05 mai 2008
L´Afrique nuirait-elle elle-même à son avenir et à sa liberté ?
Cette inversion logique par laquelle nous devions accepter de nous déposséder de nos forces vives, de nos intellectuels, de nos matières premières sans que ceux-ci n´oeuvrent à notre devenir, ou accepter d´enrichir l´occident pendant que nos femmes et nos enfants manquaient de l´essentiel ; cette incongruité nous menait tout droit à l´échafaud !
Sortir et vite de cette ignoble et perverse inversion !
Notre situation actuelle, si personne ne s´en rend compte, nous mène inéluctablement à l´échafaud. Car selon toute vraisemblance, nous tissons nous-mêmes la corde avec laquelle l´occident nous pend haut et court tout en prétendant faussement exercer la liberté ou la démocratie ! Et pendant que trompés, abusés ou tout simplement excédé par la misère et la pauvreté dans laquelle l´Afrique nage depuis bien longtemps sans que cela change, nos techniciens et nos universitaires désertaient leurs pays pour l´occident, nos richesses et nos efforts économiques, comme par tour magique, allaient nourrir un moloch grandissant qui rassasié revenait nous écraser encore plus sournoisement. Personne ne voit, personne ne comprend que cet état des choses nous est foncièrement préjudiciable, et que cela ne peut plus continuer ? Allons donc, et ce génie africain, que diable, à quoi servait-il, à tourner les pouces ?
Mais retraçons, pour ces grands génies qui abondent chez nous, rapidement ce qu´a été notre sort ces derniers 600 ans :
- Avec l´esclavage direct des chrétiens qui commença au 15ième siècle (notons que les islamistes, eux avaient, en envahissant le Nord de l´Afrique, exercé l´esclavage des africains dès le 7ième - 8ième siècle jusqu´au 16ième), nous livrâmes malgré nous notre force physique de travail pour l´enrichissement de l´occident et son développement industriel. Cette période, comme on le sait dura environ 450 ans et ne nous catapulta pas au sommet des bienfaits et des richesses auxquels nous avions participé ; bien au contraire, notre statut resta, même après l´abolition de l´esclavage, précaire et repoussé au plus bas des sociétés américaines, guadeloupéennes, antillaises, haïtiennes etc. Et cela veut dire que nous n´avions ni eu l´occasion d´accumuler ou d´être propriétaires de nos propres droits ou de nos biens propres.
- A la colonisation, ce fut la même politique, cette fois avec occupation directe
de nos terres restriction de nos droits civils, politiques, ainsi qu´une exploitation économique assujettissante dominée par un utilitarisme unilatéral des intérêts du colonisateur et de son sens culturel hégémonique. Cette époque dura approximativement 100 ans.
- A la décolonisation que nous réclamâmes au prix du sang, les colonisateurs s´empressèrent de liquider tous les noirs qui semblèrent réellement tenir à l´indépendance et à l´exercer pleinement. Ainsi décapitée de Patrice Lumumba, de Ruben Um Niobé, d´Amilcar Cabral, de Gamal Abdel Nasser… ; on en profita pour établir en Afrique un système d´exploitation économique et financier machiavélique ayant pour but de déjouer toute velléité de véritable indépendance économique, culturelle, financière des ex pays colonisés en les liant définitivement à la prédominance et aux intérêts politiques, culturels et économiques des nations colonisatrices. La francafrique était née. Et depuis 48 ans nous en subissons le joug avec les déplorables résultats qu´on peut admirer aujourd´hui.
Et il faut bien se demander aujourd´hui, et surtout pour tous ceux de nos génies qui ne se sont pas donné la peine de comprendre ou de réaliser ce qui s´est passé et continuent à se passer : quand aurons-nous compris qu´autant notre liberté réelle que notre réalisation sociohistorique avaient été, depuis des siècles, torpillés ? Faut-il que cela continue en nous faisant de fausses illusions ou de fausses promesses selon lesquelles ça ira un jour ?
Personnellement, ce qui m´a mis en colère lorsqu´on analyse tous ces faits, et dans la perspective de changer les choses, on se rend compte que toutes nos larmes, toutes les privations de libertés que nous avions subies, toutes nos souffrances ; que tout cela n´aura au fait plus servi aux autres qu´à nous-mêmes. Et que si nous voulions réellement changer les choses aujourd´hui et nous libérer effectivement du joug occidental qui nous a été injustement et inhumainement imposé, nous devons de nouveau souffrir de commettre des efforts immenses pour retrouver notre pleine et entière souveraineté socioculturelle. Le pire est que si les africains, eux tergiversaient et s´abîmaient dans des théories cabalistiques les unes que les autres, l´occident, lui, a déjà compris ce qui se passe et met tout en œuvre pour que toutes nos accumulations se dissipent en fumées pour nous par des importations forcées et étouffantes lesquelles renflouent les caisses de ses sociétés commerciales. Celles sont alors encore mieux armées pour entreprendre des pressions adéquates pour nous repousser dans la misère et la dépendance. Le cercle vicieux est refermé, n´en sortira que celui qui arrivera à en briser les anneaux.
Maintenant, mes amis les génies, que devons-nous faire pour changer les choses ? Faut-il nous retirer, par exemple derrière les pyramides du passé pour pleurer de grosses larmes sur notre grandeur passée ? Notons que ces pyramides étaient occupées par une gente islamique depuis le 7ième siècle en repoussant les noirs au centre de l´Afrique ou en les vendant comme esclaves.
Ou alors allons-nous continuer à acclamer et entretenir la francafrique tout en sachant qu´elle nous assassinait avec sa corruption, son exploitation félonne, son assujettissement économique, politique et culturel ?
Ou allions-nous continuer à jouer éternellement les mendiants médiocres et sans talents qui n´arrivaient pas à quitter les marécages de la dépendance et de la misère chronique parce qu´ils ne se donnaient ni les moyens d´en sortir, ni les idéaux sévères adaptés à changer les choses ?
Je suis tout à fait d´accord qu´il nous faut une révolution, comme le dit Jean Pierre Kaya dans son livre « Théorie pour une révolution africaine ». Seulement, mes amis, aucune théorie quelque efficace soit-elle n´a jamais changé les choses dans un pays ; ce sont des hommes de vision et de talent qui doivent mettre sur pied le détail minutieux de cette révolution. Et si ceux-ci manquent de réalisme ou sous estiment leurs ennemis ou le contenu et la portée ambitieuse de leurs devoirs…cette bonne révolution ne sera rien d´autre qu´un bel échec qui ne conduira, comme tous les échecs de l´histoire, que peuple encore mieux dans les bras de ses prédateurs naturels. Il suffit de voir aujourd´hui ce qu´est devenue la dernière célèbre communiste du monde, notamment en Russie, pour se rendre compte qu´il n´en restait plus rien. Aujourd´hui quelques milliardaires jetaient des sommes folles par la fenêtre pendant que le petit peuple, lui, vivait dans une croissante pauvreté. A quoi avait servi cette révolution, au fait, si quelques décennies plus tard tout est remis à zéro comme c´est le cas actuellement en Russie ? Et pratiquement dans tout l´Est de l´Europe qui se gargarisait jadis du communisme. Aujourd´hui c´est à peine si on ne les entendait frapper avec frénésie aux portes de l´Union Européenne. Pour jouir allégrement des accumulations qui avaient été faites notamment avec l´exploitation chosifiante que l´Ouest on nous impose depuis des siècles !
Soyons réalistes, nous nous trouvons devant la situation la plus infamante qui soit : d´un côté un colosse puissamment industrialisé, riche et influent comme adversaire ; de l´autre des peuples peu instruits ou pratiquement analphabètes, sans tradition technique et industrielle affirmées, sans conscience dialectique avertie et affûtée…souffrant d´aliénation culturelle latente plutôt qu´affirmés et conscients de leurs identités sociohistoriques propres. Dites-moi maintenant si cette situation n´est pas déplorable, si pas cruellement inégale ? Et pourtant, il nous faut cette liberté à tout prix, sans cela nous ne serons que des zombies sans âme et sans identité de l´ordre économique et culturel occidental. Au vu et au su de cela, je conseille donc à tous nos nombreux génies à aiguiser leurs talents, à s´épuiser dans la recherche de solutions réelles qui nous permettraient de sortir de notre marasme, plutôt que de se lancer des fleurs indues et prématurées.
J´avoue sincèrement que n´importe quel être humain de bonne foi se trouverait, devant le tableau désolant du sort ingrat qui est le nôtre actuellement, quelque peu frustré et profondément choqué. Et je sais que selon son éducation et sa perception sensible du problème, chacun réagira différemment. Mais ce que je ne peux vraiment pas comprendre, c´est qu´au lieu de chercher des solutions utiles et adéquates, des gens sensés et apparemment intelligents se donnent tous les prétextes pour tromper les apparences et eux-mêmes en se cachant dans des buissons faussement fleuris. La situation, à mon avis, ne le mérite pas.
Musengeshi Katata
„Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu“
Forum Réalisance
Commentaires
Nous devons quitter sans délai la ligne "Maginot"
En dessous de cette ignominieuse ligne économique et sociale, tout le monde, et surtout les plus forts, tapent et pillent les pauvres et les faibles avec un cynisme des plus injurieux. Au-delà de cette ligne, on a produit les moyens économiques, militaires et financiers permettant de mieux répondre aux exigences de son avenir.
Mais, pour parvenir au-delà de cette ligne imaginaire, il faut produire les instruments et les moyens adéquats à soutenir son indépendance et sa liberté. Et c´est là qu´en ce moment l´Afrique bégaye et trébuche faute de visionnaires et d´organisation avertis et conséquents.
On parle souvent de développement et d´industrialisation, ce que les esprits naïfs qui sous estiment ces buts sociaux doivent savoir, c´est que seuls ces seuils du développement social ouvrent sur le plein emploi comme nécessité de justice sociale, ou la solidarité médicale de haut niveau au service de tous. Sans oublier le paiement de pensions et de coûts d´infrastructure finançant le bon développement de toute société qui a atteint ce niveau encouru. L´industrialisation et le développement sont donc le seul lieu réellement humain et équitable d´une société ; parce qu´à ce niveau, la société a les moyens de financer ses propres ambitions, autant qu´elle peut réparer les erreurs et les accidents qui surviennent au sein de son bon fonctionnement.
Tout cela, encore une fois ne veut dire qu´une chose : vivre à la mendicité ou se contenter de gérer la pauvreté du sous développement, c´est s´inscrire volontairement ou pas à l´inhumanisme social et économique. Et tout ceux qui croient qu´on en sort sans investissements, sans emplois et sans innovations techniques et scientifiques sont les plus grands charlatans de notre monde.
Il est donc grand temps que les africains cessent de vivre sur la tête et se remettent sur leurs pieds. Cela veut autant dire qu´ils commettent les efforts nécessaires à la fin de leurs manquements sociaux, qu´ils devraient défendre leurs intérêts et leurs marchés de facteurs face à l´érosion que leur impose la cupidité et la rapacité étrangère. Celui qui ne le fait pas accepte un sort ingrat auquel il ne peut plus tard réclamer ni liberté, ni souveraineté, encore moins prétendre au bien être ou au développement. Car il s´est lui-même renié au seul et véritable humanisme du progrès. Shaka Bantou, j ai dit !
L´entredeux de la réalisation n´existe pas
Depuis des siècles on nous a inculqué que la liberté de l´occidental qui, soit dit en passant était lourdement emprunt d´abus, de crimes et de négation envers nous qu´il n´était réellement humaniste et humains ; que cette liberté-là était la nôtre, ou nous devions la mettre au dessus de nos droits et de nos libertés. Or, tout cela n´était rien d´autre qu´un mensonge de preux faussaire. Il est vrai que conduire un être humain aux fers aux travaux forcés comme le fit l´esclavage ne peut, en aucun cas être considéré comme une vertu humanitaire. Aujourd´hui on veut, en continuant à nous appauvrir et nous assassiner sournoisement nous faire croire, encore une fois, que la liberté occidentale était notre seul avenir. Cette persistance dans le mépris et la délinquance, n´est-ce pas ! Il est cependant bien étonnant que ceux qui veulent à tout prix nous faire avaler ces couleuvres, eux, ne lésinent pas sur les moyens pour défendre une forme de liberté qui préconisait leur hégémonie et des privilèges trop souvent abusifs sur les droits et les libertés des autres. Je me demande encore combien de temps la logique occidentale si cartésienne arrivera à comprendre que cette logique était primitive et indigne d´une haute culture telle que la culture occidentale ? Assigner tout une race à la pauvreté et au déni de soi-même pendant des siècles avec des méthodes des plus moralement répréhensibles…et prétendre tout de même à un humanisme supérieur ? On aura tout vu.
Pour ce qui est des africains, de ceux qui se croient déjà des occidentaux…je ne leur en veux pas ; ils ont choisi. J´ai même lu dans la presse américaine qu´un journaliste noir américain sanctifiait l´esclavage qui, selon lui, lui a permis aujourd´hui de vivre une vie plus riche et plus décente que celle des africains du continent de la pauvreté de la misère et de l´ignorance. Question de point de vue. Heureux est celui qui a accès à un libre choix, même si celui-ci n´est rien d´autre qu´un accès d´opportunisme. Pour les vrais africains, cependant, il n´y a pas de choix, car la liberté ou l´identité culturelle, on ne l´échange ni contre le déni de soi-même, ni pour des sucreries. Et j´oserai même dire que ceux qui se refusent à cultiver leur liberté et leur pleine et conséquente réalisation pour profiter des efforts des autres ne doivent pas oublier que si ceux auxquels ils s´abandonnent aujourd´hui avaient fait la même chose, il n´y aurait pas de port pour recevoir les déserteurs !
Ceci dit, il n´existe pas de liberté gratuite ; même les africains doivent lentement l´avoir compris. Et en payer le prix à qui que ce soit dans l´espoir de recevoir quelque douteux bienfaits…cela ne rend ni noble ni fier de soi. Il vaut toujours mieux payer ce prix à ceux qui, dans leur sang, leurs attentes et leurs rêves boivent aujourd´hui et demain, à la même source d´eau pure que nous. Et ce sont nos enfants car ils portent en eux le cri éperdu de la culture africaine. Ne voit-on pas l´Union Européenne chercher le ralliement d´européens ? Alors.
Non, je ne m´inquiète pas des traîtres ou des acharnés médiocres et inefficaces dont nous connaissons tous les bourdes et la pénétrante gaucherie. Ce qui me fais du souci, c´est que vraisemblablement le vrai talent africain le plus amoureux de sa culture et de son avenir pourrait être mis en danger dans ces enfants auxquels on privait l´instruction, auxquels on privait les conditions primaires mais incessibles à une positive croissance. Car à mon avis ils auront beaucoup à faire et à dire, et il est injuste qu´on leur coupe déjà l´herbe sous les pieds. Les autres…ils ont peut-être le choix de faire le choix ; eux, cependant, ils n´ont en eux que la fierté pure et simple d´être africain à part entière. De cette Afrique qui a toujours été la nôtre, sur laquelle nos ancêtres ont versé leurs larmes, chanté leurs joies et leur déceptions au cœur des temps. Une Afrique que nous aimons tous malgré tout au dessus de tout.
Musengeshi Katata
« Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu »
FR
Seule une liberté de morale, d´éthique équitables est véritable liberté.
J´ai lu cette histoire du journaliste américain, et nous en avions parlé et hautement décousu, comme tu le sais. Heureux soit le maître dont l´esclave libéré ventait avec passion ses chaînes et son avilissement d´hier. Il faut savoir fermer les yeux devant de telles inepties, parce que la condamnation de l´esclavage est un devoir de principe primaire de toute organisation humaine. Ce journaliste américain a certainement un employeur blanc et tient à son emploi. Ceci ne prouve qu´une chose : en fait de liberté il n´est pas libre ou ne sait pas ce que c´est que la liberté et l´équité morale et éthique de la justice humaine. Il lui suffirai de lire même la Bible de son maître pour apprendre que ce qu´on lui avait fait subir était immoral et interdit. Ou existerait-il un Dieu qui autorisait ses adeptes à priver ses enfants de liberté et de droits humains parce que les délinquants étaient blancs ? Allons donc !
Moi ce qui me chiffonne, pour ne pas dire que cela me révolte, c´est cette insalubre et grandement immorale incitation à l´amnésie que les occidentaux exercent sur leurs anciens esclaves et sur certains africains aliénés pour qu´ils oublient toutes les monstruosités, tous les traitements que ces blancs s´étaient permis sur le corps de leurs victimes noires. C´est d´une indécence de la pire des fourberies. Le passé est passé, certes, mais vouloir prendre les noirs pour des toupilles ou des demeurés…c´est du récidivisme délinquant de criminel immoral et inculte. Ils ont employé l´homme noir pour s´enrichir, passe encore ; mais vouloir faire passer ce comportement comme un idéal de la race humaine…ça me dépasse !
Et à propos, puisqu´ils se vantent de leur industrialisation et de leurs richesses, pourquoi veulent-ils faire avaler au monde entiers et à leurs victimes d´antan leurs produits ? Pas capable de vivre heureux avec sa richesse en consommant ses propres produits ? Nous y voilà ! Ils vont être surpris d´apprendre aujourd´hui que la terre est ronde, et que d´une façon ou d´une autre nous sommes tous solidaires. Il faut voir comment les belges prétentieux et hautains voulaient revenir au Congo, ou comment Sarkozy en perte de suffrage allait chanter aux tunisiens la ballade de l´avenir partagé…Tout le débâcle de la saturation économique : produire et produire encore, mais si le client faisait défaut ; de quoi vivraient-ils ces champions qui avaient l´habitude d´étouffer l´avenir de leurs futurs clients ? Oui, oui, on les voyait revenir la queue basse…ces suffisants d´eux-mêmes et riches nations armées jusqu´aux dents. Pas un peu capable de vivre chez soi et de consommer ce qu´ils produisaient…le pire c´est qu´ils n´avaient pas encore compris que leur plus grand ennemi était leur propre système économique qui plaçait le profit au dessus de tout. A la limite, ils seraient les propres victimes de leur absurdité. Des génies, disait-on ?
Des génies qui n´arrivaient pas à comprendre la logique la plus banale, oui. La terre est pourtant ronde !
J´ai été peiné qu´Obama soit acculé à renier le révérend Wright, parce que ce que ce dernier avait dit n´était que la plus simple des vérités. Toute l´Amérique a réagi avec colère contre le 9/11 des talibans, et le noir qu´on avait privé de liberté, fouetté, embroché en barbecue pour le griller vivant…a-t-on oublié l´affaire Till Elmmet ? Toutes ces violences pendant 400 ans, et ce noir sourirait aujourd´hui en réclamant : refaites-nous cela, s´il vous plait ; cela a fait tant de joie ? Celui qui réclamait de sa victime d´antan cette fausseté, est de la pire des crapules criminelles ! Et tous ces américains blancs prétendaient qu´il fallait oublier ? Oublier, peut-être ; mais en aucun cas pardonner ou sanctifier des crimes reconnus par toute la communauté humaine !
Mais c´est cela ce qui me révolte dans l´endettement irresponsable des africains ; parce qu´on va faire la queue pour recevoir de l´argent ensanglanté avec lequel on va assassiner ses propres enfants. L´argent n´a pas d´odeur, dit-on ; et cependant avec ces endettements suicidaires on entérine la sournoise morale selon laquelle l´esclavage avait du bien. Une honte. Shaka Bantou, j´ai dit !
aculturation
Bonjour à tous deux,
Le fameux rôle positif que l'on devait inscrire dans les livres d'école et dans la loi.
Plusieurs fois ne m'a-t-on pas dit "nous avons construit des routes (oui mais pour sortir les matières premières! En dehors de ses axes rien) des hopitaux (oui mais pour qui et pourquoi, pour que le blanc s'y maintienne en bonne santé) des écoles (oui mais pour y inculquer une autre culture que celle des autochtones) Jamais on ne parle de cette aculturation qui fait qu'aujourd'hui les jeunes ne savent pas d'ou ils viennent et je pense que c'est pour cela aussi qu'ils ont du mal à s'identifier à l'Afrique, à leurs pays.
Cassius Clay lorsqu'il vient faire son combat au Zaïre contre Foreman comprend à ce moment là d'ou il vient et c'est une révélation extraordinaire pour lui et il le dit "nous venons de là, ce sont mes frères. Il se reconnaît dans cet entousiasme, dans ce qu'il voit. Cette aculturation est la plus terrible des choses car comment se construire sans ses racines.
Le problème identitaire ne vient-il pas en grande partie de cela. Comment se réclamer d'une partie d'un monde que l'on ignore? et comment la défendre qui plus est.
Amitiés à tous deu, Le Troll.
Un curieux face à face de belle fausseté
A mon avis et ce n´est pas seulement parce que je suis idéaliste, les deux antagonistes souffrent de leurs faux masques psychiques empruntés. L´occident joue les humanistes et civilisés alors qu´en réalité (et ce n´est pas seulement au vu de son passé hautement criminel) son mépris et son injustice économique et culturel se perpétue sous des formes aujourd´hui commerciales et faussement humanitaires. Quant aux africains, ils jouent aux aussi faussement les éternelles victimes faibles et pauvres alors que ce continent est riche et qu´il pourrait, avec des efforts motivés et soutenus par la foi en soi, sortir lentement de son gouffre de mendicité. Tous deux sont masqués ou marqué par leur passé et son symbolisme dépassé. Or les acteurs dont on a besoin aujourd´hui, ceux qui sont réellement sincères et objectifs pour entamer équitablement le dialogue de l´avenir ; ceux-là ne peuvent pas immerger du mensonge et de la fausseté. Il est donc temps à mon avis qu´on cesse de jouer à un faux théâtre de sourd et de muet et qu´on se soigne de ses complexes de part et d´autre. Dans l´intérêt d´un meilleur avenir.
Ce qui rend les choses difficile, et embusque spontanément si ce n´est instinctivement l´Afrique autant que l´occident dans leurs retranchements passé ou méfiants, c´est le manque de confiance. Et là, le mal ou la psychose repousse les deux partis à leurs antagonistes lieux de départ. Chacun croyant protéger son identité, ses acquis ou son glorieux passé sur les fondements duquel il croit que son avenir repose.
Entre l´occident et l´Afrique, ce problème est un casse tête. Tous ceux qui croient qu´on peut le résoudre avec un bête suivisme, une assimilation bornée ou même une condescendance trompeuse, ceux-là ne procréent qu´une négation révoltée. Trouver le chemin positif de l´entente et du partenariat réellement équitable pour tous ne passe que par une réalisation individuelle autonome des deux partis, et en ce qu´ils acceptent enfin de se juger eux-mêmes objectivement, de s´excuser pour leurs erreurs ou leurs malfaçons, et de laisser voir enfin jour l´esprit du changement dont l´avenir a réellement besoin pour être fructueux et positif pour tous. Et ici, n´en déplaise aux retardés de la logique et de la raison, je dirai, encore une fois, qu´on ne peut prétendre à la liberté sans la reconnaître aux autres. Sinon on exige des autres qu´ils nous traitent comme nous ne sommes pas prêts à le leur rendre. Et cela, c´est de la pire malhonnêteté culturelle et philosophique. Ce dont nous avons tous besoin aujourd´hui, c´est de franchise, de flexibilité et de positivisme d´humanisme sincère et clairvoyant. Pas de fausseté et d´hégémonisme gratuit et borné.
Merci pour ton commentaire, ami Letroll, et bien de choses chez toi.
Musengeshi Katata
« Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu »
FR
Très puissante démonstration Musengeshi, qui épouse les principaux thèmes du forum Réalisance.
Ce billet me fait penser à une réflexion que je me fais régulièrement et pour laquelle je n'ai toujours pas de réponse.
En matière de haute technologie, il est évident que l'Afrique accuse un retard quasi irrattrapable, bien que l'Asie du sud-est soit le parfait contre exemple. Aujourd'hui, les technologies sur lesquelles l'Afrique peut être concurrentiel sont de mon point de vue celles qui sont liées à l'environnement et à l'écologie car encore peu développées et très prometteuses... mais encore faut il que les décideurs locaux investissent cette niche au lieu de se contenter des ressources du sol africain pour bâtir des politiques de développement qui jusqu'à présent tardent à porter leur fruit.
Si pour tout ce qui concerne la haute technologie nous sommes effectivement hors-jeu, je n'arrive pas à m'expliquer pourquoi l'on doit encore aujourd'hui faire appel à des sociétés occidentales (et de plus en plus chinoises) pour tout la réalisation de nos infrastructures : construire les hôpitaux, les routes , les ponts, les voies ferrées...
Nous disposons d'ingénieurs, d'architectes compétents en travaux publics et la matière première est sur place...et malgré tout nous en sommes toujours à confier ces marchés aux sociétés étrangères. Je ne suis pas un expert en travaux publics mais je doute que la route goudronnée que les européens faisaient au début du XXème siècle ou encore la voie ferrée, soient fondamentalement différentes de celles qui nous sont livrées aujourd'hui. De plus je suis persuadé que le coût d'une réalisation 100% locale, même si l'on doit s'endetter pour se procurer l'outillage nécessaire,serait bien moins élevé. Ce cas des infrastructures qui ne nécessite pas de disposer d'une technologie très poussé pour être développé sur place, me semble être l'exemple le plus frappant de l'absurdité africaine.
Tu as exactement saisi le nœud du problème, Djé
Il ne faut pas désespérer, quant à la technologie, parce que celle que nous connaissons aujourd´hui, n´est pas celle de demain. Pas du tout. C´est pourquoi nous devons rapidement faire en sorte que nos techniciens qui se qualifient aujourd´hui, soient le plus largement ouverts que possibles afin de saisir des particularités qui ne sont pas encore évidentes. Pour ce qui est des routes, ne t´en fait pas ; elle ne sont plus up to date : elles ne conduisent ou ne transfèrent ni l´info, ni l´énergie, c´est un excellent chercheurs congolais du Japon qui me l´a dit. Autant par ailleurs que l´énergie de traction employée aujourd´hui pour la voiture est dépassée. Tout le monde tient au pétrole ou s´y accroche que parce que les Etats occidentaux ainsi que les industriels y gagnaient gros. Mais, comme tu le sais, le pétrole n´a pas plus de 10 ans de vie. Sa relève est donc programmée.
Pour ce qui est des africains et des nombreux travaux cédés aux étrangers pendant que des ingénieurs et des techniciens africains sont au chômage. Qu´est-ce que c´est pour une boiteuse conception de l´économie, n´est-ce pas ! Et vendre les matières premières à l´emporte pièce pour cacher son incompétence n´arrange rien du tout, bien au contraire. Il n´y a qu´une raison qui fait donner plus d´importance aux sociétés étrangères : elles corrompent. On l´a vu avec Siemens.
Enfin, bon, retenons pour le principal qu´on ne construit pas de routes sans avoir au préalable construit les voitures qui, avec leurs impôts et leurs services, vont en financer l´entretien. Les africains ont cet art tordu à mettre la charrue devant les bœufs, c´est pitoyable. Il est grand temps que les dinosaures qui gouvernent actuellement l´Afrique soient renvoyés dans la préhistoire. Amitié,
Musengeshi Katata
« Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu »
FR
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