mais pour Debussy en revanche
Il faut deux noires pour une blanche
Ça fait un sacré distinguo
Elle aimait tant la liberté Lily
Elle rêvait de fraternité Lily
Un hôtelier rue Secrétan
Lui a précisé en arrivant
Qu'on ne recevait que des Blancs

Elle a déchargé des cageots Lily
Elle s'est tapé les sales boulots Lily
Elle crie pour vendre des choux-fleurs
Dans la rue ses frères de couleur
L'accompagnent au marteau-piqueur
Et quand on l'appelait Blanche-Neige Lily
Elle se laissait plus prendre au piège Lily
Elle trouvait ça très amusant
Même s'il fallait serrer les dents
Ils auraient été trop contents
Elle aima un beau blond frisé Lily
Qui était tout prêt à l'épouser Lily
Mais la belle-famille lui dit nous
Ne sommes pas racistes pour deux sous
Mais on veut pas de ça chez nous

Elle a essayé l'Amérique Lily
Ce grand pays démocratique Lily
Elle aurait pas cru sans le voir
Que la couleur du désespoir
Là-bas aussi ce fût le noir
Mais dans un meeting à Memphis Lily
Elle a vu Angela Davis Lily
Qui lui dit viens ma petite soeur
En s'unissant on a moins peur
Des loups qui guettent le trappeur
Et c'est pour conjurer sa peur Lily
Qu'elle lève aussi un poing rageur Lily
Au milieu de tous ces gugus
Qui foutent le feu aux autobus
Interdits aux gens de couleur

Mais dans ton combat quotidien Lily
Tu connaîtras un type bien Lily
Et l'enfant qui naîtra un jour
Aura la couleur de l'amour
Contre laquelle on ne peut rien
On la trouvait plutôt jolie, Lily
Elle arrivait des Somalies Lily
Dans un bateau plein d'émigrés
Qui venaient tous de leur plein gré
Vider les poubelles à Paris.


Lily


On la trouvait plutôt jolie, Lily
Elle arrivait des Somalies Lily
Dans un bateau plein d'émigrés
Qui venaient tous de leur plein gré
Vider les poubelles à Paris
Elle croyait qu'on était égaux Lily
Au pays de Voltaire et d'Hugo Lily
Mais pour Debussy en revanche
Il faut deux noires pour une blanche
Ça fait un sacré distinguo
Elle aimait tant la liberté Lily
Elle rêvait de fraternité Lily
Un hôtelier rue Secrétan
Lui a précisé en arrivant
Qu'on ne recevait que des Blancs

Elle a déchargé des cageots Lily
Elle s'est tapé les sales boulots Lily
Elle crie pour vendre des choux-fleurs
Dans la rue ses frères de couleur
L'accompagnent au marteau-piqueur
Et quand on l'appelait Blanche-Neige Lily
Elle se laissait plus prendre au piège Lily
Elle trouvait ça très amusant
Même s'il fallait serrer les dents
Ils auraient été trop contents
Elle aima un beau blond frisé Lily
Qui était tout prêt à l'épouser Lily
Mais la belle-famille lui dit nous
Ne sommes pas racistes pour deux sous
Mais on veut pas de ça chez nous

Elle a essayé l'Amérique Lily
Ce grand pays démocratique Lily
Elle aurait pas cru sans le voir
Que la couleur du désespoir
Là-bas aussi ce fût le noir
Mais dans un meeting à Memphis Lily
Elle a vu Angela Davis Lily
Qui lui dit viens ma petite soeur
En s'unissant on a moins peur
Des loups qui guettent le trappeur
Et c'est pour conjurer sa peur Lily
Qu'elle lève aussi un poing rageur Lily
Au milieu de tous ces gugus
Qui foutent le feu aux autobus
Interdits aux gens de couleur

Mais dans ton combat quotidien Lily
Tu connaîtras un type bien Lily
Et l'enfant qui naîtra un jour
Aura la couleur de l'amour
Contre laquelle on ne peut rien
On la trouvait plutôt jolie, Lily
Elle arrivait des Somalies Lily
Dans un bateau plein d'émigrés
Qui venaient tous de leur plein gré
Vider les poubelles à Paris.


Lily


On la trouvait plutôt jolie, Lily
Elle arrivait des Somalies Lily
Dans un bateau plein d'émigrés
Qui venaient tous de leur plein gré
Vider les poubelles à Paris
Elle croyait qu'on était égaux Lily
Au pays de Voltaire et d'Hugo Lily
Mais pour Debussy en revanche
Il faut deux noires pour une blanche
Ça fait un sacré distinguo
Elle aimait tant la liberté Lily
Elle rêvait de fraternité Lily
Un hôtelier rue Secrétan
Lui a précisé en arrivant
Qu'on ne recevait que des Blancs

Elle a déchargé des cageots Lily
Elle s'est tapé les sales boulots Lily
Elle crie pour vendre des choux-fleurs
Dans la rue ses frères de couleur
L'accompagnent au marteau-piqueur
Et quand on l'appelait Blanche-Neige Lily
Elle se laissait plus prendre au piège Lily
Elle trouvait ça très amusant
Même s'il fallait serrer les dents
Ils auraient été trop contents
Elle aima un beau blond frisé Lily
Qui était tout prêt à l'épouser Lily
Mais la belle-famille lui dit nous
Ne sommes pas racistes pour deux sous
Mais on veut pas de ça chez nous

Elle a essayé l'Amérique Lily
Ce grand pays démocratique Lily
Elle aurait pas cru sans le voir
Que la couleur du désespoir
Là-bas aussi ce fût le noir
Mais dans un meeting à Memphis Lily
Elle a vu Angela Davis Lily
Qui lui dit viens ma petite soeur
En s'unissant on a moins peur
Des loups qui guettent le trappeur
Et c'est pour conjurer sa peur Lily
Qu'elle lève aussi un poing rageur Lily
Au milieu de tous ces gugus
Qui foutent le feu aux autobus
Interdits aux gens de couleur

Mais dans ton combat quotidien Lily
Tu connaîtras un type bien Lily
Et l'enfant qui naîtra un jour
Aura la couleur de l'amour
Contre laquelle on ne peut rien
On la trouvait plutôt jolie, Lily
Elle arrivait des Somalies Lily
Dans un bateau plein d'émigrés
Qui venaient tous de leur plein gré
Vider les poubelles à Paris.

Pierre PERRET

Posté par Musengeshi Kat à 12:48 - ironie ou affabulation - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Derrière le symbolisme de l´eau...

Commentaire du 03 Novembre 2007 19H53 sur Afrikara

CRIER, SE PLAINDRE NE SERT À RIEN ; Il FAUT REPOUSSER CES MAUX.

J´ai lu avec émotion le commentaire de Nzi. Tout ce qu´on peut dire à ce sujet, c´est que comme toutes les denrées ou facteurs existentiels, leur utilisation ou leur convoitise sera, en définitive, réglée par les forces concourantes de notre monde économique et géopolitique. Ceux comme les africains qui s´attardent ou négligent par leur faiblesse ou leur aliénation de défendre leurs intérêts seront irréversiblement soumis aux lois des entités dominantes. Et nous aurons beau invoquer la morale, l´éthique humaine...rien n´y fera parce que ces forces sont au dessus de ces valeurs. Evoquer le symbolisme islamiste ici est à mon avis malheureux car on doit se rappeler que ce sont les islamistes qui vendirent la plupart des esclaves aux occidentaux ! Et si on dit que tout cela est du passé, le terrorisme fondamentaliste actuel prouve que l´islam a du pain sur la planche dans ses propres rangs. Les africains ont, à ce propos (celui de l´eau notamment) leur propre symbolisme. Mais actuellement, ils ont à se débattre avec une domination occidentale qui les déroute et met toutes les valeurs à disposition. Et pour ne pas avoir compris que l´autonomie économique est la condition sine qua non de la liberté culturelle, ils se débattent dans une servitude qui leur prive des moyens fondamentaux pour défendre leur historicité et leur avenir. Faudra changer cela, sinon, tous les discours qu´on fait actuellement ne sont rien d´autre que du beau verbe. Ne l´oublions pas: personne, ni la morale, ni l´éthique, et encore moins Dieu n´a pu empêcher ni l´esclavage, ni la colonisation...ce qui veut dire que si nous voulons que quelque chose change, nous ne devons pas nous contenter de crier à tous les toits; il faut avoir le courage de s´engager activement pour le changement. Et à propos d´eau, avez-vous remarqué que les actuelles inondations en Haïti, en République Dominicaine, en Afrique faisaient des victimes et détruisaient des régions entières ? apparemment il ne manque pas d´eau ! Il faudrait peut-être penser à contrôler l´eau avec une urbanisation appropriée...pour se garder de subir de ses invasions destructives. Et sans le moins d´humour, je conseillerai à ceux qui manquent d´eau de se précipiter en Haïti, en République Dominicaine, en Afrique; bref partout où il y a inondation. Pour moi, derrière le symbolisme de la mainmise sur l´eau, il y a un symbolisme symptomatique inquiétant qui s´applique autant aux matières premières, à la pollution de l´air, à l´appauvrissement financier du tiers monde. L´Afrique doit sortir de sa naïveté et défendre ses intérêts avec plus d´énergie qu´elle ne l´a fait jusqu´aujourd´hui. Là est à mon avis la seule solution adéquate au problème. Encore faut-il qu´on le comprenne et qu´on sache y remédier rapidement. Sinon...? Eh bien; le monde est tellement peuplé de salauds sans foi ni loi...

Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

FORUM REALISANCE

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11 novembre 2007

L´Afrique croit-elle échapper à la sélection naturelle universelle ?

La question peut prêter à équivoque, et pourtant, elle est plus que d´actualité vu le peu d´engagement (ou de réussite) que met l´Afrique à se défendre contre les forces extérieures qui lui imposent depuis des siècles une domination étouffante et cruelle.

DROIT DU PLUS FORT, CELUI DU PREMIER ARRIVÉ…OU CIVILISATION ?

Depuis de longs et pénibles siècles de lourds tributs d´exactions et d´abus – il s´agit tout de même, pour la civilisation occidentale de 600 ans; et pour la culture islamique de 12 siècles qui s´étalèrent entre le XII siècle et le XIX. – l´Afrique se débat dans un marécage existentiel douloureux qui non seulement lui enlevait ses moyens de développement, mais il l´empêchait aussi de s´épanouir librement. Et à ce propos, il n´y a que les naïfs (africains ou étrangers) ou les incorrigibles de l´exploitation criminelle pour prétendre que tout allait bien et que l´Afrique n´avait qu´à se mettre à jour et se défendre !

Civilisation ? Mais qui définissait donc le contenu, les règles et la portée de cette civilisation ? Etaient-ce les forts et les riches ou était-ce sur la base d´un humanisme commun ? Quelles étaient les ou les paramètres par lesquels on saurait objectivement la reconnaître ? Le philosophe et humaniste français Edgar Morin que nous citerons ci-dessous, reconnaît à la prétention de civilisation le dialogue équitable, la reconnaissance à l´autre de la dignité humaine. Il disait : «Le vrai dialogue, c’est quand on reconnaît à l’autre la même dignité. Il n’y a pas de dialogue possible entre un maître et son esclave. Le dialogue suppose l’égalité – ce qui est un point de vue relativement nouveau dans la culture européenne ! L’Europe occidentale a dominé et exploité le monde à partir de la conquête des Amériques, elle a pratiqué la traite des Noirs et l’esclavage, elle a exercé les dominations les plus longues et les plus dures de l’histoire. »

Et nous avouons que nous sommes fiers et admiratifs devant l´objectivité intellectuelle de ce grand esprit qui, tout en étant européen et français de surcroît, Edgar Morin ne cache pas ses mots pour reprocher à sa propre culture d´avoir été coupable de biens de méfaits sous ses prétentions de civilisation. Mais, cela est-il
dit ? La question que nous posions en début de propos ; cette question, sous quel angle faut-il la comprendre ? L´Afrique peut-elle, croit-elle qu´elle peut échapper à la sélection naturelle universelle ? Suffisait-il en effet de faire le mort, de réclamer une humanité quelconque respectueuse des droits et des libertés pour les obtenir ou être à l´abri des effets négatifs de l´exploitation et de l´utilitarisme des autres cultures ou civilisations ?

Personnellement, je ne le pense pas ; car, pour ne prendre que quelques exemples rapides : l´eau devenait lentement une denrée rare, l´air était pollué par des producteurs industriels enragés et surproduisant pour envahir le monde ou étouffer quelques faibles marchés, les matières premières étaient englouties à grande vitesse…trop souvent plus pour satisfaire à des futilités que pour rendre une justice sociale réelle à ceux qu´on obligeait ou contraignait à vendre ces matières premières rares et précieux . Et même sans tenir compte de bien d´autres éléments monétaires, financiers, économiques subséquents à la domination centraliste et hégémonique occidentale, on peut se poser la question : lorsque ces sociétés pillées et trompées dans les échanges et leurs droits à la liberté et à la réalisation sensible se réveilleront et se trouveront devant le manque à s´industrialiser ; de quoi vivraient-elles ? Ou estimait-on d´emblée que ces sociétés n´avaient, elles, aucun droit à l´industrialisation ?

C´est bien pour la raison, par exemple, que je condamne toute restriction quelconque visant à empêcher quiconque de se rendre maître d´une utilisation pacifique de l´énergie atomique, par exemple. Parce qu´à mon avis l´avenir, surtout pour les pays du Nord ne pouvant pas compter sur l´énergie solaire (dont la technologie, à mon avis doit absolument être rapidement développée surtout dans les tropiques afin de minimiser la détérioration de l´écologie mondiale), et à la vitesse avec laquelle les Etats industrialisés engloutissaient le pétrole (et fluides combustibles) aujourd´hui, l´énergie atomique ne soit inévitable.

En France l´énergie nucléaire déjà représentait 76 % des sources d´énergie. Il serait donc fatal, si pas sournois de consommer les réserves énergétiques du monde pour son industrie, de salir et de polluer l´air universel irréversiblement, de mettre à mal l´équilibre écologique mondial…et de condamner parallèlement ceux qui étaient en retard d´industrialisation à ne pas se saisir de la seule source ou alternative efficace pouvant les sauver du manque !

Le prétexte selon lequel l´énergie nucléaire présente des dangers d´usage militaire est juste, mais néanmoins surfait et ne cache, à mon avis, qu´un relent saisissant de colonialisme. Après tout, la France, la Grande Bretagne, Israël, l´Italie, la Russie, la Chine, l´Inde, le Pakistan…tous ces pays ont la bombe atomique ; le monde s´en trouve-il plus malheureux ? Apparemment non ; pourquoi en serait-il autrement avec les nouveaux conquérants de l´atome ? Et quand bien même les américains sont les seuls peuples à avoir employé la bombe atomique contre les japonais ; la détention de l´armement nucléaire n´incite-t-il pas au respect et à la fin de conflits gratuits ?

Avec force de coopération et d´entraide soutenue dans la maîtrise et surtout dans le conseil de méthodes sécurisant l´emploi de cette énergie, on peut obtenir que tous les pays prennent conscience que cette source d´énergie exige des conditions d´usage exceptionnels. Parce que la moindre erreur est fatale pour biens de vies humaines. L´histoire de Tchernobyl nous l´a largement montré.

D´un autre côté des choses, et celui-là du côté pragmatique réel, n´en déplaise aux dormeurs, aux attardés et même aux défenseurs exubérants ou gratuits des droits et des libertés humaines, l´Afrique n´échappera pas à subir les effets de la concurrence internationale. Pour la bonne raison qu´elle ne peut pas s´isoler, car s´isoler, c´est mourir à petit feu renfermé. Aucune nation, aucun peuple de bon sens ne peut aujourd´hui s´offrir le luxe gratuit et irresponsable de l´autarcie ; ne fut-ce que pour surveiller ses adversaires, ses ennemis ou défendre valablement ses intérêts dans les organisations et institutions internationales.

La question est plutôt, pour tout peuple conscient : comment minimiser les effets corrompant du rapprochement mondial afin de parvenir à épanouir, à développer une culture largement autonome et individuelle défendant les besoins et les attentes des siens selon leur propre culture ? Là à mon avis est le nœud du problème.

On a beaucoup parlé de mondialité, ces derniers temps ; hélas, cette mondialité ne peut s´exercer d´une manière partagée et utile à tous que si celle-ci ne reproduisait pas les inégalités ou ne perpétuait pas les privilèges occultes des intérêts dominants.
Actuellement, et même à l´ONU, on retrouvait le même structuralisme dominant des riches, des puissants et des forts. Et de conférence en conférence de bonne foi, ceux qui s´imposaient, c´étaient ceux qui savaient payer leurs efforts ou, à coup d´aides intentionnelles, convaincre les pauvres de se plier à leurs intérêts. La mondialisation des multinationales aujourd´hui n´avait donc qu´un but : déjouer les souverainetés nationales en confiant le pouvoir social au pouvoir financier de ces géants, lesquels, dans leurs intentions et leurs méthodes d´accumul