Une escroquerie généralisée au fisc de la part des managers, des riches et nantis met toute l´Allemagne en émoi. La banque LGT du Liechtenstein à l´index.

Une élite immorale, sans foi ni caractère

Celui qui avait crû que la richesse ou le pouvoir tranquillise, celui-là se voit détrompé par ce qui se passe actuellement en Allemagne : les riches, les managers opulents pratiquent à grande échelle l´escroquerie à l´imposition avec l´aide bienveillante de banques, d´institutions financières allemandes vers le paradis fiscal du Liechtenstein.

Le premier à être publiquement et non moins démonstrativement mis au banc des accusés ne fut autre que Klaus Zumwinkel, le plus ancien manager allemand en service de la Poste et de la Postbank. Ses honoraires : 4 millions € par an. Et diable, on se demande ce que le plus influent des managers allemand avait à se prêter à une telle grossière bassesse ? Cupidité, rapacité ? Mais depuis 18 ans que cet homme apparemment intègre était à la tête de cette entreprise étatique, ne gagnait-il pas assez pour s´abaisser à ce bris de confiance et de loyauté envers l´Etat dans lequel il avait, entre autre, participé, conseillé à un taux d´imposition qu´il s´empressa aussitôt de…contourner pour gagner encore plus illégalement !

Que devait donc dire les petits employés, les chômeurs cherchant désespérément emploi ; ceux que la société, sous l´égide de managers tels que Zumwinkel, contraignait aux bas salaires et à la modération des revendications salariales depuis plus de quinze ans ? Si les riches, les nantis, ceux qui faisaient les lois et soumettaient le peuple à d´amers pilules soit disant pour que l´économie se relève ou aille mieux ; si ceux-là malgré leurs privilèges et leurs lourd honoraires n´en prenaient pas assez la gorge. Que devait donc faire le petit peuple pour faire entendre ses besoins et ses manques ? L´élite n´avait-elle pas une fonction d´exemple à suivre dans la société ? Devant quel genre de caractère éthique et moral se trouvait-on donc devant ces délinquants volontaires au fisc ?

On se demandait, cependant, aux premiers jours : comment diable l´inspection des finances et de la fiscalité sont-il arrivés à percer les secrets bien gardés des douteuses fondations financières qui abondaient le Liechtenstein à ce point que cette petite principauté compta plus de boîte aux lettres et de fondations invisibles que d´habitants ? Un informant. Un ancien employé parait-il de la LGT aurait vendu la poule aux œufs d´or sous forme d´une CD à la BND, le service d´information allemand. Et depuis, il dégustait en Australie les 4 millions € payés avec remerciement par les pouvoirs publics allemands. Lui aussi était cupide. Mais de cette saine cupidité qui permet d´épurer une pratique à grande échelle d´escroquerie à l´imposition public et de fuites organisée de capitaux. La belle aubaine. Le ministère des finances, selon lequel quelques 1000 noms et détails de transactions de délinquants seraient entrés en sa possession, se réjouissait déjà des peines et contraventions qui pourraient lui rapporter 1 milliards €.

On entend les avocats et les riches concernés (comment pouvait-il en être autrement) ruminer sur la fausseté des moyens d´acquisition des preuves les accablant. Or on oublie que contrairement aux Etats-Unis où cette exception de preuve légale serait valable, en Allemagne, le législateur, et surtout en matière fiscale, ne juge pas des moyens d´acquisition de preuves d´accusation. Depuis, des razzias de l´inspection des finances jalonnent toute la république : les banques, les domiciles privés, les sociétés, tous y passent. Et du coup, des démissions de hauts fonctionnaires font écho aux mains fouineuses des inspecteurs des finances dont un avocat a dernièrement dit : « Jamais une instruction de délit fiscal n´a été aussi complète et documentée. Ils ont absolument tout ». Et c est vrai que les informations remontent jusqu´aux années 1970 !

Cette histoire a, naturellement, terni les relations entre le Liechtenstein et l´Allemagne : l´un accusant l´autre d´héberger des délinquants allemands au fisc et de leur prêter assistance dans leurs délits, et de l´autre, le Liechtenstein argumentant que l´Allemagne aurait corrompu et incité au vol un de leur collaborateur. Ce qui n´était pas légal, du moins autant immoral. Et on ne s´arrêta pas seulement à des débats à distance. Le ministre président du Liechtenstein se déplaça en consultation à Berlin. Ce pays craignait que l´Allemagne mette en œuvre ses menaces et pénalise toutes les transactions financières avec le Liechtenstein dont la fortune et l´économie dépendaient énormément de ces fonds et fondations financières faisant profit sur son territoire à basse ou nulle imposition.

Cette histoire montre notamment aux africains dont quelques milliards dorment au Liechtenstein, qu´il y a moyen de faire pression ou de recouvrer son droit quand on le veut. Ceux des africains qui osaient ou prétendaient par ennui, par manque de réalisme, réclamer les sommes folles escroquées à leurs peuples par des dictateurs et des fonctionnaires véreux devraient prendre patience et rester sur le qui vive. Un jour un collaborateur de ces banques deviendra gourmand ou voudra pendre plus de vacances que ses chefs…ce jour-là tout est possible, même une saisie internationale retournant ces capitaux en Afrique.

Pour ce qui est des riches et des nantis allemands, on se demande s´ils ne sont pas victimes du débâcle économique et culturel occidental qui s´annonce à l´horizon ; cela expliquerait leur : sauve qui peut, seul l´argent compte. Parce qu´ils ont tout : la fortune, les privilèges, les honneurs du haut du pavé…Qu´est-ce qui leur a manqué ? Rien du tout. Ou alors, c´était un sport d´ennuyé cultivant le coup d´adrénaline que procure la violation à l´ordre ou aux lois ? Toujours est-il que le peuple exige déjà l´application aveugle de la loi qui est valable pour tous. Et si ces messieurs ne savaient pas la respecter, eux qui en étaient les premiers profiteurs, qu´ils en subissent donc de sa rigueur sans exiger de celle-ci qu´elle leur soit clémente. En tout cas, Klaus Zumwinkel, lui, a été impressionné : il a démissionné aussitôt de son poste et désisté au million € que sa pension qui devait débuter en Novembre lui reconnaissait pas an. Pour les autres, les perquisitions font rage. L´Etat, c´est bien connu, n´aime pas qu´on le prenne sous le bras…

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

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