Longtemps reniée, la honte de la récession a envahi les Etats-Unis. Les effets visibles ont occasionné des pertes incroyables sur les bourses mondiales le 21, 22 et 23 janvier 2008.

La chute de l´empire américain a-t-elle commencé ?

Et tout à coup, rien n´était plus comme avant. La panique à la bourse a réveillé ceux qui ne voulaient pas croire un seul instant que le pays le plus riche, le plus industrialisé et le plus armé de la terre puisse s effondrer dans une douloureuse et honteuse récession. Et pourtant, tous les signes étaient là. On a essayé vainement de tromper les apparences, et comme le veut la trompeuse mentalité actuelle de l´empire occidental, à en cacher les signes…à cacher la vérité. Ce qui, soit dit en passant, ne changeait rien du tout au mal sous jacent, bien au contraire : la situation économique, elle, continuait à se détériorer sous le tapis. Les chiffres, si on pouvait les interpréter comme on veut, eux ne mentaient pas. La catastrophe était bien là.

Et maintenant que la fumée du feu n´est plus à étouffer, un branle-bas tardif et embarrassé ne peut plus sauver le naufragé du refroidissement malsain qui le menace. On s´en rappellera : le Japon a mis, malgré sa richesse qui est tout de même la plus grande du monde, 10 ans pour sortir de sa traversée du désert. On avait beau dire que l´économie américaine était malade, que son trésor public se dépensait dans des guerres tout autant superflues qu´irresponsables, rien n´y faisait, le gouvernement de Georges Bush continua à jouer le Rambo musclé, aveugle et dépensier. Et maintenant ?

L´Amérique va apprendre, comme le japon l´a fait, que même avec l´aide de tous ses amis, que quand on commet autant d´erreurs, qu´on néglige son économie et qu´on dépense et qu´on s´endette à qui mieux mieux…qu´un jour l´orage viendra, et que ce jour-là on se demandera pourquoi on dépensait, par exemple 1 milliards $ par jour pour soutenir des guerres qui ne menaient nulle part, sinon à appauvrir le trésor public quand le peuple américain n´avait pas de système d´assurance maladie invalidité solidaire et organisé ? D´autre part, s´endetter aussi…vulgairement (9.000 milliards $ !) ne témoignait pas d´une grande lucidité économique. Tout le monde sait qu´on ne prête qu´aux riches, et pourtant, méfiance, tout de même, hein !

Les observateurs avertis n´avaient pas été sans constater que la Chine finançait chaque année l´Amérique de prés de 300 milliards $, que ce pays, loin de s´atteler à régler et réformer son système éducatif public dans un état désuet, délaissé et inefficace, dépensait des sommes folles à entretenir ses hystéries et complexes d´insécurité. Et pendant ce temps, la pauvreté avait augmenté aux Etats-Unis où beaucoup devaient travailler 12 à 15 heures par jour pour nouer les deux bouts. Etait-ce vraiment cela l´Amérique de l´idéal américain ? On se croirait devant un grand échalas prétendant avoir 1000 volts dans ses muscles, mais qui n´arrivait pas à tenir allumé la lampe éteinte de son cerveau.

Rien à dire, les forces conservatrices américaines, loin de prôner et d´exercer l´ouverture, la démocratisation des marchés et le développement économique des partenaires africains, par exemple, en investissant sur ce continent, on s´était contenté de vouloir vendre à tout prix et particulièrement des armes ou des instruments de domination. Or, ce qu´on oubliait dans sa cupide cécité à court terme, c´est qu´à la longue on appauvrissait ses propres clients s´ils ne développaient pas leurs pouvoirs d´achat et leurs revenus. Le moins qu´on puisse dire est qu´aucune guerre n´enrichit un peuple ; celui qui a l´habitude d´assassiner ses clients ou les empêcher de prospérer…celui-là devra apprendre à consommer lui-même ce qu´il produit.

Georges Bush a décrété une aide de 150 milliards $ à l´économie abattue, tandis que la banque fédérale américaine, elle, baissait les taux d´escompte monétaire de 4,25 à 3,50, soit 0,75 point. Trop tard ? Je pense que oui, trop tard. Dans une économie de 10.000 milliards de PIB, c´est une goutte d´eau sur la mer. Tout le monde en ce moment veut se cacher de la vérité pour ne pas dégrader psychologiquement la situation ; ce qui aurait sur les économies européennes et le monde, un effet de domino. Cela n´empêche pas qu´on s´attelle rapidement à réparer toutes les erreurs et manquements qui ont été commis. Et l´Amérique doit s´y mettre rapidement. Sinon elle perdrait la confiance de ses partenaires internationaux.

L´histoire de la crise hypothécaire américaine a été, sans le moindre doute, le détonateur qui a fait exploser la bombe économique dot les répercussion seront énormes. Ce qui est intéressant, dans cette affaire, c´est qu´on a essayé, pour cacher le marasme de l´économie américaine, d´allouer des crédits indexés à 3 millions de clients américains de faibles revenus. Et crac, la hausse des taux d´intérêt a fait le reste. Les managers, eux se sont enrichis en revendant ces papiers aux banques étrangères, mais qui donc paiera les frais de cette gaucherie ? Les pauvres, les épargnants, les spéculant et les pensionnaires, bien sûr !

Cette crise va toucher non seulement les épargnes, les pensions, le marché de l´emploi et celui de la production, les banques, la consommation…ça va faire mal, très mal. Et mêmes pour les africains qui ont l´habitude de se laisser drainer et parrainer par l´occident, les douleurs seront insupportables. Cela va créer, par réflexe, un besoin de s´écarter du danger en cherchant des solutions et des assurances propres. Et tous, malgré que nous allions bien haïr cette crise, nous en gagnerons en critique, en distance envers les fauteurs…et en réelle aspiration à une démocratie qui ne serait pas dépendante de l´étranger.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

Forum Réalisance