Oui, en pleine crise financière provoquée par un indésirable et plutôt criminel déploiement de fausses valeurs financières sur le marché financier américain et international, le prix Nobel d´économie revient à…un américain ! Cette distinction était-elle nécessaire et objective ou le comité de la société Nobel restait-il sur sa ligne culturelle de politique pro occidentale ?

Le jusqu´auboutisme occidental et ses signes ambigus

Ne nous y trompons pas, ce n´est pas que nous désavouons les mérites du professeur Paul Krugman qui a été, entre autre, un âpre critique du gouvernement Bush. Quant à ses écrits et à ses réflexions de haute qualité scientifique, ils sont incontestables par leur objectives et rationnelles déductions. Le prix Nobel lui est reconnu notamment pour son étude sur la Géographie économique.

Nous n´allons non plus pas nous substituer au comité du prix Nobel chargé de faire le choix des lauréats…cependant, encore une fois, il nous apparaît que le choix de cette noble société est resté enclavé à la prédominance occidentale avec des relents politiques hautement jusqu´auboutistes. En quelque sorte un trafic d´influence hautement célébré. Rien de nouveau pour une culture qui a dominé le monde depuis si longtemps en ne voyant les choses que de son point de vue. Seulement…autant la liberté, que la raison ou l´objectivité sont indépendants de toute exclusivité géographique ! Par ailleurs, au moment où l´Amérique sombrait, grâce à des économistes bons marchés écumant des théories cabalistiques et incomestibles pour leur propre économie, donner un prix Nobel d´économie de plus à ce pays, n´est-ce pas mettre l´accent à une fausse cause ou encourager des vues abusives de la sciences et des techniques ?

L´Amérique est un pays qui, malgré qu´il se prétend de la liberté et de la démocratie, de même que tout l´occident entendu, ne perd jamais l´occasion de privilégier et d´imposer ses étroits intérêts au monde entier. Au besoin de la violence et de l´abus de droit, comme on le sait avec la guerre du Vietnam, celle d´Irak ou l´embargo envers Cuba. Et cette fois-ci, en injectant dans le circuit financier international des valeurs vides de l´ordre de 90.000 milliards $ contre des valeurs réelles de 44.000 milliards $, ce pays a contredit à tout bon sens en voulant ballonner l´économie mondiale et la mettre définitivement sous son joug. Cette escroquerie qui avait permis aux américains de vivre au profit des autres, et particulièrement des pauvres africains ne témoigne pas d´une grande lucidité ou éminence économique. Pas du tout. Maintenant leur donner un prix Nobel, même si celui-ci est individuel et personnel…un très mauvais signal qui, soit dit en passant, ne leur épargnera en rien des conséquences douloureuses de payer les dettes résultant de leurs criants et volontaires abus. On se demande, en effet comment ils vont arriver à boucher ce trou valant 9 fois leur PIB ? Le monde entier devrait-il y participer sans en avoir joui des fruits ? Si cela s´appelle économie…de l´escroquerie pure et simple doublé d´une mauvaise foi de la pire espèce, oui !

Pourquoi avons-nous l´impression que lorsqu´il s´agit de poser un acte de reconnaissance culturelle mondial, l´occident s´arrange toujours pour sanctifier ses valeurs même si celles-ci sont à contre courant de toute véritable objectivité ? Après tout, c´est u prix occidental et à ce titre les occidentaux peuvent en disposer comme ils l´entendent. C´est vrai. Mais lorsqu´on en prend plein la bouche en prétendant que ce prix avait une importance culturelle mondiale, il se doit bien de répondre à des critères réellement objectifs et impartials et ne pas jouer les encouragements psychologiques à des courants désastreux parce qu´ils sont occidentaux !

La bourse et l´économie réelle, en tout cas, et Dieu merci, ne se laissent pas impressionner par ce genre de cadeau intentionnel. L´Amérique aujourd´hui découvre, elle qui se croyait puissante et au dessus de tous, qu´elle a besoin de l´aide de tous les pays riches pour l´aider à surmonter ses bavures frondeuses et gratuitement vaniteuses. Car vivre de dettes, et n´avoir une cote d´épargne que de

- 0,5% ! ; il faut bien être aveugle pour prétendre que les économistes de ce pays, quels que soient leur lucidité, ou leur justesse objective, ont été diligents. Sinon, pourquoi sommes-nous donc aujourd´hui en crise économique aggravée par une vertigineuse et dangereuse crise financière ? Parce que les économistes de ces pays étaient des génies, sûrement pas !

Nous ne doutons pas qu´il existe une Amérique loyale et plus regardante de la liberté et des droits des autres, pas du tout ; seulement, il est grand temps que cette Amérique-là se mettent en route. Parce que notre confiance et notre patience a des limites. Et autre chose : il est grand temps à l´occident de quitter son piédestal subjectif qui a faussé les valeurs humaines objectives depuis 600 ans. Les africains, les chinois, les indiens…tous les autres peuples et cultures de la terre ont droit, eux aussi, à la liberté, à la démocratie, à se réaliser librement. Pas seulement l´occident. Cette partialité qui consiste à se réserver, par tous les moyens licites et illicites, la domination sur les autres en les empêchant systématiquement de s´épanouir ou d´entretenir leurs instruments et moyens de réalisation ; cette primitive et prédatrice façon de voir la coexistence humaine n´est pas de bonne…économie. Pas du tout. Et il est encore indécent de continuer à célébrer ce genre d´abus ou lancer des lauriers d´excellence à ceux qui entretiennent ce genre d´idéologie. Ou l´encourage en lui donnant, avec une critique fallacieuse, la légitimation d´être.

Si réellement nous croyons à un monde de paix, de justice et d´équité, nous devons cesser de d´encourager le mal, l´escroquerie et la fausseté. C´est aussi simple que cela. Cela n´a vraisemblablement rien à voir avec Paul Krugman ni avec son œuvre et ses recherche ; j´en conviens. Cependant que le Trend y a une valeur éthique et morale irrécusable. Et à mon sens, donner un prix Nobel d´économie à un américain cette année, c´est faire preuve d´une cécité du plus subjectif irréalisme. En tout cas ce n´est pas ainsi qu´on encourage l´Amérique à changer de politique ou à voir les choses avec plus de largesse et de bon sens. Loin de là, on a plutôt l´impression qu´on encourage les gouvernements de ce pays à continuer sur cette voie gratuitement absolutiste et irresponsable car ils ont la science à leurs côtés. Et ce n´est pas une question de géographie économique, mais bien d´éthique et d´humanisme culturel contemporain supérieur. De quoi se réclame donc la culture occidentale ? La question est judicieuse.

Musengeshi Katata

« Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu »

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