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Forum Réalisance

Cet espace va à la recherche de l´existentialisme de l´homme noir pour lui permettre de mieux se déterminer face à l´histoire et face à la réalisation de sa liberté.

31 juillet 2008

Chine: ou quand l´industrialisation devient un enfer écologique

Certains pays veulent s´industrialiser, mais c´est à peine s´ils arrivent à en remplir les conditions ; pour la Chine, par contre, la poussée industrielle est tellement forte que les changements qu´elle entraîne dépassent toutes les dispositions jusque-là connues pour protéger ou organiser…l´équilibre naturel, la demande énergétique croissante, les besoins en spécialistes et de matières premières dans les domaines les plus variés.

Culture de choc du changement et du smog gratuit

Rien ne sert de courir, il faut partir à point…

Au fait, bien de gouvernements du monde, de pays africains seraient heureux si un tel ouragan économique et industriel les entraînait, sous des investissements fiévreux et empressés, dans une vague de développement que l´Etat chinois, pour se préserver de la surchauffe et des impasses du défaut de facteurs et de moyens de production devant, pour mieux maîtriser les changements, s´agencer.

Absolument incroyable. On construisait partout des routes, des ponts, des usines, des centrales électriques, des écoles, des universités…toute la Chine était en ébullition. On estimait à 3 millions le nombre d´ouvriers journaliers se déplaçant de centre industriel en centre industriel pour ériger des travaux de construction. Sur la base de la PPA, le poids économique du pays a plus que doublé, passant de

5,1 % du PIB mondial en 1985 à 12,5 % en 2003. Cela a permis à la Chine de devancer le Japon au titre de numéro deux mondial, depuis 1995.

Rien à dire, la Chine est un géant ambitieux et performant

La Chine peut espérer rejoindre l´économie américaine sous peu. Il faut dire qu´avec l´ élan d´industrialisation en cours de son économie, le potentiel de croissance de l´économie chinoise est plus de deux fois plus élevé que celui des Etats-Unis qui eux sont arrivés à maturité depuis bien longtemps. Selon le Fond monétaire international (FMI), pour absorber la migration des travailleurs ruraux à la ville, l´économie doit croître d´au moins 7 %, soit la croissance nécessaire pour générer entre 20 et 25 millions de nouveaux emplois par année (on estime un surplus de travailleurs d´environ 150 millions de personnes en Chine). A ce rythme, la taille de l´économie chinoise, mesurée selon la PPA, va surpasser celle des États-Unis d´ici 2018. Bien entendu, la progression effrénée observée au cours des dernières années ne pourra pas être maintenue indéfiniment. On n´a qu´à penser aux problèmes démographiques que la Chine risque d´encourir en raison de sa politique « d´enfant unique ».

Une influence de plus en plus grandissante sur l´échiquier mondial

Avec une progression moyenne de près de 8,5 % de 2000 à 2004, la Chine a contribué pour plus du tiers de la croissance de l´économie mondiale, soit bien au-delà des contributions de la zone euro et du Japon. C´est ainsi grâce à la Chine que l´économie mondiale n´a pas sombré en récession avec l´économie américaine, à la fin de 2001. Avec un tel essor économique, il n´est pas étonnant que la Chine soit devenue un leader mondial dans plusieurs secteurs d´activité internationale. Déjà, elle est le plus grand consommateur et producteur d´acier au monde et se classe parmi les plus importants consommateurs d´aluminium, de zinc, de cuivre et de ciment. De plus, ses besoins grandissants en énergie ont fait passer ce pays au deuxième rang de la consommation mondiale de pétrole en 2003.

Source de croissance : un boom sans précédent de l´investissement

Depuis son accession à l´Organisation Mondiale du Commerce, en décembre 2001, l´ouverture de la Chine au commerce international a été phénoménale. Les exportations ont connu une hausse constante pour atteindre plus de 35 % en 2004 : une des principales sources de croissance de l´économie chinoise. L´Asie demeure le marché prédominant à près de 50 % des exportations chinoises totales, mais son importance diminue année après année depuis 1995, au profit des exportations via l´Europe et les États-Unis, qui ont presque quadruplé au cours de la même période. En particulier, le poids du marché américain est passé de 16 % des exportations totales de la Chine, en 1995, à 21 %, en 2003. Tendance croissante.

Avec le poids des dépenses de consommation relativement stable dans le temps, la croissance effrénée de l´économie chinoise depuis les dernières années revient au boom sans précédent de l´investissement. En raison de l´industrialisation, le flux migratoire des travailleurs ruraux vers les villes fait en sorte que les besoins pour de nouvelles usines, l´élaboration des infrastructures et la construction de nouveaux logements sont très élevés. Depuis 1999, la croissance des dépenses d´investissement évolue dans les deux chiffres, et malgré les mesures restrictives, le rythme n´a ralenti qu´à 25,8 % en 2004, une mince baisse de 1,9 % par rapport à l´année précédente. Le poids de l´investissement est ainsi passé de 25 % en 1995 à près de 42 % du PIB en 2003. Entre 2003 et 2006, l'économie chinoise a connu un taux de croissance moyen de 10,4% par an, soit un niveau nettement plus haut que la moyenne mondiale de 4,9% à la même période.

Les revers de la médaille de cette véritable explosion en avant

De tous les désavantages accompagnant généralement un tel effort économique, celui auquel on a difficile à pallier en ce moment est la détérioration écologique de l´environnement qui, comme une traînée rouge, suit l´irrésistible vent de l´industrialisation chinoise. L´air est lourde de smog dans les villes à haute concentration industrielle, les cours d´eaux sont aigres et pollué à ce point que le poisson y est devenu rare. Et à quelques jours des Jeux Olympiques de Beijing, l´Etat chinois a dû fermer 137 usines autour des enceintes et du village olympique dans un ultime effort de purifier l´air. Tandis que la côte de Beijing est débarrassée d´une algue marine envahissante témoignant de la destruction de l´équilibre naturel écologique de ses eaux. Et selon toute vraisemblance, l´air à Beijing sera bien plus lourde que souhaitable pour les athlètes du monde participant aux premiers jeux olympiques chinois ; tant il est vrai que l´air qu´on a pollué pendant des années ne se purifie pas aussi rapidement comme dans un appartement. Dommage. Espérons que ce désagrément momentané ne ternira pas la qualité et l´organisation de ces jeux internationaux d´un prestige évident pour la Chine.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

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30 juillet 2008

OMC: l´insoluble face à face aux tranchées du commerce

Entre l´occident et le tiers Monde se déroule ces derniers temps de Crise Economique s´aggravant de jour en jour aux Etats-Unis, en Europe (Espagne, notamment), sous des allures faussement anodines, des combats à couteaux tirés. Les uns sont pressés par le temps dans une crise les étreignant de plus en plus désagréablement, les autres veulent certes aller de l´avant, mais sans se faire poignarder dans le dos.

Entre la meute des Loups et le troupeau attardé d´agneaux

La nouvelle qui a été annoncée hier 29 juillet 2008 n´a surpris personne. L´échec du fameux cycle de Doha qui eut lieu le 24 juillet 2006 non plus. Avec le temps, et selon les intérêts et les retranchements des partis en présence, tout le monde avait compris que les pays riches voulaient avoir le droit d´envahir les pays sous développés avec leurs produits agricoles, étouffant ainsi, comme nous l´avons toujours prévenu, les faibles infrastructures alimentaires des pays pauvres.

On se cachait bien, pour tromper son monde, derrière des formulations ou des simplifications telles que les pays riches octroieraient une entrée sur leurs marchés commerciaux des produits agricoles aux pays sous développés lesquels ouvriraient leurs marchés aux produits industriels des pays riches. Derrière cette fausseté, et avec des normes et des exigences qualitatives ou préférentielles précises, les pays riches voulaient tout simplement obtenir le contraire : l´abattement, l´orientation ou, s´il n´y avait pas d´autre alternative, la mainmise sur tous les secteurs agricoles des pays pauvres. Cette stratégie avait un but précis : défendre ses propres paysans à domicile, leur ouvrir un marché international où ils pourraient, à loisir et moyennant moult subventions étatiques, à des prix de dumping écouler leurs excédents risquant de chuter les prix à domicile et diminuer la marge à gagner.

Croit-on vraiment qu´il s´agit seulement de l´Inde qui est restée intransigeante et de la protection de son riz ? Les Etats-Unis qui voulaient avoir le droit de pratiquer le dumping sur le coton, l´huile ou le riz américain et envahir ainsi n´importe quel pays sous développé en abattant son agriculture, tout en se protégeant eux-mêmes furieusement de cette pratique comme tous les pays occidentaux. Ainsi, on prétendait faire des concessions qui n´en étaient pas, tout en ayant bien l´intention d´affamer et de priver de revenus les agriculteurs et les éleveurs des pays pauvres. On l´a vu notamment en Jamaïque (lait Nestlé), au Ghana (viandes européennes), au Sénégal (lait en poudre, oignons, tomates européennes), Egypte (lait, huile et riz américain)…etc. Tous ces envahissements créant le chômage et la mort de l´agriculture et l´élevage de ces pays sont suivis, ô sournoiserie, d´aide au développement ! On devrait plutôt dire corruption aux élites pour qu´elles ferment les yeux sur le meurtre des leurs dans leur arrière pays.

Peut-on dire que cette sournoiserie de fausses ou de coupables intentions étaient le résultat de la Crise économique d´excédents et de prix d´énergie de jour en jour élevés qui sévissait avec rage en occident en augmentant dangereusement le coût des facteurs de production ? Ceci est vrai, certes ; mais il suffit de suivre le cours de l´histoire économique depuis 600 ans pour arriver à la conclusion que les pas avancés employaient toujours les pays pauvres et leurs facteurs pour accumuler, produire pour parfaire et accomplir leurs puissances industrielles et économiques. Mais ils ne voulaient jamais en payer le prix équitable et loyal. Bien au contraire : ils s´arrangeaient toujours pour que ce soit le pauvre du Tiers-monde qui paie le prix de sa propre exécution économique.

Les indiens n´avaient pas oublié que les américains, avec notamment la banque du Vatican Monsanto avaient tentés de s´approprier à New York de la licence mondiale sur le riz Basmati propriété depuis populaire du peuple indien depuis 700 ans. Vandana Shiva dut se battre avec toute son énergie pour arrêter cette escroquerie honteuse et criminelle qui aurait appauvri toute l´Inde ou mis entre les mains de multinationales étrangères de l´alimentation. On le voit dans cette histoire autant que dans tant d´autres touchant des plantes médicinales africaines en Afrique du Sud ou sur tout le continent africain, qu´il s´agissait, en réalité d´un vaste plan de mainmise sur les patrimoines génétique biologiques du tiers monde.

Les recherches qui sont actuellement faits par les multinationales occidentales sur le poisson sont inquiétantes : après une pêcherie sauvage et irresponsable, ces multinationales préparent une race de poisson génétiquement manipulée qui ne serait composée que de race femelle. Autant dire que la dépendance, ainsi par ailleurs que pour le maïs américain génétique (A noter que les canadiens se sont dernièrement déclarés contre les grains agricoles manipulés biologiquement) serait lourde de dépendance pour les pays pauvres qui seraient ainsi liés sans retour aux grains et aux produis d´élevage produits par les pays riches.

A mon sens il y a une énorme fausseté dans les intentions commerciales des pays industrialisés autant européens qu´américains. Ils mettent en effet tout en œuvre, derrière une fausse façade contractuelle ayant pour but d´aider les pauvres ou de les encourager à produire et mettre à jour leur agriculture et leur élevage, pour les dominer et assujettir tous ceux qui s´y laissaient prendre. Il ne s´agissait pas de défendre la liberté ou les droits de souveraineté alimentaires et culturels en respectant la multitude naturelle de notre monde, mais bien de s´approprier les marchés et les rênes économique de pays pauvres, d´imposer ses intérêts aux détriments de ceux des pays sous développés en contrôlant leurs productions et leurs facteurs ou en les empêchant de s´épanouir autrement que sous la tutelle économique occidentale. Et on demande aux africains, aux indiens et autres de mettre volontairement la signature sous un tel contrat ? Honteux et scandaleux !

Musengeshi Katata

"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"

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Pour en savoir plus, lire :

Cycle de Doha

OMC: la libéralisation du commerce mondial compromise

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27 juillet 2008

L´Afrique de l´inversion logique des valeurs

Depuis qu´on leur avait fait subir l´esclavage soit disant pour faire la liberté, qu´on leur avait imposé par la violence l´islam ou le christianisme comme seule source spirituelle et culturelle de valeurs ; depuis qu´on leur avait fait subir le colonialisme,  aujourd´hui la francafrique et le dictat économique et financier de l´hégémonie occidentale par la Banque Mondiale, le FMI, la FAO…etc, les pays africains ont difficile à s´orienter moralement et socialement vers des valeurs sociohistoriques propres.

Vivre sur la tête et croire à un Dieu étranger ?

Ce phénomène est autant choquant que renversant parce que sans que les africains ne s´en rendent par eux-mêmes comptes, leurs valeurs, leurs jugements, leurs appréciations réelles sont continuellement désaccordées d´un principe pourtant instinctivement imminent à la race humaine : la protection sociale empressée à une source de valeurs culturelles propres à entretenir et protéger l´identité individuelle et le caractère sociohistorique des individus au sein de leur propre société. On a actuellement l´impression, lorsqu´on rencontre les africains ou lorsqu´on écoute leurs sociologues ou leurs historiens, que ceux-ci, comme Cheik Anta Diop, Bwemba Bong, Omotunde, Kaya, Doumbi Fakoly et autres, qu´ils sont bien conscients qu´il faut restaurer l´univers culturel noir africain détruit ou dispersé à tous les vents de l´histoire et lui donner une orientation positive. Mais est-ce chose aussi facile que cela ? Les logiques, les symboles, les rites et rituels détruits ou dévoyés de leur profond noyau de projection et de définition identitaire, se laissaient-ils réparer comme on le fait avec un appareil ménager ou une automobile ? Quel serait donc le meilleur moyen pour soigner le psychisme altéré de la race noire ?

Cette question est tout le déboire socioéconomique et intellectuel actuel de l´Afrique. Parce que sans réelle orientation psychoculturelle résolvant ou enrichissant les conflits de valeurs qui se déroulent à tous les âges, à tous les niveaux et face aux diverses situations temporelles dans le psychisme culturel social et individuel identitaire des acteurs historiques et de leurs enjeux de réalisation, le désordre ou les choix momentanément destructeurs sont à l´ordre du jour. Car le lien protégeant l´intérêt initial sacré du soi a été déplacé ou détruit de son appartenance réelle. Il s´ensuit une dissociation, un déséquilibre d´identification ou de soin à ses intérêts et son identité propre qui mènent irrémédiablement à des choix sociaux et individuels dépourvus de la recherche de véritable réalisation. On se réalise alors par personne interposée, dans la culture étrangère plutôt que dans la sienne, on importe et on adule le fini des autres plutôt que d´élever et de parfaire sa propre capacité à créer ses propres moyens de satisfaction. Caractéristique de tout cela est le mépris qu´on a envers les gens doués, instruits (dont la société ne sait que faire ?) ou encore cette société, contrairement à l´instinct fondamental qui habite toute société humaine, ne reconnaît pas la valeur ou l´opportunité du progrès comme étant un vœu précieux d´amélioration de sa condition existentielle et de la satisfaction des besoins de ses membres. Un curieux phénomène qui crée la stagnation sociale et l´entretient au lieu de s´en délier pour aller de l´avant.

Maintenant celui qui croit qu´il n´existe pas d´intellectuels, d´ingénieurs ou de techniciens doués en Afrique se trompe. Il y en a certes moins qu´ailleurs dans les pays développés, mais il y en a bien. Mais ce qui fait la différence, c´est que dans les sociétés développées on emploie leur intelligence, leur capacité et leurs créativité afin de doter la société de meilleurs instruments et moyens de réalisation ; tandis qu´en Afrique, tout semble être mis en place afin que ces ingénieurs et techniciens ne trouvent pas emplois, qu´ils soient délaissés, sous payés ou aillent à l´étranger pour s´exercer ! Curieux, n´est-ce pas ? Une attitude que personnellement je qualifie de suicidaire, du moins de la plus haute irresponsabilité sociale. N est-ce pas incroyable de former des techniciens et des ingénieurs dont la société a un besoin urgent pour son avenir et ses grandissantes exigences face à la modernité et au progrès, pour leur priver de rendre les services pour lesquels ils avaient été formés !

Tout en Afrique se passe comme si une étrange inversion avait pris la place logique de décisions et d´intentions de gestion sociale du quotidien et de l´avenir. Si seulement cet avenir était entrevu et prévu ; parce que cette inversion ou cette destruction de positivité sociale de valeurs a une incidence secondaire néfaste : elle anile la plupart de projection du long terme, et ravale la vie sociale à un jour pour jour du court terme empêchant l´esprit et la production à discuter, critiquer ou prévenir le long terme en essayant de le maîtriser. Parce que cette tentative de maîtrise du long terme est en elle-même la qualité première du progrès.

On se demandera comment diable les sociétés acquièrent-elle cette qualité, et comment l´instaurer dans la société lorsqu´elle y fait défaut ? Il faut moins de science et de psychologique qu´on ne le pense. Il suffit seulement de penser à l´agriculture ou à l´élevage. Ces deux activités fondamentales de la société sédentaire et de toute société moderne nécessitent qu´on choisisse les grains qu´on doit planter 8sélection primaire), qu´on fasse la moisson à une époque déterminée afin qu´à une autre époque précise la récolte aie lieu. Et dès que celle-ci a eu lieu, on s´empresse de faire des réserves pour les mauvais jour, et on met de côté les grains qui pourraient assurer une bonne récolte prochaine. Pour l´élevage, c´est pratiquement la même chose, sauf qu´on croise les meilleures races entre elles pour obtenir de meilleurs résultats de bêtes résistantes ou meilleures productrices de viandes ou de lait.

En Afrique on peut voir à quel point ces deux activités sont délaissés ou confiées á un dilettantisme choquant. Résultats : la pénurie alimentaire en Afrique est quasi permanente. On a beau former des ingénieurs agricoles, et même former (sans grande conviction) des paysans ou mécaniser sporadiquement certaines production agricoles ; tant que l´esprit d´efficience et de perfectionnement systématique de ces vitales activités économiques pour la société faisaient défaut, les résultats seraient déplorables et insatisfaisants.

J´ai cité à dessein ces deux secteurs de production mères de toute société humaine ; notamment parce qu´elles sont génératrices de cuir (chaussures et meubles), de produits médicaux, de lubrifiants pour la production, de produits chimiques…etc outre leurs qualités alimentaires élémentaires. Et lorsque nous parlons d´industrialisation, les esprits embués croient à tort qu´il s´agit de se doter ou d´importer rapidement des machines ou des usines clés sur portes ; ce qui n´est pas faux si on produit ces usines soi-même. Mais diable, il faut d´ABORD PRODUIRE les denrées à transformer ! Et le mieux, pour le départ, serait d´utiliser des moyens artisanaux élaborés pour la transformation, que de se jeter dans l´achat ou l´importation de systèmes industriels coûteux et ruineux du profit ou de l´économisme réel de ces activités.

Mais, revenons à notre psychisme enclavé ou désorienté : est-on surpris que la Ligue Arabe ainsi que l´ Oraganisation de l´Unité Africaine se défendent du mandat d´arrêt émis contre le président Omar el Béchir du Soudan dans l´affaire du Darfour ? Et soyons francs, où étaient donc ces deux nobles institutions et leurs éminents membres depuis des années que les victimes scandaleuses du Darfour étaient, devant le monde entier, cruellement préjudiciés ? Depuis quand voit-on des représentants de l´ordre et de la justice sociale défendre des criminels ? N´est-ce pas renversant ?

Autre chose : les africains crient et s´égosillent auprès des occidentaux pour que ceux-ci leur relâchent leurs dettes publiques antérieures. Mais à y regarder de près, ces dettes, outre qu´elles ont servi dans leurs conditions secondaires à brader les barrières douanières des pays africains et ainsi les envahir des excédents alimentaires occidentaux ruineux à bas prix ; ces dettes n´ont, hélas, pas été employées à bon escient par les africains qui les ont destinées aux produits finis, à l´importation de produits de consommation de luxe ou pour financer des frais personnels couvrant les honoraires exubérants de certains dignitaires nationaux. En outre, la plupart de ces aides se retouvait dans des comptes bancaires individuels en occident aussitôt accordés. Conséquences de tout cela : un appauvrissement persistant des masses populaires et la disparition des accumulations sociales avec lesquelles on aurait pu investir et soutenir les efforts exigeants du développement.

On se trouve donc, à mon avis, dans un système de logique inversée impropre à cultiver ou entretenir avec succès les buts, les conditions ou les moyens lui permettant d´aller de l´avant. L´apparition, dans ce désarroi de la gangrène de la corruption à un point insultant comme en RDCongo, au Nigeria le prouve : il y a manifestement une autodestruction par un choix malsain d´idéologie sociale dominé par la gabegie. Par ailleurs, il existe en Afrique un autre phénomène négatif : celui du choix de la médiocrité politique comme principe de gouvernance et de représentation institutionnelle. On est toujours surpris qu´un brillant Thomas Sankara soit assassiné avec la complicité de la France pour être remplacé par un Blaise Campaoré de la plus basse compétence. Ou encore au Congo Brazzaville, en RDCongo etc. La francafrique et les intérêts occultes occidentaux et même chinois actuellement sont gérés par des clans de corrompus et d´illuminés siégeant le pouvoir africain ou le corrompant sournoisement pour y imposer des satrapes et des dictateurs qui ruinaient et endiguaient volontairement l´avenir de leurs propres peuples ! On se demande quelle notion ces malheureux ont du pouvoir public, et s´ils savent pourquoi le peuple les a élu. Certainement pas pour mourir de faim ou camper indéfiniment à la misère et à la mendicité !

C´est pourquoi je conseille tous ceux parmi les africains faussement scandalisés tout en entretenant volontairement ou pas les maux qui entravent un meilleur développement de l´Afrique, ceux qui, excédés et révoltés comme moi devant cette douloureuse réalité qui ruinait l´avenir de bien de femmes et d´enfants innocents, et même les occidentaux donneurs de leçons tout en ayant grassement joui des déboires et de l´exploitation ruineuse de l´Afrique, d´en revenir au bon sens et à une meilleure considération des droits et aspirations existentielles légitimes des africains. Et je considère comme insupportable, voire criminel d´exiger de l´Afrique qu´elle se détruise ou vive logiquement sur la tête afin que l´occident puisse s´enrichir et vivre dans l´abondance et la luxure. D´autre part, sans briser ce cercle vicieux éthique et logique, les africains continueront à tourner en rond tout en prétendant farouchement, et cependant sans le moindre succès palpable, aller de l´avant. Il ne suffit pas, pour changer les choses au mieux de répondre en bon et excellent français au discours maître d´école d´un prétentieux Sarkozy, de prétendre de son génie alors que ce génie n´était nulle part visible ou applicable en Afrique, ou encore d´acclamer aveuglement ou de soutenir ces incapables au pouvoir en Afrique parce qu´on avait pris l´habitude d´accepter les faits accomplis ou qu´on n´a pas appris à aimer l´effort, ou simplement à s´aimer soi-même autrement qu´en se projetant sur quelqu´un d´autre.

L´Afrique a certes souffert de bien de maux dans le passé, et vraisemblablement elle n´est pas encore sortie du labyrinthe douloureux de ses erreurs et de ses manquements. Mais ce continent a, quoiqu´on veuille le préjudicier ou l´empêcher d´accéder à la liberté, à l´endroit de ses enfants de ses cultures et de son histoire, le devoir légitime de protéger tous ses enfants de la misère, de la mendicité, de l´ignorance…de toutes les conditions néfastes pouvant entraver ou empêcher le meilleur épanouissement de ses habitants. Et plus rapidement on lui rendra son univers logique positif, productif et créatif ; au mieux ce continent pourra-t-il remplir ses devoirs envers lui-même. Et devenir pour les autres partenaires du monde, un partenaire fiable, crédible, et respectable. Actuellement l´Afrique est plutôt faible et malade d´elle-même autant qu´elle subit par trop violemment tous les vices que lui ingurgitent des intérêts étrangers unilatéraux. Ce n´est ni juste, ni humainement soutenable dans notre monde civilisé, et nous sommes tous appelés à changer cet état honteux des choses.

Musengeshi Katata

"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"

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24 juillet 2008

Berlin sous le charme de Barack Obama

Décidément un homme pas comme les autres: élégant, charmant, charismatique et candidat au poste du président le plus puissant de la terre. Tout Berlin est en ébullition dans l´attente, à 19 heures devant la statue de la victoire, du discours qu´il a l´intention d´adresser non seulement à l´Allemagne comme première puissance économique européenne, mais aussi à toute l´Europe et au monde entier.

Au-delà du changement…

Et tout à coup rien n´était plus comme avant, autant dans les milieux officiels politiques et économiques, que dans les rues de Berlin dans lesquelles les détournements de la circulation à la porte de Brandebourg avait causé bien de désagréments.barack_obama

Avant cette visite, Angela Merkel qui a reçu chaleureusement le sénateur Obama candidat à la Maison Blanche dès son arrivée à la chancellerie, déconseilla son hôte, comme celui-ci le voulait, de faire son speach à la fameuse Brandenburgertor. Qu´à cela ne tienne, Obama ferait son adresse à quelques centaines de mètres de là, à la Statue de la Victoire. Ainsi, symboliquement, il aurait dans son dos la Siegesseule et ferait face à la Brandemburgertor.

Le sénateur américain candidat serait aussi reçu par Frank-Walter Steinmeier, ministre des affaires étrangères, et par le bourgmestre de l´état de Berlin : Klaus Wowereit qui lui demandera certainement d´honorer de son nom le livre d´or de la ville.

Cette visite a subitement éveillé un grand débat politique en Allemagne sur les relations transatlantique, l´état économique et politique de l´Amérique de Georges W. Bush, et sur les qualités et les espoirs qu´apportent l´élection d´Obama. Selon un sondage, 78% des allemands se sont prononcés pour le sénateur de l´Illinois. 22 seulement pour son adversaire McCain. S´il ne tenait qu´à l´Allemagne, les élections américaines seraient déjà conclues.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

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23 juillet 2008

RDC de self-service et corruption : 1,3 milliard USD volatisés du Trésor public

Source: Le Potentiel (Kinshasa), 23 Juillet 2008

Congo-Kinshasa: Opération "mains propres"! 

53 personnes impliquées dans ce détournement

Coup d'éclat au gouvernement ! Le cabinet du Premier ministre accuse la Direction générale des Impôts, la Direction générale des recettes administratives et domaniales, l'OFIDA, l'ONATRA, l'OCC, la SNEL, la Régideso, la Sonas et la RVA d'avoir détourné 1 milliard 300 millions de dollars US. C'est le premier bilan effarant de l'audit initié par la Commission interministérielle d'éthique et de bonne gouvernance. L'opinion souhaiterait que cette opération mains propres aille jusqu'au bout. Sans bluff.

Godefroid Mayobo, ministre près le Premier ministre, a rendu publics hier mardi les premiers résultats de l'audit réalisé, d'un côté, par la Commission interministérielle d'éthique et de bonne gouvernance et, de l'autre, par la Commission de récupération des immeubles et terrains de l'Etat.

Cet audit a porté sur trois régies financières et six entreprises publiques. Il s'agit de la Direction générale des Impôts (DGI), de la Direction générale des recettes administratives et domaniales (DGRAD), de l' Office des Douanes et accises (OFIDA), de l'Office national de transport (ONATRA), de l'Office Congolais de contrôle (OCC), de la Régie des eaux (Régideso), de la Société nationale de l'électricité (SNEL), de la Société nationale des Assurances (SONAS) et de la Régie des Voies aériennes (RVA).

Il ressort de ce constat d'une année de travail qu'un détournement monstre de l'ordre de 1 milliard 300 millions de dollars US a été opéré au sein des entreprises précitées. Quant à la Commission de récupération des immeubles et terrains de l'Etat, le ministre Mayobo affirme que 94 terrains dans le domaine privé de l'Etat et une quarantaine de dossiers dans le domaine public sont concernés. Au total 153 dossiers que les instances judiciaires doivent instruire.

Le ministre Mayobo a confirmé que ses collègues des Finances et du Portefeuille mènent déjà des actions disciplinaires, d'une part, et de remboursement, d'autre part à l'encontre de 53 personnes reconnues coupables de ces indélicatesses.

NE PAS SE LIMITER A L'EFFET D'ANNONCE

Au cours de son point de presse, Mayobo a souligné que, d'ores et déjà, le ministre de la Justice a déposé au Parquet général de la République les dossiers de 17 personnes physiques et 10 personnes morales impliquées dans ces sales dossiers.

C'est un véritable coup d'éclat qui vient de mettre à nu la mauvaise gestion caractérisant plusieurs entreprises publiques. Les observateurs sont convaincus que ce montant colossal n'est que pointe visible de l'iceberg et que ce scandale est susceptible d'éclabousser plusieurs personnalités. Dans le cas d'espèce, l'audit s'est contenté d'un premier échantillon. La commission interministérielle prouverait sa quête de transparence en poursuivant ses investigations dans le secteur minier. Notamment en creusant le fond des contrats qui ont récemment fait l'objet de la révisitation. Sans oublier des incursions dans les contrats initiés par les Travaux publics, les Affaires foncières, les structures de gestion de la dette interne, du secteur pétrolier, etc.

Dans l'opinion, on souhaiterait que la présente «Opération mains propres» aille jusqu'à son terme pour débusquer les détourneurs des deniers publics et leurs commanditaires. En clair, l'opération ne devrait pas se limiter au simple effet d'annonce, destiné à la consommation extérieure. Critiqué pour immobilisme depuis son investiture, le gouvernement devra montrer sa capacité à juguler la mauvaise gouvernance en matière des finances publiques. Et à imprimer une nouvelle mentalité aux fonctionnaires de l'Etat. Dans cette croisade, il ne devra pas hésiter à se débarrasser de tous ceux qui se seraient compromis. Il est donc appelé à nettoyer les écuries d'Augias. Se trouvant aujourd'hui dans une situation financière difficile, à cause de l'absence des appuis budgétaires extérieurs, le gouvernement est condamné à se rabattre sur ses fonds propres, générés particulièrement par les entreprises d'Etat, afin d'exécuter son programme 2008.

POUR ARRETER LA SAIGNEE DES FINANCES PUBLIQUES

Si cette «Opération mains propres» peut lui permettre de rétablir l'Etat dans ses droits, il disposera des moyens de sa politique au titre de budget d'investissements et serait à même de faire face au front social en ébullition. Car, il faudra bien retenir que «Septembre noir» s'annonce à l'horizon, marquant la reprise des cours dans les écoles de la République. Aussi serait-il préjudiciable, de la part du gouvernement, de se lancer dans un «marketing politique suicidaire» en brandissant sans lendemain les résultats de l'audit. Puisque les poursuites judiciaires sont déjà engagées, il a tout intérêt à demander au ministre de la Justice de faire l'état des lieux des premières instructions judiciaires.

Ce type de communication permettra au public de connaître déjà l'identité des premiers présumés coupables de détournement des fonds publics, la hauteur des montants détournés au niveau de chaque entreprise citée. In fine, le peuple jugera le degré de volonté politique du gouvernement de faire de la transparence son cheval de bataille.

Au fond, le gouvernement ne doit pas du tout perdre de vue que cette «nouvelle spectaculaire» intéresse particulièrement les institutions de Bretton Woods. A plusieurs reprises, le FMI et la Banque Mondiale l'accusaient, à mots voilés, d'incapacité pour la maîtrise de ses ressources propres, lesquelles échappent à son contrôle. A plusieurs reprises, appel lui avait été lancé de mettre de l'ordre dans sa boutique plutôt que de continuer à tendre la main aux partenaires extérieurs.

Aujourd'hui qu'il a constaté la gestion calamiteuse dénoncée plusieurs fois par les Syndicats - «la RDC dispose des milliards de dollars qui prennent des destinations inconnues, parce que sous-estimés volontairement à l'avance lors de l'élaboration des prévisions budgétaires» - le gouvernement n'a plus d'excuse pour arrêter en si bon chemin l'opération «mains propres». C'est la seule voie qui vaille la peine pour arrêter la saignée des finances publiques.

Pour rappel...parce que la mémoire est une faculté qui oublie!

Malgré le slogan de rupture :

Des détournements monstres au gouvernement

(Le Révélateur 15/04/2008)

Les procédures peu orthodoxes, l’indiscipline dans les ordonnancements, des sommes colossales détournées du trésor public, encore et toujours la mal gouvernance poursuit son bon homme de chemin dans un pays où le double langage est érigé en système de gouvernance. L’affaire passerait sous silence si une ONG, la Ligue congolaise contre la corruption n’avait pas publié le scandale financier qui s’opère au grand dam du Congolais meurtri dans sa misère.

Selon le rapport d’une soixantaine de page, rapport d’ailleurs incomplet de la Cour des Comptes, près de CDF 64 984 725 528,61 (Francs congolais soixante-quatre milliards neuf cent quatre-vingt-quatre millions sept cent vingt-cinq mille cinq cent vingt-huit centime soixante et un), soit près de USD 120 millions de l’argent du contribuable, en l’espace de deux mois seulement (décembre 2006-février 2007) ont pris des destinations inconnues, sans justification, sans que cela se passe dans l’orthodoxie financière et sans qu’ils ne soient utilisés, pour certains cas, pour ce à quoi ils étaient destinés. Et si on extrapolait sur une période relativement longue !

Après que le petit pan de voile soit levé sur ce qui n’est que la partie visible de l’iceberg de la corruption en RDC, le ministère de budget a lui aussi publié le scandaleux rapport, sur son site Internet, l’Internet où l’accès n’est réservé qu’à moins de 1% de la population congolaise. C’est le ministère de la défense et l’armée qui ont battu le record des détournements des deniers publics. L’audit concerne la période du 1er décembre 2006 au 28 février 2007. Les détournements ont profité d’une part des procédures d’urgence (de la hauteur de CDF 16 376 560 538,15 Francs congolais seize milliards trois cent soixante-seize millions cinq cent soixante mille cinq cent trente-huit, centimes quinze, soit près de USD 30 millions), de l’opacité généralisée dans la gestion de la chose publique mais aussi de la puissance politique, policière et militaire des auteurs de ces actes pour jeter soustraire du trésor public ce qui pouvait profiter à tous.

Tous sont mouillés et éclaboussés; tous se roulent dans la boue à loisir

Le scandale n’épargne personne. Tous les services de l’Etat ou presque, comme de vilains prédateurs qui s’abattent sur la carcasse de leur victime, ont abusé de la mollesse ou profité de la complicité des institutions financières pour saigner à blanc les caisses de l’Etat. Pire encore, plusieurs services ont sorti des millions en espèce du trésor sans se faire identifié. Le ministère de la Défense nationale remporte la palme de l’irrégularité et des détournements enregistrés avec 20 gros dossiers.

Des services non identifiés occupent la seconde place avec 41 dossiers, la Police avec 22, le ministère de l’Intérieur, 8, le ministères des Finances qui devrait pourtant prôner la discipline et prêcher par l’exemple 8, Primature, 3, le ministère des Infrastructures, Travaux publics et Reconstruction, 11 dossiers, la Banque congolaise, 166 dossiers, les régies financières, 5, Carburants et lubrifiants, 97 dossiers. On y retrouve également des traces des anciennes vice-présidences, de la Banque centrale du Congo, du Sénat, de l’Assemblée nationale, 42, bref tous ont trempé dans la magouille et la corruption.

Selon le rapport, des manœuvres dilatoires et des obstructions ont été enregistrées de la part des services enquêtés, notamment au ministère des Finances ou à la Primature. D’autre part, les auditeurs se sont retrouvés devant des faits accomplis où des traces des opérations ont disparus, soit au niveau de l’ordonnancement ou à la destination. Certains criminels ont tout simplement fait mauvais usage de la loi pour réfuter tout contrôle. C’est le cas de la Commission électorale indépendante.

Une vraie pieuvre avec tentacules dans les hautes sphères de l’Etat

La maffia a utilisé le maillon faible de la lutte contre la corruption en RDC, c’est-à-dire la passation de marchés des travaux publics et des fournitures où d’énormes commissions occultes sont distribuées. Ici le jeu est simple. Interférence des autorités politiques dans la passation des marchés, ce qui contourne l’adjudication publique sur la quasi-totalité (4 sur 11) des marchés publics, exécution de marché avant l’obtention de la lettre de commande. Le scénario est classique à Kinshasa. Un vieux tracteur complètement déglingué arrive sur les lieux qui sont d’ailleurs son cimetière. Les ouvriers cassent tout et disparaissent corps et bien. La population n’a plus que des yeux pour pleurer.

Ce scénario a été vécu dans la commune de Kalamu, dans le dossier de la réhabilitation des avenues Kasangulu et Ezo, confié en septembre 2006 à l’Entreprise Stever Construct par le ministre des Finances Marco Banguli dans le cadre d’une ASBL pro-PPRD, la CODEK (Convention pour le développement de Kinshasa, du pure style FROJEMO de triste mémoire). Montant de la commande : USD 2 172 169,09 dont USD 191 918,55 pour les études, le contrôle et la surveillance, et USD 235 536,41 pour l’impôt.

L’entreprise perçoit en date du 31 janvier 2007 USD 1 217 086,40. Déjà à ce stade, on perd la trace de USD 86 215,05, soit 40% du montant du marché. Prévus pour 120 jours, les travaux sont ‘‘à l’arrêt avant même la régularisation’’. Avec l’état de délabrement avancé de l’avenue Université, Kasangulu n’est plus que l’ombre d’elle-même. Tous le flux vers ou en provenance de Ngaba, UNIKIN, Mont-Ngafula n’ont fait de cette artère secondaire qu’une bouchée.

Près de USD 4 117 733,49 sur les dossiers des travaux publics de la période sont parti en fumée. Le gouvernement n’a bougé aucun doigt pour récupérer l’argent public. Tout le monde sait pourquoi.

Bref, le rapport n’a perçu aucun caractère urgent dans l’exécution des opérations auditées dans la période. Plusieurs paiements ont été effectués hors chaînes des dépenses et nombre d’entre elles ont été régularisés ou pas du tout à ce jour. Un accroissement de 218 % a été enregistré sur le solde de dépenses urgentes dans la période. La Cour des Comptes a même repéré un vrai charabia dans l’écriture comptable : ‘‘Virement apurement de refinancement de la Banque Congolaise’’ pour brouiller les traces de près de CDF 10 497 642 376, 74.

Un autre cas scandaleux

Le rapport fait également état d’un contrat passé entre le gouvernement et une certaine maison OMEGA Trading Company´s a bénéficié de 3 commandes de fourniture des produits pharmaceutiques et divers pour les FARDC. L´initiative des commandes proviendrait de l´Etat Major des armées. Ce qui est à nouveau scandaleux dans le dossier, c’est la procédure. Dans le cadre ‘‘ekosala nini’’, si c’est la finalité qui compte. Suivons la LICOCO : Le Ministre de la Défense a introduit une commande à la maison OMEGA. Faute de crédit budgétaire dans son ministère, celui-ci intéressera son collègue de la Santé Publique, qui gère le crédit PPTE du secteur médical.

Le ministre de la Santé intervient dans le paiement de la commande et l´avenant en changeant l’objet de la commande : Appui à la révitalisation des zones de santé. Deux bons d´engagements sont émis, l´un au cabinet du ministre de la Santé et l´autre par le Secrétariat général à la Santé pour la commande et de l´avenant. Le montant du marché est de USD 5 429 172,34 dont la commande de USD 3 595 419,57 et l’avenant: USD 1 833 752,73.

Régime du marché: de gré à gré par la décision du Ministre de la Défense nationale.

Le rapport fait observer l’absence de facture définitive, l’absence de cahier des charges, de bordereau de livraison, de PV de réception, de la lettre d´invitation pour la livraison finale, de la décision du conseil d´adjudication. Le fournisseur OMEGA justifie cet état de chose par le refus de l´armée à réceptionner des produit devant une Commission ad hoc, dans les entrepôts du Ministère de la Santé, ‘‘alors que sur le dossier physique déposé par le fournisseur OMEGA, le rapport signale une commission de réception des produits constituée de 5 colonels’’ des FARDC.

S’il faut projéter par rapport à la période et extrapoler au regard des montants détournés, il y a fort à parier que des millions de dollars des contribuables congolais ont pris la direction des bourses privées de nos dirigeants et que le peuple congolais en a encore pour longtemps à attendre que l’éradication de la corruption quitte le stade de slogan. Voici une explication au boum de l’immobilier observé à Kinshasa sans qu’il y ait effet sur l’économie:  l’argent sale.

Le Révélateur :

La corruption en RDC a atteint son paroxysme

Par Freddy Kilubi

Le Phare, 14 janvier 2008

L’Organisation non gouvernementale, Transparency International a présenté vendredi, au centre Béthanie à Gombe, les conclusions de son étude sur « le Système national d’intégrité de la Rdc », réalisée par l’Institut Berci au cours de l’année 2007.

(...)

L’état de la corruption en RDC

Selon ce rapport, le phénomène de corruption en RDC a atteint un niveau systémique qui mérite non seulement une identification secteur par secteur ou acteur par acteur, mais aussi une recherche approfondie des sources de cette dérive ainsi que des motifs de sa reproduction intensive, accélérée et généralisée pendant la transition embrassant toute la vie nationale au niveau de l’Etat, de la société et des individus.

Dans le cadre de cette étude, les manifestations de la corruption en RDC sont regroupées ici en deux catégories distinctes pour des raisons d’analyse : la corruption transfrontalière et la corruption interne. Cependant, cette distinction n’est qu’artificielle car ces différentes manifestations de la corruption sont en interaction constante, se nourrissant les unes les autres dans leurs causes comme dans leurs effets.

(...)

Il s’agit notamment, de la fraude documentaire et physique, des extorsions ou tracasseries humiliantes, des détournements de salaires des agents de la fonction publique et de l’armée, la corruption sexuelle, des honoraires sous table, la contribution des parents, de détournement de l’aide extérieure, le coupage, le transport, la motivation et la compensation, de la corruption judicaire, la corruption législative, des commissions illégales, augmentation imprévisible des prix des produits de sociétés etc.…

(...)

Pour payer leurs alliés, leurs milices, ou simplement pour s’enrichir, les autorités congolaises ont créé au cours des années des joint-ventures avec des entreprises étrangères, en faisant main basse sur d’énormes concessions minières qui se sont caractérisées par le non respect des obligations sociales et du nouveau code minier. Une commission parlementaire a estimé que les pertes depuis le début de guerre 1996 s’évaluent à USD 11 milliards, soit près de deux ans de PIB.

( ... )

Dans le domaine douanier le manque à gagner dû à la fraude s’élevait jusqu’à USD 12 millions par mois dans les années 1990. Depuis, elle s’est particulièrement accrue dans les postes frontaliers à l’Est du pays.

Pendant les quatre années séparant les accords de paix et la fin du processus électoral, la corruption a battu ses propres records: entre les deux tiers et les trois quart des recettes fiscales n’ont jamais atteint les caisses de l’Etat47. Par ailleurs, dans le domaine fiscal, lors de son dernier rapport conjoint en 2005, la Cour des comptes et l’Inspection générale des finances ont dévoilé un stratagème de fraude à la Direction générale des impôts (DGI) qui a facilité le détournement d’au moins USD 28 millions. Il s’agit de crédit d’impôts fictifs vendus aux entreprises privées les plus importantes du pays leur permettant de bénéficier d’une exonération « légale » d’impôts.

(...)

En juin 2005, un montant de 50 millions de francs congolais (environ USD 100 000) destinés aux salaires des fonctionnaires et agents de !’Etat du service des anciens combattants de la province du Bandundu aurait été détourné par l’agent payeur du service. Mais après avoir été incarcéré quelques temps, le responsable sera relâché sur ordre du parquet local sans autre forme de procès.

Actuellement, environ USD 6 à 8 millions sont décaissés par mois pour la solde des soldats. Environ, 50 pourcent de cette somme n’arrivent pas aux destinataires.

La corruption sexuelle

Les recrutements ainsi que les promotions et les affectations en général se monnayent, aussi bien dans l’administration que dans l’armée où les femmes sont parfois sujettes à la pratique d’avoir des rapports sexuels auprès de leur supérieur hiérarchique pour avoir une affection55. Selon une femme militaire à Kinshasa, « On est obligé de respecter les ordres du chef, car le service militaire est un service commandé. Donc, on est obligé d’accepter d’avoir des rapports sexuels avec lui pour obtenir un détachement ... Cela s’appelle « leisa mpunda » c’est-à-dire « nourrir le cheval » ». Ce phénomène a aussi été documenté dans les universités et les écoles secondaires où les professeurs octroient aux étudiantes ou élèves les notes nécessaires à la réussite scolaire contre des avantages sexuels.

Les honoraires sous table

La pratique des «honoraires sous table» se manifeste surtout dans le secteur de la santé. Aucun service ne peut être offert au malade dans les établissements publics sans qu’un pot-de-vin ne soit payé en dépit des dispositions légales qui condamnent tout refus de porter assistance à une personne en danger, et du sens contraignant des serments que prêtent les professionnels de santé à leur entrée en exercice de fonctions les obligeant à traiter le malade avant toute considération matérielle.

Cette pratique est liée aux salaires modiques dans le secteur. Un barème de salaires distinct de celui des autres fonctionnaires de la fonction publique attribué aux professionnels de santé en 1993, n’a pas supprimé la corruption.

Le salaire du médecin oscille entre 17 000 et 35 000 francs congolais (environ USD 35 et 70) par mois pour un médecin en chef 4e échelon (équivalent au grade de Directeur général de la fonction publique). Une prime mensuelle de 170 000 francs congolais (environ USD 340) est allouée aux médecins de cette catégorie. La situation est plus que déplorable pour les autres catégories des professionnels de santé. En outre, le pire est surtout que les détournements de ces modiques salaires se font au niveau des provinces. La plupart de ces professionnels de santé accusent parfois plusieurs mois de retard de paiement ou alors ne touchent que la moitié ou le quart de leur droit. Selon une femme à Kinshasa, « Ce que le gouvernement devrait faire en priorité, c’est améliorer les salaires des médecins qui ont cinq mois de retard de salaire. Cela les démotive. »

(...)

Le détournement de l’aide extérieure

En 2004, le président de la Cour des comptes de la RDC estimait que « 30 pourcent de la dette de la RDC est entrée dans la corruption » (USD 3,9 milliards62). Des routes, des hôpitaux, des édifices inachevés ou en état de délabrement, peu de temps après leur réhabilitation, sont les aspects les plus visibles du détournement de l’aide extérieure en RDC. De nombreux articles de presse ont démontré des « incroyables failles dans le système de financement au développement de la Banque mondiale, de la Banque africaine de développement (BAD), de la Commission européenne (EU) et autres».

Dans la soumission et la passation des marchés publics, la corruption sert à influencer le choix des fournisseurs de biens et de services à l’État, et avoir une incidence sur les modalités exactes de ces contrats d’approvisionnement et leur renouvellement au cours de l’exécution des projets.

Dans le domaine de la santé, par exemple, la population n’a pas vécu une véritable amélioration des soins de santé, alors que la santé est l’un des domaines prioritaires de l’aide extérieure.

Parfois, des marchés publics ont été octroyés sans respect « rigoureux » de la procédure en la matière (pas de cahier spécial de charge, pas d’appel d’offres, pas de soumission, pas de séance d’ouverture publique des offres, ou encore pas de PV de choix des entreprises chargées d’exécuter les travaux ou de livrer les fournitures) ; parfois, les termes de références semblent être de telle sorte que seules les ONG de droit étranger sont en mesure de remplir les critères, ou ils semblent établis sur « mesure ».

Parfois des organismes d’aide bilatérale deviennent eux-mêmes soumissionnaires pour la réalisation des marchés financés par un autre pays donateur»; créant ainsi une concurrence déloyale pour les entreprises locale qui peut être en violation des lois, des règles et des codes d’éthique établis dans leur propre pays.

Dans le domaine des infrastructures, les travaux de réhabilitation des tronçons routiers financés par la Banque mondiale ont parfois été accordés à des entreprises sans expertise et ne disposant pas de la logistique nécessaire sous base du critère du « moins disant ». Il suffisait à un entrepreneur de présenter l’offre la plus basse pour se voir attribuer le marché quitte à l’augmenter plus tard via le système d’avenants après s’être rendu compte que le marché ne pouvait pas être réalisé avec le montant proposé lors de la soumission initiale. Aujourd’hui un bon nombre de travaux entrepris sont à refaire en raison du non respect des cahiers des charges. Parfois les marchés les plus importants de réhabilitation routière avait pour actionnaire des responsables cités dans les rapports des pillages de l’ONU 67.

Pourtant,’ le Bureau central de coordination lors de chacune de ses opérations de passation de marchés à faire signer aux firmes candidates à l’attribution des marchés une clause imparable anti-corruption.

Parfois le bailleur de fonds verse sa part de contribution d’appui au fonctionnement de l’administration sous forme de subsides en fonds de contrepartie. Dans cette contribution figurent notamment des primes allouées aux personnels en vue de suppléer à la modicité des salaires. Le bailleur ignore tout de l’effectif et de la modalité dont les agents ont été recrutés.

(...)

Des commissions illégales, fantômes

La Présidence de la République ainsi que certains ministères du gouvernement de transition ont été jusqu’à percevoir des commissions sur des créances dues à l’Etat congolais.

Parmi les exemples les plus fragrants est celui dénommé « le scandale de la Société nationale d’électricité (SN EL) » où plusieurs autorités de l’Etat, après avoir été mis en cause par la commission «Bakandeja » dans les détournements de fonds, se défendent en reconnaissent publiquement avoir perçu une «commission» de plusieurs millions de dollars lors de la transaction qu’ils auraient reversée les uns à leurs ministères, les autres à la présidence. Selon les médias, pour le compte de leur rédaction respective un cachet dont la hauteur est fixée au gré des organisateurs, de manière à les motiver pour rédiger absolument, voire favorablement, l’article. »

(...)

Une coalition de prédateurs tient la RD Congo à la gorge

Le Phare, 7 mai 2007

Par Jean N’Saka Wa N’Saka

Même si Mobutu avec sa famille, ses collaborateurs brevetés de l’Institut Makanda Kabobi et ses généraux avaient systématiquement pillé et ruiné le Congo-Zaïre, l’ampleur des dégâts causés aux ressources du sol et du sous-sol du pays n’a pas été autant épouvantable que celle qui se poursuit depuis 1997 avec l’AFDL jusqu’à ce jour. Le rapport d’experts de l’Onu avait révélé l’énormité des déprédations causées à ces ressources par les camarades « libérateurs » et leurs alliés Rwandais et Ougandais.

En moins de quatre ans, la fortune d’individus tirée de ce pillage par les dirigeants de Kinshasa et planquée à l’étranger était évaluée à cinq milliards de dollars (5.000.000.000) américains.

Le scandale était tel qu’il avait fait venir l’eau à la bouche des vautours de tous les horizons de la planète qui se sont alors invités au festin. Ils ont parrainé le dialogue, téléguidé la transition et confisqué le processus politique et électoral du début à la fin. En matière de prédation, tous les records détenus par les « libérateurs » de l’AFDL ont été battus, de 2001 jusqu’aujourd’hui. On dirait qu’un gentleman’s agreement a été alors conclu, réservant l’espace politique aux complices locaux et l’espace économique aux parrains extérieurs. 

Depuis lors, la RDC était mise en coupe réglée. Les ressources du sol et du sous-sol : minerais et sociétés minières, forêts, gisements pétrolifères, ressources énergétiques etc. devenaient ainsi les biens sans maître à la disposition d’une coalition des prédateurs activement à l’œuvre. Des avalanches de contrats léonins tombaient et tombent encore indéfiniment, dépouillant le pays de toutes richesses. Aux termes d’un pacte diabolique secret, on aurait dit aux acolytes locaux de se contenter de l’espace politique qu’on leur donnait sur un plat, tandis que les autres se réservaient le monopole de l’espace économique.

La Miba à Mbuji-Mayi au Kasaï Oriental et la Gécamines à Lubumbashi au Katanga ne sont plus aujourd’hui que les entreprises d’Etat nominales, dont les concessions ont été émiettées et cédées pour la plupart à des particuliers étrangers sans bourse délier, et qui en sont devenus les propriétaires d’un coup de baguette magique. Depuis deux semaines, les travailleurs de la Miba débrayent, du fait qu’ils ne sont pas payés il y a nombre de mois. Et pourtant les shipments des carats des diamants de la Miba n’ont jamais cessé d’être écoulés sous les régimes de l’AFDL, de la transition et celui actuel de la IIIème République.

(...)

« La Gécamines au Katanga est logée à la même enseigne que la Miba au Kasaï Oriental. Tuée et dépecée comme un éléphant, elle est aliénée à plus d’une quarantaine de sociétés dont les propriétaires, venus les mains vides en RDC, comptent aujourd’hui parmi les grands exportateurs de cuivre, de cobalt, de germanium, de fer, d’argent, de métaux associés. Nuit et jour, des tonnes de minerais quittent la RDC par le Katanga via la Zambie ou la Tanzanie vers l’étranger, au profit d’individus ou groupe d’individus au nez et à la barbe de l’Etat congolais.

La Gécamines a même été dépossédée de ses propres usines qui sont devenues les propriétés de ces investisseurs sans capitaux propres d’origine. Ces contrats léonins qui favorisent le pillage scandaleux des ressources nationales par les monteurs de sociétés fictives dopés par le trop libéral code minier, plusieurs fois critiqué par certains candidats pendant la campagne électorale. On laisse fuir nuit et jour des millions de dollars, et en même temps on crie à la misère et on implore la Communauté internationale d’aider la RDC en contribuant au budget du gouvernement à raison de plus de 50 % du montant global ! On ne peut se prévaloir de la souveraineté de son pays et de son patriotisme quand le sens de l’honneur et de la dignité fait cruellement défaut dans les faits et gestes illustratifs de l’éthique et de la grandeur de l’homme. Comment les bailleurs de fonds et les investisseurs sérieux peuvent-ils avoir de l’estime pour un pays qui se complait dans un libéralisme innommable et sans précédent dans l’histoire du monde ?

La symbiose entre l’espace politique et économique coalisés pour ruiner le pays, fait de la coopération au développement une distraction comparable à la forêt cachée par les arbres. Nous semblons manquer de moyens pour nous développer et vivre dans le bonheur, alors que nous sommes comblés d’immenses ressources que nous aliénons aux autres qui en font leurs choux gras. C’est vraiment étrange et dommage pour notre pays !

2007-05-07

Texte distribué par:

Mwalimu Kadari M. Mwene-Kabyana, Ph.D.

2311 rue Centre

Montréal (Québec)

Canada

H3K 1J6

Tél. (514) 937-2362

Fax (514) 937-9693

Forum Réalisance

Posté par Musengeshi Kat à 03:20 - Révélations - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 juillet 2008

Un moment historique pour la justice humaine : l´arrestation de Radovan Karadzic

L´homme surnommé le bourreau de Srebrenica qui a été coupable de l´assassinat de plus de 8.000 musulmans en Bosnie est tombé après 13 ans de cache-cache entre les mains de la justice. Son transfert à la Haie est imminent.

Aujourd´hui Karadzic, demain Omar el Béchir

Enfin, souffle-t-on dans le monde entier, ce criminel va enfin subir le prix de ses forfaitures. Un grand moment en effet pour notre sens humain de justice. Radovan_KaradzicEt que justice soit faite le plus rapidement que possible pour rendre aux victimes musulmanes leur tribut légitime de justice.

Dans notre monde actuel où les valeurs humaines ont été ces derniers temps, par comportement inexplicable des personnes privées, des porteurs de pouvoirs et de décisions, systématiquement violentés, il est agréable de savoir que ceux qui se sont rendus coupables de crimes et de manquements graves tôt ou tard seront traduits en justice et puni. Vive la Cour Internationale de Justice, pourrait-on dire ; parce que cet instrument nous permettra, dans ses jugements, de restaurer notre sens de justice humaine mis à mal par des voyous de grands chemins qui profitèrent de leurs pouvoirs ou de leurs fonctions politiques pour s´exercer en toute barbarie sur leurs victimes sans défense.

Beaucoup se demandent pourquoi diable cela a-t-il duré 13 ans pour se saisir de ce criminel notoire et lui infliger bientôt la peine qui lui revient ? Qu´importe, répondrai-je ; le plus important est qu´aujourd´hui cet homme soit enfin arrêté et transféré devant ses juges. La justice humaine semble lente et patiente, mais elle existe ! Ses roues tournent parfois dans le vide, ou dans la botte de foin des coupables refuges sociaux et liens complices ; mais elle est têtue et persévérante. Radovan Karadzic va bientôt l´apprendre à ses dépends.

Il n´y a pas meilleur avertissement pour Omar el Béchir, le prochain candidat de la Cour Internationale de Justice. Ainsi qu´à tous ceux qui croient qu´ils peuvent, sans tenir compte de nos valeurs, de notre éthique et morale humaine, nous servir impunément leurs bassesses quelques soient les fonctions qu´ils exercent, leur nationalité, leur confes