Selon doute évidence ce meurtre a été la goutte qui fait déborder le vase. Le gouvernement a beau avoir arrêté le policier et l´avoir inculpé de meurtre en fonction, la crise économique, le chômage, les bas salaires, et le sentiment que les forces de l´ordre usent trop facilement de la violence envers la population ; tout cela a mis en colère les habitant d´Athènes, de Thessaloniki qui, dans une rage de destruction et de violence envers les forces de l´ordre et les voitures parquantes, ont commis des dégâts considérables dans les centres commerciaux.

 

Quand la frustration et la colère l´emportent

 

« Je me révolte, donc nous sommes » Jean Paul Sartre

 

Depuis plus de deux jours, les autonomes et la jeunesse grecque révoltée se livre à Athènes, à Thessaloniki à la casse et à l´agression aux pierres face aux forces de l´ordre. Plusieurs magasins ont été détruits, plusieurs voitures mis à feu dans une rage inconnue du pays mais rappelant à s´y méprendre les émeutes des banlieues en France. Que s´est-il donc passé ? Comme en France, un jeune homme de 16 ans a été abattu par un policier de 3 balles dans la poitrine. Selon le policier il aurait fait partie d´un groupe de jeunes gens qui auraient lancé des pierres sur la voiture de police.

 

Le policier a prétendu avoir tiré en l´air à titre d´avertissement. On se demande alors ce que font les trois balles dans la poitrine de la jeune victime. Cette dernière n´était pas pauvre, loin de là, ou même issue de milieux défavorisés ou contestataires. Son père est ingénieur et sa mère propriétaire d´une boutique de produits de luxe.

 

Toute cette histoire montre que la police grecque est bien responsable de la mort de ce jeune homme qui a apparemment été abattu de sang froid. On ne tire pas à balle réelle sur un jeune pour un jet de pierre. Celui qui le fait prend en compte les suites dramatiques de son acte. Encore un pays, dirait-on, qui rejoint la radicalisation de l´ordre public en Europe laquelle fait suite aux conséquences ressenties de la crise économique et de l´impuissance des gouvernements à y remédier efficacement.

 

On se sert donc de la violence de part et d´autre pour se défaire d´une frustration sociale qui atteignait tout le monde. On se rappelle que nous avions parlé de la vente du Port grec de Pirée aux chinois dernièrement, par ailleurs la situation économique grecque n´a jamais été des meilleures ; elle avait été prise à fausser officiellement les chiffres statistiques de sa dette publique pour entrer dans l´Union Européenne. Les choses, malgré les subventions de Bruxelles, ne se sont pas améliorées pour autant.

 

On ne peut pas toujours tromper son monde ; même pas sa propre jeunesse qui, avec le chômage élevé de la crise, se sent volée de son avenir. La violence gratuite fera-t-elle renaître l´économie et la prospérité ? Sûrement pas. Ces émeutes, comme celles des banlieues françaises sont des avertissements aux gouvernements européens qui tardent à apporter des réponses satisfaisantes à la crise. On ne peut pas, pour vivre décemment et subvenir à des besoins aux coûts croissants, toujours se fonder uniquement sur l´appellation « Membre de l´Union Européenne » pour honorer ses factures ! En Grèce, en tout cas, c´est bien peu et maigre. Il faut bien plus que cela.  

 

Musengeshi Katata

« Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu »

 

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