Que des médecins se mettent en grève, quoi de plus normal dans un pays ; après tout en Allemagne les médecins avaient fait aussi fait leur grève cette année. Par ailleurs, en France, en Belgique, en Italie …bref, ce sont des revendications salariales courantes dans n´importe quelle société du monde. Pourquoi en serait-il différemment en RDCongo de Kabila ?

Une gestion cabalistique, aventureuse, dangereusement naïve

Le grand drame des sociétés noires ou africaines, c´est que leurs élites se contentent de gérer cahin-caha le présent au lieu de faire preuve d´imagination et de créativité en investissant dans l´avenir du travail et de la productivité prévenant les problèmes sociaux à venir. Tout cela avait à voir avec une élite cupide, corrompue, sans vision et sans feuille de route de la direction dans laquelle la société devait se diriger rapidement pour donner rapidement à chacun de ses membres le revenu, la sécurité et l´assurance sociale à laquelle il aspire profondément. Et investissant mal ou dilapidant les investissements en erreurs et bagatelles, les élites incapables, tout en souscrivant à l´immédiateté (surtout la leur), conduisent leurs sociétés à toute vitesse vers le crash inévitable alors de la misère et de la pauvreté. Car celui qui n´investit pas aujourd´hui, ne peut pas récolter demain ; c´est bien connu. Et les problèmes sociaux, eux, deviennent de jour en jour poignants et insolubles.

Ce phénomène de cerce vicieux de la pauvreté et du sous développement on le trouve partout où les élites (surtout africaine) n´ont qu´une notion primaire de la gestion et de la l´exercice du pouvoir en tant que tel. On cafouillait, on balbutiait, on empruntait comme le dernier des manants pour cacher ses échecs, et parce qu´on ne savait ni produire, ni rentabiliser efficacement ses emprunts dans des investissements fructueux, on s´enfermait dans une ruineuse dépendance face à ses emprunteurs…qui en profitaient, soit dit en passant pour faire avaliser leurs conditions douanières ou accélérer la vente des matières premières dont ils étaient si friands pour leurs industries. Le RDCongo croit toujours aujourd´hui qu´en vendant ses matières premières ce pays arriverait à sortir de sa pesante situation, or, de décennie en décennie, elle apprend à ses dépendants que sans un autre talent que celui de consommer ou de mal gérer, le trou sous ses pieds s´agrandissait dangereusement.

Les occidentaux reprochent (à raison) au gouvernement Kabila d´avoir joué au troc avec les chinois pour 9 milliards d´échangeur et de routes contre des matières premières dont le prix chaque jour augmentait. Celui qui n´a pas de grandes notions d´économie doit se dire ceci : au fait, ce qui énervait les occidentaux était qu´ils étaient, à la longue, comme le RDCongo, perdants dans cette affaire. Pourquoi ? Parce qu´en réalité les chinois protégeaient avec cet économisme primitif leurs coûts de production et ainsi, outre qu´ils étaient déjà les moins chers sur le marché mondial des produits industriels finis ou semi finis et de coûts de main d´œuvre ; ils économiseraient en valeurs sonnantes tout se débarrassant (le temps des travaux effectués actuellement en Afrique par approximativement 800.000 de chinois), d´une main d´œuvre inutilisée ou sans emploi effectif. On avait le loisir, tout en s´assurant de matières premières africaines, de se préparer à intégrer ces travailleurs chinois à l´étranger dans un système mieux structuré et organisé plus tard.

Tout cela avait mis tout l´occident en rage, et lorsqu´un Kabila penaud vint à Paris chez Sarkozy jouer à Perette et le pot au lait, celui-ci lui fit bien remarquer qu´il ne pouvait pas demander la remise de ses dettes pour s´endetter de nouveau tout en bazardant ses garanties aux chinois. Pourquoi ne pas aller s´endetter chez les chinois, au fait ? Les belges, eux, ne savaient plus comment il fallait faire comprendre aux congolais que leur aide de 280 millions € devaient être employés dans l´intérêt avenir des deux pays et pas à payer éternellement des frais de personnel politique et administratif qui n´arrivait qu´à pondre, avec un aveuglement et un dilettantisme renversant, des œufs de pigeon ! Or, pour la petite Belgique, le temps pressait, comme pour le RDCongo car la concurrence industrielle menaçante que développait la Chine, l´Inde, et d´autres pays tels que le Brésil, le Vietnam ou l´Argentine et le Mexique allait déplacer les centres commerciaux et financiers vers la Chine principalement. Ce courant économique qui se raffermissait de jour en jour n´était pas nécessairement favorable à la petite enclave européenne belge qui risquait de perdre graduellement ses hauts revenus commerciaux. Et en plein vieillissement de population, endetté publiquement à plus de 95 %...on se souhait un RDCongo pouvant fructifier rapidement les investissements qu´on ferait chez lui. Mais voilà…au Congo on détruisait le capital humain et financier sans l´utiliser ou le placer fructueusement. Une scandaleuse situation qui n´arrangeait personne : ni les générations avenir congolaises, ni la sécurité et la stabilité sociale de ce pays ; et encore moins les intérêts de la Belgique ou ceux des deux pays.

Ce n´est pas du tout hasard qu´un ex premier ministre belge, Yves Leterme, devient journaliste providentiel (accrédité officiellement par deux journaux belges) ces derniers jours à Pékin ! Il n´a rien d´un journaliste ; la preuve : le 15 juillet 2008, il chanta la Marseillaise au lieu d´entonner la Brabançonne ! Cette bourde, n´est-ce pas…Il s´agit plutôt pour lui de jouer l´attaché économique libre préparant le terrain ou les relations chinoises avec les hommes d´affaires belges voulant profiter de leur présence sur le plus grand marché du monde. Il est accompagné de Karel de Gucht lequel, à plusieurs reprises notamment, avait rumine sur la gestion économique du RDCongo. Mais apparemment, ou les congolais ne se rendaient pas compte de ce qui leur arrivait, ou ils étaient blindés par leurs faux optimismes médiocrates.

En Angola les congolais étaient chassés comme des indésirables honnis, or ces angolais oublient que le zaïre de Mobutu avait hébergé plus d´un millions de réfugiés angolais pendant pratiquement toute la période de la guerre civile d´Angola. Ce rejet, pour ceux qui chantent à longueur de journée faussement de l´Unité Africaine, de la fraternité ou du pan africanisme et autres illusions vides sans le moindre contenus d´exigence réaliste économiques et sociaux, rappelle à s´y méprendre au vomissement criminel des Sud africains face à plus pauvres qu´eux d´origine zimbabwéenne, mozambicaine…etc. Or, ceux-ci ont eux aussi, des siècles auparavant, en tant qu´esclaves ou ouvriers forcés creusés les mines dont l´Afrique du Sud est fière aujourd´hui. L´africain et sa naïveté ou son manque de détermination sociohistorique…Cela changera-t-il un jour ? Peut-on toujours croire que dans le Marathon de la vie on peut rattraper ceux qui étaient partis une heure avant vous ? Et si cela était vrai pour la vie d´un peuple, d´une race ou d´un continent ; quand on se trouve en handicap, faut-il y ajouter la cécité, le flegmatisme ou l´engagement intelligent à réussir ? On peut faire des erreurs, certes ; mais répéter ces erreurs à longueur de siècles ou se laisser chosifier, abuser continuellement par ses propres erreurs ou ses ennemis étrangers… ? 

Tant que les gouvernements africains, et mêmes haïtiens, guadeloupéens, dominicains ne comprendront pas que la pauvreté rend mauvais et médiocre ; qu´il faut investir tous les efforts intellectuels, physiques et financiers pour briser ce cercle vicieux qui, à la longue, ne mène qu´à la débauche et à la pauvreté chronique…les choses ne changeront, hélas pas. D´autant que la plupart du temps toute société piégée a difficile mentalement et objectivement à rompre cette logique perverse qui la poursuit dans toutes ses activités sociales. Rares sont les cerveaux supérieurs au sein de la société sachant dénouer ce noeud gordien se répétant inlassablement de génération en génération en condamnant des enfants et des femmes innocents à vivre une vie étriquées et pauvre à tous points de vue. Cela n´est ni dans l´intérêt des individus, ni de leurs sociétés…encore moins de leurs cultures. Alors, toujours à croire que l´aide et la mendicité est un moyen de vaincre la pauvreté et le sous développement ? Qu´en est-il de produire, que diable ; d´utiliser l´imaginaire et la créativité de ses propres enfants pour réaliser leur propre avenir ? Tout le monde le ferait sauf la race noire en serait dispensée, ou attendrait qu´on lui déroule un tapis rouge où elle n´aurait plus qu´à déguster les fruits des efforts et s´exercer selon la place qu´on voudrait bien lui attribuer ? Il faut se méfier de rêves gratuits...seuls ceux dont on a entretenu soi-même les limites et le contenu sont réellement fidèles à satisfaire aux exigences brûlantes de nos attentes. Si nous en avons... 

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

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