28 novembre 2008
La crise économique et ses retombées : la Grèce a vendu son port de Pirée à la Chine.
Et tout à coup plus rien n´était comme avant ; serait-ce déjà la vente
aux enchères ? La Grèce, sous la tourmente de la crise économique, vend un
des ports le plus important en méditerranée à la Chine. Ce port économique
stratégique va certainement devenir la grande entrée Made in China sur le
marché européen. La crise avait fait perdre à ce port 40% de ses gains. La
Chine gagne du terrain en occident et dans le monde; serait-elle le grand
vainqueur de la crise ? Cette crise a-t-elle déclenché la fin de
l´hégémonie économique, financière et commerciale occidentale ?
L´autre revers de la médaille : la queue du Dragon
rouge
"Un
mal qui répand la terreur, mal que le ciel en sa fureur inventa pour punir les
crimes de la terre, La Peste (puisqu´il faut l´appeler par son nom) capable
d´enrichir un jour l´Achéron faisait aux animaux la guerre."
La Fontaine : "Les animaux malades de la peste."
La crise faisant, la Grèce a concédé à la Chine le 24.11.2008 pour 35 ans son port de
Pirée. En d´autres temps, ce pays y aurait regardé par deux fois et n´aurait
pas cédé à ce pas qui ouvre à la Chine une porte importante, si pas décisive à
son commerce avec l´Europe. Possédant environ 3000 cargos sillonnant le monde,
la Grèce est frappée de plein fouet par la crise économique qui s´est soldée
rapidement par un ralentissement de revenus pour son port maritime
méditerranéen. Pressentant la valeur stratégique économique certaine de ce
port, la Chine ne se fit pas prier deux fois. Assisterons-nous à la fin de
l´hégémonie économique et commerciale occidentale sur le monde ?
Il semble bien que ce soit le cas : trop violent semble le choc
économique et financier attendu dans les prochains mois et années. En occident
on a beau rester calme, les signes cependant ne trompent pas : ça brûle de
partout. Si par le passé on a maîtrisé ou survécu tant bien que mal sans douleurs
excessives les remous économiques, cette
fois, avec la détérioration des valeurs financières suite aux inconvenances
américaines, les choses se présentent au plus mal parce que les Etats
industrialisés doivent lutter à plusieurs fronts économiques à la fois. Cela épuise
leurs ressources financières autant qu´avec un retrait important des
exportations avoisinant 40% et plus, les industries allaient réduire
sensiblement leurs productions et ouvrir les portes du chômage. Tout cela accélère
l´appauvrissement des revenus moyens, ce qui va augmenter la différence déjà
fort élevée entre les riches et les pauvres. Ce qui, associé au vieillissement démographique
de sociétés occidentales, va alourdir s3nsiblement leurs coût des pensions et
des transferts sociaux.
Outre l´aide pour soutenir les banques et institutions financières mises à
mal, on assiste à un curieux phénomène en pays industrialisé : la
redécouverte de l´aide à la consommation pour le marché intérieur. Aux Etats-Unis
le gouvernement levait une aide de 800 milliards $ pour soutenir la
consommation, l´Union Européenne était de la partie avec 200 milliards €, quant
à l´Angleterre, elle baissait sa taxe sur la valeur ajoutée de 17,5 à 15 % soit
de 2,5 points pour stimuler la consommation sur le marché national. Pour
compenser le manque à gagner causé par le soudain bris des revenus d´exportations.
Ces mesures envers lesquelles la France et surtout l´Allemagne sont encore
réticentes (ce qui ne veut pas dire qu´elles soient inefficaces), vont-elles
adoucir le choc économique attendu ; ou seront-elles capables, assistées
par les instruments classiques fiscaux et ou d´investissements créant de
nouveaux emplois, de préserver les économies industrielles de profondes lésions
?
Cela dépendra de la capacité respective de ces économies à réajuster leurs
industries et leurs revenus économiques à la nouvelle situation restrictive que
cette crise virulente et exceptionnelle va entraîner. Aux Etats-Unis Obama
parle déjà d´un nouveau Bailout à la relance de l´emploi et à la modernisation
d´environ 700 milliards (modernisation de l´enseignement, restauration de
routes, investissement dans le domaine écologique..etc) permettant, ces dures
temps, d´aplanir le choc qui sera particulièrement violent aux Etats-Unis à
cause de son endettement élevé et sa cote d´épargne négative. L´Amérique a une
sérieuse équation à résoudre : habituée malhabilement au crédit et à la dépense
facile, ce pays doit épargner d´une part et de l´autre soutenir par la
consommation son industrie lourdement endettée et contrainte à des frais d´emprunt
grignotant ses capacités de production et d´investissement.
Cette crise est, comme on le sait, d´une ampleur exceptionnelle autant dans
sa virulence que dans ses effets directs sur les économies industrialisées et
riches parce que non seulement elle ralentit leur échanges internationaux par
la récession, elle leur prive de substances financières de croissance extérieure.
On pourrait dire que la crise a ceci de bon que les pays riches découvrent
leurs marchés intérieures, que ces pays vont restructurer et ou améliorer leurs
facteurs autrement négligés. C´est vrai, et ils n´ont pas un autre choix.
Seulement, tous ces investissements vont renchérir les coûts sociaux du
travail, et à la relève, ces coûts élevés risquent de jouer contre les
exportations des pays concernés. L´endettement public étant élevé dans les pays
industrialisés, tout cela ne va pas faciliter la possibilité de ces sociétés à
retrouver un équilibre économique positif.
Et autant dire que l´occident, à force de se protéger des changements à
coups d´endettement, de subventions ou d´interventions économiques étatiques
sur ses facteurs économiques et le marché international, se trouve en mal de
structures adéquates lui permettant de répondre adéquatement aux exigences d´un
marché international quasi saturé, ou du moins réclamant des produits moins
chers pour atteindre et entretenir une nouvelle couche de consommateur. En
fait, l´occident a, à coups de subventions agricoles, industrielles, d´endettements
et de subventions financières épuisé et acculé ses futurs clients à l´appauvrissement.
La croissance mondiale actuelle est plus faible que la croissance industrielle
des pays producteurs. Si cette tendance se perpétue, les industries
occidentales vont continuer à stagner en s´épuisant dans une concurrence intérieure
sélective n´aboutissant qu´à la destruction continue de l´emploi et la
concentration du capital entre les mains des plus forts.
Lorsque l´occident sortira de la crise qui à notre avis va durer plus
longtemps qu´on ne s´y attend, le monde aura bien changé car la Chine, l´Inde,
le Brésil…auront gagné malgré tout considérablement du terrain. Et peut-être
assisterons-nous alors à un monde bien plus multipolarisé et d´influence économique
démocratisée qu´aujourd´hui. Ce qui, malgré tout, rend cette crise sympathique
et positive. Malgré tous les inconvénients qu´elle va nous apporter. De l´autre
côté des douleurs d´un enfantement tumultueux et haut en émotions, il y a la
naissance nouvelle d´un monde plus large de vues et d´intérêts. Et cela, n´en déplaise
à ceux qui y perdront leurs plumes, c´est une très bonne chose pour la liberté
humaine á tout points de vue. Espérons que nous développions d´ici-la l´esprit
et le doigté que cette heureuse et salutaire évolution exigera de nous.
Musengeshi Katata
"Muntu w Bantu, Bantu wa Muntu"
Forum Réalisance