Rechercher sur AfrikBlog

Forum Réalisance

Cet espace va à la recherche de l´existentialisme de l´homme noir pour lui permettre de mieux se déterminer face à l´histoire et face à la réalisation de sa liberté.

28 juin 2008

Mugabe un malaise africain insoluble ?

La campagne internationale (surtout occidentale) faite actuellement contre Mugabe est-elle crédible ? Fuir les élections comme l´a fait Morgan Tsvangirai afin de pousser les forces occultes occidentales à lui offrir le pouvoir, cela témoigne-t-il d´un courage ou d´une saine conviction démocratique ?

Le Zimbabwe entre le mal de soi et la fausseté

Curieux. Lorsque je disais que Mugabe avait épuisé ses chances et qu´il devait se retirer, toute l´Afrique et la plupart des africains me le reprochèrent. Et maintenant ? Faut-il aujourd´hui offrir le pouvoir gratuitement à un Morgan Tsvangirai qui allait se cacher à l´ambassade des Pays-Bas en se retirant du seul instrument reconnu pour légitimer un leader politique, le vote ?

Morgan Tsvangirai peut aujourd´hui arguer ce qu´il veut ; qui peut le vérifier ? Et ceux qui se cachaient derrière lui, et qui lui avaient conseillé à jouer ce jeu afin qu´ils aient l´opportunité d´intervenir militairement en Afrique, se rendaient-ils compte qu´ils avaient donné à Mugabe et à toute l´Afrique une nouvelle occasion de décrier l´impérialisme occidental et son néocolonialisme borné ? Si l´opposition avait refusé d´aller aux votes, pourquoi cette opposition serait-elle secourue au nom de valeurs démocratiques ?

Bien sûr on argumentera que Tsvangirai avait été menacé, ses adhérents poursuivis, intimidés et mêmes abattus…les images qui couraient le monde actuellement étaient mêlées d´images anciennes, d´images déplacées ou décousues de leur contexte réel. On voulait à tout prix traîner Mugabe à l´échafaud, cependant que ceux qui jouaient à ce jeu oubliaient le véritable enjeu politico économique au Zimbabwe. Il s´agissait plutôt de noyer son chien et par la même occasion de faire main basse sur le Zimbabwe que de permettre à ce pays de promouvoir et d´entretenir son indépendance économique et politique. Parce que sinon l´occident concerté n´aurait pas levé envers ce pays un embargo économique qui le repoussait à la pauvreté.

Tout le monde est d´accord que Mugabe doit partir. Mais pas en abandonnant ce pays aux crocodiles occidentaux de l´exploitation internationale. Or, selon toutes les apparences, c´est ce que Morgan Tsvangirai cache derrière lui. Les élections en Afrique, et on l´a vu au RDCongo avec l´aide de Louis Michel ou au Kenya dernièrement, sont toujours passibles d´orientation voulues. Mais on peut les mettre en cause et exiger que l´opposition, comme au Kenya, soit reconnue et adjointe à la gestion et à l´exercice du pouvoir. Mais pour cela, il faut une entrée aux urnes afin de savoir quelle est la valeur réelle des forces en présence. Et naturellement habituer ces prétendants au pouvoir à respecter l´instrument démocratique premier qu´est le vote. Sinon, ils risquent, et cela malgré leur notoire incapacité, à siéger le pouvoir à vie. Et ne l´oublions pas, comme au Burkina Faso de Campaoré, au Gabon de Bongo, au Tchad…etc, avec l´assistance et la protection tacite des puissances occidentales !

Mais, revenons à Mugabe qui est pour nous le prototype à la fois incompris et défaillant d´une Afrique qui, après une lutte de libération cruelle et pleine en inhumaines et méprisantes énergies (On se rappellera que l´Afrique du Sud de l´Apartheid développa un Anthrax sélectif qui ne s´attaquait qu´aux noirs et le mit à la disposition de Ian Smith alors premier ministre de la Rhodésie aujourd´hui Zimbabwe. Celui-ci empoisonna les terres agricoles, le bétail dans tous les territoires fréquentés par les partisans de Mugabe.). C´est d´ailleurs pourquoi Mugabe se saisit de terres appartenant aux grands propriétaires blancs qui s´étaient d´autorité et par la violence, donnés les meilleures terres du pays. Et on peut dire ce qu´on veut, Mugabe avait bien raison d´avoir agit de la sorte comme il avait raison de lutter contre l´indépendance de ce pays. Sa lutte était non seulement légitime et humaine, elle était fondée vu tous les injustices et les exactions que les rhodésiens blancs s´étaient permis, avec l´aide et au vu et au su de tout l´occident, à perpétrer sur les africains dans leurs propres pays.

Faudrait-il citer l´exemple de l´Afrique du Sud et de l´Apartheid, du RDCongo, son caoutchouc rouge et toutes les exactions que Léopold II avait commis sur les populations congolaises afin que les gens qui aujourd´hui, tout en ayant la mémoire courte, s´abaissent à réclamer le retour du néocolonialisme en Afrique ? Et à propos, il n´y a pas longtemps de cela les sud africains s´en prenaient aux africains étrangers sur leur territoire, est-ce là la preuve qu´abandonner son économie aux occidentaux comme l´Afrique du Sud, le paradis n´était garanti. Les noirs en Afrique du Sud, et malgré qu´ils livraient leurs matières premières á tout l´occident, souffraient aujourd´hui de 40% de chômage ! Et le pouvoir politique sud africain n´avait pas les moyens de changer les choses parce toute l´économie était aux mains de leurs ténébreux bourreaux d´hier aujourd´hui riches, influents et à l´abri de toute poursuite ou responsabilité pénale…

Ce qui me dérange, et beaucoup d´africains sont de mon avis c´est qu´on demande toujours aux noirs, que ce soit aux Etats-Unis ou en Afrique, à accepter de ne pas se révolter ou traîner en justice tous les blancs qui s´étaient permis des crimes les plus vils sur la race noire. Bien au contraire, on attentait du noir qu´il pardonne, qu´il sourie, et efface de sa mémoire les douleurs et les exactions psychiques que les blancs, au nom d´une idéologie raciale bancale, leur avaient infligé. Passe encore, mais là où le vase débordait, c´était que les occidentaux veillaient toujours à ce que l´économie resta en leurs mains et en celui de leur race. Et cela, c´est inadmissible, parce que socialement les choses n´ont pas changé. A la longue, et on le voit aujourd´hui aux Etats-Unis, en Afrique du Sud, la confrontation et le déséquilibre social est programmé. La justice sociale reste un vain mot.

Maintenant, la grande erreur de Mugabe est, comme bien d´arrivistes politiques en Afrique actuellement, de ne pas avoir eu le talent d´organiser et de structurer sa société pour aboutir à l´industrialisation. Parce qu´il n´y a que là que la société est vraiment libre. Notamment parce que la science et la technique efficacement cultivées et épuisées, donnent à la société de multiples instrument et moyens de libre et véritable réalisation. Toute l´Afrique noire, sur ce point de vue, cafouille énormément tout brillant dans la superficialité et le paraître. Or ce domaine est exigeant d´efforts rationnels et créatifs aux limites les plus précises et détaillées de ses résultats. Et n´ayant eu ni saisi, ni réalisé ou mis effectivement en chemin ce train social, Mugabe et son pays sont encore dépendant de ceux contre lesquels ils se sont si bravement battus jadis. Et ceux-ci veulent reprendre les choses en main…

Et maintenant, voyant venir la fin de sa vie et ne sachant plus comment il pouvait changer les choses (après tout il a eu plus de 30 ans pour le faire !), il n´a d´autre issue que de mourir au pouvoir ; d´autant que l´occident entier, dans ses habitudes, aime à condamner en Grande Cour tous ceux qui se sont imposés à elle. Les raisons sont toujours vite trouvés. Même si on se demande quand les criminels blancs historiques et connus envers les noirs seraient traînés devant les tribunaux et jugés. Eux pouvaient se promener de par le monde et continuer à servir l´ordre blanc, Mugabe, cependant, ne buterait certainement pas devant la même compréhension comme, par exemple le président Georges W. Bush pour son agression en Irak. Ah, oui, lui était puissant…et blanc.

L´organisation de l´Unité Africaine aurait déjà dû intervenir dans cette affaire qu´on ne se trouverait pas dans cette situation pourrie d´aujourd´hui. Cette organisation, plus ambitieuse qu´effective, se trouve elle aussi confrontée au dilemme d´identification et de réalisation que pose l´avenir de l´Afrique. Et s´il passe inaperçu aux incurables occidentaux que les africains, eux aussi, comme toute race sur cette terre, a droit à la liberté et à la réalisation ; ni dans les institutions africaines, ni dans ses peuples les incessantes intrigues économiques occidentales afin de chosifier ou, du moins, de garder la mainmise sur ce continent en l´assujettissant à leurs intérêts et leurs étroites priorités, la liberté ou la souveraineté africaine n´est mise à disposition. Seulement, seulement, l´infantilité, l´incompétence, la naïveté avec laquelle les élites africaines défendaient ou organisaient les doits et l´avenir des leurs laissaient aujourd´hui encore à désirer. Ce qui ouvrait toutes les portes à la corruption, le découragement, l´aliénation suicidaire et l´exploitation économique, financière, culturelle. Exactement ce dont on voulait se garder !

Certes, on ne peut ni vivre éternellement dans le passé, dans la haine ou la révolte ; tout le monde le sait. Pour redevenir positif, il faut cependant que ceux qui ont toujours été préjudiciés recouvrent le sentiment que la justice humaine existe et que leurs efforts ne servent pas à enrichir ceux qui, aussitôt puissants et riches, les privent de légitime bien être social et d´avenir à eux et à leurs enfants. Dans cette histoire Mugabe nous sommes tous impliqués. Et ceux qui croient aujourd´hui être en mesure de donner des leçons de démocratie ou de justice sociale aux autres, devraient relire leurs propres histoires sociales ; ils seraient surpris, s´ils sont objectifs, de découvrir des actes répétés et volontaires de la plus grande bassesse envers les autres peuples. Et le pire est que ces actes d´hier répercutent leurs effets encore aujourd´hui pendant qu´eux parlent si bravement de liberté, de démocratie, de justice sociale !

Accepter ou emménager un changement salutaire à tous, ce n´est certainement reproduire les erreurs d´hier sous d´autres fallacieuses intentions. Ni repousser les légitimes revendications de ceux qui ont toujours été lésés : les faibles, les discriminés, les exclus. Sans cela nous ne donnons qu´à des gens comme Mugabe le sentiment qu´ils n´ont d´autre alternative que…de persister dans leur lutte infructueuse. Et cela, ce n´est pas une victoire pour tous, mais bien une défaite cuisante à la liberté dont nous portons tous la responsabilité. Une chose doit cependant être comprise, surtout des occidentaux : nous en avons marre d´être traités comme des gens, comme une race à qui on n´offre qu´une liberté vide de vagabond de l´histoire voué à toutes les chosification, sans bien être ou sans droit à une réalisation culturelle, sociale, économique. Qu´on se le dise. 

Musengeshi Katata

"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"

Forum Réalisance

Posté par Musengeshi Kat à 21:24 - Impact de l´actualité - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 juin 2008

Mandela, un symbole générateur réel de liberté ?

A l´occasion de la fête du 90ième anniversaire de Nelson Mandela à Londres, l´occasion de féliciter cet enfant chéri de la terre africaine ; mais aussi de nous demander ce que cet homme vaut pour nous ; ce qu´il nous a rendu ou ce que le symbolisme de sa vie réserve à la génération future.

Au-delà du simple symbolisme

Chaque fois qu´on le voit, chaque fois qu´on entend parler de lui, c´est à peine si on peut oublier que cet homme avait cruellement souffert 28 ans de sa vie enfermé dans une prison de l´Apartheid sud africain. La lutte pour laquelle il avait été illicitement incarcéré a vaincu et lui-même avait retrouvé, en devenant le premier président noir de l´Afrique du Sud, la place qui lui revenait de droit. Après avoir cédé cette illustre fonction publique à Thabo Mbéki aujourd´hui, force est de nous demander : tout est-il revenu dans l´ordre ? La victoire de la libération de notre plus précieux symbole politique vivant nous a-t-il ouvert l´espoir que nos droits et nos libertés en terre ancestrale d´Afrique du Sud seraient désormais respectés ? Qu´est-ce qui a changé depuis ; et que reste-t-il à faire afin que l´idéal attaché à la vie de cet homme lui rende, à lui et à nous, justice réellement ?

Et du coup on se rappelle des fraîches émeutes sanglantes ayant secoué l´Afrique du Sud. Plus de 43 morts africains étrangers en Afrique du Sud, ou encore le rouge de ces statistiques sociaux qui expliquaient, entre autre, pourquoi les sud africains noirs, excédés par le chômage et la pauvreté (40%) qui les frappaient, cherchèrent des boucs émissaires dans les étrangers zimbabwéens ayant trouvé refuge chez eux. Les problèmes ne faisaient-ils que commencer, ou les noirs aux rênes du pouvoir politique avaient été déjoué et se trouvaient, les mains vides, devant une flambée de désirs et de besoins qu´une économie trop lente (apparemment) à satisfaire les attentes de ceux qui souffrirent jadis l´enfer et furent privés de bien de droits afin que les boers de l´Apartheid s´enrichisse et exerce sur eux une scandaleuse domination.

L´occasion, en disant Happy Birthday, Mister President ; de se demander ce que l´avenir nous réserve. Car si l´histoire reconnaîtra toujours en Mandela un héro, la valeur réelle qu´il représentera pour nous, pour toutes les générations futures d´africains, et mêmes d´enfants du monde, dépendra non seulement de la compréhension profonde du symbolisme qu´il nous aura légué, mais aussi de l´enjeu et de l´usage que nous auront fait de son contenu véritable. Ce symbole Mandela n´appartient pas seulement aux sud africains seuls, loin de là ; il appartient aussi à tous les étudiants du monde, à toutes les nations et les femmes et hommes de bonne foi qui ont élevé la voix pour combattre l´Apartheid et obtenir ainsi à la libération de son leader le plus charismatique.

En cette place, nous remercions tous ceux qui se sont battus aux côtés de l´Afrique entière, pour un idéal humain allant au-delà des frontières, de races, des couleurs et idéologies politiques. Après quatre longs siècles d´esclavage, des décennies de colonisations sanglantes et destructrices de nos cultures et de notre souveraineté, des indépendances truquées et mensongères, l´Afrique eut enfin le sentiment, avec la libération de son leader et symbole le plus cher, que le monde avait fini par reconnaître et accepter les droits légitimes et la liberté de l´homme noir. Quel soulagement ! Notre joie était aussi grande que notre désespoir l´a été ces longs siècles d´exactions et d´injustices.

Maintenant, et devant le jugement de l´histoire humaine, et surtout celles de nos brûlantes espérances quotidiennes auxquelles nous devons rendre justice rapidement afin que ce symbole garde sa valeur et son contenu enrichissant, nous nous devons d´organiser et de défendre au mieux ce que ce combat humain fondamental nous a légué. C´est notre façon d´aimer Mandela, mais aussi de nous aimer nous-mêmes en respectant ce qu´il y a de précieux et de profond dans l´exemple et la portée de ce combat, afin qu´à l´avenir le grand idéal de liberté et de droits humains dans lequel le monde entier nous a rejoint, le faux, le mépris et l´incompris ne viennent y semer leurs mauvais grains.

Bien sûr nous ne sommes pas aveugles, qu´il nous semble bien que les choses auraient pu être conclues autrement, ou que les forces en présence n´ont pas changé ; elles se sont plutôt retranchées derrière leurs intérêts réciproques. Et que même si les règles de l´enjeu social en terre sud africaine ont changé, l´homme noir, comme toujours et cela malgré toutes ses souffrances passées, est de nouveau contraint à se battre pour regagner le terrain qui lui revient de plein droit. Mais ceux qui nous sous estiment se trompent ; nous sommes du combat, de la nuit des temps inépuisée par des désirs et des vœux brûlants que l´histoire entière ne saurait entièrement assagir, tant est grande notre soif. Aussi, c´est avec joie et même profonde fierté qu´en fêtant le 90ième anniversaire de Nelson Mandela nous pouvons dire : « En avant, et que rien ne nous arrête sur le chemin de notre pleine et souveraine réhabilitation » !

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

Forum Réalisance

Posté par Musengeshi Kat à 18:58 - commémoration - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 juin 2008

Etats-Unis. Des bébés pour lutter contre la misère sociale ?

Massachusetts, Gloucester. Dans une petite ville de 30.000 habitants gangrenée depuis trop longtemps par le chômage et le délabrement social, 17 jeunes filles écolières de 16 ans se sont fait expressément engrosser pour…lutter contre la détresse sociale provoquée par la pauvreté.

Des cris de désespoir social qui en engendraient d´autres

Curieuse complicité qui a poussé 17 jeunes écolières encore enfant entre 15 et 16 ans à se laisser engrosser pour avoir, dans le froid social de Gloucester dans le Massachusetts, « quelqu´un qui les aimes inconditionnellement et sans retenue ». Ces jeunes filles se choisirent des pères génitifs à l´aveuglette parmi leurs collègues écoliers, des amis ou camarades consentant, et même dans un des cas, un sans logis de 24 ans. gloucester

L´histoire éveilla quelques soupçons lorsque dans la petite ville le nombre de tests de grossesse augmenta tout à coup, autant que les gynécologues furent surpris de la joie soudaine que provoquait chez de jeunes filles l´annonce de grossesse. Ou au contraire la déception qu´accusaient ces jeunes personnes lorsqu´elles apprenaient qu´elles n´étaient pas enceintes.

Et depuis, la propagation de ce futur boom de bébés chez les mineures de la High School de Gloucester, une petite ville de tradition catholique vivant de la pêcherie située à quelques 50 km de Boston, les discussions vont bon train. On se demande par exemple s´il n´aurait été sage de distribuer des préservatifs aux jeunes ou encore si ces jeunes filles savaient le poids d´obligations qu´elles avaient endossées ?

Tout cela ne peut plus changer quelque chose à l´acte concerté de ces jeunes filles ; ni les critiques des adultes, ni la déception évidente du directeur de la High School : Joseph Sullivan.

Certes, la dépression économique frappait Gloucester de plein fouet depuis 20 ans, ce qui avait détruit des familles, causé et entraîné au sein de la vie journalière de la petite ville une pauvreté et une morosité sociale profonde. Mais est-ce vraiment une raison pour s´abaisser à de telles extrémités à 16 ans ? Ces filles n´avaient-elles pas elles-mêmes restreint leurs libertés en l´enchaînant à de lourdes responsabilités maternelles ? Cela choquait tout le monde, sauf les jeunes filles qui semblaient vouloir à tout prix brusquer leurs familles et la société.

Et il faut bien se demander si, lorsque la jeunesse n´a plus aucun autre moyens de crier son désespoir et sa révolte qu´en procréant des enfants dont on ne savait même pas comment ils vivraient demain ; si un tel contexte social ne ferait pas mieux de faire diligence envers l´avenir de ses enfants au lieu de faire des guerres coûteuse et inutiles de par le monde. Ou de se refuser à des réformes sociales qui créeraient de nouveaux emplois et redistribueraient plus équitablement les revenus au sein d´une Amérique de vrai rêve américain.

Demain, ces nouveaux enfants diront peut-être, dans leur premiers balbutiements dans les bras de leurs mères : ô maman ; et certains entendront peut-être : Obama…qui sait ? En tout cas il serait grand temps que ce conservatisme économique qui, tout en fermant les yeux et les oreilles devant le désespoir enragé de ses propres enfants, prétendait néanmoins garantir à tous la liberté, la démocratie et le rêve américain. Si ce n´était pas se moquer de son monde pendant que les uns s´enrichissaient scandaleusement, et que d´autres vivaient en marge éloignée de la société, de tout confort, de tout espoir légitime de changer quoi que ce soit à leur condition. Etait-ce vraiment cela, le rêve américain ? Drôle de rêve qui avait pour les uns tous les aspects de cauchemar sourd et ténébreux !

Musengeshi Katata

"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"

Forum Réalisance 

Posté par Musengeshi Kat à 14:48 - critique et objectivité - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Valeurs humaines et contradictions : le vu et le caché de notre sens de justice

Apparemment juste et évident : l´ONU condamne dernièrement les viols de femmes commis dans les conflits armés. Mais voilà : ne pas empêcher ou condamner le conflit armé lui-même qui a conduit au meurtre de vies humaines (militaires ou civiles), et cependant s´en prendre au viol…celui qui peut tuer pour une raison ou pour une autre, recule-t-il devant le viol d´une femme ?

Justice désaccordée, justice de circonstance ?

Nous sommes tous d´accord que le viol, qu´il soit exercé en période militaire ou civile, est un vil crime et qu´il doit être puni sans la moindre tolérance. Mais disons-le aussi : à toutes les époques humaines, toutes les armées se sont abaissées à de tels crimes parce qu´ils avaient le caractère psychologique de combattre les adversaires dans sa fierté morale. Que ce soit au Vietnam, pendant la deuxième guerre mondiale de tous les côtés, le viol était à l´ordre du jour quand l´occasion et la basse morale du combattant et de ses supérieurs l´autorisaient. L´année passée, les Etats-Unis ont rejeté la motion présentée le 7 juillet 2007 au Congrès américain par le représentant démocrate de la Californie, Mike Honda, élu de la Silicon Valley, qui condamne le Japon et exige que Tokyo assume sa responsabilité à l'égard des «femmes de réconfort», ces 200 000 esclaves sexuelles coréennes, taïwanaises, philippines, chinoises de Malaisie ou néerlandaises d'Indonésie entraînées de force dans les fourgons de l'armée japonaise par la Kampetaï, la police militaire, ou bernées par la promesse d'un travail. Alors, morale de circonstance ? Ces femmes n´avaient-elles pas mérité que les Etats-Unis qui avaient gagné la guerre leur rendent justice ?

Ce rejet de condamnation, pour conciliant qu´il fut à l´égard du Japon, ne cachait-il pas la conscience douteuse d´une Amérique qui, elle-même, et sous des prétextes des plus aventureux de l´interprétation de la Convention de Genève sur les prisonniers de guerre, priva volontairement le droit international reconnu aux détenus en leur faisant subir à Abu Ghraib, à Guantanomo un non droit assaisonné de traitements illicites et douteux pour un pays civilisé et se réclamant des droits des hommes, de la liberté et de la démocratie ? Jusqu´à ce que la Cour suprême américaine reconnut à ces détenus le droit de recours devant des tribunaux civils, ni l´ONU, ni qui que ce soit au monde ne sut leur venir en secours.

Et faisons une petite parenthèse pour apprécier de la dialectique de Nariaki Nakayama, qui fut jusqu'en 2005 ministre japonais de l'Education et des Sciences et qui préside la commission parlementaire chargée d'élaborer un projet de réforme de l'enseignement de l'histoire du Japon rétorquait : C'est très bizarre, dit-il. C'est comme si le Parlement japonais adoptait une résolution réclamant à George Bush de s'excuser pour la traite des Noirs. Cela n'a aucun sens !...“ Sur la prostitution forcée que le japon exerça sur ces femmes il disait, cet ancien ministre japonais de l´éducation : «Avant la guerre, la prostitution était légale. Ces femmes étaient des prostituées, en majorité de nationalité japonaise, puisque la Corée était un territoire japonais. Certaines de ces femmes étaient volontaires, d'autres étaient vendues par leurs parents très pauvres. C'est un très grand malheur qu'une vie de prostituée, concèda-t-il, mais c'était aussi une bonne affaire. Le moins qu´on puisse demander est : qu´en était-il de la liberté, des droits civils et humains de ces pauvres femmes ? En temps de guerre, manifestement, ces droits ne valaient rien du tout ; ils étaient soumis au bon vouloir de l´occupant. L´ONU avait beau condamner ceci et cela, si ce même ONU n´était pas en mesure d´empêcher ou d´endiguer les guerres…cette législation n´était applicable qu´aux perdants, ou, comme on le voyait au Darfour, ne se résumait qu´à de chaudes injonctions qui ne changeaient rien du tout pendant que la victime, elle devait vivre et s´accommoder de l´autorité humiliante de son agresseur. Etrange monde, n´est-ce pas… ?

L´ancien ministre japonais de l´éducation, lui, au sujet des exactions commises pendant la guerre par l´armée japonaise, reconnaissait : « le Japon a causé beaucoup de dommages en envahissant des pays étrangers». «Mais cela s'est passé à une époque où l'impérialisme et le colonialisme étaient la norme. Le Japon devait protéger son indépendance et la paix. . . Il y avait la menace d'une descente vers le sud de l'Union soviétique.» ici on avait bien l´exemple de quelqu´un qui se donnait l´absolution sans le moindre remord. Tout était explicable, sinon excusable avec des raisons subjectives bien claires et plausibles.

Au fait, que se passe-t-il dans notre culture humaine où apparemment les valeurs étaient, lorsqu´on était puissant et selon qu´on était, pour une raison stratégique ou politique protégé par des pays puissants; la justice humaine était-t-elle passible d´interprétation subjective hautement compréhensive ? Il n´y avait pratiquement pas de juge capable de juger ou de dire le droit. Et dans ces conditions, et si la justice ne s´appliquait qu´aux perdants, aux pauvres ; cette justice, que valait-elle pratiquement ? N´oublions pas qu´un Kissinger, par exemple, était recherché pour crime contre l´humanité, mais que l´Amérique ne reconnaissant pas le Tribunal International de la Haie, rien ne peut être entrepris contre lui. A moins qu´il ne soit arrêté à l´étranger sans le couvert d´un statut diplomatique qui le mettait à l´abri de toute poursuite. Que se passe-t-il donc ; l´Amérique serait-elle capable d´attaquer volontairement un pays comme l´Irak, par exemple, et y faire pendre son dictateur, mais elle se refuserait à ce que la justice soit faite sur un de ses citoyens présumé coupable de crimes contre l´humanité ? Nous y voilà. Cette Amérique reconnaissait-elle le reste du monde ou ne vivait-elle que d´après ses propres principes ? Et pourquoi le reste du monde devrait-il accepter une justice américaine qui ne le reconnaissait pas ?

Passe encore que la justice internationale soit…relative. A cet inconvénient, nous pouvons opposer le temps et la sagesse humaine. La justice est patiente, mais elle ne dort pas. Un jour prochain sa main de fer s´étendra sur ceux qui se croyaient à l´abri…Et justice sera faite. Non, plus dangereux était le faussement volontaire des valeurs de justice et d´équité afin d´innocenter ou de minimiser les crimes commis envers des victimes de faible lobbysme. Exemple : un De Clercq de l´Apartheid eut le loisir de visiter la France en toute quiétude pendant qu´un Thomas Sankara, par exemple, était assassiné comme un chien galeux avec la complicité de la France. Pourquoi ne l´a-t-on, jusqu´à ce jour, inculpé de crime contre l´humanité, ce De Clercq, lui et ses complices ? L´apartheid serait-il devenu un délit anodin ? Ou cette condamnation mettrait à jour l´ouverte complicité de tout l´occident à cette tragédie humaine cruelle et amorale ?

Autre chose : on arrêtait un Jean Pierre Bemba à Bruxelles pour le juger prochainement contre sur des présomptions de crime contre l´humanité ; ce qui était, s´il est reconnu coupable, une bonne chose. Et cependant, ne pas s´en prendre aux fonctionnaires français, par exemple qui fomentaient des rébellions armées en Afrique pour asseoir des dictateurs sanguinaires envers les leurs et empressés aux intérêts français ou encore s´en prendre aux marchands d´armes dont les engins de mort mettaient, dans l´intérêt de quelques métropoles occidentales, l´Afrique à feu et à sang pour mieux la piller et y déverser leurs excédents appauvrissants…si tous ces actes n´étaient pas délibérément criminels et ne relevaient pas de crimes contre la liberté et les droits des peuples ; qu´étaient-ils donc ?

Dans notre monde où de simples exportations de produits étrangers hautement subventionnés et vendus à vil prix, comme ce fut le cas de la Jamaïque avec le lait de Nestlé et pour le Ghana, le Burkina Faso, le Mali pour les viandes de l´Union Européenne, le sucre, les tomates, les oignons, le poisson, le poulet surgelé et autres denrées agricoles massivement imposées sur ces pays ; ce qui causait la destruction volontaire ou l´écroulement de l´agriculture et de l´élevage de ces pauvres pays sous développés, la justice sociale ou juridique sont devenus d´énormes points d´interrogation. Et on se demandait bien si les gouvernements qui encourageaient leurs exportateurs avec des subventions bienveillantes à étouffer avec des prix de dumping l´agriculture et l´élevage des africains ; si ces gouvernements n´étaient pas complices de la pauvreté et de la misère que l´abattement de ces deux importants secteurs de l´économie de pays en voie de développement ne s´étaient pas rendus coupables d´un terrorisme économique moderne de la pire des sournoiserie.

Business as usually, diront certains; et pourtant, s´époumoner plus tard à l´ONU ou au G8 en faisant appel à l´aide pour les pauvres menacés par la famine ou les agressions militaires gratuites…si tout cela était logique et réellement efficace à combattre les maux de notre époque par la racine. Ou, et c´est la conclusion qui s´en dégage dans notre monde où les valeurs sont trompées ou interprétées au gré des intérêts subjectifs dominants, on essayait de faire bonne figure et beaucoup de bruit, dès lors qu´on s´en prenait aux conséquences, au lieu de combattre le mal à ses racines. Et j´irai plus loin : ces aides qui revenaient sous des formes diverses abonder et enrichir des comptes privés africains ou européens alors qu´ils étaient destinés à sauver des vies humaines contre la pauvreté et la misère la plus écoeurante pour notre époque, tous ceux qui s´adonnaient à cette immonde escroquerie, banquiers et clients ; n´étaient-ils pas coupables de génocide social ? N´avaient-ils pas été coupables, d´escroquerie criminelle, d´abandon et de non assistance à personne en danger imminent ?

Non, il n´existe pas de monde parfait, parce que nous-mêmes, en tant qu´êtres humains, nous ne sommes pas parfaits ; ce qui n´est pas une raison pour fermer les yeux devant des exactions évidentes et répétées. Et si nous voulons vivre dans un monde relativement meilleur que celui d´hier, notre sens de justice doit s´élever à répondre aux exigences complexes et détaillées de notre monde de jour en jour ouvert et changeant. Ce qui veut dire que la justice ne doit pas rester enfermée dans ses chaussures traditionnelles ; elle doit avoir le courage, et cela au nom d´un idéal commun élevé de commune utilité, de faire face aux défis que nous imposent tous la modernité. Nous avons à débattre ou à combattre aujourd´hui les soubresauts insalubres d´un terrorisme islamique indécent ; si à cette perversion de l´islam nous ne savons pas imposer un système de valeurs reposant sur des valeurs intrinsèques, valables et impératives pour tous, ce ne sera pas quelques expéditions punitives militaires qui nous garderont de prochaines flambées. Ce ne sont pas les armes et la répression qui font la grandeur et le bien être respecté d´une culture, d´une civilisation humaine ; mais bien le sentiment de respect et de protection que nous dispense la confiance en des valeurs permettant à chacun de vivre sa vie paisiblement.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

Forum Réalisance

Posté par Musengeshi Kat à 01:00 - Echange d´opinion - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 juin 2008

Morgan Tsvangirai prend les jambes à son cou

Ayant longtemps espéré l´aide concrète de la communauté internationale, et devant les menaces et la guerre psychologique menée par Mugabe contre lui, le leader du MDC jette l´éponge et se réfugie à l´ambassade du Pays Bas.

Plus de peur que de conviction politique ?

Eh oui, tout le monde n´est pas né courageux comme Thomas Sankara, par exemple, ou Patrice Lumumba. Beaucoup d´africains aiment la politique parce qu´elle procure, dans des milieux sans infrastructure et sans société organisée et productives de leurs moyens et instruments de réalisation, le moyen le plus rapide de s´enrichir. La plupart d´entre eux ne savent ni remplir les devoirs de l´état, ni organiser et promouvoir le développement de leurs peuples. Il s´ensuivait en Afrique une armée de parasites et d´opportunistes qui s´engluaient autour du pouvoir comme des mouches enfiévrées autour de faisanderies. Tous voulaient rouler en voiture luxueuse, consommer les importations étrangères, mais personne ne savait comment promouvoir les siens et les protéger dans un monde où le commerce occidental des excédents industriels faisait des victimes condamnées pour des décennies entières à la pauvreté en épuisant sournoisement leurs accumulations.

On y envoyait l´aide occidentale orientée, mais cette aide revenait par des canaux de consommation, de commandes d´armes ou de placements financiers privés dans les banques occidentales. En fait, ce n´était qu´un petit détour qui ne menait nulle part, sauf á la fierté vide d´avoir octroyé l´aide. On se croirait, dans ce système illusionniste, dans de méchants tourds de passe-passe. Et pendant ce temps, les matières premières des pays concernés étaient épuisées à la vitesse grand V. pendant que son arrière pays était noyé de boite de conserves, de lait en poudre, de viandes et de poisson plusieurs fois subventionnés des pays industrialisés. Même la riche Amérique jouait au dumping de ses prix du coton, du sucre, du mais et du riz empêchant ainsi les paysans africains de survivre. L´incroyable monde antagoniste africain.

Il faut avoir le courage de dire ou d´écrire ces choses ; mais que nous reste-t-il donc si nous voyons nos femmes et nos enfants mourir de faim et d´apathie chaque jour ? Avons-nous encore le choix que de protester et dire tout haut ce que les nôtres souffrent sourdement ? Morgan Tsvangirai, lui, a jeté l´éponge et à toute jambes il s´est mis sous la protection diplomatique de la Hollande. Il a craqué, comme on dit. Personnellement je n´ai jamais apprécié ni de son intelligence, et comme on le voit aujourd´hui, ni de son courage. Il était de ce prototype africain joufflu et obèse qu´on rencontrait actuellement chez les africains qui vivaient aisément aux dépends des leurs. Mais à aucun moment, dans aucun de ses discours il n´a fait preuve de réelle intelligence ou de lucidité politique exceptionnelle. Après tout, on était en droit de l´exiger de lui, s´il prétendait vouloir gouverner le Zimbabwe et battre le brillant orateur périmé qu´était devenu Mugabe.

Et maintenant ? Morgan Tsvangirai espérait-il qu´on lui donnerai le pays sans qu´il eut participé aux élections ? Tous ceux qui étaient prêts à l´aider ne sont-ils pas poussés à revoir leurs intentions ? Avoir la tremblette plus aigue que le courage et la lucidité politique ; étaient-ce là les qualités premières d´un leader politique convaincu ? J´en doute sincèrement. Ravier Solana a dit que les élections zimbabwéennes étaient une parodie démocratique. Mais, cher monsieur Solana, où se trouve en Afrique une vraie démocratie ? Venant d´un grand fonctionnaire de l´Union Européenne qui devait nécessairement être au courant que bien de membre de cette l´Union mettaient tout en œuvre pour chosifier les pouvoirs africains, cela étonne vraiment.

En tout cas, dommage pour le peuple zimbabwéen abandonné aux mains incapables d´un dinosaure dépassé qu´est devenu Mugabe. Et même si l´ONU ou quelques gouvernements étrangers intervenait en faveur du fugitif Tsvangirai, le mal était fait et consommé : il ne se débarrasserait pas aussi vite de sa réputation de rat peureux impressionné par la guerre psychologique de son adversaire qui n´avait plus aucune chance de relever ou conduire à un meilleur avenir le pays. A la fausseté du pouvoir africain s´ajoutait la frousse…pas de quoi être fier, en tout cas. Le pouvoir, lorsqu´on le brique, il faut avoir le courage de l´emporter ; plutôt que d´attendre qu´on vous l´offre pendant que vous vous cacheriez dans quelques ambassades. Mais qui sait, peut-être que le Zimbabwe compte de gens plus courageux, et nettement plus avertis du pouvoir que notre Kimble Morgan Tsvangirai. Sinon ce beau pays du zimbabwe sera toujours gouverné par des dictateurs illuminés comme Mugabe. Dommage.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

Forum Réalisance

Posté par Musengeshi Kat à 01:22 - Impact de l´actualité - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Sur la conférence sur le prix enflammé du pétrole

A Djeddah, en Arabie Saoudite, une conférence au niveau ministériel est organisée par Le roi Abdallah. Elle réunit 36 pays, 7 organisations internationales et 22 compagnies pétrolières. Le prix actuel élevé du pétrole est-il contrôlable, et dans quelle mesure ?

Tous au chevet d´un malade imaginaire ?

Si on me demandait mon avis, je dirai que cette conférence, pour peu soucieuse qu´elle soit de la flambée actuelle du prix du brut, est plus un palliatif qu´un évènement dont les décisions peuvent changer quoi que ce soit au prix futur du pétrole. Pourquoi ? Mais parce que le prix du brut est fixé par le marché, et celui-ci a déjà pressenti la fin prochaine du nectar industriel noir autant qu´il a enregistré l´augmentation de sa consommation sur le marché mondial. Peut-on alors, en augmentant la production, changer les choses et baisser le prix du brut ou le contrôler ? C´est une illusion, à mon avis, car le pétrole touche à sa fin, cependant que sa consommation, elle, attisée par l´industrialisation chinoise et indienne, s´intensifie.

Alors, que fait-on que diable à Djeddah ; boire le thé ensemble ou jouer à un rituel vide ? Ne ferait-on pas mieux, au lieu de frapper désespérément à la fausse porte, de s´apprêter rapidement à changer de système de propulsion automobile ? A s´atteler au principal, plutôt qu´à vouloir régulariser un marché immense qui échappait désormais à tout contrôle centraliste concerté ? Dans quelle économie, vivait-on, que diable, pour que même le plus grand producteur puisse dicter son prix malgré qu´il gagnait énormément dans la hausse ? S´agissait-il seulement de faire preuve de bonne foi, ou cette conférence n´était rien d´autre qu´une consultation au sommet du désarroi ?

Rien à mon avis ne peut plus nous sauver de l´irréversible : la fin du pétrole que les futuristes allemands situent au plus tard dans 10 ans. Et d´ici là, la spéculation et la surchauffe de la demande faisant, le prix, et cela malgré les larmes de certains, va augmenter incessamment. Pure loi de la rareté d´un produit. Pourquoi ne ferait-on pas comme le futurologue le conseillent hâtivement : décrocher et s´atteler à investir dans un système énergétique dont la source serait infinie dans la nature ou reproductive à loisir. A force de s´accrocher à un faux malade dont on essayait vainement à soigner la fièvre de cheval, ne ferait-on pas mieux de changer de fusil d´épaule et avaliser dans l´industrie et la société des sources d´énergie qu´on a longtemps négligé ou refusé, sous la gourmandise du pétrole, à reconnaître ?

Le grand choc aujourd´hui de la fin du pétrole ainsi que celui de la flambée de son prix était-il prévisible ? Mais bien sûr. C´est depuis longtemps que les verts, notamment, le disent. Et bien de chercheurs se sont mis à la recherche de solutions de substitution. Hélas, comme enfermé dans une rage irrésistible du noir, le système économique et industriel occidental a refoulé et rejeté dans sa cécité ou son irréalisme la fin prochaine du pétrole. Peut-être le voulait-on éternel ; qui sait ?

Et à propos de l´amour du noir, même l´esclavage du bois noir qu´on a pratiqué pendant 400 ans a dû être abandonné…croyait-on réellement que le pétrole serait infini ? Ou qu´il se reproduisait éternellement…

Le grand drame aujourd´hui, ce sont tous ces lourds investissements orientés ou basés sur le pétrole. Des sommes incroyables qui risquaient de s´envoler en fumée parce qu´inutiles. Pensez à toutes ces autos qui circulaient de par le monde qui devaient être transformées, à ces infrastructures de pompes à essence, de navires géants de transport pétroliers coûtant des sommes folles devenus désormais désuets…cela va faire mal. Très mal. Et au plus on ne voulait pas accepter le changement, au pire serait ces pertes et ces douleurs économiques. Le pire, cependant, serait la disparition du pétrole parce que celui-ci n´était pas seulement un combustible servant à produire l´énergie, mais il servait aussi à faire des médicaments, des engrais, des produits synthétiques d´énorme utilité quotidienne.

Toute cette histoire nous apprendra bien de vérités, notamment qu´on ne peut pas fonder toute son industrialisation, ou les facteurs les plus déterminants de sa production sur un facteur énergétique détenu par des étrangers ; cela provoque des guerres et des politiques d´approvisionnement corrompant les droits et les libertés des autres. Et lorsque ces facteurs venaient á s´épuiser ou étaient la convoitise de tous, leur raréfaction risquait de plonger les usagers et usagers dans des dilemmes coûteux si ceux-ci ne s´étaient pas préparés à cette fin. Toutes les matières premières touchent un jour à leur fin ; il est donc sage de s´y préparer, et surtout de consommer ces précieuses matières premières avec diligence et bien plus raison que nus ne l´avons fait jusqu´aujourd´hui en les abandonnant à la cupidité et l´abus de celui qui était capable de les payer. Demain, lorsque ces matières premières nous feront défaut, ce sont les pauvres et ceux qui ne sauront pas recycler leurs vielles acquisitions, ou être capables de produire des substituants qui en souffriront.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

Forum Réalisance

Posté par Musengeshi Kat à 00:03 - Impact de l´actualité - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 juin 2008

L´attaque injustifiée de la presse de l´establishment blanc à Michelle Obama

On parle de la « rancunière » et on lui reproche à tort d´avoir dit lors de son discours à Milwaukee (Wisconsin) en février dernier « pour la première fois dans ma vie d'adulte, je suis réellement fière de mon pays » pour saluer la victoire effective de son époux en tant que candidat démocrate à la présidence des Etats-Unis.

Au plus embusqué de la fausseté

Cette attaque, pour peu anodine qu´elle soit ne peut laisser personne indifférent parce que derrière elle, à défaut d´argument et vu la puissante popularité qu´a soulevé derrière lui le sénateur de l´Illinois, l´establishment blanc cherche en vain à combattre un phénomène qui surprend toute l´Amérique et embrase le monde entier : la sympathie et l´encouragement à la victoire d´Obama.

Même les démocrates ont été surpris par le succès de cet austère sénateur et sympathique dont la vie et le discours politique, de jour en jour, rallie en masse derrière lui les électeurs américains de toutes les couleurs, de tous les âges. Pour gagner les élections, on s´était habitué à mentir, à impressionner et à manipuler les gens en leur donnant des promesses qui, aussitôt les élections engrangées, se transformaient toutes par des guerres gratuites et ruineuses pour les finances publiques à l´étranger, une gestion économique bancale qui ne créa ni nouveaux emplois, ni de nouvelles perspectives aux chômeurs dont le chiffre, depuis 20 ans, croissait irrésistiblement. Obama, lui, avec son slogan « yes we can » exhortait les électeurs américains à participer à changer les choses au mieux. 200px_Michelle_Obama_Cropped

Et devant l´intelligence et la justesse avec laquelle la campagne d´Obama avait été entreprise, et surtout le succès qui s´en suivit, la presse de l´establishment blanc se voyant perdre pied dans une course dont elle avait toujours dicté et influencé les règles, s´attaque à Michelle Obama, comme le dit la chroniqueuse conservatrice Michelle Malkin en qualifiant Michelle Obama de "moitié amère" de son mari. Myra Gutin, historienne spécialisée dans les premières dames de la maison blanche et auteur de The President's Partner: The First Lady in the 20th Century dit, pour sa part :

"Elle a besoin de se détendre, de montrer qu'elle a le sens de l'humour et qu'elle est capable de se moquer d'elle-même". Si ce n´était pas ici l´incitation à jouer la femme simple et bêtement domestique ! Ou était-ce une injonction du genre : la politique c´est pour les hommes ; tais-toi donc, tu sorts des normes usuelles ?

On reprochait aussi au couple Obama d´avoir, en signe de satisfaction lors de la fin des préliminaires démocrates qu´ils avaient gagnées, de s´être félicité en se touchant du poing : un geste courant de nos jours dans la jeunesse américaine et même mondiale, mais taxé de terroriste par le New York time ! Apparemment, et cela était indéniable, on cherchait la bête noire partout. Vainement, à notre avis ; parce que le Train Express Obama avait déjà embarqué ses passagers et à toute allure roulait vers la Maison Blanche. Et à chaque arrêt, un nombre impressionnant de nouveaux adhérents se bousculaient à ses portes pour encourager et soutenir le mouvement.

Cette attaque, si on peut y revenir, que cachait-elle réellement ? Une presse qui s´était laissé abusée, ridiculisée et instrumentée par l´administration Georges W.Bush lors de la guerre d´Irak en fermant les yeux sur des mensonges flagrants et cousus de fils blanc ; cette presse se réveillerait-elle pour gaffer de nouveau en cherchant une aiguille dans le foin ? Nous ne croyons pas qu´il s´agisse d´un relent de ressentiment raciste ou, ce qui revenait au même, l´expression jalouse d´une presse blanche qui avait encore difficile à accepter qu´une femme noire intelligente et ambitieuse devienne la First Lady américaine ?

J´ai personnellement suivi les pas et les discours de Michelle Obama qui sont, comme ceux de son époux, brillants et engagés. Et je crois que ce qu´on reproche à cette femme, c´est qu´elle n´est pas, comme on voudrait bien le voir et l´entendre, une femme bête et banale tout simplement comme l´establishment blanc l´a toujours souhaité pour ses noirs (Des bêtes de somme, en fait ; sans caractère, opinion personnelle ou même volonté réellement libre que de suivre et d´accepter le sort que leur avait prescrit le maître). Les américains et leur médias ont pris l´habitude de tresser autour de leurs First Ladies des contes de fée aussitôt arrivées au pouvoir pour faire la galerie, malgré que ces bonnes dames n´y comprenaient rien du tout et se contentaient à jouer un rôle dont le protocole avait était minutieusement écrit et dicté par des spécialistes de la propagande du pouvoir. Ce genre de parodie était-il valable pour tous ? Le rêve américain n´était-il pas un rêve réel, vrai, qui devait être porté par des gens vrais et sincères ?

Michelle Obama, elle, ne semblait pas tomber bassement dans cette catégorie du surfait ; quoiqu´issue de conditions sociales modestes, elle s´était élevée dans la société et l´estime de son époux par son intelligence, son amour du travail, sa fierté d´elle-même et son engagement soutenu pour la société qui était la sienne. Et à l´heure de cueillir les meilleurs fruits du parcourt de sa vie aux côtés de l´homme qu´elle aimait et avec lequel elle faisait campagne, elle se rend compte qu´elle est le meilleur vœu du rêve américain ouvert à tous. Et ceux qui, aujourd´hui, essayaient de la diminuer ou la discriminer, prouvent par là que pour eux ce fameux rêve américain n´était rien d´autre qu´une fausse illusion qui ne devait être vraie que lorsque les candidats étaient de l´establishment attendu !

Si cette histoire, au coin de tous les détours, ne sent pas le racisme et la discrimination pernicieuse ! Mais toute la société américaine, sa jeunesse, ses intellectuels, le monde entier ; tout le monde avait déjà compris que le glas, pour le bête conservatisme américain dépassé à la Georges W. Bush avait sonné. Qui pouvait donc de nos jours aller prétendre que Dieu était blanc et qu´il avait donné le droit à la race blanche à dominer toutes les autres races en leur imposant quid l´esclavage, le meurtre gratuit, l´exploitation asociale et criminelle, quid en les maintenant dans la pauvreté tout en prétendant à gorge déployée être démocrate et aimer la liberté ? Existe-il de liberté dont on pouvait se réclamer avec tous les moyens légaux et illégaux sans la reconnaître aux autres ? Existe-t- il de véritable démocratie dans une société lorsqu´un groupe, une part entière de cette société étaient sciemment et systématiquement privée de défendre et d´entretenir légitiment ses droits et ses libertés ? Quel est ce genre de Dieu qui autoriserait, malgré sa Bible, qu´on parjura des siècles durant à ses règles tout en se réclamant de lui ? Un Dieu factice ou un Dieu vilement abusé ?

Toutes ces questions, on le voit, font déjà mal à l´establishment blanc qui se voit pour la première fois confronté, au plus haut siège du Pouvoir Blanc, avec ses propres contradictions évidentes. Et si Al Gore dit en rejoignant le camp d´Obama que l´élection de ce dernier à la tête des Etats-Unis va changer le cours de l´histoire de la planète, il n´a pas tort. C´est la fin d´une drôle d´époque où le mensonge, le crime et l´abus de symboles et de contenus de valeurs humaines a conduit le monde entier à suivre et accepter des normes unilatérales et sourdes de la domination blanche tout en reniant les siennes propres. Demain, pourtant, de nouveaux contenus de valeurs (plus justes et plus équitables) sont requis pour maîtriser la crise économique mondiale et les divers conflits hérités de confrontations abusives pour les équilibres écologiques de notre planète autant que pour les droits et libertés auxquels bien de peuples avaient été, des décennies entières, privés.

Et en ce sens on devrait plutôt saluer la prochaine entrée à la Maison Blanche d´une femme noire intelligente, forte de caractère et d´engagement pour le rêve américain ; au lieu de vouloir l´enfermer dans un corset conservatif comme l´ont été toutes les First Ladies blanches. Tout le monde ne peut pas se fabriquer une légende et vivre sa vie écrite sur un script de mise en scène propagandiste. Nous sommes tous les produits de nos expériences et de nos ambitions individuelles, autant que nous sommes le produit de l´idéal de société qui se cultive dans notre milieu de naissance. Mais le plus important est la grandeur et la beauté du rêve auquel nous aspirons et pour lequel nous nous préparons toute notre vie en espérant pouvoir le réaliser. Et à ce titre, et au nom d´une véritable liberté, d´une vraie démocratie, l´Amérique devrait être fière d´avoir été capable de germer en elle une fière famille Obama. C´est la preuve que ce peuple américain est de haute destinée humaine, et qu´envers et contre tout, son sens de la liberté et de la démocratie est sain et généreux.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

N.B : mes lecteurs liront ici le meilleur article français du Net sur Michelle Obama : http://www.liberation.fr/transversales/grandsangles/332315.FR.php

-

Forum Réalisance

Posté par Musengeshi Kat à 03:57 - l´âme afroaméricaine - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 juin 2008

Afrique: ou se développer rapidement ou mourir de faim

A l´instar de mon court voyage au Ghana et au nord du Nigeria, mes craintes les plus repoussées se sont pourtant avérées exactes : l´Afrique tardait toujours à prendre le train régulier et sûr qui le conduirait vers un meilleur avenir. Dans l´arrière pays africain, au cœur battant des pays noirs, tout allait toujours aussi lentement…sans le moindre signe de changement.

Le précieux choix incompris ou naïvement dilapidé

A la fin je me demande quel langage on doit employer pour faire comprendre au pouvoir africain qu´il n´était pas à la hauteur de sa tâche car il ne développait ni les facteurs d´éducation, de formation et d´instruction permettant d´orienter et d´éclairer les mentalités et les esprits vers les exigences modernes du développement, autant qu´il n´investissait pas conséquemment dans la productions d´outils et de moyens relevant l´agriculture et l´élevage de leurs méthodes archaïques de production. Et à mon avis, si l´Afrique se plaignait aujourd´hui d´être laissée en touche par des promesses d´aides vite formulée au G 8 mais apparemment difficile à tenir, l´emploi et l´usage que font les africains de l´aide ne relève pas de la plus grande diligence.

Avec quelques amis érudits africains et étrangers, nous nous sommes donnés la peine de vérifier sur le terrain du fameux optimisme africain selon lequel l´Afrique avait une progression économique de 5,…%. Et à bien y regarder, on se demanderait où est donc passé cette croissance, que diable ? Les écoles étaient toujours aussi austères ; le niveau de connaissance, de publication, l´agriculture et l´élevage étaient encore primitifs…où diable sont passés ces augmentations du PIB si rien de solide et d´organisé pour l´avenir n´en sont les résultats concrets ? Et pourtant, l´Afrique n´est pas pauvre en nécessités à réaliser comme elle ne l´est pas en gens bien intentionnés et diligents ! Alors, que se passe-t-il donc ? Il n´y a qu´une seule réponse à cela : la responsabilité des pouvoirs politiques s´exerce en dehors ou en deçà de leurs devoirs naturels de protéger, promouvoir et défendre le développement de leurs sociétés. Superficialité, dépassement ? Manque de vision adéquate de leurs devoirs concrets ? Ou tout ce marasme auquel on assistait en Afrique n´était rien d´autre que l´expression d´une lourde et néfaste incompétence auxquels la corruption et l´aliénation mentale habillaient d´une fausse et dangereuse parodie du pouvoir ? Le pouvoir, où qu´on soit, a ses devoirs, son rituel et ses obligations. Ne pas être capable de l´exercer valablement en répondant à sa déontologie et à ses exigences ; cela qualifiait-il l´incapable de génie ? Maintenant je me demande pourquoi devrait-on se fier à une telle autorité ?      

Si les africains étaient tous sincères et d´accord sur la dimension et la mesure des efforts que leur culture doit accomplir, ils reconnaîtraient que certaines conditions, certains rapprochements doivent absolument s´emboîter et concourir à un édifice réel et effectif si on veut obtenir des résultats concrets. Et cela sans le moindre mesure de tolérance ou de tergiversation. Il s´agit, après tout, et on l´oublie le plus souvent, de l´avenir et l´amélioration des conditions de vie d´êtres humains dont on pouvait lire dans leurs yeux délavés et leurs soupirs excédés que leurs désirs et leurs attentes les tourmentaient cruellement chaque jour. Et si on voulait réussir à changer les choses dans l´intérêt de tout un chacun, l´efficacité et l´assiduité étaient à l´ordre du jour afin que rapidement chacun y trouve son compte. En Afrique, cependant, je suis toujours surpris que le temps soit considéré comme un ami, or ce temps peut revêtir la peau du pire de nos ennemis. Surtout si d´autres cultures étaient en avance sur nous et, de par l´histoire ou la promiscuité économique internationale, celles-ci nous dictaient ou nous imposaient des paramètres et des conditions existentielles qui n´étaient pas nécessairement ni dans notre intérêt, ni dans le respect de nos libertés et de notre libre et souverain épanouissement.

Pour des cultures et des peuples dont la civilisation n´est pas fondée sur la domination des autres, nous ne voyons pas directement qu on nous consomme les matières premières sous nos terre en nous léguant une écologie criminelle et en nous enfermant, dans un avenir prochain, à une pauvreté et une dépendance dont nous ne saurons sortir de par nous-mêmes ! Se laisser mener par le bout du nez, dans ces conditions ou se laisser détourner de ses intérêts, c´est se condamner soi-même ainsi que les générations futures à un sort des plus cruel. Il est donc temps, à mon avis, de faire diligence autant dans la vente de nos matières premières que dans l´usage et l´utilisation de l´aide économique et financière étrangère. Mais le plus important reste et demeurera toujours l´effort, le prix que nous sommes prêts à offrir ou à nous imposer de nous-même pour nous réaliser le plus pleinement, le plus élégamment que possible.

Et ici une petite parenthèse personnelle : je ne dis pas qu´on doit toujours être de mon avis, tirer les mêmes conclusions, loin de là ; je suis assez rationnel et équilibré pour savoir qu´on peut aborder un problème depuis plusieurs points de départ. Mais je sais aussi que certaines évidences, certaines conclusions, certains résultats sont toujours les points de repère pour juger de la justesse ou de l´efficacité d´une entreprise. En Afrique que j´ai appris à observer objectivement de très près, on se trouve comme une cascade d´eau de plusieurs chutes consécutives représentant les différentes générations d´entrepreneurs politiques, économiques, sociaux et intellectuels aux prises avec les problèmes économiques et culturels de leurs sociétés respectives. Et avant que l´eau ne parvienne à la rivière où on peut la boire et apprécier de sa fraîcheur, elle a été battue, émoussée, séparée de bien d´impuretés. Mais si ces générations successives ne s´émancipaient pas elles-mêmes successivement et impérieusement, l´eau ne serait pas forcément pure et agréable à boire au bas de la vallée des espoirs sociaux. Changer et émanciper l´entrepreneur africain dont je parlais, c´est avant tout l´instruire et lui donner les moyens critiques lui permettant d´avoir accès à l´amour du progrès parce que celui-ci ouvre et promet une meilleure satisfaction des différents enjeux sociaux.

Ce que je voulait dire par-là est ceci : nous nous donnons beaucoup de mal pour discuter et former l´univers rationnel dialectique de l´intelligence africaine, notamment parce que nous sommes en retard rationnel effectif par rapport aux autres cultures ; mais aussi parce qu´ayant, pendant les 600 dernières années par les chrétiens et même à partir du 7-8ième siècles par les hordes islamistes envahissant notre continent (voir Maroc, Algérie, Tunisie, Egypte islamique..etc) nous avons été empêchés ou interdits par ces domination à développer librement une stratégie dialectique existentielle répondant à nos aspirations culturelles et notre sens sociohistorique. Depuis le 7-8ième siècle en effet notre développement a toujours été interrompu dans son originalité par des envahisseurs étrangers. Et le fait d´avoir sous estimé la tradition écrite et privilégié la tradition orale, notre rationalité a eu difficile à se soumettre assidûment à la critique et à des normes critiques objectives de discussion ; ce qui lui aurait donné un regain assidu en objectivité. Aujourd´hui nous voulons changer les choses et recouvrer le nerf rationnel précieux de nos cultures afin de l´exercer pleinement d´une part, et de l´autre, afin de le mettre à jour afin qu´il soit à mesure de répondre aux exigences contemporaines.

Mais voilà, pour des raisons d´aliénation, de courtes vues et même de flagrante naïveté, nous nous mettons nous-mêmes les bâtons dans les roues ! Résultat : stagnation conduisant à la pauvreté, aux guerres tribales et aux guerres de révoltes sociales comme on l´a vu en Ouganda, au Kenya, au RDCongo, et dernièrement en Afrique du Sud. Tous ces remous sociaux sont les résultats d´une gestion politique qui n´arrivait pas à satisfaire aux attentes de leurs peuples, autant qu´elles n´offraient pas de perspective réelle d´avenir. Les africains, contrairement à ce qu´on pense, ont déjà compris leur situation ; seulement, ils sont surpris que malgré leurs efforts, malgré les promesses de leurs politiciens, les choses ne changent toujours pas. Bien au contraire, après quelques années égales, leurs situations se détériorent irréversiblement. Et en fait ils n´ont pas tort : l´Afrique n´accumule que très peu ou pas du tout ; ce qui ne lui permet pas de résoudre ou répondre aux exigences croissantes de ses sociétés.

Changer les choses ? Bien sûr. Mais si on fait corps avec son mal, cela peut empêcher de voir plus loin que son nez et saisir les solutions utiles et efficaces permettant de changer les choses au mieux. On ne peut pas non plus, et même si ce facteur ne doit pas être ignoré, accuser l´étranger d´être la source de nos maux ; à ce petit jeu mesquin cachant les véritables erreurs et les faiblesses rationnelles des africains eux-mêmes on rejette plutôt aux autres les causes de nos propres malheurs. C´est sans issue, à mon avis, l´Afrique doit accepter de changer autant ses mentalités que sa préparation sociale à assumer, dans un monde exigeant et permanent changement, une destinée qui lui ouvre les moyens et les possibilités de répondre aux besoins de ses propres enfants. Et il ne s´agit pas de crier : nous sommes riches pendant que les richesses de ce continent ne servaient qu´aux étrangers et revenaient, sous formes d´armes, de boites de conserves ou d´importations appauvrissantes ruiner nos accumulations. Ou encore faire des conférences inutiles sur l´origine de la science en Afrique si celle-ci ne trouvait application nulle part en Afrique et que les fils de ce continent devaient s´exiler pour trouver emploi et exercer…la science. Il faut apprendre à ne pas tromper les priorités. Ou cesser de s´enfumer l´esprit avec des illusions qui ne menaient nulle part.

Et pour finir un mot aux attardés de l´esclavage, de la colonisation ou de la francafrique : lorsque nous évoquons ces méchantes péripéties de l´histoire occidentale envers l´Afrique, il s´agit seulement de ne pas laisser à l´oubli un repère important de jugement derrière lequel reposait « la civilisation » ou la fameuse « liberté » occidentale, ainsi que les douteux relents qui ont pavé le parcours de la « démocratie » occidentale. Ceci doit permettre à tout intellectuel africain de se libérer d´un suivisme aveugle et dangereux de la soupe sociale occidentale afin de faire l´effort de retrouver son identité et ses propres valeurs culturelles. Mais cette critique légitime ne doit pas devenir un lieu de pèlerinage intellectuel duquel on ne revenait pas ! La vie continue, dirai-je, sachons nous instruire du passé, mais le présent a son tribut et ses exigences. C´est donc qu´il faut aller de l´avant, et prouver qu´on est plus humain que ceux qui ont fait l´esclavage et la discrimination raciale des africains pour accumuler à vil prix.

Musengeshi Katata

"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"

Forum Réalisance 

Posté par Musengeshi Kat à 19:50 - critique et objectivité - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 juin 2008

C´est Karel De Gucht qui a raison…

En Commentaire aux déclarations du Ministre des affaires étrangères belge sur la situation économique au Congo voir notamment l´article du Soir belge du 25 mai 2008: « De Gucht persiste et signe »

Manque d´organisation, inefficacité, corruption

Ces déclarations critiques sur l´Etat et la gestion de la RDCongo ont soulevé en Belgique des réactions des plus diverses ; je me demande en fait pourquoi. Si la Belgique octroie une aide annuelle de 200 millions € au Congo, elle a le droit de savoir si cet argent est employé dans l´intérêt du développement congolais, et pas pour engraisser quelques potentats incapables et sans imagination. Or, comme on le sait, cette aide revient en Belgique aussitôt donnée par des canaux bien connus de la corruption.

S´étonner que rien ne marche et n´évolue dans le bon sens fructueux au Congo, c´est en fait faire un procès autant sur l´usage de cette aide que sur la capacité du gouvernement congolais actuel à la gérer efficacement dans un intérêt utile pour le développement du pays. On peut dire ce qu´on veut, et même être plus généreux que le Pape, il saute aux yeux qu´une classe congolaise parasite s´est encroûtée autour de l´aide que prodigue la Belgique à tous les congolais. Je dis sciemment tous parce que certains croient ou sont persuadés que cette aide leur est faite personnellement ! Et peut-être serait-il temps de conditionner cette aide à des résultats économiques concrets : création d´emploi, restauration et entretien d´écoles professionnelles, d´universités techniques, actualisation et perfectionnement de l´agriculture et de l´élevage…etc.

Ce serait, en tout cas une bonne chose. On verrait alors que l´aide remplit ses buts ou pas. Aider quelqu´un avec l´argent de contribuables et le voir dilapider ou dévoyer cette aide à d´autres buts que ceux pour lesquels il a été intentionné, c´est participer, d´une façon ou d´une autre à une escroquerie dont le contribuable belge serait la victime. Et c´est une des grande critique que nous faisons au système de l´aide qui sert ainsi à entretenir la paresse et la corruption. Et soit dit en passant cette aide n´atteint ainsi pas ceux qui devraient en jouir des bienfaits : le petit peuple. En Afrique ce cercle vicieux s´est installé et crée un préjudice grandissant à l´honnêteté et à l´initiative collective et individuelle de faire le développement au lieu d´attendre qu´on nous l´offre sur plateau d´argent à coup d´aide.

Et nous pourrons discuter longtemps là-dessus, ce n´est ni un problème linguistique belge, ni un quelconque désir de blesser la vanité de la classe politique congolaise qui s en est, comme on a pu le voir avec la fermeture du consulat d´Anvers, trouvée faussement choquée. Quand on accepte l´aide de quelqu´un, la moindre des choses est qu´on accepte aussi ses critiques. Et celles-ci sont largement fondées. Sinon, on peut toujours protéger sa fierté en refusant cette aide, n´est-ce pas ?

Les africains, en général, veulent progresser et changer leur continent au mieux, afin de donner à leurs enfants un avenir meilleur et digne de leurs attentes et de leurs rêves…n´eut été cette nouvelle classe politique bornée et incapable qui, du Nord au Sud de l´Afrique noire brille par son incapacité à créer l´emploi, à organiser et rationaliser les sociétés africaines attardées afin que celles-ci remplissent efficacement leurs devoirs envers leurs citoyens. Et on se demande bien où ce genre de dilettantisme aveuglant et illuminé va conduire, et combien de temps encore les peuples africains doivent le supporter ! Le monde, lui, change au jour le jour ; ce qui n´a pas été fait hier ne tombera pas du ciel, bien au contraire, ce sera l´handicap majeur de demain. L´Afrique est le continent le plus attardé de la terre...

L´erreur qu´on fait croire aux africains actuellement, c´est que l´occident fera tout pour eux ou inventera l´avenir pour eux ; il est grand temps de dire aux africains que tout cela est faux et qu´ils doivent mettre la main à la pâte, créer et produire les conditions et les moyens avec lesquels ils estiment célébrer l´entretien de leur propre existence. L´aide n´est qu´un signe d´encouragement qui doit récompenser ceux qui travaillent, créent et produisent, pas les fainéants, les incapables notoires et les parasites illuminés. Ou sinon les choses n´iront pas de l´avant, et les congolais continueront à envahir la Belgique en quittant leur pays. Est-ce vraiment le but recherché par l´aide ? Je ne le pense pas. Cessons donc d´entretenir la paresse et la fausseté. C´est mesquin, vil et méprisant pour tous ceux qui sont réellement nécessiteux, des femmes et des enfants auxquels le relèvement économique et social de ce pays permettra enfin de ne pas mourir de faim, de maladie, et de réaliser librement une destinée humaine et respectable.

Pour ma part, je dis Bravo Monsieur le ministre Karel de Gucht. Il était temps que quelqu´un se rende compte que l´aide doit servir au développement, pas à entretenir le désordre, la gabegie financière et la corruption. Ces temps-là sont dépassés. Sinon le contribuable qui octroie ces aides se rend complice d´une criminelle escroquerie sociale qui appauvrit son porte monnaie tout en encourageant un désastre qui demain frappera à ses portes en faisant l´aumône. A ce jeu-là ne gagne que les salauds et les incapables, tandis que les innocents et les gens de bonne foi en pâtissent. Est-ce juste ou moral ? Nous avons beau vivre dans un monde cannibale...ceux qui font l´avenir et garantissent nos valeurs et notre avenir sont ceux qui se donnent la peine de créer, de changer les choses au mieux, pas les incapables et les sans idéal. 

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

Forum Réalisance