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Forum Réalisance

Cet espace va à la recherche de l´existentialisme de l´homme noir pour lui permettre de mieux se déterminer face à l´histoire et face à la réalisation de sa liberté.

01 juillet 2008

HancocK, une critique voilée de l´impérialisme américain ?

Un superman pas comme les autres : surdoué mais gaffeur au possible et vivant dans la décrépitude et l´isolement social jusqu´à ce qu´il sauve la vie d´un conseiller au PR (Public relation) qui va l´aider à améliorer son image et l´opinion qu´on a de lui. Will Smith joue le rôle avec brio.

Brillant symbolisme sur écran

A première vue cela semble un film comme tous les autres, si vous oubliez votre imaginaire au vestiaire comme beaucoup le font. Et cependant, la métaphore est devant vos yeux : un superman qui, malgré ses bonnes intentions, n´arrive qu´à gaffer. L´image de la scène où, pour sauver une baleine égarée sur la plage, il la prend par la queue et la lance à la mer…sur un petit voilier qui coule ! Le film est une succession de tels accidents partis cependant au départ de l´intention d´aider ou de venir en secours à quelqu´un…hancock

Le film se cadre dans la tradition bien américaine du superman, du surdoué aux pouvoirs exceptionnels. Mais cette fois-ci il semble que ce soit la manière dont le surdoué met ses dons exceptionnels (voler, être immortel, et capable de forces inouïes tout en étant, apparemment normal) en action qui laisse à désirer parce que les résultats sont toujours de nouvelles catastrophes.

Conclusion, c´est une belle métaphore critique de l´empire américain comme nous le connaissons bien : pays puissant, de possibilités immenses économiques et militaires, aux idéaux parmi les plus beaux de l´histoire humaine…puis venait son passé social esclavagiste dont il n´arrivait pas à se débarrasser, ses guerres idéologiques gratuites (Vietnam, Irak), ses interventions militaires et politiques douteuses en Amérique Latine…pour des bananes (voir guerre des bananes), pour le sucre (voir histoire de Cuba)…etc.

Les habitants de la Californie (qui représentent en fait l´opinion publique internationale) se répugnent de cet alcoolique vagabond (notons qu´il a été un bon soldat) et se plaignent de ses interventions dangereuses. Rien à faire, il doit changer sa manière de vire, et surtout veiller à ce que ses bonnes intentions ne se transforment pas en catastrophe coûteuses pour la société.

Personnellement j´ai aimé, surtout l´intelligence avec laquelle cette critique voilée est menée. On s´en amuse, certes et c´est peut-être bien ainsi dans notre monde où, de jour en jour, les problèmes deviennent complexes et épineux. Tout ce que je reproche à ce genre de tour de bras c´est, qu´après avoir vu le film, bien de gens ne feront aucun rapprochement réel avec la vérité ou la crique réelle contenue dans ce film. Et ainsi, au lieu de travailler ou de réfléchir sur la réalité, ils vont rester enfermés dans l´imaginaire superficiel du film. Mais, comme on le sait, les gens vont au cinéma pour s´amuser et se distraire, pas volontairement pour réfléchir ou critiquer. A moins, bien entendu de savoir aller au-delà de l´image. Compliment au régisseur et à l´écrivain qui a écrit le script. Rarement on arrive à amuser les gens tout en traitant d´un thème actuel aussi lourd. Brillant. Oui, la culture a bien de moyens de s´exprimer.

Musengeshi Katata

"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"

Forum Réalisance

Posté par Musengeshi Kat à 13:17 - Rendez-vous - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Hem...encore heureux que ce soit une critique.

Parce qu´à propos de culture on faisait avaler au monde entier (Et notamment à
l´Afrique) des symbolismes socioculturels étrangers à outrance. L´Amérique convoyait ainsi ses valeurs militaires et sociales inconvenantes dans le psychisme social des autres sociétés. Ce que ces sociétés pensent ou entretiennent comme valeurs, on n´était pas capables de les reconnaître ou de les respecter...mais on estimait que les autres devaient se gaver des valeurs américaines dont nous ne connaissons que trop bien le contenu orienté et dogmatique ?
Ce film me console un peu de l´envahissante impression que j´avais sur la culture occidentale et les acteurs qui la servent. Parce que cette culture, à mon avis, et pour abrutir et formater ses membres les moins critiques a imposé à ses sociétés un centralisme culturel de l´idolâtrie dans laquelle on suggère intentionnellement d´aimer et
d´admirer les idoles; or ceux-ci ne sont que des personnes qualifiées que la culture cinématographique emploi pour s´exercer ! On est alors surpris que la jeunesse s´identifie à des projections qui ne sont elles-mêmes ni inhumaines, ni plus vertueuses ou morales que qui que ce soit, au lieu d´apprécier et de discuter les valeurs proposés par le film lui-même (s´il en a).
Depuis que le gens ont compris ce subterfuge, les salles de cinéma se vident...Il est vrai que ce qui importe aux individus, ce n´est pas comment ou avec quelle satisfaction les autres (aussi talentueux soient-ils) souffrent, pleurent, aiment ou défendent certaines valeurs; mais bien comment tout un chacun parvient à épanouir et épuiser ses propres sentiments, son propre destin. L´amour, la capacité d´aimer...on ne peut pas l´apprendre à
l´écran ou imiter les expressions des autres pour en jouir du meilleur contenu. Pas étonnant que ceux qui s´y laissaient tromper se retrouvaient seuls, inassouvis ou comme la société occidentale en présente tous les aspects: celui de sociétés disloquées de familles, plus solitaire et individualiste que solidaire.
Autre chose: je n´aime personnellement pas la culture du meurtre et de la violence que
l´occident propage à mon sens trop librement en son sein (et qu´on ne me dise pas qu´elle ne sait pas faire autrement) sans prendre compte qu´elle ne faisait que légitimer ou propager la violence. Enfin, bon; si toute son histoire n´est autre qu´une orgie de la violence...Ce qui ne veut pas dire que les autres peuples doivent nécessairement prendre le même chemin. Ou les enfants. C´est un long sujet. Je m´arrête ici volontairement. Mais une dernière question: si les valeurs américaines étaient si belles et si louables; pourquoi la plupart des films américains sont des fils de violence ? Oui, c´est bien qu´Hancock soit une critique; nous en avons tous grand besoin, surtout ceux qui croient trop souvent nous faire la culture en nous faisant avaler, à nous et à nos enfants, leur évidente pauvreté d´idéal.
Shaka Bantou, j´ai dit !

Posté par Shaka Bantou, 01 juillet 2008 à 21:21

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