Un superman pas comme les autres : surdoué mais gaffeur au possible et vivant dans la décrépitude et l´isolement social jusqu´à ce qu´il sauve la vie d´un conseiller au PR (Public relation) qui va l´aider à améliorer son image et l´opinion qu´on a de lui. Will Smith joue le rôle avec brio.

Brillant symbolisme sur écran

A première vue cela semble un film comme tous les autres, si vous oubliez votre imaginaire au vestiaire comme beaucoup le font. Et cependant, la métaphore est devant vos yeux : un superman qui, malgré ses bonnes intentions, n´arrive qu´à gaffer. L´image de la scène où, pour sauver une baleine égarée sur la plage, il la prend par la queue et la lance à la mer…sur un petit voilier qui coule ! Le film est une succession de tels accidents partis cependant au départ de l´intention d´aider ou de venir en secours à quelqu´un…hancock

Le film se cadre dans la tradition bien américaine du superman, du surdoué aux pouvoirs exceptionnels. Mais cette fois-ci il semble que ce soit la manière dont le surdoué met ses dons exceptionnels (voler, être immortel, et capable de forces inouïes tout en étant, apparemment normal) en action qui laisse à désirer parce que les résultats sont toujours de nouvelles catastrophes.

Conclusion, c´est une belle métaphore critique de l´empire américain comme nous le connaissons bien : pays puissant, de possibilités immenses économiques et militaires, aux idéaux parmi les plus beaux de l´histoire humaine…puis venait son passé social esclavagiste dont il n´arrivait pas à se débarrasser, ses guerres idéologiques gratuites (Vietnam, Irak), ses interventions militaires et politiques douteuses en Amérique Latine…pour des bananes (voir guerre des bananes), pour le sucre (voir histoire de Cuba)…etc.

Les habitants de la Californie (qui représentent en fait l´opinion publique internationale) se répugnent de cet alcoolique vagabond (notons qu´il a été un bon soldat) et se plaignent de ses interventions dangereuses. Rien à faire, il doit changer sa manière de vire, et surtout veiller à ce que ses bonnes intentions ne se transforment pas en catastrophe coûteuses pour la société.

Personnellement j´ai aimé, surtout l´intelligence avec laquelle cette critique voilée est menée. On s´en amuse, certes et c´est peut-être bien ainsi dans notre monde où, de jour en jour, les problèmes deviennent complexes et épineux. Tout ce que je reproche à ce genre de tour de bras c´est, qu´après avoir vu le film, bien de gens ne feront aucun rapprochement réel avec la vérité ou la crique réelle contenue dans ce film. Et ainsi, au lieu de travailler ou de réfléchir sur la réalité, ils vont rester enfermés dans l´imaginaire superficiel du film. Mais, comme on le sait, les gens vont au cinéma pour s´amuser et se distraire, pas volontairement pour réfléchir ou critiquer. A moins, bien entendu de savoir aller au-delà de l´image. Compliment au régisseur et à l´écrivain qui a écrit le script. Rarement on arrive à amuser les gens tout en traitant d´un thème actuel aussi lourd. Brillant. Oui, la culture a bien de moyens de s´exprimer.

Musengeshi Katata

"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"

Forum Réalisance