28 juin 2008
Mugabe un malaise africain insoluble ?
La campagne internationale (surtout occidentale) faite actuellement contre Mugabe est-elle crédible ? Fuir les élections comme l´a fait Morgan Tsvangirai afin de pousser les forces occultes occidentales à lui offrir le pouvoir, cela témoigne-t-il d´un courage ou d´une saine conviction démocratique ?
Le Zimbabwe entre le mal de soi et la fausseté
Curieux. Lorsque je disais que Mugabe avait épuisé ses chances et qu´il devait se retirer, toute l´Afrique et la plupart des africains me le reprochèrent. Et maintenant ? Faut-il aujourd´hui offrir le pouvoir gratuitement à un Morgan Tsvangirai qui allait se cacher à l´ambassade des Pays-Bas en se retirant du seul instrument reconnu pour légitimer un leader politique, le vote ?
Morgan Tsvangirai peut aujourd´hui arguer ce qu´il veut ; qui peut le vérifier ? Et ceux qui se cachaient derrière lui, et qui lui avaient conseillé à jouer ce jeu afin qu´ils aient l´opportunité d´intervenir militairement en Afrique, se rendaient-ils compte qu´ils avaient donné à Mugabe et à toute l´Afrique une nouvelle occasion de décrier l´impérialisme occidental et son néocolonialisme borné ? Si l´opposition avait refusé d´aller aux votes, pourquoi cette opposition serait-elle secourue au nom de valeurs démocratiques ?
Bien sûr on argumentera que Tsvangirai avait été menacé, ses adhérents poursuivis, intimidés et mêmes abattus…les images qui couraient le monde actuellement étaient mêlées d´images anciennes, d´images déplacées ou décousues de leur contexte réel. On voulait à tout prix traîner Mugabe à l´échafaud, cependant que ceux qui jouaient à ce jeu oubliaient le véritable enjeu politico économique au Zimbabwe. Il s´agissait plutôt de noyer son chien et par la même occasion de faire main basse sur le Zimbabwe que de permettre à ce pays de promouvoir et d´entretenir son indépendance économique et politique. Parce que sinon l´occident concerté n´aurait pas levé envers ce pays un embargo économique qui le repoussait à la pauvreté.
Tout le monde est d´accord que Mugabe doit partir. Mais pas en abandonnant ce pays aux crocodiles occidentaux de l´exploitation internationale. Or, selon toutes les apparences, c´est ce que Morgan Tsvangirai cache derrière lui. Les élections en Afrique, et on l´a vu au RDCongo avec l´aide de Louis Michel ou au Kenya dernièrement, sont toujours passibles d´orientation voulues. Mais on peut les mettre en cause et exiger que l´opposition, comme au Kenya, soit reconnue et adjointe à la gestion et à l´exercice du pouvoir. Mais pour cela, il faut une entrée aux urnes afin de savoir quelle est la valeur réelle des forces en présence. Et naturellement habituer ces prétendants au pouvoir à respecter l´instrument démocratique premier qu´est le vote. Sinon, ils risquent, et cela malgré leur notoire incapacité, à siéger le pouvoir à vie. Et ne l´oublions pas, comme au Burkina Faso de Campaoré, au Gabon de Bongo, au Tchad…etc, avec l´assistance et la protection tacite des puissances occidentales !
Mais, revenons à Mugabe qui est pour nous le prototype à la fois incompris et défaillant d´une Afrique qui, après une lutte de libération cruelle et pleine en inhumaines et méprisantes énergies (On se rappellera que l´Afrique du Sud de l´Apartheid développa un Anthrax sélectif qui ne s´attaquait qu´aux noirs et le mit à la disposition de Ian Smith alors premier ministre de la Rhodésie aujourd´hui Zimbabwe. Celui-ci empoisonna les terres agricoles, le bétail dans tous les territoires fréquentés par les partisans de Mugabe.). C´est d´ailleurs pourquoi Mugabe se saisit de terres appartenant aux grands propriétaires blancs qui s´étaient d´autorité et par la violence, donnés les meilleures terres du pays. Et on peut dire ce qu´on veut, Mugabe avait bien raison d´avoir agit de la sorte comme il avait raison de lutter contre l´indépendance de ce pays. Sa lutte était non seulement légitime et humaine, elle était fondée vu tous les injustices et les exactions que les rhodésiens blancs s´étaient permis, avec l´aide et au vu et au su de tout l´occident, à perpétrer sur les africains dans leurs propres pays.
Faudrait-il citer l´exemple de l´Afrique du Sud et de l´Apartheid, du RDCongo, son caoutchouc rouge et toutes les exactions que Léopold II avait commis sur les populations congolaises afin que les gens qui aujourd´hui, tout en ayant la mémoire courte, s´abaissent à réclamer le retour du néocolonialisme en Afrique ? Et à propos, il n´y a pas longtemps de cela les sud africains s´en prenaient aux africains étrangers sur leur territoire, est-ce là la preuve qu´abandonner son économie aux occidentaux comme l´Afrique du Sud, le paradis n´était garanti. Les noirs en Afrique du Sud, et malgré qu´ils livraient leurs matières premières á tout l´occident, souffraient aujourd´hui de 40% de chômage ! Et le pouvoir politique sud africain n´avait pas les moyens de changer les choses parce toute l´économie était aux mains de leurs ténébreux bourreaux d´hier aujourd´hui riches, influents et à l´abri de toute poursuite ou responsabilité pénale…
Ce qui me dérange, et beaucoup d´africains sont de mon avis c´est qu´on demande toujours aux noirs, que ce soit aux Etats-Unis ou en Afrique, à accepter de ne pas se révolter ou traîner en justice tous les blancs qui s´étaient permis des crimes les plus vils sur la race noire. Bien au contraire, on attentait du noir qu´il pardonne, qu´il sourie, et efface de sa mémoire les douleurs et les exactions psychiques que les blancs, au nom d´une idéologie raciale bancale, leur avaient infligé. Passe encore, mais là où le vase débordait, c´était que les occidentaux veillaient toujours à ce que l´économie resta en leurs mains et en celui de leur race. Et cela, c´est inadmissible, parce que socialement les choses n´ont pas changé. A la longue, et on le voit aujourd´hui aux Etats-Unis, en Afrique du Sud, la confrontation et le déséquilibre social est programmé. La justice sociale reste un vain mot.
Maintenant, la grande erreur de Mugabe est, comme bien d´arrivistes politiques en Afrique actuellement, de ne pas avoir eu le talent d´organiser et de structurer sa société pour aboutir à l´industrialisation. Parce qu´il n´y a que là que la société est vraiment libre. Notamment parce que la science et la technique efficacement cultivées et épuisées, donnent à la société de multiples instrument et moyens de libre et véritable réalisation. Toute l´Afrique noire, sur ce point de vue, cafouille énormément tout brillant dans la superficialité et le paraître. Or ce domaine est exigeant d´efforts rationnels et créatifs aux limites les plus précises et détaillées de ses résultats. Et n´ayant eu ni saisi, ni réalisé ou mis effectivement en chemin ce train social, Mugabe et son pays sont encore dépendant de ceux contre lesquels ils se sont si bravement battus jadis. Et ceux-ci veulent reprendre les choses en main…
Et maintenant, voyant venir la fin de sa vie et ne sachant plus comment il pouvait changer les choses (après tout il a eu plus de 30 ans pour le faire !), il n´a d´autre issue que de mourir au pouvoir ; d´autant que l´occident entier, dans ses habitudes, aime à condamner en Grande Cour tous ceux qui se sont imposés à elle. Les raisons sont toujours vite trouvés. Même si on se demande quand les criminels blancs historiques et connus envers les noirs seraient traînés devant les tribunaux et jugés. Eux pouvaient se promener de par le monde et continuer à servir l´ordre blanc, Mugabe, cependant, ne buterait certainement pas devant la même compréhension comme, par exemple le président Georges W. Bush pour son agression en Irak. Ah, oui, lui était puissant…et blanc.
L´organisation de l´Unité Africaine aurait déjà dû intervenir dans cette affaire qu´on ne se trouverait pas dans cette situation pourrie d´aujourd´hui. Cette organisation, plus ambitieuse qu´effective, se trouve elle aussi confrontée au dilemme d´identification et de réalisation que pose l´avenir de l´Afrique. Et s´il passe inaperçu aux incurables occidentaux que les africains, eux aussi, comme toute race sur cette terre, a droit à la liberté et à la réalisation ; ni dans les institutions africaines, ni dans ses peuples les incessantes intrigues économiques occidentales afin de chosifier ou, du moins, de garder la mainmise sur ce continent en l´assujettissant à leurs intérêts et leurs étroites priorités, la liberté ou la souveraineté africaine n´est mise à disposition. Seulement, seulement, l´infantilité, l´incompétence, la naïveté avec laquelle les élites africaines défendaient ou organisaient les doits et l´avenir des leurs laissaient aujourd´hui encore à désirer. Ce qui ouvrait toutes les portes à la corruption, le découragement, l´aliénation suicidaire et l´exploitation économique, financière, culturelle. Exactement ce dont on voulait se garder !
Certes, on ne peut ni vivre éternellement dans le passé, dans la haine ou la révolte ; tout le monde le sait. Pour redevenir positif, il faut cependant que ceux qui ont toujours été préjudiciés recouvrent le sentiment que la justice humaine existe et que leurs efforts ne servent pas à enrichir ceux qui, aussitôt puissants et riches, les privent de légitime bien être social et d´avenir à eux et à leurs enfants. Dans cette histoire Mugabe nous sommes tous impliqués. Et ceux qui croient aujourd´hui être en mesure de donner des leçons de démocratie ou de justice sociale aux autres, devraient relire leurs propres histoires sociales ; ils seraient surpris, s´ils sont objectifs, de découvrir des actes répétés et volontaires de la plus grande bassesse envers les autres peuples. Et le pire est que ces actes d´hier répercutent leurs effets encore aujourd´hui pendant qu´eux parlent si bravement de liberté, de démocratie, de justice sociale !
Accepter ou emménager un changement salutaire à tous, ce n´est certainement reproduire les erreurs d´hier sous d´autres fallacieuses intentions. Ni repousser les légitimes revendications de ceux qui ont toujours été lésés : les faibles, les discriminés, les exclus. Sans cela nous ne donnons qu´à des gens comme Mugabe le sentiment qu´ils n´ont d´autre alternative que…de persister dans leur lutte infructueuse. Et cela, ce n´est pas une victoire pour tous, mais bien une défaite cuisante à la liberté dont nous portons tous la responsabilité. Une chose doit cependant être comprise, surtout des occidentaux : nous en avons marre d´être traités comme des gens, comme une race à qui on n´offre qu´une liberté vide de vagabond de l´histoire voué à toutes les chosification, sans bien être ou sans droit à une réalisation culturelle, sociale, économique. Qu´on se le dise.
Musengeshi Katata
"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"
Forum Réalisance
Commentaires
L´Afrique doit choisir entre l´avenir et le passé
Cette histoire du Zimbabwe, elle nous crée beaucoup de soucis. Mugabe, tout le monde le sait, a eu ses mérites et ils sont immenses. Et cependant, il ne sait plus aller de l´avant. Quant à Tsvangirai, il n´a pas encore prouvé de dont il était capable qu´il se cachait déjà en tremblant chez les étrangers ! On se demande si les zimbabwéens n´avaient pas le choix entre la peste et le choléra…
Les intellectuels africains et les élites du pouvoir peuvent prendre dans cet exemple ce qui se passe réellement en Afrique, et cesser de croire que le pouvoir n´a pas d´obligation envers l´avenir et la défense des intérêts des siens. Nous aimons et nous aimerons toujours Mugabe pour son courage et sa lutte inoubliable contre le colonialisme et l´impérialisme occidental. Mais une chose est aussi certaine : nous aimons aussi l´avenir de nos enfants et ceux-ci, sans le développement économique et financier du pays, auront difficiles à sortir du manque et vaincre la pauvreté que nous traînons derrière nous comme une malédiction incurable. Et soyons sincères, Mugabe ne semble plus avoir les moyens de changer les choses.
D´autre part, ce Tsvangirai ne m´inspire pas tellement confiance si il abandonne son peuple et va se cacher pour réclamer ce que tout le monde répugne en Afrique : ces armées étrangères souillant notre sol, assassinant les nôtres à loisir, ou violant nos femmes et nos enfants comme l´a fait la Monuc au Congo ou l´armée française en côte d´ivoire.
L´avenir ne nous sera pas offert gratuitement, comme nous le savons. Mais alors, pourquoi ne pas l´entreprendre aujourd´hui avec engagement ?
En tout cas, notre indépendance et notre liberté ne doivent en aucun cas être remises en question ! Shaka bantou, j´ai dit !
Ce fiasco zimbabwéen c'est aussi le fiasco de l'Afrique, toujours incapable de s'auto-protéger des agressions extérieures mais aussi des maux qui la rongent de l'intérieur. Le salut ne pouvant (et ne devant) venir de l'occident, il est regrettable que l'Union Africaine n'ait pu proposer une solution au dilemme Zimbabwéen. Quelles sont les perspectives pour nos frères zimbabwéens aujourd'hui?
D'autre part, peut on se définir comme une démocratie quand on refuse, pour des raisons intéressées voir raciales, à l'autre d'y accéder. à l'image des droits de l'homme qui sont prioritairement blancs, la démocratie telle qu'elle est conçue aujourd'hui n'est-elle pas elle aussi blanche?
Zimbabwe ou le drame actuel représenté de toute l´Afrique
Mugabe est le prototype d´une Afrique hier vraie parce qu´elle avait lutté pour l´indépendance et l´autodétermination des africain. Aujourd´hui, cependant, et disons-le franchement, cette élite n´est pas arrivée à combler ou rattraper le retard scientifique et technique qui l´oppose toujours à l´occident. On a eu beau se débattre, importer, acheter clé sur porte…ces élites superficielles et plutôt dépensières que diligentes envers les accumulations de leurs peuples ne sont arrivés ni à sortir leurs peuples de leurs traditions désuètes, ni à leur donner les conditions et les moyens ouvrant sur le développement. On semble se suffire à dire que tout viendra, ou même à laisser entendre que l´Afrique avait son temps propre pour arriver à ses propres buts…Or, comme des rats insatiables, les étrangers épuisaient les matières premières du monde, et avec leurs richesses et leurs moyens techniques, commerciaux et politiques, ces étrangers imposaient de jour en jour leurs partielles conditions aux africains ! Il s´ensuit une chosification qui rappelle à s´y méprendre les époques de l´esclavage et ceux de la colonisation. Ceux qui en doutaient devraient se demander pourquoi les techniciens, ingénieurs et universitaires hauts qualifiés ne trouvaient pas d´emploi sur un continent où leurs services étaient nécessaire si pas vitaux à l´avenir de ce continent. Tous trouvaient en occident des emplois à bas prix…Même si ils étaient payés et ne subissait pas les 18 heures de travail par jour du Code noir ou de son fouet quotidien, ils manquaient à leur continent ! Si ce n´est pas une façon bien sournoise d´assassiner un continent entier ! Mais qui en était responsable, que diable ? N´est-ce pas cette élite bornée et incapable comme Mugabe qui croyait que le progrès s´articule ou arrive de par lui-même, ou que la lutte pour l´indépendance n´ouvrait pas sur un autre combat : celui de la réalisation sociale et culturelle ?
Je passerai sur Tsvangirai que personnellement je considère comme un pantin peureux et sans véritable conviction démocratique. Sinon, il ne se serait pas retiré des élections. Croit-il alors que le monde extérieur va lui offrir le pouvoir ou organiser les élections quand il le voudrait, et au besoin avec les résultats qui lui plairaient ? Ridicule. Dans le monde entier c´est le gouvernement sortant qui fixe et organise les élections. Pas l´opposition.
Non, ce qui m´inquiète actuellement, c´est qu´autant les occidentaux que l´élite africaine incapable veulent focaliser le problème autour de la forme ou des aspects démocratique qu´il faut afficher pour paraître « démocratique ». Or, là n´est absolument pas le problème !!! Ce n´est ni une question d´apparence ou de nombre d´institutions que l´Afrique doit adopter ou entretenir pour plaire aux occidentaux. Le problème est celui d´un continent dont les élites qui y gouverne souvent abusivement, n´arrive pas à être à la hauteur de ses devoirs ! ! ! Et avec la quasi saturation industrielle en occident, la concurrence commerciale internationale affûtée par la mondée imminente (et combien impressionnante) de l´Inde et de la Chine vers leurs réciproques industrialisations, les occidentaux en perte d´hégémonie ont tendance à vouloir répéter leurs vieux défauts de jadis : revenir installer un néocolonialisme en Afrique pour sauver leurs meubles et leur avenir. Ce qui va dire en fait que l´industrialisation de l´Afrique sera encore plus ardue, parce qu´on voudra confiner ce continent dans la simple consommation afin de protéger les industries métropolitaines occidentales. Le monde, on le sait, va connaître d´énormes changements dans les dix prochaines années comme elle ne l´a pas fait depuis 50 ans.
Il vaut donc mieux, à mon avis, comprendre le problème africain et y apporter des solutions adéquates, que se cacher derrière des palliatifs, des excuses ou des prétextes comme les africains l´ont toujours. Que ce soit le progrès, la liberté ou l´indépendance économique ; de toutes ces valeurs et nécessités sociales, aucune ne tombe du ciel. Il est donc temps de redevenir réaliste et de se mettre à engranger des résultats réels et utiles pour l´avenir et le bien-être de ce continent, plutôt que de jouer aux comédiens d´un pouvoir inefficace, incapables…et en fin de compte sans légitimation aucune, si ceux que ce pouvoir devait défendre et promouvoir étaient livrés à leurs pires ennemis : la misère, la pauvreté et l´aliénation étrangère chosifiante. Ne mâchons pas les mots ; ces temps-là sont révolus. I suffit de voir combien d´enfants, de femmes sont délaissés ou vivent dans des conditions aléatoires sur ce continent pour arriver à la conclusion qu´il y a grave et scandaleux malus.
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
FR
A Djé.
Les droits des hommes ne sont pas prioritairement, ou même essentiellement blancs ! Ce complexe, nous devons nous en libérer même si la première constitution française le disait ouvertement. Et à propos, ne soyons pas opportuniste à ce d´ignorer, par exemple que la Charte Mandingue de 1222 rédigée lors de l´intronisation du Roi Soundiata du Mali était la première déclaration humaine des droits de l´homme ! L´Afrique ne peut pas aujourd´hui oublier sa propre histoire pour accepter l´histoire des institutions occidentales qui n´accordaient aux africains aucuns droits humains dès le départ !
A propos de démocratie, le moins qu´on puisse dire est qu´il ne faut pas confondre « démocratie » qui signifie tout simplement : organisation politique sociale fondé sur la légitimité populaire du pouvoir, et eurocratie ou hégémonie occidentale sur l´Afrique tout court. La démocratie a existé sous une certaine forme en Afrique, cela est sans conteste. Le problème de l´Afrique aujourd´hui est l´infructueux exercice du pouvoir par les africains eux-mêmes ! Ils confondent en effet la parade ou les honneurs du pouvoir avec ses obligations, et surtout ses buts qui sont de défendre et de promouvoir efficacement ceux pour lesquels ce pouvoir existe et se légitime ! Les occidentaux ont savamment tenu à rompre et à détruire le lien naturel qui existait (et doit exister) entre les élites africaines et les attentes et les besoins de leurs peuples. Cela s´est fait avec l´assassinat des élites averties, le support de dictateurs et corrompus et des aliénés permettant d´asseoir, malgré l´indépendance, une exploitation continue des africains.
Et ici, ne déplaçons pas les problèmes sciemment ou à dessein (ce qui permet, entre autre, aux incapables et aux crétins de continuer à tromper leur monde avec leur médiocrité) : il ne s´agit pas de copier ou d´imiter l´occident en adoptant des institutions vides ou même un rituel du pouvoir apparenté à celui des occidentaux, mais bien de la capacité du pouvoir africain à remplir ses devoirs envers les siens. Certes, c´est une question déontologique sur le sens et la portée du pouvoir ; mais c´est aussi une question d´intégrité morale et éthique pour celui qui brigue le pouvoir. Et disons-le franchement : un pays qui se donne des institutions quelconques doit savoir pourquoi et ce qu´il en attend. Autant qu´il doit savoir les financer ! Or, en Afrique actuellement on entretient ou on se donne des institutions afin que l´aide occidentale vienne les financer ! Une hérésie de la plus grossière fausseté. Les pays ainsi extrovertis dans leur financement ne se donnent pas la peine de développer efficacement leurs productivités et leurs économies.
C´est en fait ce que je reproche à Mugabe : tout en connaissant la vérité, il n´a pas eu la bonne main de monétiser et organiser l´économie nationale vers la production de son propre avenir. Ainsi, défendant ceci, mais vivant tout de même sous la dépendance occidentale, il mentait et trompait son monde. Ce luxe lui a été enlevé par les occidentaux avec un blocus économique et financier qui l´a à la fin rendu modeste et sans éclat. Quand on a des ambitions, il faut se donner les moyens de les réaliser soi-même ; et pas prétendre à ceci et cependant aller faire la file pour mendier ! C´est tout le problème de l´Afrique.
Musengeshi Katata
FR
Les "démocraties" de la faim et leurs hérésies
Quand on a un besoin crucial de techniciens, d´ingénieurs, de médecins, de sociologues, d´économistes…etc comme c´est le cas évident de l´Afrique, mais qu´on ne veut ni les employer ni leur ouvrir des voies par lesquelles ils seraient en mesure de servir leurs sociétés…On donne à raison l´impression de ne pas aimer le progrès ou comprendre sa nécessité. Pour moi cette situation est non seulement choquante, elle disqualifie toutes ces fausses démocraties africaines ; parce que la démocratie ne s´entretient pas avec les dettes ou la mendicité, mais bien avec la réalisation temporelle et effective des besoins et des attentes des peuples desquels ces fameuses démocraties tirent leurs légitimations.
A la fin, et à les voir tous parler de démocratie alors que les devoirs et les obligations de cette démocratie ne sont bradés ou négligés…on se demande si les intellectuels africains se rendent compte de ce qu´ils cautionnent ! Quand diable l´Afrique comprendra-t-elle que dans l´existence il s´agit de se réaliser et non de jouer le sous fifre en se trouvant toujours des prétextes des plus abracadabrants pour ne pas remplir assidûment les devoirs qu´on a envers son avenir ?
Le problème Mugabe semble aujourd´hui le monde entier, pourtant, à notre avis, le problème n´est pas l´alternance ou la continuité du pouvoir africain mais bien dans son efficience. Depuis 48 ans, et cela depuis les indépendances de 1960, ces bonnes gens qui se précipitaient tous au pouvoir comme si il fallait se guérir d´un complexe de manque d´attention chronique se laissèrent déjouer avec la francafrique entre autre avec une facilité qui défie tous les idéaux d´indépendance et de liberté auxquels les leurs aspiraient. Et ça dure à mon avis depuis trop longtemps. A coup de prétention démocratiques les élites du pouvoir africain se sont avancés en véritables parasites, que dis-je sangsues pour leurs peuples. Il est temps, il est grand temps que cette cesse félonie prenne fin car trop d´innocents en souffrent et en meurent chaque jour ; et que des générations et des générations entières sont privées d´avenir. Et si on me demandait mon avis, ce n´est pas un aliéné et un froussard comme Tsvangirai qui va changer les choses au mieux. Depuis que j´ai vu qu´au lieu d´encourager le peuple à travailler et produire, il se contentait plutôt e faire l´appel à l´aide alimentaire internationale ; j´ai compris : cet homme n´était qu´une vendu qui allait entraîner, encore plus profondément que Mugabe, son peuple dans la dépendance. Et si tout l´occident semble l´aimer et le soutenir, c´est parce qu´il est le prochain judas de l´Afrique. Pauvre Afrique. Non, le problème est bien ailleurs. On oublie qu´il y a des monarchies en occident qui sont démocratiques ! Et c´est là qu´on se rend compte que la démocratie, c´est aussi un peuple qui mange à sa faim, fabrique ses propres instruments et moyens de réalisation. Toute démocratie qui ne vivrait que de l´aide étrangère et n´aurait ni industries performantes, ni niveau de vie respectable et élaboré…cette démocratie, aussi démocratie qu´elle soit n´était rien d´autre qu´affabulation et honteuses truqueries. Shaka Bantou, j´ai dit !
Les intellectuels chinois rentrent chez eux...
Pour ce qui est des intellectuels africains, je me fais de soucis que parce que leur départ manque au processus nécessaire de rationalisation de leurs sociétés ; ils auraient sans le moindre doute une influence positive sur le cadre, et surtout la vitesse de développement de ce continent. Je sais cependant, à l´exemple de chercheurs et savants chinois exilés qui rentrent progressivement en Chine, que ces africains seraient eux aussi capables de le faire s´ils le désirent. Non, ce qui m´inquiète le plus, c´est le manque d´économisme et d´organisation du travail, la malversation de l´accumulation sociale ou son manque de rentabilisation sociale effective. Par ailleurs, j´ai la sensation que les africains ne se rendent pas compte que le temps joue contre nous aussi longtemps que nous ne serons pas en mesure de nous défendre militairement par nous-mêmes, d´être économiquement et financièrement indépendants. Le fait que l´Afrique soit toujours aujourd´hui, et cela après de longs siècles d´exactions et de mépris de la pire espèce, à la traîne en ce qui concerne le respect et la réalisation des besoins et rêves de ses enfants ; tout cela afflige non seulement les enfants africains, cela entache aussi la fierté que nous avons de nous-mêmes. Et cela, ça fait bien mal. On peut dire ce qu´on veut, mais si nous ne savons nous-mêmes pas estimer et réaliser impérieusement les rêves de nos enfants, je me demande quel respect nous devons attendre ou exiger des autres ? N´oublions pas…que l´esclavage, la colonisation et aujourd´hui la francafrique ; toutes ces méprisantes chosifications nous furent administrées parce que notamment nous étions faibles et retardés par rapport aux musulmans ou aux chrétiens lors de leurs envahissement respectives de notre continent. MK
Au lecteur
Correction sur le paragraphe qui commence par : Mais, revenons à Mugabe qui est pour nous le prototype à la fois incompris et défaillant d´une Afrique qui, après une lutte de libération cruelle et pleine en inhumaines et méprisantes énergies...
Lire dans le paragraphe concerné: Mugabe avait bien raison d´avoir agi de la sorte comme il avait raison de lutter pour (et non contre) l´indépendance de ce pays...
Merci. MK
Absolument effrayant
J´ai échangé quelques propos avec un ami du pays au téléphone ; ce qu´il m´a dit m´a complètement renversé. Les gens en Afrique sont à ce point désespérés qu´ils préfèrent des idiots peureux du genre Tsvangirai que des mordants à court de rouleau comme Mugabe ! Il avait eu 30 ans pour réussir, que diable ! Autant vivre en se prostituant, disait-il, que de mourir affamé avec sa liberté comme seul satisfaction. Tout le monde sait que Mugabe était condamné à l´échec ; faudrait-il que son peuple meurt avec lui pour flatter son orgueil ? C´est lui qui a perdu, pas le peuple ; il ne faut pas confondre les choses. Faudrait-il que l´Afrique continue á nourrir ses enfants d´une liberté vide et amère ? J´avoue que j´ai été abattu par ce plaidoyer pour le moins excédé. Shaka Bantou.
Le désarroi ...
La situation est critique pour toute l´Afrique. On peut maintenant commencer à philosopher á faire des citations de celui-ci ou de celui-là…la situation sur le continent, elle, ne s´améliorera pas pour autant. Il faut faire quelque chose ; il faut changer les choses au mieux. La misère et la pauvreté ne peuvent pas être notre unique avenir !
L´Afrique doit, et ceci beaucoup plus consciemment qu´hier, générer les générations de la relève qui viendraient protéger ses acquis et abonder son bien-être et sa sécurité. Trop de dinosaures retardés dans leur extinction gèrent encore ce continent avec des politiques et des imaginaires enclavés ; et dans leur aveuglement, ils naviguent un vieux bateau prenant eau de toute part en prétendant amener les leurs à bon port. Il nous faut de nouveaux géants des mers en fer et de stabilité éprouvée pour nos prochaines traversées aux nombreux rendez-vous de l´histoire…et des capitaines d´industrie et de politique hardis dont la vision et la compétence savent nous ouvrir et protéger nos chances. C´est le problème de toute culture : engendrer des enfants doués, forts, créatifs, capables d´enrichir la vie sociale d´une célébration de l´existence qui offre à la société son meilleur visage de réalisation. En ce moment l´Afrique tarde à le reconnaître. A mon avis il n´y a pas lieu de désespérer, il a seulement lieu de faire diligence et assiduité ; les africains de demain sont déjà là, il suffit seulement de les mettre en places requises pour que les choses aillent beaucoup mieux.
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
FR
Un gouvernement d´union nationale à Mugabe...?
L´Union Africaine a demandé à Mugabe de consentir à un gouvernement d´union nationale. Un cri ambigu, au fait qui traduisait plus l´embarras que le sage conseil ; quand on sait que la plupart des gouvernements africains étaient présidés par des irascibles du pouvoir. Ni Mubarak, ni Kadhaffi ou Campaoré...etc n´ont jamais été ouverts à de telles concessions politiques. Alors ? N´avait-on pas plutôt l´impression que tous ces dinosaures voulaient faire des concessions de circonstance aux occidentaux qui, eux réclamaient la reconnaissance politique du peureux et désistant Tsvangirai ? Comment diable légitimer quelqu'un´un qui n´avait pas eu le courage de se faire élire par vote ? L´occident ferait mieux, à mon avis, de se chercher un nouveau prétendant...moins trouillard.
Pour ma part, cet incident est clos; ce qui ne relève pas Mugabe du devoir impérieux de relever son pays, lui qui a un si haut respect de sa liberté. Dernier rappel. Il ne pourra pas toujours se cacher derrière ses mérites passés de la lutte pour l´indépendance. La liberté, il faut tout de même en jouir et la déguster au lieu d´en souffrir éternellement ! Je sais, ce ne sera pas facile avec un occident affûté au néocolonialisme...mais c´est un combattant, il connait son monde. Dommage qu´il ne fasse pas appel à nous pour organiser son économie, les gens seraient bien surpris dix ans plus tard. A tout prendre c´est à lui que je fais, malgré tout, confiance. Mais il faut des résultats, que diable et vite ! Shaka Bantou, j´ai dit !
Pour moi cette affaire ne fait que commencer
Je me suis donné, ces deux jours, la peine de lire toutes les déclarations que Mugabe a faites depuis. Et hem, on peut le comprendre. Ce que je déplore, c´est que dernièrement il y ait eu des violences physiques envers des fermiers blancs. La violence est toujours une saloperie. Cependant que ces mêmes fermiers s´opposent toujours à la réforme agraire de Mugabe. Or, ces terres ont été volées (c´est le mot juste) aux noirs pendant la période de la Rhodésie de Ian Smith. On n’oublie pas que ces blancs avaient empoisonné les terres des noirs avec l´anthrax qui les rendirent incultivables pendant 50 ans pour affamer les combattants de la lutte pour l´indépendance. Ceux qui pensent que Thabo Mbeki a une quelconque influence ne doivent pas oublier l´histoire de l´assistance militaire massive de l´apartheid à Ian Smith et ses crimes. Et les récents massacres publics et chasse aux étrangers (la plupart zimbabwéens) en Afrique du Sud ne met pas l´Afrique du Sud en position de pédagogue et maître d´école démocratique.
Une phrase de Mugabe m´a émeut lorsqu´il a dit excédé : « This is a black land ! » et je ne sais pas, en moi, comme un éclair toute l´histoire américaine de l´esclavage, toute l´histoire de l´Apartheid, celle des colonisations…tout m´est revenu à la gorge.
Et ma foi…cette liberté couverte du sang de nos femmes et de nos enfants innocents, et pour laquelle se sont battus avec acharnement tant et tant de combattants inconnus dont les enfants aujourd´hui devaient se demander si, comme en Afrique du Sud ils devraient serrer la main à leurs assassins d´hier ou leur abandonner les terres les plus fertiles de leur cher pays…Ma réponse est NO QUESTION. Et malgré que je demande à Mugabe de faire diligence en relevant son pays rapidement, je suis hélas...de son côté. C´est, je crois, une question de principe. Et l´occident qui fait campagne en ce moment contre cet irascible doit se demander si elle n´a pas courte mémoire lorsqu´il s´agit des africains en général. Cet occident oublie qu´il a soutenu pendant des siécles, sinon de longues décennies entières ceux des leurs qui noyaient l´Afrique dans le sang de ses propres enfants et leur privait de droits et de liberté en les pillant honteusement! La souveraineté et l´indépendance africaine ne doit à aucun prix être, par quelque viles concessions que ce soit, remises en cause.
Ce qui ne dispense pas Mugabe à ouvrir son peuple vers une plus grande tolérance politique intérieure. Aimer son peuple, ce n´est pas le mettre en prison ou le laisser mourir de faim. Envers l´extérieur, cependant, je lui demande de rester intransigeant. Mais l´économie…il faut absolument la remonter ; c´est la clé de toute liberté sociale.
Curieux que les africains négligent à ce point l´économie. Ou alors l´idée qu´ils se font de l´économie est trop lascive. Tous les africains parlent de liberté, de démocratie et même de progrès ; mais lorsqu´il s´agit de défendre efficacement ces valeurs par un travail assidu et détaillé, ils se mettent à prier et à accepter le retour du colon blanc…ou encore ils veulent que l´aide étrangère vienne les sauver de leurs incompétences…Il faut savoir ce qu´on veut, pardieu !
Musengeshi Katata
FR
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