Une nouvelle invraisemblable : un seul trader aurait coulé 5 milliards ! Aux dires de ses supérieurs, son portefeuille spéculatif était de …50 milliards !

Une réputation largement ruinée

"Les mystères d'une fraude à cinq milliards", titrait le quotidien économique La Tribune. "Comment une banque de ce calibre, vantée pour son expérience des activités de marché, a-t-elle pu en arriver à cette infortune? Pourquoi a-t-il fallu autant de temps pour découvrir l'étendue des dégâts?

L'université de Lyon (centre-est), où Jérôme Kerviel avait décroché un master d'opérations de marché avec une mention "assez bien", l'a décrit comme un étudiant ordinaire. Loin du "génie informatique" évoqué par la Société Générale pour expliquer comment il avait réussi à déjouer les procédures de contrôle.

Selon la presse américaine, la Société Générale a pu contribuer à la chute mondiale des marchés au début de cette semaine, en liquidant secrètement les positions trop risquées de son trader.

Et du coup, que ce soit les banquiers allemands, les américains et mêmes les français eux-mêmes, tout le monde voulait rejeter sur ce banquier la faute des turbulences qui ont causés des pertes sèches le 21, 22 et particulièrement le 23 janvier courant sur les marchés boursiers européens ; les banquiers de la Société générale, dès la panique à New York essayant de liquider tous les postes douteux pouvant leur causer encore plus de pertes. La belle aubaine : le responsable, le galeux d´où venait tout le mal était vite trouvé dans Jérôme Kerviel.

La justice s´est emparée de l´affaire et entend en ce moment le soupçonné. Mais autant sur tout le net que dans les milieux avertis, les questions affluent. Et on a bien peur que Mr. Jérôme Kerviel ne soit instrumentalisé et incriminé pour ce qu´il n´est pas. Ce serait trop facile, en effet. Ou il est responsable et alors ce n´est pas une démarche solitaire, ou il est innocent et on veut par lui cacher des déboires et des escroqueries bancaires qui passeraient ainsi sous le tapis. Parce qu´on se demande toujours : diable où était la révision bancaire qui contrôlait ou du moins surveillait les chiffres d´une banque tous les 6 mois ? Belle question.

Avec cette histoire, on apprend par la même occasion qu´à la suite des turbulences bancaires dues à la crise hypothécaire américaine, la Société générale aurait, en plus des 4,9 milliards coulés par Kerviel, perdu sèchement deux milliards. Ce qui augmente les pertes de la Banque à 7 milliards. Et malgré tout, cette banque accuse des bénéfices cette année. Et le chef du conseil d´administration est reconduit.

Et malgré tout, rien ne sauvera le système bancaire français d´une sévère critique. Si cela ne va pas pousser à de sérieuses révisions des systèmes de contrôle. On se rappellera du scandale au Crédit Lyonnais…décidément, et même quand véhémentement les banquiers français prétendaient être éloignés des affaires américaines, lorsqu´il y avait des irrégularités, ils y étaient toujours joyeusement trempés ! Curieux phénomène, n´est-ce pas ?

Avec ces spéculations, cependant, on pêchait en eau trouble : un jour les pensionnaires français, américains ou allemands se réveilleraient de leur sommeil pour apprendre que leurs pensions s´étaient envolés en fumée comme avec l´histoire d´Enron qui fut, soit dit en passant, encouragée autant par les banques suisses, françaises qu´allemandes. Sans exercer les retenues et la méfiance bancaire bien attendue dans ces conditions. Spéculer, hein ; mais bien sûr. Le jour viendra, oui…

Dommage que les perdants, à la fin, ce sont toujours les petits clients. Car les grands, eux ils avaient la peau dure et ce n´est pas quelques centaines de milliers d´€ de perte par tête qui les ruineraient. Les pauvres, eux…ils avaient la corde au cou. Question de confiance, cette pratique ?

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu.

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