Massachusetts, Gloucester. Dans une petite ville de 30.000 habitants gangrenée depuis trop longtemps par le chômage et le délabrement social, 17 jeunes filles écolières de 16 ans se sont fait expressément engrosser pour…lutter contre la détresse sociale provoquée par la pauvreté.

Des cris de désespoir social qui en engendraient d´autres

Curieuse complicité qui a poussé 17 jeunes écolières encore enfant entre 15 et 16 ans à se laisser engrosser pour avoir, dans le froid social de Gloucester dans le Massachusetts, « quelqu´un qui les aimes inconditionnellement et sans retenue ». Ces jeunes filles se choisirent des pères génitifs à l´aveuglette parmi leurs collègues écoliers, des amis ou camarades consentant, et même dans un des cas, un sans logis de 24 ans. gloucester

L´histoire éveilla quelques soupçons lorsque dans la petite ville le nombre de tests de grossesse augmenta tout à coup, autant que les gynécologues furent surpris de la joie soudaine que provoquait chez de jeunes filles l´annonce de grossesse. Ou au contraire la déception qu´accusaient ces jeunes personnes lorsqu´elles apprenaient qu´elles n´étaient pas enceintes.

Et depuis, la propagation de ce futur boom de bébés chez les mineures de la High School de Gloucester, une petite ville de tradition catholique vivant de la pêcherie située à quelques 50 km de Boston, les discussions vont bon train. On se demande par exemple s´il n´aurait été sage de distribuer des préservatifs aux jeunes ou encore si ces jeunes filles savaient le poids d´obligations qu´elles avaient endossées ?

Tout cela ne peut plus changer quelque chose à l´acte concerté de ces jeunes filles ; ni les critiques des adultes, ni la déception évidente du directeur de la High School : Joseph Sullivan.

Certes, la dépression économique frappait Gloucester de plein fouet depuis 20 ans, ce qui avait détruit des familles, causé et entraîné au sein de la vie journalière de la petite ville une pauvreté et une morosité sociale profonde. Mais est-ce vraiment une raison pour s´abaisser à de telles extrémités à 16 ans ? Ces filles n´avaient-elles pas elles-mêmes restreint leurs libertés en l´enchaînant à de lourdes responsabilités maternelles ? Cela choquait tout le monde, sauf les jeunes filles qui semblaient vouloir à tout prix brusquer leurs familles et la société.

Et il faut bien se demander si, lorsque la jeunesse n´a plus aucun autre moyens de crier son désespoir et sa révolte qu´en procréant des enfants dont on ne savait même pas comment ils vivraient demain ; si un tel contexte social ne ferait pas mieux de faire diligence envers l´avenir de ses enfants au lieu de faire des guerres coûteuse et inutiles de par le monde. Ou de se refuser à des réformes sociales qui créeraient de nouveaux emplois et redistribueraient plus équitablement les revenus au sein d´une Amérique de vrai rêve américain.

Demain, ces nouveaux enfants diront peut-être, dans leur premiers balbutiements dans les bras de leurs mères : ô maman ; et certains entendront peut-être : Obama…qui sait ? En tout cas il serait grand temps que ce conservatisme économique qui, tout en fermant les yeux et les oreilles devant le désespoir enragé de ses propres enfants, prétendait néanmoins garantir à tous la liberté, la démocratie et le rêve américain. Si ce n´était pas se moquer de son monde pendant que les uns s´enrichissaient scandaleusement, et que d´autres vivaient en marge éloignée de la société, de tout confort, de tout espoir légitime de changer quoi que ce soit à leur condition. Etait-ce vraiment cela, le rêve américain ? Drôle de rêve qui avait pour les uns tous les aspects de cauchemar sourd et ténébreux !

Musengeshi Katata

"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"

Forum Réalisance