Cette nouvelle initiative est-elle plus sincère, sera-t-elle plus fructueuse que toutes celles qui l´ont précédée ?

La petite porte de la basse-cour ?

Après le bâton, la carotte ? Israéliens et palestiniens sont invités, à un an de la fin du dernier mandat de Georges W. Bush, à jouer une pièce de théâtre de paix afin que le président le plus contesté de l´histoire américaine se retire avec des lauriers que ni sa gestion, ni ses sanglants abus sur l´Irak ne l´y recommande.

Les protagonistes israéliens et palestiniens sont-ils mûrs pour la paix, ou s´agissait-il plutôt, face à une grande coulisse et un décor plutôt propagandiste que réellement fondé sur le souci d´une véritable paix, de soigner la sortie du pouvoir d´un président qui ne laissait derrière lui que bien de raisons de l´oublier rapidement ? En tout cas, le monde n´était ni aveugle, ni oublieux.

Rappelons-nous de l´accord intérimaire sur la Cisjordanie et la Bande de Gaza, également connu sous le nom de Accord intérimaire israélo-palestinien ou parfois Oslo II qui a été signé entre Yitzhak Rabin, Premier ministre d'Israël et Yasser Arafat, Président de l'OLP. La signature a eu lieu une première fois à Taba le 24 septembre 1995 puis de nouveau à Washington le 28 septembre 1995, en présence des représentants russes, américains, européens, égyptiens, jordaniens et norvégiens.

Pour cet accord qui ne fit en rien avancer ni la paix, ni les hostilités entre ces deux belligérants, les deux leaders reçurent gracieusement le prix Nobel. Et depuis, combien de guerres et d´exactions n´ont pas contredit cette mise en scène de paix formelle ? Au fait, rien n´a changé, sinon sporadiquement dans des gestes de retrait israélien qui ne menaient pas à la paix puisque les territoires délogés de l´occupation israélienne ne sont pas ouverts aux propriétaires légitimes palestiniens qui logent encore à la belle étoile. Israël, exigeait de jour en jour des garanties irréalistes, si pas farfelues afin de repousser sciemment la reconnaissance d´un Etat palestinien dont il aurait plus tard à respecter la souveraineté et l´indépendance des frontières et des institutions.

Tout dans cette histoire revient à gagner du temps quitte à canarder ou à emprisonner à loisir les palestiniens en les empêchant de mener leur lutte de libération à bien. Et l´Amérique des Bush père et fils a toujours joué le jeu israélien parce que cela lui permettait de garder la main sur une région stratégique pétrolifère importante pour les Etats-Unis. Pourquoi ne leur venait-il pas à l´idée que des palestiniens indépendants et souverains étaient eux aussi capables de participer positivement à une paix qui serait fructueuse pour tous ?

Si le palestinien n´était pas fiable ; alors, que cache ce déjà vu que l´administration Bush met à grand bruit en scène ? Ridiculiser le monde encore une fois ? Ou tout cela n´était qu´une piètre porte de sotie pour un faux marchand de liberté ? Le monde, encore une fois se laisserait-il mener en bateau ? Ou y avait-il des chances réelles que cette fois-ci soit la bonne… ?

Qui sait ? Personnellement je doute très fort que cette nouvelle épisode de la diplomatie bushienne soit fondée sur de solides et sincères intentions. Il s´agit plutôt de prendre la porte étroite pour rouler à Georges Bush un semblant de gloire dans l´arrière cour d´un jugement public américain dont la patience et le bon sens a été largement mis à mal. Alors, tous prêts pour une belle grasse fausseté ? C´est à qui s´y prêtera. Après le lever de rideau, Georges Bush irait se reposer tranquillement chez lui et déguster sa pension ; il ne serait plus responsable ni de ses mensonges, ni  de ses vides mises en scène. L´histoire pourrait continuer à tourner sa roue éternelle.

Cette histoire palestinienne enseigne aux africains, entre autre, combien aveugle ou partial est le droit international. Et ceci particulièrement lorsqu´on se trouve devant des intérêts occidentaux. Contrairement aux africains auxquels on offrit de fausses indépendances parce qu´on pouvait les manipuler et les corrompre à loisir avec la francafrique ; les palestiniens, eux ont un système homogène de valeurs (L´islam) qui les relierait directement au monde arabe. Et ce monde arabe, même s´il paraît tolérant et compréhensif comme en Arabie Saoudite, au Yémen ou ailleurs au Sultanat d´Oman ; il était en ébullition et était tout autre chose que le sourd aval de l´hégémonie occidentale. Car de par sa religion islamique, il ne se définit que par lui-même.

Les africains par contre sont divisés, incapables naturellement d´homogénéité spontanée, d´efficace cohésion contre les nombreuses astuces et manèges politiques et économiques que l´occident employait pour les assujettir et les exploiter à tour de bras. Aujourd´hui encore on voyait les africains accourir aux conférences internationales alors que leurs présences n´influaient sur aucune importante décision internationale. Ni sur la forme, ni sur le fond. Ils feraient mieux, à mon avis, de veiller chez eux sur l´érection d´industries et d´infrastructures de développement. Ce ne sera ni l´ONU, ni une quelconque conférence qui construira les usines, les routes et les écoles en Afrique ! 

La preuve ? Darfour en était un exemple insultant. Devant les yeux de tout africain, de tous les dirigeants et notables politiques de ce continent on violait et privait de droits les leurs. Et cela n´est pas seulement d´hier ; cela datait depuis 24 ans ! Durant tout ce temps, ni les armées africaines, ni leurs différents gouvernants ne furent, sans l´aide étrangère, capable de combattre le mal. Et tout ce que l´ONU était arrivé à faire dans cette affaire, c´est d´y envoyer des troupes d´occupation qui ne changeaient ni ne réparaient le droit et les libertés lésées. En Yougoslavie, au Kosovo l´intervention américaine et internationale avait été bien plus incisives !

En Afrique on y envoyait une MONUC qui brillait dans la prostitution des congolaises que dans le combat contre les insurgés. Quant aux élections démocratiques que Louis Michel y organisa…c´est à peine si on pouvait les appeler élections, tant l´issue démocratique y avait été savamment concoctée. Poutine a employé ce même stratagème à ses législatives pour donner la majorité absolue à son parti ce 02.12.2007. Curieux que les fiers observateurs européens des votes démocratiques se soient d´emblée refusés à aller admirer l´usage de leur propre instrument de mystification. Par pudeur ou par fausseté ?

Tous nous souhaitons vivement la paix israélo-palestinienne ; mais à force de tricher, de conspirer et de fausser les réalités pour leur donner l´accent ou les apparences qui profitent toujours aux occidentaux et à leurs étroits intérêts, ce que ceux qui s´y prêtent détruisent, c´est la confiance et la fiabilité qui nous est tous bien plus chère que le volontarisme égarant de l´hégémonie occidentale. On a beau faire appel au respect des droits et des libertés, rien n´y fait ; à croire qu´on se trouvait en face d´avares sourd et muets. Mais lorsqu´un jour ils auront besoin du contenu liant et fiable de ces valeurs, comment les réclameraient-ils, à coups de canon ? Comme à l´époque de la pierre taillée ? Civilisation … ?!? Aurions-nous fait volontairement un pas de géant dans la préhistoire malgré la technique et des moyens sophistiqués de savoir et de connaissance ? Pénible. Simplement ahurissant.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

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