30 avril 2008
L’endettement des pays africains est un goulot d’étranglement…
Lu pour vous : l´entrevue Intégrale de MAHAMAN LAOUAN GAYA, ANCIEN HAUT FONCTIONNAIRE À LA BAD, ANCIEN MINISTRE DE L'URBANISME sur « Le Républicain du Niger » du 28 février 2008
L´infâme goulet d´étranglement qui étouffe l´Afrique
Le Républicain : Monsieur le ministre, vous avez pris part récemment à un colloque international en France, au cours duquel vous avez présenté une communication axée sur la dette. Le service de la dette du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, du Kenya, du Niger…représente de 33 à 40% de leur budget alors que les services sociaux n’en représentent à peine que 10%. Est-ce cela qui vous a amené à dire avec force que nous ne devons pas payer la dette ?
Mahaman Laouan GAYA: Aujourd’hui, tous les experts s’accordent pour reconnaître que l’endettement des pays africains constitue pour eux un goulot d’étranglement sur le chemin du développement. Les tentatives de juguler cette bulle de la dette n’ont pas fait défaut. Il y a eu en 1985 le plan BAKER, en 1989 le plan BRADY, en 1999 c’était au tour l’iPPTE, (l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés), et depuis 2006 l’IADM (l’initiative pour l’annulation de la dette multilatérale). Malgré cela, et selon « Les indicateurs du développement dans le monde – 2005 » de la Banque Mondiale et « Le rapport sur le développement de l’Afrique – 2006 » de la Banque Africaine de Développement, l’encours total de la dette extérieure des pays d’Afrique ne cesse de monter, passant de 165 milliards US$ en 1988, à 223,3 milliards US$ en 1995, et à 231,4 milliards US$ en 2003. Selon d’autres études, entre 1980 et 2002, l’Afrique a reçu 540 milliards US$ en prêts et en a remboursé 550 milliards US$. La dette de l’Afrique Subsaharienne a ainsi été multipliée par 4, passant de 45 milliards US$ en 1980 à 175 milliards US$ en 2003 et la dette extérieure publique de l’ensemble de l’Afrique quant à elle est passée de 89 milliards US$ en 1980 à 231 milliards US$ en 2003. Bien entendu, des facteurs endogènes, comme la corruption, la gabegie, les détournements de deniers, les principes de gouvernance démocratique mal ou pas du tout assimilés, et la gestion cahoteuse et ‘’amateuriste’’ des nouvelles classes politiques nées des conférences nationales ont joué un rôle important dans le développement de cette crise.
Mais les facteurs exogènes également, comme l’augmentation de la facture pétrolière, la détérioration des termes de l’échange, l’augmentation des taux d’intérêt, sont également au nombre des causes de son déclenchement. Il faut quand même reconnaître et cela est une évidence que la dette a déjà été remboursée plusieurs fois: pour 1 US$ dû en 1980, les Etats africains ont remboursé 4 US$ mais en doivent encore 2,5 ! Pour la majorité des États africains, le remboursement de la dette contractée depuis les années 1970 constitue le principal frein au développement socio-économique. Pour certains pays, le poids de cette dette correspond jusqu’à 35% de leur budget national chaque année contre 10% pour les services sociaux. Tant d’argent qui ne peut être investi dans les services de santé, d’éducation, d’hydraulique et de logement alors que les taux d’analphabétisme, de mortalité infantile, de chômage et de banditisme battent des records internationaux. Dans ces conditions, il est illusoire, relève la CNUCED, d’espérer que l’Afrique puisse réduire la pauvreté de moitié d’ici 2015, conformément aux OMD fixés par l’ONU. Voilà le constat amer qui est fait de cette situation. Le principe de l’annulation de la dette fait l’objet d’intenses débats sur le plan international au point de devenir un plaidoyer contradictoire. Les arguments en faveur ou contre une annulation non conditionnelle de la dette ne manquent pas. Le risque est aujourd’hui de voir les partisans et les adversaires de l’annulation de la dette se neutraliser; mais une chose est sûre, la dette continue et continuera de faire ‘’boule de neige’’ au point de devenir définitivement non remboursable. Elle est désormais une composante fondamentale du ‘’risque systémique’’ qui menace la stabilité du système financier international. Depuis le début de la crise de l’endettement, ce sont des accommodements techniques (PAS, iPPTE, IADM) qui allègent momentanément le fardeau de cette dette. D’autres mécanismes vont certainement être créés (nous sommes aujourd’hui à l’heure de l’IADM) et ce ne seront certainement pas ces ‘’médicaments’’ qui empêcheront la dette de continuer à s’enfler et à demeurer insupportable. Dès 1986, la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique avait en réponse au rapport de la Banque Mondiale sur ‘’l’ajustement et la croissance de l’Afrique dans les années 80’’ élaboré le ‘’Cadre Africain de Référence pour les Programmes d’Ajustement Structurel’’ en vue du redressement et de la transformation socio-économique (CARPAS). La CEA donne sa conception des reformes économiques qu’elle juge nécessaires, et son interprétation des résultats de presque une décennie de politiques d’ajustement des Institutions de Bretton Woods. Le rapport qui anticipait déjà les problèmes que nous vivons aujourd’hui, mettait aussi l’accent sur le renforcement de la coopération régionale conformément à l’esprit du Programme d’Action des Nations Unies pour le Redressement Economique de l’Afrique 1986 – 1990 (PANUREA). Les africains eux-mêmes n’avaient pas rendu la tâche facile à la CEA pour la mise en exécution de ce rapport. Bien que favorable à l’annulation de la dette, je pense qu’elle ne doit pas servir à occulter l’historique de son accumulation mais doit au contraire être l’occasion de faire toute la transparence sur les opérations passées afin que les mécanismes de financement du développement soient revus et corrigés. J’ai parlé tantôt de facteurs endogènes qui sont entre autres à la base de l’endettement de nos pays. Force est de constater qu’à côté des investissements qui ont réussi et qui ont véritablement contribué à la réduction de la pauvreté et dont les populations ont largement bénéficié, une bonne partie de la dette contractée s’est tout simplement volatilisée. Ailleurs, certains parlent d’audit citoyen pour le traitement de cette crise. Les Philippines et certains pays latino américains comme l’Uruguay et le Brésil l’expérimentent. On peut s’en inspirer. L’issue à la dette n’est pas la dette elle-même; mais c’est peut être sortir de la logique de l’endettement qui peut apporter une réponse acceptable à l’impasse actuelle. Et sortir de la logique de l’endettement oblige à repenser les mécanismes et les politiques de la croissance et du développement; en un mot la gouvernance démocratique de nos Etats.
Le Républicain : Vous indiquez que l’annulation de la dette doit libérer des fonds pour financer le développement. Peut-on dire qu’à votre avis que la SRP ne présente pas de garantie suffisante pour les besoins de financements des pauvres ?
Mahaman Laouan GAYA : La stratégie de la réduction de la pauvreté inscrite dans les DSRP prévoit qu’à chaque niveau de satisfaction des conditionnalités (point de décision, point d’achèvement …) qu’une rétrocession de la dette soit faite au bénéfice du pays emprunteur. Sa philosophie est plutôt axée sur la réduction de la pauvreté alors que chacun de nous attend un développement socio-économique durable au sein duquel il n’y a pas de place pour la pauvreté. Référez vous à ce que je disais dans la réponse à votre première question. Imaginez un peu que les 30 à 40% du budget alloués au règlement de la dette et les 10% alloués aux services sociaux soient consacrés entièrement au financement des infrastructures de base. Je rêve me diriez vous, mais voilà qui peut dans le contexte d’une gouvernance démocratique lancer le développement. Nous devons être ambitieux et pour ce faire je pense que le développement de l’Afrique doit nécessairement passer par l’intégration économique régionale, le développement des ressources humaines (qui est le secteur le plus important mais malheureusement le plus abandonné) et aussi et surtout le financement de grosses infrastructures (barrages hydroélectriques, centrales nucléaires, chemins de fer, développement de l’industrie pétrolière, gazoducs et pipelines intra africains …). Avec ça, la pauvreté s’en ira d’elle-même. La philosophie de développement de la Banque Africaine de Développement (BAD) va aujourd’hui dans le sens du développement des infrastructures et nous devons saisir cette opportunité pour que nos pays dans un cadre communautaire et avec l’appui de certaines institutions multinationales de développement puissent mettre en œuvre les grands chantiers qu’ils ont élaborés, comme par exemple ceux du NEPAD.
Le Républicain : Vous êtes d’avis que le poids de la dette africaine est insoutenable et vous semblez aussi être convaincu de son annulation pure et simple.
Mahaman Laouan GAYA : Attention, ne soyons pas si extrémistes au point de jeter le bébé avec l’eau du bain. Il faut reconnaître quand même qu’une partie des fonds empruntés ont servi à réaliser des investissements qui ont été rentables. J’en veux pour preuve les nombreux projets d’infrastructures (routes, barrages, interconnections électriques, télécommunications,…) financés par nos partenaires au développement et qui ont substantiellement contribué au développement de nos économies et à la résorption du chômage. On ne peut donc pas soutenir que l’argent emprunté pour faire ces réalisations ne soit pas remboursé. Il faut par contre re-connaître que de nombreux projets ont été des éléphants blancs par la faute des responsables des pays débiteurs. Je disais aussi un peu plus haut que le montant cumulé de la totalité de la dette a été remboursé plusieurs fois et qu’au regard de cela logiquement nous ne devons plus rien maintenant. Cela m’amène donc à soutenir que les pays du Sud doivent discuter avec leurs créanciers de l’annulation du stock de la dette. Il faut alors situer les responsabilités sur les erreurs commises, faire le bilan de l’endettement, prendre des dispositions pour que la spirale d’endettement telle que nous la vivons, aujourd’hui, ne se répète plus jamais et enfin nous consacrer au développement économique et social de nos pays avec l’aide des institutions multinationales comme la BAD.
Le Républicain : Vous êtes aussi un spécialiste du pétrole. Le baril a connu une envolée hystérique sur le marché international. Quel est votre commentaire à ce sujet ?
Mahaman Laouan GAYA : Le monde vit en effet son 3ème choc pétrolier après ceux de 1973 et 1979. La particularité du choc actuel, est qu’il est progressif c’est-à-dire que l’envolée des cours du pétrole a commencé en 2000 avec un baril de brent à 28,5 US$ et s’est poursuivie de façon linéaire et quelquefois légèrement discontinue pour atteindre 100 US$ le 2 janvier 2008 et le 21 février dernier à 101 US$ ce qui constitue d’ailleurs un niveau historique jamais égalé.
Les raisons de cette flambée sont nombreuses, mais ce qui est évident c’est que cette hausse des cours pétroliers, qui ont désormais très peu de chance de descendre substantiellement et durablement, a porté à son paroxysme la crise énergétique que traversent surtout les pays de l’Afrique de l’Ouest. Cette situation est assurément bénéfique aux pays producteurs, comme le Nigeria et la Côte d’Ivoire qui ont vu leurs revenus issus de l’exportation du pétrole quasiment tripler. Il en est autrement pour ceux qui sont comme le Niger importateurs nets. Non seulement leurs achats extérieurs en produits pétroliers augmentent en volume, de l’ordre de 20 à 30%, en réponse à la croissance des besoins des entreprises et des ménages, mais encore, le coût de ces importations est passé du simple au double, voire au triple, au cours de ces cinq dernières années. Le cours du pétrole comme je le disais tantôt est et restera encore cher pour un bon moment. Nous devons donc apprendre à vivre avec. La solution ne passe pas par des subventions de l’Etat ou encore une répercussion de l’ardoise sur le pauvre consommateur. Compte tenu de l’état de nos finances publiques, une baisse des taxes ne ferait que déplacer le problème au sein du budget et ce ne serait qu’un jeu à somme nulle. Nous devons donc et surtout faire appel à toutes les alternatives possibles: économies d’énergie, développement des autres sources d’énergie (solaire, nucléaire, biogaz, biocarburants,...), l’accélération de la mise en valeur de nos ressources pétrolières non seulement pour la consommation nationale mais aussi pour l’exportation (le pétrole brut nigérien est de très bonne qualité; donc pouvant coûter cher sur le marché international) et enfin développer la coopération énergétique sous-régionale. Le Niger est producteur exportateur net d’uranium depuis bientôt 40 ans et personne n’a songé un seul instant à ce que notre pays ‘’consomme’’ sa production nationale. Mais cette problématique est cependant posée dans le cadre de la Politique Energé-tique Commune de l’UEMOA. Au vu de l’avantage comparatif dont nous disposons dans ce domaine, le Niger doit s’approprier cette initiative et en être le chef de file. Nous ne devrons pas avoir peur de le dire et encore moins d’étudier la question avec nos partenaires. Techniquement et financièrement, nous pouvons et il est temps que nous nous dotions de centrale électrique nucléaire pour notre consommation nationale ou au mieux pour aussi celle des autres pays dans le cadre de la coopération énergétique sous-régionale comme j’aime tant le dire. Il y’a bien des responsables d’institutions multilatérales qui peuvent être attentifs à ce genre de projets, parce que économiquement rentables. Les effets combinés du futur barrage de Kandadji, d’une centrale électrique nucléaire, du développement de notre secteur pétrolier et très probablement du gazoduc Nigeria-Algérie qui doit traverser notre pays sur 841 kms feront très certainement descendre le prix du Kwh de façon considérable par rapport à son niveau actuel sans parler des autres effets directs et indirects sur l’économie nationale.
Le Républicain : On espère que dans les 3 à 5 années à venir, le Niger serait un pays producteur de pétrole. Comment peut-on valoriser la production quand on voit que tout autour de nous, les producteurs de pétrole sont aussi des pays pauvres ?
Mahaman Laouan GAYA : Certes le pétrole est un secteur dont je suis issu, mais ma longue absence du ministère des mines et de l’énergie ne me met pas en position d’être plus informé que tout autre citoyen nigérien sur le processus actuel du développement pétrolier dans notre pays. Toutefois, je peux me permettre d’affirmer que la mise en valeur de nos ressources pétrolières ne tardera pas aussi longtemps que nous l’avions attendue. Cependant, il est clair et évident que le Niger, étant entouré de pays gros producteurs de pétrole comme l’Algérie, la Libye, le Tchad, le Cameroun, et le Nigeria, ne peut pas ne pas disposer de ressources en hydrocarbures tant notre territoire national est à près de 90% constitué de bassins sédimentaires, c’est-à-dire susceptibles d’abriter des réserves d’hydrocarbures gazeux (le gaz naturel), liquides (le pétrole brut) ou solides (le charbon, la lignite, la tourbe, les schistes bitumineux ou les sables asphaltiques).
Là-dessus, il est évident que notre pays dispose aussi d’énormes ressources pétrolières et mieux le Niger connaîtrait inch’Allah les mêmes miracles que ses voisins susmentionnés. Pour revenir précisément à votre question, je ne dirais pas que les pays producteurs de pétrole qui nous entourent sont pauvres. Ce sont des milliards de dollars US qui rentrent chaque année dans les trésors de ces pays, mais c’est peut être l’utilisation qui en est faite qui est une autre question. Il faut noter que les rentes pétrolières sont créatrices d’excédents de bénéfices qui devraient jouer un rôle catalyseur dans le développement économique et social d’un pays s’ils sont gérés judicieusement par le gouvernement. Malheureusement, le pétrole et les mines ont été source de paupérisation, de développement de la misère, de conflits à répétition meurtriers et dévastateurs pour les pays africains qui vivent dans le paradoxe des ‘’pays pauvres, mais riches en ressources ‘’. Ces effets économiques pervers sont connus sous le nom de ‘’syndrome hollandais ‘’, et les impacts politiques et sociaux négatifs sont appelés la ‘’malédiction du pétrole’’. On peut bel et bien éviter ce mal mais jusqu’à ce jour, peu de pays africains ont réellement réussi à traduire les bénéfices excédentaires en développement durable et en bien-être pour leurs populations.
Par contre au Niger, au vu de l’engagement répété du président Mamadou Tandja, sa vision pour l’avenir de notre pays, son souci pour une bonne gouvernance pétrolière et minière, l’admission de notre pays à l’initiative sur la transparence des industries extractives (IETE) et la vigilance accrue des organisations nigériennes de la société civile, j’ai espoir que notre manne pétrolière serait une bénédiction pour les nigériens et ne se verrait certainement pas accaparée par les fonds vautours et autres marchands d’armes internationaux.
Propos recueillis par Oumarou Keïta que nous remercions infiniment pour cet excellent interview.
Forum Réalisance Sélection
23 avril 2008
Du 20 au 25 avril 2008 à Accra : au chevet d´une Afrique malade d´elle-même ?
La 12ième conférence de la Cnuced a ouvert ses portes à Accra dans une atmosphère économique et écologique se dégradant chaque jour pour les économies africaines sous développées. Et on se demande si, encore une fois, cette conférence serait positive pour les africains ou ne resterait, comme toutes les conférences où l´Afrique était invitée, un grand spectacle institutionnel de sourds et de muets.
Au-delà du discours et du cérémoniel
Encore une fois se rassemblait-on au chevet d´une Afrique malade. Malade d´elle-même, malade d´un système économique international dont elle n´arrivait pas à appréhender les nécessités et les intrigues ou tout simplement malade de ce qu´elle ne parvenait pas encore à motiver et concerter ses forces positives pour sortir de ses manques et de ses manquements.
Et malgré que plus important soit à l´ordre du jour, notamment la paupérisation des africains malgré leurs croissances relativement positives, ou encore le prochain choc imminent de la détérioration écologique mondiale se répercutant sur l´agriculture et les économies africaines avec des conséquences négatives énormes; on est tout de même surpris d´être confronté avec des problèmes de culture politique du Zimbabwe, par exemple, où Mugabe ayant perdu sa réélection, se refusait à céder le pouvoir au gagnant. Peut-être savait-il déjà que ses ennemis occidentaux se promettaient déjà de le traduire en justice. Quant au Darfour, on se demandait bien comment revenir à une paix sociale équitable pour tous; mais selon toute évidence, le Soudan musulman voyait les choses autrement.
Plus urgent, cependant, est la discussion ou concertation sur les problèmes réels endiguant dangereusement l´avenir des pays africains. Car ces problèmes ne se guérissent pas d´eux-mêmes, bien au contraire, ils s´enveniment et risquent de coûter aux africains tous leurs efforts actuels en les replongeant dans une plus grande précarité. Ce sont d´une part les excédents criminels occidentaux qui, avec l´aide de la Banque Mondiale et du FMI, détruisaient sournoisement l´agriculture et les marchés nationaux de production et de commercialisation des denrées des pays tels que le Ghana, le Mali, le Sénégal, le Burkina Faso, les Congo Kinshasa et Brazzaville, en fait presque toute l´Afrique était touchée et menée discrètement à l´agonie jamaïcaine ou haïtienne avec un sarcasme commercial des plus inhumain.
Et même si toutes ces exportations occidentales en Afrique étaient légales, elles n´en étaient pas moins criminelles, parce qu´elles étouffaient ce continent ou le repoussaient à la servitude économique la plus injurieuse et de ce qu´elles détruisaient les emplois et les fondements primaires des économies sous développées. Ce faisant, elles entravaient sciemment au sain et paisible développement des africains. Mais, ne soyons pas aveugles, ne pas produire soi-même et assouvir ses besoins le plus fidèlement que possible, n´est-ce pas se livrer ouvertement aux tentations suicidaires de l´importation ? Les matières premières n´étaient pas éternelles, or, avec la concurrence internationale grandissante, ces matières premières étaient consommées à gorge déployée et plutôt abusivement que sagement. Lorsque ces matières premières auront disparue, et si à ce moment-là l´Afrique n´avait pas réalisé son industrialisation, de quoi donc vivrait-elle ? D´aumône et d´eau fraîche ?
Parlera-t-on à cette conférence de l´aspect crucial et non moins antagoniste des rapports Afrique-Occident sous la francafrique ? Ou se taira-t-on sous la pression financière habituée des donneurs d´aide à des élites corrompues, incapables auxquels l´Afrique devait non seulement son retard technique et rationnel, mais aussi son manque criant d´organisation et de structures institutionnalisées de la production de moyens de réalisation ? Oui, parlons-en. Comment expliquer que sous pavillon du Portugal et de l´Espagne, des forteresses industrielles navales pêchaient à vides les côtes ouest africaines, affamant ainsi tous les pays riverains ? Avait-on, par hasard octroyé des licences aveuglement aux étrangers afin que ceux-ci affament les siens à loisir ? Ce genre intensif de pêcherie à vide des réserves poissonnières africaines, étaient-ils tolérables ?
Aucune conférence, quelque brillante qu´elle soit, ne peut se substituer au refus ou aux manquements de devoirs que les pays, ainsi que leurs élites, sont tenus d´entretenir envers eux-mêmes. Cela est une vérité sans conteste. Ceux qui croyaient qu´à ces conférences ils trouveraient la ou les solutions à leurs propres erreurs se trompaient bien. En Afrique, comme sur tous les continents, les africains doivent accepter qu´une certaine Afrique, celle qui ne savait ni résoudre ses problèmes par elle-même, ou rendre justice à la réalisation de ses propres enfants et les défendre efficacement contre tous les dangers qui les guettent ; que cette Afrique-là devait mourir pour laisser place à une Afrique plus motivée et moderne. hélas, le malade se confondant avec sa maladie, beaucoup d´africains apeurés croient que la mort de cette vieille Afrique serait leur mort propre. Un reste blessant et offensant d´interminables siècles d´oppression musulmanes et chrétiennes (du 7-8 siècle au 19- 20 siècle), sans doute.
Si les africains savaient, par exemple, que sous de fausses allégations de solution agraires, les généticiens américains et européens, avec l´aide de la Monsanto (Banque du Vatican), des laboratoires voulaient, comme avec l´eau, les asservir définitivement à l´industrie occidentale ; que diraient-ils ? Vandana Shiva s´était battue avec acharnement pour préserver le libre accès de tout indien à la culture de son propre riz. Les africains, avec la pauvreté, la corruption et le manque d´organisation qui les gangrenaient, ne risquaient-ils pas de vendre ou de concéder leurs richesses génétiques agricoles, ce qui les rendrait définitivement esclaves de multinationales avides sans foi ni loi ?
L´Afrique doit choisir si elle va continuer à se tromper elle-même tout en nuisant inévitablement à son avenir et au devenir de ses propres enfants, ou si elle accepte de tuer l´Afrique incapable et rétrograde en elle pour enfanter, comme une mère aimante, une Afrique moderne et responsable. Car la liberté a un prix d´efforts mentaux, physiques et intellectuels qu´il faut accepter de payer si on y tient. Et afin de jouir d´une liberté qui ne soit pas acquise de seconde main, ou celle qui n´était rien d´autre qu´un avatar d´une autre dominante et gratuitement hégémonique. Celui qui cherche toujours à se dérober envers ses obligations historiques, ou à se cacher de porter consciemment et volontairement le poids de sa propre liberté, de son propre bonheur, des rêves et attentes de ses propres enfants…celui-là ne doit pas être surpris si sa vie ne se transforme simplement en prison ouverte et que ses rêves ne soient perpétuellement peuplés de cauchemars et de frustrations.
Musengeshi Katata
"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"
Forum Réalisance
21 avril 2008
La France à l´heure des restrictions des dépenses publiques
De tous les côtés c´est l´heures des restrictions budgétaires, et des épargnes au corps du système social français. Protestations vaines, manifestations et grognement ; la fin des illusions du laissez faire, ça ira bien d´une façon ou d´une autre ?
Epargner pour mieux être libre est bien dur…
…Surtout si on a pris la mauvaise habitude de vivre au dessus de ses moyens. Et si par surcroît, pour s´offrir ses petites illusions on s´est endetté royalement outre mesure à raison de 1200 milliards €. Ceux qui croyaient ou s´attendaient à ce que Sarkozy ouvre encore plus grande la boite aux largesses sont dépités. Les lunettes vont bientôt ne plus être remboursées…11.000 postes d´enseignants seront, à la rentrée prochaine, épargnés. Tandis que la SECU, elle, devait économiser 7 milliards €, le bac professionnel qui se faisait en 4 ans ne durera plus que 3 ans.
Les français ne devraient pas rechigner ou se plaindre si vite ; après tout, ce n´est que le début de la consolidation des finances publiques, il va y avoir des pleurs et des grincements de dents, c´est certain. Il suffisait, avec un peu de curiosité européenne, de voir l´amère pilule qu´avalaient les allemands en ce moment. Avec des résultats plutôt appauvrissants que gais. Les riches, eux, comme toujours, s´enrichissaient; quant aux pauvres...Et si on parlait d´user les vieux jusqu´à leur mort, cela venait du fait que la démographie française (mais à vrai dire c´est toute la démographie occidentale qui était touchée) périclitait dangereusement.
Toutes ces mesures arriveront-elles à assainir les finances publiques françaises ? J´en doute. On a trop joué à l´endettement dans tout l´occident. Il suffisait de voir les résultats mitigés de cette fameuse orgie de consolidation en Allemagne pour se rendre compte que si ces épargnes étaient nécessaires, leurs conséquences étaient douloureuses et appauvrissantes pour les petites gens, les malades, les sans emplois. On a beau avoir créé le RSA pour que les personnes (En Allemagne déjà 6 millions !) qu´on poussait à accepter des emplois moins bien payés ne vivent pas au niveau de l´aide sociale, leurs pensions, la pension de ces pauvres n´était pour autant pas dynamisée. A la vieillesse, ce sera l´heure de manger la craie.
Avec ces mesures de consolidation, au fait rien n´est réglé dans les maux et les inconvenances criantes des systèmes sociaux en banqueroute. On a beau offrir des cadeaux (allègement d´impositions) au patronat, celui-ci ne semblait plus capable de faire des miracles. Pire, comme on l´a vu en Allemagne avec Nokia, ces messieurs quittaient l´Ouest pour les nouveaux venus dans l´Union Européenne ; en l´occurrence pour la Roumanie, notamment. Et beaucoup de se demander : et si cela se généralisait, quel serait l´avenir de l´Ouest Européens ? Là était la question, parce selon toute vraisemblance, si les patrons eux pouvaient s´expatrier vers des sources de profit plus alléchants, les ouvriers, eux étaient plutôt sédentaires. Ou alors il fallait abandonner la famille ou vendre la petite maison qu´on s´était si jalousement payé…apprendre la langue étrangère…Et à propos, quand le vent économique tournera, on sera de nouveau assis sur ses bagages.
Sans Issue ? Oui, sans issue. Ou alors il fallait changer les règles du système économique international. A l´époque où ce système profitait aux occidentaux exclusivement, personne ne voulait le remettre en cause…et maintenant ? Les chinois et les indiens utilisent aujourd´hui les mêmes armes du bas prix pour envahir ceux qui des siècles durant les avaient envahi. Et depuis qu´ils savent comment ça marche, ils y mettent du talent. Ils ne vont sûrement pas comme les africains se plaindre de ployer sur le poids inconvenant de la faiblesse et des détroussantes conditions du FMI ou de la Banque Mondiale.
Que faire, amis français ? Rien, les carottes sont cuites. Il faut prendre son mal avec philosophie…ou humour. Peut-être que les choses changeront, qui sait ? Personnellement je ne le pense pas ; cela va plutôt s´empirer. Les dettes, hein ; cette calamité ! Mieux vaut ne pas danser en les recevant, le réveil pourrait être…cauchemardeux, surtout en période de crise économique et de chômage. Et soit dit en passant, tout cela n´est pas la faute à Sarkozy ; c´est la faute à tous les politiciens antérieurs qui, pour cacher leurs déboires, firent la joie de banquiers qui aujourd´hui ne se donnaient plus la peine de financer des innovateurs à risques parce qu´ils vivaient des dettes sûres de l´Etat. A moins que, avec un bâton magique, le nouveau président changent tout du jour au lendemain. Qui y croit ? Cet avenir, hein...
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
Forum Réalisance
17 avril 2008
Adieu Aimé Césaire. Un géant noir a quitté la scène de la vie.
A Aimé Césaire. A titre d´oraison funèbre.
La liberté humaine a perdu un grand tribun
A mon frère le plus doué, mon maître, la voix de ma conscience et celle de notre éternel combat humain ; c´est bien de peine que tu ne sois plus des nôtres ! Et déjà, devant notre champ de bataille aux duels acharnés, ton départ nous attriste et nous esseule.
Tous ceux qui ont eu la joie et la fierté d´entendre ta voix, de lire tes mots, de te savoir auprès d´eux dans le sort historique où l´existence humaine nous a conduit, ceux-là vont te regretter amèrement. Dieu merci, grand frère, nous as-tu légué ton talent qui, lui, inlassablement chantera ses vers à nos cœurs angoissés.
Maintenant, aujourd´hui que nous t´avons perdu, ton image et ton discours se sont enflammés dans nos âmes tourmentées et inassouvies de leurs plus belles attentes. Et en nous amoureux et épris de la liberté et de ses fleurs fructueuses et vives, a grandi la foi précieuse de ta fidélité.
Repose en paix, ô enfant aimé du continent éternel. Puisse nos prières émues et attendries te bercer ce voyage silencieux et sans retour qui est maintenant le tien. Nous ne t´oublierons jamais, car au fond de l´amour chaleureux de tous les femmes et hommes de bonne foi, ta droiture restera légendaire.
En toute humilité, respect et profonde admiration; et en place de tous les tiens qui ne cesseront de t´aimer,
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
Forum Réalisance
Sur les fameux écarts d´Obama
Commentaire sur Grioo sur l´article: http://grioo.com/avis,presidentielles_americaines_accuse_d_elitisme_barack_obama_contre-attaque,13476.html
A propos du discours d´Obama
Je suis fort surpris que des africains se prononcent aussi légèrement sur ce que vraisemblablement ils ne saisissent pas toute la portée. Il n´y a que des africains pour ne pas avoir encore compris que depuis bientôt 30 ans les économies occidentales sont en régression de croissance ! A tout hasard, un signe frappant : toutes les économies occidentales sont dangereusement endettées : la France 1.200 milliards, l´Allemagne 1.500, l´Amérique 9.000 milliards ainsi par ailleurs que l´Italie, la Belgique, l´Angleterre, la Grèce, la Hollande…par ailleurs, le chômage, dans tous ces pays, est incroyablement élevé autant qu´il est officiellement manipulé par des statistiques créatives. Et l´Amérique est en récession ou s´y enfonce de jour en jour. Voilà pourquoi, pour comprendre ce que dit Obama, il faut autre chose dans la cervelle que d´être uniquement noir.
Pour ce qui est du Zimbabwe, désolé, mais Obama a absolument raison. Les africains croient toujours qu´ils peuvent, avec l´aide du FMI, s´en sortir ; or, à bien y regarder, ces aides, comme on le sait, ne sont que des pièges ouverts pour idiots. Et pour le confirmer, même avec l´endettement exorbitant qu´ils traînent lourdement à leurs pieds, aucun pays industrialisé ne s´adresse au FMI pour régler ses dettes, pourquoi donc ? Parce qu´ils savent bien que cela signifierait se mettre soi-même la corde au cou. Maintenant, et pour juger de l´intelligence des africains, ou de leur naïveté ; pourquoi ces pays africains croient-ils s´en sortir en s´empoisonnant ? Et si le FMI ou la Banque Mondiale n´existaient pas, que feraient donc ces pauvres africains ? Voilà en fait ce que Mugabe n´a pas compris : on ne peut pas se plaindre de la criminalité économique occidentale et cependant vouloir régler ses problèmes avec les épargnes de ces mêmes gens ! A ce comportement on reconnaît la naïveté et l´inconséquence africaine : tous voulaient se développer, mais personne ne veut se forcer, se discipliner à créer et produire les moyens et les instruments techniques et fonctionnels de ce développement. En fait, on veut aller au paradis, mais on ne veut pas mourir ; ou encore on veut la liberté, mais on continue, à la première occasion, à mettre son avenir entre les mains des plus grands esclavagistes de la planète. Un petit exemple instructif : l´occident a fait un blocus économique envers l´Iran ; ce pays, cependant, s´est tourné vers ses sources et ses ressources internes et les a développé systématiquement. Les résultats ? Sans l´aide occidentale et sans le FMI, ce pays produit ses propres voitures, ses missiles et ses armes de défense, s´est doté d une technologie nucléaire et il s´industrialise indépendamment de qui que ce soit. Et autant dire qu´avant de s´endetter comme des rats incapables comme le font bien de pays africains sans technologie de production, il faut d´abord affûter ses paramètres sociaux et économiques afin que cet endettement soit utile et fructueux, et ne se transforme pas en une prison ouverte pour les populations innocentes.
On parle ces derniers temps beaucoup d´Haïti. Ce pays noir, malgré ses 200 ans d´indépendance, n´est pas arrivé à décoller. On trouvera une part de la vérité dans les 150 millions de francs lourds qu´ils durent payer à la France jadis pour être libre. Mais ce qui est plus grave, c´est que l´intelligentsia de ce pays n´a pas compris (aujourd´hui encore) le monde dans lequel ils vivaient et comment se garder de la faiblesse et du manque en se développant. Aujourd´hui, et même avec 200 années d´indépendance, l´économie de ce pays est des plus misérable. Ceci pour convier les africains à un peu plus d´efforts intellectuels et d´exigence créatives envers eux-mêmes. Il est plus facile, on le sait, de s´en prendre à un Sarkozy ou de critiquer Obama qui, ne l´oublions pas est un américain, que de se critiquer soi-même afin d´aller de l´avant. En tout cas n´attendons pas toujours des autres ce que nous-mêmes ne sommes prêts à nous offrir.
Je sais qu´Obama est brillant, et je pressens même qu´il gagnera les élections. Mais voyez-vous, cela ne va changer ni nos problèmes en Afrique, ni empêcher nos ennemis de nous préjudicier sournoisement comme ils le font actuellement à loisir. Et n´oublions pas que l´eau pure, des toilettes salubres, des écoles ambitieuses, des emplois pour nos universitaires, autant que pour nos ouvriers qualifiés…des villes propres sans détritus, tout cela fait cruellement défaut actuellement en Afrique. Si ce n´est pas un raison pour pratiquer la modestie et travailler sincèrement à changer les choses au mieux ? Obama sait où il va, mais nous, le savons-nous ?
Musengeshi Katata
« Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu »
Forum Réalisance
15 avril 2008
Les crimes occidentaux du commerce excédentaire contre l´Afrique
Hier à la télévision allemande ont été largement étalés les conséquences ruineuses des dumpings des produits alimentaires excédentaires occidentaux exportés dans l´arrière pays africain.
Ou l´art silencieux et sournois d´assassiner son nègre
Même si tout ce que la télévision allemande a déroulé devant nos yeux était largement connu, et même qu´à toute occasion nous avions élevé la voix pour récuser ces méthodes commerciales criminelles et prédatrices, les images scandaleuses de paupérisation du Burkina Faso, ceux du Ghana, du Sénégal, du Mali, du Tchad…D´une Afrique agonisante qu´assassinait volontairement avec le lait en poudre de l´Union Européenne, le sucre, le poisson suédois et norvégien, les cuisses de poulet des pays industrialisés ; les directes conséquences de ces malfaisances insupportables et étouffante pour l´agriculture de ces pays ne laissait aucun doute sur la mauvaise foi de ceux qui les entretenaient avec une assiduité incroyablement criminelle.
Et pendant que l´arrière pays sénégalais était noyé dans la pauvreté comme ce fut le cas en Jamaïque, l´Espagne et le Portugal, eux, pêchaient devant les côtes ouest africaines, avec d´énormes usines flottantes, tout le poisson africain, ne laissant aux pauvres riverains africains que les petits poissons qui avaient été épargnés par les immenses mailles étendues de ces flibustiers occidentaux de la faim. Au Sénégal, particulièrement, la pêcherie, suite à ces escroqueries, disparaissait totalement, laissant place à la misère et à la faim.
Sciemment, avec une hargne criminelle du plus bas des mépris, les occidentaux français, italiens, hollandais, belges, suisse écoulaient leurs invendus étouffant en tous genres sur les territoires africains. L´agriculture africaine ainsi noyée de produit occidentaux trois fois subventionnés dans l´Union Européenne vendus à vil prix sur les marchés intérieurs africains cessait d´exister parce qu´elle ne savait pas lutter contre cette concurrence déloyale.
A Paris, à Amsterdam, à Genève…chez Nestlé, dans toute l´Union Européenne, on entendait cependant de faux cris de "Nous aidons l´Afrique !". Cette fausseté pleine de sournoiserie et de haine ! Parce que cette même Union se refusait à tolérer ce qu´elle faisait aux africains au vu et au su de tout le monde. Et encore une fois, on se demandait: où sont donc les élites africaines du pouvoir pour arrêter ce massacre à vif des leurs ? Même si, pour s´endetter, les gouvernements africains devaient accepter les conditions du FMI et de la banque Mondiale qui eux patronnaient et encourageaient ces meurtres silencieux; les devoirs du pouvoirs africain n´était-il pas de protéger les emplois et les domaines par lesquels les leurs assuraient leur subsistance et leur avenir ?
Le Bioéthanol a soulevé, de la part des pays industrialisés européens une nouvelle politique repoussant l´Afrique et bien de pays pauvres et sous développés à céder leurs surfaces agricoles à la culture du tournesol, du maïs et autres servant à l´obtention de cet alcool permettant aux occidentaux de pallier aux prix exorbitants du pétrole. Cela va créer et augmenter la famine au Nigeria, au Sénégal, en Zambie…Et à mon avis, il est grand temps que nous nous libérons du dictat économique occidental parce que celui-ci ne nous mène qu´à l´échafaud social et économique. Ou dans un gouffre encore plus vil de misère et de pauvreté dans lequel nous aurons difficile à nous sortir.
Et ici un mot à nos amis de la renaissance, de l´afrocentricité et même à l´historien Omotunde qui qualifie l´esclavage occidental des africains d´"accident", ce qui est tout à fait irresponsable ou aveugle des intentions économiques réelles de ces crimes historiques. Pendant que ces gens se gargarisaient de fausses et irréelles théories, dans l´arrière pays noir, les assassins étaient chaudement à l´oeuvre. Et lorsque ces messieurs auront fini de concocter suavement de leurs supputations, ils seront surpris que l´arrière pays africain aura, lui, cessé d´exister. Ne pas être capable de le comprendre, d´élever la voix et de condamner bien fort ces crimes sociaux, disqualifie d´intellectualité quiconque croit que ces génocides volontairement orchestrés par le commerce occidental nous réservent un bel avenir.
Pour ma part, j´invite tous les africains consciencieux et vigilants à protester énergiquement contre cette élimination criminelle et inhumaine des africains et afrodescendants. Et ceci sans la moindre retenue aucune. Mais je dois aussi le dire, je ne suis pas le seul africain de la planète ; tous ces faux modérés, assimilés ou aliénés qui ferment les yeux sur ces crimes économiques ont perdu autant leur fierté que le respect dû à leur culture et leurs origines. Et pour ainsi dire, ils ont cessé d´être tout simplement humain. Pourvu qu´ils ne disent plus qu´ils sont " africains " ! Parce que pour être et rester africain, il faut aimer et défendre ceux avec lesquels on partage cette condition humaine. Surtout lorsqu´ils sont en danger imminent d´extermination économique et sociale comme c´est le cas présentement.
Musengeshi Katata
" Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu "
Forum Réalisance
14 avril 2008
Sur la conférence des G7 à Washington
Devant les conséquences mondiales occasionnées par la crise hypothécaire de l´immobilier américain, les banquiers du G7 et leurs ministres des finances se sont réunis le 11 avril à Washington pour débattre de la crise sur l´invitation du gouvernement américain.
Crise d´escroquerie ou escroquerie de crise ?
Tous se rassemblèrent autour du patient (ou coupable) américain devant lequel nul n´osa parler de la fièvre de cheval qui secouait ce géant de soubresauts et vomissements caractéristiques d´une récession inavouée, ou des signes précurseurs de cette immonde maladie économique. Non, ce n´était pas le sida dont souffrait le patient qui s´en cachait et s´y refusait véhémentement. C´était plutôt le genre maladie vénérienne : un chancre économique qu´on avait difficile à avouer à sa famille. Et pourtant, tous ceux qui s´y frottèrent doivent se faire soigner avec de lourdes pertes. Qui payera les pots cassés des ventes d´hypothèques pourries ? Mais oui, le contribuable du pays des banquiers qui s´étaient abaissés à ces étreintes insalubres. On se tut donc, et on fit comme toujours : cacher les remontrances et conseiller les infectés à se faire le plus rapidement soigner…en rejetant leurs pertes sur les contribuables innocents.
Cette crise a révélé deux choses : que les Etats-Unis ne se gênaient pas à rejeter à leurs partenaires aveuglés et pour le moins trop confiant les fruits faisandés de ses propres erreurs économiques. Et de deux : pourquoi les américains, aussi sincères soient-ils, ne proposèrent pas aux banques préjudiciées de racheter les fameuses hypothèques éventrées ? On parla plutôt de crise internationale, d´un meilleur système de contrôle bancaire…en priant la banque mondiale de faire prochainement des propositions à ce sujet. Ce faisant, on passa sciemment à côté du principal ; par gêne ou par pudeur ? Que faisait donc le gêne ou la pudeur en affaire ? Parce que ce n´est pas le contrôle bancaire qui avait failli, c´était plutôt la bonne foi de banquiers américains qui, pour tromper les apparences de stagnation sur le marché immobilier américain, ces banquiers prêtèrent à des clients douteux quitte à gagner tout de même sur leur insolvabilité en rejetant ces obligations à leurs paires occidentaux étrangers.
C´était la première fois qu´on prêtait aux pauvres et mal lotis… en désespoir de cause. Parce que ce système capitaliste qui est le nôtre ne prête, par principe, pas aux pauvres ! Mais quand il n´y a pas de clients solvables et que le banquier veut tout de même gagner en rejetant à des collègues étrangers le sac aux puces…escroquerie ? Personne ne disait mot. Et pour cause : le dernier qui aurait à payer les pots cassés était…le contribuable de la banque acheteuse de ces hypothèques pourries. Et c´est cela qui était fondamentalement le côté répréhensible de toute cette histoire. En Allemagne banquiers et politiciens rendaient, suite à cette crise, leurs démissions. L´opinion publique, en effet, en avait marre que quelques banquiers aillent spéculer sur un marché immobilier étranger qui avait prêté à ses insolvables (ce que ces mêmes banquiers ne font, par principe, pas au pays), pour venir dans l´échec et les pertes, demander à leurs contribuables respectifs à domicile de rembourser les pertes parce que sinon la crise risquait de lui coûter plus cher ! Cette effronterie, ce culot sans gêne et sans remord ! Cette histoire renforçait la vérité selon laquelle les pauvres prêtent aux riches, et quand ces derniers perdaient dans des spéculations volontaires et douteuses…on leur jetait joyeusement à la pelle les épargnes des contribuables dans la gorge. Notamment 400 milliards $. Sous estimé pour la circonstance à Washington à 200 milliards $. Aux Etats-Unis, cependant, les pertes sont évaluées à 1.200 milliards $ au plus bas. Déjà les endettés brûlaient volontairement leurs demeures…pour se faire payer aux assurances. Triste issue.
On a beau sous estimer sciemment ce coup américain d´hypothèques avariées ; ce n´était cependant que la cime de l´iceberg. A force d´avoir élevé la spéculation à un sport national courant et hautement prisé, de nombreux fonds de pension sombraient dans l´insolvabilité et la banqueroute aux Etats-Unis, mettant à mal les pensions de plusieurs millions de travailleurs américains. Gangrené par, d´une part les endettements publics exorbitants, et de l´autre la crise économique des invendus, du chômage et de la concurrence internationale accrue face à la montée de la Chine et de l´Inde au firmament de l´industrialisation, le système capitaliste a des problèmes à assurer les valeurs futures de ses accumulations. Et en lieu et place d´investir dans le tiers monde dont on savait avec l´exemple des chinois qu´il deviendrait, un concurrent désagréable dans l´avenir, on spéculait donc, de courant en courant, au gré des fluctuations. Avec des conséquences et des risques incroyables comme on le voyait avec les énormes pertes bancaires faites en Allemagne, en France, en Italie, en Grande Bretagne…etc.
Cette histoire doit réveiller les africains en leur montrant que tout ce qui brille n´est pas or. Et qu´ils doivent cesser de compter sur l´aide ou la compassion occidentale. Car ces messieurs les occidentaux, tous bons chrétiens qu´ils soient, ont l´habitude de rejeter sur les faibles le poids de leurs efforts, de leurs erreurs et de leurs manquements. L´Amérique ne s´est pas gênée a servir à ses partenaires occidentaux des produits bancaires douteux. Mais, depuis 600 ans n´avons-nous pas fait l´expérience que ces occidentaux, lorsqu´il s´agissait de leurs intérêts étroits, mentaient à loisir, violentaient, assassinaient et traînaient à l´esclavage ceux qui ne savaient pas se défendre ? Il suffisait aujourd´hui de voir ce que cachait les fameuses APE proposés aux africains pour comprendre que l´Union Européenne cherchait de nouveaux esclaves lui assurant aveuglement l´approvisionnement alimentaire et minières de ses marchés. Sans qu´il n´aie ni à ouvrir ses marchés aux produits commerciaux africains, ni investir dans un partenariat respectant l´avenir des africains. Seul comptait l´Union Européenne et ses étroits intérêts.
En Allemagne, les communistes font déjà des entrées remarquées dans 10 des 16 parlements de la fédération. Pourquoi ? Mais parce qu´à force de demander aux ouvriers d´accepter de bas salaires, ceux-ci se sont rendus compte qu´on ne leur réservait qu´une vieillesse de pauvreté et de manque avec des pensions misérables. On les punissait donc trois fois : aujourd´hui avec des salaires étriqués, demain avec des pensions de mendiant, et enfin envers leurs enfants auxquels ils ne pourront léguer une quelconque fortune. Or, les riches eux, sur ces trois points, ne connaissaient aucun tourment ni aujourd´hui, ni demain ; et leurs enfants héritaient de fortunes qui leur permettaient de perpétuer l´aisance et la richesse. Celui qui, sans un mot adhérait à un tel système, ne se condamnait-il pas lui-même à la pauvreté, et par-là même à celle de ses enfants ? Dans quel monde vivait-on donc ? Dans un piège éternel ou dans une démocratie ouverte d´espoir, de justice sociale et de liberté ?
Musengeshi Katata
" Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu "
Forum Réalisance
13 avril 2008
Aux amateurs de l´afrocentricité, de la renaissance africaine et autres…
A mes amis de la renaissance et de l´afrocentricité. Depuis quelques temps, ces théories sont mises en exergue et avancées dans tous les salons des noirs. Que cachent réellement ces mouvements ou théories collectivistes ?
Renaissance et Afrocentricité pour quoi faire, que diable ?
A la fin, je me demande comment la rationalité africaine fonctionne. Nos femmes et nos enfants meurent de faim et d´apathie face à un appauvrissement qui devenait chaque jour cruel et insultant, et en lieu de chercher les solutions aux problèmes réels et quotidiens qui perdurent dans nos contrées depuis plus de 600 ans, quelques intellectuels ne trouvent mieux que de nous nourrir de vagues théories de rassemblement. Renaissance africaine, afrocentricité ! Belles paroles que tout cela, mais quand les africains se rendront-ils compte que toute théorie quelle qu´elle soit, se doit de répondre ou d´apporter des solutions directes et palpables aux questions immédiates des temps ?
Parce que sinon : afrocentricité et renaissance ; tout cela n´est que verbiage d´intellectuel en mal de réalisme. Car ne pas voir ce qu´il faut changer rapidement en Afrique, en Haïti, en Guadeloupe, aux Etats-Unis pour rapprocher la race noire de ses sources sociohistoriques culturelles…si tel est que ces africains ont encore quelque chose de commun à défendre ou à entretenir, c´est faire de la démagogie de la pire espèce : de celle qui apporte un nouveau problème, un nouveau champs de bataille ou de discussion alors que le principal, la solution à l´indépendance économique, politique et culturelle n´a été ni entreprise, ni même sérieusement discutée ! Or, il s´agit dans l´existence, de se réaliser librement et souverainement. Et sur ce point de vue, pas un mots de ces nouveaux gourous du rassemblement africain. On prétendait cependant que cet aveugle rassemblement allait résoudre tous les problèmes ! Tiens, moi je serai satisfait si on répondait à ma question : depuis quand la liberté africaine serait abandonnée à tiers ; depuis quand la liberté de quelqu´un, d´un peuple se ferait-elle par l´étranger ? Qu´y avait-il de commun entre un sénégalais et un burundais, par exemple ? La couleur de peau ? N´allait-on rapidement là à organiser un racisme noir ?
Tout ce beau prétexte, à mon avis, ne servirait qu´à se guérir d´un immense complexe d´infériorité en se cachant sous la masse. Ou alors ce serait, face à la relative cohésion culturelle et économique occidentale, un réflexe analogique faisant appel à une association ou un rassemblement d´opprimés incapables de se libérer de leurs chaînes, de ceux qui, à défaut de briller par l´innovation et la créativité, cherchaient à se réchauffer ou à se tranquilliser la conscience sous une nouvelle appellation contrôlée ? Le droit de dormir tranquillement en se disant : pendant que moi je disserterai sur ma petite renaissance ou mon afrocentricité, l´homme blanc, lui me construirait et me fabriquerait les moyens techniques et scientifiques avec lesquels je vais me réaliser ? Si ce n´est pas l´erreur que firent nos arrières parents en croyant que l´occident leur ferait un jour un joyeux transfert de technologie. Cette faiblesse intellectuelle, hein ! Où en sommes-nous aujourd´hui ? Pénible, ce genre d´erreur. Plutôt dangereux.
Personne n´avait vu que ce qui avait fait au passé la faiblesse des africains étaient leur manque de défense militaires et économiques appropriées face à leurs ennemis ? Fallait-il un instant croire qu´avec une pathétique théorie de rassemblement qui n´avait pas pris la peine de donner, même théoriquement, des solutions aux maux journaliers des africains ; qu´ainsi, on apaiserait ces malheureux en les convoyant vers une quelconque aveugle religion de l´union ? Mais mes amis, à votre avis à quoi sert donc la théorie, sinon à résoudre des problèmes immédiats et importants ?
A mon avis passer à côté de la pauvreté et des misères de l´Afrique, du monde noir en général pour venir concocter des théories de l´abondance à la grande table des illuminés et des attardés…j´ai hélas bien le sentiment que l´intellectuel africain qui se lançait dans cette gratuite occupation, ne souffre justement d´une maladie que nous ne connaissons que trop bien : le manque de réalisme conséquent et pratique. Et cette fièvre nous est bien connue, parce qu´elle a notamment été la cause de tous les déboires passés de l´Afrique qui, au lieu de résoudre ses contradictions et se donner les moyens imaginaires et réels de progresser et de s´épanouir, s´est complu dans des palabres et une expectative infructueuse et, comme on le verra aujourd´hui, sans issue. Ce qui l´a enfermé dans une faiblesse chronique, présentant par-là à ses ennemis une victime facile. Ne s´agit-il pas, dans une théorie de rassemblement ou même d´intérêt, de résoudre des problèmes et faciliter le traitement de communs projets ? Mais avec quels moyens, que diable, si on restait pauvre et soumis à la sangsue économique occidentale ?
Alors je me demande : se rassembler pour sortir du piège de la misère et de la pauvreté, ou se rassembler pour lutter contre quelque chose, contre un monstre contre lequel on n´avait pas le courage de faire face intellectuellement et pratiquement ? Ou serait-il une façon comme une autre de vouloir entretenir un communisme tropical bon enfant encore plus illusoire que celui qui s´écroula dans l´Est européen ? Parce que si réellement on voulait sortir du piège actuel de la misère et celui de la mendicité ; il n´y a qu´une voie : celle qui produit les moyens et les instruments permettant d´atteindre ce but. Et naturellement se libérer de la francafrique et veiller à ce que les accumulations économiques, sociales africaines ne soient ni dilapidées à ses dépends, ni ouvertement escroquées par l´étranger.
Mais pour cela faut-il créer une nouvelle association de croyants délirants ? Je ne le pense pas. Par ailleurs, toutes ces théories qui passaient ouvertement devant les différences et les droits individuels de la diversité culturelle de la race noire, celles-ci me donnent toutes l´impression d´une énorme prison mentale collective dans laquelle on veut sournoisement noyer la vérité ou la cacher, en place et lieu de résoudre les problèmes économiques urgents et parvenir à libérer les africains de leurs complexes et de leurs manquements. Et chez moi, lentement, une colère me montait à la gorge, parce que j´avais la nette impression qu´encore une fois, quelques illuminés voulaient prendre les africains intelligents pour des bourriques. Car les problèmes avec lesquels nous sommes confrontés sont tellement complexes et graves qu´ils nécessitent rapidement des réponses précises et rapides. Ainsi par ailleurs qu´une stratégie sévère à suivre pour changer définitivement les choses. Pas une grotte préhistorique qui offrirait, certes une sécurité momentanée face aux intempéries naturelles, cependant que les vrais problèmes de l´émancipation rationnelle face à des traditions archaiques ou primitives, de l´instruction et ses valeurs critiques et objectives, ceux de l´alimentation, de la formation professionnelle et de la médecine adéquate eux, se devaient d´être résolus par de moyens et des instruments économiques et financiers conçus et produits dans un détail singulier, réaliste et exigeant.
Et à mon sens, ce communautarisme jacobin et faussement tranquillisant était plus trompeur et abrutissant qu´il n´était à la hauteur des nécessités culturelles africaines contemporaines. Notons que la meilleure des unions, dans toute l´histoire humaine, ne se fait pas par théorie ou par dictat ; mais bien instinctivement par rapprochement d´intérêts conjoints. Maintenant, il est possible que cet afrocentrisme serve plus à guérir la solitude culturelle de quelques intellectuels afrodescendants américains, haïtiens, jamaïcaine ou autre à bout de latin; mais s´ils ne savaient pas produire des solutions intelligentes à leurs problèmes, pourquoi ne se taisaient-ils pas, que diable ! Le problème de leur dépendance actuelle à l´économisme ou à la domination culturelle de leurs maîtres esclavagistes d´hier ; ce problème n´est pas pour autant résolu en ce qu´on se rapproche mentalement ou affectivement de l´Afrique. Il faut hélas lutter contre ce monstre négativiste en lui faisant accepter nos droits à la liberté et à la libre réalisation sensible. Sans cela, ce rassemblement communautariste de la race noire ne serait rien d´autre qu´une association d´incapables, de complexés aliénés à leurs chaînes, ou d´anciens esclaves cherchant asile dans une nouvelle illusion d´où ils ne sortiraient que bien plus aliénés qu´auparavant. Celui qui se sent lié à l´Afrique, celui-là sait où elle se trouve ; et s´il veut œuvrer à sa prospérité, nul ne l´y empêchera. Mais croire que pour boire un litre de lait on doit acheter toute une vache, c´est de la pure foutaise.
Ceci dit, et en conclusion, la race noire se doit, si elle a compris et bien assimilé les leçons de l´histoire qui est la sienne, de se libérer de ses propres contradictions et malfaçons intellectuelles, mentales, rationnelles. Et se défaire du joug occidental aliénant qui réduit sa liberté à une succursale hier méprisée, aujourd´hui autorisée parce qu´aliénée à la race blanche. Tout cela a une incidence et une portée économique, financière, culturelle sur son avenir. Jouer à se trouver des associations sans buts lucratifs qui nous cacheraient de nos devoirs pressants actuels, c´est hélas faire la preuve qu´on n´a rien compris, qu´on ne sait pas où se trouve le principal et les importants facteurs dont toute culture aimée et défendue se nourrit. Car si les noirs – et apparemment cela semble le cas – se refusent à briser leurs chaînes et à lutter pour le bien être de leurs femmes et de leurs enfants, quitte à se rassembler ou à croire à une commune renommée ; toutes ces théories vides et affamantes ne lui rendent ni sa liberté, ni son pouvoir social déjoué, encore moins son espoir d´avenir ou guérissent ses blessures passées. Parce que la liberté, il faut la faire et la défendre individuellement, collectivement ; aucun rassemblement de belles théories vides et passives n´a rendu à ce jour un seul être humain heureux et libre. Seuls la production conséquente et appropriée de moyens de réalisation, ainsi qu´une lutte avertie et vigilante pour sa liberté et son indépendance sont génératrices de véritable liberté.
Musengeshi Katata
"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"
Forum Réalisance
10 avril 2008
Aujourd´hui Haïti, demain toute la périphérie
La hausse scandaleuse des prix alimentaires s´accentue grâce notamment à la crise économique mondiale dégradée par la crise hypothécaire américaine, par la détérioration écologique, et par la fin prochaine du pétrole provoquant non seulement son renchérissement, mais aussi la culture de substitution produisant le Bioéthanol.
33 pays pauvres menacés de troubles sociaux dus à la cherté, l´insécurité et la pénurie alimentaire.
« La forêt empêche souvent de voir l´arbre » Shakespeare
Haïti est depuis deux jours secoué par des troubles meurtriers faisant morts et blessés : les pauvres saccagent et détroussent les magasins alimentaires pour s´approvisionner et protester contre l´explosion des coûts de denrées alimentaires qui, depuis 2005, ont connu à la périphérie une hausse de 300% !
Ceux qui nous reprochaient notre critique aux politiques africaines (et même occidentales) vont bientôt être rappelés à la raison. Et je me rappelle à ce propos que je disait que les 200 ans d´indépendance d´Haïti n´avaient rendu ni ses intellectuels plus avertis, ni même apporté un quelconque changement dialectique efficace dans la gestion et l´usage du pouvoir à des fins efficaces de développement. Ce pays noir est toujours non seulement sous développé, mais à la traîne dans bien de domaines techniques, scientifiques, économiques. A qui la faute ? Mais bien sûr à ses intellectuels qui, comme pratiquement tous les pays noirs, ne sont pas arrivés à voir les choses plus sévèrement pour mieux se motiver pour leur propre avenir. Les conséquences, on le voit, vont détériorer gravement l´avenir de ces pays. Et il ne faut pas toujours rejeter la responsabilité sur les occidentaux quand on a soi-même omis de protéger et de promouvoir ses intérêts avec un sens plus exigeant et consciencieux.
En Egypte aussi, c´est la cabale de protestations. Aux Philippines, en Thaïlande, le prix du riz avait fait un bond prodigieux. Et le Tsunami, comme l´écrit un de nos confrères de l´Internet, va bientôt atteindre l´Afrique avec, comme le prédit la Banque Mondiale, de chaudes révoltes et des famines sans issues. Comment pouvons-nous présenter les choses pour que les élites noires et africaines comprennent qu´elles sont en train de dormir, et que leurs vues des choses est désastreuse et préjudiciable au bien être et à l´avenir des leurs ? Faut-il que les africains, les afrodescendants continuent toujours à se faire rouler par l´occident, et à négliger de voir les choses telles qu´elles sont au risque de subir, de décennies en décennies les graves vicissitudes chroniques du manque et de la pauvreté ? C´est à se demander : les noirs se refusaient-ils à réfléchir et tirer des conclusions utiles ou n´en étaient-ils pas capables ?
Tous les pays qui vivent de l´aide internationale, tous ceux qui n´ont pas développé à domicile leur propre agriculture sous l´aide et les promesses fallacieuses des pays industrialisés, vont connaître, dans les années qui suivent, de dures années de vache enragée. La crise économique que nous connaissons depuis bientôt 30 ans va s´accentuer et effriter les maigres moyens de tous les pays pauvres. Et ceux qui espèrent ou croient que l´aide internationale pourrait les aider à adoucir les choses se trompent encore une fois: cette aide, quoique soulageante, est un véritable poison si parallèlement, et cela malgré la misère et la pauvreté, un effort accru n´est fait pour pallier à ce genre de pénurie dans l´avenir. Parce que, avouons-le, l´aide corrompt et trompe bien les apparences ; ce qui empêche souvent, comme on le sait, de voir « l´arbre », le mal tel qu´il se présente et d´y remédier le plus judicieusement que possible. Par ailleurs, l´endettement des pays industrialisés actuellement est effrayante, et cela va provoquer prochainement, accumule au chômage, des crises sociales remarquables.
Devant la dégradation écologique mondiale, et la crise énergique actuelle ; l´occident, au lieu d´avaliser rapidement des technologies permettant d´épargner les ressources naturelles, ces pays industrialisés retardent cette démarche et cherchent des demi solutions lesquelles dégradent énormément les économies et l´avenir des pays périphériques. Ni la Chine, ni l´Inde ne se développent aujourd´hui en apportant un courant de techniques et de technologies nouvelles épargnant l´écologie et l´environnement mondial. Bien au contraire : ils viennent accélérer la course aux matières premières. Et si cela est notre fin à tous, on se demande bien pourquoi l´Afrique tarde-t-elle à comprendre que rien ne sera plus facile dans l´avenir, bien au contraire ! Alors ? Mais alors, il faut se presser pour développer et mettre au point les moyens avec lesquels on veut assurer, dans un proche avenir, le bien être des siens !
Ou s´agissait-il, comme on l´a si bravement fait depuis 600 ans, de tourner en rond et se laisser abuser et dévoyer par une culture occidentale qui aujourd´hui se rendait compte qu´elle n´était capable ni de soutenir ses propres ambitions universelles, ni même de développer qui que soit sinon elle-même dans ses intérêts étroits. Alors, personne n´a encore compris qu´il était temps de faire l´article quinze du débrouillons-nous, c´est chacun pour soi et Dieu pour tous ? Et je le dis à tous : ces prochaines années vont faire mal, tellement mal qu´on se demandera si l´enfer n´est pas africain. A peine supportable. Parce que les pays riches vont, comme d´habitude, rejeter le lourd poids de cette crise accentuée sur les pays pauvres. Mais, est-ce nouveau ? A la périphérie, en tout cas, cela va être l´enfer.
On peut me croire ou pas, toujours est-il que cette crise permettra peut-être, sous ses insupportables douleurs et privations, de réveiller les endormis. Qui sait, celui qui ne sait pas réfléchir par lui-même et se garder du feu, peut-être que, sous la douleur la plus cruelle, il apprendra à vouloir se garder prochainement de faire la même expérience. Beaucoup de gouvernements fantoches et incapables vont sauter en Afrique. Mais les suivants sont-ils meilleurs que leurs prédécesseurs ? Là est la question. Car le véritable mal de la race noire, ce n´est ni d´être noir, ni d´avoir été la victime séculaire de la culture occidentale ; mais bien de ne pas être conséquent, de se refuser à user de la raison pour mieux se motiver à défendre ses intérêts, ses cultures et l´avenir des rêves et de la réalisation sensible de ses propres enfants.
En effet, en 600 ans de traitements odieux et inhumains, la race noire n´avait pas encore compris que l´occident la trompait sans vergogne en l´employant pour parvenir à ses fins. Et que toutes les promesses, les faux compromis que cette haute culture avait fait aux africains, n´étaient rien d´autre qu´un curieux art à gagner du temps en jouant un jeu qui ne menait, pour la victime, qu´à l´échafaud de la frustration, qu´aux sentiers amers et arides de la misère et de la mendicité. Et pour tous ceux des africains qui se plaignaient que l´Afrique soit aujourd´hui envahie par 800.000 chinois travaillant aux infrastructures et aux travaux d´extraction des matières premières, un mot : les chinois, non seulement ils n´ont pas fait ni l´esclavage des africains, ni leurs tortures et la destruction de leurs cultures ; ces gens, même si leur intérêt premier réside dans les matières premières, se comportent autrement que ne l´ont fait les occidentaux à l´endroit de la race noire. Et c´est beaucoup. Faut connaître le passé quand on veut préparer ou assurer l´avenir.
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
Forum Réalisance
08 avril 2008
Appel pathétique au changement politique au Congo Brazzaville
Congolais, unissons-nous pour un changement politique et économique qui nous rende à tous l´espoir et la liberté. Ce qui se passe aujourd´hui au Congo Brazzaville ne peut plus continuer, car le régime actuel ne nous mène que tout droit à la catastrophe de la misère et de la pauvreté !
Appel aux forces vives du CONGO Brazzaville
Appel à l’ARD, à l’UPADS, au RDD, à l’URD-Mwinda, à l’aile LEKOUDZOU du PCT, aux dissidents du MCDDI, au PAD du Général Emmanuel Ngouélondélé, à l’UPRN de Mathias DZON, au CNR du Pasteur TOUMI ainsi qu’à toutes les associations et cercles de réflexions à caractère politique qui souhaitent des changements et une alternance démocratique au Congo Brazzaville.
Appel à tous les Congolais et Congolaises, aux forces patriotiques de l’opposition et de la résistance, aux autorités religieuses, aux syndicats, aux forces vives du Congo, aux corps constitués ainsi qu’à la Diaspora.
Toutes les conditions sont réunies pour débarrasser le Congo Brazzaville du mal qui le ronge depuis des décennies. Ce mal c’est le Général Dénis Sassou Nguesso
Personne, quelque soit ses qualités ne pourra seul venir à bout du régime dictatoriale du Général Dénis Sassou Nguesso. Aucune organisation ne pourra seule délivrer le Congo du système mafieux que le dictateur à méticuleusement installer au Congo. La restauration de la morale au Congo exigera l’implication de tous. Ensemble nous pouvons créer le rapport de force nécessaire pour le contraindre au départ et sauver notre Congo.
Le temps n’attend pas, c’est maintenant que nous devons dépasser nos égos et nos divisions pour travailler ensemble ; nous sommes tous les enfants du Congo et avons les mêmes intérêts : un Congo digne et prospère. Un Congo réservant à tous ses enfants leurs chances.
Une prise de conscience patriotique est indispensable pour fixer le calendrier et les modalités de la mise en œuvre d’une feuille de route en trois points, susceptible de créer les conditions optimales d’un changement à savoir :
1 - L’organisation d’ici novembre 2008 des états généraux de l’opposition pour définir une plateforme minimale autour d’un projet et d’une organisation. (Si nous ne sommes pas capables de nous accorder autour du plus petit dénominateur commun alors nous pouvons tous dire adieu à nos ambitions pour le Congo).
2 - Octobre 2008, le lancement d’une campagne de sensibilisation, de lobbying et d’actions pour la révision complète des listes électorales, le découpage des circonscriptions et la mise en place d’une commission nationale indépendante comprenant les personnalités de l’opposition.
3 - Janvier 2009 : lancement de la mobilisation générale autour de trois axes :
· Cessons d’avoir peur pour en finir avec la faim, la maladie et le chômage.
· SASSOU NGUESSO doit partir parce que tous les Congolais le veulent
· POUR UN ETAT de DROIT et de Liberté juste et prospère au Congo Brazzaville.
La responsabilité de chaque Congolais est totale auprès des générations futures, plus jamais une telle opportunité ne se présentera et personne ne pourra dire qu’il ne savait pas.
Croire encore aux promesses de SASSOU NGUESSO, c’est croire à la bonne foi d’un homme sans foi ni loi, un homme qui n’a pour lecture de la vie publique que dans les rapports de force et la ruse.
Le monde à changé, le rapport de force est du coté des peuples qui luttent, la communauté internationale attend avec impatience que les Congolais crient haut et fort ce qu’ils pensent tout bas depuis des années.
Le Dictateur du Congo Brazzaville sait que les tribunaux et les prisons du monde entier l’attendent avec impatience ; sa seule protection est de se maintenir coûte que coûte aux commandes du Congo Brazzaville. Après l’échec du débauchage des membres de l’opposition et d’un gouvernement d’union nationale, il courtise maintenant les hommes d’églises du Congo pour soumettre les Congolais. (Quel est le Congolais qui pense que Dénis Sassou Nguesso croit en Dieu).
Les autorités de l’épiscopat qui continent à jouer un jeu dangereux avec le Général Dictateur doivent enfin choisir leur camp et se déterminé clairement entre le peuple ou les miettes du pouvoir ; les Congolais savent exactement ce qu’ils veulent : le départ de Sassou Nguesso et un avenir meilleur.
Actuellement nos mamans disent NON, les religieux, les retraités disent NON, les travailleurs disent NON, les étudiants disent NON, la diaspora a dit NON, Officiers et soldats de l’armée disent NON ; autrement dit, la mangue est mûre, il faut la cueillir ; tout dépend de chacun de nous.
Nos populations ont été paupérisées à dessein pour être au service des gens à la moralité douteuse, il appartient aux forces démocratiques de restaurer la morale, le débat constructif et le respect dans la société Congolaise.
De bannir l’intimidation, la menace, l’insulte, l’humiliation ainsi que la corruption qui détruit jour après jour le tissus social de notre pays.
Cessons d'avoir Peur !
Sassou doit Partir !
Pour un Etat de Droit et de libertés au Congo !
Savoir c'est bien, Comprendre c'est mieux ; mais agir en conséquence, c´est être conscient et responsable de sa liberté et de son propre avenir.
"Chaque génération a le choix entre trahir ou accomplir sa mission"
Patrick Eric Mampo