27 mars 2008
Tata rachète jaguar et Rover en Angleterre
L´industriel indien vient de faire son gros coup : le rachat de Ford des marques renommées Jaguar et Rover pour 1,5 milliards €.
Ou quand les anciens colonisés rachètent leurs anciens maîtres
On a beau fermer les yeux, les signes ne trompent pas : c´est bien la fin d´une époque qui est en train de dérouler devant nous ses premiers pas. Ford aux abois aux Etats-Unis où il fait des chiffres rouges depuis longtemps, a vendu ses marques anglaises de grande tradition Jaguar et Rover au troisième constructeur automobile indien : Tata Motors à perte. Ces marques avaient été acquises pour le double de leur prix de vente actuel.
Cette nouvelle qui a coïncidé avec la visite officielle de Sarkozy et de la belle Bruni à Londres a donné à cette visite un sombre caractère de veillée funèbre pour assister une nation affligée par la perte de symboles prestigieux de sa grandeur passée. On rassura, naturellement, la Nation affligée de son soutien et de son amitié qu´on voulait revêtir de plus de rapprochement. Mais tout cela ne cachait pas la vérité : une nouvelle époque trouble venait d´ouvrir ses portes si l´allié américain Ford poursuivi par des chiffres et des bilans au rouge chez lui se retirait et vendait à perte.
Bob Dylan aurait certainement eu une belle ballade à ce propos. L´inde qui fut colonie de la couronne britannique, ce pays auquel, dans son hérésie de grandeur les anglais refusèrent même le droit de produire son propre sel alimentaire...ce pays revenait à la charge et se payait les joyaux de l´industrie automobile de son ancienne métropole. Quelle époque, mes amis ! Il n´y avait que les aveugles ou les complètement bornés pour ne pas avoir compris que les temps étaient drôlement en train de changer.
Cet exemple montre entre autre aux africains que l´espoir existe et qu´ils peuvent bien sortir de leurs misères. A condition, bien entendu de protéger et d´encenser l´intelligence créative et le courage de persévérer au progrès. Tout ceux qui ont cessé d´innover, d´être créatif ou de produire les moyens et leurs instruments de réalisation, ceux-là ne peuvent pas gagner. Ni aujourd´hui, ni demain. L´inde avait lancé son satellite dans l´espace avant que la nation qui les colonisa et qui se prétendait maître de la planète ne le fasse. Par ailleurs, dans l´électronique, cette nation de joueurs d´échecs ne craignait personne, bien au contraire, ses étudiants et ses finalistes étaient prisés et craints dans le monde entier pour leur génie.
Et l´occasion est toute trouvée pour dire aux intellectuels africains de cesser de tourner en rond ou de se trouver des prétextes pour expliquer ou justifier sa médiocrité et le marasme actuel de notre continent. Nous avons non seulement le devoirm mais aussi les moyens de changer notre sort. Mais si nous nous contentons de suivre et de moutonner à la queue de la traîne occidentale et sous son joug, nous ne saurons pas nous ouvrir les voies de notre véritable liberté ou celle de la réalisation ambitieuse qui assagisse pleinement les rêves et les attentes assoiffées de nos femmes et de nos enfants.
Tout autant que les indiens nous avons été colonisés, cependant, eux se fraient la voie vers la liberté, tandis que nous, nous sommes encore en train de souffrir autant de notre aliénation mentale et intellectuelle que de nos manquements imaginaires et créatifs face à notre propre destinée ! Nous nous mettons, par illusion, nous-mêmes les bâtons dans les roues. Est-ce raisonnable et utile à notre avenir ? Croyons-nous encore que celui-ci nous sera offert pendant que nous discuterions sur l´esclavage, sur la colonisation, sur des banalités qui ne menaient nulle part sino aux portes de la misère et de la pauvreté ?
Notre âme profonde, cependant, requiert sa justice. Justice face á l´histoire, justice face aux devoirs que nous avons envers nous-mêmes. Et à mon sens, il est grand temps d´y oeuvrer efficacement.
Musengeshi Katata
"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"
Forum Réalisance