Le charismatique afro américain candidat à la maison blanche a soulevé un mouvement de valeurs et de philosophie politique qui gagne lentement le monde entier.

The strong wind of change

Plus remarquable que la dualité qui oppose les deux sénateurs américains, Hilary Clinton et Barack Obama, tous candidats démocrates à la présidence américaine, est le message de changement que préconise l´afro américain Obama.Le_ph_nom_ne_Obama Ce message arrive à point dans une société américaine qui semble ces dernières années, et surtout sous la présidence de Georges Bush, taper dans le beurre en faisant autant de bourdes que de bris aux valeurs démocratiques fondamentales auxquelles le peuple américain était si fier et confiant.

Le tableau économique de l´Amérique d´aujourd´hui se détériore de jour en jour vers une douloureuse récession, tandis que les dépenses de guerres coûtant aux contribuables aujourd´hui 1 milliards $ par jour devenaient injurieux et blessant pour le bon sens. Surtout si on sait que cette Amérique riche et industrialisée n´avait pas d´assurance maladie invalidité sur base de solidarité sociale comme il en existe partout ailleurs dans les pays industrialisés. Et il n´est absolument pas rare, par exemple, qu´une femme en mal d´accouchement soit refusée ou renvoyée des urgences d´une clinique parce qu´elle ne savait pas payer les frais de son accouchement qui s´élevaient approximativement à 20.000 $. Celui qui ne savait pas payer ses soins médicaux de lui-même n´avait pas d´amis. Certes les salaires étaient conséquemment élevés, et les assurances privées étaient conseillées ; mais chacun était le maître de son propre entretien médical. Les pauvres, ceux qui ne gagnaient pas assez étaient toujours ceux qui ne savaient pas honorer les frais médicaux élevés en cas d´opération ou de maladie nécessitant des soins suivis intensifs.

Robert Gates, à München, au Davros de la sécurité occidentale, avait beau lever la voix et inciter les partenaires occidentaux à s´engager plus nombreux dans la guerre d´Afghanistan (surtout dans le Sud) qui prenait lentement des allures de défaite cuisante pour les alliés occidentaux ; ce secrétaire à la défense américaine n´exprimait par là que le malaise tançant qui prenait lentement le gouvernement américain à la gorge. Les alliés occidentaux des américains, eux, n´oublient pas de sitôt qu´on avait vendu à leurs banquiers des produits lourdement avariés d´hypothèques immobilières américaines incertaines. Et on peut dire ce qu´on veut, prétendre faire vendetta ou exercer un droit de suite et de représailles sur les talibans afghans, en avoir profité pour envahir l´Irak et le déstabiliser au point qu´aujourd´hui ce pays qui, sous Saddam Hussein, s´était distancé de l´islamisme étatique risquait demain de s´en imprégner dangereusement. Puis venait ces brusqueries aux droits humains que les services secrets américains se permirent sur les aéroports d´alliés occidentaux, les tortures et les abus aux droits et aux conventions militaires à Guantanamo, à Abu Ghraib. Après s´être isolé des Nations Unies en se refusant à tout conseil ou incitation à la modération et au bon sens respectueux des droits des gens, surtout en ce qui concernait l´Irak, l´Amérique se trouve aujourd´hui engagée dans des guerres coûteuses que la Nation la plus riche du globe ne savait plus entretenir ou gagner tout seul ! Témérité, témérité, pourrait-on dire ; tu as l´appétit et l´ambition plus grand que le bon sens d´un sain estomac.

Et la récession dont on se cachait de reconnaître objectivement les signes aux Etats-Unis en reniant sans trop y croire son spectre déjà étalé sous le ciel américain, ce malus économique prenait lentement pied sur un pays dont les plaies maladroitement   pansées commençaient douloureusement à saigner : un endettement public record de plus de 9.000 milliards de $, un déficit budgétaire croissant qui était, en 2008 de 250 milliards $, et qui passait, suite à une augmentation des dépenses militaires, à 450 milliards en 2009. Notons que tout ce déséquilibre se faisait aux dépends des investissements sociaux qui seraient, eux raccourcis.

On estime timidement à 400 milliards les pertes des banques étrangères dans l´affaire des hypothèques faisandées des américains ; aux Etats-Unis, on parle de 1250 milliards de perte sèche. Et cette histoire ne va pas renforcer la confiance économique qu´on accorde aux produits bancaires de ce pays. Quant au conflit judéo palestinien, l´Amérique avait beau soutenir les juifs aveuglement, cela l´avait cependant empêché de voir objectivement les choses afin d´y apporter, elle qui prétendait mettre fin à ce douloureux conflit, une solution de paix donnant aux deux parties belliqueuses des raisons solides de vivre paisiblement. Celui qui perdait, avec le temps dans ce conflit, ce n´étaient pas les palestiniens ; eux faisaient des enfants à la pelle et l´entourage arabe les confortait. C´était plutôt Israël dont les chiffres économiques, démographiques et commerciaux conduisaient tout droit à un inévitable collapse dans un tout proche avenir. Alors, au lieu de jouer aux Rambo et au bras de fer inutilement, ne serait-il pas temps de faire des paix, comme le disait si bien Arafat : « La paix des courageux » ? Pourquoi entretenir une animosité aussi ridicule en territoires arabes ; par fierté et faux complexe de supériorité ou

s´agissait-il, le temps que le pétrole dure, de protéger ses sources à tout prix par des méthodes dépassées qui ne menaient qu´à la confrontation avec une majorité arabe plutôt que de se rallier celle-ci comme en Arabie Saoudite ?

C´est dans tout ce contexte qu´Obama, faisant la différence avec Hilary, précisait que lui avait été depuis le début contre la guerre irakienne. Entendez Hillary Clinton a elle voté au Sénat américain pour la guerre d´Irak, lui pas. Et du coup cet afro américain devient non seulement sympathique à la jeunesse et à la majorité du peuple américain et du monde,  il est aussi autant crédible qu´homme de caractère et de conviction. Et il est bien probable que son appel au changement le hisse à la magistrature suprême de l´Etat américain. Car il incarne bien le changement dont il se réclame. Certains africains y verront trop vite la victoire d´un des leurs aux Etats-Unis ; cependant que cet homme incarne bien les valeurs américaines, avec cette différence que ces valeurs ne se veulent plus être vides ou mises à la disposition

d´une autocratie blanche de l´armement, des finances et de l´économie. Elle doivent être les mêmes pour tous et conserver une intégrité qui les remplissent du même contenu de valeurs pour tout américain quel que soit ses origines et la couleur de sa peau. Jouer le faux et le pyromane comme l´a fait Georges Bush tout en chantant au monde entier qu´il défendait, au nom de son pays, la démocratie et la liberté ; cette médiocre prestation se devait d´être réparée par un changement affirmé et conséquent, parce que ce comportement politique félon risquait de coûter aux américains la confiance de ses alliés et partenaires étrangers autant que le respect et l´admiration dont ce pays jouissait dans le monde entier. Et en période de crise, mieux vaut avoir des amis qui ont confiance en nous que d´anciens amis qui critiquent à raison nos égarements passés.

Partout en Afrique contre la francafrique, en Europe pour une nouvelle politique de développement envers l´Afrique qu´on avait des siècles durant mis à mal. Les cloches du changement se font entendre. Et Barack Obama a été l´un des premiers à le comprendre et à le proposer au peuple américain comme sa voie de salut : changer et améliorer les choses plutôt que de les laisser pourrir comme le bushisme ne l´avait que trop ouvertement pratiqué. Cet homme, Obama ne le sait pas encore, mais il est en train d´ouvrir un chapitre de l´histoire humaine d´une valeur inépuisable pour l´avenir de notre échelle de valeurs humaines, pour le droit des gens, pour l´économie mondiale, pour les rapports sociaux américains en général. Ce changement, il ne dit pas qu´il viendra de lui, il dit clairement qu´il est la volonté de ceux qui le considère comme irréversible. Et on l´acclame bien en l´entendant dire : « Notre temps est arrivé, l´heure du changement est là ; ne perdons pas de temps, nous ne pouvons plus attendre ! ».

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

Forum Réalisance