26 mai 2008
L´Allemagne et le rapport sur la pauvreté allemande
Ce rapport est tombé comme un coutelas sur la société allemande. Et du coup l´augmentation des honoraires des députés de la Bundestag a été ajournée pour cause d´incompatibilité.
Sacré misère, d´où venait-elle donc ?
Ce qu´on sentait et qu´on pressentait, lorsque cela est mis noir sur blanc…on ne peut plus ni le cacher, ni en minimiser coquettement les effets. Le rapport sur la santé socioéconomique de la société allemande est couvert de traits rouges par un appauvrissement grondant malgré l´enrichissement éhonté d´un nombre croissant de nouveaux millionnaires. En clair, 13% d´allemands vivaient à la pauvreté absolue.
12 % en étaient menacés. Le taux de gens qui travaillaient sans pouvoir gagner leur vie atteignait 22%, le chiffre le plus élevé des pays industrialisés après les Etats-Unis qui avaient mis au pied ce système. Quant aux pensionnaires, 25% étaient menacés dans un proche avenir de pauvreté.
Et il faut dire qu´il faut en avoir du courage, comme la chancelière allemande Angéla Merkel l´a fait au sommet Europe-Amérique latine, à proposer aux colombiens et aux brésiliens à les aider à lutter contre…la misère ! Le rapport était encore frais et l´encre avec lequel il avait été écrit, encore frais. Et beaucoup de se demander : où menait donc ce train dans lequel les ouvriers étaient saignés par des impôts en tout genre pendant que les riches, eux en recevaient plein les poches par des exonérations de plus en plus généreuses. Récompenser l´esprit d´entreprise ou la prise de risque, d´accord ; mais fallait-il pour cela appauvrir ceux qui vivaient de la main à la bouche ? Comment voulait-on que les jeunes épargnent si on les obligeait à accepter des salaires de plus en plus bas ?
A la longue, on avait l´impression que l´Etat offrait continuellement des cadeaux aux industriels, mais ceux-ci ne résolvaient pas le problème du chômage. Ces cadeaux facilitaient au contraire le déménagement de beaucoup vers des cieux Est européens encore une fois subventionnés par le généreux contribuable de l´Union Européenne. Ce contribuable, à la longue, ne se mordait-il pas lui-même la queue ?c ce train dans lequel les ouvriers er leur vie attiengnait s enfants qui en pbabwtromper le jugement qu En tout cas les députés du Bundestag ont dû se passer de leur augmentation. Inconciliable avec l´actualité. Il ne faut pas oublier que ces députés s´étaient déjà octroyés en janvier 2008 une augmentation ! Pire encore : leurs pensions étaient toujours tirés de la caisse nationale de solidarité alors qu´ils n´y versaient aucune cotisation…
Et beaucoup disaient déjà ouvertement ce que d´autres murmuraient sans arrêt dans leur désarroi : « A quand la réforme du capitalisme, que diable ? » Parce qu´à ce train-là on accompagnait et on servait ceux qui s´enrichissait. Et plutôt que d´être un sujet reconnu et respecté du système, on n´en était qu´un pion sans plus qu´on envoyait au chômage quand cela plaisait aux entrepreneurs ou aux actionnaires de sociétés. Et si on ne savait pas léguer la richesse et le bien être à ses enfants, la misère se perpétuait implacablement. Est-ce bien le sens de la démocratie et de la liberté ?
Musengeshi Katata
"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"
Forum Réalisance
Afrique du Sud: avant et après le massacre des africains étrangers
Au fait, qu´est-ce qui a soulevé ces violences et que signifiaient-elles réellement ?
Ou quand la misère rend aveugle, primitif et criminel
A tomber des nues, disaient mes amis du Ghana où j´ai fait quelques jours de consultation. Non, leur ai-je dit, je l´avais pressenti : quand un pays paie 1,63 milliards € aux français d´Alsthom pour leur construire une centrale d´énergie atomique, cet argent manquera aux investissements sociaux. Et je me suis rappelé qu´un commentateur de Réalisance prétendait que j´était absolument à côté ! Où en étions-nous donc aujourd´hui ? Je crois bien que j´avais raison de dire que l´élite Sud Africaine au pouvoir manquait à son devoir de prévision. Les conséquences, on les voit : ils sont meurtriers. A force d´importer la technologie en offrant des sommes folles aux étrangers…on a bien difficile à répondre aux exigences socioéconomique de la société. Et c´est depuis longtemps que 40% de chômage parmi les noirs en République Sud Africaine où les matières premières étaient vendues à l´occident de jour et de nuit, que cette situation explosive cherchait désespérément à se décanter. Cette fois, les boucs émissaires étaient des mozambicains et des zimbabwéens…et demain ?
Je l´avais dit une fois que l´Afrique du Sud était une véritable poudrière, surtout depuis qu´avec la fin de l´Apartheid l´oligarchie blanche qui détenait les rênes de l´économie, et avec l´aide de quelques aveugles patriarches noirs, ces blancs ne se sentaient en rien concernés par un rapide déploiement économique intérieur qui emploierait et mettrait rapidement fin à la pauvreté des noirs. Après avoir fait une paix de dupes, les africains se contentaient de gérer un pouvoir politique dont les moyens étaient détenus par les boers et leurs amis. Et maintenant ? Le peuple, lui, las de misère et de médiocrité avait trouvé ses victimes en la personne de ces étrangers africains encore moins lotis qu´eux qui leur disputaient le travail et le bien être. Or ce qu´ils ignoraient, c´est qu´en réalité ils s´attaquaient, dans leur primitivité et leur aveuglement, à ceux qui n´étaient pas du tout responsables de leur maux. Car, si en effet l´économie Sud Africaine était gérée dans l´intérêt d´une Nation homogène de but et d´intention; cette économie se serait déjà mise à l´œuvre pour endiguer ce chômage scandaleux qui touchait les noirs. Au lieu d´acheter des valeurs occidentales et de jouer au monopoly sur les bourses et les marchés mondiaux de spéculation.
Ceux qui parlaient hier d´unité africaine, de fraternité, d´afrocentricité et que sais-je ; ceux-là se trouvent avec ces criminels incidents qui ont fait la mort de 43 personnes, contredit. Ou devrait-on précisément dire que l´Union n´est valable qu´entre riches ? Je disais à cette époque, et je continue à le dire que les africains se font beaucoup d´illusions, et c´est dangereux. Autre chose est d´avoir un idéal sain d´union et de rapprochement continental, autre chose est d´avancer une quelconque union farfelue en prétexte pour cacher ses défauts, ses manquements et ses complexes à voir les choses telles qu´elles sont. C’est à mon avis toujours des intellectuels cabochard qui accouchaient de telles illuminations pour tromper le jugement qu´on pourrait faire sur leur efficience réelle. Et cela me fait tout de suite penser à ce physicien qui déclarait à un reporter suisse à l´occasion de la journée contre le paludisme que son rêve à lui, c´était de voir un jour un africain aller dans l´espace ! Et croyez-moi, cela m´a un peu révolté. Pourquoi ? Parce que cet intellectuel ne voyait pas la paille dans son œil, mais prétendait saisir la poutre qui se trouvait à l´autre bout du monde. Car à mon avis, ne pas savoir garantir l´eau pure aux siens, la médecine préventive, la voiture ou l´avion…mais rêver de l´espace !?! Ne pas avoir vaincu ni le paludisme, ni la faim et la misère ; ne pas être capable de former des écoles professionnelles ambitieuses, de publier des livres de haut niveau scientifique, de donner de l´emploi aux universitaires et techniciens dont dépendait ce genre de rêve spatial ou d´en avoir développé la complexe technologie…et diable, qu´en était-il des moyens financiers ? Cet homme rêvait librement de l´espace ! Incroyable. Absolument déplacé. Notez que je n´ai rien contre les rêves, loin de là. Mais lorsqu´ils se refusent à prendre en main la réalité quotidienne impérative, cela me dérange beaucoup. Et c´est un peu cela le mal africain : vouloir construire des palais dans l´illusion la plus déplacée au lieu de mettre un pas après l´autre et donner à la réalité quotidienne l´attention et le tribut qu´il mérite.
Pour en revenir à ces meurtrières chasses aux africains étrangers en Afrique du Sud, j´ai encore repensé au faux discours politique de Mbéki recommandant aux noirs de ne pas s´enrichir…Peut-être pour finir chassé à la machette ou canardé par des prétendus africains craignant pour leur emploi ? En tout cas dans cette affaire, autant ceux qui ont soutenu Mugabe duquel ces pauvres zimbabwéen avait pris le large, que toutes les politiques africaines incapables et corrompues qui ensablaient, depuis trop longtemps déjà l´Afrique noire dans la mendicité et la pauvreté ; tous ces gens portaient une responsabilité certaine à ces émeutes et à ces morts. Et il serait temps qu´on cesse de jouer à ce jeu primitif et bas d´appauvrir les siens et de les laisser piller à loisir en privant des générations et des générations d´enfants noirs d´avenir tout en chantant les faux versets d´une démocratie quelconque. Car ces guerres ou ces émeutes qu´on voyait émerger et s´enflammer partout en Afrique n´étaient que la frustration, l´exaspération la plus désespérée face à un mur, à une impasse qui prétendait chaque jour être l´espoir tout en offrant que l´inverse ! Et cela faisait encore plus mal de savoir que ceux dont on devait attendre l´avenir ou une meilleure vie pour soi et pour les siens, ceux-là se laissaient corrompre et tromper comme les derniers des manants inconscients. Dommage, dans cette affaire, que ce soit les innocents, les femmes et les enfants qui en pâtissent. On devrait plutôt s´en prendre à tous ceux qui sont réellement responsables de ces situations désespérées. La misère, comme on le voit, faire perdre à beaucoup la lucidité et le bon sens humain. Ce n´est pas nouveau.
Musengeshi Katata
"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"
Forum Réalisance
13 mai 2008
Savoir s´accommoder à un monde changeant
Commentaire à l´article : FMI : Penser l’impensable ?
Une analyse d’Emmanuel Martin, Docteur-Chercheur en économie sur Afrik.com : http://www.afrik.com/article14271.html
Face à l´accélération de la démocratisation des moyens de production
En lisant cet article j´ai été surpris par la distance qui existait entre la réalité économique actuelle dont la pression se fait sentir d´année en année plus sensiblement (Et cela depuis les années ´80), et le formalisme retardé que représentaient les instruments classiques cités par l´auteur pour venir à bout de la crise financière internationale d´aujourd´hui. De deux choses l´une : ou l´auteur passe sciemment à côté de la réalité économique actuelle de notre monde poussé au changement, à la décentralisation par l´industrialisation chinoise et indienne, ou alors il ne s´agissait que de calmer les gens en leur mettant à vue que les instruments ou institutions appropriées s´attelaient activement à dominer la situation.
Et ce mouvement est puissant et irréversible par son ampleur car la Chine comme l´Inde auront derrière eux des marchés immenses et fructueux en synergie. En fait, tout le mal que c´était donné l´occident pour contrôler le monde dans son sens et ses intérêts est en train de s´effondrer. Parce qu´au lieu de démocratiser les moyens économiques et financiers de développement afin que l´Afrique notamment devienne un client fructueux de l´économie mondiale, on a veillé par cécité ou par abus d´hégémonie, à ce que ce continent reste pauvre et indigent.
Non, nous sommes bien conscients que dans les déboires actuels de l´Afrique certains pouvoirs africains attardés et plus corrompus que diligents ont leur part de responsabilité. Et cependant, la logique selon laquelle emploie ou on appauvrit les petites gens pour enrichir les riches et nantis ; cette logique ne valait plus rien ni au regard d´une véritable définition de liberté ou de démocratie humaine. Et avoir appauvri ses futurs clients, en période de quasi saturation économique et d´arrivée de nouveaux concurrents de bien commerciaux industriels ; cela va restreindre les gains des pays industriels lentement acculés. Rendre le prêt moins cher ne résout pas le problème si de nouveaux produits, de nouveaux investissements créateurs d´emplois et de gains nouveaux n´en étaient la conséquence.
Tout le monde parlait de restriction budgétaires des pays industrialisés auxquels on voulait, ô contradiction, inciter à faire de nouveaux déficits ? Or on oubliait le plus important : l´endettement effrayant de ces économies. Pour l´Allemagne, par exemple, cet endettement public était de 1.500 milliards € ! Pour la France 1.200 milliards €, pour les Etats-Unis 9.000 milliards $. Des bagatelles ? Pas du tout, parce que le paiement des intérêts de ces dettes endiguait les marges d´action et de pouvoir des gouvernements concernés. Et on se rendra vite compte, à l´avenir, que ces dettes vont influer grandement sur les formes démocratiques de ces sociétés. Continuer donc à en faire ou ne pas savoir s´en débarrasser, c´est aliéner le bien être et l´avenir de ses propres enfants, de ses pensionnés, et augmenter le nombre de pauvres dans sa société.
Je continue à affirmer, contre l´avis compatissant d´Emmanuel Martin auteur de l´article, que les hypothèques immobilières américaines étaient faisandées dès le départ (notamment parce qu´on ne prête pas sans garanties à des clients de faible crédibilité) et que les banquiers américains ont sciemment vendu ces produits douteux aux banquiers européens pour se débarrasser de pertes indésirables tout en ayant gagné sur les assurances et les tantièmes courants au placement de ces crédits. Et si cela n´est pas vrai, que coûte-t-il aux banquiers américains de racheter leurs produits pour montrer leur bonne foi ?
Je reviendrai toujours là-dessus : du rôle douteux que le FMI et la Banque ont joué et continuent à jouer le conditionnement des crédits qui ont été faits à l´Afrique tout en veillant à envahir les pays endettés avec des produits agricoles plusieurs fois subventionnés et vendus à des prix de dumping sur les marchés africains. Ceci a une conséquence foncièrement criminelle d´abattre dans l´arrière pays africain l´agriculture et l´élevage de ce continent. Le coup avait été fait en Haïti, en Jamaïque, au Ghana, au Burkina Faso, au Sénégal, au Mali…etc Et, pour moi, celui qui n´en parle pas ou oublie sciemment de relever cette perfidie organisée et soutenue par ceux qui prétendaient aider l´Afrique dans son développement…en l´appauvrissant, comme on le voit ; cet économiste qui ferme les yeux sur cette perversion voulue du commerce et de l´emprunt financier, celui-là n´est qu´un fonctionnaire de l´exploitation, plutôt qu´un économiste.
Le monde, qu´on le veuille ou non, qu´on l´accepte ou pas, est en train de changer. Et nous espérons vivement qu´il changera dans un sens plus démocratique que centraliste des moyens de réalisation. Et pour moi, penser l´impensable signifie que l´occident, ainsi que toutes les institutions qui ont toujours défendu aveuglement ses intérêts doivent se faire à l´idée que la liberté ou la démocratie dont tout l´occident se réclame tout en veillant cependant à ce que ces valeurs soient gérées et contrôlées par eux, que cette forme de philosophie économique et financière ne correspond nullement ni à la liberté, ni à une véritable démocratie. Parce que chaque pays, chaque peuple veut se réaliser avec ses moyens et dans ses rêves, pas être l´objet ou la chose du voisin ou vivre dans une dépendance et une pauvreté qui le privait d´avenir et de libre réalisation. Celui qui a compris cela et s´y conforme est arrivé au 21ième siècle, parce qu´il a compris ce que c´est que la liberté et la démocratie réelle.
Et qu´on ne se trompe pas en ce qui concerne l´Afrique, ce continent, malgré sa faiblesse ou même ses erreurs actuelles, aspire à la liberté avec une force, un désir particulier. Parce que l´histoire qui a été la sienne pendant de longs siècles ne lui a offert que larmes, mépris et violentements en tous genres de la part de ceux qui prétendaient être civilisés. Cette Afrique qui aujourd´hui se cherche et s´affirme chaque jour mieux qu´hier a fini par comprendre combien précieux sont les rêves et les attentes de ses propres enfants. Et que seuls ceux qui en ressentaient le profond tourment, ceux qui en percevaient les couleurs incessibles et riches, pouvaient les défendre et les protéger. Et la liberté, l´indépendance économique et politique sont de ces boucliers ouvrant sur une meilleure humanité.
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
Forum Réalisance
08 mai 2008
Obama : le grand discours de Pennsylvanie
Note au lecteur : ce discours a été le plus fidèlement que possible traduit de l´américain. Sa traduction représente la version officielle du discours du 18 mars 2008.
Un grand moment dialectique
« Nous le peuple, en vue de former une union plus parfaite.. »
(citation de la Constitution pennsylvanienne adoptée en 1787)
Il y a deux cent vingt et un ans dans une salle qui se trouve toujours de l’autre côté de la rue, un groupe d’homme s’est réuni et avec ces mots simples, a inauguré l’improbable expérience de la démocratie en Amérique. Fermiers, savants, hommes d’Etat et patriotes ayant traversé un océan pour échapper à la tyrannie et aux persécutions, ils ont finalement concrétisé leur déclaration d’indépendance à la Convention de Philadelphie qui a duré tout le printemps de 1787. Le document qu’il rédigèrent fut alors signé mais finalement inachevé .Il portait la tache du péché originel de cette nation ; une question qui divisait les colonies et a mené la Convention dans l’impasse jusqu’à ce que les pères fondateurs permettent au commerce des esclaves de se poursuivre pendant au moins vingt ans, et laissent la décision finale aux futures générations.
Bien sûr la réponse à la question de l’esclavage était déjà inscrite dans la Constitution, une Constitution qui avait en son cœur l’idéal de l’égalité des citoyens devant la loi, une Constitution qui promettait au peuple liberté et justice et une union qui pourrait être et devrait être perfectionnée sans cesse.
Et cependant les mots sur le parchemin ne seront pas suffisants pour délivrer les esclaves de leurs chaînes, ni assurer aux hommes et aux femmes de toute couleur et de toute confession tous leurs droits et leurs devoirs de citoyen des Etats-Unis. Il faudra un long temps de générations successives d’Américains qui désiraient jouer leur rôle – par les protestions et les luttes, dans les rues et devant les tribunaux, au travers d’une guerre civile et par la désobéissance civile, et toujours au prix de grands risques, comblent le fossé entre les promesses de nos idéaux et la réalité de leurs temps.
Ceci est une des tâches que nous avons mis en avant au début de cette campagne : poursuivre la longue marche de ceux qui nous ont précédés, une marche pour une Amérique plus juste, plus libre, plus solidaire, et plus prospère. J’ai choisi de me présenter à la présidence à ce moment de l’histoire parce que je crois profondément que nous ne pourrons faire face aux défis de notre temps sans que nous ne les résolvions tous ensemble – sans que nous ne perfectionnions notre union en comprenant que nous pouvons avoir des histoires différentes mais que nous avons des espoirs communs ; que nous pouvons ne pas nous ressembler et que nous pouvons ne pas venir du même endroit, mais que nous voulons tous aller dans la même direction- vers un avenir meilleur pour nos enfants et nos petits enfants. Cette croyance vient de ma foi inébranlable dans l’intégrité et la générosité du peuple américain. Mais elle vient aussi de ma propre histoire américaine.
Je suis le fils d’un homme noir du Kenya et d’une femme blanche du Kansas. J’ai été élevé avec l’aide d’un grand père blanc qui a survécu à la Dépression en servant dans l’armée (du général) Patton pendant la seconde guerre mondiale et d’une grand-mère blanche qui travaillait sur une chaîne d’assemblage de bombardiers à Fort Lavenworth tandis qu’il était outre mer. Je suis allé dans quelques unes des meilleures écoles en Amérique et j’ai vécu dans l’un des plus pauvres pays du monde. Je suis marié à une femme noire qui a en elle du sang d’esclaves et de propriétaires d’esclaves- un héritage que nous transmettons à nos deux filles chéries. J’ai des frères, des sœurs, des neveux, des oncles et des cousins, de toutes races et de toutes couleurs dispersés sur trois continents, et aussi longtemps que je vivrai, je n’oublierai jamais qu’il n’y a aucun autre pays sur la terre où mon histoire soit possible.
C’est une histoire qui ne fait pas de moi le plus conventionnel des candidats. Mais c’est une histoire qui a imprimé dans mes gènes l’idée que cette nation est plus qu’une somme de ses composantes- à partir de cet multiplicité nous sommes véritablement un. Durant la première année de campagne, contrairement à toutes les prédictions, nous avons vu combien le peuple américain avait soif de ce message d’unité. En dépit de la tentation de voir ma candidature à travers le prisme purement racial, nous avons remporté des victoires décisives dans des Etats avec quelques une des plus importantes populations blanches du pays. Dans la Caroline du Sud, où le drapeau confédéré flotte encore, nous avons construit une puissante coalition d’Africain Américains et d’Américains blancs.
Cela ne veut pas dire que la race n’a pas été un problème de la campagne. A plusieurs étapes de la campagne, certains commentateurs m’ont trouvé « trop noir » ou « pas assez noir ».Nous avons vu la bulle de la tension raciale faire surface durant la semaine qui a précédé les élections primaires en Caroline du Sud. La presse a scruté chaque sortie de bureau de vote pour trouver la moindre preuve de tendance raciale, pas seulement simplement en entre Blancs et Noirs, mais aussi entre Noirs et Bruns.
Et cependant ce n’est qu’au cours des deux dernières semaines que le débat sur la race a pris une tournure particulièrement décisive.. A l’une des extrémités du spectre, nous avons entendu que ma candidature ne serait qu’un exercice de discrimination positive (affirmative action) ; qu’elle serait basée sur le désir de libéraux idéalistes d’obtenir une réconciliation à bon marché. A l’opposé, nous avons entendu mon ancien pasteur, le révérend Jérémiah Wright, utiliser un langage incendiaire pour exprimer des vues qui peuvent approfondir la fracture raciale en risquant de dénigrer la grandeur et la bonté de notre nation ; cela offense véritablement autant les Noirs que les Blancs.
J’ai déjà condamné, en termes sans équivoque les déclarations du Révérend Wright qui ont causé cette controverse. Toutefois des questions irritantes demeurent. Est-ce que je savais qu’il critiquait parfois violemment la politique intérieure et extérieure américaine ? Bien sûr. Est-ce que je ne l’ai jamais entendu faire des interventions sujettes à controverse alors que j’étais dans l’Eglise .Oui. Est ce que j’ai fortement réagi à nombre de ces prises de positions ? Absolument- comme je suis sûr que certains d’entre vous ont entendu des interventions de leurs pasteurs, de leurs prêtres ou de leurs rabbins avec lesquels ils étaient fortement en désaccord. Mais les interventions qui ont été la cause de ce récent incendie n’étaient pas seulement un sujet de controverse. Elle n’étaient pas seulement la volonté d’un dirigeant religieux de s’élever contre une injustice vécue. Au contraire, elles expriment une vue déformée de ce pays, une vue selon laquelle le racisme blanc est endémique : et qui met tout ce qui est mal en Amérique au dessus de ce que savons bien comme juste en Amérique ; une opinion qui voit les conflits du Moyen Orient enracinés d’abord dans les actions de solides alliés comme Israël, au lieu de les voir dans l’idéologie perverse et haineuse de l’Islam radical.
Ainsi,les propos du Révérend Wright n’étaient pas seulement faux mais diviseurs, diviseurs à un moment où nous avons besoin d’unité ; ils étaient racialement chargés à un moment où nous avons besoin de résoudre ensemble des problèmes énormes : deux guerres ,une menace terroriste, une économie en déclin, une crise chronique du système de santé, et un changement climatique potentiellement dévastateur ; des problèmes qui ne sont ni noirs ni blanc , ni latino ni asiatique, mais des problèmes auxquels nous sommes tous confrontés. Etant donné mon passé, ma politique, les valeurs que je professe et mon idéal, il n’y a pas de doute que mes condamnations ne sont pas suffisantes. Pourquoi suis-je si proche du Révérend Wright, peut-on se demander ?
Pourquoi ne suis-je pas allé dans une autre Eglise ? Et je confesse que si tout ce que je savais du Révérend Wright n’était que les extraits de ce qui a tourné en boucle sur les télévision et You Tube, ou si l’Eglise de la Sainte Trinité du Christ avait été conforme à la caricature dépeinte par certains commentateurs, il ne fait aucun doute que j’aurais réagi de cette façon.
Mais la vérité est que ce n’est pas la seule chose que je connaisse de cet homme. L’homme que j’ai rencontré il y a vingt ans, est l’homme qui m’a fait connaître la foi chrétienne, un homme qui m’a parlé du devoir de nous aimer les uns les autres, de prendre soin du malade et de secourir le pauvre. C’est un homme qui a servi son pays comme Marine, qui a étudié et enseigné dans plusieurs des plus prestigieuses universités des Etats-Unis, et qui pendant trente ans a dirigé une église qui sert la communauté en accomplissant sur terre l’œuvre de Dieu, en logeant les sans abri, en secourant les pauvres, en apportant une aide quotidienne et son enseignement dans les paroisses et les prisons et en soulageant ceux qui souffrent du sida.
Dans mon premier livre, « Les rêves de mon père » (1), j’ai décrit l’expérience de mes premiers pas à la Trinité : « Les gens commençaient à crier, à se lever de leur siège,à frapper des mains et à pleurer, un souffle puissant portait la voix du Révérend sous la voûte…et dans ce simple mot : espoir, j’ai entendu quelque chose d’autre ; au pied la croix, dans les milliers d’Eglises de la ville, j’imaginais l’histoire du peuple noir se mêlant aux histoires de David et Goliath, de Moïse et de Pharaon, des chrétiens dans la fosse aux lions, à la vallée des ossements desséchés d’Ezekiel. Ces histoires de survie, de liberté et d’espoir devenaient notre histoire, mon histoire ; le sang répandu était notre sang, les larmes étaient nos larmes jusqu’à cette église qui semblait dans la lumière de ce jour, comme un vaisseau portant l’histoire d’un peuple aux futures générations et à un monde plus vaste. Nos épreuves et nos triomphes devenaient uniques et universels, noirs et plus que noirs ; la chronique de notre voyage, l’histoire et les chants nous donnaient les moyens de reconstituer les souvenirs dont nous devions pas avoir honte …des souvenirs que chaque peuple peut étudier et chérir - et avec lesquelles nous pouvions commencer à reconstruire… »
Telle fut mon expérience de la Trinité. Comme d’autres églises à prédominance noire dans le pays, Trinité rassemble la communauté noire dans son ensemble- le docteur et la maman assistée, l’étudiant modèle et l’ancien membre de gang. Comme d’autres églises noires, les activités de Trinité sont pleines de rires éraillés et quelquefois de propos orduriers ? Elles sont pleines de danses, d’applaudissements, de cris et de hurlements qui peuvent sembler choquant à des oreilles peu habituées. L’église contient toute la gentillesse et la cruauté, l’intelligence subtile et l’ignorance choquante, les luttes et les succès, l’amour et oui, l’amertume et les préjugés qui forment l’expérience des noirs en Amérique.
Et cela permet d’expliquer, peut être, ma relation avec le Révérend Wright. Aussi imparfait qu’il puisse être, il a été comme une famille pour moi. Il a raffermi ma foi, célébré mon mariage et baptisé mes enfants. Pas une fois dans mes conversations avec lui je n’ai entendu des propos portant atteinte à un groupe ethnique, ou traitant les blancs avec lesquels il était en contact autrement qu’avec courtoisie et respect. Il contient en lui les contradictions- les bonnes et les mauvaises- de la communauté qu’il sert avec dévouement depuis tant d’années. Je ne peux pas plus le désavouer que je ne peux désavouer la communauté noire. Je ne peux pas plus le désavouer que je ne peux désavouer ma grand-mère blanche- une femme qui m’a élevé, une femme qui s’est sacrifié encore et encore pour moi, une femme qui m’aime plus que tout au monde, mais une femme qui une fois m’a avoué sa peur de rencontre un homme noir dans la rue et qui à plus d’une occasion à proféré des stéréotypes raciaux ou ethniques qui m’ont humilié.
Ces gens sont une part de moi-même. Et ils sont une part de l’Amérique, ce pays que j’aime. Certains verront là une tentative de justifier ou d’excuser des commentaires qui sont simplement inexcusables. Je peux vous assurer que ce n’est pas le cas. Je suppose que l’attitude politique prudente serait de laisser passer cet épisode et espérer qu’il va s’effacer avec le temps. On peut écarter le Révérend Wright comme un déséquilibré ou un démagogue, juste comme on a écarté Géraldine Ferraro à la suite de ses récents propos, contenant de profondes allusions raciales. Mais je crois que la race est une question que notre pays ne peut se permettre d’ignorer en ce moment. Nous ferions la même faute que le Révérend Wright a commise avec ces sermons offensants pour l’Amérique, faits de simplismes et de stéréotypes amplifiant l’aspect négatif au point de déformer la réalité. Le fait est que les commentaires qui ont été faits et les questions venues à la surfaces ces dernières semaines reflètent les complexités raciales dans ce pays sur lesquelles nous n’avons jamais travaillé- une part de notre union, que nous devons perfectionner maintenant. Et si nous fuyons maintenant, si nous restons simplement sur nos positions , nous ne serons jamais capables de nous unir et de résoudre les défis comme le système de santé, ou d’éducation, ou la nécessité de trouver de bons emplois pour chaque Américain. Comprendre la réalité exige de se rappeler comment nous en sommes arrivé là. Comme William Faulkner l’a écrit une fois : « Le passé n’est pas mort et enterré. En fait, il n’est même pas passé ». Nous n’avons pas besoin de raconter ici l’histoire de l’injustice raciale dans ce pays. Mais nous avons réellement besoin de nous rappeler que beaucoup de disparités qui existent aujourd’hui dans la communauté africaine Américaine proviennent directement des inégalités passées depuis les premières générations qui ont souffert du brutal héritage de l’esclavage et de Jim Crow.
Les écoles de la ségrégation étaient et sont toujours des écoles inférieures ; nous n’y avons toujours pas remédié cinquante ans après Brown contre le Ministère de l’Education et l’éducation inférieure qu’elles prodiguaient, alors et maintenant, permet d’expliquer l’écart qui existe actuellement entre les étudiants noirs et blancs. La discrimination légale - qui empêchait les noirs, souvent par la violence, de posséder des propriétés ou d’obtenir pour les entrepreneurs Africains Américains ou pour des propriétaires qui ne pouvaient accéder aux prêts hypothécaires de (l’organisme gouvernemental) FHA, ou les noirs étaient exclus des syndicats, ou des forces de police, ou des pompiers - signifiait que les familles noires ne pouvaient accumuler suffisamment de richesses à léguer aux générations suivantes. Cette histoire permet d’expliquer l’existence du fossé de la richesse et des revenus entre les noirs et les blancs, et la concentration des poches de pauvreté qui persistent aujourd’hui dans tant de communautés urbaine et rurales. Le manque de possibilités pour les hommes noirs, la honte et la frustration née de l’incapacité à subvenir à sa propre famille,ont contribué à l’érosion des familles noires, un problème que les politiques d’action sociale ont aggravé depuis de nombreuses années. Et que les manques de politique d’aide sociale ont aggravé depuis de nombreuses années – des parcs pour les enfants pour y jouer, des patrouilles de policiers, un ramassage régulier des ordures et un renforcement du code de la construction- tout cela a créé un cycle de violence, de gâchis et d’abandon qui continue de nous hanter.
Telle est la réalité dans laquelle ont grandi le Révérend Wright et d’autres Africain Américains. Ils viennent des années cinquante et soixante, au temps où la ségrégation était encore la loi du pays et où les possibilités étaient extrêmement réduites. Ce qui est remarquable, ce n’est pas combien ont échoué devant la discrimination, mais plutôt combien d’hommes et de femmes ont surmonté les obstacles ; combien ont été capables d’ouvrir un chemin à travers ces obstacles pour ceux qui comme moi sont venus après eux. Mais pour tous ceux qui creusé leur chemin bec et ongles pour obtenir une part du rêve américain, il y en a beaucoup qui n’y sont pas arrivé - ceux qui ont été vaincus d’une manière ou d’une autre par la discrimination. Cet héritage de la défaite a été transmis aux nouvelles générations, ces hommes et ces femmes de plus en plus jeunes que nous voyons debout au coin des rues ou s’étiolant dans nos prisons, sans espoir, sans projets pour l’avenir. Même pour les noirs qui ont réussi, la question de la race et le racisme continuent de définir leur vision du monde. Pour les hommes et les femmes de la génération du Révérend Wright, les souvenirs de l’humiliation, les doutes et la peur n’ont pas disparu, ni la colère et l’amertume de ces années-là. Cette colère ne s’exprime peut être pas en public, devant les travailleurs ou les amis blancs. Mais elle s’entend chez le coiffeur ou autour de la table. Parfois, cette colère est exploitée par des politiciens qui cherchent à capter des voix par les divisions raciales ou pour faire oublier leurs propres échecs.
Et à l’occasion, elle se fait entendre dans une église un dimanche matin en chaire et sur les bancs. Le fait que tant de personnes soient surprises d’entendre cette colère dans des sermons du Révérend Wright nous rappelle simplement le vieux truisme selon lequel l’heure de la plus grande ségrégation de la vie américaine est le dimanche matin. Cette colère n’est pas toujours productive ; en vérité, elle détourne trop souvent l’attention de la solution des vrais problèmes ; elle nous empêche de faire face à notre propre complicité avec notre condition et écarte la communauté Africaine Américaine des alliances nécessaires à un changement réel. Mais la colère est réelle ; elle est puissante et la repousser, la condamner sans en comprendre les racines, sert seulement à creuser le fossé d’incompréhension qui existe entre les races.
En fait, une colère similaire existe dans certains secteurs de la communauté blanche. Beaucoup de blancs de la classe ouvrière et de la classe moyenne ne ressentent pas qu’ils ont été particulièrement privilégiés par leur race. Leur expérience est celle d’immigrants- en ce qui les concerne personne ne leur a rien donné. Ils ont construit de leurs propres mains. Ils ont travaillé dur toute leur vie, et souvent pour voir leur emploi partir au delà des mers ou leur retraite disparaître après une vie entière de travail. Ils sont anxieux de l’avenir et voient leurs rêves s’évanouir ; dans une époque de salaires bloqués et de compétition globale, les opportunités apparaissent comme un jeu de sommes nulles, dans lequel vos rêves se forment à mes dépens. Ainsi quand on leur dit d’envoyer leurs enfants à l’école à l’autre bout de la ville, quand ils entendent qu’un Africain Americain a obtenu un bon emploi ou une place dans un bon collège en raison d’une injustice qu’ils n’ont pas commise, quand on leur dit que leurs peurs à propos de la criminalité dans les quartiers urbains relèvent de préjugés, leur ressentiment s’accroît. De même que parfois dans la communauté noire, ce ressentiment n’est pas toujours exprimé de manière policée. Mais il a façonné le paysage politique depuis au moins une génération. La colère envers l’aide sociale et la discrimination positive a aidé à forger la coalition de Reagan. Les politiciens exploitent constamment la peur de la criminalité à leurs propres fins électorales. Les hôtes des débats télévisés et les commentateurs conservateurs ont construit leur carrière entière en mettant en avant des faits de racisme tandis qu’ils récusaient les discussions légitimes sur l’injustice raciale et l’inégalité, comme du simple politiquement correct ou du racisme inversé. De la même façon que la colère noire souvent s’est montrée contreproductive, ces ressentiments des blancs ont détourné l’attention des réels coupables de la pression sur les classes moyennes.- une culture d’entreprise sévit avec ses pratiques comptables douteuses, et son avidité à courte vue ; et Washington dominé par les lobbyistes et les intérêts particuliers. Et pourtant, repousser les ressentiments des Américains blancs, les stigmatiser comme mal orienté et même racistes, sans reconnaître qu’ils sont enracinés dans des soucis légitimes - cela aussi approfondit la division raciale et bloque le chemin de la compréhension.
Voilà où nous en sommes aujourd’hui. C’est une impasse raciale dont nous sommes prisonniers depuis des années. Contrairement aux proclamations de certains de mes critiques, blancs et noirs, je n’ai jamais été assez naïf pour croire que nous pouvions surmonter cette division raciale en un seul cycle électoral, ou avec une simple candidature – particulièrement une candidature aussi imparfaite que la mienne. Mais j’ai voulu affirmer ma ferme conviction - une conviction enracinée en Dieu et dans ma foi dans le peuple américain - qu’en travaillant ensemble nous pouvons dépasser certaines de vieilles blessures raciales, et que en fait nous n’avons pas le choix si nous voulons continuer sur la voie d’une union plus parfaite. Pour la communauté africaine américaine, cette voie signifie assumer le fardeau de notre passé sans devenir les victimes de notre passé. Cela signifie continuer à insister pour une justice totale dans chaque aspect de la vie américaine. Mais cela signifie aussi lier nos revendications particulières – pour une meilleur assistance médicale et de meilleures écoles et de meilleurs emplois - aux plus larges aspirations de tous les Américains- la femme blanche qui lutte pour briser le plafond de verre , l’homme blanc qui a été licencié ;l’immigrant qui essaie de nourrir sa famille .Ce qui signifie prendre la pleine responsabilité de nos propres vies –en demandant plus à nos pères, en passant plus de temps avec nos enfants , en leur lisant , en leur enseignant que quels que soient les défis et les discriminations qu’ils rencontreront dans leur vie , ils ne doivent jamais succomber au désespoir ou au cynisme .Ils doivent toujours croire qu’ils peuvent écrire leur propre destin.
Ironiquement cette notion typiquement américaine - oui, conservatrice - la notion « aides-toi toi-même », se trouve fréquemment exprimée dans les sermons du Révérend Wright. Mais ce que mon ancien pasteur a trop souvent échoué à comprendre c’est qu’adhérer au programme « aide-toi toi-même » implique aussi de croire que la société peut changer.
L’erreur profonde des sermons du Révérend Wright n’est pas ce qu’il a dit du racisme dans notre société. C’est qu’il a parlé comme si notre société était immobile ; comme si aucun progrès n’avait été accompli ; comme si ce pays- un pays qui a rendu possible pour l’un de ses membres de se présenter à la plus haute responsabilité du pays et de construire une coalition de blancs et de noirs, de Latinos et d’Asiatiques, riches et pauvres, jeunes et vieux – était encore lié irrévocablement à son passé tragique. Mais ce que nous savons - ce que nous avons vu - c’est que l’Amérique peut changer. C’est le véritable génie de cette nation .Ce que nous avons déjà accompli nous donne l’espoir- l’audace d’espérer - que nous pouvons et que nous devons accomplir demain Dans la communauté blanche, la voie vers une plus parfaite union signifie reconnaître que ce qui fait souffrir la communauté noire américaine n’existe pas seulement dans l’imagination du peuple noir, mais que l’héritage de la discrimination - et les habituels incidents de la discrimination quoique moins flagrants que dans le passé - sont réels et doivent être pris en compte. Non juste par des mots, mais par des actes - en investissant dans nos écoles et dans nos communautés ; en renforçant nos lois sur les droits civils et en assurant l’équité dans notre système de justice criminelle ; en donnant à cette génération les moyens de s’élever qui furent refusés aux précédentes générations. Cela exige de chaque Américains de e rendre compte que vos rêves ne se font pas aux dépens mes rêves ; qu’investir dans la santé,la sécurité sociale, et l’éducation des enfants noirs , bruns et blancs aidera à la prospérité de l’Amérique.
Et au fond, ce qui est demandé n’est ni plus ni moins ce que toutes les religions du monde demandent, que nous fassions pour les autres ce que nous voudrions qu’ils fassent pour nous. Veillons sur notre frère, nous dit l’Ecriture. Veillons sur notre sœur. Trouvons le lien commun que nous avons tous et que nos politiques reflètent également cet esprit. Car nous avons le choix dans ce pays. Nous pouvons accepter une politique qui nourrit la division, et le conflit, et le cynisme. Nous pouvons concevoir la race comme un spectacle- comme lors du procès de O.J.Simpson - ou un naufrage tragique comme pour les suites de Katrina, ou comme un faits divers pour les journaux télévisés de la nuit. Nous pouvons passer les sermons du Révérend Wright sur toutes les télévisions et en parler jusqu’à l’élection, et faire que la seule question de cette campagne soit de savoir si le peuple américain pense ou non que j’ai pu avoir de la sympathie pour ses discours les plus offensants. Nous pouvons nous précipiter sur une gaffe d’un partisan d’Hillary comme la preuve qu’elle joue la carte de la race, ou nous pouvons spéculer pour savoir si les blancs vont se regrouper autour de McCain aux élections générales sans tenir compte de sa politique. Nous pouvons faire cela.
Mais si nous le faisons, je peux vous dire que lors des prochaines élections, nous parleront d’autres sujets de diversion. Et puis encore d’un autre. Et encore d’un autre. Et rien ne changera. C’est un choix. Ou bien, maintenant, dans cette élection, nous pouvons nous rassembler et dire : « pas cette fois-ci ». Cette fois-ci nous voulons parler des écoles qui s’effondrent, qui volent l’avenir des enfants noirs, blancs, asiatiques, hispaniques et indigènes. Cette fois-ci nous voulons rejeter le cynisme qui prétend que ces enfants ne peuvent pas apprendre ; que ces enfants qui ne sont pas comme nous, sont le problème de quelqu’un d’autre. Les enfants de l’Amérique ne sont pas ces enfants, ce sont nos enfants, et nous ne voulons pas les laisser en arrière dans l’économie du 21ème siècle. Pas cette fois-ci. Cette fois-ci nous voulons parler des queues dans les salles d’urgence, pleines de blancs, de noirs et d’hispaniques qui n’ont pas de couverture médicale ;qui n’ont pas le pouvoir de l’emporter sur les intérêts particuliers à Washington, ce que nous pouvons faire si nous le faisons tous ensemble.
Cette fois-ci nous voulons parler des usines fermées qui autrefois permettaient une vie décente pour les hommes et les femmes de toutes les races, et des maisons à vendre qui autrefois appartenaient à des Américains de toute religion, de toute région, de tout choix de vie. Cette fois-ci, nous voulons parler du fait que le réel problème n’est pas que quelqu’un qui n’est pas comme vous, pourrait prendre votre emploi. Nous voulons parler de la compagnie pour laquelle vous travaillez et qui veut délocaliser au delà des mers pour faire plus de profit. Cette fois-ci, nous voulons parler des hommes, des femmes de toutes couleurs et de toutes croyances, qui servent ensemble, et combattent ensemble, et versent leur sang ensemble sous le même fier drapeau. Nous voulons parler de la façon de les ramener à la maison loin d’une guerre qui n’aurait jamais dû être autorisée et qui jamais n’aurait dû être financée, et nous voulons parler de la façon dont nous montrerons notre patriotisme en nous préoccupant d’eux et de leurs familles et en leur donnant les pensions qu’ils ont gagnées. Je ne me présenterais pas pour être Président si je ne croyais pas de tout mon cœur que c’est ce que veut la vaste majorité des Américains pour ce pays. Il se peut que cette union ne soit jamais parfaite, mais génération après génération elle a montré qu’elle peut toujours être perfectionnée.
Aujourd’hui, à chaque fois que je suis tenté par le doute ou par le cynisme à propos de cette possibilité, ce qui me donne le plus d’espoir c’est la nouvelle génération - les jeunes gens dont les attitudes, les convictions et l’ouverture au changement ont déjà fait l’histoire dans ces élections.. Il y a une histoire particulière que je voudrais vous conter aujourd’hui, une histoire que j’ai racontée quand j’ai eu le grand honneur de parler pour l’anniversaire du Docteur ( Martin Luther) King dans son église baptiste, d’Ebenezer, dans l’Atlanta. Il y avait une jeune femme blanche de trente trois ans nommée Ashley Baia qui participait à notre campagne à Florence, en Caroline du Sud. Elle avait travaillé à organiser une communauté plutôt Africaine Américaine depuis le début de la campagne et un jour elle se trouva à une table ronde où chacun voulait raconter son histoire et pourquoi il était là.
Ashley dit que lorsqu’elle avait neuf ans, sa mère avait eu un cancer. Et parce qu’elle avait manqué des jours de travail, elle avait perdu son assurance médicale. Elle a dû se mettre en faillite, et c’est alors qu’Ashley a décidé qu’elle devait faire quelque chose pour aider sa mère. Elle savait que la nourriture était très chère, aussi Ashley a convaincu sa mère qu’elle aimait et qu’elle ne voulait vraiment manger que des sandwiches à la moutarde. Parce que c’était le moyen le moins cher de manger.
Elle a fait cela durant un an jusqu’à ce que sa mère aille mieux et elle dit a tout le monde autour de la table que sa raison de se joindre à la campagne était d’aider ainsi les millions d’enfants de notre pays qui veulent et qui ont aussi besoin d’aider leur parents. Maintenant, Ashley aurait pu faire un choix différent. Peut-être quelqu’un lui a suggéré que les problèmes de sa mère venaient de ces noirs qui sont assistés et trop fainéants pour travailler, ou de ces hispaniques qui viennent illégalement dans notre pays. Mais elle ne l‘a pas écouté. Elle a cherché des alliés dans son propre combat contre l’injustice.
En tout cas, Ashley termine son histoire et demande à tous ceux qui sont autour de la table pourquoi ils soutiennent la campagne. Ils ont tous une histoire et des raisons différentes. Certains ont des problèmes particuliers. Et finalement ils se tournent vers un vieil homme noir qui était resté assis tranquille pendant tout ce temps. Ashley lui demande pourquoi il est là. Il ne parle pas d’un problème particulier. Il ne dit rien de l’assistance médicale ou de l’économie, ni de l’éducation ni de la guerre. Il ne dit pas qu’il était là pour Barack Obama. Il dit simplement à tous ceux qui sont autour de la table : « je suis ici à cause d’Ashley ».
« Je suis ici à cause d’Ashley ». En lui-même, ce simple moment de reconnaissance entre cette jeune fille blanche et ce vieil homme noir n’est pas suffisant. Il n’est pas suffisant pour donner une assurance médicale aux malades, ou un emploi aux chômeurs, ou l’éducation à nos enfants.
Mais c’est d’ici que nous partons. C’est ici que notre union devient plus forte. Et comme tant de générations l’ont compris durant deux cents vingt et un ans, depuis qu’un groupe de patriotes a signé ce document à Philadelphie, c’est ici que la perfection commence.
Forum Réalisance Sélection
05 mai 2008
L´Afrique nuirait-elle elle-même à son avenir et à sa liberté ?
Cette inversion logique par laquelle nous devions accepter de nous déposséder de nos forces vives, de nos intellectuels, de nos matières premières sans que ceux-ci n´oeuvrent à notre devenir, ou accepter d´enrichir l´occident pendant que nos femmes et nos enfants manquaient de l´essentiel ; cette incongruité nous menait tout droit à l´échafaud !
Sortir et vite de cette ignoble et perverse inversion !
Notre situation actuelle, si personne ne s´en rend compte, nous mène inéluctablement à l´échafaud. Car selon toute vraisemblance, nous tissons nous-mêmes la corde avec laquelle l´occident nous pend haut et court tout en prétendant faussement exercer la liberté ou la démocratie ! Et pendant que trompés, abusés ou tout simplement excédé par la misère et la pauvreté dans laquelle l´Afrique nage depuis bien longtemps sans que cela change, nos techniciens et nos universitaires désertaient leurs pays pour l´occident, nos richesses et nos efforts économiques, comme par tour magique, allaient nourrir un moloch grandissant qui rassasié revenait nous écraser encore plus sournoisement. Personne ne voit, personne ne comprend que cet état des choses nous est foncièrement préjudiciable, et que cela ne peut plus continuer ? Allons donc, et ce génie africain, que diable, à quoi servait-il, à tourner les pouces ?
Mais retraçons, pour ces grands génies qui abondent chez nous, rapidement ce qu´a été notre sort ces derniers 600 ans :
- Avec l´esclavage direct des chrétiens qui commença au 15ième siècle (notons que les islamistes, eux avaient, en envahissant le Nord de l´Afrique, exercé l´esclavage des africains dès le 7ième - 8ième siècle jusqu´au 16ième), nous livrâmes malgré nous notre force physique de travail pour l´enrichissement de l´occident et son développement industriel. Cette période, comme on le sait dura environ 450 ans et ne nous catapulta pas au sommet des bienfaits et des richesses auxquels nous avions participé ; bien au contraire, notre statut resta, même après l´abolition de l´esclavage, précaire et repoussé au plus bas des sociétés américaines, guadeloupéennes, antillaises, haïtiennes etc. Et cela veut dire que nous n´avions ni eu l´occasion d´accumuler ou d´être propriétaires de nos propres droits ou de nos biens propres.
- A la colonisation, ce fut la même politique, cette fois avec occupation directe
de nos terres restriction de nos droits civils, politiques, ainsi qu´une exploitation économique assujettissante dominée par un utilitarisme unilatéral des intérêts du colonisateur et de son sens culturel hégémonique. Cette époque dura approximativement 100 ans.
- A la décolonisation que nous réclamâmes au prix du sang, les colonisateurs s´empressèrent de liquider tous les noirs qui semblèrent réellement tenir à l´indépendance et à l´exercer pleinement. Ainsi décapitée de Patrice Lumumba, de Ruben Um Niobé, d´Amilcar Cabral, de Gamal Abdel Nasser… ; on en profita pour établir en Afrique un système d´exploitation économique et financier machiavélique ayant pour but de déjouer toute velléité de véritable indépendance économique, culturelle, financière des ex pays colonisés en les liant définitivement à la prédominance et aux intérêts politiques, culturels et économiques des nations colonisatrices. La francafrique était née. Et depuis 48 ans nous en subissons le joug avec les déplorables résultats qu´on peut admirer aujourd´hui.
Et il faut bien se demander aujourd´hui, et surtout pour tous ceux de nos génies qui ne se sont pas donné la peine de comprendre ou de réaliser ce qui s´est passé et continuent à se passer : quand aurons-nous compris qu´autant notre liberté réelle que notre réalisation sociohistorique avaient été, depuis des siècles, torpillés ? Faut-il que cela continue en nous faisant de fausses illusions ou de fausses promesses selon lesquelles ça ira un jour ?
Personnellement, ce qui m´a mis en colère lorsqu´on analyse tous ces faits, et dans la perspective de changer les choses, on se rend compte que toutes nos larmes, toutes les privations de libertés que nous avions subies, toutes nos souffrances ; que tout cela n´aura au fait plus servi aux autres qu´à nous-mêmes. Et que si nous voulions réellement changer les choses aujourd´hui et nous libérer effectivement du joug occidental qui nous a été injustement et inhumainement imposé, nous devons de nouveau souffrir de commettre des efforts immenses pour retrouver notre pleine et entière souveraineté socioculturelle. Le pire est que si les africains, eux tergiversaient et s´abîmaient dans des théories cabalistiques les unes que les autres, l´occident, lui, a déjà compris ce qui se passe et met tout en œuvre pour que toutes nos accumulations se dissipent en fumées pour nous par des importations forcées et étouffantes lesquelles renflouent les caisses de ses sociétés commerciales. Celles sont alors encore mieux armées pour entreprendre des pressions adéquates pour nous repousser dans la misère et la dépendance. Le cercle vicieux est refermé, n´en sortira que celui qui arrivera à en briser les anneaux.
Maintenant, mes amis les génies, que devons-nous faire pour changer les choses ? Faut-il nous retirer, par exemple derrière les pyramides du passé pour pleurer de grosses larmes sur notre grandeur passée ? Notons que ces pyramides étaient occupées par une gente islamique depuis le 7ième siècle en repoussant les noirs au centre de l´Afrique ou en les vendant comme esclaves.
Ou alors allons-nous continuer à acclamer et entretenir la francafrique tout en sachant qu´elle nous assassinait avec sa corruption, son exploitation félonne, son assujettissement économique, politique et culturel ?
Ou allions-nous continuer à jouer éternellement les mendiants médiocres et sans talents qui n´arrivaient pas à quitter les marécages de la dépendance et de la misère chronique parce qu´ils ne se donnaient ni les moyens d´en sortir, ni les idéaux sévères adaptés à changer les choses ?
Je suis tout à fait d´accord qu´il nous faut une révolution, comme le dit Jean Pierre Kaya dans son livre « Théorie pour une révolution africaine ». Seulement, mes amis, aucune théorie quelque efficace soit-elle n´a jamais changé les choses dans un pays ; ce sont des hommes de vision et de talent qui doivent mettre sur pied le détail minutieux de cette révolution. Et si ceux-ci manquent de réalisme ou sous estiment leurs ennemis ou le contenu et la portée ambitieuse de leurs devoirs…cette bonne révolution ne sera rien d´autre qu´un bel échec qui ne conduira, comme tous les échecs de l´histoire, que peuple encore mieux dans les bras de ses prédateurs naturels. Il suffit de voir aujourd´hui ce qu´est devenue la dernière célèbre communiste du monde, notamment en Russie, pour se rendre compte qu´il n´en restait plus rien. Aujourd´hui quelques milliardaires jetaient des sommes folles par la fenêtre pendant que le petit peuple, lui, vivait dans une croissante pauvreté. A quoi avait servi cette révolution, au fait, si quelques décennies plus tard tout est remis à zéro comme c´est le cas actuellement en Russie ? Et pratiquement dans tout l´Est de l´Europe qui se gargarisait jadis du communisme. Aujourd´hui c´est à peine si on ne les entendait frapper avec frénésie aux portes de l´Union Européenne. Pour jouir allégrement des accumulations qui avaient été faites notamment avec l´exploitation chosifiante que l´Ouest on nous impose depuis des siècles !
Soyons réalistes, nous nous trouvons devant la situation la plus infamante qui soit : d´un côté un colosse puissamment industrialisé, riche et influent comme adversaire ; de l´autre des peuples peu instruits ou pratiquement analphabètes, sans tradition technique et industrielle affirmées, sans conscience dialectique avertie et affûtée…souffrant d´aliénation culturelle latente plutôt qu´affirmés et conscients de leurs identités sociohistoriques propres. Dites-moi maintenant si cette situation n´est pas déplorable, si pas cruellement inégale ? Et pourtant, il nous faut cette liberté à tout prix, sans cela nous ne serons que des zombies sans âme et sans identité de l´ordre économique et culturel occidental. Au vu et au su de cela, je conseille donc à tous nos nombreux génies à aiguiser leurs talents, à s´épuiser dans la recherche de solutions réelles qui nous permettraient de sortir de notre marasme, plutôt que de se lancer des fleurs indues et prématurées.
J´avoue sincèrement que n´importe quel être humain de bonne foi se trouverait, devant le tableau désolant du sort ingrat qui est le nôtre actuellement, quelque peu frustré et profondément choqué. Et je sais que selon son éducation et sa perception sensible du problème, chacun réagira différemment. Mais ce que je ne peux vraiment pas comprendre, c´est qu´au lieu de chercher des solutions utiles et adéquates, des gens sensés et apparemment intelligents se donnent tous les prétextes pour tromper les apparences et eux-mêmes en se cachant dans des buissons faussement fleuris. La situation, à mon avis, ne le mérite pas.
Musengeshi Katata
„Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu“
Forum Réalisance
03 mai 2008
Ces compliments africains qui ne valaient plus rien aujourd´hui
Commentaire sur l´article : http://www.africamaat.com/Les-premiers-mathematiciens-de-l
Les premiers mathématiciens de l’histoire universelle étaient africains !
Aujourd´hui mieux qu´hier toutes ces vérités sont connues, ainsi par ailleurs que la découverte au Congo de la RDC des Bâtons d´Ishango. Ce qui désarçonne et plutôt surprend, c´est la décrépitude actuelle de l´Afrique noire. Et on se demande si ceux qui prétendent que les africains se sont abrutis, qu´ils manquent de réalisme ; si ceux-là ne disent pas la vérité. Autrement, comment diable expliquer ce vide complet qui a enseveli la gloire et l´érudition africaine passée ? Et je pense qu´il est temps, pour tous ceux qui se disent africain et aspirent à la renaissance de ce continent et de ses cultures, de prouver autrement qu´avec des mots et des afflux de compliments envers eux-mêmes, que l´africain est bien digne de son brillant passé. Parce que sinon il continuera à s´expatrier en occident pour vivre mieux que chez lui, ou à s´y instruire et se spécialiser tout en affirmant que l´Afrique avait été le centre de la connaissance. A ce petit jeu-là, n´importe quel parvenu ou menteur peut briller. N´est-ce pas curieux, si pas choquant que l´africain aie à l´étranger une vie plus organisée et plus confortable que ne lui offre son propre continent ? Question de fierté et d´ambition pour soi-même ? Si nous sommes réellement ce que nous prétendons, il est grand temps de changer les choses au mieux sinon nous perdons notre crédibilité. On ne peut pas, en effet, se couvrir de compliments de grandeur à longueur de siècles et de décennies pendant que la réalité, elle, disait tout autre chose. Comme on ne peut pas se laisser berner, dévoyer et corrompre par un occident hégémonique et dominateur ou se laisser enfermer dans ses propres traditions orales dépassées tout en prétendant qu´on savait ce que c´est que la liberté ou le progrès !
Tout cela doit nous réveiller et nous dire qu´il est temps, grand temps de remettre les choses dans leur sens normal.
Musengeshi Katata
"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"
Texte de référence cité : Philosopher et mourir de faim: http://realisance.afrikblog.com/archives/2005/12/22/1139797.html
Forum Réalisance
Les journalistes africains et la liberté d´expression
Commentaire sur l´article d´Afrik.com : http://www.afrik.com/article14213.html
Liberté vide ou liberté pleine ?
En guise de plaidoyer pour la libération de Moussa Kaka
Réclamer la liberté d´expression est une chose, l´exercer dans toute sa responsabilité est, hélas, autre chose. Et au demeurant, que défendait-on donc avec la liberté d´expression ; quelle contenu de liberté et de finalité sociale ? Ces questions, lorsqu´on les posent aux journalistes contemporains, on est souvent surpris de recevoir des réponses les plus évasives. La vérité était que les valeurs sociales ne sont plus nettement défendues par les écrivains des feuilles quotidiennes ou de l´information immédiate. Le sensationnalisme, les contraintes de l´orientation mercantile des employeurs, et disons-le franchement : une crise de valeurs et de discussions de leurs contenus ou de leur opportunité a laissé ses traces silencieuses et compatissantes dans les rangs de ceux qui, tout en se réclamant de la liberté d´expression, trop souvent ne l´employait que pour mieux étouffer les desseins pour lesquels cette liberté d´expression existait réellement.
On se rappelle de la sourde solidarité de la presse américaine envers une guerre qui n´était rien d´autre que le bris criant d´une des valeurs la plus chère de la convivialité internationale. Plus tard, lorsque la vérité vint à jour, on se chercha tous les prétextes pour justifier sa coucherie indécente devant un tel meurtre de droit. Le mal, pourtant, était plus profond que cela : dans un pays qui se targuait de leader puissant et influent dans le monde libre, un de ses instruments les plus valeureux, la presse libre et indépendante s´était atteler à un carrosse sanglant, injuste et hautement délinquant sans user de l´objectivité qu´on avait toujours placé en elle, dont elle-même était fière et s´en réclamait pour justifier son statut social et sa valeur en tant qu´instrument d´opinion et de démocratie.
Non, ce n´est pas depuis la guerre d´Irak que l´engrenage de la liberté d´expression dans le monde avait été ensablé. C´était bien avant, depuis les années ´60 où on fit assassiner les leaders africains comme Patrice Lumumba, Ruben Um Niobé, et qu´on laissa jeter Nelson Mandela aux oubliettes pendant 28 ans par un régime immoral et de basse humanité. Depuis cette époque, le journalisme fit sa descente aux enfers avec un parti pris qui lui fit perdre et le respect de lui-même en tant que haut instrument social de lutte et de prétention démocratique et sa fierté éthique intrinsèque. Parce qu´il apparu déjà à l´époque, ou on le fit sciemment sentir et imposer, que la vérité, autant que les valeurs humaines étaient relatives et dépendantes des intérêts de ceux qui les imposaient.
Il fallu cependant se séparer de l´Apartheid. Cependant qu´entre temps, on fêta à tort la guerre du Vietnam. Et plus sournois. On se tut pendant que l´occident solidaire, avec un machiavélisme des plus sournois, servit et installa la francafrique aux africains en guise d´indépendance. Après toutes ces curieuses condescendances auxquelles on s´empressa, dans tout le monde occidental, à refuser la contestation ou la discussion politique du contenu de valeur, il ne resta plus que l´immédiat, la sensation visuelle ou le scandale pour sauver ou entretenir de hauts tirages de pages où le nu ou le rapportage statistique se donnaient la main sans expliquer aux lecteurs que ces statistiques disaient bien de choses. Raison pour lesquelles, par exemples, les statistiques des dettes publiques, du chômage…étaient bien souvent truqués dans bien de pays du monde.
En Afrique la muselière occidentale faussant la liberté des africains et les valeurs d´indépendance et de démocratie avaient laissé ses traces : pire encore qu´au centre métropolitain du capitalisme, les journalistes croyaient qu´il s´agissait, pour exercer la liberté d´expression, d´étaler le plus savamment la langue du maître tout en faisant autour de la vérité, du contenu des valeurs des cercles concentriques qui ne conduisaient nulle part, sinon à dérouter les gens de la réalité. On n´est donc pas étonné que les africains manquent, comme on le leur reproche par trop souvent, de réalisme. Renié pendant toute l´époque de l´esclavage, castré pendant la colonisation et dévoyés depuis l´indépendance vers de faux paramètres d´interprétation, ce qu´ils clamaient ou défendaient étaient tout aussi vides que le sort qu´on leur réservait : celui de chose économique et politique du maître omnipotent et hégémonique étranger.
Aujourd´hui ce journaliste africain s´est-il rendu compte de la supercherie ? S´est-il rendu compte que l´important n´était pas dans le verbe mais bien dans le contenu et la discussion profondes des enjeux des valeurs ? Ou tournait-il encore en rond, comme ces ONG qui avaient été sorties des chapeaux d´illusionnistes occidentaux pour clamer et réclamer des libertés théoriques alors que ces liberté, pour s´en réclamer ou les exiger, devaient d´abord être produites par de dures labeurs créatives et imaginaires ! Ces messieurs mettaient donc sciemment les bâtons dans les roues aux gouvernements et leurs sociétés en réclamant des droits qui tomberaient…du Ciel ? Certes, certes, ne soyons ni inhumain, ni primitif ; mais celui qui vous donne toutes les libertés et vous refuse le travail, l´instruction, un salaire honorable ; celui qui, tout en fautant des troubles chez autrui, en y vendant des armes aux rebelles pour mieux piller ou exploiter vilement nos marchés …celui-là ne nous trompe-t-il pas ouvertement ?
Mais oui. Et comment ! On avait aujourd´hui en Afrique une curieuse pollution de fameuses démocraties de la faim, celles de l´endettement chronique, du chômage et de l´heureuse exploitation étrangère. Et dans ces mensonges politiques vides et cruels, que valait donc la liberté d´expression aussi grande qu´elle soit ? Ne voyait-on pas que ces fameuses ONG n´avaient pour but que de tromper les gens, et que l´important de l´économie sociale était ailleurs là où le travail nourrissait son homme et le protégeait de la destructive pauvreté ? Pendant que les universités fermaient ou manquaient d´instruments et d´ouvrages, que les écoles professionnels faisaient défaut ; oui, pendant que l´agriculture et l´élevage se mourraient, étouffés par les avalanches incessantes des excédents des pays industrialisés occidentaux…que pratiquement tout le continent noir sombrait, faute d´investissement et de production propre, dans la misère et la pauvreté…ne pas parler de cela ou se taire sur ces vérités importantes pour l´avènement et l´entretien de toute démocratie, ne nuisait-on pas à la véritable liberté d´expression ?
Je le pense bien. Il n´existe pas de démocratie ou de droits humains qu´on réclamerait pendant que manifestement on omettait de faire germer les grains riches et nourrissants de ses fondements réels. La liberté théorique est une bien belle illusion qui ne crée que des enfants affamés, pauvres et dépendants. Et même si des forces occultes veulent nous faire croire qu´il suffit de croire en elles, d´importer leurs produits, de leur vendre jusqu´à notre dernière chemise pour que nous soyons en droit d´obtenir notre liberté ou d´engranger nos droits de réalisation ; nous devons être assez intelligents et pragmatiques pour ne pas nous laisser berner par ces mensonges et nous donner les moyens et les instruments nous permettant d´assouvir par nous-mêmes les profonds tourments que notre culture nous impose, ainsi que ceux qui réalisent les rêves brûlants de nos femmes et de nos enfants. Parce que c´est dans l´assagissement passionné et soutenu de ces rêves que se découvre ou éclôt la véritable démocratie de liberté.
La liberté, comme on le sait, on ne peut pas la réclamer ni du ciel, ni des autres ; elle se fait et se définit selon les attentes profondes de notre réalisation. Attendre qu´on nous l´offre ou qu´on nous la reconnaisse, c´est se prêter naïvement à la recevoir en seconde main, en version écourtée ou tout simplement en un énorme ballon d´illusions qui, toutes s´envoleraient sans apporter satisfaction à nos exigences, en nous laissant un goût amer de vie empruntée et dépendante. La liberté, c´est hélas autre chose ; et ce n´est que la beauté et l´amour de cette vraie et fidèle femme qui guérit vraiment le cœur sincère de tout être humain de bonne foi.
Musengeshi Katata
« Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu »
Forum Réalisance
02 mai 2008
Les pays africains doivent-ils continuer à payer la dette extérieure ?
Face à l´accroissement du piège de l´endettement dans lequel sombraient chaque jour un peu plus profondément les économies africaines, face aux effets néfastes et étouffant du commerce occidental de leurs excédents commerciaux, et face à une écologie mondiale se dégradant tous les jours pour les pays pauvres ; ceux-ci se demandent comment sortir de leur douloureuse impasse.
Payer ses dettes plusieurs fois et mourir sagement en silence ?
« Le vrai rêve, celui qui distingue l´homme d´action, motive et sous-entend l´effort vers les desseins élevés, ceux qui libèrent l´esprit et donc le corps des souffrances inhérentes à la vie en ouvrant des horizons moins douloureux ; il est ce détachement des contraintes du moment qui porte vers le souhaitable, même s´il est certain que ce souhaitable ne sera pas atteint. Le vrai rêve se confond avec l´ambition, le projet ; il fait construire, alors que les rêveries font jouir en imagination des fruits d´un travail qu´on n´a pas accompli. »
Joseph Tchundjang Pouémi.
Monnaie, Servitude et Liberté (Edition Menaibuc, Yaoundé)
Un fait est certain : la dette extérieure africaine va croissante plutôt qu´elle ne diminue. Et c´est à raison qu´on se demande si cette aide n´était pas un piège savamment ouvert sous les économies africaines pour, en les aliénant à un système utilitariste et chosifiant, les empêcher d´accéder à l´indépendance économique et donc de se développer librement.
Les dettes, comme on le sait, doivent être payées lorsqu´on les a faites, sinon, ceux qui avaient épargnés pour permettre ces fameux endettements ne seraient ni encouragés dans leurs efforts, ni reconnus comme un facteur économique et monétaire important de tout système économique digne de ce nom. Par ailleurs, pour ce qui est des dettes extérieures, l´équilibre économique mondial basé sur la confiance et la fiabilité serait mis à mal.
Mais voilà : autre chose est un endettement normal, autre chose est tout endettement ayant d´une part le but de dicter des conditions d´aides détruisant sciemment la stabilité économique, les finances et la future prospérité du client emprunteur. Et c´est manifestement le cas lorsque l´endettement impose, sous l´aval douteux du FMI et de la Banque Mondiale, le « baissé de culotte » des barrières douanières des pays emprunteurs afin de les inonder d´excédents subventionnés des pays industrialisés vendus à des prix de dumping. Et pendant que le pays emprunteur serait occupé, avec l´aide ou ses nouveaux crédits à créer les infrastructures permettant à son peuple d´aller de l´avant, dans l´arrière pays, cependant, son agriculture, son élevage étaient systématiquement détruits par l´envahissement des produis importés excédentaires occidentaux vendus à des prix défrayant toute concurrence. C´est le cas du riz américain en Egypte, celui du lait en Jamaïque, au Ghana, au Sénégal ; c´est aussi celui du sucre, du poisson surgelé remplaçant le poisson frais des côtes ouest africaines, par exemple, vidées hâtivement par de véritables forteresses de pêche industrielle battant pavillon portugais et espagnol.
Les excédents de viandes bovines de toute l´Union Européenne, elles, mettaient à mal l´élevage du Cameroun, du Ghana, du Sénégal, du Burkina Faso… par exemple en y déversant, sous un subventionnement européen de 32 cents/kilo, le kilo de viande à 1 €, alors que le prix local était de 2,50€. Et si Horst Seehofer, ministre allemand de l´agriculture et de l´alimentation promettait aux paysans qu´il ferait l´impossible afin que ces subventions augmentent, les joies à l´exportations de viandes vers l´Afrique ne devaient que s´en trouver encouragées. Au grand détriment des africains.
Ce petit jeu mesquin et foncièrement criminel pour nos économies et notre développement, s´il n´est pas toujours compris rapidement par ceux des africains qui aimaient à endetter les leurs sans y regarder par deux fois, mettaient le FMI et la Banque Mondiale qui imposaient et surveillaient, pour leurs clients ces conditions, dans une lueur de complicité de la plus basse sournoiserie. On assassinait en effet les forces économiques vives de l´emprunteur derrière son dos dans son propre plat pays, tout en empêchant ce même malheureux à vendre ses produits agricoles librement en occident ! A se demander : que veut-il, ce banquier ; veut-il noyer son client en l´appauvrissant sciemment, ou respecte-t-il et, dans l´intérêt de rentrer dans ses capitaux empruntés ainsi que des intérêts échus, souhaite et encourage les bonnes affaires de son client emprunteur.
Personne n´est aveugle au point qu´il n´a pas remarqué combien convoités sont les matières premières dont regorge l´Afrique. Dans l´assujettissement de notre continent, dans la corruption de nos élites, le sabordage de nos institutions et le financement des révoltes et rébellions militaires, il y a, ne nous en cachons pas, le désir de vivre à nos dépends : épuiser notre or, s´approprier nos diamants, s´emparer de nos matières premières qui changeraient ainsi de main. Car demain, ceux qui les auraient acheté aujourd´hui pourraient les réemployer avec le recyclage. Et nous ? Serons-nous capables de les racheter lorsqu´ils coûteraient dix ou cent fois plus cher qu´aujourd´hui comme le fait lentement le pétrole ? Ou encore, cette détérioration écologique mondiale qui grandissait à nos portes sans que nous ayons été ni les responsables, ni les bénéficiaires ; n´est-il pas vrai qu´elle menaçait les pays pauvres et sous développés plus que les autres, ceux qui avaient les moyens économiques et financiers de se protéger ou de réparer les dégâts ? Alors, devons-nous nous laisser appauvrir ou devons-nous nous en garder ? Le choix est clair, n´est-ce pas.
Ceux qui ont lu Bwemba Bong et Tibor Mende (De l´aide à la recolonisation) savent que ces emprunts n´étaient pas des emprunts normaux, parce qu´on ne connaît pas de banquier qui prenne une joie toute sournoise à mettre les bâtons dans les roues à son client pour l´appauvrir et le subordonner. L´aide, comme l´emprunt, comme le commerce abusif d´excédents plusieurs fois subventionnés qu´on déversait au prix du pain en Afrique ; tout cela avait systématique : plutôt détruire et asservir qu´aider ou prêter. Et celui qui s´abaissait à ce comportement autodestructeur de ses propres intérêts, de l´intérêt usuel et reconnu par les sociétés et les institutions humaines, celui-là ne devrait pas s´étonner si l´emprunteur lésé et préjudicié se refusait à jour à rembourser la dette. Parce qu´apparemment il ne s´agissait pas de dette, mais de mise discrète et méprisante à mort. Pour comprendre vraiment dans quel monde nous vivons, il faut se rappeler la récente (ou actuelle) crise des crédits hypothécaires américains. A court de tantième et devant la décroissance visible des investissements aux Etats-Unis, quelques banquiers américains véreux prêtèrent aux pauvres (Quelle grandeur d´âme, n´est-ce pas !) puis ils revendirent aussitôt ces hypothèques faisandées à leurs confrères occidentaux. Lorsque le taux d´escompte augmenta, tout vint à jour pour ces clients « à faible solvabilité ». Les banquiers américains, cependant, s´étaient déjà débarrassés de leur cargaison dangereuse ; seuls ruminaient leurs amis occidentaux sous les pertes. Peer Steinbrück (SPD), ministre des finances allemands invité à Washington à la conférence des banquiers et ministres des finances du G 7 s´indigna : « Comment diable est-on parvenu à s´abaisser à ce pervers masochisme ? » Oui, comment ceux qui prétendaient être capitalistes, et c´est dire on ne prête qu´aux riches ; comment de tels gens exigeaient-ils de faire porter la facture de pertes spéculatives à l´étranger aux contribuables de leurs pays respectifs ? Mais oui, vous l´avez bien compris : celui qui paiera les frais, même si le gouvernement de la Grande Bretagne déboursait 60 milliards € pour aider ses propres banquiers ; ce sont les innocents contribuables du banquier trompé qui paieront les frais. Pas les américains. Et cette histoire, si ce n´est pas de l´escroquerie bancaire, c´est une façon comme une autre de se faire financer ses gaffes et ses bêtises par des étrangers innocents. Méfiance, le banquier a toujours bonne mémoire, un jour les américains recevront en retour leur monnaie de change.
Ce qu´on peut reprocher à toutes les élites du pouvoir actuel en Afrique qui, pour assurer leurs niveaux de vie pro-occidental en milieu africain sous développé, se faire corrompre à loisir ou se donner des allures et des apparences de riches parvenus ayant un accès facile au confort occidental ; c´est de manquer à leurs devoirs politiques en fermant les yeux sur le meurtre économique et commercial systématique et organisé qui décimait les leurs dans la campagne. On a beau fermer les yeux, parler ou d´afficher une fausse modération irresponsable, les problèmes de la pauvreté et du sous développement des africains, eux, au lieu d´être résolus, s´envenimaient de jour en jour, de décennies en décennies. Faut-il vraiment croire que les actuels représentants des peuples africains étaient tous aveugles ou idiots ? Faut-il vraiment croire que toute fierté et exercice de la légitimité du pouvoir en Afrique s´arrêtait à rouler en voitures étrangères, à se laisser corrompre, à assister au pillage et à l´appauvrissement des siens sans lever le petit doigt…afin de mériter le respect ou l´admiration de l´occident ? De ceux qui, en 600 ans de domination et de douloureuse subordination nous offrirent, pendant que nous leur tendions la main, que 450 ans d´esclavage injurieux et criminels suivis de 100 ans d´une colonisation destructive de nos cultures et de nos identités avant de nous enfermer, lorsque nous réclamâmes notre indépendance, dans une francafrique chosifiante, ruineuse et méprisante… ! Même si, dans l´intérêt d´une culture moderne de meilleure conciliation et humanité nous acceptions de laisser le passé au passé ; devons-nous fermer les yeux devant de tels agissements se renouvelant contre nous ?
Ahmed Sékou Touré disait jadis à son ministre des finances qui l´enjoignait à la retenue des dépenses des deniers publics : « Où a-t-on vu un pays en prison parce qu´il est perclus de dettes ? » Il faut dire que ce genre d´absurdité est de la plus grande gratuité, car si cet Ahmed Sékou Touré avait mieux connu Le FMI et la Banque Mondiale, il aurait versé des larmes de sang. Car la prison de ces deux institutions était pire pour un peuple que tous les goulags connus jusqu´aujourd´hui. Ce qui faisait son cynisme autant que sa basse sournoiserie, c´est qu´avec de pompeuses et fausses formules de bienséance et de politesse, on en étranglait pas moins son nègre avec une joie primitive. Ceux ou celui qui ne savaient pas se défendre étaient broyés sous l´haleine gloutonne d´un moloch économique rapace, avare et sans le moindre remord. Et depuis que cette culture occidentale se sait acculée par son vieillissement, par la concurrence chinoise et indienne, par les criantes contradictions de son système économique partial au sein de ses propres terrains sociaux ; elle devient de jour en jour encore plus sourde et inflexible face aux cris et aux légitimes revendications des faibles de la périphérie. Et plutôt que de restaurer son système et de l´actualiser à une plus grande ouverture démocratique, on se cantonnait plutôt dans un jusqu´auboutisme patient et faussement satisfait. Pourquoi croyait-on donc que même Obama faisait sa campagne électorale sous le signe du changement ? Parce qu´il était temps de voir les choses autrement, pas toujours sous l´angle des forts, des nantis et des riches ; mais bien d´un sens humaniste supérieur du devenir humain rendant justice à tous et à chacun. Sans cela, parler de liberté, de démocratie n´est rien d´autre que de vouloir aveugler ou abrutir son monde au grand jour. Or chaque vie, chaque peuple, chaque peuple vivant sur cette terre a droit à se réaliser !
Et en Afrique, comme partout dans le monde, il s´agit de se réaliser librement et pleinement. Pas en ce que certains croient qu´ils vont faire le progrès, la liberté ou la démocratie pour les autres ; mais bien que chacun avait le droit et le devoir d´apporter sa meilleure pierre à la construction d´un édifice à la fois individuel, collectif et parfois les deux à la fois. Sans cependant oublier que ce dont de l´apport individuel ou collectif, dans sa valeur relative ou absolue, pouvait tout aussi bien rester individuel ou simplement collectif. Croire donc que le développement ne serait fait que par une minorité en cravate et cols blancs dont les autres devaient avaler toutes les erreurs et les incongruités…Le développement est plutôt l´épanouissement du plus grand nombre de talents et de responsabilités d´une société. Afin que celle-ci puisse remplir au mieux et adéquatement les exigences sévères et ambitieuses d´une vie moderne, organisée, pluridisciplinaire et hautement généreuse autant dans sa solidarité que dans les devoirs qu´elle doit ou réclame de se membres. Mais avant d´en arriver là, il faut dire que l´éboueur, l´infirmier, le médecin, le chauffeur de bus, le conducteur de train…tous ces gens, ainsi que les paysans et les cultivateurs, ont une part considérable à la teneur et au contenu de notre liberté. Endetter ces gens au point qu´ils ne sachent ni s´épanouir, ni accumuler pour mieux entreprendre l´avenir ou créer l´emploi pour leurs ingénieurs et universitaires qui, dépités et amers quittaient le pays pour l´étranger ; acculer l´emprunteur bienveillant à cette impasse sans issue, c´est de la part de celui qui se prête au jeu de l´endettement criminel, une irresponsabilité de la plus affreuse conséquence.
Senghor, Ah, Senghor…il demandait, ce poète africain inégalable : « Qui logera nos rêves aux paupières des étoiles ? ». Sûrement pas ceux qui ne connaissaient pas le profond tourment de nos rêves, ou la pauvreté chronique et le manque. Et quand, pour éclairer la vérité, nous refaisons le chemin retour de tous les sentiers qui ont jalonné l´histoire de l´homme noir, celle de l´Afrique les derniers 13 siècles de son histoire…c´est à peine si, sur les pierres déchirantes sur lesquelles nous trébuchons, sur celles qui nous servirent hier d´appui, d´instrument ou de refuge au fil des temps, les traces encore fraîches du sang, des larmes et de la souffrance de nos femmes et de nos enfants n´y ont ciselé leur désarroi accusateur. Notre âme, notre identité, nos appréhensions et notre méfiance s´en sont imprégnés au point parfois que l´angoisse qui nous étreint la gorge, vient rejaillir sur nos lèvres en révoltes sourdes et écumeuses. La liberté, ce mot à la fois magique, déictique, plein d´espoir et de promesses ; ce nectar de la célébration de la vie a pris pour nous un goût exceptionnel et profond la délicatesse et la valeur augmentaient chaque jour. C´est pourquoi nous redemandons à tous les nôtres, encore une fois, de cesser d´entacher ou de nous priver de notre soleil et de celui de nos enfants en nous endettant chez des gens qui, vraisemblablement, méprisent le sourire et la beauté de notre espoir. Et celui-ci, du haut de nos rêves les plus tendres, passe par le charme et la joie de nos femmes et de nos enfants libres, créatifs, empressés. Pas endettés ou enchaînés à des obligations qui les repoussaient de décennies en décennies dans la pauvreté, la misère et la dépendance la plus vile. Car nous le savons : nous avons mieux à offrir au monde que les mains tendues du mendiant chronique, ou les sursauts désespérés de l´affamé délirant prêt à vendre son âme pour un bol de riz.
Musengeshi Katata
„Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu“
Forum Réalisance