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Forum Réalisance

Cet espace va à la recherche de l´existentialisme de l´homme noir pour lui permettre de mieux se déterminer face à l´histoire et face à la réalisation de sa liberté.

17 janvier 2008

Bravo, monsieur Jean-Marie Bockel !

Le Secrétaire d’Etat français à la Coopération et à la Francophonie, Jean-Marie Bockel, a vivement critiqué mardi à Paris la gestion des revenus pétroliers en Afrique avant d’annoncer "le décès de la Françafrique".

A mort la bête immonde, Mr. Bockel !

Et permettez-moi, monsieur Bockel, de vous remercier à l´avance pour vos efforts dans ce sens. Nous réclamons depuis longtemps que cette bête immonde de la francafrique soit abattue…peine perdue ; elle semble non seulement avoir cent vies, mais aussi d´une subtilité quasi machiavélique. jean_Marie_bockel

Tous ceux qui entendaient nos cris nous prenaient, dans leur naïveté ou leur sournoise cupidité selon les cas, comme des marchands de mensonges. Et pourtant, comme vous l´avez remarqué vous-mêmes, l´Afrique s´y complait autant que toute l´autocratie française qui s´en enrichissait scandaleusement.

Nous sommes d´autant heureux que vous rejoignez nos rangs. Et permettez-nous cependant d´éveiller votre attention sur le fait que vous vous attaquez à un monstre dont les tentacules sont étendus dans le corps de l´Etat français, que chez l´élite corrompue et incapable en Afrique.

Changer les choses nous ferait à tous grand bien. Et ce qui est largement profitable à tous, l´Afrique se mettrait au travail et progresserait beaucoup plus rapidement que si ses capitaux se retrouvaient toujours dans les banques occidentales où leur sommeil ne profitait pas aux intérêts de ses propres enfants.

Encore une fois, bravo Mr. Bockel ! Peut-être avez-vous compris, et cela mieux que tous vos prédécesseurs, que le rendez-vous actuel avec une Afrique dynamique et progressiste est faussé par cette bête corrompue et insatiable de la francafrique. Et que si l´Afrique sortait de sa morosité et de son empêchement au développement, tout le monde en profiterait.

J´ai pensé, Mr. le Secrétaire d’Etat français à la Coopération et à la Francophonie, à ces millions de femmes et d´enfants qui étaient – au 20ième siècle, s.v.p ! – privés d´eau potable, d´écoles, d´avenir ; et croyez-moi, cela fait mal de le voir. Et c´est d´autant avec joie que nous allons vous compter parmi nos amis : ceux qui vont au front de la justice et du respect de la valeur humaine avec nous.

Tout en vous souhaitant une bonne main, nous vous assurons notre indéfectible attachement et vous proposons d´emblée notre aide, car, ce monstre, Mr. Bockel, est subtil et puissant. A l´occasion parlez-en à votre homologue Louis Michel de l´Union Européenne. Parce que lui, il semble plutôt encourager chaudement cette francafrique dans l´intérêt de la Belgique et de ses industriels. 

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

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Posté par Musengeshi Kat à 15:04 - Le tissu économique de l´avenir - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Plaidoirie pour une véritable décolonisation ?

La décision prise par le secrétaire d´état français à la coopération et à la francophonie de combattre la francafrique est une véritable déclaration de guerre contre la corruption, le détournement des fonds en Afrique et la lutte contre les satrapes néocolonialistes instaurés par l´occident en Afrique. S´en rend-t-il compte ?
Ou est-ce une façon comme une autre de s´inviter au grand bal de la fausseté et des bonnes intentions qu´on clamait toujours haut, mais qu´aucun occidental n´était prêt à réaliser ?
Admettons un seul instant que monsieur le secrétaire d´Etat soit sincère, ce qui l´honore autant comme intellectuel que comme pragmatiste de la politique parce que c´est depuis longtemps que la crise économique des surproduisants se bute à l´appauvrissement sournoisement organisé de l´Afrique. Et comme la logique la plus élémentaire enseigne au commerçant de ne pas…assassiner ou mépriser ses futurs clients, la politique de mépris et de vil utilitarisme que l´occident (la France y compris) a depuis des siècles entretenu envers l´Afrique n´avait, à la longue, aucun avenir. Et maintenant qu´on s´en rend compte parce que la Chine et tous les autres réduisent les marges commerciales françaises du profit, et parce qu´il faut bien écouler ses excédents industriels, on crie au changement. Ce changement, toute l´Afrique consciente et positive le réclame et s´y attend depuis des décennies. Aura-t-il enfin audience et crédibilité en France de Sarkozy ? Possible, mais ne nous emballons pas. Au cimetière des bonnes intentions, beaucoup de morts témoignent autant de la méchanceté que des mirages sanglants qu´on a fait avaler douloureusement aux africains.
Mais, ne soyons pas pessimistes ; demandons-nous plutôt : Mr. Bockel sait-il de quoi il parle ? Sait-il à quel monstre il s´attaque ? Voici, à toute fin utile, quelques visages de ses apparences :
1. Les banques occidentales et leurs projections ruineuses en Afrique. D´où il faudra une sévère réforme bancaire en Afrique permettant de réorienter ce système vers son milieu naturel.
2. La fin de la mainmise monétaire française ou occidentale sur les monnaies africaines. Et cela veut dire qu´au lieu d´être garanties par l´étranger, les africains doivent eux-mêmes relever leurs économies pour valoriser leurs monnaies. Ce serait la fin de la passivité et de l´attentisme.
3. Interdire et la corruption et la punir sévèrement autant du coté du receveur africain que celui de l´incitateur occidental. Le contrôle des comptes bancaires en occident et des transactions financières peut y apporter une grande aide.
4. La fin de l´interventionnisme politique en Afrique ayant pour objet de truquer les élections, de financer des rébellions déstabilisatrices.
5. orienter les investissements en Afrique vers des projets permettant aux africains de soigner et de parfaire leurs facteurs de productions et leur productivité.
6. Cesser de vider les eaux africaines de leurs poissons destinés à l´Union Européenne (Voir Lac Tanganyika, côte sénégalaise…etc)
7. Cesser d´user de l´aide pour envahir l´Afrique de textiles usagés, de voitures polluantes et insalubres, de médicaments inefficaces.
8. Ouvrir les marchés de l´Union Européenne aux meilleurs produits agricoles de l´Afrique, et cesser le dumping sur le sucre, le lait, les viandes, le poisson, les conserves…etc. Et ce n´est pas tout…
Alors, monsieur Bockel, toujours de la partie ; toujours aussi enthousiaste et décidé ? Alors, mettons-nous vite à l´œuvre et pas de quartier pour les ennemis ! J´ai dit et je vous remercie.
Shaka Bantou.

Posté par Shaka Bantou, 17 janvier 2008 à 22:16

La Fin de la Françafrique ?

Attention c'est vite aller en besogne, la France vient de changer de stratégie face à la montée de plus en plus visible et bientôt retentissante du sentiment anti-français qui se développe à grande vitesse en Afrique francophone là où la France soutient les dictateurs.

A mon avis la France nous refait le coup de 1958-1960 (les pseudo-indépendances), et de 1989 (avec la Baule), toujours désamorcer à temps la bombe africaine. Elle ne fait que changer de visage pour s'adapter au nouveau contexte. Cette annonce d’intention n'est pas faite pour le bien des Africains et je crains comme à l'habitude que les Africains s'illusionnent et déchantent dans quelques années.

Ils doivent plutôt réfléchir et analyser en profondeur cette annonce, qu'est-ce qu'elle cache en vérité ?
Et quelles sont les stratégies à adopter pour les intérêts des Africains ?
Ce sont plutôt ce genre des questions qu'ils doivent essayer d'y répondre au lieu de danser comme d'habitude.

Je crois pour ma part, que cette nouvelle attitude de la France est l'une des conséquences de l'intrusion de la Chine et l'Inde sur la scène active de l'économie mondiale, - Le lancement de la voiture Nano par l'entreprise indienne Tata inquièterait au plus haut point les constructeurs européens, on doit considérer cet évènement qui a été suivi au niveau planétaire comme ce qui s'est passé en 1989 avec la chute du mur de Berlin (novembre 1989).
La posture des Français en Afrique de plus en plus distancée par les asiatiques (japonais, coréens) est devenue difficile à tenir car l'exemple indien montre aux Africains la voie à suivre, surtout que les télévisions occidentales y compris françaises ont pendant des décennies montré aux Africains la misère indienne, en effet dans l'imaginaire africain, l'Inde était derrière eux excepté dans le domaine religieux. Avec la Nano, les Africains ont suivi en direct la renaissance d'une nation sous-développée. Et ils sont de plus en plus nombreux à se dire qu'eux aussi en sont capables, c'est aussi des Noirs comme eux, le complexe d'infériorité vis à vis de l'Occidental est entrain de tomber.

Et cela oblige la France à jouer aux sentiments, si elle veut continuer à garder sa position de rentier sur les matières premières africaines due essentiellement à sa pseudo supériorité héritée des avatars de la colonisation.

Comme beaucoup des militants tiers-mondistes français et combattants africains ont conditionné les Africains que l'origine de leur malheur était la Françafrique, alors pour récupérer ces militants et combattants, la stratégie gouvernementale française est de s'attirer leur sympathie voire leur aide naïve pour contrer les entreprises chinoises et indiennes.

D'où cette annonce calculée qui ressemblerait à s'y méprendre au discours de la Baule par Mitterrand. On connaît depuis lors les diverses fortunes qu'a connues les pays d'Afrique centrale qui ont toujours à leur tête des dictateurs ayant en moins de 20 ans (le temps pour une génération de disparaître) réussi la mission de conduire ces pays vers la régression, en ce laps de temps tous les acquis en matière de santé, d'éducation, d’alimentation, de construction d'Etat de droit et de justice et de construction d'unité nationale ont volé en éclats.
En effet l'espérance de vie a reculé, la mortalité infantile diminuer, l'économie démantelée, en 1970 l’Afrique arrivait à se nourrir, ce n’est plus le cas aujourd’hui, l'exploitation anarchique des matières premières, la corruption a atteint un niveau record voire de non retour de type mafieuse, des situations et positions de rente, la justice a perdu de sa saveur, l'Etat devenu inexistant sur des pans entiers des territoires de ces pays, l'aggravation des identités ethniques ou tribales ayant entraîné des guerres inciviles dans des pays naguère pacifiques où il faisait bon d'y vivre quand même.

Posté par le Pangolin, 23 janvier 2008 à 15:28

A mon ami le Pangolin

Avant de répondre à ton commentaire qui m´a, comme toujours très plu dans son intelligence, je me permets de te dire que ton commentaire, l´année passée, a été choisi par les lecteurs de Réalisance comme étant le meilleur sur tout l´Internet. Bien, revenons à notre francafrique et au chevalier Bockel. Je sais que tout ce qu´il a dit n´est que du vent, beaucoup de vent et très peu de substance. Crier, comme tu le sais, tout le monde peut le faire ; agir est une autre paire de manche. Pour ce qui est des africains, c´est exactement comme tu dis : ils doivent avoir une stratégie. En ont-ils une ? A mon sens, pas du tout, ils nagent tout simplement dans le courant occidental, ballottés par des nègres négriers traîtres aux leurs. Les cris qui venaient du Gabon, autant que ceux qui émanaient du Cameroun l´illustrent bien.
Les africains n´ont pas à aimer la France ; cela suffit amplement s´ils aimaient leurs femmes et leurs enfants en défendant efficacement leurs intérêts et leurs avenirs ! Autrement qu´en leur bradant leurs matières premières ou en dilapidant leurs accumulations sociales, cela s´entend. Les africains n´ont pas encore compris que leur liberté, n´en déplaise à la francafrique ou à l´empire occidental passait, sans le moindre doute, par l´industrialisation et l´abattement de la francafrique. Et cela veut dire : travailler, produire, faire preuve de créativité et d´innovation, de souveraineté politique et économique, d´indépendance culturelle. Je l´expliquais dans un de mes articles : après l´indépendance, ceux des heureux survivants de la castration et de la décapitation intellectuelle des élites averties (Patrice Lumumba, Ruben Um Niobé, Amilcar Cabral et autres Kwame Nkrumah, Simon Kimbangu) crurent qu´il suffisait de mettre une cravate et une chemise blanche pour mériter le titre d´élite. On sait aujourd´hui que c´est faut, et que l´avenir et la liberté d´une Nation demande bien plus d´efforts d´organisation, de caractère et de vision. Aujourd´hui que nous évoquons, dans notre souci de relève, ces qualités ; personne ne semble les connaître, ni les pratiquer. Or si l´Afrique tient à son avenir, il est à ce prix. Maintenant ce que dit Mr. Bockel ou ne dit pas n´a aucune importance, car ce n´est pas lui qui va faire notre avenir ; tout au plus – et l´histoire ne le crie que trop ouvertement – il veut à bas prix, comme tous les occidentaux de l´esclavage et de la colonisation, en profiter à loisir. Grassement. Comme ses ancêtres. Et d´autre part, avouons-le, s´il était réellement intelligent et à la hauteur de la réalité, nous pourrions tous convenir que nous avons des intérêts communs si ceux-ci ont pour but de développer l´Afrique ! Mais voilà, vraisemblablement allons-nous voir des approches différentes sur ce qu´on peut comprendre par là. Il ne s´agit pas, comme le font tous les africains cabochards actuellement d´acheter clé sur porte et d´importer à s´en fendre l´âme ! Il s´agit plutôt d´élever et de libérer la conceptualité et la créativité des africains eux-mêmes. Après tout, il s´agit de leur liberté, de leur souveraineté, de leur avenir ; et pas, comme l´occident veut l´instaurer depuis des siècles, être une mauvaise copie de l´occident sur laquelle cette dernière projetterait et exercerait son cupide existentialisme gratuitement dominant à loisir.
Mais, soyons sincères, combien d´africains connais-tu qui, tout en ayant comme nous tous été les produits du système de valeurs et d´aliénation que nous avons subi et avalé pendant 6 longs siècles, ont eu l´intelligence et le courage de s´en défaire ? Et ne versons, s´il te plait, ni dans le rétrogradisme ou l´illusionnisme de beaucoup trop de nos confrères. Mais oui, combien se sont dits comme je le criais toujours que notre liberté passe par la création de nos propres voitures, de nos propres avions ; de nos propres moyens et instruments de réalisation ? Fallait-il vraiment que l´Inde nous mette devant sa Nano pour que par analogie la lumière nous saute aux yeux ? Je ne le pense pas. Il suffit de lire Patrice Lumumba pour le savoir, du reste.
Aussi, ce que je reproche à mes confrères africains, c´est de sous estimer la valeur incontournable de la richesse et de l´importance de l´imaginaire créatif et conceptuel pour la liberté d´un Etat, d´une Nation. Pour la liberté individuelle tout court. C´est à nous de le comprendre et de l´asseoir dans nos sociétés. Et tu verras que même l´occident aura intérêt alors à nous aider, parce que nous aurons prouvé non seulement que nous savons produire et défendre notre liberté, mais cela nous permet aussi de devenir des partenaires économiques respectables. Plutôt que de tendre la main et vivre d´aumône et de mendicité de décennies en décennies sans arriver à quelque résultat que ce soit. Il faut certes accuser ceux qui nous préjudicient, mais il ne faut pas oublier le principal qui est de montrer qu´envers et contre tout, nous sommes à la hauteur de l´amour infini que nous portons non seulement à notre indépendance et notre liberté, mais aussi à ceux que nous aimons par-dessus tout : les nôtres.
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
Forum réalisance
Ce texte est particulièrement dédié à mon ami Richard au Canada

Posté par Musengeshi Kat, 24 janvier 2008 à 01:18

Mitterrand l'Africain ?

La complexité des relations franco-africaines ne cesse de donner le tournis à bon nombre d'observateurs. S'intéressant au sinueux parcours africain de l'ancien président de la République française, en l'occurrence François Mitterrand, Gaspard-Hubert Lonsi Koko, à travers la vie politique de cet illustre personnage, décortique avec minutie les réseaux mis en place par Jacques Foccart et entretenus par quelques africanistes de gauche ; il nage dans les eaux troubles de la Françafrique pour mieux expliquer la puissance des lobbies qui imposent la continuité dans les rapports entre la France et l'Afrique.
À l'heure où l'actualité africaine est entre autres dominée par les conflits, l'exode de nombreux jeunes, la lente "colonisation" de ce continent par la Chine, d'aucuns ne cessent de s'interroger sur le devenir des relations franco-africaines après François Mitterrand et Jacques Chirac.
Cet ouvrage donne quelques pistes très utiles à la compréhension des futures relations franco-africaines. On y évoque également un lien de près de quarante-cinq ans entre un homme - que d’aucuns qualifient de "mythe errant" - et tout un continent, des méandres et des écueils qui ont enseveli des tas de secrets dans des marigots africains...

Titre : Mitterrand l'Africain ?
Editeur : Les Editions de l'Egrégore (http://www.editions-egregore.com) Parution : 23 octobre 2007
Pagination : 232 pages
ISBN : 978-2-916335-03-2
Format : 14x22,5 cm
Prix : 18 euros

L'auteur :
Membre du Bureau fédéral du Parti Socialiste de Paris et président du club de réflexion Enjeux Socialistes et Républicains, Gaspard-Hubert Lonsi Koko reste fidèle à ses engagements humanistes. Après Un nouvel élan socialiste et Le demandeur d’asile, il poursuit la réflexion sur les rapports Nord-Sud avec Mitterrand l’Africain ?.
Site personnel : http://www.lonsi-koko.net

Posté par G, 04 février 2008 à 16:14

Mitterrand l´africain ; est-ce de l´humour noir ?

Je vous remercie, cher ami pour votre commentaire qui était plutôt une présentation qu´un avis d´intention. Ce livre quand on l´a lu, conduit à plusieurs conclusions dont les principales sont les suivantes : serions-nous tous africains obligés de croire qu´un Mitterrand qui a, par sa politique, organisé et entretenu la francafrique ; que cet homme était un africain ? Il ne faut surtout pas croire ou suggérer que pour être reconnu comme africain il faut affamer ce continent, le piller à qui mieux mieux, corrompre ses élites et saborder son avenir sciemment. Autre chose : dans un pays qui se targue de sa lutte pour les droits des hommes, et qui arguait à qui voulait l´entendre de sa fierté de « liberté, égalité, fraternité ; le fait d´entretenir une monstruosité telle que la francafrique n´éveille-t-il pas dans les intellectuels de ce pays le dégoût et la véhémente protestation ?
Quant à l´auteur, on se demande s´il s´agit d´une dissertation débouchant sur des conclusions utiles de discussion de valeurs, ou s´il s´agit seulement de faire du reportage de faits et de relations douteuses. Sans une discussion éthique ou morale de valeurs, cet ouvrage n´est rien d´autre que phraséologie d´intellectuel sans orientation discursive. C´est de nos jours le genre d´ouvrage dont on abreuve les médiocres intellectuels plus bavards que réfléchis que produit notre monde actuel à la pelle. L´auteur, personnellement, m´a laissé l´impression de ne pas savoir où se trouve le Sud et où commence le Nord. Il est pourtant africain ! Ne pas être capable de condamner ouvertement que tous les gouvernants français, et ceci malgré leurs bonnes prétentions humanistes, démocratiques ou les valeurs profondes de leur propre pays, que ces élus français s´abaissent depuis des décennies à assassiner les africains et à les appauvrir pour s´enrichir et régner sur ce continent me suffoque. Pas vous ? Etre intellectuel africain, c´est autre chose que de se contenter de décrire ou de rapporter des faits injustes et criminels qu´on se refuse au préalable à juger.
L´Afrique brûle, c´est vrai, et comme vous le dites si bien, les connaisseurs et intéressés y perdent actuellement leur latin. Et pourtant, les choses sont bien simples : ce qui se passe en Afrique actuellement, ce remous et ces violences qui ne semblent pas finir ; c´est bien la preuve que les africains ont compris qu´ils ne se réalisaient pas. Qu´on les tournait en bourrique et que la francafrique les enfermait chaque jour dans une peau de chagrin qui les exterminait eux et leurs enfants. Et ces troubles ne sont rien d´autre que la recherche d´un exutoire de liberté et de réalisation qui leur rendit, dans leur désespoir leur âme propre. Cela va prendre du temps pour retrouver son âme pure et profonde aux africains, parce qu´il faut se débarrasser non seulement de faux symboles hérités de la colonisation, se défaire des complexes de l´esclavage et de la domination occidentale destructive d´orientation et d´identification culturelle ; mais aussi recréer ou se donner une Norme propre de valeurs morales, éthique et sociohistorique ouvrant sur une identité et processus sociohistorique convaincu. Et ce travail, l´intellectuel africain doit s´y atteler le plus rapidement que possible, d´autant que sa crédibilité et sa légitimité sociale sont en cause.
Il y a en Afrique en ce moment beaucoup de cacophonie et d´illuminés au pouvoir tous aussi incapables les uns que les autres. Et la plupart d´entre eux sont armés et imposés par les occidentaux. Mais lorsque le peuple arrivera enfin à formuler ce qui lui brûle sur les lèvres et qui signifie à peu près : pourquoi le pouvoir africain
n´arrive-t-il pas à être à la hauteur de ses devoirs, pour tous les amateurs et les clowns de la francafrique, les dés seront jetés.
Maintenant, cher ami, permettez-moi de vous dire que beaucoup d´occidentaux n´ont pas encore compris que le développement de l´Afrique était dans leur intérêt immédiat et prochain. Car, si la Chine, l´Inde et le Brésil diminuent les gains des européens sur les marchés commerciaux mondiaux ; que feraient-ils de leurs invendus ? Croyez-moi, il y aura des larmes et des grincements de dents : le manque à gagner faisant, le chômage et la pauvreté sociale va augmenter. Qui croit qu´alors les problèmes de délaissement de la banlieue francaise, par exemple, seraient mieux et faciles à régler ? Autre chose, si l´Afrique arrive à s´en sortir sans l´occident, celui-ci aura perdu le dernier ami qu´il avait sur terre. Personne n´est aveugle que pour ne pas avoir vu et compris que pour établir et consolider son hégémonie économique, financière et culturelle sur le monde que le Pouvoir blanc exerce depuis bientôt 600 ans, il s´est laissé aller à une sournoise destruction de valeurs morales et éthique humaine comme une culture d´excellence comme elle le prétend ne s´y est jamais adonnée.
Ceci pour vous dire que le monde va changer et est en train de changer. Il est grand temps pour l´occident de résoudre ses contradictions autant internes qu´externes avant qu´il ne soit trop tard. Et en ce qui concerne l´Afrique, il est encore temps à l´occident de transformer son mépris et sa rapacité criminelle en un partenariat de meilleures valeurs de respect mutuel et de tolérance. Dans le bien de tous. Sinon…eh bien, sinon la séparation de l´Afrique avec l´occident viendra bien plus vite qu´on ne s´y attend. Et celle-ci le touchera au moment où frappée de tous côtés, acculée par ses propres contradictions philosophiques et sociales, sa faiblesse risquera de faire effondrer cette culture dans une tristesse sans issue. Si vous n´y croyez pas, regardez donc comment l´Amérique va s´enfoncer dans une récession dans laquelle elle ne sortira que pour s´entendre dire : la Chine a un PIB qui dépasse le vôtre. Le Japon, malgré sa richesse et sa technologie avancée, a mis 10 ans pour traverser son désert.
Les africains, n´en déplaise aux occidentaux, n´ont ni à les aimer ni à s´allier à l´occident que si celui-ci montre aujourd´hui et demain qu´il a compris que les africains, eux aussi ont tout autant droit à la liberté qu´à protéger et défendre leurs femmes et leurs enfants, leurs cultures, leurs souverainetés et leur avenir. Si c´est le cas, alors laissons-nous, comme le disait si bien Jean Marie Bockel abattre la francafrique et partir d´une meilleur pied. Pendant qu´il n´est pas encore trop tard.

Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
FR

Posté par Musengeshi Kat, 04 février 2008 à 21:21

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