Une crise financière américaine sous estimée mettait-elle à mal l´optimisme aveuglant des américains envers le grand amour spéculatif de leur Management financier ?

 

L´épée de Damoclès pèse sur Wall Street

 

Qui sème le vent, récolte la tempête.

 Contre tout esprit capitaliste libéral, l´Etat américain, pour sauver l´American International Group du manque de liquidité qui aurait conduit ce deuxième grand assureur du monde présent dans plus de 130 pays, a repris 79, 9% de son capital en lui prêtant 85 milliards $ à deux ans. Les répercussions de la banqueroute de cet assureur sur la place financière américaine et même sur les importantes places financières mondiales aurait provoqué, à coup sûr, un séisme à effet de domino. Et même si après cette opération de sauvetage les marchés se sont quelque peu calmés, je doute personnellement que la tempête est passée. A mon avis le séisme viendra tout de même. Pourquoi ? Mais parce que les banques et assurances américaines se sont trop joyeusement à mon sens, jetés dans la spéculation financière pour cacher qu´en réalité, et face aux dispositions monétaires énormes que disposaient ces institutions, les affaires sur le territoire américain avaient cessé d´être soutenues par de nouvelles et solides sources réelles de production. Spéculer n´est ni interdit, ni réprimandable ; seulement quand on spécule aveuglement et souvent contre les intérêts de sa petite et moyenne entreprise…pour le seul amour du profit, il faut se garder de revenir prêter á ceux qu´on a appauvri. Parce qu´alors, on se mord la queue soi-même, car ils ne sont pas réellement solvables. et si malgré tout on le fait, on a perdu le sens des réalités et celui des principes fondamentaux de son propre système économique.    

 En clair, ces institutions ayant été, sous le gouvernement Bush, libérés de tout réel contrôle bancaire efficace. Elles se crurent donc en mesure d´entretenir ou de propulser l´économie américaine dans le rêve tant adulé des jeunes technocrates américains du Wall Street : celui l´avènement de la société des services où l´argent travaillait dans le monde entier à enrichir des banquiers aux rêves et aux revenus toujours plus généreux et gourmands. On a bien essayé de se jeter sur la Chine qui était, de par son énorme marché, le meilleur filet de consistance du monde ; mais celle-ci, pressentant l´incontrôlable tutelle, s´est rétractée. Sa marche industrielle, cependant, mettait à mal toutes les industries des pays développés. Que restait-il pour les jongleurs financiers américains assoiffés ? Le marché immobilier américain, peut-être ? Celui-ci, tout en étant imposant et dynamique, était cependant étiré par les bas salaires et les pertes d´emplois conséquents à la crise économique qui frappait l´Amérique sans que celle-ci, aveuglée par sa fierté de leader mondial ou trompé par son optimisme naturel, ne veille se l´avouer sincèrement malgré tous les signes les plus persistants.

 On connaît ce qu´il en advient de prêter, pour sauver les apparences, à des clients de petite solvabilité avec l´espoir que la reprise économique viendrait réparer ce léger défaut. La crise économique, cependant, persista et les intérêts supportables lors des signatures des prêts hypothécaires augmentèrent, mettant pratiquement tous les propriétaires de revenus moyens en difficulté. On vendit alors insidieusement ces hypothèques aux autres banques et aux étrangers, afin de limiter les dégâts. Ce faisant, on empoisonnait aussi tous ceux qui s´y laissèrent allécher par ce produit bancaire avarié. Et depuis, c´est la tourmente qui vit s´effondrer tour en quelques mois 3 des 5 plus grandes banques américaines d´investissement, ne laissant survivante sur la place américaine que la Morgan Stanley et la Goldman Sachs.

Et même en permettant à ce grand assureur mondial de relever le front, le mal, lui est profond parce que toutes ces banques et sociétés d´assurance avaient des ramifications entre elles. Les conséquences vont bientôt se faire sentir. On le voit à la réserve de la Morgan Stanley ainsi que celle de la Goldman Sachs à prêter des liquidités à l´A.I.G. malgré les garanties de l´Etat. Par ailleurs, l´autorisation faite à l´A.I.G. de pouvoir emprunter 20 milliards sur une de ses filiales n´a rien changé à ses besoins immédiats de liquidité. L´A.I.G présente un actif de 1050 milliards $ (au mois de Juin) qui sont pris en garantie par l´Etat.

 A mon avis l´A.I.G. a un passif avoisinant l´ordre de 800 milliards $, et ceux-ci vont bientôt faire du bruit, un bruit indésirable et dérangeant entraînant une nouvelle vague de banqueroutes sur le marché financier américain. Parce que prêter à un banquier ou à une société d´assurances et d´investissements qui sont sensés être les plus regardants, les plus diligents dans l´art d´utiliser et d´employer l´argent qui leur est confié ou de l´investir habilement ; si ce n´est plus le cas, il y a eu abus ou irresponsable spéculation. Cette dernière hypothèse me semble la plus probable. Et dans ce cas, et pour l´A.I.G, la tourmente n´est pas finie ; elle ne fait que commencer. Avec ou sans la protection de l´Etat américain. Dans les prochains jours de nouvelles banqueroutes vont venir et à jour. Et je me demande si, d´un point de vue éthique de la philosophie économique américaine, l´Etat a bien fait d´intervenir aussi massivement avec les deniers des contribuables pour soutenir des sociétés privées.

En tout cas les actionnaires de l´A.I.G. semblent mécontents car ils se sentent lésés par les conditions imposées par la tutelle de l´Etat. Il va y avoir des suites ou des procès qui feront, vraisemblablement, voler toute cette opération de sauvetage en l´air. En tout cas je doute que tous les acteurs nationaux et internationaux agissant sur la place américaine avalent tous cette douteuse couleuvre sans se rétracter le moins du monde.

 Musengeshi Katata

„Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu“

 

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