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Forum Réalisance

Cet espace va à la recherche de l´existentialisme de l´homme noir pour lui permettre de mieux se déterminer face à l´histoire et face à la réalisation de sa liberté.

24 juin 2008

Sur la conférence sur le prix enflammé du pétrole

A Djeddah, en Arabie Saoudite, une conférence au niveau ministériel est organisée par Le roi Abdallah. Elle réunit 36 pays, 7 organisations internationales et 22 compagnies pétrolières. Le prix actuel élevé du pétrole est-il contrôlable, et dans quelle mesure ?

Tous au chevet d´un malade imaginaire ?

Si on me demandait mon avis, je dirai que cette conférence, pour peu soucieuse qu´elle soit de la flambée actuelle du prix du brut, est plus un palliatif qu´un évènement dont les décisions peuvent changer quoi que ce soit au prix futur du pétrole. Pourquoi ? Mais parce que le prix du brut est fixé par le marché, et celui-ci a déjà pressenti la fin prochaine du nectar industriel noir autant qu´il a enregistré l´augmentation de sa consommation sur le marché mondial. Peut-on alors, en augmentant la production, changer les choses et baisser le prix du brut ou le contrôler ? C´est une illusion, à mon avis, car le pétrole touche à sa fin, cependant que sa consommation, elle, attisée par l´industrialisation chinoise et indienne, s´intensifie.

Alors, que fait-on que diable à Djeddah ; boire le thé ensemble ou jouer à un rituel vide ? Ne ferait-on pas mieux, au lieu de frapper désespérément à la fausse porte, de s´apprêter rapidement à changer de système de propulsion automobile ? A s´atteler au principal, plutôt qu´à vouloir régulariser un marché immense qui échappait désormais à tout contrôle centraliste concerté ? Dans quelle économie, vivait-on, que diable, pour que même le plus grand producteur puisse dicter son prix malgré qu´il gagnait énormément dans la hausse ? S´agissait-il seulement de faire preuve de bonne foi, ou cette conférence n´était rien d´autre qu´une consultation au sommet du désarroi ?

Rien à mon avis ne peut plus nous sauver de l´irréversible : la fin du pétrole que les futuristes allemands situent au plus tard dans 10 ans. Et d´ici là, la spéculation et la surchauffe de la demande faisant, le prix, et cela malgré les larmes de certains, va augmenter incessamment. Pure loi de la rareté d´un produit. Pourquoi ne ferait-on pas comme le futurologue le conseillent hâtivement : décrocher et s´atteler à investir dans un système énergétique dont la source serait infinie dans la nature ou reproductive à loisir. A force de s´accrocher à un faux malade dont on essayait vainement à soigner la fièvre de cheval, ne ferait-on pas mieux de changer de fusil d´épaule et avaliser dans l´industrie et la société des sources d´énergie qu´on a longtemps négligé ou refusé, sous la gourmandise du pétrole, à reconnaître ?

Le grand choc aujourd´hui de la fin du pétrole ainsi que celui de la flambée de son prix était-il prévisible ? Mais bien sûr. C´est depuis longtemps que les verts, notamment, le disent. Et bien de chercheurs se sont mis à la recherche de solutions de substitution. Hélas, comme enfermé dans une rage irrésistible du noir, le système économique et industriel occidental a refoulé et rejeté dans sa cécité ou son irréalisme la fin prochaine du pétrole. Peut-être le voulait-on éternel ; qui sait ?

Et à propos de l´amour du noir, même l´esclavage du bois noir qu´on a pratiqué pendant 400 ans a dû être abandonné…croyait-on réellement que le pétrole serait infini ? Ou qu´il se reproduisait éternellement…

Le grand drame aujourd´hui, ce sont tous ces lourds investissements orientés ou basés sur le pétrole. Des sommes incroyables qui risquaient de s´envoler en fumée parce qu´inutiles. Pensez à toutes ces autos qui circulaient de par le monde qui devaient être transformées, à ces infrastructures de pompes à essence, de navires géants de transport pétroliers coûtant des sommes folles devenus désormais désuets…cela va faire mal. Très mal. Et au plus on ne voulait pas accepter le changement, au pire serait ces pertes et ces douleurs économiques. Le pire, cependant, serait la disparition du pétrole parce que celui-ci n´était pas seulement un combustible servant à produire l´énergie, mais il servait aussi à faire des médicaments, des engrais, des produits synthétiques d´énorme utilité quotidienne.

Toute cette histoire nous apprendra bien de vérités, notamment qu´on ne peut pas fonder toute son industrialisation, ou les facteurs les plus déterminants de sa production sur un facteur énergétique détenu par des étrangers ; cela provoque des guerres et des politiques d´approvisionnement corrompant les droits et les libertés des autres. Et lorsque ces facteurs venaient á s´épuiser ou étaient la convoitise de tous, leur raréfaction risquait de plonger les usagers et usagers dans des dilemmes coûteux si ceux-ci ne s´étaient pas préparés à cette fin. Toutes les matières premières touchent un jour à leur fin ; il est donc sage de s´y préparer, et surtout de consommer ces précieuses matières premières avec diligence et bien plus raison que nus ne l´avons fait jusqu´aujourd´hui en les abandonnant à la cupidité et l´abus de celui qui était capable de les payer. Demain, lorsque ces matières premières nous feront défaut, ce sont les pauvres et ceux qui ne sauront pas recycler leurs vielles acquisitions, ou être capables de produire des substituants qui en souffriront.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

Forum Réalisance

Posté par Musengeshi Kat à 00:03 - Impact de l´actualité - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Suivre, imiter aujourd´hui ne suffit plus; il faut être capable d´innover.

Les futurologues allemands parlent de la voiture électrique comme seule alternative dans l´avenir. On sait cependant qu´il y en a d´autres…Ce qui dérange les occidentaux en ce moment c´est qu´il vont, pour la première fois dans leur longue histoire de domination économique, être obligé de changer un paramètre industriel qu´ils croyaient invulnérable. Et cela les touche d´autant fort qu´ils subissent actuellement une lourde crise de saturation. Par ailleurs, même eux se sont rendus compte que les mensonges ou les faux espoirs qu´ils avaient fait avaler aux autres cultures n´étaient plus tenables. Ils étaient bien incapables de réaliser tout le monde ; leur model économique et culturel était, et cela dès le départ, réservé à leurs enfants et à leurs privilégiés. Les autres…
Moi ce qui m´a for surpris, c´est que la Chine se soit jetée dans le pétrole sans un instant penser que ce pétrole viendrait un jour à sa fin. Ou ces automobiles chinois…comment fonctionneraient-elles ? Alors, les yeux fermés et en avant le grand bond industriel de l´imitation ?
Toute cette affaire du pétrole va changer bien de choses dans notre comportement envers les matières précieuses. Espérons-le. Et cela veut aussi dire que les africains feraient bien de poursuivre la recherche de solutions techniques individuelles aux questions et nécessités de leur industrialisation. Imiter, attendre qu´on vous livre ; tout cela ne pousse qu´à reproduire et perpétuer les erreurs des autres dont on est dépendant. Et quand le producteur est acculé à changer de système…c´est la catastrophe pour tous ceux qui ne savent pas financer cette nouvelle orientation. Etre toujours à la traîne n´est pas nécessairement un signe qu´on est libre ou qu´on est indépendant, n´est-ce pas ?
Aujourd´hui encore, l´intellectuel et le chercheur africains ont leur chance ; mais ils doivent s´y mettre et prouver ce dont ils sont capables, et pas seulement se limiter à applaudir les autres et imiter. L´intelligence, après tout, n´est ni limité à la race, ni au lieu géographique de naissance de celui qui s´en réclame ou s´en sent doué. Shaka Bantou, j´ai dit !

Posté par Shaka Bantou, 24 juin 2008 à 13:41

Complexes par-ci, complexes par-là…

Les africains croient toujours qu´ils peuvent se camoufler à longueur de siècles sans répondre aux questions fondamentales que leur posent leur propre existence…cette attitude, à la longue, n´est ni soutenable, ni satisfaisante pour la culture dont ils sont issus. Des ennemis, tout le monde en a ; quant aux facteurs négatifs, il n´y a pas que l´Afrique qui a souffert de l´esclavage ou de la colonisation. Il faut lire l´histoire de la Chine ou celle de l´Inde pour se rendre compte qu´il n´existe sur cette terre aucune culture qui ait une histoire sans taches ou sans erreurs. Le problème est que les autres, eux, guérissent leurs blessures, combattent efficacement leurs préjugés…et se développent !
Et il serait grand temps aux africains de reconnaître ce qui est évident et logique à tout le monde : le progrès et le développement, il faut les faire et ne pas seulement se contenter de consommer les produits ou admirer le travail et la créativité des autres ; il faut avoir le courage et la volonté de défendre ses besoins et les rêves de ses enfants en leur permettant d´entretenir et d´épanouir les plus belles fleurs de leur culture. Parce que c´est là, au cœur tendre et trémoussant de cette belle courtisane que le désir va boire à sa meilleure soif.
Tous les prétextes, les complexes, les défauts et les erreurs dont l´Afrique souffre ou sous lesquels elle ploie ne relève aucun africain ni du devoir de réalisation sensible, ni de celui de modernité, parce que nous ne sommes pas seuls au monde et que les autres cultures, de par leurs cupidités, leurs besoins ou même leur simples contacts pacifiques avec nous, influent sur notre avenir. Que nous le voulions ou pas. Il est donc légitime et nécessaire que nous nous donnions les moyens et les instruments nous permettant de veiller à ce que l´avenir de nos enfants ne connaisse plus l´histoire honteuse de l´esclavage ou l´humiliation scandaleuse de la colonisation. Et que leur avenir, et quel que soit le sort du voisinage des autres cultures, soit le résultat positif et généreux de leur propre réalisation.
cessons donc de tergiverser et de jouer à cache-cache devant notre propre destin; ce jeu-là ne mène nulle part, sinon à se ridiculiser soi-même.

Musengeshi Katata
FR

Posté par Musengeshi kat, 24 juin 2008 à 19:42

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