Le premier ministre turque Erdogan venu consoler les familles turques éprouvées par 9 morts donne une leçon d´intégration aux allemands.

L´assimilation est un crime contre l´humanité

La catastrophe eut lieu le dimanche 3 février 2008 dans l´après midi. Et malgré que les pompiers furent rapidement sur les lieux en un temps record de 2,5 minutes, cet incendie dramatique coûtera 9 vies humaines et 50 à 60 blessés tous turques. Et aussitôt, les voisins turques s´en prirent aux radicaux allemands qui, d´après eux, auraient enflammé l´immeuble. L´affaire prit de l´ampleur lorsqu´après le déblayage et le nettoyage des murs pour sécuriser l´immeuble et chercher les raisons de l´incendie, les pompiers mirent à nu plusieurs graffitis en croix gammées. Embêtée que cette histoire ne rappelle, il y a 15 ans de cela les incendies néonazis de Solingen qui firent 5 morts turques lors de la réunification, le gouvernement fédéral allemand y dépêcha 4 experts du feu pour enquêter rapidement sur place.

Trop tard. Les journaux turques dans toute la Turquie avait déjà levé la hache de guerre contre les allemands et n´y allaient pas de main morte. Pour calmer les agités et faire contre mauvaise fortune bon coeur, les officiels allemands se relayèrent en condoléances sur les lieux de la catastrophe. Il est vrai que les relations entre turques et allemands avaient toujours été tendus, les uns se refusant à reconnaître les autres autrement que comme des outils humains de leur enrichissement social. Les turques eux se retirèrent derrière une subculture islamo turque qui semblait leur procurer une identité propre et un lieu culturel de reconnaissance.

Pas plus que le pyromane politique Koch de la CDU avait perdu sa majorité absolue à Essen pour avoir crié trop haut haro sur les jeunes étrangers délinquants et fait de ce thème la base de sa campagne de réélection pour lesquels il réclama l´enfermement pénitentiaire. Mais qui croyait que les jeunes allemands étaient des saints ? Le rejet de ce populisme discriminatoire et dangereux se fit entendre dans toute l´Allemagne. A croire que les allemands se seraient, depuis qu´ils savaient que leur déclin démographie les menait inévitablement à l´impasse de la population vieillissante et au manque de relève de jeunesse, devenus démocrates et mondains. Depuis on parlait bien haut d´intégration. Mais l´intégration, qu´est-ce que cela signifiait, au juste ; l´assimilation, peut-être ? Ou il ne s´agissait que de parler l´allemand et adopter les us et usages allemands courants ? Ou encore cela signifiait-il qu´on devait se laisser maltraiter et injurier à longueur de décennies par les allemands ? Oui, l´intégration, que diable voulait-il dire, ce mot ?

Certes, on demandait aux turques de mieux s´instruire et de faire des efforts pour hausser leur niveau de vie et d´instruction social, mais on oublie que depuis que ces turques avaient été invités à travailler en Allemagne aux années ´60 - ´70, tout fut mis en jeu pour les isoler, les confiner dans un rôle social de basse chosification. Et même lorsque plus tard ces enfants d´ouvrier voulurent aller á l´école technique supérieure ou l´université, on le leur déconseilla ou on leur mit tellement de haies entre les jambes que très peu surent supporter jusqu´à la fin de leurs études ce Mobbing social méprisant et discriminatoire. Les parents eurent une réponse à cela : ils renvoyèrent leurs enfants nés en Allemagne en Turquie faire leurs études supérieures. Les mariages suivirent ce même schéma.

Intégration, intégration. Mais ce que les allemands oubliaient en grands aveugles sociaux, c´est que l´atmosphère repoussante qu´ils avaient permis à leurs amis, à leurs enfants, à leurs entrepreneurs ou à leurs professeurs d´école d´adopter à l´endroit des turques pendant 5 longues décennies ; cette véritable campagne nocive et dégradante pour les turques avaient laissés chez ces derniers des traces de blessures profondes. Quant aux allemands, eux-mêmes, les blagues cruelles et injurieuses, le mépris, la discrimination ouverte ne disparaissaient pas aussi facilement des usages et des esprits parce que la politique ou le pouvoir en avaient décidés ainsi. C´est un long processus social, individuel et culturel qui doit prendre le temps de se régénérer dans une nouvelle façon plus sociale et plus humaine de voir les choses. La question est toujours : qui a ou qui se donne le temps d´entamer et de mener à bien ce processus ? Les acteurs en présence, en l´occurrence les turques avaient-ils un intérêt à s´intégrer ? Après tout, ils avaient vécu 50 ans avec les quolibets allemands ; et bientôt la Turquie serait assez industrialisée que pour qu´ils ne soient plus obligés de s´immigrer pour trouver emploi. Alors…En allemagne ils avaient toujours été les souffre douleurs sociaux des allemands: ceux qu´on destinait aux travaux sales et répugnants dont les allemands se gardaient. Ceux qu´on licenciait en premier et auxquels on offrait toujours des salaires, en comparaison aux allemands dans la même qualification, de loin moins élevés. Avec l´intégration, cela allait-il changer ? Ou continuerait-on du même pied ? Intégration, hein... 

Le premier ministre turque Erdogan a profité de sa visite sur les lieux de l´incendie à Ludwigshafen, dans un stade bondé de 16.000 turques empressés, pour rassurer les siens, les encourager à s´intégrer et apprendre l´allemand. Mais il a aussi lâché des phrases telles que : « Nous sommes prêts à ériger des humanités et des universités en Allemagne où vous ferez vos études en langue turque… » ou encore : « Intégration, oui ; assimilation, non. L´assimilation est un crime contre l´humanité ! ». Et curieusement, au lieu de plaire aux démocrates et aux libéraux culturels qu´ils se prétendaient, ce langage souleva un tollé général en Allemagne dans toutes les couches de la population. Pour avoir dit l´idéal de toute société moderne cultivée, Erdogan avait mis à nu le caché du discours allemand. Et ceux-ci ne s´en rendirent même pas compte et tombèrent, sous le coup inattendu de cette percée, dans le piège d´intention qui leur avait été tous tendu.

Aujourd´hui encore, les déclarations des politiciens allemands ne cessaient de s´offusquer sur les allégations du ministre président Erdogan. C´est à se demander : que voulaient-ils faire, au fait de leurs concitoyens turques ? Etaient-ils leurs esclaves ou étaient-ils libres ? L´intégration, au fait, cela voulait-il dire qu´on rejetait sa langue maternelle et sa culture ? Pour devenir quoi ? Des assignés de la Leitkultur dont on sait qu´ils étaient le produit, dans leur histoire, de l´esclavage, des massacres sans nom dans le monde entier:ux gris ce qui s dombreux en Allemagne,oyens turques ?rendre son tempst des esprits parce que la politique ou le pouvo, de pogromes honteux ? Les allemands ne l´oubliaient que trop souvent que leur culture, toute chose égale, était passible de crédible critique. Et pas seulement de la part de gens qu´ils considérèrent des décennies entières comme leurs objets économiques humains.

Angela Merkel poussa l´absurdité jusqu´à s´écrier : « C´est l´Allemagne qui peut réclamer la loyauté des turques vivant en Allemagne, pas Erdogan et la Turquie ». Oh là là, cette bourde avancée. Les turques résidants en Allemagne seraient-ils des prisonniers sans droit et sans opinion ? N´importe quel étranger de l´Union Européenne pouvait voter aux communales, ce qui n´était pas le cas des étrangers á la communauté. N´y avait-il pas là une discrimination politique flagrante ? Car les turques (3 millions) étaient non seulement plus nombreux en Allemagne par rapport aux européens ; ils y faisaient aussi plus d´enfants. Et c´est dire qu´ils garantissaient par là l´avenir de l´Etat allemand, puisqu´on y était.

La seule qui avait réellement compris ce qui s´était passé fut la chargée d´affaire aux étrangers qui dira avec regret : « Dans cette histoire, on voit à quel point l´intégration a été bâclée en Allemagne ». Et c´est vrai. Si Erdogan recevait des acclamations de ses concitoyens turques, c´est en grande partie parce qu´ils ont toujours été méprisés en Allemagne. Parce que le plus simple d´esprit sait que cet Erdogan menait contre les Kurdes une politique d´assimilation criminelle. Par ailleurs, son gouvernement s´opposait toujours à la reconnaissance du pogrome turque contre les arméniens. Si ce genre d´homme venait faire des leçons aux autres, il y décidément quelque chose qui n´allait pas.

Dans cette histoire il ne faut pas oublier que 9 vies humaines ont péri cruellement dans le feu. L´enquête en cours permettra peut-être de déterminer exactement les raisons de cette tragédie. Même si les turques semblent autant par leurs journaux que par les familles et les amis éprouvés insinuer que les allemands ont l´habitude de manipuler les résultats d´enquêtes inculpant leurs enfants racistes et criminels invétérés. A titre d´observateur, le premier ministre Erdogan, avec le consentement du gouvernement fédéral allemand, a dépêché une commission d´enquêteurs turques à Ludwigshafen. A tout hasard. Question de confiance…ou de méfiance. En tout cas la Turquie a montré par là qu´elle

n´abandonnait pas ses enfants à l´étranger. Ce sont des turques à part entière.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

Forum Réalisance